UN CIVILITÉ

OPÉRA MULTIMEDIA

Dans une démocratie, il pèse sur la prison une loi d'airain.
Il n'est pas possible d'améliorer la condition des prisonniers au-delà du seuil des plus défavorisés.
La société ne l'accepterai pas.

Robert Badinter

Vidéo Passage RTBF1 BRUXELLES

 

Un Civilité est un opéra où les images, les sons et les textes ont été collectés lors d’ateliers en prison. Témoignages de vies éparpillées, mises en cage. Exclus, détenus, personnes en rupture sociale, qui écrivent, filment, explorent la cité et témoignent de la ville à laquelle ils ont droit.
Réponses ou questionnements sur la vie en ville …de plus en plus brûlante...


Direction artistique, musique et vidéo: Thanh-Son Pierre NGUYEN
Chorégraphes, danseurs, acteurs:
Ludovic TRONCHÉ - Mohamed KHOUYA
Mise en scène : Brigitte MOUNIER
Soprano et violon : Emmanuelle PIOT
Ateliers écriture:
Karim FEDDAL - Thanh-Son Pierre NGUYEN
Ateliers photo et vidéo: Thanh-Son Pierre NGUYEN

Coproductions :
Protocole de décentralisation de Dunkerque, Atelier Culture Université du littoral " La Piscine ", Compagnie " A Feu DouX ", Compagnie des Mers du Nord


Une équipe multiculturelle : deux danseurs et acteurs hip-hop, une chanteuse soprano violoniste, une metteur en scène de théâtre, un compositeur contemporain et hip hop, organisent la civilité.
Comment se rencontrer sans faire peser sur les autres tout le poids de sa personnalité ?
Masques pour communiquer, danses hip-hop, voix, sons, samples et images se parlent, s’interpellent et se répondent. ONous ne sommes pas vraiment libre si la voix et le corps ne sont pas libérés. Dans "Un Civilité", les corps parlent aux mots, les voix aux images, les images aux textes, tissant ainsi un réseau de correspondances qui se renouvellent sans cesse.
“ La “civilité“ consiste à traiter les autres comme s’ils étaient des inconnus, à forger avec eux des liens sociaux respectant cette distance première. La cité est le lieu humain où des inconnus peuvent se rencontrer.
L’“incivilité“ c’est le fait de peser sur les autres de tout le poids de sa personnalité ".
Richard SENNET, Penser la ville, Ed. AAM, Bruxelles

" La liberté qu’offre la ville permet en principe à chaque instant de nouer ou de renouer d’autres liens sociaux, d’abandonner des traits culturels anciens et d’adhérer à des contenus culturels neufs. La ville génère une liberté incompatible avec le projet de manipulation que la société industrielle contemporaine doit, de toute nécessité, développer pour survivre. Voilà pourquoi celle-ci détruit la ville, l’accapare, la dissout ".
[…] " Reconstruire l’urbanité, c’est reconstruire la coexistence des groupes sociaux, des cultures, des langues, des religions, des âges et des activités, et cela à l’intérieur du périmètre physique qui définit l’espace de la ville. Cette coexistence est le fondement aussi de l’intelligence comme de la liberté car le resserrement dans l’espace, le rapprochement des êtres et des activités produisent l’étincelle née du choc de la diversité […]. La coexistence permet donc à la ville d’être le lieu non de la rencontre des semblables par la famille ou la culture mais d’être par excellence le lieu de la rencontre de la différence dans la liberté et l’égalité, grâce à quoi il est possible, au moins pour partie de dépasser les contraintes et les limitations de la fortune, de l’appartenance culturelle et même ethnique ".

 

ANSAY Pierre, SCHOONBROT René, Penser la ville, Ed. AAM, Bruxelles


La cité idéale serait-elle une utopie d’artistes, un projet politique, le rêve de ses citoyens ? Ou ne serait-elle au final, seulement que ce que nous voulons y voir, y entendre ou y mettre, ici et maintenant.