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Chiens d’appartement

Le papillon

C’est assurément le chien d’agrément le plus anciennement connu chez nous, et il est difficile de préciser l’époque de son apparition. Son origine même reste incertaine, et rien ne permet, en somme, d’infirmer l’opinion suivant laquelle il descendrait du Chihuahua à poils longs, importé par les Espagnols des Antilles et de l’Amérique du Sud. Certains auteurs affirment que les premiers sujets auraient été amenés à la Cour de Louis XIV par un sieur Filiponi, marchand de Bologne. En fait, nous possédons de nombreux témoignages de son existence dès le milieu du XVIe siècle. Henri III fit, dit-on, à plusieurs reprises, le voyage de Lyon pour y acheter de petits chiens de la grosseur de poing, appelés à cette époque chiens-lions, sans doute en raison de leur provenance.

Le même petit Épagneul a, à plusieurs reprises, tenté non seulement le pinceau de Rubens, notamment dans quelques-unes des célèbres toiles du Louvre consacrées à la vie de Marie de Médicis, mais aussi celui de Teniers le Jeune (L’Enfant prodigue), et il figure dans de malicieuses scènes populaires de certains petits maîtres de l’école hollandaise, notamment de Jean Steen (Le Repas de famille).

Assez répandu en France, où il gardé le type primitif, et en Belgique, où des croisements avec le Loulou miniature ont un peu modifié sa silhouette, l’Épagneul papillon, encore appelé chien-écureuil, est un petit chien d’aspect vif et intelligent, aux formes harmonieuses, à la fois gracieux et robuste. Sa taille varie de 18 à 30 centimètres, son poids de 1kg,500 à 4kg,500, les plus petits sujets étant les plus appréciés.

Le crâne est légèrement arrondi, avec une trace de sillon médian. Les oreilles sont plantées haut et un peu en arrière. Elles doivent être portées droites et étalées quand l’attention du sujet est éveillée, de façon à évoquer vaguement, pendant la course, les ailes d’un papillon. Il existe une variété à oreilles pendantes, mais ses représentants sont peu appréciés. Les yeux, grands, ronds, placés assez bas, sont de couleur foncée et ont une belle expression de vivacité et d’intelligence. Le museau, réuni au crâne par une courbe adoucie, sans cassure marquée, est étroit et pointu et se termine par une petite truffe noire. Les mâchoires portent des dents s’adaptant parfaitement et sont recouvertes de lèvres minces et serrées.

Le cou, de bonne longueur, un peu arqué, se relie à des épaules bien descendues. Le corps, assez long et léger, moins trapu que chez les Loulous nains, comporte une poitrine ronde et profonde et un dos plutôt étroit, un rein légèrement arqué et un ventre un peu retroussé. La queue est plutôt longue, portée sur le dos, et ressemble, avec ses longues franges formant panache, à celle d’un écureuil.

Les membres, pourvus d’un squelette léger, sont très droits et plutôt courts ; aux postérieurs, on apprécie les jarrets ouverts et non déviés. Les pieds, assez longs, sont garnis d’ongles forts, qui doivent être noirs, sauf avec la robe blanche.

Le poil, fin et abondant, est plat, brillant, avec des reflets soyeux. Court sur la face et le devant des membres, il est plus long sur le corps. Il forme, à l’encolure, une collerette et un jabot s’étendant sur le thorax ; enfin de longues franges souples recouvrent la face externe des oreilles, ainsi que le bord postérieur des membres de devant et de la cuisse.

La couleur est très diversifiée : le papillon peut être tricolore, noir et feu, acajou et feu, blanc et noir, blanc avec des marques de couleur, acajou, fauve, roux, ces dernières nuances pouvant être uniformes ou associées avec un peu de blanc ou de noir. En fait, seuls, le noir pur, le bleu cendré ou le gris de loup ne sont pas admis.

Certains défauts déprécient fortement les sujets qui en sont atteints. Citons : le crâne trop plat ou trop bombé, avec un stop trop accusé, l’implantation ou la tenue défectueuse des oreilles ou de la queue, les mauvais aplombs (avant-bras incurvés, jarrets crochus, pieds panards), enfin le poil droit ou mou, laineux, et la robe noire ou gris uniforme.

Le Chasseur Français N°612 Février 1947 Page 383