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L'historique
des recherches :
La
découverte à Ballancourt (91) d'un
premier abri qualifié de "sanctuaire
celtique" remonte à 1868. La prospection
systématique commence vers 1901, mais il
faut attendre la deuxième moitié du
XXe siecle pour voir la publication d'essais d'attribution
chronoculturelle (J.-L. Baudet, J. Hinout, R. Parent, G.
Tassé). L'édition IGN de cartes au
1/25000e permet
alors de dresser un inventaire des sites, travail
auquel s'attellent différents chercheurs.
L'année
1975 voit la naissance du GERSAR qui regroupe
désormais travaux et compétences.
La
prospection et l'inventaire :
Le
GERSAR a recensé plus de 1200 abris
ornés. La mise à jour de l'inventaire
continue avec le dépouillement et la vérification
des données fournies par les premiers découvreurs
et par la poursuite de la prospection. L'ensemble
des coordonnées est en cours de réactualisation,
grâce au GPS qui permet un pointage plus précis.

Une
pratique issue du Mésolithique.
Le
terme d'abri orné s'entend au sens
de "cavité abritant des gravures".
Ces cavités, généralement exiguës, peuvent aller de la
niche de quelques décimètres à
la grotte de 15m de profondeur. Bien qu'offrant
pour la plupart un abri sommaire, rares sont ceux,
suffisamment vastes pour être habitables.
Les
gravures sont exécutées sur les parois
internes accessibles à la lumière
du jour. Le caractère stéréotypé
et répétitif, régionalement homogène des représentations
évoque une pratique individuelle transmise
dans un contexte tribal, et une fréquentation
épisodique répétée des
sites.
Le
matériel lithique recueilli sur place, notamment
des gravoirs et des armatures de flèche en
silex, permet d'attribuer cette pratique aux chasseurs-cueilleurs nomades
du Mésolithique (-9000 à -5500 ans avant notre
ère).
Un
répertoire qui couvre 12 millénaires.
A
partir de quelques représentations attribuées
au Paléolithique, l'art rupestre se développe
plus particulièrement au Mésolithique.
Les
sillons rectilignes sont les plus abondants. Des
simples traits alignés, on passe aux quadrillages,
omniprésents, et aux motifs géométriques
élaborés comme croix, chevrons, étoiles,
représentatons circulaires et dérivés, puis à
un répertoire semi-figuratif. Celui-ci
comprend des représentations humaines et
animalières (cervidés),
d'armes ou d'outils, et d'autres gravures convenues plus énigmatiques.
Parfois explicite (signe vulvaire, lancéolé),
la désignation utilisée par les chercheurs
reflète plus souvent leur perplexité
(claviforme, arboriforme, scaliforme, tectiforme...).
La comparaison avec l'art rupestre extra-régional
met en évidence un symbolisme graphique largement
répandu.
La
référence à l'archéologie
permet d'attribuer certaines gravures au Néolithique,
à l'Âge du Bronze (boucliers, lances) ou
au Moyen-Âge, comme la triple-enceinte. Quelques
représentations comme le symbole
des neuf cupules échappent à
toute analyse.
Enfin,
la christianisation puis l'alphabétisation
des populations ont été fidèlement
mémorisées par les grès de
Fontainebleau, jusqu'à nos graffiti modernes.
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