L'Association

du GERSAR

 

L'Art Rupestre

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L'Art Rupestre en Île-de-france

Par son abondance en matière de gravures rupestres, le sud de l'Île-de-France constitue l'une des plus riches régions de France dans ce domaine et concentre l'essentiel de l'activité de l'association.


LA MÉMOIRE DANS LA PIERRE

                                    

Un film documentaire sur l'Art Rupestre dans le massif de

Fontainebleau avec une visite virtuelle de l'abri du Cavalier

au Coquibus :

Conception : ONF, Gersar et Parc naturel régional du Gâtinais français
Réalisation : Paul Sergent
Production : La Menteuse
Numérisation et animation 3D : Okénite.


Un cadre géologique déterminant.

La géologie du Bassin parisien se caractérise localement par la formation à la période Oligocène de banc de grès sur l'assise des sables de Fontainebleau. Après le retrait de la mer stampienne, l'érosion libère les sables, les bancs de grès déstabilisés s'écroulant alors en chaos rocheux présentant des cavités et auvents propices à la gravure. Cela s'observe surtout au nord dans le Tardenois et au sud, en Essonne et en Seine-et-Marne. Les gravures concernent toute la zone des grès, mais le massif dit "de Fontainebleau", au sud-est entre Loing et Juine, totalise la majorité des abris ornés connus.

L'historique des recherches :

La découverte à Ballancourt (91) d'un premier abri qualifié de "sanctuaire celtique" remonte à 1868. La prospection systématique commence vers 1901, mais il faut attendre la deuxième moitié du XXe siecle pour voir la publication d'essais d'attribution chronoculturelle (J.-L. Baudet, J. Hinout, R. Parent, G. Tassé). L'édition IGN de cartes au 1/25000e permet alors de dresser un inventaire des sites, travail auquel s'attellent différents chercheurs. L'année 1975 voit la naissance du GERSAR qui regroupe désormais travaux et compétences.

 

La prospection et l'inventaire :

Le GERSAR a inventorié un peu plus de 3000 abris ornés. La mise à jour de l'inventaire continue avec le dépouillement et la vérification des données fournies par les premiers découvreurs et par la poursuite de la prospection.
L'ensemble des coordonnées est en cours de réactualisation, grâce au GPS qui permet un pointage plus précis.

 

Une pratique issue du Mésolithique.

Le terme d'abri orné s'entend au sens de "cavité abritant des gravures". Ces cavités, généralement exiguës, peuvent aller de la niche de quelques décimètres à la grotte de 15m de profondeur. Bien qu'offrant pour la plupart un abri sommaire, rares sont ceux, suffisamment vastes pour être habitables.

Les gravures sont exécutées sur les parois internes accessibles à la lumière du jour. Le caractère stéréotypé et répétitif, régionalement homogène des représentations évoque une pratique individuelle transmise dans un contexte tribal, et une fréquentation épisodique répétée des sites.

Le matériel lithique recueilli sur place, notamment des gravoirs et des armatures de flèche en silex, permet d'attribuer cette pratique aux chasseurs-cueilleurs nomades du Mésolithique (-9000 à -5500 ans avant notre ère).

 

Un répertoire qui couvre 12 millénaires.

A partir de quelques représentations attribuées au Paléolithique, l'art rupestre se développe plus particulièrement au Mésolithique.

Les sillons rectilignes sont les plus abondants. Des simples traits alignés, on passe aux quadrillages, omniprésents, et aux motifs géométriques élaborés comme croix, chevrons, étoiles, représentatons circulaires et dérivés, puis à un répertoire semi-figuratif. Celui-ci comprend des représentations humaines et animalières (cervidés), d'armes ou d'outils, et d'autres gravures convenues plus énigmatiques. Parfois explicite (signe vulvaire, lancéolé), la désignation utilisée par les chercheurs reflète plus souvent leur perplexité (claviforme, arboriforme, scaliforme, tectiforme...). La comparaison avec l'art rupestre extra-régional met en évidence un symbolisme graphique largement répandu.

La référence à l'archéologie permet d'attribuer certaines gravures au Néolithique, à l'Âge du Bronze (boucliers, lances) ou au Moyen-Âge, comme la triple-enceinte. Quelques représentations comme le  symbole des neuf cupules échappent à toute analyse.

Dernièrement, il a été mis en évidence, dans le massif de Fontainebleau, un art rupestre non pas sous abris mais en plein air, rochers ou mégalithes. Ce répertoire gravé, plus figuratif, est constitué de haches et de personnages schématiques surmontés d'une coiffe formée de plumes. Ces représentations sont attribuées au Néolithique moyen.

Enfin, la christianisation puis l'alphabétisation des populations ont été fidèlement mémorisées par les grès de Fontainebleau, jusqu'à nos graffiti modernes.


Autres sites étudiés par le GERSAR

D'autres sites d'art rupestre en France ou dans les pays voisins ont fait l'objet d'études de la part des membres du GERSAR.

Nous donnerons quelques exemples :

 

 

 

Dans les Vosges du nord, les falaises gréseuses présentent de nombreux sites d'art rupestre non figuratifs.

Abri orné de Wildelmann Felsen
à Harpelschiedt. Moselle.


Le massif gréseux du Tardenois, dans le département de l'Aisne, renferme des cavités ornées dont les gravures sont très proches de celles du sud de l'Île-de-France.

Abri du Soldat Franc à Brécy. Aisne.


 

 

 

 

En Picardie, les massifs forestiers du sud de l'Oise, possèdent aussi des formations gréseuses avec des cavités ornées de gravures schématiques non figuratives.

Abri orné du Bois du Gouvernement
à Péroy-les-Combriés. Oise.


 

 

 

 

Dans les Deux-Sèvres, le site des Vaux à Saint-Aubin-de-Baubigné, nous montre des blocs de granite ornés de gravures semi-figuratives.

Bloc orné des Vaux.


En Haute Maurienne, en Savoie, les blocs ou plaques de schiste, situées le plus souvent en haute altitude, nous montrent des gravures géométriques ou semi-figuratives et un cas unique de peintures animalières.

La Pierre aux Pieds à Lanslevillard.

Les cervidés peints du Rocher du Château à Bessans.

 

 

 


 

 

 

 

 

Dans les Hautes Alpes, dans les vallées du Queyras, en altitude, les plaques schisteuses avec art rupestre sont nombreuses.

La dalle ornée du Col Pisset à Ristolas.


 

Au Grand Duché du Luxembourg, dans les environs d'Echternach nous trouvons des abris ornés aux pieds des falaises gréseuses avec un art rupestre le plus souvent non figuratif.

Abri de Zeichenfelsens à Mullerthal, photo et relevé.


 

 

 

En raison d'un répertoire gravé fréquemment commun avec les sites d'art rupestre nous avons été amenés à étudier des sites à graffiti, bâtiments ou caves. Bien que ces sites soient de nature annexe à l'art rupestre, ils peuvent nous apporter des éléments dans les attributions chronoculturelles.

Cave Duguet en Sénonais.

 

 

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