Le mystérieux assassinat de Suzanne Furimond






Autres contradictions



Plusieurs fois entendu durant l'enquête, Carto ne variera jamais dans ses déclarations ; il restera calme et ne se coupera jamais.

Le jeudi 18 mars, le commissaire Henin fait un rapport au procureur de la République d'Avignon. Il y relate tout ce qui précède et conclut :

Que le jeudi 11 mars dans la soirée, Suzanne Furimond a reçu chez elle deux ou plusieurs personnes (?). Que, pour son voyage à Nice, elle devait avoir besoin de beaucoup d'argent, peut-être pour acheter une villa sur la Côte d'Azur et qu'elle avait tenté d'en rassembler le plus possible en liquidité, dans la soirée du 11 mars. Que d'après un témoin verbal, elle possédait une assez grande quantité de pièces d'or qui n'ont pas été retrouvées. Il demande l'ouverture d'une information contre X. pour vol.

Toujours le 18 mars 1948, madame Carto, épouse du camionneur, ménagère, demeurant à Villeneuve-lès-Avignon, est entendue. Elle confirme la réception d'un télégramme envoyé à son mari par Suzanne Furimond. Son mari est bien rentré au domicile vers 20 heures 30, au plus tard 21 heures, le 11 mars. Elle confirme point par point les dires de son mari concernant sa relation avec cette dame qui se montrait très âpre et pressée de se faire payer son dû.

Elle confirme avoir dit aux enquêteurs venus l'entendre chez elle que son mari était rentré "très tard" le 11 mars au soir et qu'elle était déjà couchée. En fait, elle ne sait plus si son mari lui a dit être allé chez madame Furimond le jeudi 11 ou le vendredi 12 mars au soir. Puis elle rectifie : elle ne sait plus si elle était couchée ou non quand son mari est rentré vers 21 heures 30 ; elle n'a pas dû dire "très tard" ni qu'elle était couchée. Pour elle, 21 heures, c'est tard. Il est arrivé à son mari de rentrer à minuit, mais maintenant que son camion a de bonnes roues, "il rentre un petit peu plus tôt". Bref, elle s'emmêle dans les horaires, les jours et les "tôt ou tard".

Après ces déclaration, Carto sera, bien entendu, de plus en plus suspecté, mais rien ne pourra être retenu contre lui.

Le vendredi 19 mars, monsieur Jean Daude, 25 ans, employé de commerce demeurant à Avignon, rue Artaud, déclare qu'il est bien le neveu de la disparue. Elle l'a employé durant sept mois comme chauffeur, de décembre 1945 à juillet 1946. Elle l'hébergeait au deuxième étage de son immeuble, le nourrissait et le payait 4 000 francs par mois. S'estimant mal rétribué, il a quitté cet emploi pour travailler au garage de son père, rue Velouterie. Après s'être marié, il est devenu employé chez son beau-père, monsieur Malachina, horloger, bijoutier à Avignon, rue Thiers.