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le rire

 

Les liens dans les commentaires renvoient aux citations ci-dessous dans leur contexte

Le rire a préoccupé un grand nombre de philosophes et d’écrivains. On peut se demander si c’est à juste titre. Montaigne se contente de décrire le rire (« Nature nous découvre cette confusion : Les peintres tiennent que les mouvements et plis du visage qui servent au pleurer servent aussi au rire. ») de préférer le visage riant (« J’aime mieux la première humeur [riante], non parce qu’il est plus plaisant de rire que de pleurer, mais parce qu’elle est plus dédaigneuse, et qu’elle nous condamne plus que l’autre. ») pour faire face au malheur : « Combien voit-on de personnes populaires, conduites à la mort, et non à une mort simple mais mêlée de honte et quelquefois de graves tourments […] y mêlant quelquefois des mots pour rire. » ; « Un autre disait au bourreau qu’il ne le touchât pas à la gorge, de peur de le faire tressaillir de rire tant il était chatouilleux. » ; « Toutes autres femmes sont brûlées vives non constamment [avec constance] seulement, mais gaiement, aux funérailles de leurs maris. ».

Karinthy entreprend de découvrir la signification profonde du rire (« Qu’est-ce qui se passe en nous quand nous rions ? ») : « Dégoût et peur – c’est de ces deux émotions désagréables qu’est né, après évolution et raffinement, jusqu’à devenir méconnaissable, l’état d’âme qui nous conduit au rire. » ; « Et le rire éclate – la protestation d’origine crispée, pénible – refus et rejet. Au prix du court supplice de la crampe du rire nous nous libérons, nous éjectons de nous l’image que notre raison a jugée absurde. »

Il y a finalement une parenté entre les observations de Montaigne qui place le rire (ou la gaîté) dans les situations les plus dramatiques et Karinthy qui ne le place que là !

 

(Les liens des citations ici et dans les chapitres successifs renvoient au chapitre des essais de
Montaigne qui contient la citation (en ancien français), aux œuvres de Karinthy, ou aux peintures de Jérôme Bosch)

(les n° de pages renvoient à l’emplacement des citations dans le livre des  éditions arléa (2002) selon  l’adaptation de Claude pinganaud.)

 

 Nous savons ce que c’est qui nous fait rire – mais pourquoi rions-nous ? qu’est-ce que cela signifie ? qu’est-ce qui se passe en nous quand nous rions ? Personne n’a encore fourni de réponses rigoureuses à ces questions. Le livre célèbre de Bergson « Sur le rire », malgré son titre, n’apporte une fois de plus qu’une théorie du comique, sans aborder l’état physique et psychique dans lequel nous nous trouvons pendant le rire.

Voilà un terrain vierge, une page blanche dans l’encyclopédie des définitions, des notions. Cela mériterait qu’on y consacre des livres, mais si je m’y prends bien, quelques allusions ad hoc en diront peut-être autant. Voyons un peu :

Je  commence par la fin, par le soupçon paradoxal qui s’est fait jour en moi tout à l’heure, quand je songeais à analyser les pleurs.

 

 

 Nature nous découvre cette confusion : Les peintres tiennent que les mouvements et plis du visage qui servent au pleurer servent aussi au rire. De vrai, avant que l’un ou l’autre soient achevés d’exprimer, regardez à la conduite de la peinture : vous êtes en doute vers lequel c’est qu’on va. Et l’extrémité du rire se mêle aux larmes. Pas de mal sans avantage (Sénèque, Lettres à Lucilius, LXIX). Quand j’imagine l’homme assiégé de commodités désirables (mettons le cas que tous ses membres fussent saisis pour toujours d’un plaisir pareil à celui de la génération en son point plus excessif), je le sens fondre sous la charge de son aise, et le vois du tout incapable de porter une si pure, si constante volupté, et si universelle. De vrai, il fuit quand il y est, et se hâte naturellement d’en échapper, comme d’un pas où il ne se peut fermir, où il craint d’enfondrer [de s’enfoncer]. (p. 492)

On prend en général les pleurs pour une expression de la douleur, et  le rire pour celle de la joie, cela en partant de l’expérience qu’un dommage subi nous fait pleurer et un bénéfice nous fait rire ! Bien sûr, mais nous avons négligé quelque chose. Le dommage ne suscite pas directement les larmes. D’abord il attriste, et les pleurs atténuent la tristesse. Ce qu’est la tristesse, j’ai essayé de répondre plus haut à cette question, maintenant j’ajoute simplement que dans son expression extérieure le visage de l’homme qui pleure, avec ses pupilles dilatées brillant dans le brouillard, les lèvres à demi ouvertes, évoque aussi l’expression transfigurée, nageant dans le plaisir, presque dans la béatification que les peintres et les sculpteurs aiment placer sur la figure des saints et des anges ressentant la proximité du paradis.

En revanche, qu’est-ce que je vois vraiment si je scrute objectivement (donc sans rire avec lui) le visage de l’homme qui rit ?

Une bouche péniblement tendue, des gencives qui se contractent en une crampe. Des yeux dissimulés derrière des paupières convergentes, enflées, des tempes ridées des deux côtés.

Si je cherche les similitudes, que m’évoque cette expression, je suis forcé de reconnaître que cela me rappelle surtout un visage tordu sous l’emprise d’une forte douleur physique. Lors de graves interventions chirurgicales, le malade qui se maîtrise affiche des grimaces de la sorte, grinçant des dents entre des gencives comprimées, les yeux contractés. Il est étonnant que personne encore n’ait découvert à quel point l’expression de la victime soufrant sur le banc de torture rappelle celle que nous connaissons comme celle du rire ou du  rictus, alors qu’elle est l’expression typique d’un homme à l’agonie, aux affres de la mort – ce qu’on appelle le faciès hippocratique attire notre attention sur cette ressemblance. Enfin, je cite encore une image pour terminer, le symbole final de toute horreur et toute panique, l’emblème de la mort irrévocable – la tête de mort, avec sur son visage le large rictus manifeste, non méconnaissable, ferme, explicite – définitif, figé pour l’éternité.

 C’est terrible, n’est-ce pas ? C’est pourtant comme ça. Ajoutons maintenant le bruit du rire, les hoquets haletants, rapides, éructés de la gorge – et le paradoxe est là :

À l’opposé du plaisir des pleurs, on est acculé au supplice du rire.

C’était jusqu’ici une image extérieure ; ce que nous en avons déduit, pourrait sembler pure impression, idée arbitraire ! Voyons ce qui se déroule à l’intérieur de l’homme qui rit.

D’un point de vue physique, le rire est physiologiquement facile à définir. Le diaphragme se contracte, il essaye par ses spasmes d’inverser la direction normale des mouvements dits péristaltiques de l’estomac. Les poumons contrebalancent les hoquets ainsi provoqués par des expirations rapides.

Qu’est-ce que cela rappelle ?

Hélas nous ne pouvons pas éviter de le dire : cela rappelle manifestement des vomissements d’un déroulement modéré – le pénible état physique où l’estomac, n’arrivant pas à digérer des substances impropres ingurgitées, tâche de s’en libérer par la voie la plus courte, en retournant par la bouche ce que cette bouche n’aurait jamais du avaler. Ce processus, surtout chez des sujets nerveux, démarre même si la substance indigeste n’est pas effectivement entrée dans l’estomac, c’est seulement son image qui s’est projetée dans notre conscience, avec la crainte qu’elle pourrait éventuellement y entrer – ou éventuellement même pas son image, mais seulement son évocation : cela peut suffire pour nous faire vomir ou au moins nous retourner l’estomac. Cette nausée, ce haut-le-cœur, cette réaction à l’évocation désagréable parvenue à la conscience, nous l’appelons vulgairement écœurement.

Voilà donc le premier résultat décevant, le premier lien qu’offre une analyse comparative du rire conduisant à creuser davantage, à viser ce qui est substantiel.

Par son origine végétale et animale l’instinct humain approche tout objet du monde avec la tendance à l’engloutir – à l’instar de son ancêtre commun, le protozoaire unicellulaire qui tout simplement s’aplanit et entoure, ingurgite les corpuscules rencontrés sur son chemin. Physiquement cette tendance se réalise dans le manger et le boire – et psychiquement dans l’effort de vouloir connaître, autrement dit annexer dans sa conscience, tout phénomène, toute relation, tous les tenants et aboutissants du monde extérieur, comme une réalité absorbable.

Ayant compris au cours de l’évolution qu’une partie des objets engloutis est cause de malheur et de mort, un appareil de défense s’est formé pour le tri et la sélection. Le fonctionnement physique de cet appareil est réglé par l’écœurement et son fonctionnement psychique par la peur. Nous sommes dégoûtés des substances nuisibles à notre corps, nous craignons les notions nuisibles à notre psychisme – la peur et le dégoût nous retiennent de les absorber : de digérer le poison ou accepter pour réalité l’invraisemblable.

Pour l’heure, sur ce point, comme ce n’est pas un livre que nous comptons écrire, nous pouvons arrêter  la sonde engagée vers la racine des choses. Nous avons trouvé une continuité directe entre deux émotions purement animales, le dégoût et la peur, et une manifestation carrément humaine. Dégoût et peur – c’est de ces deux émotions désagréables qu’est né, après évolution et raffinement, jusqu’à devenir méconnaissable, l’état d’âme qui nous conduit au rire. (Il nous y conduit – car nous voulons pleurer, mais nous sommes forcés de rire.) Durant son évolution cet emportement a reçu des signes contraires, tout au moins pour un observateur superficiel – d’un sentiment désagréable il est devenu apparemment agréable.

Le rire, nous le souhaitons et l’exigeons alors que nous haïssons et refusons les pleurs.

Pourtant, encore une fois, quel est donc la substance du rire ?

Nous sommes désormais en mesure de répondre.

Notre conscience affamée étale au grand jour tous les orifices des organes sensoriels vers le monde extérieur. Elle s’efforce avidement de ramasser, connaître, comprendre et lier logiquement (physiologiser, digérer) tout ce qu’elle trouve sur son chemin. À transformer le mal en bien, le laid en beau, l’insensé en raisonnable.

Alors intervient une chose qui est fondamentalement inapte à une telle transformation. Une chose, un événement, un symptôme, n’importe quoi qui tenacement et obstinément résiste à l’ambition d’en faire un composant organique de la raison humaine – tenacement et obstinément il veut rester ce qu’il était, ce qu’il était initialement dans le monde extérieur, il refuse de participer à l’ordre du monde anthropocentrique, il ne veut pas se disloquer, il ne veut pas perdre sa substance.

Et le rire éclate – la protestation d’origine crispée, pénible – refus et rejet. Au prix du court supplice de la crampe du rire nous nous libérons, nous éjectons de nous l’image que notre raison a jugée absurde. Plus la chose est absurde, plus elle a du mal à s’éjecter – plus fort, plus long sera le rire. Après vient un apaisement, mais pas l’apaisement fredonnant, berçant, reposant qui ordinairement suit les pleurs. Observez-le : après des heures de rigolade, restés seuls, nous portons alentour un regard morne, insatisfait (déjà Bergson a démontré que pour bien rire il faut de la compagnie – seul un fou rit tout seul), le monde nous déplaît, nous aspirons à le changer, à mieux nous y positionner, à en transformer les conditions.  Une de mes connaissances ayant essuyé une longue peine de prison m’a un jour reproché de lui avoir envoyé pour lecture un livre humoristique. « Comment pourrais-tu savoir, ainsi m’a-t-il apostrophé, a quel point il est épouvantable de rigoler un bon coup dans sa cellule, puis jeter le livre, prendre conscience du lieu où on se trouve – et avoir honte d’avoir ri ! »

Car les pleurs, c’est paix, apaisement, résignation, mort, nirvana, bonheur – le rire, c’est combat, résistance, souffrance, vie.

C’est pourquoi nous dénions la béatitude aux pleurs – c’est pourquoi nous exigeons la souffrance du rire.

 

Nous voyons bien que le doigt se meut, et que le pied se meut, que certaines parties se branlent d’elles-mêmes sans notre congé, et que d’autres, nous les agitons par notre ordonnance; que certaine appréhension engendre la rougeur, certaine autre la pâleur; telle imagination agit en la rate seulement, telle autre au cerveau; l’une nous cause le rire, l’autre le pleurer; telle autre transit et étonne tous nos sens, et arrête le mouvement de nos membres. À tel objet l’estomac se soulève ; à tel autre quelque partie plus basse. Mais comme [comment] une impression spirituelle fasse [peut faire] une telle faussée [irruption] dans un sujet massif et solide, et la nature de la liaison et couture de ces admirables ressorts, jamais homme ne l’a su. (p. 394)

 

Démocrite et Héraclite ont été deux philosophes, desquels le premier trouvant vaine et ridicule l’humaine condition, ne sortait en public qu’avec un visage moqueur et riant ; Héraclite, ayant pitié et compassion de cette même condition nôtre, en portait le visage continuellement attristé, et les yeux chargés de larmes,

Celui-ci, dès qu’il mettait les pieds dehors, riait;

Celui-là, au contraire, pleurait.

(Juvénal, Satires, X, 28)

J’aime mieux la première humeur, non parce qu’il est plus plaisant de rire que de pleurer, mais parce qu’elle est plus dédaigneuse, et qu’elle nous condamne plus que l’autre ; et il me semble que nous ne pouvons jamais être assez méprisés selon notre mérite. La plainte et la commisération sont mêlées à quelque estimation de la chose qu’on plaint ; les choses de quoi on se moque, on les estime sans prix. Je ne pense point qu’il y ait tant de malheur en nous comme il y a de vanité, ni tant de malice comme de sottise nous ne sommes pas si pleins de mal comme d’inanité ; nous ne sommes pas si misérables comme nous sommes vils. Ainsi Diogène, qui baguenaudait à part soi, roulant son tonneau et hochant du nez [narguant] le grand Alexandre, nous estimant des mouches ou des vessies pleines de vent, était bien juge plus aigre et plus poignant, et par conséquent plus juste, à mon humeur, que Timon, celui qui fut surnommé le « haïsseur des hommes ». Car ce qu’on hait, on le prend à coeur. Celui-ci nous souhaitait du mal, était passionné du désir de notre ruine, fuyait notre conversation [compagnie] comme dangereuse, de méchants et de nature dépravée ; l’autre nous estimait si peu que nous ne pourrions ni le troubler, ni l’altérer par notre contagion, nous laissait de [évitait notre] compagnie, non pour la crainte, mais pour le dédain de notre commerce ; il ne nous estimait capables ni de bien, ni de mal faire. (p. 226)

 

Combien voit-on de personnes populaires, conduites à la mort, et non à une mort simple mais mêlée de honte et quelquefois de graves tourments, y apporter une telle assurance, qui par opiniâtreté [entêtement], qui par simplesse naturelle, qu’on n’y aperçoit rien de changé de leur état ordinaire; établissant leurs affaires domestiques, se recommandant à leurs amis, chantant, prêchant et entretenant le peuple; voire y mêlant quelquefois des mots pour rire, et buvant à leurs connaissants, aussi bien que Socrate. Un qu’on menait au gibet disait que ce ne fût pas par telle rue car il y avait danger qu’un marchand lui fit mettre la main sur le collet à cause d’une vieille dette. Un autre disait au bourreau qu’il ne le touchât pas à la gorge, de peur de le faire tressaillir de rire tant il était chatouilleux. L’autre répondit à son confesseur qui lui promettait qu’il souperait ce jour-là avec Notre Seigneur : « Allez-y, vous, car de ma part je jeûne. » Un autre, ayant demandé à boire, et le bourreau ayant bu le premier, dit ne vouloir boire après lui de peur de prendre la vérole. Chacun a ouï faire le conte du Picard, auquel, étant à l’échelle [du gibet], on présenta une garce, et que (comme notre justice permet quelquefois) s’il la voulait épouser on lui sauverait la vie ; lui, l’ayant un peu contemplée et aperçu qu’elle boitait : « Attache, attache, dit-il, elle cloche. » Et on dit de même qu’en Danemark un homme condamné à avoir la tête tranchée, étant sur l’échafaud, comme on lui présenta une pareille condition, la refusa parce que la fille qu’on lui offrit avait les joues avalées [tombantes] et le nez trop pointu. Un valet, à Toulouse, accusé d’hérésie, pour toute raison de sa croyance se rapportait à celle de son maître, jeune écolier prisonnier avec lui; et aima mieux mourir que se laisser persuader que son maître pût faillir. Nous lisons de ceux de la ville d’Arras, lorsque le roi Louis XI la prit, qu’il s’en trouva bon nombre parmi le peuple qui se laissèrent pendre plutôt que de dire « Vive le roi ! »

Au royaume de Narsinque, encore aujourd’hui les femmes de leurs prêtres sont vives ensevelies avec leurs maris morts. Toutes autres femmes sont brûlées vives non constamment [avec constance] seulement, mais gaiement, aux funérailles de leurs maris. Et quand on brûle le corps de leur roi trépassé, toutes ses femmes et concubines, ses mignons et toute sorte d’officiers et serviteurs, qui font un peuple, accourent si allègrement à ce feu pour s’y jeter avec leur maître, qu’ils semblent tenir honneur d’être compagnons de son trépas.

Et de ces viles âmes de bouffons, il s'en est trouvé qui n'ont voulu abandonner leur gaudisserie en la mort même. Celui à qui le bourreau donnoit le branle, s'écria, Vogue la galère, qui était son refrain ordinaire. Et l'autre qu'on avait couché sur le point de rendre sa vie le long du foyer sur une paillasse, à qui le médecin demandant où le mal le tenait ; entre le banc et le feu, répondit-il. Et le prêtre, pour lui donner l'extrême onction, cherchant ses pieds, qu'il avait resserrés et contraints par la maladie : Vous les trouverez, dit-il, au bout de mes jambes. A l'homme qui l'exhortait de se recommander à Dieu, Qui y va ? demanda-il : et l'autre répondant, Ce sera tantôt vous mêmes, s'il lui plaît : Y fussé-je bien demain au soir, répliqua-t-il : Recommandez vous seulement à lui, suivit l'autre, vous y serez bientôt : Il vaut donc mieux, ajouta-t-il, que je lui porte mes recommandations moi-même. (p. 48)

[…]

Il est aisé à voir, que ce qui aiguise en nous la douleur et la volupté, c'est la pointe de notre esprit. Les bêtes, qui le tiennent sous boucle [en laisse] laissent aux corps leurs sentiments libres et naïfs [naturels], et par conséquent uns, à peu près en chaque espèce, comme nous voyons par la semblable application de leurs mouvements. Si nous ne troublions pas en nos membres la juridiction qui leur appartient en cela, il est à croire que nous en serions mieux, et que nature leur a donné un juste et modéré tempérament envers la volupté et envers la douleur. Et ne peut faillir d’être juste, étant égal et commun. Mais puisque nous nous sommes émancipés de ses règles pour nous abandonner la vagabonde liberté de nos fantaisies, au moins aidons-nous à les plier du cőté le plus agréable. (p. 53)

[…]

Et celui, qui s'obstina à se moquer et à rire à l'envi des maux, qu’on lui faisait : de façon que la cruauté irritée des bourreaux qui le tenaient, et toutes les inventions des tourments redoublés les uns sur les autres lui donnèrent gagné. Mais c’était un philosophe. (p. 54)

 

                                          

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