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science et progrÈs

 

Les liens dans les commentaires renvoient aux citations ci-dessous dans leur contexte

Les rapports entre science et progrès et entre science et religion sont présents à la pensée des philosophes de tous les temps. Montaigne et Karinthy ont évidemment eux aussi abordé ces sujets. Pour ce qui est du rapport de la science au progrès les opinions sont unanimes, après le Grec Stobée cité par Montaigne (A quoy faire la science si l’entendement n’y est ?), le "Science sans conscience n’est que ruine de l’âme" de Rabelais, nous avons ici : « C'est une bonne drogue que la science, mais nulle drogue n’est assez forte pour se préserver sans altération et corruption, selon le vice du vase qui l’étuie [la contient]. Tel a la vue claire qui ne l’a pas droite et, par conséquent, voit le bien et ne le suit pas, et voit la science et ne s’en sert pas. » ; « Ne répétez pas tout le temps que tout ce qui existe grandira et changera et se perfectionnera. J’avoue que ça ne me console pas du tout, cela m’inquièterait plutôt. Merci beaucoup. Si ce qui existe n’est que souffrance et torture – dans votre système de progrès, ce qui sera ne sera qu’une souffrance et une torture encore plus grandes et plus évoluées. »

Par contre, les relations que peuvent entretenir science et religion ont notablement évolué : au XVIe siècle la science ne pouvait que servir la religion : « Mais ce n'est pas à dire, que ce ne soit une très belle et très louable entreprise, d'accommoder encore au service de notre foi, les outils naturels et humains, que Dieu nous a donnés. » à condition de ne pas abuser de ce qu’on peut apprendre : « Or il ne faut pas attacher le savoir à l'âme, il l’y faut incorporer; il ne l’en faut pas arroser, il l’en faut teindre ; et, s’il ne la change ni améliore son état imparfait, certainement il vaut beaucoup mieux le laisser là. C’est un dangereux glaive, et qui empêche et offense son maître, s’il est en main faible et qui n’en sache l’usage. »

À partir du siècle des lumières la science a commencé à entrer en conflit avec la religion et depuis le XXe siècle il apparaît clairement que connaissance et foi doivent se placer dans deux registres étanches l’un à l’autre comme l’illustre Karinthy : « La religion c’est une bonne chose, pense le brave éducateur populaire, la science c’est également une bonne chose. En outre, de nos jours les deux sont à la mode sous des formes bien tranchées. Alors, les deux à la fois, comme ça doit être bon ! Un plat somptueux qui permettra de préserver le chou de Dieu en même temps que nourrir la chèvre du désir de savoir. […] Or la véritable science en progrès a toujours contenu une religiosité plus riche et plus profonde que le peu de crédit qu’on pouvait lui accorder. Laisse tranquille la foi et la science – rend à César ce qui appartient à César et à Dieu ce qui est à Dieu, mais ne fais pas avec eux affaire commune du même coup, car on ne peut tromper ni l’un ni l’autre. »

 

(Les liens des citations ici et dans les chapitres successifs renvoient au chapitre des essais de
Montaigne qui contient la citation (en ancien français), aux œuvres de Karinthy, ou aux peintures de Jérôme Bosch)

(les n° de pages renvoient à l’emplacement des citations dans le livre des  éditions arléa (2002) selon  l’adaptation de Claude pinganaud.)

 

Science et progrès

 - Allons donc, dit mon ami, cet adepte du progrès, comment pouvez-vous penser une chose pareille/quelle idée ! Ouvrez les yeux ! Penser qu’au vingtième siècle quelqu’un…

Il a encore dit quelque chose par la suite, mais je ne l’ai écouté que d’une oreille, il faisait terriblement chaud, le ventilateur ronflait vainement sur mon bureau. Mais qu’importe, je n’avais pas à l’écouter. Il radotait, dans un mot sur trois il répétait qu’on est au vingtième siècle et qu’aujourd’hui ce n’est plus comme ça. Aujourd’hui un homme ne peut plus faire ça et une femme ne peut plus penser comme ça et un enfant ne peut plus être élevé comme ça, et même un chien n’aboie que par erreur de la même façon que deux cents ans auparavant parce qu’il ignore qu’on est au vingtième siècle et que son aboiement a perdu son actualité et donc son objet, il est pour ainsi dire caduc.

 

 Quant ces Philosophes, dis-je, comme ils étaient grands en science, ils étaient encore plus grands en toute action. Et tout ainsi qu’on dit de ce géométrien de Syracuse [Archimède], lequel, ayant été détourné de sa contemplation pour en mettre quelque chose en pratique à la défense de ion pays, qu’il mit soudain en train des engins épouvantables et des effets surpassant toute croyance humaine, dédaignant toutefois lui-même toute cette sienne manufacture [travaux manuels], et pensant en cela avoir corrompu la dignité de son art, duquel ses ouvrages n’étaient que l’apprentissage et le jouet aussi eux, si quelquefois on les a mis la preuve de l’action, on les a vus voler d’une aile si haute qu’il paraissait bien leur cœur et leur âme s’être merveilleusement grossis et enrichis par l’intelligence des choses. (p. 109)

[…]

Car, n’est ce pas,  aujourd’hui il y a ces grands immeubles mastodontes et il y a l’avion et la radio et les fusées et le freudisme et les cheveux des femmes.

[…]

Je me sens un peu interloqué. Non, je ne veux en aucune façon me renier. Voyons, comment ça marche ? En tant que visionnaire et penseur, bien sûr – oui, j’attends quelque chose moi-même de l’avenir, quelque chose qui change « ce honteux présent ». Mais en tant qu’artiste… […]

Écoutez, ne répétez pas tout le temps que tout ce qui existe grandira et changera et se perfectionnera. J’avoue que ça ne me console pas du tout, cela m’inquièterait plutôt. Merci beaucoup. Si ce qui existe n’est que souffrance et torture – dans votre système de progrès, ce qui sera ne sera qu’une souffrance et une torture encore plus grandes et plus évoluées. Moi par exemple je halète ici et je souffre de la chaleur – et vous voulez me faire avaler que cette chaleur sera encore plus parfaite et plus grande ? Merci beaucoup, alors cela est carrément la religion de l’enfer, et celle des savants sans Dieu qui se plaisent à me calculer que dans cent mille ans le Soleil engloutira la Terre et alors tout ce qui ce s’est difficilement solidifié et refroidi se liquéfiera et sera de nouveau chauffé à blanc. […]

Savez-vous ce qui me plaît dans ce monde ? […]

…j’apprécie que le monde fasse un tout : souffrance et plaisir et joie et peine, gratte-ciel et aiguille à coudre et passé et avenir – ça me plaît, ça me console, ça me rafraîchit dans un profond chagrin, ça me refroidit, ça me dessoule, ça m’élève du marécage croupi du bonheur vers l’éternelle Consolation, l’éternelle Espérance – voir que tout est ensemble, que le Temps est contenu dans l’Espace, qu’il ne s’en sauve pas, qu’il ne le fuit pas, qu’il l’emporte avec lui – j’aime cet autre « Tragédie de l’Homme »[1] à l’envers qu’un jour peut-être j’écrirai (je toucherai des honoraires !) – pas l’histoire de quarante mille ans, celle d’une heure seulement – une seule heure en dix-huit tableaux sur différentes scènes du Globe Terrestre – et pendant cette même heure, partout, dans le rôle du roi et de la reine, du révolutionnaire et de la révolutionnaire, du jouisseur débauché et le la cocotte ribaude, de l’homme passionné et la femme pieuse, du savant et de la Barbara oisive, de l’Übermensch et de l’esquimaude, toujours les mêmes Adam et Ève que nous avons vus dans le Temps – tel un gigantesque livre illustré dont les images montrent côte à côte la même diversité dont nous croyions avec notre sens temporel trompeur qu’elle se déroulait sous nos yeux les unes à la suite des autres.

 

 

Ce qu’Aristote récite [raconte] de certains qui appelaient et celui-là [Thalès] et Anaxagore et leurs semblables « sages et non prudents » pour n’avoir assez de soin des choses plus utiles, outre ce que je ne digère pas bien cette différence de mots, cela ne sert point d’excuse à mes gens; et, à voir la basse et nécessiteuse fortune de quoi ils se payent, nous aurions plut6t occasion de prononcer tous les deux qu’ils sont et non sages et non prudents.

Je quitte cette première raison, et crois qu’il vaut mieux dire que ce mal vienne de leur mauvaise façon de se prendre aux sciences ; et qu’à la mode de quoi nous sommes instruits il n’est pas merveille si ni les écoliers, ni les maîtres n’en deviennent pas plus habiles, quoiqu’ils s’y fassent plus doctes. De vrai, le soin et la dépense de nos pères ne visent qu’à nous meubler la tête de science ; du jugement et de la vertu, peu de nouvelles. Criez d’un passant notre peuple : « Ô le savant homme ! »‚ et d’un autre: « Ô le bon homme ! »‚ il ne faudra [manquera] pas de tourner les yeux et son respect vers le premier. Il y faudrait un troisième crieur « Ô les lourdes têtes ! » Nous nous enquérons volontiers : « Sait-il du grec ou du latin ? Ecrit-il en vers ou en prose ? » Mais s’il est devenu meilleur ou plus avisé, c’était le principal, et c’est ce qui demeure derrière. Il fallait s’enquérir qui est mieux savant, non qui est plus savant.  […]

Nous ne sommes, ce crois-je, savants que de la science présente, non de la passée, aussi peu que de la future. (p. 110)

 […]

Mon vulgaire [patois] périgourdin appelle fort plaisamment lettreferits ces savanteaux - comme si vous disiez lettre-férus, auxquels les lettres ont donné un coup de marteau, comme on dit. De vrai, le plus souvent, ils semblent être ravalés [au-dessous] même du sens commun. Car le paysan et le cordonnier, vous leur voyez aller simplement et naïvement leur train, parlant de ce qu’ils savent ; ceux-ci, pour se vouloir élever et gendarmer de ce savoir qui nage en la superficie de leur cervelle, vont s’embarrassant et empêtrant sans cesse. (p. 112) […]

À quoi faire ia science, si l’entendement n’y est ? (Stobée)

Plût à Dieu que, pour le bien de notre justice, ces compagnies-là se trouvassent aussi bien fournies d’entendement et de conscience comme elles sont encore de science !  […]

C’est une bonne drogue que la science, mais nulle drogue n’est assez forte pour se préserver sans altération et corruption, selon le vice du vase qui l’étuie [la contient]. Tel a la vue claire qui ne l’a pas droite et, par conséquent, voit le bien et ne le suit pas, et voit la science et ne s’en sert pas. (p. 113)

 

Le Dieu de la science scolastique, c'est Aristote : c'est religion de débattre de ses ordonnances, comme de celles de Lycurgue à Sparte. Sa doctrine nous sert de loi magistrale, qui est à l’aventure autant fausse qu’une autre. Je ne sais pas pourquoi je n’accepterais autant volontiers ou les idées de Platon, ou les atomes d’Epicure, ou le plein et le vide de Leucippe et Démocrite, ou l’eau de Thalès, ou l’infinité de nature d’Anaximandre, ou l’air de Diogène, ou les nombres et symétrie de Pythagore, ou l’infini de Parménide, ou l’» un » de Musée, ou l’eau et le feu d’Apollodore, ou les parties similaires d’Anaxagore, ou la discorde et amitié d’Empédocle, ou le feu d’Héraclite, ou toute autre opinion de cette confusion infinie d’avis et de sentences que produit cette belle raison humaine par sa certitude et clairvoyance en tout ce de quoi elle se mêle, que je ferais l’opinion d’Aristote sur ce sujet des principes des choses naturelles ; lesquels principes il bâtit de trois pièces : matière, forme et privation. (p. 395)

 

Science et religion

 Apparaît sur l’écran l’ignoble cochonnerie pornographique que voici à laquelle il a fallu préparer les cœurs sensibles et pieux : une cellule souche apparaît sous le microscope et se divise en deux. C’est suivi par le schéma bien connu de l’histoire de l’évolution que l’on retrouve dans tous les manuels scolaires. Les animaux primitifs, les invertébrés, les vertébrés, et enfin l’homme préhistorique avec des dents grinçantes – directement après l’homme préhistorique, deux acteurs connus bâtisseurs de pilotis. Grâce à Dieu, me dis-je, on a trouvé le « missing link » tant cherché, ce type qui fait la jointure entre l’homme singe de Neandertal et Darwin… ai-je dit Darwin ? Dieu m’en garde, je voulais dire l’auteur !

Bref, comment ça marche ?

 

 

 

 Quoi que ce soit qui tombe en notre connaissance et jouissance, nous sentons qu’il ne nous satisfait pas, et allons béant après les choses à venir et inconnues, d’autant que les présentes ne nous soûlent [rassasient] point: non pas, à mon avis, qu’elles n’aient assez de quoi nous soûler, mais c’est que nous les saisissons d’une prise malade et déréglée. (p. 232)

 

Et si je suis homme de quelque leçon [lecture], je suis homme de nulle rétention [mémoire]. Ainsi je ne pleuvis [garantis] aucune certitude, si ce n’est de faire connaître jusqu’à quel point monte, pour cette heure, la connaissance que j’en ai. Qu’on ne s’attende pas aux matières, mais à la façon que j’y donne. (p. 301) […]

Cellule souche, infusoire, invertébré, mammifère, homme singe, acteur de cinéma, Darwin – la chaîne s’arrête là. Après arrive directement l’auteur qui ne s’identifie surtout pas à tout cela, qu’on ne le mêle pas à ce paquet de cartes, il se peut que son papa qui était encore un darwinien mécréant provenait, lui, du singe, mais lui, de même que son très honoré public ne vont pas entrer dans une histoire de si mauvais goût. L’auteur réitère ses excuses tout au long du film, et il souligne que c’est bel et bien Dieu qui a créé le monde, et que Dieu garde quiconque de ne pas prendre la bible au pied de la lettre, de toutes façons « des recherches récentes » ont prouvé que ça ne marche pas comme ça, comme ce type-là dont le nom salirait l’ambiance de fête (je crois qu’il fait allusion à Darwin) le prétendait, mais c’est comme chacun de nous séparément l’a appris à son catéchisme personnel. C’est tout juste s’il ne termine pas en invitant chacun à prendre un bon bain, puis jeûner trois jours.

Eh ben !

Moi je suis un darwinien et je suis aussi un croyant. (Au demeurant Darwin lui aussi était croyant.) En tant que tel je constate que le film est aussi très joli, les encarts aussi sont très jolis. Mais alors pourquoi étais-je mal dans ma peau pendant cette dévote projection et toute personne de bon goût avec moi ?

Il existe une vieille blague juive dans laquelle l’élève de l’école confessionnelle raisonne ainsi : le chocolat c’est bon, l’ail c’est bon – comme ça doit être bon le chocolat à l’ail !

Cet élève de l’école confessionnelle ne jouissait que dans son imagination de ce somptueux régal – « l’éducation populaire » moderne en revanche veut réellement le servir apparemment.

La religion c’est une bonne chose, pense le brave éducateur populaire, la science c’est également une bonne chose. En outre, de nos jours les deux sont à la mode sous des formes bien tranchées. Alors, les deux à la fois, comme ça doit être bon ! Un plat somptueux qui permettra de préserver le chou de Dieu en même temps que nourrir la chèvre du désir de savoir.

Oh oui, honorable éducateur populaire, il existe en effet et on est en train de le cuisiner dans le chaudron spirituel des plus grands esprits du monde, un certain effort pour souder ensemble foi et savoir, pour trouver Dieu à la lumière de la Pensée et trouver la pensée dans le verbe de Dieu – mais tant que ce plat merveilleux, le nectar et l’ambroisie de l’esprit n’est pas achevé, l’âme pudique et fière ne peut digérer ta tambouille simplette. Cette âme voit clair en toi, elle voit bien d’où souffle le vent. Ce n’est pas Dieu que tu veux flatter, mais seulement la « conjoncture » rance et triste qui, Dieu sait comment, a fait croire aux gens que cette eau bénite mélangée à du sucre en poudre par laquelle l’hypocrisie anglo-américaine (Dayton !) essaye, au début et à la fin de chaque siècle, d’arroser le monde est redevenue actuelle. Or la véritable science en progrès a toujours contenu une religiosité plus riche et plus profonde que le peu de crédit qu’on pouvait lui accorder. Laisse tranquille la foi et la science – rend à César ce qui appartient à César et à Dieu ce qui est à Dieu, mais ne fais pas avec eux affaire commune du même coup, car on ne peut tromper ni l’un ni l’autre. Combien de fois dois-je encore répéter que la véritable science cherche partout ce Dieu que tu veux immobiliser – elle n’alterne pas ses connaissances, mais elle les élargit, et si de nos jours elle essaye de dépasser le darwinisme, cela ne signifie nullement qu’elle veut autre chose, mais qu’elle veut quelque chose de plus, de plus complet. Non seulement la science n’a pas honte de la perception qu’elle avait cent ans plus tôt de l’histoire de l’évolution, mais elle en est fière quand elle veut la rectifier et la développer – toi non plus, tu n’as pas à avoir honte en son nom. Dans ton zèle de flatteries envers l’église tu n’as pas besoin d’être plus papiste que le pape – crois-moi, je le connais, ça lui déplairait plutôt.

La science et la vérité peuvent loger chez nous sans jugement, et le jugement y peut aussi être sans elles : voire la reconnaissance de l'ignorance est l'un des plus beaux et plus sûrs témoignages de jugement que je trouve. […]

Je souhaiterais bien avoir plus parfaite intelligence des choses, mais je ne la veux pas acheter si cher qu’elle coûte. Mon dessein est de passer doucement, et non laborieusement, ce qui me reste de vie. Il n’est rien pour quoi je me veuille rompre la tête, non [même] pas pour la science, de quelque grand prix qu’elle soit. Je ne cherche aux livres qu’à m’y donner du plaisir par un honnête amusement, ou, si j’étudie, je n’y cherche que la science qui traite de la connaissance de moi-même, et qui m’instruise à bien mourir et à bien vivre. (p. 302)

 

Or il ne faut pas attacher le savoir à l’âme, il l’y faut incorporer; il ne l’en faut pas arroser, il l’en faut teindre; et, s’il ne la change ni améliore son état imparfait, certainement il vaut beaucoup mieux le laisser là. C’est un dangereux glaive, et qui empêche et offense son maître, s’il est en main faible et qui n’en sache l’usage, de sorte qu‘il aurait mieux valu n’avoir rien appris (Cicéron, Tusculanes, 11, 4). (p. 113)

 

Suffit à un Chrétien croire toutes choses venir de Dieu : les recevoir avec reconnaissance de sa divine et inscrutable sapience, pourtant [partant], les prendre en bonne part, en quelque visage qu’elles lui soient envoyées. Mais je trouve mauvais ce que je vois en usage: le chercher à fermir et appuyer notre religion par le bonheur et prospérité de nos entreprises. Notre croyance a assez d’autres fondements sans l’autoriser par les événements; car, le peuple accoutumé à ces arguments plausibles et proprement de son goût, il est danger, quand les événements viennent leur tour contraires et désavantageux, qu’il en ébranle sa foi. (p. 165)

 

Mais ce n'est pas à dire, que ce ne soit une très belle et très louable entreprise, d'accommoder encore au service de notre foi, les outils naturels et humains, que Dieu nous a donnés. (p. 323)

 

 

 

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[1] Drame de Imre Madách.