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                                                               Accéder aux chapitres (En français moderne

selon l’adaptation de Claude Pinganaud)

 
 

 

 

 

 

 


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II - Introduction

ienne, Autriche, printemps 2008. On donne la Dame de Pique à l’Opéra. Une représentation exceptionnelle, unique, avec Maria Callas dans le rôle de Liza, Enrico Caruso joue Hermann, Fedor Chaliapine est Surin, et Louis Jouvet est dans le rôle du maître de cérémonie ; mise en scène de William Shakespeare ; l’orchestre philharmonique de Philadelphie est dirigé par le maître Ludwig van Beethoven. Piotr Tchaïkovski et Alexandre Pouchkine assistent à la représentation.

Le parterre est des plus élégants : Dante Alighieri est en compagnie de Béatrice et de Virgile, Sarah Bernhardt donne le bras à Eschyle, on a installé Homère derrière un pilier : il est en grande conversation avec Diderot à propos des aveugles. Au troisième rang, deux hommes sont assis côte à côte. L’un porte fièrement une barbe bien soignée sur une fraise de dentelle, le buste légèrement penché en avant, le regard perçant, décoré de l’ordre de Saint-Michel, il laisse reposer ses bras sur ses jambes croisées : c’est Michel Eyquem de Montaigne. L’autre, bien calé dans son fauteuil, grassouillet, l’œil vif, bien qu’attentif à la scène, ne cesse pas de marmonner silencieusement ; parfois il note quelque chose sur un calepin ; c’est Frigyes Karinthy. L’autre voisin de Karinthy est Jérôme Bosch. Il crayonne de son côté sur un carnet.

Juste à la fin du premier acte, avant l’entracte, Karinthy veut chercher quelque chose dans sa poche, mais par distraction il fourre sa main dans la poche du pourpoint de Montaigne. Celui-ci le regarde sans s’offusquer, avec un fin sourire : il comprend que le geste n’est pas intentionnel. Karinthy se confond en excuses, mais son regard pétille d’amusement réprimé, il invite Montaigne ainsi que Bosch au bar pour se faire pardonner : Karinthy boira un café, Bosch une bière et Montaigne un verre de Bordeaux. Au deuxième verre ils sympathisent, s’appellent par leur prénom et prennent rendez-vous sur ce site Internet pour échanger leurs idées.