Les Derniers mensonges de Velasco
(13/08/2004)


Le Journal de l'Ufologie a mis en ligne récemment une interview très attendue de Jean-Jacques Velasco, réalisée le 11 juin par Jérémie Dreux à partir de questions d'internautes. Un entretien de trois heures dans lequel le chef du SEPRA répond enfin à des questions qu'on lui pose depuis des années... C'est du moins ce qu'il est censé faire...

Dans son introduction, le directeur du JDU Jean-Jacques Yvars nous prévient :

Oui, il était urgent de révéler le «vrai» du «faux», de faire un peu le ménage... et parfois (souvent) de dénoncer les attitudes dérangeantes, que Jean-Jacques VELASCO qualifie «d'invraisemblables», venant de quelques personnes visiblement mal intentionnées.

Ceux qui, depuis des années, l'accusent de tout et de n'importe quoi, vont savoir ce qu'il a à leur répondre. Jean-Jacques VELASCO met les points sur les «i».


Je suis visiblement la pire de ces «personnes visiblement mal intentionnées» mises particulièrement en cause, puisqu'on me consacre toute une section et une bonne partie de plusieurs autres... Mais vous pourrez constater que Jean-Jacques Yvars a dû rêver, puisque des réponses on ne va guère en trouver... Velasco continue à éluder les questions comme il l'a toujours fait, sans hésiter au passage à mentir et à diffamer ceux qui ont eu l'outrecuidance de dénoncer ses erreurs.

Section «Au sujet de Robert Alessandri»

Puisque cette section m'est entièrement consacrée, je me permets de la reproduire intégralement pour pouvoir y répondre point par point. Le texte de l'interview est en rouge... De quoi vous aider à démêler le «vrai» du «faux» en jugeant sur pièces !

JD : Jusqu'à présent, vous n'avez pas souhaité intervenir au sujet du procès qui vous opposait à M. Robert ALESSANDRI. Nous avons néanmoins reçu un certain nombre de questions relatives à cette affaire. Dans un souci de transparence et d'impartialité, afin de permettre aux lecteurs de JDU de se forger leur propre opinion, pouvez-vous exprimer votre point de vue,  nous expliquer ce qu'il s'est passé ?

JJV :  En ce qui concerne maintenant Monsieur Robert ALESSANDRI. Jusqu'à présent, je n'ai rien dit, pour deux raisons essentielles liées au fait que le différent qui m'opposait à ce Monsieur était en cours sur le terrain judiciaire et que je ne voulais pas, pour des questions de réserve professionnelle, engager une polémique à ce sujet. Aujourd'hui les choses ont changé, parce que le procès est arrivé à son terme, mais qu'ensuite les violentes attaques personnelles proférées à mon encontre par Jean-Pierre Petit et d'autres personnes m'incitent, à titre personnel et privé, à leur répondre par votre intermédiaire.

Ça concerne non seulement M. ALESSANDRI, mais aussi d'autres personnes comme Monsieur MAILLOT, Henri BROCH, Gregory GUTIEREZ et quelques autres que je ne citerai pas, qui ont pris fait et cause pour ce Monsieur en participant et entretenant, durant des années, un climat délétère et mensonger.


J'ignorais qu'Henri Broch avait «pris fait et cause» pour moi, et si c'est vrai il n'est pas rancunier après tout ce que j'ai écrit sur lui ! Éric Maillot, je l'ai rencontré et j'ai eu quelques échanges (parfois agités !) avec lui sur des listes de discussion, il a vaguement évoqué cette affaire mais il a surtout, tout à fait indépendamment de moi, dénoncé des erreurs monumentales du chef du SEPRA dans ses enquêtes, sur les ovnis cette fois... Ce qui lui vaut d'ailleurs de faire l'objet lui aussi d'une «section» de cette interview, et vous pourrez constater que Velasco n'y répond à aucune des critiques factuelles soulevées par Maillot, concernant par exemple le cas de Trans-en-Provence ou celui de l'Airbus A320. Gregory Gutierez, enfin, gère la liste de diffusion Aleph où il a mentionné à plusieurs reprises les texte de mon site concernant ce procès, c'est ce qu'on appelle faire de l'information d'autant plus que j'ai mis en ligne tous les textes de la procédure, tout est donc vérifiable, et il a donné son opinion personnelle après avoir lu tout ça, ce qui est tout de même son droit. Jean-Jacques Yvars du JDU a aussi mentionné régulièrement ces textes parce que lui aussi fait de l'information, et s'il semble maintenant prendre parti pour M. Velasco c'est aussi son droit, et chacun peut aller à la source pour se forger sa propre opinion... et constater de quel côté sont les mensonges !

Comme pour Monsieur Jean-Pierre Petit, il nous faut revenir quelques dix années en arrière pour comprendre de quoi il s'agit, quand à l'affaire qui m'oppose à Monsieur ALESSANDRI. Quelle mouche avait donc piqué ce Velasco, pour en vouloir à ce point à un pauvre ufologue comme ce Robert Alessandri, tout fraîchement issu du CERPA marseillais !

Eh oui, il y a des gens que ça choque que l'on attaque en justice l'éditeur d'une revue bénévole tirée à 1000 exemplaires, pour un article virulent mais solidement argumenté, en réclamant non pas un droit de réponse ou le franc symbolique, mais la somme de cent dix mille francs (je l'écris en toutes lettres parce que sinon on a tendance à croire que j'ajoute un zéro) en réparation du «préjudice» subi !

Pour cela il faut revenir sur le célèbre cas du 5 novembre 1990. Lorsque cette affaire se déclencha, nous avons été, à partir de 20 heures, assaillis de coups de téléphone et rapidement débordés par des demandes de renseignement et d'information sur l'événement spectaculaire qui venait de se dérouler au-dessus de nos têtes. Le CNES a reçu un peu plus de 800 témoignages « officiels » de la gendarmerie en quelques jours ! Ce n'est pas rien...

En effet ce n'est pas rien, mais vous le verrez plus loin dans l'interview, pour faire croire que je l'attaquais sur des broutilles, appeler cela «une toute petite affaire de rentrée atmosphérique» !

L'événement prenait une telle ampleur, qu'une cellule de crise était créée pour faire face à la situation. Il a fallu traiter, dans l'urgence, un certain nombre de choses, mais la première qu'on a faite, c'était de vérifier l'état des retombées de satellites auprès du NORAD, seul organisme mondial de surveillance opérationnelle de l'espace, via la NASA.

La NASA a mis 72 heures pour nous informer de la rentrée du corps de la fusée Russe PROTON. Le CNES, à la suite de cette information, a naturellement rédigé un communiqué de presse, dans lequel il a transcrit toutes les données techniques orbitales sur la rentrée de la fusée.


Le mensonge commence... Le communiqué de presse ne retranscrivait pas les données techniques orbitales de la fusée, mais annonçait une «trajectoire allant de Pau à Strasbourg» s'écartant de 200 km de la trajectoire que n'importe quel amateur de satellite pouvait retracer avec lesdites données orbitales. J'ai montré comment procéder si vous ne me croyez pas.

Pendant ce temps, les témoignages continuaient d'affluer. Nous avons donc tenté d'utiliser les données à notre disposition pour dresser, en quelque sorte, un portrait robot du phénomène décrit par les témoins. Nous avions des descriptions qui nous indiquaient la direction du phénomène, la durée, la trajectoire, etc.

Tous les ufologues faisaient de même, et bien qu'ils n'aient pas bénéficié de tous les canaux d'informations du SEPRA ils constataient unanimement que la trajectoire annoncée et jamais démentie par cet organisme (même maintenant, vous pouvez constater que Velasco n'y fait pas la moindre allusion dans cette interview censée révéler toute la vérité) était totalement incompatible avec les témoignages.

Il y avait suffisamment d'éléments pour pouvoir avancer, sans véritablement se tromper, que nous étions bien en présence d'une rentrée atmosphérique d'un objet artificiel. La particularité de cet objet c'est qu'il était très gros et que tout le processus de désintégration s'était déroulé dans la haute atmosphère, au-dessus du territoire national. Voila pour les faits.

Parallèlement à notre démarche, il y avait quelqu'un, dans la région de Dunkerque, Monsieur Pierre Neirinck, qui avait passé toute sa vie professionnelle en Angleterre pour mettre au point un système, lequel consistait à observer les satellites en visibilité optique avec une paire de jumelles, puis calculer, à partir du temps mesuré entre le passage de deux étoiles, l'orbite et la trace au sol des objets satellisés. Cet homme, qui avait une grande expérience, une grande maîtrise de ces choses-là, put une heure après, sur EUROPE 1, dire : « voilà, c'est la fusée PROTON qui est rentrée » !


Velasco n'a toujours rien compris à ce qu'a fait Neirinck. Ce passionné des rentrées atmosphériques a bien développé une méthode de détermination d'orbites à partir d'observations visuelles, mais dans ce cas particulier il ne l'a pas utilisée puisqu'au moment de la rentrée il ignorait totalement l'existence de cet étage de fusée. Ce qu'il a fait «une heure après l'observation», c'est annoncer que le phénomène, qui avait été observé et décrit très précisément par un de ses amis, était parfaitement typique d'une rentrée atmosphérique... Velasco, de son côté, avant de recevoir le télex de la NASA (et même un peu après, puisqu'il croyait qu'une rentrée atmosphérique ne durait que quelques secondes !), s'enlisait dans des déclarations contradictoires et rejetait l'explication par une rentrée atmosphérique (parce que la durée était trop longue, parce que le trajet était parallèle au sol, parce qu'il y avait une «inversion de trajectoire», etc.) Concernant l'identification et la trajectoire de l'objet, Neirinck ne disposait de rien de plus que le SEPRA, les données du NORAD, mais lui les recevait par courrier... Et il a pu annoncer la trajectoire de l'objet dès qu'il a reçu le listing du NORAD, après trois jours.

Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise de plus, il avait bien avant tout le monde et très justement annoncé qu'il s'agissait de la rentrée de l'étage d'une fusée Russe. Le CNES, lui, en tant qu'organisme public, ne pouvait pas l'annoncer, parce qu'il n'avait pas encore les données du NORAD et n'avait pas vérifié auprès du Centre d'Orbitographie Opérationnelle les traces au sol de cet objet.

Le SEPRA avait accès aux données du NORAD en temps réel et aurait donc pu identifier lui-même l'objet tout de suite si quelqu'un ayant quelque connaissance dans ce domaine avait fait le travail, mais il préférait que le NORAD fasse tout et qu'il ne lui reste plus qu'à recopier... Ça n'est déjà pas très sérieux, mais ce n'est pas cela que je lui ai reproché : ce sont les erreurs dans ses annonces, notamment sur la trajectoire. Certains m'ont reproché de faire une «fixation paranoïaque sur la trajectoire» (c'est ce que m'a écrit Pierre Guérin), alors que c'était loin d'être la seule erreur que je mentionnais, mais Velasco, lui, «oublie» d'en parler... 14 ans après, il ne reconnaît toujours pas que la trajectoire annoncée par son service était complètement fausse.

Lorsque ce travail a été fait, nous avons rédigé le communiqué de presse. Peu après, des voix se sont élevées, dont celle de Jean-Gabriel Greslé, pour dire que des témoins n'avaient pas vu la même chose et qu'il s'agissait d'un énorme triangle, comme ceux aperçu en Belgique quelques mois plus tôt.

Si Jean-Gabriel Greslé s'étonnait, ça n'était pas uniquement parce que le SEPRA n'avait pas fourni d'explication satisfaisante à la dimension du phénomène (Velasco l'expliquait par la présence «d'éléments annexes, tels que jupe interétages, équipements divers», séparés par quelques kilomètres, ce qui est totalement faux); Velasco lui-même indiquait dans Inforespace que Greslé «affirma que ce qui avait été observé était incompatible avec la trajectoire fournie par la NASA», ce qui était parfaitement exact si ce n'est que la NASA n'avait pas fourni la trajectoire mais juste les données pour la calculer, une opération élémentaire que le SEPRA n'a pas été foutu de réaliser !

Jean-Gabriel Gréslé n'est pas un inconnu pour tous ceux qui s'intéressent à l'ufologie, puisqu'il est auteur de plusieurs ouvrages sur le sujet. Cependant, témoin lui-même, il pouvait tirer parti de la situation, ce qu'il ne manqua pas de faire bien évidemment.

C'est donc Greslé, qui se posait des questions avec raison, qui aurait tiré parti de la situation, et pas lui, Velasco, qui a recopié presque mot pour mot les explications de Pierre Neirinck, qui s'est attribué le mérite de cette identification, qui en a tiré une bonne partie de la substance de son premier livre, qui a prétendu mensongèrement avoir comparé la trajectoire obtenue avec une étude statistique des témoignages, et qui a bien failli par cette imposture totale se voir confier la direction d'un «Sepra européen» ?

Une polémique s'engageait et s'amplifiait par le fait qu'en assimilant la forme observée par les différents morceaux qui rentraient avec les triangles belges, que cela ne pouvait pas être une retombée atmosphérique.

Et cette polémique est due en grande partie aux erreurs, contradictions et silences des annonces successives du SEPRA, bien plus qu'à la similitude avec les «triangles belges».

Puis il y a les fameuses photos du journal PARIS-MATCH, etc., et aussi le film, bon... les photos et le film, c'est vrai qu'on les a eus. Pour les photos, dans le cadre de l'enquête je suis allé rencontrer le photographe sur place. Lorsque l'événement s'est produit, il était sur le toit le plus élevé d'un immeuble d'Argenteuil, en train de prendre des photos de la région. Puis comme les objets traversaient le ciel, il a pris cet instantané sans véritablement peaufiner les réglages de son appareil.

Qu'est-ce à dire ? Que ce sont des réglages non peaufinés qui ont donné à une rentrée atmosphérique l'aspect typique des lumières clignotantes d'un avion ?

Quand on examine les clichés qu'il nous a donnés, ça ne fait aucun doute que la coïncidence entre l'heure et la direction, c'est la fusée qui rentre ! Ce n'est pas autre chose, on a rien inventé.

L'heure des photographies c'était 18 h 44, et la rentrée atmosphérique passait à 19 h 01, c'est ce qu'il appelle une coïncidence ne laissant place à aucun toute ! Sans même savoir reconnaître la photographie des lumières clignotantes d'un avion, comment imaginer un seul instant que ces photographies :

Rangées parallèles de points lumineux

Alignement de points rouges

représentent la même chose que l'objet présenté sur ce film, qui lui est bien la rentrée atmosphérique :

Rentrée typique

Sinon, quelle idée d'aller essayer d'inventer un truc comme ça ? Ca aurait été vraiment d'une absurdité phénoménale !

Qui a dit qu'il avait inventé quoi que ce soit ? Après une séance de photographies pour une commande, et juste avant de ranger son matériel, un photographe a pris quelques clichés d'avions décollant ou atterrissant d'un aéroport proche... Peu après, il a appris qu'il avait manqué de peu (un quart d'heure) un événement exceptionnel dont tous les journaux ont parlé... Pas de chance ! Il aurait alors pu mentir sur l'heure de ses clichés pour faire croire qu'il avait photographié cet objet, mais il est resté honnête : il a simplement dit que ce soir-là à 18 h 44, il avait photographié ce qui lui semblait être des avions, mais qu'il y en avait un qui lui avait paru d'une taille anormale... Et ça a suffi pour convaincre le chef du SEPRA que c'était la rentrée atmosphérique passant à 19 h 01 qui avait été photographiée...

Ce qui est d'une «absurdité phénoménale», c'est que 14 ans plus tard, Velasco n'a toujours pas compris que ces photos, ça n'était pas la rentrée atmosphérique mais DES AVIONS et rien d'autre !

Puis arrive quelques temps après, un article consacré à cette rentrée atmosphérique venant de la part d'une petite revue ufologique. Je me dis encore un article qui proposait l'interprétation extraterrestre de la rentrée du 5 novembre 90. Cet article était écrit par un certain Robert ALESSANDRI, que je ne connaissais pas. À ma grande surprise, il allait dans ses conclusions tout à fait dans le sens de la nôtre, ce qui était plutôt rassurant.

À ceci près que je donnais la trajectoire correcte que le SEPRA n'avait jamais été foutu d'indiquer (et que les témoignages confirmaient), que j'expliquais que la durée de visibilité maximale d'une rentrée atmosphérique était de plus de quatre minutes alors que Velasco avait dit d'abord quelques secondes et plus tard «une minute au plus», que l'expliquais comment l'ensemble de débris d'une telle rentrée pouvait se disperser sur des dizaines de kilomètres tout en paraissant liés entre eux, pour quelle raison cet ensemble prenait la forme typique triangulaire... Bref je répondais à toutes ces questions qui déroutaient les ufologues et auxquelles le chef du SEPRA n'avait jamais répondu et ne répond toujours pas.

La suite le fut beaucoup moins, car avec une virulence sans pareille, il fustigeait le CNES et lançait de virulentes insultes à mon égard !

Le fond de l'article n'était pas en soi condamnable. Ce qui l'était, en revanche, c'était le ton et le caractère agressif ainsi que les attaques personnelles injurieuses et diffamatoires. J'étais traité de fumiste
[parce qu'il se présentait comme expert de niveau international dans un domaine auquel il ne connaissait absolument rien, ce qui était largement démontré par des exemples précis] et d'incompétent notoire [dans le domaine précis des rentrées atmosphériques, c'était précisé à chaque fois], ajoutant que le CNES était responsable de cela avec de tels agents, comme cela en son sein !

Euh... Responsable de quoi ? De l'immense confusion qui a suivi ? Certainement, j'ai expliqué pourquoi et il s'agit là d'un fait... Velasco lui-même écrivait dans Inforespace :

Un autre facteur supplémentaire a peut-être jeté la confusion : c'est le fait que cet événement coïncidait avec la période de tension internationale précédant la guerre du Golfe. En effet, des manoeuvres militaires étaient en cours un peu partout dans le monde, ce qui a sans doute troublé les esprits, à commencer par les pilotes civils et militaires. Une majorité d'entre eux rapportaient que l'interprétation qu'ils faisaient du phénomène était la formation d'avions de combat en post-combustion.

Comment peut-il reprocher à tous ces militaires de s'être inquiétés dans cette période troublée, alors que lui-même avait abondé dans leur sens en déclarant à la presse que «le trajet parallèle au sol décrit par les pilotes me paraît bizarre, il ressemble plutôt à celui d'un ou plusieurs avions ou engins propulsés», et avait finalement identifié le phénomène comme la rentrée d'un étage de fusée ayant suivi une trajectoire totalement incompatible avec ce que les témoins, dont beaucoup de militaires habitués à estimer les directions et angles, avaient observé ! Oui, le CNES, par l'incompétence de son «service d'expertise», a été largement responsable non seulement de l'incompréhension des ufologues, mais aussi de l'inquiétude des militaires.

Que fait le CNES ? Le CNES trouve cela naturellement inadmissible et consulte un conseiller juridique.

C'est donc le CNES qui aurait fait de lui-même cette démarche ? C'est pourtant au SEPRA que j'avais envoyé un exemplaire de ma revue pour que Velasco puisse y répondre s'il le souhaitait, et je doute que le CNES en ait eu connaissance par une autre voie  aussi rapidement, vu la faible diffusion de cette revue (lorsque j'ai reçu l'assignation le 29 décembre, il n'y avait guère plus de 200 revues en circulation dans toute la France).

Ce conseiller et l'avocat vont dire la chose suivante : « Pour le CNES, c'est à la limite de l'injure ! » Mais n'engagera de poursuite que s'il y a récidive ; Le CNES le sermonnera en lui envoyant une lettre lui signifiant que ces attaques étaient absolument inqualifiables.

Lorsque j'ai alors envoyé à l'auteur de ce «sermon», ainsi qu'à la direction du CNES, un exemplaire de cette revue pour qu'il puisse constater que l'article en question était solidement argumenté et ne se résumait pas à une série de termes désobligeants comme il l'avait prétendu en extrayant quelques citations de leur contexte, je n'ai plus jamais eu de nouvelles, malgré mes nombreuses «récidives» dont je n'ai pas manqué d'informer le CNES et le SEPRA.

L'avocat ira plus loin en ce qui me concerne, puisqu'il autorisera une action judiciaire. Le CNES m'autorisera en conséquence, à titre personnel, à engager un procès pour injure et diffamation contre M. Robert Alessandri. Voila pour les faits tels qu'ils se sont avérés être au moment ou a démarrer cette pitoyable et triste affaire Alessandri/Velasco.

On est en droit d'avoir des points de vue différents sur le fond, et les gens on le droit de dire ce qu'ils veulent. Mais moi j'étais dans le cadre de mon activité professionnelle : je n'ai fait que mettre en avant les arguments techniques qui étaient ceux sur lesquels le CNES, dans le cadre de ma mission, m'avait demandé de transmettre.

Mais j'ai eu l'impression, quand même, que cette affaire était un petit peu diabolisée, et que ce Monsieur ne possédait pas toutes ses facultés de jugement, où qu'il y avait autre chose.


C'est drôle, moi aussi je pensais cela de lui, pour s'être lancé dans ce procès... Jusqu'à ce que je comprenne qu'en fait il n'avait même pas conscience que mes critiques étaient fondées sur le fond du problème (les grossières erreurs des conclusions et déclarations du SEPRA sur cette rentrée atmosphérique)... Et la suite de cette interview va montrer qu'il semble ne les avoir toujours pas admises et qu'il n'ait pas même cherché à en avoir le coeur net ! Quinze ans après, Velasco ne sait toujours pas que la rentrée atmosphérique a suivi une trajectoire Royan-Strasbourg-Nuremberg et non pas Pau-Strasbourg-Francfort... C'est dire qu'il ne doit pas souvent remettre en cause non plus ses enquêtes sur les ovnis lorsqu'on lui fait constater des erreurs !

J'ai longtemps pensé que la première hypothèse pouvait être la bonne, mais la suite allait me faire changer d'avis. Le procès a eu lieu, comme d'habitude cela a pris plusieurs années, et ce Monsieur a donc été condamné en première instance. À ma grande surprise... oui à ma grande surprise, il a fait appel. Quand il a fait appel, alors il a clamé partout qu'il était victime « du pot de terre et du pot de fer », etc., bien entendu sans jamais dire pourquoi et surtout pas pour les raisons évoquées plus haut, sans vraiment dire qu'il m'avait traité de fumiste, etc.,

Au contraire, je l'ai toujours répété, en précisant que je ne voyais pas comment appeler autrement quelqu'un qui se présentait comme un expert au plus haut niveau dans un domaine dont il ignorait les notions les plus élémentaires, ce que j'avais très largement démontré. Et j'ai toujours dit aussi que si l'on me donnait la moindre raison de penser que Velasco avait fait preuve en une seule occasion d'un minimum de compétence dans le domaine des rentrées atmosphériques, je reconnaîtrais mes torts et accepterais ma condamnation. Qu'attend-il donc pour mettre un terme définitif à cette «pitoyable et triste affaire» en apportant cette simple preuve élémentaire qu'il a un minimum de compétence ? Il me semble que tout scientifique qui se respecte aurait cette attitude... Quand Gildas Bourdais prétend que Jean-Pierre Petit n'a pas apporté grand-chose à la M.H.D., ce dernier n'a aucun mal à démontrer que c'est faux en citant touts ses travaux dans ce domaine !

j'en passe et des meilleures, car il mettait toujours en avant l'incompétence de Velasco, etc., etc., il n'a jamais mis en avant que c'étaient ses propos inqualifiables qui l'avaient fait condamné.

Tous mes propos étaient parfaitement «qualifiables», ils fustigeaient de façon tout à fait claire l'incompétence de Velasco dans le domaine des rentrées atmosphérique, qu'il le veuille ou non il ne s'agissait pas d'autre chose et chacun peut le vérifier puisque je recopié intégralement l'article qui m'était reproché sur mon site depuis plus d'un an... Ç'aurait été de la diffamation s'il y avait eu la moindre exagération dans mes propos, mais ça n'était pas le cas : le pire que j'ai écrit est qu'il était «une nullité absolue dans le domaine des rentrées atmosphériques», je le maintiens et j'ai apporté les preuves que ça n'avait rien d'exagéré, et vous pouvez constater que Velasco est incapable de le contester.

Au travers de tout ça il me mettait en cause, vis-à-vis de mes collègues, vis-à-vis de ma famille, de mon entourage,

C'est sûr que du fait qu'il se présentait depuis des années comme un expert dans ce domaine technique précis, montrer qu'il n'y connaissait absolument rien devait porter un coup à sa crédibilité... Mais à qui la faute ? Si je me présente partout comme expert en peinture de la renaissance, mais que quelqu'un me dénonce comme imposteur après avoir constaté que les seuls peintres que je connais sont Picasso et Dali, je n'irai pas l'attaquer en justice !

et en plus il y avait déjà sur Internet des gens qui prenaient son parti, certains allant même jusqu'à demander au président de la république par pétition interposée mon éviction du CNES ! Rien que cela...

Surtout qu'en général ces gens étaient des scientifiques qui avaient constaté les erreurs grossières et multiples de ses «expertises», et que personne ne contestait la justesse de mes critiques. On ne l'a pas évincé, mais on a tout de même retiré à son service la prise en charge des rentrées atmosphériques... Du coup, le pauvre homme ne pouvait plus se présenter comme expert, on ne lui permettait plus de parler à des émissions de télévision consacrées aux dangers des débris spatiaux, il perdait cette activité qui occupait comme il l'a répété à plusieurs reprises à peu près la moitié de son temps de travail... On comprend qu'il ait estimé le préjudice subi à 100 000 F !

Ensuite, le procès suit son cours et je ne m'en préoccupe pas plus que cela. Il perd en première instance. Je me dis qu'il va se calmer, et que son insistance à aller en appel risque de lui coûter plus cher...

Je n'allais tout de même pas accepter le jugement en première instance alors qu'on ne m'avait même pas donné la moindre possibilité de me défendre, ni permis d'assister à l'audience !

Eh bien non ! Il est allé en appel, et qui est-ce que j'ai vu apparaître en appel ? C'est là que ça devient intéressant : j'ai vu apparaître des soutiens qui m'ont complètement éclairé sur l'appréciation que j'avais de cette personne. Parmi ces soutiens, je dois vous le dire, j'ai découvert la présence d'un académicien, oui de l'Académie des sciences, qui apportait sans faille son soutien à ce Monsieur. C'est là que je me suis aperçu que M. ALESSANDRI n'était pas tout seul... et que sans doute, cette attaque personnelle était dirigée par et vers d'autres choses.

La manière dont j'ai obtenu ces soutiens qui semblent si suspects à Velasco, vous pouvez la trouver depuis longtemps sur mon site : c'est par le texte «Appel aux scientifiques n'ayant pas peur de dire ce qu'ils pensent», rédigé le 3 octobre 1999. Je recopie l'introduction :

Madame ou Monsieur,

Simple amateur de sciences, je suis poursuivi en justice pour avoir dénoncé dans une revue bénévole l'incompétence invraisemblable du responsable d'un service du CNES, le Service d'expertise des phénomènes de rentrées atmosphériques, précisément dans son domaine d'expertise.

Si vous pouvez revendiquer une certaine compétence dans le domaine des orbites de satellites, je vous demande de juger de la justesse de mes arguments, étant donné que l'intéressé refuse de reconnaître ses erreurs et qu'il jouit du soutien du CNES.

Il ne s'agit pas de prendre parti, mais de donner votre opinion de scientifique sur des points techniques très précis, afin que l'affaire puisse être jugée honnêtement (je vis du R.M.I. et n'ai donc pas les moyens de demander une expertise payante, et le tribunal ne la demandera pas non plus pour une simple affaire de diffamation).

Vous trouverez dans les «pièces jointes» tous les documents nécessaires pour juger la réalité de mes affirmations, et je me tiens à votre disposition pour vous fournir des compléments d'information.


Cela dérange sans doute M. Velasco, mais il y a des scientifiques honnêtes qu'une telle demande interpelle... Je n'ai envoyé qu'une vingtaine d'exemplaires de ce texte (à l'époque je n'avais pas Internet), mais ils ont beaucoup circulé ! C'est de cette manière que j'ai attiré l'attention de Jean-Pierre Petit, et beaucoup plus indirectement de l'astrophysicien Jean-Claude Pecker, membre de l'Académie des sciences : Jacques Scornaux, que je ne connaissais pas à l'époque (j'ai depuis des relations très amicales avec lui), qui avait entendu parler de ce texte je ne sais comment, m'en a demandé deux exemplaires, en a transmis un à Dominique Caudron qui l'a transmis à Jean-Claude Pecker... Et ce dernier a accepté d'attester que mes critiques étaient fondées sur le fond du problème... Et ça a dérangé les plans de Velasco, qui espérait bien gagner ce procès sans avoir à donner la preuve de mes critiques étaient «sans fondement et scientifiquement erronées», comme il l'avait écrit en appel, sur un simple argument d'autorité ! Il a finalement trouvé un autre moyen d'éviter que la question de ses compétences soit seulement évoquée, en s'attirant le concours du Parquet, mais ça lui a sûrement posé quelques difficultés supplémentaires.

Il oublie de dire que j'avais aussi le soutien de Pierre Neirinck, spécialiste incontesté des rentrées atmosphériques, qui n'est pas membre de l'Union rationaliste ou du Cercle zététique, qui ne croit guère aux ovnis parce qu'il n'a rien observé de vraiment mystérieux pendant ses innombrables nuits de veille mais n'est absolument pas choqué que des gens s'y intéressent, surtout si ça les pousse à observer le ciel !

J'ai appris plus tard qu'un autre astronome, directeur d'un observatoire et pas spécialement opposé à l'étude des ovnis (pourvu qu'on le fasse sérieusement !), était aussi prêt à m'apporter son soutien.

Et Pierre Guérin, averti de cette affaire, avait aussi dans un premier temps accepté d'attester de la justesse de mes critiques sur le fond. Il en a finalement été dissuadé par Joël Mesnard qui lui a fait croire qu'en réalité j'avais tout à fait les moyens de me payer un avocat et que mon article faisait partie d'une vaste conspiration pour saboter l'avancée en ufologie résultant de la réunion de Pocantico... Je lui avais expliqué preuves en mains qu'imprimer une revue sur papier glacé ne coûtait pas aussi cher que Mesnard voulait le faire croire, et que même si ses «amis» ne lui aient jamais demandé son avis sur ce que j'avais écrit sur le 5 novembre 1990 ça datait de bien avant la réunion de Pocantico (ce qui ne l'avait pas empêché de répéter ces mensonges dans son livre dénonçant la «désinformation» !) Il n'est pas pour autant revenu sur sa décision et je n'ai pas insisté, mais voilà comment il justifiait ce refus d'apporter une simple appréciation technique sur des éléments précis :

Vous vous donnez beaucoup de mal pour me prouver que Velasco s'est trompé en faisant passer sa trajectoire par Pau, et plus généralement pour me prouver qu'il n'est pas bien futé et qu'il continue de persister dans ses erreurs. Vous prêchez sur ce point un convaincu. Mais aussi bien le reproche que je vous ai fait à propos des 9 années séparant la date de la rentrée et la parution de votre article injurieux, est d'ordre juridique. Que Velasco, durant ces 9  années, se soit ou non amendé ou bonifié, l'article en question relève de la diffamation (c'est-à-dire d'une accusation non prouvée et injurieuse) parce que ladite accusation est portée au présent de l'indicatif (Velasco EST une nullité, etc) pour des faits anciens. J'ajoute pour votre gouverne que la question de savoir si c'est lui ou vous qui a raison pour la trajectoire passe sûrement complètement au-dessus de la tête du juge, qui — s'il voulait trancher – devrait nommer un expert... Ce qu'il ne fera évidemment pas, car il n'y a pas mort d'homme ni fait gravissime. Dans ce contexte, toute attestation de ma part en votre faveur, appuyant une trajectoire passant par Royan, serait nulle et non avenue.

Je ne vais pas recopier toute la lettre, mais pour résumer, Guérin était persuadé que les ovnis étaient un problème très grave, sans doute déterminant pour l'avenir de l'humanité, et qu'il fallait encourager toute initiative pouvant assurer leur «promotion». Dans ce contexte, les intérêts d'un petit procès n'avaient aucun poids devant l'importance de l'enjeu de l'étude des ovnis. C'était au moins un argument logique et honnête, et Guérin aurait souhaité pour le bien de tout le monde que je présente des excuses à Velasco pour mes excès de langage, et que Velasco les accepte et laisse tomber l'affaire... C'était un voeu honorable mais difficile à satisfaire... Comment aurais-je pu présenter cela ? «j'ai constaté que vous n'aviez aucune connaissance dans le domaine des rentrées atmosphériques, vous vous présentez depuis douze ans comme expert dans ce domaine, vous refusez de reconnaître vos erreurs, mais j'ai eu tort de vous traiter de fumiste, et je vous adresse mes plus plates excuses pour cela» ? Je doute que Velasco s'en serait satisfait... Ce qu'il voulait c'était qu'on ne parle pas de ses erreurs, ça devait être étouffé par tous les moyens, et c'était l'unique raison de ce procès imbécile.

Il va en appel, et là le temps passe, s'écoule... c'est toujours très long avec la justice et puis un jour la sanction définitive tombe : Monsieur Robert Alessandri était condamné pour injure et diffamation.

Absolument pas, et il le sait très bien puisqu'il est allé jusqu'à dévoyer le Procureur général du Parquet d'Aix-en-Provence pour que le juge n'examine pas l'accusation de diffamation, la seule pourtant qui pouvait être retenue mais qui avait l'inconvénient de porter le débat sur les compétences de Velasco, et me condamne uniquement pour injures. J'ai apporté toutes les preuves qu'il y avait eu une entente crapuleuse, totalement interdite, entre le ministère public et lui, pour obtenir cette tromperie finale sur les motifs des poursuites.

Cela voulait dire, dans mon esprit, qu'une fois qu'il avait perdu en appel, c'était terminé ! Eh bien non ! Le feuilleton continuait, ce n'était pas fini ! Il allait en cassation. Pour quelqu'un qui se disait en situation sociale précaire, touchant le R.M.I. (Revenu Minimum d'Insertion), cela confinait à la farce, vu le coût que représente la cour de cassation.

Je ne doute pas que Velasco ait payé très cher pour gagner en Cassation, mais pour ceux qui douteraient qu'on puisse aller en Cassation sans rien payer, voici la reproduction intégrale de la décision de l'aide juridictionnelle :

Décision du 7 mai 2002

Textes réprimant les fausses déclarations

Admission à l'aide juridictionnelle

Indemnités de l'avocat : 382 € HT

Je n'ai payé aucun frais de procédure, ni en Cassation ni en Appel. Et si M. Velasco croit que j'ai des revenus cachés, il n'a qu'à me dénoncer, puisque dans ce cas je devrais rembourser les sommes qui ont été dépensées pour ma défense dans ce procès, et je risquerais en outre des poursuites pénales tout à fait justifiées... Alors, que M. Velasco me dénonce, ou qu'il arrête de me traiter de menteur et de faire croire que je jouis de revenus ou de soutiens financiers occultes, parce que ÇA, c'est de la diffamation !

Et en plus, pour la cassation faut vraiment, faut vraiment heu... en vouloir...

Eh bien oui, je n'accepte pas que l'on gagne procès en dévoyant la justice, et «j'en veux» toujours, Velasco n'est pas au bout de ses surprises.

ça voulait dire aussi qu'il contestait la forme du procès, puisqu'on ne peut pas... sur le fond rejuger une affaire en cassation.

Tout à fait, et je la conteste toujours : le jugement était clairement et indubitablement contraire à des lois élémentaires, j'ai donné toutes les références qui le prouvent, j'ai reçu des lettres de juristes et avocats qui ont lu ces textes et m'ont confirmé que j'avais entièrement raison et que le jugement en appel était complètement illégal, et il ne s'est trouvé personne pour dire le contraire. M. Velasco a pu truquer aussi l'affaire en cassation en soudoyant mon propre avocat Maître Tiffreau (vous avez vu qu'il était payé 382 € HT pour me défendre, ça ne devait pas être très difficile), ça lui a permis de gagner en cassation, mais ça n'effacera pas pour autant les preuves, qui commencent à causer une gêne certaine dans le monde juridique comme j'ai pu m'en rendre compte récemment !

J'ai encore attendu un an et demi, puis on est arrivé au mois de décembre 2003 ou la Cour de cassation a finalement rejeté son appel.

C'était en mars 2004... Je veux bien admettre qu'il s'agit d'une erreur, mais c'est quand même curieux après un délai aussi court (l'interview a été réalisée le 11 juin 2004). J'en viens à me demander s'il n'aurait pas reçu une information en décembre 2003 l'ayant convaincu qu'il avait déjà gagné, et si ça ne l'aurait pas poussé à faire une nouvelle saisie de mon compte bancaire en février 2004, sans attendre la décision de la Cour qui aurait lieu un mois plus tard... Le fait est qu'en décembre 2003, on venait seulement de désigner le rapporteur qui devait résumer l'affaire au juge, que l'audience a eu lieu le 4 février 2004 (j'y ai assisté, ainsi que Francine Fouéré), et que le jugement a été prononcé le 10 mars. Tout cela n'aurait-il été qu'une pitoyable mascarade, le jugement ayant déjà été décidé en décembre 2003 ? J'avoue que plus rien ne pourrait m'étonner avec la justice après tout ce que j'ai constaté au cours de ce procès !

D'autre part, la Cour de cassation n'a pas «rejeté mon appel», ou plutôt mon pourvoi, elle a confirmé le jugement en appel après avoir examiné le pourvoi... Et il ne pouvait guère en être autrement puisque cet examen ne pouvait se faire que sur l'argumentation apportée par mon avocat et que ce dernier oeuvrait manifestement pour le camp adverse, en occultant totalement les véritables irrégularités du jugement en appel, en présentant les faits de façon mensongère, et en refusant malgré mes demandes répétées de rectifier (je l'avais dénoncé bien avant le jugement, mais les lois sont ainsi faites que seuls les avocats ont droit à la parole). La nuance est importante, parce qu'il faut savoir qu'avant qu'un pourvoi en cassation soit jugé, il est donné à examiner à un juge ou avocat de la Cour, en fonction ou retraité, qui doit donner son avis sur sa recevabilité... De cette manière, les pourvois totalement injustifiés et n'ayant aucune chance d'aboutir sont rejetés d'office... Ça n'a pas été le cas du mien, ce qui signifie que ce juge ou avocat a bien estimé qu'il y avait des choses pas claires dans le jugement, avant que «mon» avocat n'intervienne ! J'espère maintenant obtenir le rapport de ce juge ou avocat, qui pourra sûrement nous éclairer encore un peu plus sur la façon dont Velasco a gagné son procès en Cassation...

Pourquoi en est on arrivé là, 10 ans après une toute petite affaire de rentrée atmosphérique ?

Une «toute petite affaire» ? On rêve ? De toute son existence, le GEPAN puis le SEPPRA n'a jamais été confronté à un tel afflux de témoignages, et durant les douze années où son service s'appelait le «Service d'expertise des phénomènes de rentrées atmosphériques» il s'agit de la seule rentrée atmosphérique ayant donné lieu à un semblant d'expertise ! Ce qu'il a écrit sur le 5 novembre 90, ça représente au moins 90% du travail qu'il a accompli sur les rentrées atmosphériques en vingt ans d'exercice !

Mais M. Velasco devrait plutôt demander «Pourquoi en est-on arrivé là, pour un article dans une toute petite revue ?» Et lui-seul peut répondre !

C'est sans doute que Monsieur Robert Alessandri n'agissait pas seul et que des soutiens, plus ou moins masqués derrière lui par des organisations ou des groupes de personnes, l'ont poussé à cela. C'est sans doute vrai qu'il est victime, mais sans doute pas de la même façon qu'ont ne l'imagine d'après ce que l'on peut lire sur certains sites ufologiques.

Quels pouvaient être ces soutiens alors qu'avant moi personne n'avait rien trouvé à redire sur ses interventions en matière de rentrées atmosphériques ? Non pas qu'il n'y avait rien à dire, mais parce que ça n'intéressait presque personne... Neirinck s'était bien rendu compte des erreurs monumentales des communiqués du SEPRA sur cette rentrée, mais comme personne ne lui demandait son avis ça n'était guère connu que d'une poignée de spécialistes.

Des personnes comme Jean-Pierre Petit ont parfaitement compris ce qu'ils pouvaient faire en utilisant ce pauvre Robert Alessandri, mais il n'était pas le seul qui tirait les ficelles par derrière. En tous les cas, je savais que, derrière tout ça, il y avait des gens mal intentionnés qui ne se démasquaient pas encore. Le lien je l'ai trouvé par cet académicien, ce Monsieur, était un ancien président de l'Union rationaliste. Et j'ai découvert récemment, que non seulement il avait apporté son soutien à M. ALESSANDRI, lors du procès, je vous passe tous les détails, relevant simplement le fait dans son engagement inconditionnel au passage « que le CNES avait été léger en confiant à un homme comme M. Velasco de diriger un tel service, etc. »

C'est un mensonge éhonté : l'attestation de Jean-Claude Pecker, qui se trouve depuis longtemps sur mon site, vous pouvez la lire et constater qu'il n'a rien écrit de tel, et qu'il a été au contraire d'une délicatesse extrême y compris avec Velasco... Ce qu'il a écrit, c'est qu'il lui semblait que le SEPRA «avait été léger dans ses conclusions», que «sans accabler qui que ce soit», il se permettait de penser que «cette structure devrait être confiée à une équipe compétente en astronomie de position, en mécanique des orbites de satellites artificiels, et en quelques autres domaines», et que les textes publiés ne lui donnaient pas l'impression que M. Velasco ait «consulté des scientifiques compétents dans les domaines concernés». Qu'y a-t-il de scandaleux dans tout cela, compte tenu des erreurs monstrueuses commises par le SEPRA dans le domaine des rentrées atmosphériques, qui était à l'époque censément son activité principale (rappelons puisque le CNES et Velasco cherchent à le faire oublier que jusqu'en 1999, SEPRA signifiait Service d'expertise des phénomènes de rentrées atmosphériques !) Voilà que Velasco essaie maintenant de faire payer les quelques personnes qui m'ont apporté leur soutien en les diffamant publiquement.

propos qui ont sans doute influencé la décision du tribunal... Les liens de Monsieur Robert Alesandri avec l'ufologie sont connus au travers de sa participation au CERPA, dont j'ai évoqué l'adhésion, mais ce que beaucoup de gens ignorent, ce sont ses relations étroites avec l'union rationaliste et... la zététique, dont j'aurai l'occasion de parler un peu plus tard.

Eh ben, ils ne sont pas rancuniers... Moi qui écrivais dans Univers-OVNI n°2 (la revue même dans laquelle se trouvait l'article qui a tant déplu à Velasco), en commentant plutôt vertement une conférence donnée par Broch à Marseille :

Pour ceux qui ne le connaîtraient pas, le Cercle zététique, c'est un peu comme l'Union rationaliste mais en plus fanatique ! Se présentant comme des «sceptiques éclairés», Broch et ses émules sont partis en croisade contre la «vague d'irrationnel» qui ronge notre civilisation.
[...]
Le problème, c'est que Broch ne fait aucune différence entre inexpliqué et irrationnel, et on trouve pêle-mêle dans les «croyances» qu'il fustige l'astrologie, les fantômes, la parapsychologie et bien sûr les ovnis !

Non Monsieur Alessandri, je n'ai jamais cru un seul instant que vous agissiez tout seul dans cette affaire.

J'agis tout seul et je vous emmerde.

Moi non plus je n'ai pas cru un seul instant que vous agissiez tout seul... Et je suis même prêt à croire que ça n'est pas vous qui avez arrosé des auxiliaires de justice pour qu'ils truquent le procès, jusqu'en Cassation... Je ne vous crois tout simplement pas suffisamment influent pour cela ! Et je suis même prêt à croire que vous êtes un pauvre innocent ne se rendant même pas compte qu'il est protégé par des gens qui ont le bras long... Vous gagnez deux procès grâce à l'intervention de l'avocat de vos adversaires (l'autre, c'est Robert Roussel, qui n'a même pas pu assister à l'audience parce que son avocat s'était, entre autres choses, «trompé» sur la date qu'il lui avait fournie; il a reçu un blâme pour cela, et j'espère bien que le mien sera aussi sanctionné pour ses graves manquements à l'éthique et aux devoirs de sa profession) et ça ne vous étonne pas... Pas plus que le fait que quand on demande un audit de votre service, on le confie à votre meilleur pote...

Ce qui est choquant, c'est que cet académicien, croyant sans doute qu'il pouvait tout se permettre, parce qu'il possède la notoriété et un titre honorifique, puisse intervenir de la sorte auprès de la direction d'un établissement public.

C'est quoi ce délire ? On parle d'une attestation fournie à un tribunal, portant une appréciation sur les conclusions d'un «service d'expertise» à l'occasion d'un phénomène précis !

De quel droit ce Monsieur se permettait-il de porter un jugement sur mon travail ?

Du droit qu'a n'importe quel scientifique de porter un jugement sur un travail présenté comme scientifique dans un domaine qu'il connaît, au risque de se discréditer auprès de ses confrères s'il se trompe... C'est cela la science, et s'il ne l'accepte pas M. Velasco est décidément bien un fumiste !

De quel droit mettait-il en cause mon entreprise incapable de surveiller ses agents !

Il ne l'a pas fait, c'est Velasco qui diffame !

Mais plus récemment, il s'est permis autre chose, une intervention que je qualifierai d'inadmissible, indigne de la part de quelqu'un qui passe pour un humaniste. Il a écrit au Directeur du CNES, lui demandant de me retirer de mon poste... et de me remplacer par un de ses amis fonctionnaire à France Télécom !

Je ne sais pas ce que Pecker a écrit «plus récemment» au Directeur du CNES, ça n'a plus rien à voir avec moi, mais vu la façon dont Velasco présente l'intervention de Pecker dans mon procès vous vous doutez bien que c'est encore totalement déformé... Ceci dit, je ne serais pas surpris que bon nombre de scientifiques aient écrit récemment au CNES pour demander de retirer Velasco de son poste, après avoir lu son dernier livre dans lequel il prétend avoir apporté la preuve scientifique des liens entre ovnis et essais nucléaires en présentant des statistiques trafiquées !

C'était ignorer que les agents du CNES ne sont pas des fonctionnaires mais simplement des salariés à statut privé. Là, nous dépassons l'entendement, car cela est grave... très grave.

Nous dépassons l'entendement, nous sommes bien d'accord.

Enfin si je parle aujourd'hui de cette affaire, c'est que je suis écoeuré de tout ça, principalement du comportement de tous ces gens. C'est pour dénoncer tout cela, car je n'accepte plus rien qui touche à mon honneur et à mon intégrité personnelle.

S'il ne veut pas qu'on touche à son honneur et son intégrité personnelle, Velasco n'a qu'à se comporter de façon honorable et intègre : en reconnaissant enfin ses erreurs, en reconnaissant qu'il n'a jamais eu de compétences en matière de rentrées atmosphériques et qu'il n'aurait pas dû se présenter ou se laisser présenter comme expert dans ce domaine, et en arrêtant de se défendre par de nouveaux mensonges !

Que l'on comprenne bien que je ne laisserai pas passer ce genre de choses, que s'il y a des gens qui se défoulent en faisant de l'ufologie militante, ou d'autres qui se croient tout permis par leur position sociale, ils devraient comprendre qu'ils sont aussi des individus qui doivent êtres responsables de leurs actes. Avec ces gens-là, nous ne sommes plus dans le domaine du rationnel, mais dans ce qu'il y a de pire dans le comportement humain. C'est pour vous dire à quel point, des gens, par derrière... parce que ces gens-là n'ont pas le courage d'agir en face, ils sont lâches et hypocrites. Ils préfèrent bassement s'attaquer aux personnes ! C'est vraiment très courageux (NDLR : ton ironique) !

Pour moi, l'affaire Alessandri est terminée, je ne veut plus entendre parler de ce Monsieur


Désolé, mais vous allez encore en entendre parler...

ni de ceux qui lui ont apporté un soutien inconditionnel. En cela, Internet m'a permis de me rendre compte à qui j'avais à faire, voir qui était avec qui, et je peux vous dire que certaines personnes devraient êtres plus prudentes à l'avenir dans leur positionnement et le jugement qu'elles portent sur les autres.

Après les mensonges et la diffamation, les menaces ? Ce brave homme a décidément tout pour plaire...

Section «Les compétences de Jean-Jacques VELASCO»

Cette autre section de l'interview m'est aussi presque exclusivement consacrée...

JD : Certaines personnes mettent en doute vos compétences en matière de rentrée atmosphérique, en citant par exemple cette photographie parue dans Paris-Match que vous aviez malencontreusement interprétée comme étant un étage de fusée rentrant dans l'atmosphère, alors qu'il s'agissait des feux d'un avion au décollage, en exposition longue. Que répondez-vous à cette critique ?

JJV : Bon alors là je vais répondre, parce que ça vient aussi dans le cadre des réponses que j'ai à faire par rapport à certains individus comme M.  Alessandri, qui mettent en cause mes compétences professionnelles. Alors je veux dire une chose, que ça soit très clair. Quand je suis dans le cadre de mes activités professionnelles, ça n'est pas moi, ce sont les compétences du CNES qui ont été mises en accusation au travers de celles de Jean-Jacques VELASCO.

Ça veut donc dire que quand il y a des communiqués qui sont faits par le CNES sur une rentrée atmosphérique, c'est le CNES qui estime qu'il faut faire cette réponse. Donc les données qui sont exploitées sur des clichés photographiques ou sur des données de rentrées atmosphériques, c'est le Centre d'Orbitographie Opérationnelle du CNES qui fait le travail.


Pourtant, dans la revue Mystères parue en décembre 1993, le journaliste Nicolas Maillard expliquait : «Lors d'un deuxième entretien, Velasco me dit qu'effectivement, la trajectoire n'avait pas été fournie par les Américains, mais qu'il l'avait calculée». Le regretté Nicolas Maillard, que Velasco présente plus loin comme un enquêteur sérieux, aurait-il déformé ses propos ?

Et si c'est vraiment le Centre d'orbitographie du CNES qui a calculé la trajectoire Pau/Strasbourg/Fancfort à partir des données orbitales fournies par le NORAD, c'est vraiment grave : ça signifie qu'on ne peut accorder aucune confiance au CNES dans le suivi des satellites, qui est une de ses activités principales ! Et il est encore plus grave que le CNES n'ait fait aucune rectification à ce sujet, alors que nous avons vu que cette erreur causait beaucoup d'agitation dans les milieux militaires.

Est-ce aussi le Centre d'orbitographie qui a procédé à l'étude statistique des témoignages, censée confirmer la trajectoire annoncée comme Velasco l'a déclaré à maintes reprises ? Et si Velasco n'a rien fait de tout cela, en quoi consistait son travail en matière de rentrées atmosphérique, qui l'occupait d'après ses déclarations répétées à peu près autant que les enquêtes sur les ovnis ?

Ce sont des clichés photographiques qui sont examinés par, bon en général, notre expert c'est la société Fleximage,

Ça serait donc la société Fleximage qui, après expertise, aurait expliqué les photos publiées dans Paris-Match par la rentrée atmosphérique ? Si c'est vraiment le cas, je n'hésite pas à affirmer que l'expert de Fleximage est aussi un fumiste : qu'un spécialiste de la photographie spatiale soit incapable de reconnaître de banales photographies des lumières clignotantes d'un avion, et qu'il interprète les lumières rouge vif de ces photographies par le résultat d'un échauffement, ça dépasserait l'entendement. De plus, j'avais moi-même demandé au directeur de Fleximage, François Louange, d'expertiser ces photographies dans le cadre du procès... Il m'avait répondu que ça serait envisageable s'il n'était pas débordé par ses travaux concernant l'étude de photographies satellitaires pendant la guerre en Afghanistan. M. Louange aurait eu un certain culot, et un manque total d'éthique professionnelle, en omettant de préciser qu'il avait déjà expertisé pour le compte du SEPRA les photographies en question, et que les explications hautement fantaisistes au sujet de ces photos, que l'on a tant reprochées à Velasco, étaient en fait les siennes !

donc moi je ne fais que traduire le résultat de ses expertises ou de ses calculs.

Et quand il participait à des débats télévisés portant sur les satellites et les débris spatiaux, il y avait un professionnel du CNES qui lui dictait à travers une oreillette ce qu'il devait déclarer ? Quand il déclarait au journal télévisé, où il était présenté comme directeur du Service d'expertise du CNES sur les rentrées atmosphériques, que les rentrées atmosphériques ne durent que quelques secondes, c'était aussi dicté par ses supérieurs au CNES ?

Donc ce n'est pas la compétence de Jean-Jacques VELASCO qui est en cause, c'est celle du CNES ! Bon, je réponds à travers de ça, tout simplement.

Il faut être sérieux, quand on se présente pendant plus de dix ans comme directeur d'un service d'expertise, qu'en tant que tel on répond à des interviews, qu'on participe à des plateaux télévisés, on DOIT avoir un minimum de compétence dans ce domaine... Sinon, si on se laisse ainsi présenter comme expert dans un domaine auquel on ne connaît RIEN, on EST un fumiste, au pire sens que l'on puisse attribuer à ce terme.

JD : Avez-vous publié un rectificatif sur vos erreurs d'interprétation de la rentrée atmosphérique du 5 novembre 1990 ?

JJV : Là je vais répondre plus loin...


Je n'ai trouvé de réponse nulle part, à part prétendre qu'il n'a pas à donner de réponse puisque tout ce qu'il a dit c'était les résultats des calculs et des expertises du CNES...

Bien sûr, je ne peux pas laisser passer sur mes « erreurs ».

Je voudrais être sûr que c'est lui qui a mis des guillemets et pas le JDU... Il croit toujours que la trajectoire Pau-Strasbourg-Francfort annoncée et répétée trois semaines après l'événement dans le rapport final n'était pas fausse de 200 km, alors que quiconque peut le vérifier avec un quelconque logiciel gratuit, comme je l'ai montré ? Il croit toujours que les photos qu'il a commentées dans Paris-Match représentaient la rentrée atmosphérique (apparemment oui, il l'a expliqué sans rire dans une autre section) ? Il croit toujours qu'une rentrée atmosphérique ne dure que quelques secondes, tout au plus une minute ?

Admettons une seconde qu'il s'agisse là d'erreurs des experts en orbitographie ou en photographie du CNES... Mais qu'il n'ait même pas essayé d'en avoir le coeur net en quinze ans, ne serait-ce que par curiosité, en s'informant auprès d'autres spécialistes (personne ne me fera croire qu'aucun expert en photographie ne lui a dit que les photos qu'il présentait fièrement à tous ceux qui lui rendaient visite étaient des avions), ça dépasse vraiment l'entendement !

Je l'ai dit un peu tout à l'heure, mais il y a quand même des choses à rectifier.

Eh bien, qu'il rectifie donc, au lieu d'éluder sans cesse les questions...

Il y a quand même des choses à rectifier parce que je pense qu'il y a des gens qui, derrière cette question, font des procès d'intention, là encore sans avoir tous les éléments d'information.

Tous les éléments d'information utiles se trouvent  sur mon site, et lui n'en donne aucun dans cette interview ni ailleurs.

Section «Au sujet de Jean-Pierre Petit»

Velasco attaque aussi beaucoup Jean-Pierre Petit, qui a été le premier à prendre ma défense et qui a organisé un «ovnithon» pour me venir en aide. Pour ce qui est des relations que Petit a entretenues avec le SEPRA, je vous laisse lire la réponse de l'intéressé aux accusations de Velasco, suivie de ses commentaires sur cette interview. Concernant les relations conflictuelles que Petit entretient avec de nombreux autres scientifiques, j'imagine que c'est le propre des scientifiques créatifs d'être souvent en conflit avec ceux qui le sont beaucoup moins !

Velasco cherche ensuite à discréditer les idées présentées par Petit dans un de ses livres :

Comment Jean-Pierre Petit peut-il être pris au sérieux quand il déclare, dans  un de ses derniers ouvrages, que les USA possèderaient des avions satellisables volant à 10000km/h, des bombes à antimatière de la taille d'une balle de golf, des sondes qui auraient déjà effectué secrètement une exploration complète du système solaire, une source d'énergie propre qu'ils n'utiliseraient pas pour continuer à exploiter le pétrole et qu'il y aurait des E.T. dans les sous-sols de la base secrète de Groom Lake !

En quoi tout cela est-il plus invraisemblable que toutes les affirmations du Colonel Corso dans The Day after Roswell, que Velasco cautionnait sur la radio Le Mouv' et auxquelles le groupe Cometa accorde un certain crédit ?

Un jour, à l'amphithéâtre de l'École Polytechnique - à l'école polytechnique ! - devant un auditoire d'élèves ingénieurs ou d'ingénieurs, alors qu'il avait été invité pour donner une conférence, il s'est permis un écart de langage dont il a le secret et que je livre à votre gouverne. J'ai l'enregistrement qui l'atteste : « au GEPAN, c'était le GEPAN à l'époque, il y a un petit technicien qui s'occupe des enquêtes et qui n'est même pas capable de faire la différence entre une brosse à dents et une intégrale... » Les lecteurs du JDU apprécierons d'eux-mêmes les qualités humaines et scientifiques de Jean-Pierre Petit !

À partir de cet épisode, je ne me faisais plus d'illusion sur qui j'avais à faire. Cependant, je ne pouvais et ne voulais engager de polémique ni de procès contre lui, car pourtant, il y avait matière à le faire, malgré le caractère diffamatoire et injurieux de ses propos.


Ça pose effectivement une question intéressante... Pourquoi Velasco n'a-t-il donc pas attaqué Petit, qui avait du reste répété à peu près la même chose (en remplaçant juste la brosse à dents par une brouette) lors d'une émission de télévision, mais m'a-t-il attaqué moi pour avoir dit qu'il était un fumiste dans une revue au tirage très confidentiel ? Ne serait-ce pas parce qu'il savait bien que Petit n'aurait aucun mal à démontrer son manque de connaissances scientifiques, alors qu'il n'imaginait même pas qu'un obscur ufologue amateur puisse en savoir plus que lui sur les rentrées atmosphériques ?

Mais bien sûr, c'est «l'opération Ovnithon» que Velasco lui reproche avec le plus de vivacité...

Si j'ai décidé aujourd'hui d'évoquer cette relation conflictuelle avec l'enfant terrible de l'ufologie en France, c'est que les événements depuis ont pris une tournure grave, avec l'épisode judiciaire de Monsieur Robert ALESSANDRI, dont je parlerai un peu plus tard.  Je ne pensais pas, en ouvrant un matin mon ordinateur professionnel et mon courrier, que je serais l'objet d'un tel déferlement d'insultes et d'injures de la part de tant de monde.

Velasco ment encore... Les courriers dont j'ai reçu la copie, et dont les premiers ont été publiés sur le site de Jean-Pierre petit, ne contiennent nullement des «insultes et injures»... Ce qu'on y lit, ce sont des réactions de gens indignés que M. Velasco saisisse les comptes de quelqu'un qui a eu le malheur de dénoncer son incompétence mais ne réponde à aucune de ses critiques.

Je rappelle ce que Velasco déclarait en 1993 dans une interview pour le magazine Phénomèna :

Cela me gêne lorsque je vois un certain nombre de gens qui utilisent des affaires comme le 5 novembre 1990 pour essayer d'étaler ça sur la place publique en maintenant un caractère étrange et mystérieux à ces événements alors que l'on a des réponses et qu'elles sont tout à fait rationnelles. C'est ça qui est gênant. N'oubliez pas que je suis dans une établissement public et que, en tant que citoyen, si je n'étais pas à la place que j'occupe, je serais en droit de demander à mon gouvernement comment sont utilisés les fonds publics.

C'est ce que ces gens ont fait, et rien d'autre... Et ils sont outrés que le CNES et son service d'expertise, au lieu de répondre aux accusations, s'acharnent à vouloir étouffer l'affaire en essayant de faire taire les gêneurs !

La raison, un « OVNITHON » ! Sorte de collecte de fonds inspirée du Téléthon et organisé par Jean-Pierre Petit lui-même.

Il faut vous dire que c'est bien la première fois que je vois ça, un véritable appel public à la dénonciation et à la mise à mort de quelqu'un par l'utilisation du réseau Internet et par courrier.


Quelle dénonciation ? Ça serait faire de la dénonciation que d'attirer l'attention du CNES sur les déclarations publiques faites en son nom par le SEPRA dans son domaine d'expertise ?

Imaginez la tête de la secrétaire du directeur du CNES lisant les courriers des gens qui lui écrivaient pour demander au Directeur du CNES, selon les bons conseils de Jean-Pierre Petit, de condamner Jean-Jacques Velasco à la porte !

Relisez ces courriers, ça n'est pas ce qu'ils faisaient, et ça n'est pas non plus ce que Petit écrivait. Non, ils demandaient par exemple qu'on leur explique si oui ou non le SEPRA avait annoncé une trajectoire complètement fausse, et pourquoi cette réponse ne leur avait jamais été donnée... Quand on n'obtient pas de réponse en quinze ans en demandant gentiment, on finit par se faire insistant... Que le CNES et Velasco continuent de refuser d'apporter ces réponses qu'ils DOIVENT au public, et on les leur posera avec toujours plus de force.

Je ne vous parle pas des nombreux e-mails reçus ou non, heureusement qu'ils sont filtrés à cause des virus qui étaient du même acabit ! Je me croyais revenu soixante ans en arrière, à une sombre période de l'histoire que je pensais révolue.

Oui, il y a des gens qui sont capable de faire ça, c'est pourquoi je ne veux plus rester silencieux, rester silencieux par devoir de réserve. Je veux dénoncer les pratiques démoniaques de Jean-Pierre Petit, car il a dépassé les limites. Quand on s'en prend à votre intégrité personnelle, à votre personne et que votre vie « sociale et professionnelle » est en danger, alors vous ne pouvez plus rester silencieux ni indifférent. Le rester, ce serait ne pas rendre service aux autres personnes qui ont subi ce genre d'infâmie sans pouvoir se défendre. J'aurais pu très bien engager un procès contre Jean-Pierre PETIT, je l'aurais sûrement gagné d'ailleurs... Je ne l'ai pas fait parce que par ailleurs, il y avait un autre personnage qui était condamné en justice pour le même genre de chose, mais dont Jean-Pierre Petit s'est servi pour cracher une fois de plus son venin. Je préfère aujourd'hui lui répondre publiquement et lui dire que je méprise son attitude et son comportement indignes d'un homme qui se respecte.

Je reparlerai après de M. ALESSANDRI, car nous avons bien là le mariage de la carpe et du lapin !

JD : Il y a un bourreau ?

JJV : Il y a - passez-moi l'expression - une victime pour Jean-Pierre Petit, c'est Robert Alessandri. Par conséquent, il faut apporter notre solidarité à la victime (NDLR : ALESSANDRI), et pour cela j'organise une collecte de style « OVNITHON » : le parallèle avec le TÉLÉTHON me paraît, à cet égard, déplacé et ignoble par rapport aux gens qui attendent des subsides privés pour améliorer la recherche sur ces maladies génétiques.


À mon avis, ces gens-là trouveront surtout déplacé qu'au lieu de dépenser des fonds publics à de telles recherches, on les dépense dans un service d'expertise qui fait preuve de l'incompétence la plus totale précisément dans son domaine d'expertise, et qu'en plus son directeur ne trouve rien de mieux à faire pour éviter de se justifier que d'essayer de mettre sur la paille celui qui a dénoncé cette gabegie, en faisant perdre au passage son temps et son argent à la Justice dans un procès absurde...

Velasco devient ridicule dans ses insinuations tordues : Petit a trouvé anormal qu'on me fasse payer ainsi le fait d'avoir dénoncé une véritable imposture scientifique ayant duré plus de dix ans, il a voulu m'aider en faisant cet appel de fonds et en versant lui-même mille euros, il a cherché sans trop réfléchir un nom pour évoquer cette «opération» de sauvetage, et je suis sûr qu'il s'excusera si un myopathe lui écrit que ce choix était «déplacé et ignoble» !

Et j'en profite pour remercier encore tous ceux qui ont participé, tout particulièrement Jean-Pierre Petit. Grâce à eux, j'ai pu recommencer à vivre normalement, sans redouter sans cesse une saisie de mon matériel informatique qui m'aurait sans doute définitivement muselé...

Mais Velasco imagine peut-être que les 5800 € qu'il m'avait pris n'étaient pas aussi vitaux que je le prétendais, lui qui veut faire croire que je jouis de revenus cachés et de soutiens financiers occultes par un complot dirigé contre sa personne... Mais il comprendra que Jean-Pierre Petit, qui m'a rencontré au Festival Science-frontières de Cavaillon où je me rends chaque année à vélo avec un sac de couchage pour la nuit, n'est pas prêt à croire à ces fadaises...

Moi j'ai un ami qui est le père d'un myopathe et je ne souhaite pas à M. PETIT d'être dans cette situation et de vivre ce genre de choses... Donc je trouve cela particulièrement déplacé, puis en parallèle de faire cet appel à la condamnation publique, voir plus haut [non, c'était un appel à une demande de comptes, voir plus haut], pour soutenir quelqu'un qui faisait l'objet d'une condamnation par la justice pour diffamation et injure [non, une condamnation pour injures après une procédure pour diffamation, ce qui est totalement contraire à la loi pour des raisons bien compréhensibles]. Mais sans doute que les extrêmes se rejoignent et qu'il existe une solidarité dans le genre !

Tout ce que j'ai écrit est vérifiable, j'ai tout publié, et il y a des gens qui sont choqués que la justice puisse être à ce point dévoyée par ceux qui ont de l'influence, ou des amis qui en ont... C'est tout et pas autre chose.

Quelques autres citations en vrac

JD : Pourquoi avoir changé le nom plusieurs fois de cet organisme ?

JJV : C'est au CNES qu'il faut poser la question, mais la signification des acronymes au fur et à mesure que les années se sont écoulées vous donneront sûrement la réponse.


Alors, demandons-lui plutôt pourquoi il déclarait en 1998 dans une interview pour Facteur X : J'ai proposé que nous prenions en charge une partie qui apparaissait souvent dans les témoignages : les «rentrées atmosphériques», à savoir les météores ou les rentrées d'objets satellisés.

Qu'il ne prétende donc pas que c'est le CNES qui l'a obligé à s'occuper des rentrées atmosphériques ! Je suis prêt à croire par contre que c'est le CNES qui l'a obligé à NE PLUS s'en occuper en renommant le SEPRA en 2000 Service d'expertise des phénomènes rares aérospatiaux (ou quelque chose d'approchant, la définition a varié).

JD : Autre question : votre contribution au sujet ovni, depuis 25 ans, semble minime. Vos travaux d'analyses ne figurent dans aucune revue sérieuse. D’ailleurs, on a jamais vu de rapport annuel sur les activités du SEPRA. Ne trouvez-vous pas que vous avez des comptes à rendre auprès du contribuable Français ?

JJV : Eh bien lorsque j'ai rencontré Tulio Regge, les autorités Chiliennes, les personnalités de l'association COMETA, les scientifiques présents à Pocantico, etc., ce n'était pas à titre personnel mais à celui du CNES. Il suffit d'examiner les minutes ou les rapports de ces commissions pour voir quelle a été ma contribution. Je n'ai pas d'autre chose à ajouter, sinon que cette question a sans doute été posée par quelqu'un qui n'a peut-être pas connaissance de ces travaux...


Ce que l'on remarque dans le rapport de Tullio Regge, c'est que c'est en grande partie «l'expertise» de la rentrée du 5 novembre 1990 qui l'a impressionné, et c'est d'ailleurs cet événement qui avait poussé le député belge Di Rupo à commander ce rapport ! Dans le rapport de Pocantico, on trouve la mention du cas dit «Joe le Taxi» sans qu'il soit précisé que l'enregistrement du «bruit» de l'ovni avait été identifié comme l'émission d'une balise radio, ou le cas du commandant Duboc présenté comme une parfaite corrélation entre l'observation radar et optique alors que l'un enregistrait un écho proche de l'avion à droite alors que l'objet observé se situait très loin en pleine gauche ! Il est très facile, quand on est représentant d'une prestigieuse agence spatiale française, de convaincre des scientifiques étrangers de l'excellence des enquêtes qu'on leur présente, sachant bien qu'ils n'iront pas les vérifier.

On comprend dès lors que Velasco soit très fâché des ufologues français parviennent à faire publier à l'étranger des textes mettant en évidentce les faiblesses de ses enquêtes !

Il est par ailleurs amusant de le voir dénoncer les «spécialistes auto proclamés» des abductions, en visant notamment le Dr John Mack qui est un psychiatre très réputé, lui qui s'est présenté pendant des années comme spécialiste des rentrées atmosphériques alors qu'il n'avait pas la moindre connaissance dans ce domaine !

Je terminerai avec ce commentaire que fait Velasco sur la disparition du SEPRA :

La direction du CNES en a par-dessus la tête de toutes ses polémiques à propos du SEPRA, et même davantage que ça, par le harcèlement permanent dû à l'affaire Alessandri et la scandaleuse initiative de Jean-Pierre Petit. Alors celle-ci n'avait plus qu'un seul objectif, que cela cesse définitivement... Voila sans doute les vraies raisons pour lesquelles le SEPRA allait disparaître.

Oui, ce sont sûrement les vrais motifs : le SEPRA disparaît parce qu'il n'a jamais répondu, et ne veut toujours pas répondre, aux critiques qui étaient faites sur ses expertises en matière de rentrées atmosphériques... Les gens en ont marre qu'on se foute d'eux, et il y a maintenant Internet pour le dire, alors que la grande presse se tait et que la justice protège ceux qui ont des soutiens...

Mais Velasco a raison de dire que le CNES est aussi responsable. Tout aurait pu être différent si le CNES avait simplement reconnu que ç'avait été une erreur de confier au GEPAN l'expertise des rentrées atmosphériques sans lui attacher le concours d'une personne compétente (et je ne parle pas de remplacer Velasco mais de ne pas le saisser tout seul), et avait reconnu les erreurs commises. Au lieu de cela, il a voulu étouffer l'affaire, allant même jusqu'à renommer de façon grotesque la signification du sigle SEPRA pour essayer de faire oublier qu'il avait été présenté pendant douze ans comme un service d'expertise des rentrées atmosphériques !

Le CNES s'est décrédibilisé par cette attitude, et ça n'est pas la disparition du SEPRA qui y mettra fin... Un jour, il faudra bien qu'il cesse de se cacher la tête dans le sable et affronte ses responsabilités envers le public... Mais Velasco aussi devra apporter de vraies réponses, au lieu de se défendre par des mensonges, des accusations gratuites, et d'éluder toutes les questions.

Robert Alessandri



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Ce texte a été lu fois depuis le 13/08/2004