UFOLOGIE ET POST-UFOLOGIE

(Jean-Louis Peyraut janvier 1992,

mis en ligne le 16/07/2003)

PERSPECTIVES POUR UNE SCIENCE SAUVAGE


Ce texte de notre ami Jean-Louis Peyraut a déjà été publié il y a plus de dix ans dans la revue La Ligne Bleue survolée du CVLDLN (une ancienne association ayant perduré à travers le CNEGU, toujours très actif, éditant désormais Les Mystères de l'Est et un site Internet). Il  n'a pourtant rien perdu de son actualité, et s'est même largement vérifié... Et la comparaison très pertinente qu'il fait entre l'histoire de l'astronautique et celle de l'ufologie trouve sa place idéale dans «le site de l'espace et de l'ufologie» ! Certes, les craintes de Jean-Louis concernant des attaques physiques des disciples de Jimmy Guieu contre les ufologues ayant conservé un minimum de bon sens semblent a posteriori exagérées (à moins que son article n'ait «joué le rôle d'une IVG  dans la "gestation" du "commando alpha"», comme il nous l'a suggéré avec humour !), et en tout cas sans objet depuis la disparition de Jimmy (que par ailleurs nous regrettons tous, même si nous ne partagions pas toutes ses idées). Mais on ne peut que constater qu'un nombre croissant d'ufologues sombrent dans un véritable délire conspirationniste (et il ne s'agit pas pour nous de dire qu'il n'y a pas de conspirations; simplement qu'il ne faut pas en voir partout !), et que cela discrédite totalement l'ufologie «d'amateurs» et lui interdit toute prétention scientifique... Force est donc de reconnaître que Jean-Louis avait raison : les ufologues sont peu à peu dessaisis de l'ufologie, et semblent tout faire pour qu'il en soit ainsi !


AVERTISSEMENT AU LECTEUR


La première version de ce texte a été écrite fin novembre 1989 et envoyée le 10 décembre suivant à l'équipe de l'A.E.S.V. (actuellement SOS-OVNI). Il s'agit essentiellement d'une analyse de l'évolution de la communauté ufologique et de son avenir. Ceci en prenant comme référence une autre évolution : celle de la communauté astronautique au cours de la première moitié du XXe siècle. Les deux mouvements présentent bien des traits communs.

Ce texte devait surtout servir de sujet de réflexion sur le passé et l'avenir. Je considère toujours ce dernier comme redoutable, malgré l'embellie apportée par la Vague belge, où l'ufologie a reçu une véritable reconnaissance publique de la part d'autorités civiles et militaires de niveau gouvernemental.

À la demande d'Yves Chosson, je l'ai quelque peu remanié, grâce à des informations complémentaires et... convergentes. Sans doute, le fait d'avoir été écrit quasiment au moment où se déclenchait la Vague belge a-t-il influencé sa proposition.

PROLOGUE


Commençons par une «petite phrase». Dans un courrier du 17 octobre 89, je faisais allusion à des consignes de silence que les «services officiels» (le SEPRA notamment) tentaient d'imposer aux témoins d'observations. Une consigne qui visait en priorité les groupements ufologiques. J'écrivais : «une attitude que j'estime révélatrice sur le sort prochain que l'on réserve à l'ufologie». La provocation n'est pas tombée dans l'oeil d'un aveugle. Perry Petrakis [président de l'association SOS-OVNI, en grande difficulté maintenant] voulut savoir ce que j'entendais par là. C'est cette réponse que je vais vous donner maintenant.

LA SCIENCE EMBRIGADÉE


En clair, je pensais (et continue à penser) que les ufologues consomment leurs dernières miettes de pain blanc et vont connaître leurs premiers ennuis sérieux. Jusqu'à présent, on les méprisait, on les rejetait dans la marge qui sépare science et superstition. Ceci grâce à la caution «baliverniste». Maintenant, ils sont mûrs pour la phase «contrôle» : surveillance et répression.

Parenthèse pour «balivernisme» : barbarisme de mon cru. Il désigne l'idéologie scientifique connue sous le nom de «rationalisme» (ce qui n'a aucun sens : même les fous sont rationalistes !) Cette idéologie a été fondée par «l'école» positiviste d'Auguste Comte (première moitié du XIXe siècle) avec notamment le «catéchisme positiviste». Tout un programme : il s'agissait d'épurer la recherche de tout ce qui n'était pas «positif» dans «l'intérêt» de la science. Cette idéologie institua la notion de «progrès». Elle créa aussi l'institutionnalisation de L'INTERDIT en science, établissant un «manuel», outil indispensable pour imposer un encadrement administratif. La science, monde libre, devint un système assujetti, à la merci des fonctionnaires qui se substituèrent à l'ancien pouvoir ecclésiastique. Les ennemis de la science ont enrégimenté «laïquement» la science. Ce que dénonça Auguste Lumière dans Les Fossoyeurs de la Science [1].

Le phénomène OVNI appartient au domaine de l'INTERDIT. Mais énoncer le tabou ne suffit pas. Encore faut-il comprendre les mobiles de cette hostilité qui se dissimule sous le masque de l'indifférence. Et il faut le faire scientifiquement. C'est-à-dire établir le cadre de références indispensables à toute recherche.

LES INTÉRÊTS EN PRÉSENCE


La réponse se trouve partiellement en épistémologie, mais pour comprendre vraiment, il ne faut pas négliger l'importance de l'économie politique. Comme toute activité humaine, la science fait partie intégrante du processus social. Elle en subit les besoins et les contraintes. Sa distanciation est un mythe, longtemps entretenu avec la pantomime caricaturale du savant Cosinus, distrait, désintéressé, éloigné des basses réalités du monde. Au moment où s'inventait ce personnage (1880), un philosophe déclarait : «voici que s'ouvre un siècle de barbarie et la science sera à son service» (Friedrich Nietzsche).

L'histoire des sciences (ou épistémologie) fourmille d'exemples d'ostracismes, de rejets. Il ne s'agit pas de comportements relevant d'un lointain passé. Le dernier en date (à ma connaissance) remonte à l'été 88 : la découverte en hautes dilutions (surnommée «la mémoire de l'eau») faite par «l'Unité 200» de l'INSERM dirigée par le Dr Benveniste, et la conspiration montée contre ce laboratoire. Dans Au nom de la Science [2], Philippe Alfonsi et son équipe de l'émission télévisée «Taxi» démonte [3] cette machination (et ses mobiles).

Cette affaire de «la mémoire de l'eau» (qu'elle existe ou pas, ce n'est pas mon propos) fut l'occasion de découvrir la toute-puissance des hiérarchies : Lazar, patron de l'INSERM, exerça ouvertement un chantage pendant une conférence de presse télévisée. Ce communiqué a été intégralement publié dans le livre cité plus haut. Encore sa réaction fut-elle jugée modérée : on se serait attendu à ce qu'il décide de dissoudre purement et simplement l'Unité 200 ! [4]


Mon analyse se développe sur plusieurs thèmes :

— le parallèle flagrant que l'on peut tracer entre les genèses de l'astronautique et de l'ufologie (source : les Satellites artificiels de Pierre Rousseau);

— la définition du rôle de l'ufologue donnée par Laurent Toupet [5];

— un exemple de retournement de veste scientifique reconnu par l'astronome André Brahic [6] : l'étude des astéroïdes, longtemps méprisée et même... «déconseillée» devient soudain (dans les années 70) très importante pour des motifs peu... astronomiques mais beaucoup plus spatiaux, en terme de conquête;

— le commentaire de Frédéric Dumerchat (Ovni-Présence n°41, pp. 12-13) sur l'idéologie de Jimmy Guieu : «le Monde étrange de Jimmy Guieu». Plutôt «un monde inquiétant» : le chef de l'IMSA tente d'accréditer une ufologie domestiquée, bottée et casquée, dans le cadre d'une guérilla Terre-E.T.

Dans mon article «les Sources ufologiques» (inédit), j'ai traité plus complètement de la relation astronautique/ufologie... qui se ressemblent comme des petites soeurs. À la lecture de Satellites artificiels de P. Rousseau (paru en même temps qu'était lancé Spoutnik 1, en novembre 57), tous les «ingrédients» composant l'aventure ufologique sont réunis : de 1903 à 1945 [7], l'astronautique ne rencontre qu'indifférence et mépris. On ne trouve que quelques flambées de passion (telles des «vagues») à la faveur de la sortie des livres dus aux «vedettes» : Tsiolkovski (1903), Esnault-Pelterie (1916), Goddard (1919), Ananoff, Oberth (1925), etc... Encore, ces «éruptions» médiatiques retombent-elles rapidement, une fois les thèses des auteurs discréditées... et eux-mêmes par la même occasion.

Les «astronautes» (nom donné initialement aux chercheurs, associés ou isolés) ne pouvaient compter que sur leur seul courage pour persévérer dans une tâche qui parut longtemps vaine. Beaucoup ne disposaient comme bagage que de leur enthousiasme, mais on trouvait aussi des scientifiques de talent... à qui l'on pardonnait (!) ce «violon d'Ingres» bien inoffensif.

Dès 1930, l'ingénieur Robert Esnault-Pelterie déclarait que la conquête spatiale était réalisée en théorie. Restait «à trouver les fonds». Ils n'ont jamais été trouvés : les pionniers de l'aventure cosmique n'ont jamais reçu un centime !

Avec la «révélation» du V2 (qui, «invisible» à toutes les défenses, fait sauter Londres quartier par quartier !) les vannes financières s'ouvrent... pour les organismes agréés : militaires et entreprises contrôlées. Leur premier acte fut de mettre aussitôt à l'écart les pionniers bénévoles (encore vivants) après les avoir dépouillés de leurs travaux. Les «têtes d'affiches» eurent juste droit à des strapontins, où l'on se servait de leur prestige tout en les maintenant dans une stricte impuissance. Le plus grand nombre fut relégué au rôle de spectateurs des progrès de la technologie spatiale, avec comme seule fonction d'applaudir. Fermez le ban.

CHERCHEURS...


Le constat de P. Rousseau n'a rien d'exagéré [7] : «bientôt, on nous apprendra que ce sont les techniciens de la Défense nationale qui ont tout fait». Quand des pionniers comme Ananoff tentent de connaître les progrès de leur «bébé», on leur rétorque : «secret militaire» ! Selon un récit verbal de l'aéronaute français Audouin Dollfuss, ce fut la réponse ministérielle à une demande d'Alexandre Ananoff en 1953 : il rentrait de Copenhague où venait de se tenir le congrès annuel de la F.I.A. (Fédération internationale d'astronautique, toujours existante et comptant en 1980 plus de 50 000 chercheurs). Il ramenait dans ses bagages le dossier complet du projet américain MOUSE, programme du premier satellite artificiel... qui aurait pu être lancé dès 1955, si les politiques avaient suivi, à la Maison Blanche ! Rapporteur de la communication : un certain Allen Hyneck, responsable à la NACA, prédécesseur de la NASA !

Aussi n'y a-t-il rien d'improbable que la reconnaissance du phénomène OVNI ne soit nullement celle de l'ufologie. Tout au contraire, ce pourrait bien être le commencement des ennuis pour la communauté ufologique.

Soyons clairs. Il n'est pas ici question d'orgueil mal placé : les ufologues ont toujours souhaité que les autorités responsables prennent le relais de leur action. Mais des questions ne peuvent être éludées :

— la connaissance fait-elle de réels progrès quand elle est contrainte de se plier à de pareilles spoliations ?

— pourquoi les responsables officiels se privèrent-ils volontairement du concours du réseau des nombreux bénévoles qui furent physiquement l'Astronautique pendant un demi-siècle ?

Deux détails sont révélateurs :

1°) en 1945, les Américains interrogent les savants allemands faits prisonniers à Peenemünde. Ils veulent savoir comment quatre ans ont suffi pour atteindre une telle avance technique. En souriant, les Allemands rétorquent qu'ils se sont toujours tenus au courant des recherches du professeur Goddard !

Robert Hutchings Goddard (1882-1945) fut le premier technicien de l'astronautique. Physicien et ingénieur chimiste, il proposa en 1919 de lancer une fusée gigogne (à trois étages) vers la lune, équipée d'une charge éclairante. Tourné en ridicule, il commença à expérimenter des fusées et réussit le premier lancement d'une fusée à ergols liquides en 1926 à Worcester (USA), sa ville natale. Quand lui et sa femme en sont chassés (une histoire d'explosion ou de fusée naturellement bruyante, les versions varient), ils s'installent à Roswell en 1934 et reçoivent l'aide d'un puissant sponsor, le «roi du cuivre» Daniel Guggenheim. Goddard est le premier qui a l'idée de créer un propergol liquide oxygène+alcool, premier combustible performant de l'histoire de la fusée dont il a été déclaré «le père». À la même époque, Werner von Braun et son équipe patinent dans la semoule à la station militaire de Kummersdorf. Accessoirement, Goddard fut aussi l'inventeur du bazooka.

Il eut «l'heureuse» idée de décéder le jour de la capitulation allemande. Les autorités n'auront rien de plus pressé que de saisir le Centre de Roswell et de le transférer à White Sands, centre d'essais de la Navy créé pour la circonstance. Par souci d'efficacité, ou pour effacer le souvenir de leur aveuglement et de leur humiliation ?

2°) les Astronautes (pionniers) se sont fait déposséder jusqu'à leur nom : complètement à l'opposé, les astronautes (pilotes) sont choisis parmi les pilotes d'essais. Parce qu'ils sont les plus aptes à remplir ce genre de mission, ou parce qu'il s'agit de militaires, faciles à contrôler ?

Les Pionniers étaient engagés dans une aventure civile, bénévole, créatrice, source de connaissance. La conquête de l'espace se trahit par sa dénomination même : une entreprise de spécialistes salariés, hiérarchisée, surveillée, agressive, qui n'a d'autre but que le pouvoir. C'est la «nouvelle frontière». Il est d'autres murs que celui de Berlin qu'on a édifiés autour de notre esprit.

... ET PILLARDS


Il n'y a rien d'excessif à conclure que la plus grande aventure humaine de tous les temps (la sortie de notre «bonne vieille Terre» d'origine) débuta par une escroquerie manifeste. «On» a même réussi à faire disparaître jusqu'à l'enseignement des véritables créateurs, figeant la période précédente dans un résumé archétypal. Les Tsiolkovski, Oberth, Esnault-Pelterie... rêvaient d'un monde nouveau. Les «promoteurs sérieux» en ont fait le domaine réservé de leurs chiffres d'affaires.

La communauté ufologique est promise à la même trappe.

La science fonctionne selon les intérêts dominants. L'affaire de la «mémoire de l'eau» [2 et 4] démontre qu'elle n'hésite pas à retourner sa veste, selon le contexte; la très renommée revue Nature (LE magazine des magazines scientifiques) a préféré perdre une part de sa crédibilité pour sauver son marché. Après avoir accepté (en apparence) les conclusions de l'Unité 200 (4 ans d'expérimentations), elle organise brusquement (à ses frais) une contre-enquête grotesque pour discréditer la thèse des chercheurs de l'INSERM. Pour comprendre une telle attitude, il suffit de connaître la toute-puissance de l'AMA (Association Médicale Américaine) aux USA. Fondé vers 1850, ce lobby, devenu une véritable institution, s'est donné pour tâche (dans ses statuts) d'anéantir l'homéopathie... Et donc, toute possibilité, tout risque, d'où qu'il vienne, que les thèses homéopathes puissent jamais recevoir une base scientifique... et que la doctrine thérapeutique obtienne un statut médical.

Avec la «mémoire de l'eau», le risque existait. Une «expédition de croisés» s'est organisée pour :

— prouver l'illusion sur les lieux mêmes du sacrilège (démarche absurde scientifiquement);

— convaincre de fraude les auteurs, ruiner leur réputation : cela servirait d'exemple... aux autres petits curieux.

L'objectif de Nature peut se résumer ainsi : «la médecine homéopathique ne peut pas exister. Quiconque prouvera le contraire sera détruit.» Aux USA, la «mission» de l'AMA fut quasiment remplie en moins de cent ans. Avec Benveniste, l'opération a réussi partiellement à freiner les recherches.

LA DÉBANDADE DES CLOPORTES


Le revirement peut être inverse. André Brahic nous en offre un bel exemple dans Conversations dans l'Univers [6]. Sur la question des astéroïdes, surnommés «la vermine du ciel», il reconnaît que «si l'on travaillait dans un observatoire, il n'était pas de bon ton d'étudier les petites planètes... Et ce, jusqu'aux années 70 ! Puis, tout a changé» (pp. 91 à 94).

Brahic justifie ce changement scientifiquement : la découverte de la «vermine» était en mesure d'apporter des renseignements inestimables sur la formation des planètes. Ce n'est sans doute pas faux... mais bien insuffisant. Depuis le siècle dernier, après les ricanements «d'usage» (notamment ceux de Lavoisier sur «les pierres dans le ciel»), les astronomes ont commencé à collectionner précieusement les aérolithes. Avec les progrès de la géologie, les météorites ont apporté une moisson considérable d'informations sur la formation du système solaire et de l'Univers (voir à ce sujet De la pierre à l'étoile de Claude Allègre). C'est un fait parfaitement connu en astronomie depuis des décennies. Autrement dit, l'explication de Brahic pue le prétexte [8].

Puis tout a changé... au cours des années 70... Parce que les hiérarchies scientifiques en ont reçu l'ordre !

Cette interprétation résulte de la synthèse entre Brahic et le livre de Guy Pignolet de Sainte Rose (ingénieur au CNES que je connais personnellement) la Conquête industrielle du système solaire [9]. Ce petit fascicule (où Jimmy Guieu n'a rien à voir !) nous livre, avec simplicité et clarté, le pourquoi des événements que vont connaître les prochaines générations (et les suivantes) au cours des siècles à venir. Sans limitation de durée. Parce qu'ils découleront de choix politiques, économiques et financiers déjà arrêtés.

Les «années 70» ont vu l'émergence de «grands projets» spatiaux. Après les balbutiements enthousiastes de l'aventure lunaire, on s'est aperçu qu'ils n'étaient fondés économiquement et financièrement sur rien. Un non-sens pour une évolution durable. Tout juste des crises d'urticaire politico-américains pour cause de succès soviétiques : quand en 1972 les Américains apprirent que l'astronautique russe ne pouvait plus financer son programme d'expéditions lunaires, ce fut la débandade à la NASA. Situation similaire : dès la fin des prises de vue de Une femme dans la Lune (1925), les commanditaires de Fritz Lang coupèrent les vivres à Oberth, conseiller technique du film, qui espérait ainsi équiper un premier laboratoire d'astronautique. Business is business et malheur aux naïfs vaincus !

Faute d'une politique cohérente, des acquis gigantesques allaient être perdus en 1975, quand le Congrès américain sabra dans les budgets spatiaux. Leur coût reste accessoire : les retombées technologiques l'ont largement épongé; les 25 milliards de dollars investis dans la «Course à la Lune» n'ont pour ainsi dire rien coûté !

Mais pour continuer, on ne pouvait maintenir l'ancien système, sous peine de «griller» le marché. L'extension de la «nouvelle frontière» (selon l'expression de J.-F. Kennedy) exigeait de mesurer la productivité future. En termes plus clairs (et plus commerciaux), le développement vers l'espace imposait des investissements importants. Seul, un nombre croissant d'entreprises pouvait permettre de poursuivre l'effort... à condition de bien définir l'intéressement : les industriels devaient y trouver leur compte et donc, «faire du chiffre».

Des profits qui sonnaient la seconde mort de l'astronautique.

Comment garantir ces profits ? Même en orbite basse (300/400 km), l'espace c'est très haut, accessible (avec les moteurs actuels) au prix d'énormes énergies. Et donc de dépenses aussi élevées. Impossible donc de rentabiliser... sauf si on s'y installe à demeure !

En toute logique, la philosophie spatiale s'est donc orientée vers l'élaboration d'habitats permanents. Le projet de Gérard K. O'Neill, «les colonies spatiales», reste le plus célèbre (années 80) [10]. Rien de nouveau sous le soleil : il suffisait de «piquer» les travaux de von Pirquet et Noordung (pour la technique) pimentés de romans et bédés S.F. (pour l'épopée) : en 1928, l'ingénieur autrichien Guido von Pirquet élaborait le projet d'une station orbitale; l'année suivante, son compatriote Noordung traçait les plans d'une «Wohrnad», la Roue en orbite. À l'oeuvre de ces deux pionniers, on peut ajouter le projet proposé en 1949 à James Forrestal (Secrétaire à la Défense des USA) par trois ingénieurs allemands (Engel, Boedwadt et Hanish) [7] : un satellite de 510 tonnes coûtant 500 millions de dollars (selon eux) qui servit de modèle au dessinateur Albert Weinberg dans le deuxième épisode des aventures de son héros «Dan Cooper» (le Maître du Soleil, publié dans le magazine Tintin vers 1956).

Sous nos yeux, une civilisation de l'espace s'élabore. Ce qui entraîne de la doter de toutes les structures nécessaires. Elle a déjà son projet de loi de programmation militaire : l'I.D.S. alias «Guerre des étoiles» de Ronald Reagan (1982)... Sa survie économique exige qu'elle dispose de sources d'énergie et de matières premières issues de son propre milieu : mis à part la liaison par navettes, les planètes (Terre et suivantes) ne seront qu'exceptionnellement accessibles. Or, l'espace est vide... à l'exception des astéroïdes !

L'astronomie aux «objets nobles» [8] (étoiles et galaxies) s'est-elle pliée aux contraintes d'une politique d'expansion ? La convergence est pour le moins troublante entre ces nouveaux besoins industriels et le changement de mentalité d'astronomes... professionnels qui sont avant tout des salariés.

RÉSISTANCES


Et l'ufologie ? Elle est destinée à être (ou à se) pliée. Elle est seulement de trop : trop d'esprits libres, indépendants et têtus ont contribué à son évolution. Sa disparition est donc programmée. Tout comme l'astronautique soviétique où soufflait en 57 «l'esprit Tsiolkovski» [7]. En supposant que cette «éthique» existe encore, la Perestroïka lui sera fatale, avec l'irruption de l'économie de marché et donc l'incontournable rentabilisation [11].

Jusqu'à présent, la communauté ufologique était «seulement» rejetée, mais on lui foutait (à peu près) la paix. Ce n'est pas par hasard : cela permettra en temps voulu à la post-ufologie (quel que soit son nom) de bénéficier de deux générations de recherches. Sans avoir déboursé un rond !

De plus, l'absence de tout financement conséquent aura empêché les associations d'acquérir une véritable audience, sauf dans leur propre milieu. Aucun moyen de pression envisageable, à la différence du mouvement des «Verts», qui ont réussi leur percée médiatique et populaire.

C'est le scénario minimal. Mais une version musclée est concevable : l'ufologie se laissera (peut-être) moins facilement mettre sur la touche que l'astronautique. Grâce à ses coûts de fonctionnement.

L'ufologie «n'est pas une science», comme le rappelle Laurent Toupet [5]. Sa démarche est plus proche de l'empirisme où «rien n'est vrai qui n'ait été vérifié par l'expérience», selon le principe du philosophe William James. «Il s'agit d'observer» [5]... Sans se laisser enfermer dans aucun système a priori (autant que possible).

L'ufologie reste fondamentalement un «art» d'observation. Des phénomènes et des témoins. Une recherche ne nécessitant pas de fonds importants.

CENSURE


Parenthèse : l'expérience de la Vague belge nous prouve néanmoins que «l'observation» possède ses «niveaux». Cette fois, pour appréhender efficacement le phénomène il fut nécessaire de recourir à des moyens plus sophistiqués et plus coûteux. La SOBEPS ne les avait pas. Sa chance fut d'avoir obtenu le concours d'autorités qui lui ont permis d'assumer son rôle. Autrement, elle se serait trouvée dépassée par sa propre tâche et de fait, obsolète, symptôme d'une prochaine disparition (ce qui s'est passé pour les clubs d'astronautique).

En règle générale, ce genre de situation reste exceptionnel et jusqu'à présent, unique. Avec des «bouts de ficelle», la communauté ufologique a pu faire face. Comment dès lors, interdire cette activité, et l'empêcher effectivement ? Le danger ne peut se concrétiser qu'à trois niveaux :

— en «amont» : information (des cas) et témoignages;

— sur le «terrain» : l'enquête elle-même;

— en «aval» : communication et diffusion publique.

Voyons «l'aval» :

L'opération serait très malaisée : cela reviendrait à censurer l'accès aux banques de données, aux réseaux de communication et aux médias. Une attitude injustifiable en cas de reconnaissance (même implicite) du phénomène OVNI. Tous ces circuits ont leurs exigences propres et ne se laisseraient pas facilement dicter leur conduite. Il est très possible que cela produise l'effet inverse dans ce «quatrième pouvoir».

«L'amont» est plus prometteur :

Il s'agit tout bonnement de couper les sources des ufologues : plus de cas, plus de témoins, plus d'ovnis. Fin. À la veille de la Vague belge, la SOBEPS connaissait une situation similaire et s'interrogeait précisément sur la validité de son existence.

Au cours des Rencontres de Lyon 87, une politique de censure des témoins semblait se dessiner, avec les gendarmes comme agents d'exécution : «on» déconseillait aux témoins d'ovnis de contacter les associations privées. Ça s'appelle «faire pression», ou plus simplement du chantage.

Parenthèse : Yves Chosson m'a informé tout récemment que cette politique se serait mise en place dès 1981. L'année même de l'atterrissage de Trans-en-Provence ! Une situation qui se rapproche du crash de Roswell et de la chape de secret qui l'accompagna [12].

Dans ces conditions, 1982 apporte une confirmation : dans la Note technique n°17 du GEPAN («l'Amarante»), on trouve cette «petite phrase» (page 4) :

«Absence de parasitage de la part des médias et groupements privés». C'est tout juste si le GEPAN n'a pas écrit «contre-mesures électroniques» ou «contamination» ! On ne peut être plus clair. Sur les objectifs, pas sur leur efficacité : les conséquences d'un seul numéro de téléphone (SOS-OVNI) diffusé par Dechavannes (émission télévisée «Ciel, mon mardi») montrent qu'une catégorie de la population n'a pas l'intention de se placer sous la «chape de silence», pour le moment du moins. Et sans la complicité de la population, toute politique est vouée à l'échec. Mais il ne faut pas en tirer de conclusions trop hâtives : une politique est un processus lent.

SECTIONS D'ASSAUT


Il ne manquait plus que les persécutions. J'écris à l'imparfait, car c'est désormais chose faite, au mode fantasmatique au moins. Je l'ai appris grâce à la critique littéraire que Frédéric Dumerchat a consacrée aux «Chevaliers de Lumière» [13]. Jimmy Guieu a gravi un degré dans son évolution schizo-paranoïde [14] en incluant les «groupuscules merdiques» [13] parmi les ennemis des S.V., des extraterrestres («bienveillants») et bien sûr, de la «Vérité révélée». C'est déjà, en germe, la promesse d'une future agression.

On commettrait une grave erreur en se limitant à étudier ces écrits sous le seul angle de la fiction littéraire. Nuance essentielle : «les Chevaliers de Lumière» est une série d'ouvrages de propagande servant à la promotion d'une secte en gestation. Un ciment unificateur, avec l'indispensable bouc émissaire. On se trouve en présence d'un «Mein Kampf» à épisodes, où les ufologues tiendront le rôle des Juifs (ou des Francs-Maçons, ou des communistes... ou de toutes les «races inférieures» et autres «sous-hommes» pourchassés par le IIIe Reich).

L'imaginaire est un puissant véhicule de lavage de cerveau ou de bourrage de crâne (c'est équivalent). «Tonton Jimmy» en est la première victime, en s'impliquant (s'identifiant) dans son personnage héros Gilles Novak. La marionnette phagocyte la réalité du ventriloque (exemple type : Pinocchio) décrite comme «réel imaginaire» par Jacques Le Goff dans l'Imaginaire médiéval [15].

Ce «ciment» a des chances de «prendre» : Guieu a réussi à rassembler plusieurs centaines de personnes (et seulement une poignée de «locales», surtout simples curieux) en juin 89 (solstice d'été : symbole significatif) à Dolancourt. Un petit village du département de l'Aube... Mais :

— capitale planétaire d'un univers parallèle; sa capitale;

— à quelques encablures de la Forêt du Temple (partie de l'actuelle Forêt d'Orient). Autre symbole... qui en dit très long.

Ne confondons pas avec le coup médiatique de Cergy-Pontoise (15 août 1980) : aucun rendez-vous avec les E.T. n'était prévu, cette fois. On reste entre Terriens, dans ses racines (avec une «présence extérieure» occulte). Il s'agissait d'une réunion belliqueuse, sous des oriflammes (et des totems) médiévistes.

L'idéologie de ces «chevaliers» est de nature guerrière. C'est l'I.D.S./Star Wars chez les fumistes. À la lecture des Sentiers invisibles [16] la situation est sans équivoque : notre planète sert de «ring» pour deux clans E.T. rivaux. Les «méchants» se sont alliés à une organisation terroriste islamo-communiste; les «bons» défendent l'Occident, recrutant et organisant des combattants autochtones, les «chevaliers», etc. La confrontation se fait donc par mercenaires interposés. Les «Rambo de l'espace» [17] ont encore frappé !

Dans ce combat, le rôle des populations est totalement passif. Tout au plus ont-elles le «droit» d'être des spectateurs admiratifs : «... applaudissant ces justiciers impitoyables ...» (page 28) [16]. Et que se passerait-il s'ils n'applaudissaient pas ? Aucune initiative possible, les E.T. ayant le monopole de l'action : ceux qui voudraient passer outre (participer à la lutte) sont ridiculisés (longuement), présentés comme des «idiots du village» (ou des serfs) (pages 30, 31, 32, 34, 46 et 47) [16].

Une philosophie agressive débouche naturellement sur l'exclusion (la non-conformité au «moule») et donc le racisme. «Tout ce qui ne va pas s'explique par une gigantesque conspiration dirigée contre l'Occident et ses alliés, on est en pleine causalité diabolique» [13]. L'agresseur se pose toujours en victime, dans son discours d'autodéfense. Le «rassemblement de Dolancourt» fait penser à une autre réunion : les neuf chevaliers convoqués par Hugues de Champagne et Hugues «de Payns» (futur premier Grand Maître des Templiers) pour partir à la Croisade (1119).

De là à ce que nous assistions à la constitution d'un futur «escadron de la Mort», il y a certes un pas à franchir... Quoiqu'il ait déjà un nom (pas le pas, l'escadron) : «Commando Alpha». Que manque-t-il pour le franchir ? Essentiellement, le feu vert, donné en sous-main. Jimmy Guieu n'a pas entièrement tort dans son délire du Complot : le monde associatif, tous objets et tendances confondus, se trouve sous l'oeil inquisiteur des Renseignements Généraux. En particulier, l'univers trouble des sectes. Il est certain que les C.D.L. [18] ont été noyautés dès la première minute par les R.G. Ensuite, il est possible que d'autres services (style DST, DGSE, organisations sous-traitantes de partis politiques, de modèle S.A.C. (aux USA, on parle «d'agences exécutives») les manipulent pour s'en servir pour telle ou telle tâche. Ce n'est qu'une hypothèse, mais elle serait vérifiée par une confrontation entre «groupes merdiques» et «chevaliers» tournant à la violence : une secte ne sortirait pas de son monde équivoque pour un affrontement ouvert sans la protection d'une autorité.

Reste à trouver le prétexte : une conférence, un cas OVNI inventé ou non. Le conflit déclenché, l'enchaînement des représailles fera le reste, permettant l'intervention «légitime» des pouvoirs publics.

Les «groupuscules merdiques» seraient amenés à lutter sur deux fronts : répondre aux attaques sans pour autant négliger leur fonction primordiale, l'étude des ovnis. Ils formeraient la cible unique pour deux adversaires (les sectes et les services officiels) que tout sépare apparemment. Un tel paradoxe n'a rien d'exceptionnel, Darwin en fut la victime : les groupes biblistes et les autorités scientifiques de Grande-Bretagne se «liguèrent» pour discréditer l'auteur de l'Origine des espèces.

FAIBLESSES ...


Des «troubles de l'ordre public» constitueraient une excellente occasion si l'on voulait détruire la communauté ufologique, avec l'intervention combinée des pouvoirs politique et judiciaire : dissolution des associations, interdiction des publications, perquisitions, saisies, procès, amendes, etc, etc. L'éventail répressif est large, une fois la décision prise.

La communauté ufologique y serait très vulnérable : elle est essentiellement constituée de gens réunis par leur curiosité iconoclaste et leur passion de la connaissance.

Par contre, de telles mesures sont inefficaces sur les sectes, où l'unité se fait par la croyance. Comme dans toute «sous-culture» (groupe auto-marginalisé souvent délinquant), la répression renforce les liens entre les membres. Elle leur permet aussi de développer leur influence et de recruter, grâce à l'impact publicitaire de cette persécution. J. Guieu est passé maître à ce petit jeu.

Reste à déterminer quand :

— quand la science va-t-elle inclure le phénomène OVNI (ou quel que soit le nom «savant» qu'elle lui donnera : probablement, une discipline avec préfixe «exo») dans ses projets budgétaires ?

— quand les «Chevaliers de Lumière» (et autres sectes «cultistes») se sentiront-ils prêts à s'attaquer aux seuls adversaires à leur portée, les «groupuscules merdiques» ?

La première action d'envergure des S.A. (Sections d'assaut d'Hitler) fut la destruction totale du Centre de recherches anthroposophique de Rudolf Steiner en Suisse (1924).

... ET FORCES


Cependant, le pire n'est jamais sûr. Mon analyse n'est pas un prétexte pour baisser les bras. Simplement, comme aux échecs, il s'agit de prévoir les manoeuvres de l'adversaire plusieurs coups à l'avance.

Depuis 1989, les péripéties de la Vague belge semblent m'avoir apporté un démenti cinglant. Je ne m'en plaindrai pas. Cependant, je me garde de tout optimisme [19]. Une «version française» n'aurait pas forcément eu les mêmes effets; des différences importantes existent entre les deux pays :

— la communauté ufologique belge était représentée par une seule association, solidement structurée de surcroît. Les autorités ont donc pu axer le dialogue avec un interlocuteur unique. On peut y voir un élément déterminant dans le changement de l'attitude officielle vis à vis des ufologues;

— la communauté française est émiettée, sans organe représentatif. Excellent prétexte pour justifier une absence de dialogue;

— la Vague belge n'a provoqué aucun changement dans l'attitude des autorités françaises. Je ne tiens pas compte de l'interview-surprise de J.-J. Velasco (directeur du SEPRA), beaucoup trop équivoque pour dégager la moindre conclusion [20].


Aussi l'option de la menace sur la communauté ufologique (française) demeure. Marginalisée aujourd'hui, traitée en indésirable (peut-être) demain, avec le concours des sectes cultistes comme hommes de main.

CONCLUSION :


La science, la connaissance pures, ça n'existe pas ! Seule importe la mise en conformité des programmes de recherches, selon les intérêts dominants (économiques, politiques, financiers) du moment. L'astronautique en a été deux fois la victime. L'astronomie, la biologie... aucune science n'a été épargnée : l'épistémologie déborde de ce genre de conflits.

Pour des mobiles mal définis, l'étude des ovnis fut rejetée (publiquement du moins) [12]. Ce fut relativement facile puisque l'existence de l'objet de la recherche était elle-même contestée. Cet ostracisme aura duré 42 ans, jusqu'à ce que le premier coup de canif perce le tabou. La pression de la Vague belge a opéré la première déchirure dans le consensus.

Toutes les conséquences en seront-elles forcément positives ?

Reconnaître le phénomène OVNI, cela ne signifie pas se réconcilier avec les esprits indépendants (une «science sauvage») qui ont osé passer outre aux consignes de «balivernes». On ne réintègre jamais les rebelles. Quand on fait un pas vers eux, ce n'est pas pour les embrasser, mais pour les repousser.

Ce repoussoir peut prendre différentes formes. «Rentrez chez vous, faites-vous oublier et vous n'aurez pas d'ennuis !» Les désobéissants à ce genre d'injonction peuvent s'attendre à des mesures de représailles : l'asphyxie par rétention d'informations (censure simple) ou plus radicalement, la procédure «classique» provocation/répression où les sectes cultistes manipulées (groupe type : IMSA/Chevaliers de Lumière/Commando Alpha) serviront de détonateur.

Se soumettre (et disparaître) ou maintenir l'entêtement : la communauté ufologique devra décider de l'alternative. Son principal handicap en France consiste en l'absence de toute coordination qui lui permettrait de se poser en interlocuteur valable. Mis à part les «Rencontres de Lyon», toutes les tentatives fédératives ont échoué.


Je n'ai pas de remède-miracle à proposer. Simplement constater que l'ufologie dispose maintenant d'une référence et de référants : la Vague belge, la SOBEPS et ses interlocuteurs officiels qui sont allés très loin dans la coopération. Ce sont des arguments difficiles à réfuter, encore plus à nier.

En cas de crise aiguë, un réseau confédéré franco-belge [21] ayant son «centre opérationnel» à Bruxelles serait une proie beaucoup plus redoutable que l'actuelle «communauté» éparpillée et divisée.


Ce n'est qu'une idée... qui peut faire son chemin. Une idée qui respecte la démarche scientifique la plus élémentaire. Une idée qui permettrait une coopération accrue (tout en évitant les rivalités) dans l'étude et de ne pas se laisser distraire de cette tâche prioritaire, objectif que les mouvements écologiques n'ont pas réussi à conserver, face aux pièges de l'activité politique.


Une idée qui peut simplement contribuer à ce que près d'un demi-siècle de «science sauvage» n'ait pas été vain.


Jean-Louis Peyraut
Janvier 1992. Troyes.





[1] Les Fossoyeurs de la science, Auguste Lumière (L.D.L.N. source perdue).

[2] Au nom de la science, Philippe Alfonsi (livre-reportage) (Barrault/Taxi).

[3] Ce qui leur a coûté cher : peu de temps après cet épisode, FR3 rayait soudainement Taxi de sa grille des programmes. Sans explication. Illogique : l'émission disposait d'une audience très honorable, alors que la chasse à l'Audimat est devenue une obsession.

[4] Lettre du 11 juillet 1989 de M. Philippe Lazar (directeur de l'INSERM) : «reprendre votre place dans une communauté scientifique [...] le désir de ne pas vous marginaliser [...] rechercher systématiquement [...] qui vous auraient échappé [...] vous retrouverez ainsi un comportement [...] reconstituer le capital de confiance [...] observer les signes prochains d'un changement significatif d'attitude».
Traduction hiérarchique : «j'ai réussi à sauver votre tête (car vous êtes un vrai chercheur)... à condition que vous infirmiez vos résultats... par quelque manière scientifique que ce soit !»

[5] En Direct n°10 (octobre 1989, supplément à OVNI-Présence (remplacé maintenant par le bimensuel Phénomèna [disparu maintenant] : «[l'ufologie] n'est pas une science [...] il s'agit d'observer et de tenter d'expliquer».

[6] Conversations dans l'univers (livre-interview), André Brahic, Pierre Debray-Ritzen (Albin Michel).

[7] Les Satellites artificiels, Pierre Rousseau (Hachette n°6091, 4e trimestre 57). Coïncidence amusante : 1903-1945 et 1947-1989 donnent le même intervalle de temps : 42 ans.

[8] André Brahic (op. cit.) : voir aussi page 119 son petit couplet sur les ovnis : c'est aussi bref qu'insignifiant !

[9] La Conquête industrielle du système solaire, Guy Pignolet de Sainte Rose (éditions du Rocher, «Science et Découverte»).

[10] Les Villes de l'Espace, Gérard O'Neill (Laffont).

[11] Ce passage date de 1989. Depuis, les événements d'URSS ont confirmé cette évolution.

[12] Ces ovnis qui font peur, Jean Sider (Axis Mundi).

[13] Le Monde étrange de Jimmy Guieu, Frédéric Dumerchat (OVNI-Présence n°41).

[14] Schizo-paranoïde : état (infantile) décrit par Freud et Mélanie Klein : pulsion de mort (thanatique) sur un «objet» extérieur qui se charge à son tour d'agressivité.

[15] L'Imaginaire médiéval, Jacques Le Goff (NRF Gallimard, «Bibliothèque des Histoires»).

[16] Les Sentiers invisibles, Jimmy Guieu (Fleuve Noir, «Les Chevaliers de Lumière»).

[17] Ce qui est idiot : John Rambo est un «poor lonesome warrior», qui a perdu tous ses compagnons !

[18] CDL : Chevaliers de Lumière.

[19] Vague d'ovnis sur la Belgique, SOBEPS.

[20] Interview exclusif de Jean-Jacques Velasco (Phénomèna juillet/août 1991).

[21] Ou plutôt belgo-français : au diable notre orgueil franchouillard !



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Ce texte a été lu fois depuis le 16/07/2003