Didier Vaudène

 

Docteur d’État en informatique

 

Maître de conférence honoraire

Sorbonne Université, Université Pierre et Marie Curie

 

Directeur de programme (1992-1998)

Collège international de philosophie

 

contact : didier.vaudene<at>laposte.net

 

Séminaire : Trace, information, écriture

au Collège international de philosophie

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Recherche  2

Articles  2

Un acheminement vers la question de l’écriture  2

Dialectique des effets d’insu  3

Conditions de possibilités et effets de limitations dans les théories et les modélisations  3

L’œil de la structure (théorie, médiation, trace) 4

Imagine le hors-voir 4

Ineffa[ça]ble, in[aper]çu  4

Modélisation et représentation (aux bords de la positivité scientifique) 4

Écriture et formalisation  5

L’utopie scientifique  5

La tache blanche  5

Trace/trace  5

L’écriture, une très ancienne « nouvelle technologie »  6

De l’autre côté de l’écriture  6

Trois questions relatives aux traitements d’information  6

Fondement de discours/discours de fondement 6

Le glissement fondement/fondement 6

D’une expérience qui ne serait pas du « sans blanc »  7

Towards a theory of effective discrete systems  7

Communiquer, représenter, savoir : le jeu de l’indécelable  7

L’information : entre la parole et l’écrit 7

Exposés et séminaires  8

Médiation, effectivité, mouvement 8

L’analogie des niveaux  9

Le seuil, le blanc  10

Coupes, niveaux, points de vue (réfléchir les diagrammes) 11

Espacements (spatialité, temporalité, niveaux et effectivité) 11

Thèses  12

Une contribution à l’étude des fondements de l’informatique  12

Analyses transformatives et systèmes informatiques  12

Enseignements (archives) 13

 

Recherche

Diverses difficultés d’ordre technique aussi bien que théorique, mises en évidence par la pratique de l’informatique, ont attiré mon attention et infléchi une part importante de mes travaux vers des problématiques d’ordre fondamental.

Pour l’essentiel, ces problématiques sont liées au fait que plusieurs aspects de la pratique de l’informatique se trouvent en conflit avec certains principes fondamentaux et certaines évidences qui régissent la conception traditionnelle et normative du rapport entre savoir et écriture.

Il s’agit d’abord de repenser l’idée même de fondement de telle sorte qu’il soit possible de généraliser le principe des dépassements et des réinterprétations, déjà familier aux physiciens, pour le rendre potentiellement applicable à toute théorie, qu’elle soit formelle ou expérimentale.

Partant, il devient possible de résorber le conflit ouvert par la pratique de l’informatique au moyen d’un dépassement de certains principes fondamentaux impliqués dans la conception traditionnelle et normative du rapport entre savoir et écriture : ainsi toute la formalité de l’acquis obtenu dans le cadre de cette conception traditionnelle et normative peut-elle être récupérée dans le cadre ouvert par cette réinterprétation (de la même manière que la formalité de la mécanique de Newton est récupérée dans le cadre de la mécanique relativiste d’Einstein).

Enfin, dans la mesure où la positivité scientifique actuelle dans son ensemble est étroitement dépendante de la médiation de l’écriture, le réexamen des principes fondamentaux régissant le rapport entre savoir et écriture intéresse à divers titres le principe même de cette positivité et, plus généralement, de manière transversale, les discours et les pratiques liés à cette médiation. Dans ce point de vue à la fois fondamental et transversal, le conflit lié à la pratique de l’informatique n’est en somme qu’un affleurement particulier dont les déclinaisons ont pour nom, par exemple : information, changement de niveaux, finitude, discret, effectivité, etc.

Articles

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Un acheminement vers la question de l’écriture

Fichier pdf, 1.2 Mo, 41 pages

2009-2019

La question de l’écriture est rouverte comme égard pour le blanc (l’entre-deux), comme ce grâce à quoi il y a le [tracé en] noir, et en même temps comme ce qui empêche que tout puisse être écrit [en noir]. L’écriture, ainsi entendue en « noir et blanc », peut être comprise comme une médiation où ce qui se laisse déchiffrer au recto comme condition de possibilité (ce qui donne accès à…) est à déchiffrer au verso comme effet de limitation (ce qui empêche l’accès ultime à…).

Une telle compréhension de « écriture » généralise la compréhension ordinaire de l’écriture, et conduit à réinterpréter (et dépasser) cette compréhension pour délier l’écriture de toute phénoménalité particulière (graphique ou orale, signée, etc.) : peut prendre statut d’écriture (en ce sens renouvelé) tout ce qui peut être conservé dans le cours d’une traduction transphénoménale appropriée (une « même » écriture selon diverses phénoménalités).

Avoir égard pour le blanc, c’est aussi apercevoir l’écriture comme un déploiement : les blancs et les noirs sont faits de blanc et de noir, et chaque blanc et chaque noir peut être déplié grâce à un développement régressif sans fin. L’acheminement proposé dans ce texte conduit à une théorie de l’écriture (en ce sens renouvelé) qui peut être comprise comme un schéma très général de médiation et d’interprétation.

Dialectique des effets d’insu

Fichier pdf, 620 Ko, 27 pages

2017

Renoncer à toute éventualité d’un fondement absolu, n’est-ce pas aussi renoncer à toute éventualité d’une conscience souveraine ou d’un sujet dépourvu d’ombre, même au plan transcendantal ? Comment dès lors imaginer que les discours puissent encore tenir [debout], au moins un temps ? Je propose de comprendre que les discours sont assujettis à des effets d’insu, hypothèse qui s’applique à tout discours en tant que discours – qu’il soit philosophique, scientifique (y compris logique et mathématique), etc., et même psychanalytique. On ne peut supprimer, contester, réfuter, etc., ce dont on n’a pas idée ; rien n’est donc aussi plus résistant… jusqu’au moment où « cela » vient à l’idée, du moins dans un contexte où il est devenu possible de le faire valoir. On peut alors comprendre que les effets d’insu conservent l’effectivité du renoncement au fondement absolu, autant parce qu’ils notifient une limite (ce dont on n’a pas idée demeure en retrait dans le discours), que parce qu’ils procurent une manière d’appui (un fondement certes provisoire et toujours révocable, mais que pourrait-on attendre de mieux s’il n’y a pas de fondement absolu ?). L’hypothèse des effets d’insu est solidaire d’une perspective dans laquelle une construction discursive est limitée par les conditions de sa propre possibilité ; elle ouvre sur une théorie des dépassements où ce sont moins des théories individuelles qui sont considérées que des filiations de théories, où chaque dépassement fondamental est corrélatif d’une réinterprétation des principes fondamentaux.

Conditions de possibilités et effets de limitations dans les théories et les modélisations

Fichier pdf, 190 Ko, 20 pages

2016 (première rédaction en 1998)

Une analyse attentive des conditions de possibilité des modélisations prédictives, en particulier dans le domaine des sciences expérimentales, montre que ces conditions de possibilités sont en même temps des conditions de limitations internes quant à ce qui peut être atteint par de telles modélisations

L’œil de la structure (théorie, médiation, trace)

Fichier pdf, 230 Ko, 24 pages

2005

Ce texte aborde la question « qu’est-ce qu’une théorie ? » d’un point de vue fondamental en l’articulant aux deux médiations de la parole et de l’écriture, médiations qui ouvrent sur la question de la trace.

Ce texte est suivi de deux études, l’une sur l’articulation entre modèle et paradigme, l’autre sur certaines impasses de la formule « adaequatio intellectus et rei »

Imagine le hors-voir

Fichier pdf, 196 Ko, 20 pages

2002

Ce texte interroge le statut de l’image dans son rapport aux procédures d’établissement du savoir, qu’il soit scientifique ou non, et analyse le principe du cinématographe comme une image de certains traits fondamentaux de la constitution d’un objet dans les sciences positives et de l’usage qui y est fait de l’écriture.

Ineffa[ça]ble, in[aper]çu

Fichier pdf, 150 Ko, 11 pages

1997

Prenant appui sur la distinction entre processus inconscients (qui intéressent les personnes) et effets d’insu (qui intéressent les discours), ce texte analyse la supposition qu’il y ait des effets d’insu (en particulier dans l’élaboration des savoirs) comme un dépassement (avec effet rétroactif) des idéaux d’une connaissance produite par une conscience souveraine et dépourvue d’ombre. Il s’ensuit une conception dans laquelle la connaissance est limitée par cela même qui constitue les conditions de sa propre possibilité.

Modélisation et représentation (aux bords de la positivité scientifique)

Fichier pdf, 192 Ko, 12 pages

1996

Les modèles n’ont pas un rapport immédiat (dépourvu de médiation) à la « réalité » : entre la « réalité » supposée modélisée et le modèle s’interpose l’exigence de recueillir cette « réalité » comme traces et comme rapports entre ces traces ; cette médiation des traces (et des écritures) est l’un des traits caractéristiques majeurs du savoir scientifique tel que nous le concevons actuellement.

Toutefois, cette médiation ne s’interpose pas seulement lorsqu’il s’agit de recueillir des données. Elle s’interpose aussi lorsqu’il s’agit de procéder aux vérifications et aux corroborations des modèles que nous élaborons : si c’est « grâce à » la médiation des traces qu’il est possible de procéder à des modélisations, c’est aussi « grâce à » cette même médiation qu’il est impossible de procéder effectivement à toute vérification « ultime » (ou « absolue ») de l’adéquation entre un modèle et la « réalité » supposée modélisée.

Écriture et formalisation

Fichier pdf, 230 Ko, 12 pages

1996

L’écriture, bien qu’omniprésente dans la formalisation logico-mathématique, passe en fait inaperçue : elle est supposée n’y jouer qu’un rôle purement instrumental (au même titre, par exemple, qu’une gomme ou un crayon).

Ce texte attire l’attention sur l’articulation entre les « noirs » (les lettres) et les « blancs » (qui séparent les lettres), sur le rôle des « blancs » et sur la dimension d’acte qu’ils impliquent (effectuation, interprétation), ainsi que sur les jeux d’écritures qui peuvent s’ensuivre.

L’utopie scientifique

Fichier pdf, 120 Ko, 9 pages

1996

Dans les Méditations métaphysiques, Descartes associe l’idéal d’un achèvement de la connaissance aux seules perfections – inatteignables – de la Divinité.

Comment traduire, en des termes qui soient aujourd’hui audibles, ce qui est devenu pour nous un « non-lieu » (utopie) de l’achèvement de la connaissance ?

Ce texte propose d’articuler ce « non-lieu » de l’achèvement à la supposition d’une origine elle-même inépuisable, à travers des filiations de théories ; ces filiations permettent d’esquisser quelques traits d’une théorie du dépassement des théories.

La tache blanche

Fichier pdf, 100 Ko, 8 pages

1994

Apologue qui se présente sous la forme d’une nouvelle mettant en scène quelques aspects de la problématique de la trace, plus particulièrement dans le cas de traces indécelables.

Trace/trace

Fichier pdf, 295 Ko, 15 pages

1994

Le mot trace est d’un usage théorique délicat dans la mesure où il est susceptible de glisser entre une acception qui comprend les traces comme matérielles et une acception qui comprend les traces comme résultant d’une interprétation.

[la problématique abordée dans ce texte n’est vraiment résolue, d’un point de vue théorique, que dans le texte « L’œil de la structure » de 1995, accessible plus haut]

L’écriture, une très ancienne « nouvelle technologie »

Fichier pdf, 203 Ko, 9 pages

1994

Sous couvert de parler de nouvelles technologies, d'informatique, et d'informatisation, c'est l'une des facettes de notre propre rapport à l'écriture que nous découvrons ou redécouvrons.

De l’autre côté de l’écriture

Fichier pdf, 93 Ko, 3 pages

1994

Dans le passage du support papier au support électronique, se joue aussi la continuité et le prolongement de la défaillance de l’écriture à l’endroit du couplage en dérive entre auteur et lecteur.

Trois questions relatives aux traitements d’information

Fichier pdf, 183 Ko, 10 pages

1993

Après avoir rappelé la situation indécise de l'informatique et des traitements de l'information discrète à l'égard du contexte scientifique actuel, je formule trois questions, de nature théorique et fondamentale, relatives à l'articulation entre les traitements d'information, les sciences expérimentales et les théories de la calculabilité.

Fondement de discours/discours de fondement

fichier pdf, 295 Ko, 15 pages

1993

Le mot fondement dit-il encore quelque chose aujourd'hui ? Que savons-nous, ou que disons-nous de fondement ? Y a-t-il lieu de reprendre le questionnement visant les fondements des discours, y compris ceux qui semblent les mieux établis ? Faut-il encore fonder les discours ? Et, si tel est le cas, pourquoi et comment faudrait-il fonder ?

Le glissement fondement/fondement

Fichier pdf, 97 Ko, 3 pages

1993

Le mot fondement est lié à un glissement qui l’infléchit tantôt vers l’idée de socle ou de soubassement, et tantôt vers l’idée d’un abîme sans fond : comment comprendre ce glissement ?

D’une expérience qui ne serait pas du « sans blanc »

Fichier pdf, 317 Ko, 17 pages

1993

Je suis initialement tombé par mégarde dans l'une des galeries d'un immense labyrinthe dont je n'ai pas soupçonné, pendant de nombreuses années, qu'il puisse conduire à la question des fondements, du moins telle que je la comprends actuellement.

Je propose brièvement et partiellement quelques repères permettant de situer un abord de la question des fondements qui soit peut-être audible aujourd’hui

Towards a theory of effective discrete systems

Fichier pdf, 217 Ko, 13 pages

1992

Il est usuel de relier directement aux ensembles et aux fonctions divers aspects des traitements d’information, des calculs effectifs et de la programmation.

Toutefois, malgré de nombreuses ressemblances formelles, certaines évidences courantes impliquées par une telle articulation occultent des problèmes ouverts et entrent en conflit avec plusieurs définitions et conceptions mathématiques standard.

Je propose de comprendre ces difficultés comme la contrepartie induite par l’absence d’une théorie des systèmes discrets effectifs et je présente quelques remarques et perspectives intéressant les fondements d’une telle théorie.

Communiquer, représenter, savoir : le jeu de l’indécelable

Fichier pdf, 262 Ko, 12 pages

1990

La fièvre positiviste qui s'est déclarée au cours du 19e siècle a gommé, dans le discours scientifique, l'héritage non positif auquel les sciences les mieux établies, élaborées ou remaniées à partir du 17e siècle, doivent pourtant leurs fondements.

Loin de consolider son caractère définitif grâce à une opérativité que nul ne saurait trivialement contester, cette amnésie apparente nous invite à reprendre le cours d'une méditation fréquemment suspendue pour en déceler les développements harmoniques audibles à notre époque : à quelles conditions la connaissance [positive] est-elle possible ?

Communiquer, représenter, savoir, trois verbes pour trois manières d'approcher un centre de gravité fondamental : les indécelables.

L’information : entre la parole et l’écrit

Fichier pdf, 203 Ko, 10 pages

1989

Le mot information renvoie tantôt à des traces supposées « porter » un « contenu », et tantôt aux « contenus » supposés « portés » par ces traces ; le mot information couvre donc un glissement qui a pour effet de suggérer implicitement l'identification des traces et de leurs « contenus » supposés ; ainsi, sous couvert de parler d'informatique et d'informatisation, c'est l'une des facettes de notre propre rapport à l'écriture que nous (re)découvrons.

Exposés et séminaires

Médiation, effectivité, mouvement

Fichier pdf, 0,8 Mo, 19 diapositives PowerPoint

Exposé au séminaire de Bernard Guy, « Épistémologie des liens entre temporalités et spatialités », Université Lyon III – Jean Moulin et École des Mines de Saint-Étienne, séance du 12 avril 2019

Lire entre les lignes, parler à demi-mots, comprendre que « la vérité ne peut que se mi-dire » (Lacan), etc., autant d’innombrables exemples ou circonstances où « Les “Blancs”, en effet, assument l’importance […] » (Mallarmé). Si nous sommes accoutumés à voir (entendre, etc.) ce qui est tracé (prononcé, etc.) « en noir » comme positivité – en un sens général qui va jusqu’à la positivité scientifique –, quelle place cependant, pourrions-nous accorder à ce qui demeure en retrait, comme « en blanc », si nous l’effaçons dans l’ombre tue d’une négativité abyssale ?

Si l’opposition entre « en noir » et « en blanc » évoque l’écriture, c’est cependant creusée et généralisée comme figure archétypique d’une médiation que l’articulation noirs/blancs prend tout son sens. D’une part, les noirs portent la différenciation tandis que les blancs, qui séparent et relient les noirs, sont neutralisés comme indifférenciés ; d’autre part, dire qu’il y a des blancs, c’est comprendre que c’est grâce à ce qui demeure en retrait « dans » une médiation (comme blancs) que cette médiation donne quelque accès (comme noirs) à une provenance supposée. Dans une médiation, ce qui, au recto, conditionne la possibilité d’un rapport à une provenance supposée, se laisse déchiffrer, au verso, comme un effet de limitation qui exclut toute éventualité d’un accès ultime (im-médiat) à cette provenance supposée. Une première approche de l’effectivité consiste à interpréter ce qui demeure en retrait « dans » une médiation comme avoir-lieu, en jouant sur l’équivoque que permet le français entre un prendre place et un accomplissement. D’un point de vue théorique, l’effectivité correspond à de l’avoir-lieu en tant qu’on le « saisit » et qu’on l’abstrait, via une médiation, comme blanc entre deux noirs.

La vertigineuse et pourtant simplissime invention du cinématographe nous permet de toucher du doigt que c’est grâce au fait que les mouvements de la scène filmée ne donnent lieu, en tant que tels, à aucune trace, qu’ils peuvent être « saisis », mais entre les images, laissant ainsi au spectateur, lors de la projection, le soin de fabriquer la sensation de mouvements qu’il n’aura jamais perçus. De manière très générale, elle nous permet aussi de comprendre que, dans la positivité scientifique (mais pas seulement), l’exigence de recueillir des traces (en noir) a pour contrepartie que l’avoir-lieu du phénomène supposé doive s’évanouir (en blanc) entre les mesures ou les observations, laissant à qui interprète ces traces le soin de forger la fiction d’une provenance phénoménale qu’il n’aura jamais pu apercevoir en tant que telle. Faudrait-il alors comprendre que ce soit l’exigence de positivité qui contraigne le mouvement (sans doute à entendre ici au sens fondamental de Bernard Guy) à « éclater » pour qu’il consente à se phénoménaliser ? Faudrait-il en outre rapprocher (quoiqu’en les maintenant à distance) la problématique de cet « éclatement » et celle des formes a priori de la sensibilité dans l’esthétique transcendantale kantienne ?

L’analogie des niveaux

Fichier pdf 1,4 Mo, 22 diapositives PowerPoint

Exposé au séminaire de Carlos Lobo au Collège international de philosophie : « Phénoménologie de l’analogie et de l’instance de la technique dans la pensée scientifique », séance du 15 mars 2019.

Autant nous avons fréquemment recours à la considération de niveaux, autant nous éprouvons quelque difficulté à les caractériser avec précision. Pour quelles raisons nous croyons-nous obligé, dans certaines circonstances, de recourir à une telle considération ? Que mettons-nous alors en jeu s’il s’agit d’autre chose que d’une manière de parler ? La question est d’autant plus délicate à aborder que nos appareils théoriques habituels – en particulier logiques et mathématiques – sont imaginés comme étant « plats » (l’univers des objets mathématiques est « plat », un alphabet et les assemblages construits à partir d’un alphabet sont « plats », etc.).

Si je ne connais pas « la » réponse à la question des niveaux (je n’écarte pas l’éventualité d’une hétérogénéité irréductible des usages du vocable « niveau »), je peux au moins prendre l’orientation issue d’une expérience particulière pour en déplier diverses ramifications. Cette expérience prend place dans un domaine qui fait un usage particulièrement extensif du vocable « niveau », à savoir l’informatique. Il n’est pas anodin de faire référence à ce domaine pour la question des niveaux, dans la mesure où l’informatique, comme une sorte de cartilage médiateur, permet d’apprécier l’articulation entre un point de vue physique (les ordinateurs sont des dispositifs matériels) et un point de vue littéral (les traitements d’information peuvent être recueillis comme des rapports entre des écritures).

Dans cette perspective, on pourra dire, de manière générale, qu’il y a différence de niveau (écart de niveau, variation de niveau, changement de niveau, etc.) entre deux « niveaux », relativement à l’« à-plat » constitué par l’un des deux « niveaux », quand on juge que l’autre « niveau », lui aussi constitué comme un « à-plat » relativement à ce premier « niveau », ne lui est pas « réductible ». En un mot, il y a différence de niveau quand je juge que je ne peux pas réduire les deux niveaux (les deux à-plat) à un même niveau (à un même à-plat). La difficulté d’une telle formulation tient au fait que les termes qui y interviennent se déterminent les uns les autres : il n’y a différence de niveau (d’à-plats) que relativement à des niveaux (des à-plats), mais il n’y a des niveaux (des à-plats) que s’il y a différence de niveaux, tandis que rien que n’est précisé concernant l’irréductibilité qui garantirait une telle différence.

Il s’agit moins d’une définition que d’un schéma d’interprétation, dont le sens dépend des traductions et des interprétations qui en sont faites, et dont la chair imaginaire nous est d’abord esquissée comme analogie des niveaux : feuilletage de la verticalité d’une différence par opposition à l’horizontalité de l’à-plat spatio-temporel de chaque feuillet. On appliquera ce schéma d’interprétation à plusieurs cas prélevés dans des domaines divers, par exemple : niveaux filmique et fictionnel dans le cinéma, niveaux d’écritures en informatique, finitude effective et ineffectivité.

Le seuil, le blanc

Fichier pdf, 600 Ko, 8 diapositives PowerPoint

Présentation au forum « D’un seuil à l’autre », organisé le 17 mai 2018 pour Erasmus Expertise et le Collège international de philosophie par Jacqueline Bergeron, Marc Cheymol et Carlos Lobo.

Dans les harmoniques de la polysémie de « seuil », on peut entendre « entre-deux » qui, à son tour, esquisse de multiples lignes dont certaines décèlent « blanc ». Les blancs de l’écriture en noir et blanc. Approcher d’abord « seuil » comme « blanc ». Dans l’horizontalité plate ordinaire, le blanc se tient entre les « noirs », les sépare en même temps qu’il les relie, et peut scintiller en de multiples éclats : espace, temps, changement, parcours, transition, transformation, traduction, etc., le blanc se tient à la place de l’effectivité, qui est aussi la place de ce qui ne se laisse pas inscrire [en noir] comme condition de l’inscrire. En ce sens, la réserve inépuisable du blanc est condition de possibilité – et limitation – de la finitude inscrite du noir.

Mais cette approche enveloppe une difficulté qui tient au fait que la différence entre « blanc » et « noir » (entre les « deux » et l’« entre » d’un entre-deux, si l’on veut) ne peut être réduite à la distinction entre les « noirs » (entre les lettres, par exemple), car à tenter de hisser l’entre-deux au même niveau que ce qu’il sépare et relie, c’est l’entre-deux lui-même qui devrait s’évanouir. La difficulté est là : y a-t-il « seuil » entre « blanc » et « noir », entre chacun des deux et l’entre-deux ? Cette différence ne peut être conçue dans l’horizontalité d’un à-plat, mais dans le dénivelé d’une variation de niveau. L’horizontalité plane de l’écriture ordinaire doit être en quelque manière équilibrée par une verticalité stratifiée de niveaux : les blancs sont une figure de l’attente et de l’oubli, de la promesse et de la généalogie, toujours en souffrance, guettant dans l’ombre silencieuse la transgression des seuils qui les décèlera, les éveillera et provoquera leur germination. Et c’est alors en retour l’horizontalité plane de l’écriture qui se montre elle-même comme « seuil » au sein de cette verticalité inépuisable. Ainsi demeurons-nous dans la finitude, une finitude inépuisable qui nous garde en quelque manière « exilés » du lieu de l’écriture.

Coupes, niveaux, points de vue (réfléchir les diagrammes)

Fichier pdf, 460 Ko, 18 diapositives PowerPoint

Exposé au séminaire de Luciano Boi et Carlos Lobo à l’EHESS « Pensée diagrammatique et philosophie de l'espace ou de l'ars inveniendi des formes », séance du 5 janvier 2017.

Les diagrammes sont principalement abordés selon trois axes : (1) la traduction, qui correspond à la polysémie et aux multiples interprétations auxquelles se prêtent les diagrammes, (2) les niveaux, compris comme des degrés de détermination, qui signifient que les diagrammes fonctionnent [aussi] comme autant de dispositifs optiques permettant de révéler (faire voir) ce qui n’apparaît qu’à un niveau de synthèse déterminé, et (3) l’opposition entre scopique et grammatique, c’est-à-dire l’opposition entre la co-présentation liée à la vision et la linéarité de l’écriture. Le sous-titre – réfléchir les diagrammes – indique qu’on mènera une réflexion sur les diagrammes, mais avec des diagrammes, une manière de faire jouer la réflexion comme une structure régressive.

Espacements (spatialité, temporalité, niveaux et effectivité)

Fichier pdf, 1.3 Mo, 21 diapositives PowerPoint

Exposé au séminaire de Carlos Lobo et Charles Alunni au Collège international de philosophie : « L’espace comme carrefour épistémologique et phénoménologique », séance du 24 mars 2016

C’est comme effectivité que je propose d’approcher l’idée d’un pur avoir lieu (à entendre en un sens autant spatial que temporel). L’effectivité correspond à ce que tous les avoir lieu ont en partage, hors toute chair phénoménale (en particulier spatiale ou temporelle), rien d’autre ni de plus que cela seulement : avoir lieu. À partir des s’accomplir phénoménaux, l’effectivité est obtenue par déphénoménalisation, c’est-à-dire par évanouissement des traits phénoménaux particuliers ; c’est une fine pointe – une manière de limite – où les avoir lieu sont indifférenciés (quant à leur provenance phénoménale) et donc traductibles les uns dans les autres : on comprendra volontiers l’effectivité comme la fine pointe d’un pivot d’articulation, ou comme un invariant pour une traduction transphénoménale. Inversement, l’effectivité prise comme point de départ joue le rôle d’une manière d’étoffe hylétique à l’égard des décisions constitutives pour la détermination des caractères phénoménaux. En quelque manière, les évanouissements de la déphénoménalisation « descendent » ce que les décisions constitutives « remontent ».

En tant que dépourvue de toute chair phénoménale, l’effectivité est imprésentable. C’est un produit de synthèse qui ne se laisse imaginer et recueillir que par le truchement de dispositifs appropriés. L’un des plus répandus est l’écriture. Ainsi la supposition qu’on puisse recueillir quelque chose d’un phénomène comme une écriture (représentation, observation, enregistrement, mesure, etc.) implique l’évanouissement des traits phénoménaux de cette provenance à l’endroit de la médiation que constitue l’écriture ainsi produite. On peut alors comprendre qu’il échoit à chaque interprète de telles écritures de prendre en charge l’effectivité de la provenance en tant qu’effectivité de sa propre interprétation (le s’accomplir déphénoménalisé de son interprétation) de telle manière que cette interprétation puisse être comprise (sous réserve d’éventuelles conditions restrictives) comme une traduction transphénoménale de cette provenance.

Thèses

Une contribution à l’étude des fondements de l’informatique

Fichier pdf, 6 Mo, 543 pages

Thèse de doctorat d’État, Paris, 1992

Diverses évidences impliquées par la conception habituelle de l'écriture bloquent le dénouement de plusieurs problématiques liées, par exemple, aux transformations de programmes, aux niveaux de représentation, d'abstraction et de spécification, ainsi qu'à l'articulation entre l'informatique, les sciences expérimentales et les sciences exactes.

Compte-tenu de l'omniprésence de l'écriture dans les sciences, et plus particulièrement de son rôle médiateur à l'égard des théories formalisées (les théories de la calculabilité entre autres), le réexamen du rapport entre le savoir et l'écriture implique un réexamen de plusieurs évidences ou postulats relatifs aux fondements des sciences.

En montrant que la possibilité de réinterpréter des théories, déjà familière aux physiciens depuis un siècle, est un trait structural des théories fondées (et non pas une particularité des sciences expérimentales), il devient concevable d'en généraliser le principe à toute théorie scientifique (mathématique et logique y compris) pour conjuguer la récupération de l'acquis tangible antérieurement obtenu avec une réinterprétation de cet acquis relativement à de nouveaux postulats.

La réinterprétation proposée dans cette thèse conduit à mettre en évidence l'utilisation de régressions sans fin, de traces indécelables et de glissements d'écritures pour amorcer le dénouement de plusieurs problématiques actuellement ouvertes d'un point de vue théorique, celle des changements de niveaux en particulier.

Analyses transformatives et systèmes informatiques

Texte dactylographié, non disponible sur support électronique, 276 pages

Thèse de troisième cycle, Paris, 1977

Les descriptions de systèmes informatiques s’avèrent à la fois indispensables et insaisissables : indispensables, en ce sens que l’élaboration d’un système ne se fait pas d’un seul coup et que les descriptions autorisent l’inscription de stades intermédiaires de l’élaboration ; insaisissables en ce sens que le rapport entre les descriptions et le système décrit (ou supposé tel) n’est jamais défini.

Les « analyses transformatives » peuvent se comprendre comme une sorte de transposition, au cas discret, de l’idée leibnizienne des transformations continues : le système final est obtenu par application d’une suite de transformations [discrètes] à une solution initiale supposée fonctionnellement correcte ; dans ce contexte, les descriptions intermédiaires sont des solutions intermédiaires produites au cours de ces transformations.

Le problème est alors repoussé d’un cran, car c’est maintenant le statut de la solution initiale qui fait difficulté : c’est une telle difficulté qu’on enveloppe ordinairement dans le terme « spécification »

Je montre que, dans le cas des systèmes informatiques, les transformations introduites (dont les schémas élémentaires sont en très petit nombre) sont suffisamment puissantes pour que toute solution initiale (donc toute spécification) puisse se comprendre comme le résultat de l’application d’une suite de transformations à un « germe » qu’on peut aisément concevoir comme une sorte de fonction identité (ce germe est analogue au point d’où procèdent les transformations continues de Leibniz).

De manière synthétique, c’est un même jeu de transformations qui permet de passer du « germe » au système définitif, de sorte que, dans ce contexte des analyses transformatives, il y a continuité entre analyse et implémentation.

Enseignements (archives)

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Applications et interfaces homme-machine

licence, 3ème année

ue aihm, LI344

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Composants

master 2ème année, sciences et technologies du logiciel

techniques applicatives : composants

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Ingénierie objet en C#

master 2ème année, intelligence artificielle et décision

ue ming, NI212 (partie C#)

(archive du site 2010-2011)

 

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