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La Quadrasolo Normandie 2005 vue du Vert-Galant

 

La Quadrasolo Normandie est une très belle régate en solitaire, Organisée par Sport Nautique du Havre.
C'est une course par étapes d'une journée environ, et qui se court en baie de Seine pendant une semaine, fin juin - début juillet.
Le classement est effectué selon le rating HN. Le Vert-Galant, un Aphrodite 101 court dans le groupe 21 comme lesFirst 31.7 et et les Sun Fast 32.
Sont admis les bateaux des groupes HN 15 à 25.

Voilà le parcours de la version 2005.
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Etape 1 : Le Havre - Fécamp , en noir.
Etape 2 : Le Fécamp - St Vaast , en rouge, c'est l'étape longue jour + nuit.
Etape 3 : St Vaast - St Vaast, Grand Prix Gosselin, petit parcours devant St Vaast.
Etape 4 : St Vaast - Courseulles, en bleu.
Etape 5 : Courseulles - Deauville, en vert.
Etape 6 : Deauville - Le Havre, en jaune.

En 2005 il y a eu 35 participants, 7 bateaux sont venus des clubs de la Mer du Nord, dont 2 Aphrodites 101, mon "Vert-Galant" et "Vim" à Frédéric.
voici la photo de groupe, prise à St Vaast.

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Les coureurs sont en bleu marine. Les organisateurs, merci à eux, sont en vert.
Edouard le vainqueur (du YCMN) est le 4ème au premier rang en partant de gauche.
Moi je suis le 4ème au premier rang en partant de la droite.
Frédéric, le propriétaire de Vim le second Aphrodite 101 est au 2ème rang, 9ème en partant de droite.

 

Préparatifs.

Le port de plaisance du Havre est facilement accessible mais il faut éviter de couper le chenal du port de commerce à proximité de l'entrée.
Pour entrer rester au nord du chenal commercial, entrer en serrant le musoir nord, puis tourner immédiatement à gauche. A marée basse il faut arrondir un peu entre le musoir nord et l'entrée du port de plaisance.
Le ponton visiteur est le premier à droite en entrant, il y a toujours de la place. Annoncez au bureau du port que vous courez la quadra et vous paierez les frais de stationnement avant et après la course au SNH, et au prix du club.
Dans le second bassin il y a un petit ponton visiteur très agréable (près des sanitaires), mais il y a moins de place.
Attention : à marée basse il y a des endroits où l'on peut rester coincé dans la vase !

On trouve tout ce qu'il faut sur place pour préparer le bateau et on peut caréner contre le quai devant le SNH ou sur le travelift du port.
Enfin n'hésitez pas à venir au SNH, vous y serez toujours très bien accueillis.

 

Première étape : Le Havre - Fécamp.

Il y a du vent, un gros F4 de NE et quand on arrivera à Antifer le jusant va commencer : ça va nous faire une bonne petite séance de louvoyage contre le courant le long des falaises !
Le départ est miraculeux, un peu à l'écart du tas, sous le vent mais bien dégagé et avec du vent frais.
Le louvoyage qui suit est tout aussi miraculeux. Je croyais rater la bouée au vent mais une adonnante bienvenue me la fait passer plein pot, tout au ras et en 3ème position.

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Vert Galant pendant les premiers louvoyages, tout dessus et la girouette est encore là.

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Toujours pendant les premiers louvoyages. J'ai mon bonnet d'aviateur, perdu plus tard au Triangle de Dinard.
Le parcours est scotché sur le bas de la porte.

En route vers Metzinger le spi monte impeccable et rentre de même avant le retour au louvoyage vers la bouée de déblais où j'arrive en 2ème position derrière Foggy Dew (JPK 9,60) qui semble avoir quelques ennuis.
J'en profite sans scrupule et Vert-Galant est en tête pendant quelques instants avant que Jolly Jumper puis Sur Grande ne le rattrapent.
En arrivant devant Antifer la mer devient cassante et le vent forcit encore. La girouette de tête de mât s'envole, axe cassé au ras de l'embase et je suis obligé de prendre un ris car le bateau retombe trop couché derrière les vagues et on sent alors la coque plier sous l'effort du lest qui rappelle et du gréement qui se secoue.
Le louvoyage au ras des falaises est très spectaculaire. Celui qui tire trop loin au large recule visiblement, mais je n'ose pas me rapprocher trop de la côte et vire à 5m au sondeur. Le fond est de roche plate mais il y a toujours le risque d'un caillou qui dépasse, et avec ce vent et ces vagues talonner c'est probablement prendre son bain.
A ce jeu Jolly Jumper s'éloigne lentement devant tandis que Sur Grande nous dépasse comme un avion pour la deuxième fois.


Vert Galant sur la ligne d'arrivée à Fécamp, photo depuis le bateau comité.
La bordure de la GV n'est pas assez étarquée, il faudra reculer le point de tire de la bosse de ris.
Le foc solent est trop creux au guindant qui prend légèrement à contre, mais ça marche quand même.

C'est le genre d'étape dont on est bien content de voir la fin, mais pas mal de petits bateaux arriveront hors délais ou abandonneront.
Vert-Galant termine 4ème et le "chili con carne" le soir au club sera le bienvenu pour se refaire une santé.

 

Deuxième étape : Fécamp - St Vaast la Hougue.

Il y a vraiment du vent, F5 à F6 de NE, et rien que du portant, ça va fumer !
Après la bouée de dégagement Morvrac'h et Sur Grande envoient le spi et semblent le tenir, j'en fais donc autant.
Ce n'est probablement pas la meilleure idée : Pour se rapprocher de la côte où le courant contraire est plus faible il faudrait se mettre complètement vent-arrière, voire sur la fausse panne ou empanner ce qui n'est pas évident.
On peut pas dire que le bateau soit vraiment manoeuvrant mais ça dépasse les 13 noeuds dans les descentes tant qu'on navigue en ligne droite.

Malheureusement arrivé à Antifer il faut tourner un peu à gauche et je tente l'empannage selon ma méthode habituelle, GV bordée dans l'axe.
  1. Mettre le pilote au grand largue, gain à fond et sensibilité maximum.
  2. Reprendre les barbers.
  3. Border la GV dans l'axe et régler le pilote pour venir plein vent arrière. Normalement c'est presque confortable, le bateau louvoie un peu mais reste stable avec le spi bien gonflé.
  4. Choquer un peu de hale-bas de tangon et de l'écoute de spi jusqu'à la marque prévue pour cela.
  5. Courir à l'avant changer le tangon de côté.
  6. Revenir à la barre empanner la GV et régler le spi sur la nouvelle amure.
Tout c'est passé correctement jusqu'au point 5, quand c'est parti au lof sur la nouvelle amure alors que je venais de raccrocher le tangon au mât..
Retour vers l'arrière cramponné aux filières en passant par dessus le pied de mât avec la longe du harnais qui accroche tout ce qui dépasse, puis larguage du bras de spi.
Horreur ! Il coince immédiatement : En fouettant le bras de spi a entraîné le bout mort du palan de bastaque en double dans la poulie de renvoi du bras de spi !
Heureusement les écoutes de spi sont longues et je peux en larguer assez sous le vent pour mettre le spi en drapeau et permettre au bateau de se redresser.
Il n'y a plus qu'à tirer à l'envers sur le bras coincé pour tout débloquer, remettre en route grand largue, rentrer le spi, faire le ménage et replier le spi.

Après 10 minutes de repos je ne dois pas être redevenu très lucide car je décide de renvoyer ce foutu spi qui s'établi correctement, mais pas pour longtemps : On repart au lof plutôt sèchement moins de 10 minutes plus tard.

Y en a marre ! Je range et on continue sous GV et solent.
Mais très rapidement le gréement émet le crissement du métal qui proteste.
Je vais au pied de mât regarder de plus près le vit de mulet et le halebas rien ?
Mais en levant la tête je constate que le mât fait un superbe S.
Sous le coup de l'émotion je remonte au près pour prendre un ris avant de revenir sur la route de St Vaast.
Mais même avec un ris dans la GV, le mât n'a pas une allure plus sympathique.

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Au près le mât est bien, mais au largue dans la brise il prend cette allure là même avec 1 ris

C'est inquiétant mais il semble que ça tienne aussi bien sous spi qu'au louvoyage dans la brise ( voir les résultats du Triangle qui s'est couru un mois après).

Après démâtage en début novembre nous n'avons rien remarqué d'anormal, seulement une corrosion un peu avancée sous les boites à réas du pied de mât.
Mais quand on le manipule c'est vraiment un mât souple !

Il semble bien qu'il prenne cet aspect car la voile appuie sur la barre de flèche et vrille le mât.

Dans le bord de travers après Norfolk Je rattrape un concurrent tandis que les feux d'un autre reviennent de l'arrière.
Mais c'est dur. Ce serait mieux avec 2 ris car le bateau est trop ardent et il faut donner trop de barre quand la vague monte ce qui empêche de passer en survitesse.

stvaast L'arrivée à St Vaast est homérique, il fait noir, il y a du vent, la bouée " bout du roc" qui sert de marque d'arrivée n'est pas éclairée, et les dangers ne sont pas loin derrière.
Quant à la vedette du comité, elle est bloquée dans le port car nous sommes trop en avance et l'écluse est encore fermée.
C'est un voilier qui sert de bateau comité, mais en arrivant on ne voit que du noir, les feux de la côte et la multitude de petits feux rouges et verts des bateaux qui sont déjà arrivés.
Il faut foncer dans l'obscurité, dans le secteur blanc du phare de St Vaast, à la limite du rouge avec le GPS en GoTo sur "bout du roc".
Quand Bout du roc est est à moins de 0,1 mille, cap sur le phare, puis quand Bout du Roc est dans le 270 je braille "Vert-Galant" sur la ligne dans la VHF et je tourne à droite en lançant la machine pour aller affaler dans un coin plus tranquille.
Mais j'ai rien vu, ni la bouée, ni le bateau comité !

Ouf, ça va mieux ! La porte s'ouvre rapidement et on peut rentrer se reposer à St Vaast avant d'aller faire quelques achats chez Gosselin : Et le classement ? Pas terrible, mais j'ai oublié et perdu le papier.

Et en fin d'après midi la dégustation de Whisky dans la cave de Gosselin.
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Une cérémonie inoubliable qu'il ne faut surtout pas rater, même si la fatigue se fait sentir.

 

3ème étape St Vaast - St Vaast. Grand Prix Gosselin.

C'était une petite régate, pendant la durée d'ouverture des portes à marée haute.
J'ai oublié le classement (fin du premier tiers ?).

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Mais je me souviens très bien de la proclamation des résultats :
J'ai gagné une bouteille de Côte de Beaune Joseph Drouhin 2003.

 

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Et à la fin de la cérémonie le Champagne était parfait et bien frais !

 

4ème étape St Vaast - Courseulles.

Ça commence mal : Briefing à 7h15, quelle vie de fous !
Après la bouée de dégagement c'est un long bord de spi vers Cussy, à la poursuite de Vim, l'Aphrodite 101 de Frédéric, qui me précède de 200m.
En arrivant à Cussy le vent mollit et Vim envoie son beau génois léger neuf en Génésys en prévision des 7,5 milles de louvoyage vers Braodsword. Pas de chance dès qu'il borde le génois sa ralingue s'arrache de l'étai creux!
J'en profite pour passer devant sans remord.
En approchant de Broadsword Grenadine (First 31.7) et Sur Grande (Sun fast 32) me croisent derrière. C'est une très bonne affaire car ils étaient loin devant à la fin du bord de spi.
Mais la joie est de courte durée et nous sommes rapidement tous les trois englués dans les bras d'une grande molle particulièrement affectueuse.
Va t'il falloir mouiller dans 25 mètres pour ne pas reculer trop loin ?
Non, Sur Grande a du chatouiller la grand molle au bon endroit car il redémarre lentement, suivi par Grenadine 10 minutes plus tard, puis moi encore plus tard.
Le comité raccourcit l'étape et donne l'arrivée à Broadsword. Il n'y a plus qu'à se faire 17 milles de moteur jusqu'à Courseulles.
À Courseulles la place est toujours aussi rare et il faut une grande habileté manoeuvrière pour réussir à s'infiltrer dans un poste encore libre car en principe inaccessible.
Mais le jeu en vaut la chandelle, le Club est vraiment très agréable et le dîner sympathique.

 

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La flotte entre à Courseulles, attention il y a beaucoup d'algues flottantes dans le chenal.

 

5 ème étape Courseulles - Deauville.

Le briefing est encore à 7h15. Ça devient intolérable, il faudra faire modifier l'annuaire des marées pour l'année prochaine.
Après la bouée de dégagement c'est un long bord de largue vers les Ratelets. Je suis encore à la poursuite de Vim.
Comme il y a pas mal de vent nous n'avons pas envoyé de spi, mais sur la fin je tente le coup en espérant que Frédéric ne s'en apercevra pas tout de suite.
C'est raté, il envoie sa bulle dans la foulée, mais je règle mieux mon spi, ou alors il traine des sargasses, et je le passe.
À la bouée affalage acrobatique, empannage, puis 2 bords au travers - bon plein pour arriver devant Deauville.
Bien sur nous sommes très en avance et il faut attendre plusieurs heures l'ouverture des portes.
Mais on n'a rien sans peine. Le bar du Yacht Club de Deauville est particulièrement animé et c'est est le seul club de la baie de Seine ou l'on trouve des grandes filles autour du bar !

 

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La flotte entre à Deauville.

 

6 ème étape Deauville - Le Havre.

Un vrai cauchemard.
En sortant du port je suis obligé de satisfaire un besoin naturel urgent. Je m'écarte donc de la flotte pour aller m'installer sur les commodités.
Assis tranquillement l'esprit ailleurs je me prend une vague sur la tronche ( Sur l'Aphrodite il faut ouvrir le capot si on espère pouvoir se rhabiller dans la "cabine" avant) quelques secondes avant que le comité ne lance sournoisement la procédure de départ.
Se rhabiller d'urgence, pomper le chiotte, fermer les vannes (si t'oublies tu coules), fermer le capot, envoyer le foc, et revenir sur la ligne juste à temps pour prendre le départ au milieu de la flotte.

C'est un louvoyage de 7 milles jusqu'à la bouée Dives, et l'horreur continue.
Je n'arrive pas à régler le bateau, si je pointe ça n'avance pas, si j'abats ça n'avance pas non plus.
Non seulement je ne rattrape personne, mais ceux qui sont derrière me grattent.
Je passe la bouée au vent avant-dernier de la flotte, du jamais vu !

Le bord suivant c'est du vent de travers un peu ouvert. Comme le soleil est sous le vent j'en profite pour glisser la tête au vent sous les filières et regarder à contre jour si je ne traine pas un casier dans le safran.
P... l'hélice est bloquée ouverte ! Il suffit de mettre l'inverseur au point mort, l'hélice se met à tourner, puis de repasser en marche arrière : l'arbre se bloque d'un coup et l'hélice se ferme.

Le courage revient, je remplace le solent par le vieux génois qui tire bien au travers et c'est parti pour remonter petit à petit la flotte, même ceux qui s'entêtent à porter un spi qui tire en travers.
Je réussirais à remonter une dizaine de bateaux sur ce bord, 3 autres sur le bord de spi suivant, dont Ar Beg Hir (31.7) qui lance une bordée de jurons à faire déborder la Manche quand le mousqueton de sa drisse de spi casse. Heureusement il ne passera pas sur son spi.
Malgré ces dernier efforts le résultat restera médiocre.

Deux jour plus tard le bateau sera échoué contre le quai à marée basse afin de donner le petit coup de lime qui permettra à cette hélice neuve d'avoir un fonctionnement normal et régulier.

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Vert Galant contre le quai. Il faut un quai assez haut et 2 fortes aussières pour supporter l'étrave.

 

Et pour finir.

Classement : 12 ème au général, peut mieux faire, mais ça on verra l'année prochaine.

Comme d'habitude la cérémonie et le dîner de cloture au SNH ont été très chouettes, et délicate attention chacun a reçu de superbes photos de son bateau en course (ce sont celles qui portent le logo SNH).
Nous n'étions que 35 cette année et je m'étonne de la faible participation des Cherbourgeois et des Bretons du nord.
Peut être n'aiment ils pas se déplacer ? Ils ratent une belle régate, disputée mais courtoise, d'un bon niveau mais accessible aux amateurs, le tout dans une bonne ambiance.

Et en plus, après une semaine de ce régime vous aurez bonne mine !

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Mon épouse prétend que j'ai le nez rouge !

 

Et un Grand merci à tous les membres de Sport Nautique du Havre qui se donnent tant de mal à nous organiser cette belle épreuve.
Merci aux membres du comité de course qui se sont fait touiller sur le plan d'eau et qui ont pris les photos qui illustrent ce récit.

 

Pour tout commentaire ou renseignement.
email: yvon.nedonchelle chez wanadoo.fr
Mise à jour 17/11/2005
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