INTERETS DE LA TOILE

L’araignée reconstruit sa toile tous les matins (ou tous les soirs selon son rythme d’activité diurne ou nocturne). Ordinairement, la construction nécessite environ une heure de travail et 30 mètres de soie.

La toile est un instrument de chasse intéressant car elle permet l’immobilisation de la proie qui se retrouve « engluée » dans des fils collants. L’araignée, pour se protéger de son propre piège sécrète une substance graisseuse dont elle s’enduit

Cet animal possède des milliers de capteurs, qui lui confère une incroyable adaptation à la perception vibratoire. Ces capteurs sont de deux types : des poils, ou des fentes. Les poils, et notamment les tricobothries, poils plus fins que les autres, sont ébranlés au moindre courant d’air, renseignant l’araignée sur chaque mouvement du milieu . Cependant, les capteurs essentiels à la perception des vibrations de la toile sont les milliers de petites fentes de quelques dizaines de micromètres de longueur, majoritairement disposés sur les pattes mais aussi sur l’abdomen. Ces capteurs fonctionnent selon le principe de la jauge de contrainte. C'est-à-dire qu’elles produisent un courant électrique en se déformant donnant ainsi à l’araignée les moyens d’évaluer la tension dans les pattes. Ces fentes peuvent aussi être groupées, on les appelle alors des organes lyriformes. Grâce à eux , l’araignée peut percevoir des fréquences de 0 ,01 à 1000 Hz ( elle perçoit donc des infrasons, dont la fréquence est inaudible pour l’ Homme – inférieure à 20Hz)

La toile et l’analyse de chaque perturbation de celle-ci par l’araignée donne lieu à de nombreuses attitudes propres à cet animal, notamment pour repérer la présence d’une proie, mais aussi lors de la reproduction. En effet, pour prévenir la femelle de sa présence, l’araignée entame une «danse de séduction» correspondant à un concert de vibration caractéristique, et dangereux : au moindre faux pas, la femelle risque de confondre le mâle


avec une proie. On observe en outre que lorsque l’on place un mâle dans différentes toiles de femelles, présentes ou non , ce dernier entame tout de même son concert de vibrations : On peut donc supposer que ce comportement est provoqué par des informations chimiques. Par comparaison avec le langage humain, on pourrait dire que chaque oscillation élémentaire représente une syllabe. L’ordre des « syllabes » et leur rythme forme une séquence stéréotypée de quelques secondes, véritable mot de passe caractéristique. Une « phrase » que le mâle répète à l’identique, jusqu’à ce que la femelle accepte ou rejette l’hôte.
En effet, il n’y a pas d’organe spécialisé pour produire un son chez l’araignée ; mais celle-ci utilisant tout son corps produit une grande richesse acoustique (contrairement aux insectes comme les grillons, chez qui la stridulation donne un seul type de son).
Ainsi, l’étude de l’activité sonore des araignées ouvre de nombreuses perspectives intéressantes : par exemple, certaines espèces peuvent être en tout point semblables, mais différer par leur danse de séduction. Ainsi, le chercheur au CNRS Raymond Leborgne, en comparant les comportements vibratoires de trois espèces d’araignée Amaurobius, a pu les classer selon leur proximité phylogénétique, les espèces étant d’autant plus voisines qu’elles utilisent des sons proches.