La présence d'orchidées sauvages ne doit que peu au hasard, elle dépend de plusieurs facteurs comme la période de l'année, la composition du sol, sa richesse, son degré d'humidité. L'altitude, l'ensoleillement, la latitude sont aussi à prendre en compte.

Pour trouver des orchidées fleuries, il faut en premier lieu choisir la saison d'observation, avril à juin sont les mois les plus favorables ; à noter que selon la latitude et l'altitude, la période de floraison peut être différente. Ensuite il convient d'étudier la nature du terrain, s'il est calcaire, découvert et situé plutôt au sud, alors la probabilité de trouver des orchidées est particulièrement élevée! En effet la plupart des orchidées sont calcicoles et héliophiles. Dans une prairie humide de montagne, la chance de découvrir un certain nombre d'espèces est assez forte notamment des Dactylorhiza.

Les bords de route sont aussi un excellent champ d'observation. Les bas-côtés sont souvent bien entretenus et parfois enrichis en calcaire en raison des pierres amenées lors de la construction de la route. On peut apercevoir, sans difficulté, en se promenant le long des routes, un nombre considérable d'espèces des genres Orchis, Ophrys, Cephalanthera, Serapias, etc..

Si les forêts sont pauvres en orchidées, les lisières des bois offrent de bien meilleures occasions en particulier pour des Epipactis ou Platanthera. D'une manière générale, pour trouver des orchidées, il faut explorer les endroits peu piétinés, de préférence en amont des champs cultivés, là où la concentration d'engrais est minimale.


Prairie littorale de Corse avec
Anacamptis morio et papilionacea (26)


Influence de quelques paramètres généraux sur la population d'orchidées.


Le climat et la latitude

La France comporte des régions climatiques variées déterminées par la latitude, la proximité de l'océan ou la présence de reliefs (cf. carte climatique). En général, la densité des orchidées augmente vers le sud, les facteurs tels que température et ensoleillement sont probablement responsables de ce gradient. La plus grande densité est située sur le pourtour de la Méditerranée avec beaucoup d'Ophrys tels qu'O. arachnitiformis, O. aurelia, O. bombyliflora, O. catalaunica, O. ciliata, O. drumana, O. incubacea, O. magniflora, O. provincialis, O. tenthredinifera ainsi qu'Orchis olbiensis et Himantoglossum robertianum qui toutefois remonte jusqu'aux portes de Lyon. Enfin Anacamptis champagneuxii et papilionacea et Serapias neglecta et olbia sont aussi à inclure dans les espèces méditerranéennes.

L'océan Atlantique exerce une influence considérable sur le climat français et aussi, par conséquent, sur la présence d'orchidées. Si Epipactis phyllanthes et Ophrys santonica et vasconica sont considérées comme des espèces typiques du climat océanique chaud. On retrouve un grand nombre d'espèces relativement thermophiles acclimatées à la fois aux façades atlantiques et méditerranéennes. C'est le cas pour les espèces suivantes: Anacamptis coriophora subsp. fragrans, Anacamptis laxiflora, Dactylorhiza elata, Limodorum trabutianum, Neotinea maculata, Ophrys passionis, Serapias cordigera, parviflora et lingua.

Au contraire, certaines espèces n'atteignent pas la façade atlantique et restent assujettie à un climat continental plus marqué. On retrouve parmi celles-ci nombre d'espèces montagnardes aussi habituées aux hivers rigoureux : Cephalanthera damasonium, longifolia et rubra, Dactylorhiza majalis, ochroleuca, Epipactis atrorubens, leptochila microphylla, muelleri et placentina, Orchis anthropophora, militaris et purpurea, Gymnadenia odoratissima, Ophrys fuciflora et Traunsteinera globosa.

Bien que beaucoup moins riche, le Nord n'est pas dépourvu d'orchidées, il faut y rechercher les deux sous-espèces de Dactylorhiza maculata : elodes et ericetorum, ainsi que Dactylorhiza praetermissa et sphagnicola et, dans les dunes littorales Epipactis neerlandica.


Climats de France



Pseudorchis albida en montagne (04)



Prairie calcaire du Vercors avec
Orchis mascula

L'ensoleillement et la lumière.

Une bonne majorité d'orchidées préfère un bon éclairement, aussi les trouve-t-on préférentiellement dans les sites découverts. Ces orchidées, dites héliophiles, sont principalement des Ophrys, Gymnadenia et des Anacamptis, ainsi qu'une partie des Dactylorhiza. Himantoglossum robertianum, Chamorchis alpina, Traunsteinera globosa sont aussi avides de lumière.

A l'inverse certains Epipactis, en particulier E. purpurata, ainsi que Corallorhiza trifida, Listera cordata, Epipogium aphylum, Goodyera repens et Neottia nidus-avis ont une nette préférence pour les territoires situés à l'ombre. On trouvera Epipactis helleborine ou distans ou bien encore Orchis olbiensis, provincialis ou spitzelii dans des bois plus clairsemés. C'est ainsi que les milieux non entretenus, où poussent les broussailles puis les arbustes voient leur population d'orchidées globalement diminuer. La fauche régulière permet de maintenir les populations d'orchidées héliophiles. C'est un moyen simple et efficace de protection.



L'altitude

L'altitude entraîne bien entendu une diminution de la température moyenne ainsi qu'une augmentation de la pluviosité. Toutefois les reliefs peuvent affecter le régime des vents et créer des conditions particulières d'abri ou bien des conditions humides ou sèches selon leur disposition par rapport à la mer (cf. la carte des reliefs français).

Beaucoup d'orchidées sont tolérantes à l'altitude et certaines ont une nette préférence pour les terrains de montagne : Cypripedium calceolus, Goodyera repens, Epipactis distans, Listera cordata, Orchis pallens, Orchis spitzelii et Traunsteinera globosa. Nombre de Dactylorhiza sont montagnardes telles D. alpestris, angustata, cruenta, ochroleuca, parvimajalis, sambucina, savogiensis et viridis.

Les champions de l'altitude sont sans aucun doute les nigritelles et Chamorchis alpina que l'on peut trouver à l'étage alpin.

Enfin quelques espèces ne supportent pas l'altitude, c'est le cas notamment d'Anacamptis palustris, Liparis loeselii, Spiranthes aestivalis et spiralis.


Carte des reliefs français



Terrain calcaire en étages
de St Georges de Luzençon (12)

Le terrain.

La plupart des orchidées sont présentes sur des substrats assez pauvres ou oligotrophes. Si le milieu s'enrichit (eutrophisation) par exemple, par adjonction d'engrais, les orchidées perdent leur avantage sélectif et ne tardent pas à être remplacées. Toutefois certaines espèces comme par exemple, quelques Epipactis et Listera ovata sont plus tolérantes. On peut les trouver jusque dans l'humus des sous-bois.

Les caractéristiques physico-chimiques du sol jouent un rôle très important. Une grande majorité d'orchidées préfèrent un sol calcaire ou alcalin. Un bon moyen d'évaluer la probabilité de la présence d'orchidées dans le lieu de prospection est de consulter la carte géologique de la région : si le terrain est calcaire, la chasse sera bien meilleure! Cependant certaines orchidées tolèrent des sols plus acides et même certaines d'entre elles, peu nombreuses, ont une nette préférence pour l'acidité et pousseront donc sur un sol cristallin ou siliceux. C'est le cas de Dactylorhiza maculata subsp. elodes, D. sphagnicola, Hammarbya paludosa, Listera cordata et certains Serapias en particulier S. neglecta.



Importance de l'eau.

Bien que les milieux arides soient pauvres en orchidées, on trouve un assez grand nombre d'espèces dans les milieux secs. Il est notable que les années à faible pluviosité ne sont pas favorables pour l'observation. La plupart des Ophrys et des Orchis ainsi que Spiranthes spiralis et Himantoglossum hircinum affectionnent particulièrement les lieux secs.

A l'inverse, certaines orchidées sont à rechercher exclusivement dans les endroits à forte humidité, c'est notamment le cas des Dactylorhiza, Anacamptis palustris et laxiflora ainsi que de Spiranthes aestivalis. Les tourbières qui présentent une humidité extrême sont aussi des milieux particuliers. Les tourbières alcalines qui présente une eau calcaire, peuvent abriter le discret Liparis loeselii ou certaines Dactylorhiza telles que D. alpestris. Les tourbières acides détrempées hébergent quelques Dactylorhiza telles que D. sudetica ou D. sphagnicola ainsi que la très rare Hammarbya paludosa qui est probablement la championne de l'humidité.

D'une manière générale, les orchidées hygrophiles déjà peu nombreuses, sont particulièrement menacées du fait de l'assèchement des zones humides telles que marais et tourbières.


Anacamptis palustris au bord de l'eau (38)

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