

(samedi 20 Août 2005 à Pratteln)
Cette résurrection exceptionnelle d'Accept est une aubaine sans précédent
que je ne pouvais rater sous aucun prétexte. Certes le groupe participait
il y 2 mois aux Gods of Metal à
Bologne, mais il fallait absolument que je retrouve une date en tête
d'affiche car en Italie le public n'était pas vraiment féru du
Metal acéré des teutons et en outre leur set n'a pas dépassé
une petite heure. On a aussi souvent l'occasion de voir UDO reprendre le répertoire
d'Accept dans ses grandes largeurs, mais franchement... c'est pas comparable.
Rien ne vaut l'original!
Je ne suis pas le seul à avoir ce raisonnement puisque le Z-7 est bondé
comme jamais pour ce qui est peut-être le tout dernier passage de l'histoire
d'Accept en terre helvétique.
La première partie est assurée par EXCELSIS,
groupe du coin qui pratique un metal mélodique assez folk basé
sur les mythes et légendes suisses, dans un registre parfois proche de
Blind Guardian ou Grave Digger à d'autres moments. Les quelques passages
folks sont sympas mais on sent qu'ils manquent d'expérience et présence
scénique, et surtout la voix rauque extrêmement monotone du chanteur
et les parties speed mélodique me saoulent rapidement. En fait je vais
juste tenir quelques morceaux le temps de les voir sortir pipeau et corne de
brume :) Hey au moins ils ont le mérite d'en jouer pour de vrai (et ça
ne sonne pas super dans ce contexte...), ils ne font pas de playback contrairement
à un certain groupe italien bien connu ;)
Le Z-7 reste assez rempli pour soutenir ses rejetons locaux, mais perso j'accroche
pas plus que ça et je m'en vais faire un tour dehors...
Retour aux avant-postes pour ACCEPT,
il commence à faire une putain de chaleur là-dedans :) Dès
les premiers instants du show, ce qu'il y a d'extra avec cette "reformation"
c'est ce sentiment de voir un groupe en vacances qui revient sur les planches
uniquement pour le fun, et non pas pour tenter de récupérer vainement
sa gloire d'antan. Cela se lit sur tous les visages, voire même chez Udo
Dirkschneider parfois, pourtant vraiment pas habitué aux manifestations
de joie ;)
Que dire de plus que ce que j'ai déjà raconté pour leur
prestation aux Gods of Metal? Eh bien cette fois, sans être survolté,
le public est fin connaisseur et donne de la voix sur les refrains, et cela
fait déjà une petite différence pas négligeable
d'autant que le show est évidemment rehaussé de leurs propres
lights, il y en a partout :)
Le quintette est toujours aussi affûté sur cette avant-dernière
date de la tournée, n'ayant pratiquement rien perdu de sa superbe et
pouvant rivaliser avec l'enregistrement du cultissime double live Stayin'
a Life. Ouaip, Accept est toujours cette machine bien huilée à
décocher du riff irrésistible!
Stefan Schwarzmann qui remplace Stefan Kaufmann à la batterie parait
faire partie du groupe depuis toujours, il faut dire qu'il leur avait déjà
filé un coup de main lors de la première reformation des années
90, pour la tournée Death Row précisément. Hermann
Frank (ex-Victory) qui remplace Jörg Fischer est lui aussi un habitué
de la maison, ayant déjà fait partie de l'aventure à l'époque
de Balls to the Wall. Sans surprise le vieux briscard jovial est le complément
parfait de Hoffmann et très franchement, à moins d'être
un puriste acharné personne ne regrettera l'absence de Fischer. Pas moi
en tout cas ;)
Peter Baltes a toujours cette sympathique bouille nonchalante et se fend d'un
solo plus long que celui qu'on a l'habitude d'entendre avant "Head Over
Heels". Quant à Udo, il faut reconnaître qu'il ne se démène
plus comme les autres et qu'il a un peu vieilli, du moins physiquement, c'est
pas un scoop, mais sa voix au rasoir reste quasi-intacte et c'est bien ce qui
compte.
Non en fait ce qui compte c'est surtout l'attraction n°1 d'Accept, eh oui,
encore et toujours Wolf Hoffmann. Y'a rien à faire, sans vouloir manquer
de respect aux autres musiciens, il éclabousse tellement de sa classe
ce groupe qu'on a tendance à avoir les yeux rivés sur lui :) J'ai
rarement vu un guitariste cumuler autant de personnalité, de charisme,
de présence scénique, de précision et pureté de
jeu à la fois, c'est simple pour moi il réunit tout ce qui fait
une légende de la guitare, et il y ajoute même une sympathie naturelle
rare. Ouaip, maintenant après ce concert je n'hésite même
plus à le hisser au même rang que les Tony Iommi, Blackmore, Schenker,
Van Halen et consorts. Sans problème. Et le voir à 3 mètres
de soi aligner tous ces magnifiques soli les uns après les autres sans
forcer, avec classe et toucher divin, est un instant privilégié
dont il faut profiter.
Si globalement tout est calé sur le Stayin' a Life, quelques parties
sont modifiées comme toute la partie solo culte de "Metal Heart"
qui est désormais un mix entre la version live d'origine et celle de
la précédente tournée de reformation en 1998. Le solo central
de "Fast as a Shark" est rallongé, Wolf plante également
un solo bluesy au début de "Neon Knights", et celui de "Living
for Tonight" est modifié par Hermann Frank.
Mais l'ajout de taille est ce medley instrumental pour mettre en lumière
Hoffmann puisque toutes les différentes parties du medley sont tirées
de son album solo (Classical Variations), une adaptation rock 'n roll
et bluesy de grands thèmes de la musique classique. Autant chez d'autres
ce genre d'exercice peut vite devenir barbant et prétentieux, autant
avec Wolf c'est encore une fois la classe, la guitare avec un grand G, aucune
démonstration, seulement du talent, du feeling et la passion du jeu.
Du grand art tout simplement!
Pour le reste on a l'impression de revivre le Stayin' a Life tellement
c'est carré et ça découpe au poil près, avec quelques
modifs dans la setlist comme l'ajout de "TV War" et le festif "Monsterman"
issus de Russian Roulette, ainsi que "Turn Me On" auquel je
ne m'attendais pas, alors que "Dogs on Leads" est judicieusement laissée
au placard. De très bons choix, même si j'aurais aussi aimé
entendre des "Winter Dreams", "Screaming for a Love Bite"
ou encore "Midnight Mover" :) Mais bon, leur discographie contient
tellement de classiques... 'tain ça ne devrait jamais s'arrêter
ce concert!
Au passage, malgré toute la rigueur indéfectible de l'école
allemande on a droit à un moment Spinal Tap lorsqu'ils confondent "Love
Child" et "Flash Rockin' Man"... 2 fois! :)) La première
fois, Udo annonce "Flash Rockin' Man" mais le groupe joue le tubesque
"Love Child" à la place, et la seconde fois vers la fin du
set, Udo se met à hurler Flaaaaaash Rockiiiin Maaaaaaan et les voilà
qui recommencent à jouer "Love Child", avec Udo qui met du
temps à capter et chante les paroles de "Flash Rockin' Man"
:))) Au bout de quelques mesures ils finissent par se rendre compte de ce gros
bordel et Peter Baltes finit par arrêter tout ça. Bonne rigolade
pour le coup, et zou ils reprennent à zéro pour que ce soit enfin
un "Flash Rockin' Man" propre et sans bavures :-)
Après un "Fast as a Shark" dévastateur en guise de conclusion,
le rappel reprend avec l'électrisante "Princess of the Dawn",
l'appel ultime à l'air-guitar alias "Burning", et bien sûr
le classique des classiques "Balls to the Wall", clôturant une
belle soirée par une ovation helvétique. Car chacun est conscient
qu'il s'agit peut-être de la toute dernière fois que nous avons
l'occasion de voir ces gentlemen en salle. Raison de plus pour savourer ce grand
moment de rock 'n roll!
5/5
Setlist :
Intro
Starlight
Living For Tonight
London Leatherboys
Metal Heart
Love Child
Breaker
Solo basse Peter Baltes / Head Over Heels
Solo guitare Wolf Hoffmann / Neon Nights
Medley instrumental : Bolero / Sabre Dance / Hall Of The Mountain King / Pomp
& Circumstance
Restless And Wild / Son Of A Bitch
Turn Me On
Up To The Limit
TV War
Monsterman
Love Child / Flash Rockin' Man
Fast As A Shark
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Princess Of The Dawn
Burning
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Balls To The Wall
=> Des photos du concert? En voilà.
=> Le tour-report de Wolf Hoffmann, ainsi que ses propres photos (il est photographe d'ailleurs).
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