

(Jeudi 19 Janvier à Lyon - Halle Tony Garnier)
Environ 9 000 personnes se pressent ce soir à la Halle Tony Garnier pour voir une des plus grandes légendes de l'histoire du rock 'n roll, sous leur line-up n°72 ou dans ces eaux-là, je vous épargne les détails. Bon ok, seulement n°8. Toujours est-il qu'après bientôt 40 ans de carrière DEEP PURPLE ont encore la foi pour écumer les scènes du monde entier, attirant un public de 7 à 77 ans :)
Dire que je n'avais toujours pas assisté à un concert des anglais malgré un passage dans la région (à Grenoble) il y a quelques années, il fallait bien que ce manque soit comblé un jour! Et comme une bonne chose n'arrive jamais seule, c'est également ma première dans cette grande salle qui va vite se révéler comme une excellente expérience.
Pourtant sincèrement au départ j'étais loin d'être chaud pour venir : un prix d'entrée exorbitant (merci Gérard Drouot Productions...), l'absence du maestro des claviers Jon Lord parti il y a 3 ans et évidemment de Blackmore absent depuis belle lurette, bref la crainte d'être déçu, de voir un groupe sur le déclin, etc etc. Mais j'ai bien fait de changer d'avis car il n'en sera rien!
Mais avant d'en venir au gros morceau c'est d'abord le tour de la première partie que j'avais déjà eu l'occasion de voir dans de toutes autres conditions. En effet la dernière fois que je voyais SED LEX sur des planches c'était à la fête de la musique de Valence devant une dizaine de personnes, et maintenant les voilà en face de 10 000 :-) Ce qui bien entendu comble de plaisir le groupe valentinois, déjà chauffeur de salle pour Purple lors de la tournée précédente (et repris cette année à la demande de Roger Glover!), ainsi que pour Kansas à Paris plus récemment.
Les p'tits drômois ne se dégonflent pas devant le parterre fourni et assurent un set bien sympatoche, toujours aussi influencé par la tête d'affiche et toute la scène hard progressive des années 70, sans oublier les premiers Def Leppard et des choses plus burnées de cet ordre. Le line-up a semble-t-il évolué ces derniers temps, passant en formation uniguitariste puisque un des guitaristes-chanteurs ne s'occupe plus que du chant ce soir, de sa voix énergique un tantinet rauque et même rock. Il se débrouille pas trop mal mais c'est probablement le musicien le plus "faible" du lot à mon avis car ça se défend vraiment bien à tous les instruments, d'autant que Sed Lex font preuve d'une bonne cohésion d'ensemble. Sans enflammer la salle les valentinois parviennent quand même à la bouger voire récolter un certain succès d'estime, et même si ce n'est pas encore ultime on peut saluer tout le chemin parcouru! 30 petites minutes prometteuses et puis s'en va. 3,5/5
Setlist :
Sweet Devil
Cathodic Lies
In the Name of Order
Streets of Fire
Carrousel
Le grand moment arrive enfin, la scène ornée du back drop de Rapture of the Deep, dernier album en date. Les écrans géants sur chaque côté de la scène s'allument et nous diffusent une vidéo un peu cocasse d'un roadie qui amène et ouvre une grande caisse de rangement dans un couloir, duquel s'extirpent les 5 musiciens un à un... juste avant qu'ils n'investissent la scène de la Halle Tony Garnier :-) C'est parti avec quelques roulements de Ian Paice lançant sur orbite un "Pictures of Home" de bon aloi, le temps de constater d'entrée que le son est excellent! Tout simplement un des meilleurs sons que j'ai jamais entendu en concert : clair, limpide, puissant mais pas trop fort, équilibré, un pur délice!
Il restera parfait pendant pas loin de 2 heures pour donner une tournure jouissive à chaque titre, qu'il s'agisse des vieux classiques ou des morceaux plus récents beaucoup moins connus du (grand) public. Si bien qu'il n'y aura pour ma part rien à jeter de tout le concert, servi également par de magnifiques jeux de lumière de bout en bout.
Plus important encore, sur scène ça transpire à chaque instant le fun, la complicité, la joie de vivre et d'envoyer du bon rock 'n roll dans nos esgourdes, ça change des tensions plus que perceptibles lorsque Blackmore était encore au bercail ;-) Et c'est sacrément communicatif.
Car s'il ne s'agit que de la deuxième date de la tournée l'expertise et le professionnalisme de longue date des anglais n'a aucune peine à se mettre en route sans jamais se faire au détriment de la spontanéité. Pour cela on peut compter sur l'inusable Ian Paice (ça c'est du putain de batteur), ainsi que Roger Glover le papy bonne bouille bien conservé qui harangue les premiers rangs peinard tandis que Steve Morse s'applique sur ses riffs et licks de l'autre côté, avec derrière lui un Don Airey jouasse et étonnement très présent. Devoir remplacer une légende vivante telle que Jon Lord ne semble pas l'importuner un chouïa et le moins qu'on puisse dire c'est qu'il impressionne! A ce sujet, moi qui d'ordinaire ne porte pas trop en affection les soli de clavier en live, le sien m'aura bluffé par sa virtuosité et surtout sa classe communicative. L'enchaînement avec le magique "Perfect Strangers" procure alors un frisson dont je me souviendrai longtemps!
Quant à Ian Gillan, pieds nus, il déconne souvent avec Morse ou Glover et a toujours le contact facile avec le public, du moins lorsqu'il ne débite pas un anglais ultra-rapide difficilement compréhensible entre les titres ;-) Vocalement ce n'est plus le Gillan des années 70 ou même des eighties, alors les notes en altitude lui sont difficilement atteignables aujourd'hui à la cinquantaine largement passée, mais ne nous y trompons pas, le père Ian, pardon, Monsieur Gillan, est encore loin d'être au bout du rouleau. Cette chaleur de timbre est éternelle, bien employée sur les titres récents et notamment le subtil "Sometimes I Feel Like Screaming" qui vaut sans problème n'importe quel vieux classique du combo.
En parlant de vieux classique, Ian nous ressort l'harmonica sur "Lazy" pour son célèbre solo pas interprété parfaitement si on veut faire la fine bouche, mais cette version est quand même dantesque avec un tel son et grâce au niveau de cohésion et de complicité du line-up actuel. Au risque de me répéter, le Deep Purple 2006 c'est toujours la mega classe messieurs dames.
D'autres temps forts? Bigre, il n'y a que ça, comme Steve Morse faisant pleurer sa 6 cordes sur ce "Contact Lost" (extrait de Bananas) aux airs de Gary Moore, suivi d'un superbe solo de son cru et terminant le travail avec le reste du groupe sur un "Well Dressed Guitar" spectaculaire emprunté à sa carrière solo. La claque, d'autant qu'il n'a aucun mal non plus à retranscrire les parties de son glorieux prédécesseur, les réarrangeant un peu parfois bien sûr.
Le groupe choisit aussi de s'appuyer longuement sur le nouvel album et de ne pas se satisfaire d'un set best-of, ce que j'applaudis avec les 2 mains et les 2 pieds car franchement les nouvelles chansons sont magnifiées à l'épreuve de la scène, je pense en particulier à "Rapture of the Deep" et ses mélodies orientales captivantes où Don Airey se mue en descendant naturel de Jon Lord, ou même le très sombre "Before Time Began" à la limite de l'hypnotisant avec des lights adéquats. Exquis.
Seule anicroche, Ian Gillan n'a visiblement pas encore mémorisé toutes les paroles des nouveaux titres car à quelques moments il va les vérifier sur un cahier posé à côté de la batterie, pas très sérieux tout ça ;-) Sa mémoire flanche sur un couplet de "Kiss Tomorrow Goodbye" et il improvise un "hallelujaaaah" à la place, Morse se marre et se fout de sa gueule, ce qu'il avait déjà fait lorsque Ian avait annoncé "Ted the Mechanic" alors qu'ils allaient jouer "Wrong Man" :-) Tous les registres sont abordés comme souvent pour Purple qui tape dans le funky avec "Junkyard Blues", donnant une occasion supplémentaire à Steve Morse et Don Airey de briller sur la partie solo.
Le quintette n'hésite pas non plus à proposer "Things Never Said" pourtant disponible uniquement sur l'édition japonaise du dernier album, une surprise qui en cache une autre lorsque vient le tour de l'antidiluvien "Living Wreck" (sur In Rock), pas interprété très souvent live.
Évidemment il n'y a pas de concert de Purple sans les inévitables "Highway Star", "Smoke on the Water", "Space Truckin'", et en rappel "Black Night" introduite par Glover et rallongée par Steve Morse décidément très en verve. Que dire qui n'a pas déjà été dit sur ces morceaux? Rien à part que ça botte toujours autant le cul et qu'ils reçoivent logiquement une ovation du public, ovation soutenue qui nous fera même croire à un second rappel. Mais ça ne sera pas le cas malheureusement, le retour de la vidéo pré-enregistrée où le groupe rentre dans sa boite scellant nos espoirs.
Alors même si le concert en soi ne fut pas "parfait" à 100%, même si j'aurais bien aimé entendre 36 autres morceaux supplémentaires, même si Ian Gillan n'a plus tout à fait 20 ans, je ne peux mettre que la note maximale car le plaisir procuré n'est jamais subordonné à quelconque perfection musicale, mais bien à l'ambiance et l' émotion. Et les vieux briscards savent la faire passer comme peu en sont capables, ce line-up complice et soudé n'a pas à rougir de la comparaison avec ceux passés avant et me donne la pleine satisfaction du pognon judicieusement dépensé malgré mon scepticisme initial. Leçon bien retenue ce soir : ne jamais sous-estimer les légendes. 5/5
Setlist :
Pictures of Home
Things I Never Said
Ted the Mechanic
Living Wreck
Rapture of the Deep
Wrong Man
Before Time Began
Contact Lost / Solo guitare Steve Morse
Well-Dressed Guitar
Lazy
Solo claviers Don Airey
Perfect Strangers
Junkyard Blues
Back to Back
Sometimes I Feel Like Screaming
Space Truckin'
Highway Star
Smoke on The Water
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Kiss Tomorrow Goodbye
Solo basse Roger Glover / Black Night (dont solo guitare)
A noter qu'ils ont joué "Speed King" à Paris à la place de "Sometimes I Feel Like Screaming"...
=> Des photos du concert : http://www.thehighwaystar.com/reviews/pix06/lyon060119/ + http://dzo26.skyblog.com/6.html
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