- ZAPPING 2005 -
Dans cette page sont passés en revue des EP, singles, best of, rééditions, DVDs, et aussi des albums dont le style s'éloigne un peu trop du thème général du site ;) Ou alors des albums que j'avais la flemme de rajouter en détail dans la page habituelle. C'est donc juste un avis plus ou moins rapide selon les cidis.
Toujours notés sur 10 et classés par ordre alphabétique histoire que ce soit un peu moins le bordel.
MAJ du 11 Décembre 2005 => Jennie Tebler / Quorthon

EDGUY - Superheroes (EP)
(Heavy mélodique / GER / Nuclear Blast)

Edguy, voilà un groupe qui m'avait enchanté par sa fraîcheur il y a quelques années de cela, qui aujourd'hui est en train de me perdre lentement mais sûrement. Après des récentes prestations scéniques correctes mais mitigées, deux derniers albums sympas mais qui sentent de plus en plus l'auto-pilotage, ce nouvel EP ne me rassure pas outre mesure. Loin s'en faut même.
"Superheroes" est du pop metal radiophonique où tout l'intérêt est concentré dans le refrain tandis que les guitares sont inexistantes ou presque, le refrain en question est indéniablement accrocheur à la première écoute mais ce genre de choses sucrées à outrance ne me passionnent guère sur la longueur. Pour tout dire, je préfère la version ballade au piano de ce morceau, située en fin de disque...
"Spooks in the Attics" est là encore du happy tralala metal aux claviers kitschs sortis tout droit des années 80, rien de bien spécial. Et si j'apprécie globalement le hard US de cette époque révolue, je ne pense pas qu'Edguy puisse en être le représentant du 21ème siècle. "Blessing in Disguise" est une ballade plus supportable que ce à quoi Tobias Sammet nous a habitué, mais j'ai quand même bien du mal à m'enthousiasmer d'autant que le refrain "bombastic" sonne déplacé ou forcé pour ce genre de morceau. C'est bien le problème d'Edguy à mon avis, ce besoin permanent de tout miser sur leur très prévisible facette bombastic et de négliger le reste au point qu'on ne distingue plus que du chant. Si en plus je rajoute que pour moi Sammet est un bon chanteur mais pas davantage, est-ce un blasphème? ;) Sans déconner, cela serait bien que les autres musiciens aient droit plus de considération qu'un simple accompagnement de base...
"Judas at the Opera" commence comme du Helloween/GammaRay mille fois copié et on ne s'étonnera presque pas d'entendre Michael Kiske venir pousser la chansonnette avec Tobias, mais là encore le refrain ultra-happy-bombastic-tralala me saoule comme pas permis. Un peu de niaiserie ça passe, mais à ce niveau c'est vraiment trop, même pour le fan d'Helloween que je suis. Et surtout où est passée la substance en dehors de ces refrains? Si au moins Kiske brillait mais non même pas, il sonne comme n'importe quel chanteur ou presque désormais, franchement on dirait qu'il assure le strict minimum juste pour prendre son chèque. La partie centrale de type Queen-esque du morceau est plutôt sympa en revanche, bien que bombastic à fond les ballons évidemment, mais au moins on n'a pas le sentiment d'entendre exactement le même happy metal habituel.
En fin de compte le meilleur moment du EP est peut-être bien la reprise de "The Spirit" de ces bons vieux anglais de Magnum, garantissant moins de guimauve et plus de feeling. Sammet n'a pas la voix de Bob Catley mais cette cover fonctionne bien avec le son d'Edguy.

En dépit de ces critiques on ne peut pourtant pas accuser les allemands d'être des feignasses vu la régularité impressionnante de leurs sorties. Mais en ce qui me concerne leur évolution récente m'attire de moins en moins voire commence à me repousser, Edguy devient bien trop centré sur Tobias Sammet pour me faire accrocher indéfiniment à ce happy "pop metal" qui a perdu sa verve et sa fraîcheur d'antan. Ce EP qui existe aussi en version DVD (plus intéressante paraît-il) n'a pas non plus de grandes prétentions et il faut certes le prendre comme un simple bonus, malheureusement il a déjà un effet pervers : me désintéresser par avance du prochain album...


JENNIE TEBLER - Silverwing (single)
(Hommage à Quorthon / SWE / Black Mark)

Au cours des mois précédant la disparition de Quorthon l'an dernier, la tête pensante de Bathory travaillait sur un projet parallèle avec une amie à lui nommée Jennie Tebler, chanteuse de son état et déjà apparue sur un album de Lake of Tears par le passé. Les projets de ce genre n'ont pas été chose courante dans la vie du père du black metal et du viking metal, malheureusement le destin a voulu que cette association en vue d'un album complet n'aille pas jusqu'au au bout. Seul le morceau présent ici a pu être enregistré avant la mort de Quorthon.

"Silverwing" affiche des réminiscences du Bathory viking et mélodique, mais sans artifices et ici dominé par la belle voix cristalline de Jennie Tebler qui donne une couleur gothique à cette simple et sympathique chanson qui revêt aujourd'hui un poids historique particulier.
Mais paradoxalement le plus intéressant est à trouver dans quelque chose de déjà connu, c'est à dire l'autre morceau du single : une nouvelle version de "Song to All Up High" apparu originalement sur le cultissime Hammerheart de Bathory en 1990, et dont les pistes instrumentales ont été conservées telles quelles. Peu après le décès de Quorthon, Jennie Tebler décida de s'en réapproprier les lignes vocales dans cette version absolument divine, emplie d'une tristesse aussi belle que déchirante. L'acte est d'autant plus émotionnel quand on réalise que ce morceau écrit il y a tout de même plus de 15 ans par Quorthon se transforme aujourd'hui en hommage vibrant à lui-même, un des personnages les plus importants et attachants de l'histoire du Metal. R.I.P. Ace Börje Forsberg.

Northern wind take my song up high
To the Hall of glory in the sky
So its gates shall greet me open wide
When my time has come to die...


PRIMORDIAL - Gathering the Wilderness
(Pagan Metal épique / IRL / Metal Blade)

Hein, quoi, du Pagan Metal sur ce site?? Ben oui pourquoi pas, on est dans la section "divers" ;) Surtout qu'en y regardant de plus près, Primordial est un groupe qui se rapproche du Metal traditionnel par bien des aspects.
J'avais découvert ces irlandais à l'occasion de leur tournée en compagnie des excellents Ancient Rites, une prestation qui m'avait soufflée (en particulier leur frontman) et à cause de laquelle je m'étais promis de me pencher sur leurs albums, ce que je fis plus ou moins. Mais pas encore assez pour être honnête, en particulier les 2 premiers albums qui figurent encore sur ma liste d'achats.
Jusqu'à ce que les choses s'accélèrent récemment pour ce groupe déjà vieux de 10 ans, avec cette signature chez Metal Blade qui les fera sans doute passer au stade supérieur et qui inaugure la première formation du genre dans le roster du label germano-américain.

L'atmosphère mélancolique et guerrière de Primordial évoque depuis un certain temps de fortes réminiscences du Bathory époque Hammerheart et cela semble s'accentuer sur The Gathering Wilderness où se rejoignent tout autant le caractère glauque du Doom Metal que des ambiances désespérées aux relents de Black Metal atmosphérique, bien que le propos de Primordial soit plus accessible. Pour preuve se greffent en substance ces mélodies folk typiquement irlandaises traduisant les racines culturelles du groupe.
Le plus impressionnant dans tout cela est leur faculté à s'être créé un style à part entière, style qu'on étiquette à tort et sans vergogne de "Pagan Metal" en raison de leur concept ou de leurs paroles fortes de sens, encore que celles-ci ont surtout trait à l'évolution des civilisations et des croyances en Europe. Sauf que leur appartenance musicale est beaucoup trop hétéroclite pour être ainsi cataloguée, la musique originale et surtout authentique de Primordial est à la portée de plusieurs publics différents.
Et pour cause, Primordial ne recherchent jamais la vitesse ni les prouesses, l'atmosphère dramatique est leur unique raison d'être grâce en particulier à ce mur de guitares sales et puissantes appuyées par une rythmique martiale, parfois tribale. Sales et pourtant si belles ces guitares, qu'elles soient féroces ("The Golden Spiral") ou douces et cristallines ("Cities Carved in Stone"), maîtresses d'un univers résolument épique où laideur et grandeur se rejoignent, à l'image de Bathory en son temps. Or un tel talent pour développer des atmosphères personnelles et prenantes m'impressionnera toujours 100 fois plus que tous les exploits instrumentaux du monde.
Même lorsque Primordial accélèrent le tempo sur "End of All Times" ce n'est jamais un quelconque sentiment de brutalité qui prédomine mais seulement ce feeling mélancolique et dramatique exprimé par la voix unique et dépourvue d'effets d'Adrian Nemtheanga, qui en soi n'a rien d'un chanteur, et qui pourtant est une source d'émotions pures par son caractère rageur, plaintif, tourmenté voire troublant. Qu'il chante en voix claire, éraillée ou dans un registre (plus rare) black metal, cela n'a finalement pas d'importance, il sait éviter toute monotonie et son talent se fond de manière presque irréelle dans des "Tragedy's Birth" et "Gathering Wilderness" d'anthologie. Mieux que chanter ses textes, il les vit.
D'une manière générale on sent en permanence et de la première à la dernière seconde un groupe investi à 200% dans les paroles et sentiments mis en valeur, ce qui leur confère bien évidemment une dimension supplémentaire par rapport à tous les groupes formatés dans un moule générique.

Même en matière de production l'objectif de cet album est atteint avec justesse, volontairement sous-produit (sans exagérations), sans capteurs, sans mastering abusif, pour un résultat non pas propre mais purement organique et compact où les mélodies respirent et les atmosphères émergent. On ne pourrait imaginer meilleur son pour accompagner leur sombre périple, s'il fallait faire une comparaison il me rappelle un peu celui des anciens albums de DoomSword, dépouillé et pourtant très expressif.
Le seul reproche que l'on pourrait formuler (en cherchant bien) est une presque trop grande homogénéité, défaut qui n'en est pas un car on comprend aisément la démarche de Primordial consistant à rester à l'écart de tout ce qui se fait à l'heure actuelle.
Tant et si bien qu'au bout d'une vingtaine d'écoutes mon envie de réécouter l'album demeure toujours la même, et je pense ne prendre aucun risque en disant que The Gathering Wilderness s'inscrit sans coup férir comme une œuvre majeure de la décennie, indispensable à tout amateur de Metal épique oppressant et authentique.

PS : L'édition limitée digipack contient également un DVD, dans la grande tradition des sorties Metal Blade :) Et dans ma grande tradition, je les regarde bien après les avoir acheté...


SUSPERIA - Devil May Care (EP)
(Thrash moderne mélodique / NOR / Tabu Recordings)

Voici un petit apéritif de Susperia après le succès de leur excellent 3ème album Unlimited. En soi pas grand chose de neuf au programme des thrasheurs, on retrouve "Devil May Care", 3 reprises et seulement un nouveau titre : "Venting the Anger". Un chouette morceau où quelques touches de death metal viennent se poser sur leur thrash rouleau-compresseur et néanmoins mélodique, avec également encore davantage de chant clair, Athera ayant la bonne idée et le talent pour diversifier le propos.
Le groupe n'oublie pas ses premières amours sur la reprise de "Lack of Comprenhension" (Death) où toute la maîtrise technique des norvégiens est mise à contribution. Beaucoup plus simple dans un tout autre registre, la cover du tube "Wild Child" de WASP, Suspérisée elle aussi, quoique un peu ramollie. Encore plus étonnant pour finir, l'adaptation de "The Sun Always Shines On TV" de A-ha, vieux tube des années 80 passée à la moulinette thrashy! Et ça le fait :) C'est dire l'éventail d'influences et de goûts musicaux au sein du groupe, d'autant qu'ils parviennent à bien s'en sortir dans divers domaines.

Le cd est complété par les clips de "Chemistry" et "Devil May Care" extraits de Unlimited, c'est pas trop mal mais on retiendra surtout le nouveau morceau qui annonce du costaud pour la suite. Pas que j'en doutais!


U.D.O - 24/7 (EP/single)
(Heavy Metal / GER / AFM)

On va faire court : hormis pour les collectionneurs d'U.D.O, ce EP ne sert pas à grand chose :) A côté de "24/7", excellent morceau Acceptien au demeurant mais également présent sur le nouvel album Mission X, nous avons droit à une version single de "Mean Streets" pas bien différente et (encore) moins intéressante que la version album, suivie de 2 inédits très moyens, "Number for a Number" et "Scream Killers" qui ne font pas avancer le schmilblick. Dernier morceau, "Hardcore Lover" est en fait le bonus track de la version digibook du précédent album Thunderball, la plupart des fans connaissent donc déjà ce titre un peu plus accrocheur que les 2 inédits précédents.
Bref ce vrai-faux single est uniquement destiné aux collectionneurs de bonus, autrement on préfèrera se contenter du dernier album en date des teutons.


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