OCTOBRE 1985
ROCK : et maintenant Paul Collins beat !
(Midi Libre)
Avoir sa seule dégaine, on comprend vite que Paul Collins ne fait pas dans la dentelle. Encore que, ce chapeau de paille, son foulard... Apparences trompeuses. Pour les plus puristes d'entre les puristes, c'est lui qui fonda tes NERVES en 75, les légendaires Nerves, avec ses complices Jack Lee et Peter Case. L'heure est alors au pop mâtiné de punk ou le contraire, bref, toute une école américaine pour le moins nerveuse qui compte aussi dans ses rangs les Knack et autres Motels (toujours là). Pour se faire la main, les Nerves ouvrent les concerts des RAMONES et de MINK DEVILLE et attendent le grand soir. Sous ce label, il ne viendra pas. Paul Collins, après la disparition du groupe en, 78; devra se consoler " et quelle consolation ! " avec The Beat dont le premier album est produit par Bruce Botnick, ex-producteur des fabuleux DOORS. Une référence. En 84, The Beat sort un album tout simplement intitulé... To beat or not to beat. et qui grimpe haut dans les charts. Ce samedi, à Livinhac, il s'agira de la dernière date française d'une grande tournée : européenne qui s'achève en Espagne. Concert à partir de 22 h à la salle des fête de Livinhac
Rock dans le Bassin Asthéniques s'abstenir !
(Centre Presse)
Nous sommes en 1874 et, dans la «city». le psychédélisme moribond finit par sa laisser « bouffer » par le disco. Sur les murs. les derniers graffitis pacifistes sont recouverts des revendications des «gays" américains. Dans cet été chaud et sec de 1984, Jack Lee. Peter Case et Paul Collins forment «The NERVES», tentant de communiquer à une Californie asthénique leur Influx rock'n rollien Ce samedi soir, à Livinhac-le-Haut. Paul Collins et son « Béat » débarquent. Pour une soirée «rock again in the Bassin». et cette fois. en cet endroit, vraiment pas question d'asthénie ou de neurasthénie... Originaire de New York. Paul Collins a débuté dans le circuit des clubs américains en compagnie des « Nerves » et sur les traces des Blondie, FLAMIN'GROOVIES, une influence que Paul n'oubliera pas de sitôt. Au début des années «80», le «Beat» ouvre pour les «JAM» lors de leur tour américain, puis débarque au « Rose bonbon » à Paris, en mars 1982. Sensibles à l'accueil qui leur réservé. Paul Collins et ses musiciens décident de mettre sur pied une tournée française pour cet automne 1985. Entre temps, sortira le maxi-album de Paul: «To Beat or not to Beat ». Un quatuor passablement givré pour les standards de l'époque...
(La Dépèche du Midi)
Et tout ce petit monde se retrouva aux alentours de 3 heures, autour de cinq bouteilles de blanquette de limoux, vingt-cinq gobelets en plastique et un bout de nappe blanche' pour rappeler que dans ce même lieu se tiendrait, le dimanche (soit le jour-même), le repas des anciens du village. Etrange et surprenant paradoxe Livinhac-le-Haut vit et vivra encore longtemps au rythme des pulsions de ses habitants, et c'est tant mieux. Même si le dimanche 8 décembre... mais là n'est pas la question. Ce nouveau rendez-vous ne se décalera, en fait, que de quelques semaines l... Souhaitons-le !
Paul Collins et son beat. précédés des « Surrenders », venaient d'en terminer avec leurs sets respectifs. Deux petites heures et puis s'en vont. On nous a souvent qualifiés de pop band à l'époque des "Plimsouls", avoue Paul Collins. mais vous avez pu vous en rendre compte ce soir. Nous puisons notre énergie aux mêmes sources que les petits punks de Los Angeles, comme « X » ou « BLACK FLAG ». Tiens donc ! Paul Collins n'aurait-il jamais trempé, dans ta marmelade des histoires; de nanas ? C'est vrai! "Rock and' roll girl » a été écrit pour Isabelle. une Française qui étudiait à Ucla. Je ne l'avais jamais revue jusqu'à un certain concert du " Bataclan » lors de notre première tournée française. Et attends toi bien. cette minette était juste en face de la scène ! Paul Collins tel quel! Une fin de soirée et de papier en ce samedi soir. à Livinhac. Bonsoir !
Quelques garçons dans le vent qui accueillent ce soir PAUL COLLIN'S BEAT ".Ouah !"
(Midi libre-26/10/1985)
S'il était une spécialité entre toutes que l'on doit rattacher au seul nom de livinhac, c'est bien celle du rock. Comme Naucelle a son Tripou et Laguiole son Aligot. Hors des super circuits du show biz, point de salut, dit-on. Faux. Il a suffit d'une passion commune et d'un déclic au bon moment pour que la bourgade des bords du lot se taille la part du lion. A coup sur, le point le plus sensible du genre en Aveyron. Un temple de rock, inespéré et tonique. Sur scène: quelques garçons dans le vent qui précisément ont choisi le le bon cap. Ceux de la maison des jeunes en l'occurrence qui attaque l'hiver sur les riffs ravageurs du Paul Collins'Beat. Et parmi eux, Fredo, le leader de cette rock-family, "l'ancien", pas encore décidé à raccrocher. Alors, on remet çà?
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Ce lundi soir, vous les avez tous là comme réunis autour d'une sainte table dans ce qui est leur maison. Une équipe vient d'afficher, on échange les derniers mises au point, tout est prêt à quelques jours du premier concert de l'année. L'ami Fredo s'en roule une et se confie un peu plus, presque timide. Difficile de deviner qu'ils sont tous autour de lui, déjà, de vieux baroudeurs. Je les espérais fébriles voire anxieux, rien de tout cela. Le concert du 26, une simple formalité au niveau de l'organisation. On comprend mieux en détaillant les affiches précieusement conservées au mur. L'organisation de concerts de rock à Livinhac a franchement redémarré il y a quatre ans. Dans le droit fil cependant de tout ce qu'a connu Fredo, une bonne quinzaine d'années auparavant. Et oui, en 68 "il y était" .
Des groupes locaux, puis des choses plus conséquentes en compagnie notamment de son copain Marco Garcia. Lui s'est tourné vers les post soixante-huitards, un coté plus "baba" rien à dire. les différences entretiennent l'éclectisme, chacun son créneau et pour le bien finalement de tous les publics. Cela dit, tout baigne entre les deux familles. Mieux, en bonne intelligence chacun communique à l'autre ses dates. Alors.... ILS VIENNENT A NOUS Quatre ou cinq concerts par an: une bonne moyenne.
Ils ont commencé fort les livinhacois. Passée la première vague dingue punk, ils se sont retrouvés canalisés par ce formidable retour au rock et ses quelques réminiscences sixties (cf années 63-65). En vrac: DOGS (bien plus saignants que les trop "nationaux " TELEPHONE"), STRYCHINE; STILLETOS, les CALAMITES (un groupe de filles qui avait reçu un certain écho), les BARRACUDAS (très caractéristiques) qui sont un peu devenus les "enfants chéris" de la maison des jeunes. Une date qui a marqué. "Avant on allait chercher les groupes, dit Fredo, maintenant ce sont eux qui viennent à nous, on a plus qu'a choisir". A faire pâlir les plus téméraires des organisateurs. Et il l'avouera plus loin, il ne se passe une semaine sans qu'il reçoive au moins trois ou quatre coups de fils. De plus, les groupes doivent se passer le mot et se dire, " LIVINHAC ? C'EST DU SOLIDE". La meilleure des pubs, le meillieur atout pour se forger une réputation. Le public suit forcément ."On le fait pour se faire plaisir mais on n'organisera pas des concertstoute notre vie". Pour l'heure, ils assurent. D'abord ce concert du 26 octobre. Aprés? " On attend de voir comment çà va se passer". Ah si, u rendez-vous à noter, celui de Noël : "On va faire deux groupes de toulouse dont les PATNERS, un truc gentil, pas cher, sympa".
Sans nul doute, la venue de PAUL COLLINS 'BEAT est un événement. Même si les affiches- ils le reconnaissent- ne sont pas à la hauteur, (le tourneuraurait pu prendre autre chose, un peu plus et c'était une affiche de bal, carrément !) Bon , le nom suffit. PAUL COLLINS fondateur des mythiques NERVES, groupe californien contemporain des MOTELS et KNACK, c'était en 1975, un creuset fortement pop, avant que ces mauvais sex pistols n'envahissent les ondes de la planète.
Un double événement pour la région puisque Livinhac sera la dernière date française d'une grande tournée européenne qui s'achèvera en Espagne. En première partie samedi: les quatre SURRENDERS, un quator toulousain comme leur nom ne l'indique pas . Avec deux anciens de GAMINES, précision utile à tous les maniaques-biographes rock.
Aux soirées de Livinhac vient " un bon public". "Un public bien" ajoute Fredo. Sans histoire. De Rodez, d'Aurillac, de cahors et même de Brive! C'est dire s'ils ont réussi à se faire connaître nos garçons.
Un festival ? "Ca ne nous tente pas et puis l'été il n'y a personne" Fredo affiche sans honte ces 32 ans. Les plus jeunes de son groupes, 16, 17 ans. Langage universel, capable -autrement que la politique, et comment!- de rassembler les peuples (cf les concerts Live Aid de Wembley et Philadelphie), le rock a également réussi le parfait brassage des générations. Et si les nuits rock étaient les plus belles.
Francis PERSILLON