I. Voulez-vous que votre fils devienne : agriculteur
dirigeant des exploitations soit pour son propre compte, soit pour le compte
d’autrui ? Professeur d’agriculture ou fonctionnaire des services
agricoles ? Technicien pour les groupements et organismes agricoles
(Coopératives, Mutuelles, Syndicats) ? Directeur des stations
agronomiques ? Chimiste pour les industries agricoles ? Faites-lui
suivre les cours des Écoles Nationales d’Agriculture : Montpellier,
Grignon, Rennes. Ces établissements forment les « Ingénieurs
agricoles ».
Préparation.
— (Les candidats doivent être âgés de dix-sept ans
accomplis au 1er octobre
de l’année du concours.) La plupart sont bacheliers. Il faut envisager au moins
une année de préparation spéciale après le baccalauréat. On donne cette
préparation, notamment, dans les lycées de Lyon, Marseille, Toulouse,
Montpellier en zone libre ; dans les lycées de Paris (Saint-Louis,
Henri-IV, Janson-de-Sailly, en zone occupée).
Régime des écoles.
— Deux années d’études. Des bourses ou fractions de
bourses peuvent être accordées. Montpellier et Grignon reçoivent des internes.
Les droits de scolarité sont de 6.000 francs pour les internes, 4.100 francs
pour les demi-pensionnaires et 1.600 francs pour les externes.
Cette année, l’École de Montpellier a reçu tous les élèves
de la zone libre, alors que Grignon accueillait les élèves de la zone occupée.
Nombre de candidats en 1940 : 293. Admis, 79.
Nombre de candidats pour 1941 : 600 environ pour 140 places.
Les Écoles Nationales d’Agriculture sont des établissements
où la science et la technique sont toujours en face du théâtre des expériences.
Chez elles, les élèves reçoivent l’enseignement général de toutes les
techniques, pour arriver à former le bagage scientifique de l’ingénieur.
À l’origine, elles devaient former des ingénieurs semblables
à d’autres ingénieurs, sachant tracer le plan des systèmes de production et de
culture qu’il est convenable d’établir dans des circonstances données et qui
peuvent diriger l’exécution de ce plan jusque dans ses moindres détails. À
cette époque, il y avait surtout lieu de préparer les élèves à la direction
d’une exploitation agricole.
La mission de l’ingénieur de la terre, depuis la création
des Écoles Nationales d’Agriculture, s’est considérablement élargie. Ledit
ingénieur a maintenant sa place marquée dans les administrations publiques et
privées, dans toutes les industries où les intérêts de l’agriculture sont en
jeu (usines d’engrais, de machines agricoles, de produits insecticides, etc.).
Le rôle de l’ingénieur agricole doit être primordial à la
tête des groupements agricoles qui achètent les produits utiles à l’agriculteur
(Syndicats), l’assurent contre les risques de sa profession
(Mutuelles-incendie, grêle, accidents de travail, Assurances sociales, Caisses
de compensation familiale), lui procurent du crédit (Crédits agricoles),
défendent ses intérêts professionnels (Chambres d’Agriculture, Confédérations
spécialisées, Presse agricole), transforment et vendent ses récoltes
(Coopératives diverses de vente).
C’est pourquoi l’Institut National Agronomique à Paris
groupe toutes les sections d’applications qui permettent aux
ingénieurs-agronomes (Institut National Agronomique) et aux ingénieurs
agricoles diplômés de Grignon, Montpellier et Rennes (Écoles. Nationales
d’Agriculture) de parachever leur instruction technique et professionnelle au
cours d’une année supplémentaire d’études :
Section des sciences appliquées,
Section de grande culture,
Section d’études supérieures des industries du lait,
Section d’études supérieures de la vigne et du vin,
Section de la mutualité et Coopération agricole,
Section de l’Enseignement agricole.
Pour ne citer qu’un exemple, les élèves de la Section
d’application de l’Enseignement agricole feront un stage de deux mois à
l’Institut National Agronomique (cours et conférences), de deux mois à Grignon
(grande culture), d’un mois et demi à Rennes (culture, élevage, cidrerie), d’un
mois et demi à Montpellier (agriculture méridionale, viticulture et
sériciculture).
Deux mois sont ensuite consacrés aux Écoles spécialisées
(laiterie) et à des stages pédagogiques ou à des voyages à travers les régions
agricoles françaises :
Écoles Supérieure de Sériciculture de Montpellier.
Il existe une École Supérieure de Sériciculture à l’École
Nationale d’Agriculture de Montpellier, qui délivre un diplôme de
« Sériciculteur breveté ».
* * *
II. Voulez-vous que votre fils soit : horticulteur,
pépiniériste, architecte paysagiste ou chef jardinier ?
Faites-le entrer à l’École Nationale d’Horticulture de
Versailles.
Installée sur l’emplacement du potager de Versailles depuis
1873, l’École Nationale d’Horticulture s’étend sur une superficie de 17 hectares
et possède une pépinière, un verger et un parc paysager. On y enseigne, par la
théorie et la pratique, les cultures potagères, fruitières et ornementales.
Pas d’internes et pas de droits de scolarité.
Des bourses ou portions de bourses peuvent être accordées.
L’École délivre des diplômes d’ingénieur horticole et
forme : des horticulteurs, des pépiniéristes, des marchands grainiers, des
architectes et des dessinateurs-paysagistes, des entrepreneurs de jardins, des
professeurs d’horticulture, des chefs jardiniers pour les jardins publics ou
les entreprises privées, etc.
* * *
III. Voulez-vous que votre fils devienne : chimiste,
contremaître, chef de fabrication, directeur des sucreries, distilleries,
brasseries ?
Faites-lui suivre les cours de l’École Nationale des
Industries agricoles de Douai. Créée en 1892, cette École possède une
véritable usine avec brasserie, distillerie, sucrerie. Pour chacune de ces
branches, elle forme des chimistes et des contremaîtres, aptes à devenir par la
suite des chefs de fabrication et des directeurs d’usines.
L’enseignement, à la fois pratique et théorique, dure deux
ans. Un diplôme d’ingénieur des industries agricoles est délivré à la sortie.
Pas d’internat. Des bourses ou fractions de bourses peuvent
être attribuées.
L’École admet, en dehors des élèves réguliers recrutés au
concours, des stagiaires de l’Institut National Agronomique et des Écoles
Nationales d’Agriculture, des stagiaires de l’administration des Contributions
indirectes.
Détruite en 1914-1918, elle a dû être réédifiée. Et voici
que les malheurs de la guerre 1939-1940 l’obligent à s’installer provisoirement
à Paris.
Les étudiants qui ont l’ambition de préparer d’autres
carrières (ingénieur-agronome, inspecteur des forêts, ingénieur du génie rural,
officiel des haras) doivent entrer par concours à l’Institut Agronomique,
à Paris.
Candidats présumés en 1941 : 600. Nombre de
places : 90.
L’Institut National Agronomique donne l’enseignement
supérieur des sciences appliquées. C’est le seul établissement du ministère de
l’Agriculture qui fournit des élèves à l’École Supérieure du Génie rural, à
l’École forestière, aux Haras et aux cadres supérieurs de la Régie des tabacs.
Jean LE GUIDE.
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