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Plaidoyer pour nos continentaux

— Le « chien qui barde » fait couler en ce moment beaucoup d'encre. Partisans des chiens anglais et partisans des chiens continentaux s'affrontent, chacun voulant faire entendre comme bon son propre son de cloche.

Ce que toutes les compétences s'accordent à reconnaître, c'est que les chiens anglais ont besoin d'un dressage plus poussé que les continentaux.

Il faut, pour les mettre au point, que les utilisateurs possèdent un certain nombre de qualités (compétence, patience, fermeté), qualités qui ne sont pas réunies chez la majorité des chasseurs. De plus, il faut un gibier assez dense pour routiner les chiens par des exercices nombreux. Pour les favorisés qui ont tout cela, je suis d'accord, rien ne vaut comme compagnon de chasse un chien anglais.

Les autres amateurs de chasse au chien d'arrêt, les plus nombreux, trouveront dans les races continentales d'excellents auxiliaires qui leur permettront de pratiquer leur sport favori. Ils perdront, peut-être le spectacle de belles évolutions et d'arrêts splendides, mais ils gagneront la tranquillité, la sûreté de conduite, la facilité de dressage.

La souplesse et la roublardise des épagneuls, griffons et braques rendent de grands services dans la période de pénurie de gibier que nous traversons. Ils passent de la plaine rase aux friches et au bois sans inconvénient, et savent dénicher le gibier où il est caché : au creux d'une haie, dans une touffe ou dans un buisson. Ils arrêtent et rapportent avec le même plaisir : caille, perdreau, faisan, bécasse, lièvre ou lapin. Leur trot mêlé au galop leur donne une quête moyenne qui les rend utilisables dans les chasses en groupes.

Le propriétaire qui possède une paire de chiens peut les sortir ensemble sans crainte. Il les verra patronner naturellement sans dressage spécial ni mise au down.

L'ensemble de ces qualités fait que nos chiens de races continentales conviennent à la grosse majorité des chasseurs français, dont le tempérament, les aptitudes et le mode de chasse ne s'accommodent pas des services de chiens anglais.

VILLARET

(Loiret).

Le Chasseur Français N°643 Septembre 1950 Page 533