Accueil  > Années 1952  > N°659 Janvier 1952  > Page 49 Tous droits réservés

Blouses et jupes

Excellente formule, en vérité, solidement entrée dans nos mœurs, car répondant à nos besoins actuels, qui doivent obligatoirement se limiter. L'après-guerre nous a rendu tous les textiles désirables, a perfectionné ceux de remplacement, nous en a même valu d'autres et des meilleurs, mais ces dernières années ont singulièrement amenuisé le pouvoir d'achat de la majorité des coquettes !

Je ne reviendrai pas sur la multiplicité des aspects qu'on peut donner à un seul tailleur en changeant la blouse avec le chapeau, les gants, les autres accessoires de la toilette ; la question est classique et la solution connue ; je pense, au contraire, qu'il est intéressant de s'étendre sur ce que peut apporter à une femme le changement de blouses aux heures élégantes et aux sports d'hiver.

Le tailleur noir d'après-midi, de ligne smoking, en grain de poudre ou en faille mate, ou encore en velours de coton, est avec un beau chemisier toilette de cinq heures, avec un corsage décolleté robe de dîner, de théâtre, également avec une blouse de dentelle, de lamé, de gaze aléoutienne ou d'organdi. Si on choisit le corsage décolleté en satin d'un ton opposé, bleu saphir, émeraude ou rubis, une grande écharpe des deux tons lui donnera une plus grande élégance encore. Valable avec la jupe courte, l'idée le reste avec la jupe longue d'un tailleur du soir qui peut être adopté pour un cortège et modifié uniquement par le corsage pour le bal.

Avec une jupe de satin dentelle, ce tissu à fond clair façonné de motifs noirs qui imitent le Chantilly, on peut porter une blouse semblable ou une blouse ouverte largement, mais à manches longues en jersey de soie ou de laine très fin, noir ; si l'on est très mince et si la taille est longue, une ceinture haute et drapée en taffetas ou en satin souple d'un ton opposé, violet ou cerise ou jaune, selon le goût et le teint, sera fort jolie.

Avec la jupe en forme ou plissée (très juponnée afin qu'elle « cloche » beaucoup) de satin, de faille, de poult ou d'ottoman, on portera le bain-de-soleil de même ou de satin blanc brodé, perlé, pailleté, le chemisier de satin mille-raies en deux tons avec poignets et petit col noirs, la blouse de gaze aléoutienne changeante à manches énormes, ou de grosse guipure blanche aux entournures volantées très largement, sur des volants de linon plissés. La ceinture sera toujours une ceinture dite « sellier » en même tissu que la jupe, très mince si le buste est court, plus ou moins haute si la silhouette le supporte.

Interchangeable avec jupes et pantalons, la blouse offre pour le sport d'hiver les mêmes avantages. Beaucoup de femmes conservent comme après-ski leur fuseau, troquant leurs lourds souliers contre ces confortables mais souples bottillons de mouton avec lesquels on peut danser et qu'un bottier parisien teint dans le ton d'un détail choisi du costume. Le fuseau étant généralement noir ou de teinte neutre, on choisira la blouse de jersey de laine d'une couleur vive, montée sur bord-côtes rendu élastique par l'appoint des filés lastex qui entrent dans le tricotage ; celle-ci peut alors se porter à volonté montante ou descendue sur les épaules, qu'elle laisse nues. D'autre part, un pull, un sweater de tricot ou de jersey noir, marine, vert sapin, nègre ou grenat, sera très joli avec le pantalon après-ski de ligne fine, en lainage écossais, mais aussi avec la jupe cloche de feutre clair actuellement en vogue. Très pratique, mais aussi très amusante, cette jupe comporte à mi-hauteur des découpes qui ressemblent à de grandes rosaces de broderie anglaise, dont les perforations laissent transparaître un fond sombre ou encore des motifs incrustés de feutre de couleur, d'inspiration tyrolienne. Il va sans dire qu'avec une telle jupe on portera non pas des bas de soie, mais de bons bas de laine tricotés, assortis au ton dominant de l'ensemble.

G.-P. DE ROUVILLE.

Le Chasseur Français N°659 Janvier 1952 Page 49