tropos
 
 


Le tropos et la médiation


       L'ergotropie fait valoir la rationalité implicite qui structure tout travail, qu'il soit reconnu ou non en tant qu'art. L'ergotropie prend place relativement à une anthropologie clinique initiée par Jean Gagnepain et Olivier Sabouraud à la fin des années 50: la médiation. Une présentation du modèle est mise à disposition sur le net par Bernard Couty.

   

       Avertissement


       Si le terme d'ergologie est évité ici bien que son emploi par tous les médiationnistes ait été avéré, la raison en est qu'une ergologie ambiante entend appréhender plus globalement les conditions du travail que ne le préconise l'anthropologie clinique . Notre perspective d'étude se veut analytique, resserrant son propos sur la spécificité du travail. Elle vise à prendre en compte la rationalité qui explique que chacun a raison de faire comme il fait indépendamment du rendement de son travail, car chacun est technicien avant d'acquérir une compétence technique, tout comme l'enfant qui n'a pas attendu l'instituteur ni le grammairien pour parler.

Pathologiquement la raison de l'outil se dissocie de celle du signe relatif au langage, des usages des métiers auxquels on réduit bien souvent la conduite outillée et des normalisations et règlementations qui tendent à garantir les comportements d'un bon travail .


       Préalable à la déconstruction


      La position scientifique se doit de relativiser ses propositions d'explication du travail car elle ne peut rendre compte de la totalité des rapports au monde qui s'y nouent.

      En plus de la sociologie et de la psychanalyse qui ont œuvré pour échapper au risque du logocentrisme, apparaît, à travers l'anthropologie clinique, un autre positionnement de l'humain en adéquation avec la réalité de celui qui fait. Cet ordre de la factivité invoqué par Étienne Gilson, repris par Michel de Certeau résistant aux propositions de Bourdieu, encore avancé par Gilbert Simondon mais noyé dans son principe général d'individuation, n'est sans doute pas le même pour tous ceux qui s'en réclament, mais il tend à s'instaurer, à établir un questionnement relatif à cet homo faber qui n'a jamais cessé d'exister à travers nos activités techniques.

      Mais, aussi loin qu'on puisse aller dans l'appréhension scientifique de l'organisation inhérente à l'activité, elle sera tout au plus ergologique, c'est à dire, analyse d'une analyse qui n'est pas de l'ordre du langage, mais de l'activité. Nous n'avons pas que les mots pour connaître le monde, tout dispositif technique est porteur d'une connaissance au-delà même de la cognition : les faits et gestes sont les manifestations d'un pouvoir faire qui se cherche, d'une maîtrise d'ouvrage qui s'éprouve, et ce, indépendamment même de l'application d'un projet de métier.

      Partant de la position d'un constructeur, la priorité n'est plus d'expliquer le monde à travers le sens des mots mais d'expérimenter les conduites en présence des possibilités offertes par les techniques disponibles qui sont sensées assurer matériellement les visées du travail.


On pourra se reporter outre à ses deux ouvrages L'individuation psychique et collective et Du mode d'existence des objets techniques, au film «  Simondon du désert  » de François Lagarde avec les analyses dirigées par le philosophe esthéticien Pascal Chabot.




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Le tropos et La médiation
La raison du Faire
La capacité d’art: une dimension encore largement inexplorée