Spectaculaire rentrée atmosphérique au-dessus de l'Europe
(01/04/2004)


Une nouvelle rentrée atmosphérique a eu lieu au-dessus de l'Europe, le 31 mars à 23 h 17 TU (1 h 17 heure légale en France). Le phénomène a été observé notamment en Espagne, en France, en Suisse, en Italie et en Sardaigne.

Le SEPRA (Service d'expertise des phénomènes rares atmosphériques, dépendant du CNES), qui commence à tirer profit de son expérience en matière de rentrées atmosphériques, a pu identifier immédiatement l'objet concerné, une jupe inter-étages provenant du lanceur du satellite Cosmos 2406 lancé de Baïkonour le 31 mars par un lanceur Zenit. «La jupe est retombée au moment du dégrafage de l'orbite», a déclaré le CNES dans une dépêche AFP.

Selon le responsable du SEPRA Jean-Jacques Velasco, interviewé dans la Dépêche du Sud-Ouest de ce matin, La rapidité de notre analyse est le résultat de nos efforts d'indépendance en matière de suivi de satellites. Grâce à la mise en place de radars spécialisés sur notre territoire, nous ne dépendons plus du bon vouloir et des données approximatives des Américains. Le Service d'orbitographie du CNES peut désormais exploiter immédiatement les données qui lui parviennent.

Jean-Jacques Velasco rappelle aussi que la collecte de témoignages par la Gendarmerie nationale, et les liens privilégiés que le SEPRA entretient avec l'aviation civile et militaire, ont permis de vérifier la parfaite concordance entre la trajectoire au sol calculée par le service d'orbitographie et les témoignages. Il regrette par ailleurs que ce recueil de témoignages ne soit pas étendu aux autres pays d'Europe. Jean-Jacques Velasco craint qu'en l'absence d'un SEPRA étendu à l'Europe entière, certains pays ne soient victimes des rumeurs les plus folles concernant l'invasion d'extraterrestres, qui font perdre toute crédibilité à l'étude des ovnis.

Ainsi, le SEPRA a pu annoncer quelques heures après l'observation une trajectoire précise au-dessus de l'Europe, s'achevant près de Bordeaux :

trajectoire-poisson

Selon Jean-Jacques Velasco, la forme particulière de cette trajectoire est due à la disposition prise par l'ensemble des débris de la rentrée atmosphérique, que de nombreux témoins ont décrite comme semblable à un boomerang. Il y a seulement quelques années, la forme de cette trajectoire aurait été considérée par des «ufologues» farfelus comme une preuve qu'il ne s'agissait pas d'une banale rentrée atmosphérique, mais d'un gigantesque vaisseau extraterrestre !

Par ailleurs, ajoute l'expert, la durée du phénomène, proche d'une minute, est parfaitement typique d'une rentrée atmosphérique parcourue entre Saragosse et Bordeaux, villes distantes de 400 km, la rentrée s'effectuant à la vitesse initiale de 30 000 km/h.

Un paysan qui labourait son champ près de Jonzac (Charente-maritime) a eu la surprise de trouver dans son champ un débris de cette rentrée... Le chef du SEPRA s'est rendu immédiatement sur les lieux, et nous montre le fragment récupéré :

jupe plissee

On peut constater qu'il s'agit d'une jupe interétages plissée.

Plusieurs photographies du phénomène ont par ailleurs été prises. La plus spectaculaire provient du Creusot (crédit photo : site http://www.creusot.net) :

artifice

Jean-Jacques Velasco explique : les différentes couleurs indiquent la température de fusion des matériaux. La couleur rouge : 1500°; la blanche : 3000°. La dispersion importante et circulaire des débris vient du fait que la jupe tournait à grande vitesse sur elle-même lorsqu'elle s'est fragmentée sous l'effet de l'échauffement.

Nous ne pouvons que constater que pour la première fois depuis la rentrée de novembre 1990, le SEPRA affiche une réelle volonté d'information dans le domaine des rentrées atmosphériques, et qu'il s'est doté de nouveaux outils très efficaces. Le Cnes envisage d'ailleurs de renommer ce service en «Service d'expertise des phénomènes de rentrées atmosphériques».

Dans ces conditions, il nous apparaît que notre Service d'information sur les météores et les rentrées atmosphériques a perdu sa raison d'être... De même que le GEPA avait cessé ses activités lors de la création du GEPAN, l'ancêtre du SEPRA et le premier service public au monde à étudier officiellement les ovnis, nous avons décidé de mettre fin au SIMRA pour ne pas gêner le travail des scientifiques du CNES.

Robert Alessandri



Rubrique Rentrées atmosphériques

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