Du SEPRA... au SEPRA : le changement dans la stupidité
(31/03/2003)

Additif (15/11/2003) :
Quand le SEPRA faillit redevenir le GEPAN !


En 1988, le GEPAN, Groupe d'étude des phénomènes aérospatiaux non-identifiés, devenait sur la suggestion de son directeur Jean-Jacques Velasco le SEPRA, Service d'expertise des phénomènes de rentrées atmosphériques. Mais le CNES, dont dépend cet organisme, a sans doute fini par se rendre compte que le SEPRA était tout à fait incapable d'étudier, et a fortiori d'expertiser, quoi que ce soit qui se rapproche d'une rentrée atmosphérique...

Il a donc transformé le SEPRA... en SEPRA, signifiant cette fois Service d'expertise des phénomènes rares aérospatiaux si l'on en croit un article récent du Figaro ou le site de Marc Angee, qui entretient d'excellents rapports avec ce service.

Quoique, d'après l'interview de Jean-Jacques Velasco et Roland Ivarnes diffusée à plusieurs occasions sur le site du CNES (la seule mention du SEPRA dans tout le site !), ça signifie Service d'études des phénomènes rares atmosphériques.

Encore que cela soit traduit dans le texte anglais par Rare Aerospace Phenomena Study Department... On s'y perd un peu !

Bref, SEPRA signifie maintenant Service d'études ou d'expertise des phénomènes rares atmosphériques ou aérospatiaux, et cela depuis décembre 1999 d'après Marc Angee et 2000 d'après le Figaro ! Ce qui est sûr, c'est qu'au début 99 on trouvait encore un article vantant les mérites de l'ex-SEPRA en matière de rentrées atmosphériques dans la revue Cnes magazine n°4, et que peu après le SEPRA ne s'occupait plus de rentrées atmosphériques, bien que le CNES n'ait jamais émis le moindre communiqué à ce sujet (tous les communiqués de presse du CNES se trouvent aussi sur son site).

Je ne serais pas surpris que les remous provoqués par un certain procès soient pour quelque chose dans ce changement de dénomination, et pourtant le Directeur du SEPRA s'enorgueillissait encore en 2001 à l'occasion de ce procès de la confiance totale que lui témoignait le CNES pour ses qualités d'expert en matière de rentrées atmosphériques !

Ce qui est sûr aussi, c'est qu'en bon français on place toujours un adjectif se rapportant à une quantité, ou une intensité, ou une appréciation, après un adjectif définissant par exemple une fonction ou une catégorie... En clair, en bon français, on parlerait de phénomènes atmosphériques rares, comme chacun est tenté de le faire intuitivement. Le Centre d'études spatiales national préfère donc parler petit nègre plutôt que de changer franchement la dénomination du SEPRA... Il s'agit d'habituer lentement le public, les journalistes, les scientifiques, à l'idée que le SEPRA étudie les «phénomènes rares atmosphériques» et non les rentrées atmosphériques.

L'histoire devient franchement cocasse lorsqu'on trouve des «ufologues» toujours prêts à suivre le SEPRA dans ses pires conneries qui se targuent d'étudier les «PRA», comme d'autres étudiaient les «PANI» du temps du GEPAN (ce dernier terme était tout à fait correct et bien trouvé, c'était l'époque où le CNES faisait preuve d'un minimum de sérieux).

Mais si l'on en croit le chef du SEPRA, affirmant que la trajectoire annoncée de la rentrée du 5 novembre 90 avait été calculée par le Centre d'orbitographie opérationnelle du CNES, il se pourrait bien que cet organisme soit bientôt incapable de s'occuper de satellites... Peut-être changera-t-il son nom en Centre national d'extraction des suies, puisqu'il héberge quelques spécialistes renommés en fumisterie !

Mais on va dire que je me moque et que je suis entièrement négatif dès qu'il s'agit du SEPRA... Alors, pour ne pas être encore accusé de malveillance, je vais proposer au CNES des idées constructives :

En premier lieu, il serait temps pour le CNES de reconnaître publiquement que c'était une erreur de vouloir que son service d'étude des ovnis s'occupe principalement des rentrées atmosphériques... Il pourra ensuite changer franchement sa dénomination, au lieu de se livrer à de malhabiles et fluctuantes manipulations sur les initiales existantes.

Et puis, tant que cela ne sera pas fait, on pourra toujours reprocher au Directeur du SEPRA ses inepties répétitives concernant les rentrées atmosphériques, puisque retirer à son service l'étude de ces phénomènes n'efface pas miraculeusement les douze années pendant lesquelles il a été présenté comme expert. Quoi, j'ai encore usé d'un terme excessif et injurieux : inepties ? Je suis tout prêt à le remplacer par le mot que m'indiquera le CNES pour qualifier le fait que Monsieur Velasco, dont les qualités d'expert en rentrées atmosphériques pour le compte du CNES n'ont toujours pas été démenties, ait dit à deux reprises, le 11 février puis le 2 mars (articles dans la Dépêche du Midi du 12 février et du 3 mars)  qu'il lui paraissait plausible qu'un objet fait d'une sorte de mousse d'isolation tombé du ciel le 8 février à Tibiran-Jaunac (Haute-Garonne) soit un débris de la navette Columbia... Je comprends que M. Velasco, échaudé par les conséquences de ses erreurs passées, préfère rester le plus vague possible en n'affirmant ni n'éliminant aucune hypothèse... Mais tout de même, imaginer ne serait-ce qu'une seconde qu'un objet en mousse puisse avoir résisté à une rentrée atmosphérique, et qu'un débris de navette qui suivait une orbite inclinée de 39° sur l'équateur se promène à plus de 43 degrés de latitude, ça dépasse la prudence pour tomber franchement dans la sottise (à moins que là encore un autre mot convienne mieux) !

Mais voilà que je redeviens négatif, revenons donc à mes suggestions constructives pour renommer le SEPRA...

D'abord, pour éviter les critiques, il vaut mieux ne plus parler de «service» pour désigner un organisme qui ne publie plus rien et ne répond jamais aux questions des témoins ou des ufologues... Il faut trouver quelque chose de neutre, «groupe» par exemple... Il est vrai qu'un groupe constitué d'une seule personne n'en est pas vraiment un, mais le chef du SEPRA sollicite assez souvent des collaborateurs extérieurs, et en plus il paraît que les scientifiques interrogés récemment dans le cadre d'un audit sur ce service ont été unanimes à recommander qu'on lui attribue des postes supplémentaires (voir encore l'article du Figaro).

Ensuite, il faut absolument éviter le terme d'«expertise», si on ne place pas dans ce groupe d'authentiques experts. «Étude», c'est beaucoup plus modeste, et personne ne reprochera ses erreurs à un étudiant.

Phénomènes, c'est un mot qui convient bien, il n'y a rien à redire...

Entre atmosphériques ou aérospatiaux, je recommande le second terme : plus le champ d'étude sera vaste, et moins on pourra reprocher au directeur du service de ne pas en connaître un aspect particulier ! La grosse erreur à la création du SEPRA a été justement de lui attribuer l'étude d'un domaine extrêmement réduit... Il n'était alors pas acceptable (ni même imaginable) que son expert désigné n'en connaisse pas les notions les plus élémentaires.

Enfin, est-ce que l'on s'intéresse au fait qu'un phénomène est rare, ou au fait qu'il ne soit pas facilement identifiable par le témoin ou son entourage ? Le second point me semble le plus intéressant...

Récapitulons : tout cela nous donnerait Groupe d'étude des phénomènes aérospatiaux non identifiés... GEPANI, ou GEPAN parce que ça sonne mieux... Et je suis tout prêt à abandonner au CNES la paternité de cette suggestion, je n'attends même pas des remerciements... Alors, est-ce que ça n'est pas une idée constructive et désintéressée ?

Robert Alessandri



Quand le SEPRA faillit redevenir le GEPAN !


Je pensais faire de l'humour en suggérant au CNES de renommer son service le GEPAN, mais cette éventualité a été sérieusement étudiée si l'on en croit le livre récent du fondateur du GEPAN Claude Poher (Les Universons, énergie du futur) :

À ce jour, en 2003, Jean-Jacques Velasco est toujours à la tête de ce service, qui a failli s'appeler de nouveau le GEPAN. (p. 299)

Et c'était sûrement la meilleure chose à faire si l'on voulait absolument conserver ce service... Mais voilà, on ne change pas complètement le nom d'un service sans donner un minimum d'explications... Il aurait fallu faire une annonce, et un tel retour en arrière revenait à renier les douze années «d'expertises» du service en matière de rentrées atmosphériques... Et cela alors même que le CNES attestait dans un procès de sa parfaite confiance dans les compétences du directeur du SEPRA en matière de rentrées atmosphériques.

Le CNES a donc préféré tenter la solution de facilité consistant à retirer au SEPRA l'étude des rentrées atmosphériques sans le déclarer ouvertement... Gageons que cette lâcheté finira par être sanctionnée...




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