5 novembre 1990 :
Les ovnis fabriqués par des ufologues
(05/11/2011)


Lumières dans la nuit et son dossier-référence

Voilà plus de vingt ans que la rentrée atmosphérique a traversé la France, et il y a toujours malgré toutes les informations disponibles bon nombre d'ufologues qui veulent faire de ce non-événement (d'un point de vue ufologique en tout cas !) une fantastique « vague d'ovnis ».

Dans le numéro 306 de sa revue Lumières dans la nuit, Joël Mesnard annonçait une « découverte en ufologie : LE PARASITAGE DES RENTRÉES ATMOSPHÉRIQUES », et sélectionnait « six cas parmi les plus probants » prouvant selon lui qu'il y avait autre chose que la rentrée atmosphérique ce soir-là dans le ciel.

À l'occasion du dixième anniversaire de cette soirée, il a étendu ces observations à « au moins 30 exemples flagrants », portés à la fin de son dossier à 34, et il en présente bon nombre d'autres qui lui paraissent moins probants. Ce dossier a été retranscrit sur plusieurs sites Internet.

Dix ans plus tard, alors que ce texte est devenu la référence des croyants à la fantastique vague d'ovnis du 5 novembre 1990, il est temps de passer en revue ces 34 « exemples flagrants » pour voir ce qu'ils valent, ainsi que la trentaine d'autres cas évoqués puisqu'on n'en est plus à quelques cas près !

On trouve parmi ces observations la plupart de celles qui ont été régulièrement citées dans des documentaires à la radio ou la télévision, il s'agira donc d'étudier pratiquement tous les arguments avancés par les tenants de cette vague, en tout cas pour la casuistique...

Concernant la réalité ou l'ampleur de cette rentrée atmosphérique, vous trouverez ailleurs sur ce site toutes les preuves que ce phénomène était là et bien là !

La réalité du phénomène

Avant d'aborder les observations, rappelons brièvement à quoi ressemblait cette rentrée atmosphérique.

Elle a été visible non seulement en France, mais dans bon nombre de pays d'Europe, ayant suivi cette trajectoire :

Trajectoire au-dessus de l'Europe

On ne sait pas exactement où la rentrée s'est achevée : on connaît des observations jusqu'en Tchéquie, mais c'est probablement encore plus loin, en Pologne ou en Ukraine, que les quelques débris les plus résistants ont dû atteindre le sol. Les rentrées atmosphériques commencent à être visibles à une altitude de l'ordre de 130 km, le frottement de l'atmosphère étant alors suffisant pour porter à incandescence la surface de l'objet. À une telle altitude, un phénomène est visible à plus de mille kilomètres. On a donc eu des observations sur tout le territoire français, mais aussi en Espagne, Angleterre, Suisse, Italie, Belgique, Alllemagne, Autriche... C'est tout de même en France que le phénomène a été le plus spectaculaire.

L'objet responsable est un troisième étage de fusée soviétique Proton, dont la masse est d'un peu plus de quatre tonnes à vide.

À la vitesse de 28000 km/h qui est celle de tout satellite en orbite basse, ce phénomène survolait la France entre 18h59'40" et 19h01'20"... Mais depuis des points de vue privilégiés, bénéficiant d'un horizon dégagé des deux côtés, il pouvait être vu bien au-delà, sur une durée supérieure à quatre minutes...

L'ensemble des débris de cette rentrée devait s'étendre lorsqu'il survolait le centre de la France sur une centaine de kilomètres en longueur et une vingtaine en hauteur et largeur. Ces dimensions, tout-à-fait courantes, donnaient au nuage de débris incandescents les dimensions apparentes d'une constellation telle que le Grand chariot, mais avec une luminosité très supérieure, proche de celle de la lune.

L'aspect variait au cours de sa trajectoire : l'objet est sans doute devenu visible à peu près au-dessus de la pointe nord-ouest de l'Espagne, et a explosé au-dessus du golfe de Gascogne, formant un nuage qui est resté visible longtemps après le passage de l'ensemble des débris... Ce dernier a pris d'abord la forme de deux grosses boules lumineuses vues au loin pour tous ceux qui se trouvaient sur la côte atlantique, puis alors que la chose approchait ces boules se sont différenciées en un grand nombre de lumières disposées grossièrement en triangle ou losange et laissant de longues traînées... Au niveau de la région parisienne, l'ensemble avait gagné en longueur et seules deux grosses lumières au centre et en bas laissaient deux longues traînées lumineuses (une plus petite que l'autre) semblant s'arrêter net à une certaine distance de l'objet. Vers Strasbourg, il ne restait plus que trois lumières de tête, encore deux lumières laissant des traînées lumineuses plus courtes qu'auparavant et paraissant confondues, et une autre grosse lumière au-dessus.

Toutes ces lumières semblaient se déplacer de concert : leur disposition variait en réalité lentement, mais cela pouvait être interprété comme des changements de perspective.

Voilà donc comment se présentait cette rentrée atmosphérique : un immense ensemble de lumières se déplaçant lentement, sans bruit, dans un vol horizontal.

Erreurs récurrentes

Voyons aussi pour éviter d'avoir à nous répéter quelles sont les erreurs d'appréciation que l'on retrouve régulièrement dans ces observations.

La plus commune porte sur l'estimation de la distance : la presque totalité des témoins pensaient que l'objet passait à quelques dizaines ou centaines de mètres d'eux, alors que la rentrée atmosphérique passait au plus près à une distance de l'ordre de 200 km... Et les témoins sont absolument sûrs d'eux, si bien que bon nombre d'ufologues considèrent qu'il s'agit là d'un élément déterminant... Mais c'est tout simplement méconnaître les limites de nos sens.

Le problème est que notre vision du relief est limitée... La perception de la distance d'un objet se fait soit par la mise au point de notre oeil, soit et surtout par le décalage angulaire du regard de nos deux yeux. Mais on ne peut apprécier qu'un angle de l'ordre d'un vingtième de degré (ce qui n'est déjà pas mal !), ce qui nous permet juste de faire la différence entre l'infini et une soixantaine de mètres.

Autrement dit, si toutes les proportions sont respectées, on ne fait aucune différence entre un objet de 20 m de longueur vu à une distance de 100 m, et un objet de 20 km de longueur vu à une distance de 100 km... Il ne s'agit même pas de « psychologie de la perception », mais d'une limite physiologique, et il serait bon que toute personne se prétendant enquêteur sur les ovnis sache au moins cela !

En fait, on peut apprécier des distances un peu supérieures par comparaison : si l'objet observé se trouve à proximité immédiate d'un autre objet, ou devant un fond bien détaillé et contrasté, on peut savoir qu'il n'est pas à la même distance, et faire la différence par exemple entre 600 m et l'infini... Cette fois, ce que l'on apprécie, c'est la différence de décalage entre les deux images, et on est est alors sensible à moins d'un centième de degré, la limite du pouvoir séparateur de l'oeil (c'est à peu près la sistance angulaire qui sépare deux cellules réceptrices de la rétine... Autant dire tout de même qu'il faut pour cela être doté d'une vue parfaite ! Dans le cas qui nous occupe, l'objet se trouvait bien devant un fond situé à une distance proche de l'infini, le ciel étoilé, mais il se déplaçait et c'était la nuit, ce qui rend cette perception impossible.

Enfin, pour les grandes distances, on perçoit aussi l'influence de la traversée de l'atmosphère par les rayons lumineux : l'objet devient un peu flou et les couleurs s'affadissent. Ça peut nous permettre de reconnaître un objet proche d'un objet très lointain, mais là encore ça n'est guère possible que le jour...

Ce qui par contre pouvait se produire de nuit, en raison de l'épaisseur de l'atmosphère, c'est un affaiblissement des lumières de la rentrée en approchant de l'horizon, donnant l'impression que l'objet s'éloignait... On pouvait alors penser qu'il accélérait brusquement et s'éloignait du sol, ce que l'on retrouve effectivement dans quelques témoignages !

Il était en tout cas totalement impossible à un témoin de ce phénomène de savoir s'il passait à 50 m, à 100 km ou à l'infini !

Et bien sûr, étant donné que la plupart des témoins pensaient avoir affaire à un objet unique en raison du déplacement de concert des lumières, il leur était impossible d'imaginer que cet « engin » se trouvait à une centaine de kilomètres d'altitude, parce que cela impliquait des dimensions inimaginables, se chiffrant en dizaines de kilomètres... Il s'agissait pourtant bien des dimensions réelles de la rentrée atmosphérique !

Connaissant cette impossibilité d'apprécier la taille et la distance d'un objet de nature inconnue, tout enquêteur un peu sérieux cherche à connaître les dimensions apparentes de l'objet : l'angle qu'il occupait dans le ciel, ou encore sa dimension « à bout de bras »... Mais on sait bien que ces dimensions sont souvent très exagérées par les témoins : la lune, par exemple, n'a qu'un diamètre apparent de 5 mm à bout de bras (un demi-degré), alors qu'on lui en accorde couramment cinq à dix fois plus ! Et bien sûr, contrairement à ce que croient certains de nos enquêteurs réputés sur le 5 novembre, cette surestimation n'est pas spécifique à la lune, et se retrouve pratiquement dans tous les témoignages relatifs aux ovnis.

De même, les hauteurs angulaires sont souvent surestimées par les témoins. La principale raison est que la plupart des gens n'ont pas l'habitude d'observer le ciel, leur regard restant généralement très proche de l'horizon. Je l'ai constaté lors d'une soirée d'initiation à l'astronomie à l'observatoire Sirene, lorsque l'animateur a demandé au groupe de personnes présentes de regarder l'étoile qui se trouvait juste à leur zénith, leur verticale : la plupart d'entre eux portaient leur regard à quelque 60 ou 70° de l'horizon, pas plus ! Et il y a énormément de gens qui croient que le Soleil, qu'ils voient passer dans le ciel tous les jours, passe au zénith à midi, ce point étant bien compris comme le point du ciel situé à la verticale. C'était par exemple il y a quelques années l'objet d'une question d'un jeu télévisé, répondant au fait supposé que les abeilles ne butinent pas à midi parce qu'elles ne peuvent pas s'orienter, le soleil se trouvant au zénith... Cette réponse n'avait du reste choqué personne sur le plateau ! Je rappelle donc qu'il n'y a que sous les tropiques que le soleil peut passer au zénith à certaines périodes de l'année, et à la latitude de Paris sa hauteur maximale dans la journée varie entre 25 et 72°.

Il y a aussi d'ailleurs pas mal de gens qui confondent zénith et culmination, c'est-à-dire passage au plus haut, ou qui disent que l'objet est passé « au-dessus d'eux » en pensant qu'il s'agissait d'un objet très proche qui semblait passer par exemple au-dessus de la maison juste devant eux.

Enfin, les enquêteurs eux-mêmes ne sont pas toujours très doués dans le calcul des hauteurs angulaires, comme on peut le voir sur cette reproduction de la page 19 de  LDLN n°310 :

Photo de témoins indiquant la position du phénomène

On voit que l'enquêteur considère que la hauteur angulaire est donnée par l'angle du bras des témoins, qui est bien à une soixantaine de degrés de l'horizontale... Mais la ligne qui joint leur oeil à leur main est d'environ 35°, soit justement la hauteur angulaire de la rentrée atmosphérique !

Précisons que cette observation à Champagnole n'a pas été retenue par Joël Mesnard parmi les plus probantes, et qu'il rappelle souvent dans sa revue comment estimer une hauteur angulaire, de même que l'impossibilité d'appréciation des distances... Mais voilà, il n'y a pas d'examen de passage pour les enquêteurs en ufologie, si bien qu'ils n'ont pas forcément tous assimilé ces connaissances de base !

L'orientation fait aussi souvent l'objet d'erreurs. Outre les mauvais repères, il faut savoir que bon nombre de personnes confondent régulièrement le nord et le sud, ou sont incapables de différencier leur droite de leur gauche... C'est aussi quelque chose qu'il faut savoir quand on veut enquêter.

On a ainsi pu lire dans LDLN 306, au sujet du cas de Soumaille : Qui donc, quelques jours après une observation faite à quelques dizaines de mètres de son domicile, dessinerait une trajectoire sur une carte d'état-major, en se trompant de 90° dans l'orientation ?

Mais dans le numéro 310 paraissait ce rectificatif :  Soumaille : attention, erreur ! : Joël Martinez nous précise que dans l'affaire de Soumaille (LDLN 306, p. 22), les indications fournies par le témoin sur l'orientation de la trajectoire sont totalement fausses. En fait, le déplacement de l'objet serait parfaitement compatible avec celui qu'indiquent les autres témoignages de Corrèze.

Le même genre de rectificatif a été fait pour le cas de Mauriac (enquête dans le numéro 304, rectificatif dans le numéro 305), pour lequel les deux témoins ont fait un dessin de l'objet se déplaçant de droite à gauche, alors que vérification faite ils l'ont vu passer de gauche à droite, conformément à la rentrée atmosphérique !

Combien d'autres rectificatifs de ce genre auraient été faits si toutes les enquêtes avaient été approfondies ?

Bon nombre de témoins disent aussi avoir distingué une « forme noire » portant les lumières... Précisons tout de même que ces visions de formes noires ne concernent que dix pour cent des observations environ, que dans la plupart des cas les témoins disent que ladite forme se « distinguait mal dans l'obscurité de la nuit » ou des termes équivalents, et qu'en général lorsque plusieurs témoins étaient réunis tous ne voyaient pas la « forme »...

Bien souvent, ces formes inditinstinctes étaient simplement suggérées par le déplacement de concert des lumières, donnant l'impression qu'elles étaient portées par un objet unique.

En outre, le fait d'attribuer une forme à un ensemble de points lumineux est une illusion classique connue sous le nom « d'illusion de contour ».

Enfin, dans le cas de points lumineux vus la nuit, il est possible que les étoiles s'effacent au passage de l'objet, donnant l'impression d'être masquées par la forme noire imaginaire. Cela s'explique par le fait que la partie centrale de notre rétine, la fovéa, est presque dépourvue de « bâtonnets », les cellules spécialisées dans la vision nocturne : ainsi, lorsqu'on fixe son regard sur un objet très lumineux, les étoiles peu lumineuses qui se trouvent à proximité ne sont plus vues, disparaissant ainsi juste au passage de l'objet. De quoi renforcer l'impression d'une « forme noire » masquant le ciel...

Bien sûr, ça n'était plus valable dans les cas où le phénomène passait sous une étoile très lumineuse, mais les témoins pouvaient alors imaginer un objet transparent ou fait de « structures ». Et le fait de lier un ensemble de points par des lignes imaginaires relève aussi d'une illusion classique, qui faisait autrefois voir des « canaux » sur Mars à d'excellents observateurs !

Le fait que les témoins donnent des descriptions très variables passe aussi pour beaucoup d'ufologues pour une preuve qu'ils n'ont pas observé la même chose... Ça n'est pourtant guère étonnant lorsque l'objet observé est un ensemble de nombreuses lumières semblant délimiter une « forme noire indistincte » et dont certaines laissent des traînées lumineuses ! Même sans parler des déformations de la mémoire, la forme peut différer totalement selon le nombre de points lumineux distingués, variable selon l'acuité visuelle de chacun et l'environnement lumineux.

On sait aussi que les couleurs sont très mal distinguées la nuit, d'autant que la vision des couleurs dépend de l'ambiance lumineuse : si on se trouve par exemple dans un appartement éclairé par des ampoules diffusant une lumière rougeâtre, notre cerveau « verdit » tout pour voir le blanc blanc, et du coup une lumière blanche vue à l'extérieur apparaîtra verte !

Enfin, la rentrée atmosphérique changeait réellement d'aspect au cours de sa trajectoire.

On peut se faire une bonne idée de la variabilité des témoignages d'un même phénomène en examinant le cas de 32 élèves-officiers de gendarmerie qui ont observé la rentrée atmosphérique alors qu'ils regagnaient leur caserne à Tulle, et ont rapporté indépendamment leur observation : deux se trompent sur la date, cinq se trompent de plus de 70° sur le cap suivi par le phénomène, deux se trompent sur la direction de passage au plus près, les dimensions estimées vont du simple au cinquantuple (qu'il s'agisse des dimensions apparentes ou des dimensions réelles supposées), la durée du simple au dodécuple (x 12), l'altitude estimée varie de 50 à 1000 m, la forme est décrite au choix comme un hexagone, un triangle, une aile delta, une formation en V, un double-rectangle, un losange, cinq groupes de lumières ou la forme d'un avion gros cargo, avec un nombre de traînées variant de 0 à 3 plus pour un témoin un projecteur éclairant le sol !

Il s'agit là de 32 personnes qui ont observé la même chose (peu importe du reste que ce soit la rentrée ou non, mais ça ne fait aucun doute) depuis la même position, à qui on a demandé de témoigner dans le cadre de leur formation, et qui l'ont fait au lendemain de leur observation.

C'est dire ce que l'on obtiendra chez des témoins situés à des endroits très différents, souvent très impressionnés par le fait d'être seuls face à un phénomène inconnu, interrogés pour beaucoup plusieur années après leur observation par des enquêteurs convaincus de l'existence d'un mystère, et sélectionnés justement parce qu'ils donnent une descritpion incompatible avec la rentrée atmosphérique ! La réponse, elle est dans ces « trente exemples flagrants » sélectionnés par Joël Mesnard, et on est même surpris que les « anomalies » ne soient pas plus marquées !

Parce qu'il nous faut rappeler que ces 33 cas que Joël Mesnard considère comme des « exemples flagrants » qu'il y a eu autre chose qu'une rentrée atmosphérique sont sélectionés parmi 408 qu'il a examinés... Et cette sélection s'est faite sur l'étrangeté des témoignages plutôt que sur leur crédibilité, à voir le nombre de témoins isolés ou ayant rapporté leur observation très tard !

C'est en effet souvent après plusieurs mois ou années que les témoignages ont été enregistrés, même si c'est rarement précisé dans les enquêtes, ce qui donne du restre une idée du manque de sérieux de celles-ci. C'est comme si ces enquêteurs ignoraient que la mémoire d'un événement s'altère avec le temps... Nous aurons d'ailleurs l'occasion de le vérifier lorsqu'on trouve des versions du témoignage plus immédiates, par exemple dans le livre de Franck Marie ou dans les rapports de gendarmerie : à chaque fois, comme toute personne un peu sensée s'y attendrait, c'est la version la plus tardive du témoignage qui est la plus inconciliable avec la rentrée atmosphérique.

Et les témoins ne sont pas les seuls à pouvoir se tromper, il y a aussi les enquêteurs... Il n'y a malheureusement pas de diplôme d'enquêteur en ufologie, et les enquêtes dans LDLN sont faites par à peu près n'importe quel lecteur de bonne volonté, mais pas forcément formé ni habitué au recueil de témoignages. Il est aussi évident que la plupart de ces enquêteurs sont très orientés dans une véritable croyance à l'hypothèse extraterrestre, et ne vont pas chercher à résoudre les problèmes qui se posent à l'explication par la rentrée atmosphérique, phénomène qu'ils connaissent par ailleurs très mal.

On note en particulier que lorsqu'un groupe d'observateurs a observé le phénomène, on ne les interroge pas séparément pour retenir les détails mentionnés par tous, mais on cherche au contraire à faire une synthèse de leurs observations en cumulant les détails anormaux signalés par chacun ! De ce point de vue, les auditions de témoins par les gendarmes sont menées avec beaucoup plus de sérieux.

Nous verrons aussi à plusieurs reprises que lorsque Joël Mesnard trouve un témoin décrivant le phénomène dans la direction opposée à celle de la rentrée, il en cherche un autre un peu plus loin dans la direction de l'observation ayant vu quelque chose dans la direction opposée (donc, si vous suivez, celle de la rentrée), et il y voit une preuve que l'objet observé est passé entre les deux témoins, et donc à une altitude basse que l'on peut estimer ! Et peu importe que le second témoin décrive quelque chose de très différent du premier (dans ce cas et seulement dans ce cas, il veut bien croire à la variabilité des témoignages), et qui évoque tout à fait la rentrée !

On trouvera même un cas où il est manifeste que l'enquêteur a influencé le témoin dans sa description de l'objet.

Tout cela donne déjà un avant-goût du peu de sérieux de ces enquêtes, pourtant considérées comme des références chez les ufologues convaincus.

Venons-en aux faits !

C'est donc en 2001 que Joël Mesnard a publié son dossier « final » sur le 5 novembre 1990, dans les numéros 359 à 362 de sa revue Lumières dans la nuit. Sa position concernant cette « vague » est restée inchangée depuis les premiers articles qu'il lui a consacrés... Contrairement à d'autres ufologues français, par exemple Jean Sider ou Franck Marie, Mesnard admet qu'une rentrée atmosphérique explique une bonne partie des témoignages... Disons plutôt qu'il en accepte l'éventualité, parce qu'il ne manque tout de même pas une occasion d'exprimer ses doutes à ce sujet, et d'autre part il n'a pas fait beaucoup d'efforts pour se renseigner et renseigner ses lecteurs sur ce type de phénomènes !

Mais pour lui, il existe des centaines de témoignages qui sont totalement incompatibles avec l'explication par la rentrée atmosphérique : d'authentiques ovnis qui auraient « profité » de la rentrée pour se manifester sans trop se faire remarquer, des engins ayant « parasité » la rentrée... Dans ce dossier, il passe en revue plus de trente de ces « exemples flagrants », et beaucoup d'autres qu'il considère comme relevant probablement d'une autre explication que la rentrée.

Nous allons les examiner un à un dans l'ordre où ils sont abordés. Ce dossier de Joël Mesnard se trouve sur le site de Philippe Huleux en dix parties. Je suivrai donc ce découpage, en indiquant successivement les liens vers les fichiers. Vous pourrez ainsi comparer la présentation de ces cas par Joël Mesnard avec mes propres commentaires.

Je précise que j'ai envoyé à Joël Mesnard, il y a quelques années, un courrier lui signalant bon nombre d'erreurs que j'avais trouvées dans son dossier... J'ai su qu'il avait bien reçu ce courrier, et que ça l'avait beaucoup agacé, mais il n'a jamais publié le moindre correctif concernant des erreurs pourtant flagrantes.

Carte des « 33 exemples flagrants »

Sur cette carte sont représentés les « 33 exemples flagrants » considérés par Joël Mesnard comme des preuves qu'il y avait ce soir-là bien autre chose qu'une rentrée atmosphérique (Il en compte en fait 34 en distinguant les deux principaux témoignages de Villavard). En passant la souris au-dessus du nom du lieu d'observation, vous verrez un petit résumé de Joël Mesnard, avec en rouge ma propre appréciation... En cliquant, vous serez amené sur la discussion détaillée du cas.

Carte cliquable

Les cas non retenus comme « exemples flagrants » :

Outre ces 33 ou 34 « exemples flagrants », Mesnard mentionne dans son dossier un certain nombre d'autres cas, moins convaincants mais qu'il considère aussi pour la plupart comme probablement étrangers à la rentrée atmosphérique... N'étant pas à une trentaine de cas près, nous les discuterons aussi... Cliquez sur le lien pour accéder à l'exposé détaillé, sinon passez à la suite pour lire l'étude du dossier dans l'ordre.

Brétigny-sur-Orge (91) : Les deux dames distinguent parfaitement le contour de cette masse. En dehors de ce contour « parfaitement distingué » et d'une extinction de l'éclairage public au passage de l'objet, tout évoque la rentrée atmosphérique.
Bétheny (51) : Une « ville dans le ciel, qui va du sud au nord ! » La rentrée pas très bien située...
Sillery (51) : À 50 m de l'énorme chose ! Ou plutôt à 150 kilomètre de la gigantesque rentrée !
Verzenay (51) : « Comme un terrain de football, un porte-avions volant, un zeppelin... » Beaucoup plus grand, beaucoup plus loin, c'était la rentrée.
Braine (02) :  On peut imaginer que cette dame a bel et bien assisté à la rentrée atmosphérique... C'est certain, mais rien ne distingue son observation de bien d'autres considérées comme remarquables.
Saint-Félix (02) : Les témoins n'ont pas cru une seule seconde à l'explication par la fusée russe. Ils n'y ont pas cru, mais ils l'ont bien décrite !
Soissons sud (02) : « C'était bien plus grand qu'un terrain de football ». La rentrée, c'était plus de mille fois plus grand !
Vieux-Condé (59) : Trajectoire orientée nord-sud ! Rentrée s'éloignant ou autre chose, en tout cas ça n'était pas très spectaculaire...
Maisons-Alfort (94) : Probablement la rentrée atmosphérique... Et même certainement !
Gare de Saint-Cloud (92) : Ce cas a peu de chances d'être de nature ufologique... Même avec son « troisième témoin » !
Cesson-la-Forêt (77) : Comme un Boeing 747 qui larguerait son carburant à 50 m d'altitude... La rentrée avec sa traînée lumineuse...
Vert-Saint-Denis (77) : Un des faisceaux balaie doucement. Vraisemblablement la rentrée, manque d'informations.
Nanterre (92) : Certains témoignages sont plus flous que d'autres. Mais celui-ci décrit plutôt bien la rentrée.
Vélizy-Villacoublay (78) : Le dessin rappelle fortement l'observation de la gare de Saint-Cloud. Et pour cause !
Caluire (69) : Il existe des cas qui présentent de fortes analogies, mais aussi des différences marquées. Autant que dans tout groupe de personnes décrivant un même phénomène !
Huisseau-sur-Cosson (41) : Une boule lumineuse jaune laissant derrière elle trois traînées divergentes de couleur différente... Vraisemblablement la rentrée décrite de façon un peu fantaisiste...
Saint-Même-les-Carrières (16) : Autre cas de « structures tubulaires ». Une simple variante de la « masse noire ».
Saint-Quentin-en-Yvelines (78) : Un HLM volant ! La rentrée, bien plus grande encore !
Châteaudun (28) : Le pilote parle d'une dizaine de minutes. Confusion ou petite exagération, mais c'est bien la rentrée qui est décrite.
Dammarie-les-Lys (77) : L'heure (19 h 35) est précise et certaine. Quand la rentrée sert d'excuse à un rendez-vous manqué !
Territoire de Belfort (90) : « Un bruit de brûleurs à gaz ». Ça n'est pas la rentrée, mais il n'y a pas d'observation, juste un bruit bizarre...
Plateau de Bure (05) : Entre deux et trois heures dans la nuit de lundi à mardi, nous trouvons une observation faite par un astronome... Pas la rentrée, mais pas très excitant !
Montpellier (34) : À 6 h 25 du matin (nous sommes toujours le 6) [...] une lueur rouge et orange se déplaçant très vite, haut dans le ciel... Encore pas la rentrée, et encore moins excitant !
Noirmoutier (85) : Vers 7 h du matin, un objet sombre, en forme de porte-manteau, avec de nombreux feux rouges autour et un gros feu rouge au centre. Sans doute la rentrée avec une confusion d'horaire.
Bruxelles (Belgique) : Un objet portant des lumières masque le sommet d'une tour. Observation non confirmée nous dit Mesnard.
Colmar (68) : Sur un film vidéo, les côtés d'un triangle apparaissent soudain. Mesnard en doute encore, mais il s'agit d'un simple artefact.
Pescadoires (46) : Le dessous de cette forme, couleur gris acier, est comme constitué d'un assemblage de tôles. La classique forme noire imaginaire prend juste un peu de couleur.
Autoroute entre Halle et Leipzig (Allemagne) : Une traînée, curieusement, n'était pas parallèle aux autres. Unique détail curieux pour cette observation faite en conduisant.
Morges (Suisse) : Les éléments dont nous disposons sont non seulement imprécis, mais même contradictoires sur l'essentiel... Quand un témoin sur deux donne une description conforme à la rentrée, la conclusion est simple...
Saint-Nabord (88) : J'admets que dans un cas comme celui-ci, un doute subsiste. Et moi je ne comprends pas qu'on puisse avoir le moindre doute !
Saint-Marc-sur-Mer (44) : Le témoin indique non seulement les azimuts et les sites nécessaires à un bon repérage de la trajectoire apparente, mais aussi les incertitudes qui entachent nécessairement ces évaluations. Et bien sûr, tout cela est conforme à la rentrée atmosphérique !
Trilport (77) : Pas d'azimuts, pas de hauteurs angulaires, et pourtant, tout y est ! Et quand tout y est, pas de doute, c'est la rentrée !

Grand déballage de « fusées soviétiques »...

C'est le titre de la première partie de ce dossier, parue dans LDLN n°359 de janvier 2001... Et nous allons voir que ce titre qui se voudrait ironique est très bien choisi, puisqu'il n'y a guère de raisons de douter que chacun des cas présentés dans cette première partie concerne la rentrée de fusée soviétique et rien d'autre ! L'article a été scindé en trois parties sur le site de Philippe Huleux.

LDLN n° 359, première partie :

Sauzet (Lot) :

Taille apparente : supérieure à la largeur du champ visuel...
Des exagérations et une description un peu confuse pour ce témoignage tardif, une étoile bas sur l'horizon vient compliquer l'affaire, mais c'est certainement la rentrée atmosphérique qui a été vue.

Dérouler

Le témoin roule en voiture peu avant 19 heures lorsqu'il voit face à lui, vers l'ouest et bas dans le ciel, des lumières blanches qui se déplacent lentement. Après une dizaine de minutes, ces lumières sont cachées par les arbres et les maisons au bord de la route ; mais à l'entrée de Sauzet, lorsque le champ visuel se dégage, le témoin voit tout à coup une gigantesque masse sombre presque au-dessus de lui ; il s'arrête en catastrophe, sort de sa voiture et traverse le carrefour pour mieux voir « la chose» : ce sont d'abord trois grosses lumières orange qui s'allument une à une, et restent stationnaires ; puis passe « une sorte de banc de brouillard » ; puis ces lumières s'éteignent et il en voit d'autres, plus petites et innombrables, portées par l'énorme « masse » qui occupe tout son champ de vision ! L'objet dérive alors lentement en direction du nord-est, et brusquement tout s'éteint.

La trajectoire globale est celle de la rentrée atmosphérique et l'heure correspond, mais on voit qu'il y a bon nombre d'anomalies dans cette observation... On pourrait se contenter de trouver cela normal pour un récit fait après plus de cinq ans, mais voyons si on peut comprendre comment ce témoin a pu se tromper.

Le détail le plus surprenant est la durée de l'observation, puisque ce témoin aurait observé les lumières initiales sur un parcours de 12 km sur une départementale, sûrement donc pendant une dizaine de minutes... Et il semble sûr de lui, puisqu'il précise que la route étant sinueuse, les lumières apparaissaient tantôt à sa droite, tantôt face à lui. C'est pendant la première moitié du parcours que la route est sinueuse, et dirigée en moyenne vers l'ouest-sud-ouest ; pendant la seconde partie, elle est dirigée vers l'ouest-nord-ouest et reste pratiquement rectiligne. Qu'est-ce qui pouvait donc être vu vers l'ouest, bas sur l'horizon, durant dix minutes avant la rentrée ? Sur une telle durée et distance, il n'y a guère qu'un objet astronomique qui peut être en cause, et Il suffit de consulter un logiciel d'astronomie (par exemple ici l'excellent Stellarium, gratuit) pour avoir la réponse : Arcturus, une des trois étoiles les plus brillantes du ciel à ce moment, se trouvait à 18 h 50 à un azimut 290° (ouest-nord-ouest) et une hauteur angulaire de 8° :

Ciel vers le nord-ouest

Elle se trouvait donc bien en fonction des virages face à la route ou légèrement à droite, et bas sur l'horizon. On voit par ailleurs la différence de luminosité d'Arcturus par rapport aux étoiles du Grand chariot, bien reconnaissable un peu à droite. Et on sait combien une étoile très lumineuse vue bas sur l'horizon peut présenter un aspect étrange (j'ai été moi-même victime d'une telle confusion pendant un bon quart d'heure, pensant avoir affaire à une sorte de phare changeant cycliquement de couleur). Le témoin parle de plusieurs lumières, mais il a sans doute associé dans sa mémoire cette lumière qui a dû l'intriguer dans un premier temps avec d'autres lumières beaucoup plus étranges apparues sensiblement dans la même direction peu avant son arrivée à Sauzet : celles de la rentrée atmosphérique (trajectoire en blanc), dont la position lors de l'explosion devait être à l'azimut 275° (plein ouest) pour une hauteur sur l'horizon de 15°.

Ensuite, le témoin explique qu'il n'a plus rien vu du fait que la route est bordée d'arbres et de maisons sur le dernier kilomètre avant l'arrivée à Sauzet (en fait ça serait plutôt de l'ordre de 500 m), et arrivé au carrefour dégagé de la route vers Luzeh, il aurait vu l'immense « masse noire» : vraisemblablement la rentrée ayant pris toute son ampleur, peu avant son passage au plus près.

Lorsqu'il voit une multitude de lumières sur l'immense « structure », le témoin dit que la chose occupe toute la largeur de son champ visuel, au point qu'il se trouve trop près pour percevoir la forme de l'objet... Une façon comme une autre d'expliquer la très classique « masse noire dont on ne parvient pas à distinguer les contours » ! La rentrée atmosphérique ne dépassait sans doute pas une quinzaine de degrés en longueur, mais une telle exagération des dimensions angulaires est courante surtout pour un témoignage très tardif.

Quant à l'impression qu'il a de se trouver « quasiment sous l'immense chose », elle résulte comme d'habitude de l'impression que l'objet était très proche... La rentrée atmosphérique ne passait qu'à une hauteur de 26° au plus près, mais le dessin qui représente l'observation dans LDLN montre sans ambiguïté que le phénomène était bas sur l'horizon :

Objet immense vu bas sur l'horizon

Il n'est du reste pas précisé si c'est le témoin qui a fait ce dessin, et personnellement j'en doute... On a plutôt l'impression que l'enquêteur, Monique Gabrielli, n'a reçu qu'un rapport d'observation un peu confus, et a tenté tant bien que mal de représenter cette observation sans avoir pu essayer d'éclaircir les détails ambigus. Si l'on suit le témoignage, les trois grosses lumières se sont éteintes avant que les petites ne soient remarquées, on ne voyait donc pas en même temps ces deux types de lumières... Il n'est pas évident non plus à la lecture du témoignage que les trois grosses lumières se seraient trouvées à l'arrière de la « mase noire » comme sur le dessin. Trois grosses lumières accompagnées d'autres plus petites cela évoque les autres témoignages concernant la rentrée à ce niveau de sa trajectoire, mais il manque les traînées laissées principalement par les grosses lumières... Mais ne s'agirait-il pas de la « sorte de banc de brouillard » passée juste après l'apparition des grosses lumières ? Tout ça n'est pas clair...

L'allumage des trois grosses lumières une à une peut s'expliquer simplement par leur apparition de derrière les grands arbres qui se trouvent des deux côtés de la route après le carrefour. La route est orientée vers l'azimut 312°, un peu à gauche du passage au plus près de la rentrée, à 330°. Ça n'est qu'à droite de la route, là où le témoin a vu les lumières « se stabiliser » momentanément, que l'horizon est dégagé. L'extinction de ces mêmes lumières alors que l'objet s'éloignait vers le nord-est peut être réelle : on sait que dans l'ouest de la France, un certain nombre de grosses lumières laissant des traînées étaient visibles, mais il n'en restait que deux, souvent fusionnées, dans le centre et à l'est.

La durée de l'observation rapprochée est estimée par le témoin entre deux et cinq minutes... L'horizon étant bien dégagé au carrefour en direction du nord-est, il est bien possible qu'il ait observé la rentrée pendant presque deux minutes après son passage au plus près.

On apprend enfin que le témoin a informé le SEPRA de son observation après quelques jours, mais apparemment juste par téléphone... C'est dommage, s'il avait déposé auprès d'une gendarmerie on aurait pu connaître sa description « fraîche ». Après cinq ans, les déformations de la mémoire rendent un tel témoignage à peu près inexploitable, mais il y a trop de détails évoquant la rentrée atmosphérique pour que l'on puisse sérieusement douter de l'explication.

Périgueux (Dordogne) :

La chose passe entre deux groupes de témoins.
Ou plutôt entre deux témoins : le premier décrit parfaitement la rentrée atmosphérique, l'autre connu de façon indirecte décrit une « chose » moins spectaculaire dans la direction opposée.

Dérouler

Le texte de Mesnard commence par un sous-titre parfaitement mensonger : la chose passe entre deux groupes de témoins... En fait, il y a un seul témoin dans chaque « groupe » !

Le premier de ces témoins, photographe de métier, a observé vers 19 h, et pendant une dizaine de secondes, un ensemble de globes lumineux orangés dessinant le contour d'un rectangle, mais qui n'étaient reliés entre eux par aucun élément visible, et dont deux à l'arrière laissaient des traînées lumineuses très distinctes s'éteignant peu à peu.

L'ensemble occupait 90° du champ visuel, se déplaçait précisément d'ouest en est, et passait au nord à une hauteur angulaire de 45°. On remarque ici qu'un photographe professionnel sait apprécier les angles, puisque la rentrée passait au plus près à 43° de hauteur sur l'horizon !

La distance est estimée à 200 à 400 m au sol, soit 280 à 560 m de distance réelle pour cet angle de 45°... Même un photographe professionnel est incapable d'estimer la distance d'un objet inconnu, mais on peut chercher si les valeurs angulaires que l'on peut déduire sont cohérentes avec la rentrée atmosphérique, laquelle passait au plus près à une distance de 150 km.

Les dimensions du rectangle délimité par l'ensemble de lumières sont estimées à à 25 m sur 50, ce qui correspondrait à la distance de la rentrée à une longueur de 15 à 30 km, juste un peu minimisée. La longueur des traînées est estimée de son côté à un kilomètre, soit tout le champ visuel visible... Les traînées lumineuses ionisées de la rentrée étaient beaucoup plus courtes, mais il semble que dans l'ouest de la France elles se prolongeaient par des traînées beaucoup plus longues semblables aux traînées de condensation des avions.

La durée d'observation, estimée à 8 à 10 secondes pour un objet qui aurait parcouru de l'ordre de 90° dans le ciel, est de son côté nettement sous-évaluée : la rentrée mettait 40 secondes pour parcourir cet angle.

La vitesse de déplacement est estimée à moins de 100 km/h, ce qui à la distance réelle de la rentrée atmosphérique correspondrait à 27 000 à 54 000 km/h au maximum, une estimation correcte puisque la rentrée se déplaçait à 28 000 km/h. Notons qu'à la vitesse de 100 km/h, un objet se trouvant à la distance estimée par le témoin mettrait entre 20 et 40 secondes pour parcourir 90° dans le ciel... Il y a donc incompatibilité avec la durée d'observation estimée, la seule indication un peu anormale concernant la rentrée atmosphérique.

Nous avons donc là une description extrêmement précise de la rentrée atmosphérique, d'autant que comme d'habitude on ne nous dit pas après combien de temps ce récit a été fait, et on se demande donc ce qui peut bien pousser Mesnard à considérer ce témoignage comme une des meilleures preuves qu'il y avait ce soir-là « autre chose» !

Et la raison, c'est donc le second « groupe » d'un seul témoin... En l'occurrence, un témoin anonyme que l'enquêteur n'a pas rencontré, simplement mentionné par le premier témoin.

Il s'agit d'une dame habitant au nord-ouest de la position du photographe et qui a vu à la même heure un ensemble lumineux « défilant de telle manière qu'elle a cru qu'il s'agissait d'un camion entrant dans la caserne Ardant du Picq », caserne située au sud de son domicile, avant de se rendre compte que c'était plutôt au-dessus de cette caserne.

Toute personne un peu sensée déduirait qu'à Périgueux le photographe a observé la rentrée atmosphérique (et sûrement bien d'autres personnes), et cette dame a observé autre chose ou s'est trompée de direction, à moins que ça ne soit le photographe qui ait mal interprété son témoignage ! Mesnard, pour sa part, déduit que le même objet est passé entre ces deux personnes, qu'il érige pour être plus convainquant au rang de « groupes », et en en fait donc un cas de passage à la verticale de Périgueux !

Remarquons que comme par hasard l'observation qui semble incompatible avec la rentrée atmosphérique est celle faite par le témoin le plus indirect (Mesnard a vu l'enquêtrice qui a vu l'homme qui a vu la femme qui a vu l'objet), celui dont la profession ne nécessite pas de bonnes qualités d'observation, celui enfin qui a fait l'observation la moins spectaculaire (il est vrai qu'on n'a pas la moindre description de ce qu'a vu cette dame, mais on peut supposer qu'un objet qu'on prend dans un premier temps pour un camion passant à 500 m ne doit pas être particulièrement spectaculaire !)

Ile de Groix (Morbihan) :

Un losange de lumières reste à la verticale d'un chalutier pendant cinq minutes, puis part à une vitesse foudroyante.
Le passage à la verticale est plus que douteux, et pour le reste à part quelques erreurs de perception mineures il s'agit d'une bonne description de la rentrée atmosphérique.

Dérouler

Joël Mesnard se réfère au témoignage de José Bal, patron d'un chalutier, recueilli après trois ans, mais on peut lire aussi ce qu'il déclarait le lendemain de son observation à des journalistes de Ouest-France :

Il était 19 h 15, alors que nous étions dans le suroît de Pen-Men, à 18 miles. Il y a eu une explosion dans le ciel qui est devenu rouge tout d'un coup. Juste après cette explosion, j'ai pu voir au-dessus du bateau un objet en forme de losange qui est resté stationnaire pendant 3 à 4 minutes. Cet objet qui pouvait se situer à une distance de 1000 à 1500 mètres de moi a ensuite disparu en laissant derrière lui une traînée blanche.

Dans son témoignage plus détaillé mais beaucoup plus tardif, José Bal explique :

D'un coup, il y a eu comme une explosion, une lumière rouge intense, rouge pâle si on veut, comme un éclair rouge-orange, qui paraissait bas sur l'horizon. Ça n'était pas très gros, mais tout de même assez important... C'était assez loin... difficile de préciser la distance. Je me suis dit que c'était peut-être un avion ou un hélico qui aurait explosé, et puis non, vu la façon dont c'est venu ensuite. C'était comme si c'était rentré dans l'atmosphère, et aussitôt après, une lumière rouge : deux feux rouges qui avançaient. Il me semble que c'est celui de gauche qui était le plus haut. Ça avançait droit dans l'axe du bateau, avec un cap au nord-est. On a pu estimer (que ça venait d') entre le 200° et le 220°, à la vitesse d'un avion à hélice, une vitesse régulière, comme un avion qui va atterrir, mais ça ne paraissait pas haut, presque à l'horizontale, sur l'horizon.

Le début de l'observation est typique des débuts de la rentrée atmosphérique : une explosion, deux boules lumineuses qui en sortent et avancent lentement, puis un ensemble de lumières suivies de traînées prend forme peu à peu, c'est ce que décrivent tous les témoins qui étaient situés par exemple sur la côte des Landes, les mieux placés. José Bal est d'ailleurs sur la bonne voie en disant : « C'était comme si c'était rentré dans l'atmosphère » !

L'heure de l'observation, environ 19 h, est bien celle de la rentrée (le témoin disait environ 19 h 15 dans ses premières déclarations, ça reste proche). La direction d'où ça provenait, azimut compris entre 200 et 220°, correspond bien à celle où l'étage de fusée a explosé, seul le cap suivi, droit vers le bateau d'après M. Bal, est un peu différent.

M. Bal estime la durée de cette première phase, entre l'explosion et le passage au plus près, à environ 5 minutes, ce qui est très exagéré (sans doute de l'ordre d'une minute, guère plus, pour la rentrée, tout dépend du moment où l'étage de fusée a explosé), mais une telle exagération est courante.

Après, ça se gâte :

Et puis c'est arrivé à la verticale du bateau, et d'un seul coup, des lumières se sont allumées : beaucoup de lumières blanches. Quand ces feux blancs se sont allumés, on ne voyait plus les feux rouges. Les lumières blanches sont passées au-dessus du toit de la passerelle : je ne les voyais plus, alors je suis sorti sur l'arrière du bateau, ce qui m'a demandé quinze secondes. Bon, je les ai vues de l'arrière, et j'ai constaté qu'elles étaient disposées en losange.

La forme approximative de losange correspond encore bien aux descritptions des autres témoins de la rentrée atmosphérique, mais cette dernière passait au plus près à 21° de hauteur par rapport à l'horizon... Était-ce suffisant pour que M. Bal ait été gêné par le toit de sa cabine ? Pour le savoir, voyons comment se présente ce bateau... Sur une photo trouvée sur Internet où on le voit de profil (photo Philippe Malpertu, sur le site bateauxdepeche.net), il semble que l'on distingue la tête du marin qui le dirige, à quelque 50 cm de la vitre avant (s'il était à un mètre comme l'indique le témoin dans ses éclaircissements récents, le champ de vision serait encore plus limité !) On peut donc voir quel est son angle de vision vertical, limité en bas par le pont et en haut par le cadre de la vitre avant :

Angle de vision depuis la cabine

La hauteur maximale de visibilité sur l'horizon est de 13°, M. Bal aurait donc bien été gêné pour observer la rentrée lorsqu'elle passait au plus près, à une hauteur moyenne sur l'horizon de 21° avec les parties les plus hautes qui devaient se trouver à environ 25°. Certes, ce champ de vision dépend de la taille de la personne, mais on voit que le champ est très limité, et il est évident que lorsqu'on dirige un tel navire l'important est de voir sans difficulté ce qui se trouve sur la mer, donc en dessous de l'horizon, plutôt que dans le ciel... Ici, il ne voit déjà qu'à 10° au-dessous de l'horizon, ça ne doit pas être quelqu'un de très grand !

Il y a donc une incohérence dans le témoignage : M. Bal nous dit que c'est alors que l'objet était à la verticale de son bateau qu'il est sorti de sa cabine pour mieux l'observer, alors qu'en fait il ne pouvait le voir depuis la cabine qu'alors qu'il était très bas sur l'horizon...

Continuons :

Je me suis dit: « de l'avant, je verrais mieux », donc je suis passé à l'avant, et là, on le voyait très bien, ce fameux losange. C'était vraiment au-dessus de nous. Il ne bougeait pas, malgré le sens inverse du bateau en marche, donc il devait reculer un peu, en fait. Un losange complet, bien délimité par des lumières blanches tout autour, comme des guirlandes. Superbe !

La photo de M. Bal sur son bateau peut nous éclairer :

M. Bal à l'arrière de son bateau

En voyant cette photo dans LDLN, j'avais cru que M. Bal se trouvait à l'arrière du bateau, et je m'étais étonné qu'il ait trouvé utile de passer à l'avant « pour mieux voir » un phénomène censé se trouver à la verticale du bateau, alors que rien ne semble limiter son champ de vision hormis la cabine bas sur l'horizon... Et je me trompais sur ce point, puisqu'on voit bien sur la photo du bateau vue plus haut que le champ de vision à l'arrière est très limité... Mais il apparaît aussi que la photo de LDLN montre en fait Monsieur Bal à l'avant du bateau... Et cela répond aussi à une question que je me posais : pourquoi diable l'enquêteur Dominique Madrignac, qui a interrogé M. Bal sur son chalutier le 14 septembre 1993, n'avait pas pris de photo du témoin dans la position qu'il avait lors de son observation ? Il l'a donc fait, et c'est naturellement cette photo qui illustre l'article ! Mais on y voit M. Bal regarder vers l'avant du bateau, légèrement à droite, et bas sur l'horizon, précisément la direction de la rentrée atmosphérique en approche ! Ou si on préfère de l'ovni en approche, à ceci près que d'après son témoignage M. Bal aurait observée cette phase d'approche depuis la cabine de pilotage !

Nous avons vu aussi que dans l'article de journal il indiquait que l'objet était passé à une distance de 1000 à 1500 m de lui... Ça n'est pas le genre de chose qu'on dit pour un engin qui passe au-dessus de soi, on parle alors plutôt de l'altitude pour éviter les ambiguïtés. Le témoin ne mentionnait pas dans cet article l'altitude estimée de l'objet, mais il l'a fait dans son témoignage tardif, en indiquant 900 m... En faisant une synthèse des deux indications, on peut supposer que les 1000 à 1500 m correspondent à la distance au sol (il pourrait aussi s'agir de la distance réelle, mais on imagine mal quelqu'un donner comme distance 1000 m et comme altitude 900 m, à peine moins). La hauteur angulaire serait alors comprise entre 31 et 42°, pas trop exagérée par rapport aux 21° de la rentrée atmosphérique.

Concernant la dimension du phénomène, il nous dit que c'était « comme si on avait eu un plafond au-dessus de nous, qui déborde de chaque côté »... Cela relève sûrement de l'exagération, mais il estime aussi la dimension à 200 ou 300 m pour une altitude de 900 m... Ça n'est déjà plus un « plafond qui déborde de chaque côté », puisque ça ferait une dimension angulaire de 13 à 19° si l'objet était à la verticale, et encore nettement moins s'il passait à une hauteur angulaire de 31 à 42°. Reportée à l'altitude réelle de la rentrée atmosphérique, cette dimension atteindrait 22 à 33 km, sûrement très proche de la réalité.

On retrouve aussi chez M. Bal l'inévitable masse noire sur fond noir dont on ne distingue pas les contours : On avait l'impression de matière, mais dans le centre, est-ce que c'était une masse ? On ne voyait rien au travers. Ça n'était pas transparent, sinon on aurait vu un petit nuage, une étoile. On ne voyait que du noir, mais plus noir que le ciel. Même dans la nuit, on fait la différence.

Selon M. Bal, le phénomène est resté stationnaire au-dessus de son bateau pendant au moins cinq minutes... M. Bal n'avait aucun point de repère à l'arrière de son bateau (en dehors des étoiles mais il ne se souvient pas en avoir vu, elles étaient sûrement visibles mais il n'y a pas fait attention), il était absorbé par son observation, la rentrée atmosphérique se déplaçait lentement, à la vitesse angulaire de 1,5 degré par seconde seulement lors de son passage au plus près, il n'est donc pas surprenant qu'il ait pensé quelque temps que l'objet faisait du sur-place. Seule son estimation de la durée est très exagérée, cette impression n'a sûrement pas duré plus d'une trentaine de secondes.

Il semble qu'il ait ensuite associé le déplacement de l'objet à l'apparition de grosses traînées lumineuses, prises pour des réacteurs :

Je suis resté longtemps à regarder, puis ça a avancé un petit peu, en dépassant le bateau pour arriver au travers de l'arrière, et là, il y a eu les réacteurs (je pense que c'étaient des réacteurs) qui se sont mis en route. Ça s'est allumé en deux fois, mais au début, c'était juste minime, tout doucement, comme un brûleur à gaz avec des flammes blanches, pas (violentes), et progressivement, au fur et à mesure qu' « ils » mettaient la sauce, on voyait les genres de réacteurs qui forçaient. C'est devenu assez vif comme une traînée de lumière blanche, et d'un seul coup, c'est parti, d'un mouvement terrible, cap nord-est, à une vitesse incroyable.

La dernière phrase est une exagération tardive, puisqu'il disait plus simplement le lendemain de son observation :

Cet objet qui pouvait se situer à une distance de 1000 à 1500 mètres de moi a ensuite disparu en laissant derrière lui une traînée blanche.

Sur un dessin, M. Bal indique que l'objet se serait éloigné au nord-est, alors que la rentrée atmosphérique devait disparaître pratiquement vers l'est, mais on peut supposer que cela découle de sa conviction que l'objet, qui venait du sud-ouest, était passé exactement au-dessus de son bateau.

On peut se demander aussi si au cours de son observation, le bateau de M. Bal n'aurait pas un peu viré, ce qui pourrait mieux expliquer soit l'impression de sur-place, soit le mauvais cap final (mais pas les deux, à moins d'imaginer que le bateau ait viré d'abord à gauche et puis à droite, ce qui serait un peu surprenant).

Au début de cette année, l'observation de Monsieur Bal a été évoquée sur le forum pour ufo-crédules « les Mystères des Ovnis » ; un des intervenants, « Elevenaugust » (qui fait du reste partie des quelques participants très sérieux, ayant écrit en particulier des dossiers passionnants sur des méprises photographiques ou météorologiques), habitant la région et qui connaissait l'enquêteur ayant interrogé M. Bal, s'était proposé pour rencontrer ce dernier et tenter d'éclaircir les points d'ombre. Un questionnaire avait été préparé avec le concours du modérateur d'alors, « Nathanaël » et d'autres participants : Ile de Groix-constitution du questionnaire. Et puis le temps à passé, j'ai été banni de ce forum, Nathanaël s'est lui-même auto-exclu lorsqu'il est passé du stade de croyant intégriste à celui de sceptique intégriste, mais Elevenaugust n'a pas pour autant renoncé à rencontrer ce témoin, et il a fini par le faire tout récemment... J'ai recopié ce compte-rendu, en ajoutant mes commentaires :
  1. Localisation de l'observation.

    La position supposée à 18 milles dans le suroît (soit au sud-ouest, c'est-à-dire 225° depuis la pointe de Pen-Men sur l'île de Groix) se trouve au niveau du point rouge sur la capture d'écran ci-dessous. Le témoin peut-il confirmer cette position ?

    Oui, tout à fait.


  2. Direction de la course du chalutier. Quel était le cap suivi par le chalutier ? Si le témoin est capable de donner un cap, à quel moment celui-ci a-t-il été relevé (avant, et si oui combien de temps avant ? pendant ? ou après ?)

    Le chalutier se déplaçait cap Suroît (Sud-Ouest), et en ce qui concerne le moment du relevé, il n'y a pas eu de relevé précis à ce moment-là, mais le bateau maintenait ce cap en permanence bien avant le début de l'observation et après sa fin.

    À l'enquêteur de LDLN, Monsieur Bal avait dit que le bateau se dirigeait vers le sud.

  3. Dimensions du chalutier et de la passerelle. Serait-il possible d'avoir une photo du chalutier ?

    Le chalutier mesure 13,30 m de long pour 5,40 m de large et la cabine fait 3 m sur 3 m.

    Une photo est jointe, mais on peut trouver pas mal de photos de l'Elvis sur Internet en tapant simplement « chalutier Elvis » dans la recherche Google catégorie images. M. Bal n'est plus propriétaitre de ce bateau qui se trouve maintenant à Trouville en Normandie, mais il n'a guère changé en dehors de l'ajout du bastingage sur la passerelle supérieure.

  4. « J'étais sur la passerelle. Le reste de l'équipage dormait. D'un coup, il y a eu comme une explosion, une lumière rouge intense, rouge pâle si on veut, comme un éclair rouge-orange, qui paraissait bas sur l'horizon. Ça n'était pas très gros, mais tout de même assez important... comme une explosion. C'était assez loin... difficile de préciser la distance. Je me suis dit que c'était peut-étre un avion ou un hélico qui avait explosé, et puis non, vu la façon dont c'est venu ensuite ».

    Question : Lors de cette première phase de l'observation, quelle place le témoin occupait-il dans la cabine, était-il au poste de pilotage ? Ou observait-il la scène d'un autre point de vue ? Selon le point d'observation, quel est le champ de vision que lui autorisait la structure de la cabine ? S'il était au poste de pilotage, quel était son champ de vision et quel est l'angle de vue maximal et minimal en hauteur que permet cette situation ? Lui aurait-il été possible de voir un phénomène situé à 25/30° de hauteur sur l'horizon ? À défaut de pouvoir en rendre compte, est-il possible d'évaluer les distances : celle de l'oeil par rapport à la vitre, et celle de la hauteur de l'oeil par rapport au haut de la vitre. Et pareil à l'extérieur avec le toit de la cabine...

    Mr Bal se trouvait face aux vitres de la cabine, dans le poste de pilotage, (4 vitres d'environ 70 cm de large sur 1 m de long chacune environ), son regard se trouvant à environ 1 m des vitres, le champ de vision étant très large ; il estime qu'il lui aurait tout à fait été possible de pouvoir voir un phénomène se trouvant à 25/30° au-dessus de l'horizon.


    Il se trompe sur ce point, nous avons vu que la hauteur limite de visibilité doit être de l'ordre d'une quinzaine de degrés...

  5. « Ça avançait droit dans l'axe du bateau, avec un cap au nord-est »

    Question : Quels sont les éléments d'appréciation qui ont permis au témoin de juger d'une trajectoire de l'objet précisément dans l'axe du bateau ?

    Cap du bateau inchangé et apparition du phénomène face au bateau et disparition dans l'axe arrière du bateau.


    D'après l'enquête de LDLN, le bateau se déplaçait vers le sud, le phénomène serait donc apparu un peu vers la droite et se serait éloigné à l'arrière gauche du bateau.

  6. « Et puis c'est arrivé à la verticale du bateau, et d'un seul coup, des lumières se sont allumées : beaucoup de lumières blanches. Quand ces feux blancs se sont allumés, on ne voyait plus les feux rouges. Les lumières blanches sont passées au-dessus du toit de la passerelle : je ne les voyais plus, alors je suis sorti sur l'arrière du bateau, ce qui m'a demandé quinze secondes »

    Question : En ce qui concerne cette étape de l'observation, le témoin confirme-t-il que le phénomène est sorti de son champ de vision et quels sont les éléments qui lui ont permis relativement à sa position à l'intérieur de la cabine de conclure que l'objet s'était déplacé pour se situer au-dessus du toit de la passerelle ?

    Oui, et la trajectoire rectiligne du phénomène lui a fait immédiatement penser que l'objet devait logiquement se retrouver au-dessus du bateau.

    C'est là que le bât blesse : étant donné la limite de visibilité depuis la cabine, les lumières devaient encore être très bas sur l'horizon lorsqu'il est sorti... Et l'objet ne pouvait pas s'être beaucoup déplacé pendant ce temps puisque toujours dans l'article de LDLN le temps écoulé entre l'apparition du phénomène et son arrivée à la verticale du bateau était de l'ordre de 5 minutes.

  7. « Bon, je les ai vues de l'arrière, et j'ai constaté qu'elles étaient disposées en losange. Je me suis dit : « de l'avant, je verrais mieux », donc je suis passé à l'avant, et là, on le voyait très bien, ce fameux losange. »

    Question : Le témoin peut-il nous confirmer que lorsqu'il fut sorti à l'arrière du bateau, il pouvait voir très nettement le phénomène à la verticale de celui-ci ? Pourquoi selon lui alors même qu'il pouvait observer ce phénomène de l'arrière du bateau a-t-il éprouvé le besoin de se rendre à l'avant du bateau pour mieux voir ? Est-ce parce que son champ de vision était obstrué par la cabine ? Ou y a-t-il une autre raison ?

    Oui, le phénomène à la verticale du bateau était visible depuis l'arrière, cependant la configuration du bateau limitait sa vision globale du phénomène, en particulier à cause de la casquette (dans le prolongement de l'arrière de la cabine) et du matériel de pêche suspendu (palans, filets....). La visiblité est bien meilleure à l'avant.

    C'était moi qui avais suggéré cette question en pensant que le champ de vision à la verticale était dégagé à l'arrière du bateau, mais nous avons vu que je me trompais sur ce point en interprétant mal la photo illustrant l'article de LDLN... Il apparaît au contraire que le champ de vision depuis l'arrière est très encombré... Mais il est clair aussi qu'il était impossible de voir depuis l'arrière un objet arrivant dans l'axe avant du bateau s'il n'était pas très haut sur l'horizon, ce qui précisément ne pouvait pas être le cas. Si l'objet se trouvait un peu à droite du bateau, M. Bal pouvait le voir de l'arrière en se positionnant sur le côté.

  8. « C'était vraiment au-dessus de nous. Il ne bougeait pas, malgré le sens inverse du bateau en marche, donc il devait reculer un peu, en fait. Un losange complet, bien délimité par des lumières blanches tout autour, comme des guirlandes. Superbe ! C'était assez important, ça paraissait vraiment énorme, même bien 200 à 300 m de côté, beaucoup plus que mon bateau, au moins quatre à cinq fois comme le bateau, comme si on avait eu un plafond au-dessus de nous, qui déborde de chaque côté. On n'avait pas l'impression que c'était haut, parce qu'avec tous ces feux qui étaient vraiment énormes... Mais est-ce que ça paraissait grand parce que c'était bas ? Ça n'avait pas l'air d'être haut, vu comme c'est arrivé bas sur l'horizon, peut-être 900 m de haut, par comparaison aux câbles qu'on allonge pour la pêche. »

    Question : Lorsque le témoin observait le phénomène de l'avant du bateau, vers quelle direction regardait-il ? Était-il orienté vers la cabine pour observer l'objet à la verticale du bateau ou regardait-il dans la direction du déplacement du bateau ou autres ? Peut-il nous décrire à ce moment quelle était sa position exacte d'observateur relativement au bateau et au phénomène observé ?

    Il faut savoir que le bateau se déplaçait à ce moment-là à 3,5 Noeuds (soit environ 6,5 Km/h, vitesse constante et non modifiée) et que Mr Bal avait l'impression que l'objet « suivait » le bateau, restant parfaitement immobile durant tout le temps de l'observation au-dessus du bateau. Mr Bal était tourné vers l'arrière du bateau, se trouvant à l'avant, le regard à la verticale, puis dirigé vers l'arrière lorsque le phénomène a commencé à se mouvoir.

    Une autre précision : Mr Bal n'est pas resté constamment à l'avant durant tout ce temps d'immobilisation du phénomène, mais a fait des aller-retours avant-arrière afin de mieux jauger le phénomène.


    Voilà qui est contraire à ce que l'on voit sur la photo illustrant LDLN.

    Le témoin dit avoir observé un objet énorme ? Il donne une estimation de 200/300 m de côté pour une hauteur estimée de 900 m. L'estimation de la longueur de côté de 200/300 m est-elle l'estimation de la longueur réelle de l'objet ou de sa dimension apparente ? Le témoin peut-il évaluer les dimensions angulaires ou apparentes (à bout de bras) (comparaisons avec le diamètre lunaire, une constellation telle que la Grande ourse...) ?

    Non, cette estimation ne signifie rien, le témoin reconnaît bien volontiers que sans aucun point de repère, il est difficile voire impossible de donner une estimation fiable, ce qu'il a dit à l'époque étant pour donner un ordre de grandeur très relatif. Quoiqu'il en soit, l'impression « d'énormité » du phénomène demeure dans son esprit, même 20 ans plus tard.

    Pour la taille estimé à bout de bras, une longueur de main est bien en-deçà de la réalité, l'estimation étant de 70 à 80 cm de long (mesuré sur un réglet tenu à bout de bras).


    Ça donnerait une dimension angulaire impressionnante de l'ordre de 60°, largement supérieure à celle de la rentrée atmosphérique qui ne devait pas dépasser 15°. Mais nous avons vu que les indications précédentes de 200 à 300 m de longueur pour une altitude de 900 m donnaient une dimension bien plus réduite, de 13 à 19° si l'objet était à la verticale, et encore moins dans le cas contraire.

    Lorsque le témoin décrit le phénomène comme étant « un plafond au-dessus de nous, qui déborde de chaque côté. », qu'entend-t-il par là ? Le phénomène débordait-il effectivement des côtés du bateau jusqu'à barrer la vue du ciel par exemple ? Comme il semble le décrire dans la partie qui suit : « On avait l'impression de matière, mais dans le centre, est-ce que c'était une masse ? On ne voyait rien au travers. Ça n'était pas transparent, sinon on aurait vu un petit nuage, une étoile. On ne voyait que du noir, mais plus noir que le ciel. Même dans la nuit, on fait la différence ; je ne me souviens pas d'avoir vu des étoiles, mais le ciel était clair, vraiment clair »

    Effectivement, Mr Bal dit clairement que l'objet aurait pu englober son bateau sans problèmes, et qu'il barrait la vue du ciel. L'impression de matière, de sombre au milieu de ce phénomène demeure, et d'éventuelles étoiles n'étaient pas visibles dans ce centre.


    L'habituelle forme noire qu'on ne distingue pas dans le fond de la nuit

  9. « C'est resté stable bien cinq minutes au-dessus de nous, à faire du sur-place, comme s'« ils » voulaient nous voir, nous photographier... Je suis resté longtemps à regarder, puis ça a avancé un petit peu, en dépassant le bateau pour arriver au travers de l'arrière, et là, il y a eu les réacteurs (je pense que c'étaient des réacteurs) qui se sont mis en route. Ça s'est allumé en deux fois, mais au début, c'était juste minime, tout doucement, comme un brûleur à gaz avec des flammes blanches, pas (violentes), et progressivement, au fur et à mesure qu'« ils » mettaient la sauce, on voyait les genres de réacteurs qui forçaient. »

    Question : Le témoin peut-il nous donner confirmation de la durée (5 mn) de la position stationnaire de l'objet ou existe-t-il une marge d'incertitude ? À cette étape de l'observation, le témoin peut-il nous donner sa position relativement à l'objet, l'axe de vue de son observation et sa situation sur le bateau ? Lorsque l'objet a semblé se déplacer légèrement sur l'arrière du bateau pour se positionner au travers de l'arrière, quelle était l'orientation du témoin ? Son regard était-il tourné vers l'arrière du bateau ou dans une autre direction ?

    Après réflexion, Mr Bal pense avoir possiblement surestimé un peu cette durée, mais en aucun cas inférieure à 3 minutes. Comme il a observé successivement le phénomène depuis l'arrière et l'avant du bateau, il ne se souvient plus s'il était à l'avant ou à l'arrière lors de son départ, ce qui est certain c'est que son regard était tourné vers l'arrière.

    3 à 4 minutes, c'est ce qu'il indiquait dans l'article de presse... Et c'est incompatible avec la rentrée atmosphérique qui n'a pas pu donner l'impression de surplace pendant plus d'une trentaine de secondes, mais des erreurs d'estimation de durées de cette importance sont fréquentes.

  10. « C'est devenu assez vif comme une traînée de lumière blanche, et d'un seul coup, c'est parti, d'un mouvement terrible, cap nord-est, à une vitesse incroyable. »

    Question : Le témoin peut-il confirmer qu'il a vu l'objet disparaître à une vitesse fulgurante dans la direction nord-est ? Lors de cette dernière étape de l'observation, dans quelle direction le témoin regardait-il et quelle était sa position sur le bateau ?

    Oui, vitesse fulgurante vers le NE.


    C'était déjà dans le témoignage pour LDLN, mais pas dans l'article de presse quelques jours après l'observation.

  11. Le témoin aurait dit à l'enquêteur de LDLN qu'il avait parlé au patron d'un autre bateau, le Guillemot, qui se trouvait dans les parages, lequel aurait vu les lumières blanches mais n'y aurait pas fait attention.

    Question : A-t-il donné une estimation de la direction de son observation ? Et M. Bal a-t-il rencontré plus tard d'autres personnes, marins ou non, qui avaient observé quelque chose non loin de là ? Ont-ils comparé leurs observations, notamment en ce qui concerne les directions, pour savoir s'ils avaient pu observer la même chose ?

    Le patron du Guillemot III (bateau toujours en activité à Port-Louis) est décédé depuis, mais il a bien observé des lumières blanches, sans y prêter davantage attention. Lorsqu'il en ont reparlé à la radio VHF et plus tard, sur terre, il n'a pas été fait mention de quoique ce soit d'autre, le patron du Guillemot ayant repris ses activités de pêche et n'ayant absolument pas relevé d'azimut, de durée, ou d'autres détails.

    Mr Bal en a parlé à quelques amis, mais a été victime des quolibets d'usages: « t'as vu des rats bleus... » etc... sans que qui que ce soit d'autre évoque une semblable observation.


  12. D'après l'ensemble des témoins de la rentrée atmosphérique, il y a eu d'abord une boule lumineuse qui a explosé (l'explosion a formé un nuage bizarre qui a persisté un quart d'heure, il serait intéressant de demander au témoin s'il a vu ce nuage, dans la direction d'origine du phénomène), puis deux grosses lumières se sont détachées de cette explosion, et en s'approchant elles se sont différenciées en une multitude de lumières qui prenaient au passage au plus près la forme générale d'un triangle, losange ou ovale... Plusieurs traînées suivaient ces lumières, et plus loin sur la trajectoire deux grosses traînées lumineuses sont apparues...

    Question : D'après la description faite par les témoins de cette rentrée atmosphérique et les photos suivantes qui sont assez représentatives de l'aspect visuel d'une rentrée atmosphérique, pourrait-il s'agir de ce que le témoin a observé ?

    Mr Bal est formel, lors de l'apparition du phénomène bas sur l'horizon, aucun nuage bizarre n'était visible près de lui, ni ailleurs.

    J'ai montré les photos à Mr Bal qui me dit que ce qu'il a vu ne ressemble en rien à ce qu'on y voit. Il mentionne des «  feux blancs » sans traînées, disposées en losange sur un « pourtour » et non de façon « désordonnée » comme sur les photos.


    Les deux photos de rentrées atmosphériques montrées en exemple au témoin :

    Rentrée Apollo 8

    Rentrée du module Apollo 8 en décembre 1968.


    Rentrée ATV

    Rentrée du module ATV (le « cargo » européen vers la station spatiale internationale) en septembre 2008.
    Photo de Jesse Carpentern Bill Mode et Peter Jenniskens, Ames Research Center (NASA).
Elevenaugust doit bientôt revoir M. Bal pour aborder encore quelques points litigieux, et aussi lui montrer mon texte et lui demander ce qu'il en pense. À suivre donc sur le forum déjà mentionné. Je ne peux pas y intervenir puisqu'il paraît que je « perturbais les échanges », si ça apporte quelque chose d'intéressant je ferai un ajout à ce texte.

Il est clair qu'il sera difficile de le convaincre ce témoin qu'il a observé une rentrée atmosphérique alors qu'il pense depuis vingt ans qu'il a vu quelque chose d'extraordinaire et mystérieux...

Mais il n'empêche qu'on a une description plutôt exacte de la rentrée atmosphérique, avec seulement quelques détails incompatibles mais qui justement apparaissent douteux à l'examen du témoignage, et aussi quelque exagération dans le récit fait plusieurs années après les événements.

Et on sait aussi que la rentrée atmosphérique, très spectaculaire, passait bien vers le sud, la direction de déplacement du bateau, alors que M. Bal se trouvait au poste de pilotage.


LDLN n° 359, deuxième partie :

Linas (Essonne) :

Deux brusques changements de cap.
Un seul des quatre témoins les signale, il courait sur un chemin sinueux, ça explique bien l'erreur de perception et en dehors de cela la description évoque la rentrée.

Dérouler

Quatre joggers courent d'ouest en est sur une piste cyclable, à environ 18 h 57, lorsqu'ils voient au sud d'abord une faisceau de lumière blanche qui vient vers eux, puis un deuxième, vert celui-là, qui ne touche pas le sol. Lorsque les deux faisceaux s'éteignent, l'engin se présente sous la forme d'une masse noire qui ne réverbère pas la lumière (autant dire qu'elle est invisible !), munie de lumières rouges et d'un gros globe lumineux vert. L'engin s'immobilise un instant au-dessus des coureurs avant de faire un « bond » très rapide vers l'est, et peu après il s'éloigne rapidement vers le sud-est, ne laissant voir qu'un « trait de lumière ». L'observation a duré une à deux minutes.

On voit que la description, avec ses deux faisceaux « tronqués » et ses lumières rouges délimitant une « forme noire » invisible, évoque tout à fait la rentrée atmosphérique vue depuis la région parisienne. C'est donc bien sûr le déplacement erratique, avec un surplace, deux brisures de trajectoire et un bond en avant, qui pose problème. Pour essayer de comprendre, voyons avec Google Maps sur quel parcours ces joggers ont observé le phénomène, d'après le témoignage :

Le parcours se terminant par un virage

C'est au niveau de l'arbre à gauche que la position des témoins, sans doute au début de leur observation, est indiquée sur le schéma de reconstitution dans LDLN, et le trajet a dû être de l'ordre de 300 mètres pour une course tranquille pendant une ou deux minutes. Le phénomène serait apparu vers le sud, soit la direction de la rentrée atmosphérique peu avant son passage au plus près, et avant cela elle se trouvait dans le dos des coureurs qui n'ont donc pas pu la voir approcher.

En supposant que l'observation a débuté un peu avant l'arbre (notons que cet arbre, pas plus que les autres, ne devait pas beaucoup gêner la vision lorsqu'il était dépourvu de feuillage en automne), tout à gauche de l'image, on remarque que la piste cyclable fait un virage d'environ 18 degrés vers la gauche, sur un parcours d'une trentaine de mètres. À une vitesse raisonnable de 12 km/h, ce parcours a été effectué en 9 secondes. Durant ce temps, la rentrée atmosphérique se déplaçait dans le ciel de 19° vers la gauche jusqu'à son passage au plus près, compensant presque exactement le virage ! Autrement dit, la rentrée gardait pendant cette partie du parcours une direction pratiquement fixe par rapport aux témoins, mais se rapprochait légèrement et s'élevait dans le ciel jusqu'à son passage au plus près... Soit précisément ce qui est dit pour la première phase de l'observation. Les témoins couraient et n'avaient donc pas de repère visuel fixe, ils devaient être trop absorbés par leur observation pour prendre conscience que la route virait légèrement, l'erreur de perception est donc assez naturelle...

Continuons... L'objet reste ensuite stationnaire pendant quelques secondes, correspondant vraisemblablement au passage au plus près, et ensuite le chemin fait un virage d'environ 30° dans l'autre sens, sur un parcours de l'ordre de 20 m parcouru en 6 secondes. La rentrée se déplace pendant ce temps de l'ordre de 14° dans le ciel, et donc dans le champ visuel des témoins d'un total de 44° vers la gauche, tout en restant sur leur droite, vers le sud-est... Et justement, les témoins voient alors l'objet « bondir », en passant du sud au sud-est en quelques secondes, soit un déplacement angulaire de 45° !

Enfin, l'objet se stabilise encore alors que le chemin vire de nouveau de 21° vers la gauche en une vingtaine de mètres, la rentrée ne se déplace dans le ciel que d'une quinzaine de degrés pendant ce temps et donne donc l'impression de s'éloigner vers le sud, puis vers l'est lorsque le chemin devient rectiligne... Les témoins disent pour leur part que l'objet s'est éloigné vers le sud-est jusqu'à disparaître à l'horizon...

Nontons que le chemin reste ensuite droit et que le champ visuel est dégagé vers le sud-est sur la partie du parcours non représentée sur l'image.

Globalement, tout ceci s'accorde donc plutôt bien... Mais est-il vraiment crédible que quatre témoins fassent tous la même erreur de perception, pour naturelle qu'elle soit ?

On peut en douter, mais justement même si Joël Mesnard a présenté ce cas pendant des années dans ses conférences comme une fantastique observation faite par quatre témoins ayant observé deux « brisures de trajectoire » très nettes, ça n'était que ce qu'il espérait !

La vérité, c'est qu'il avait alors seulement une lettre d'un des témoins, rédigée trois ans après les faits... Et lorsqu'encore trois ans plus tard il a fini par rencontrer les témoins, voici ce qu'il a constaté, avec sûrement une certaine déception :

Il faut dire que M. Le Peltier est probablement le seul qui ait réellement prêté attention au spectacle qui s'offrait à eux. Deux de ses amis, probablement trop absorbés par leur entraînement, n'ont guère prêté attention au phénomène, et lors des conversations qui ont suivi, ils ont exprimé un certain manque d'intérêt pour l'incident.

Pas d'intérêt pour une observation aussi extraordinaire ? Ne peut-on pas plutôt penser que ces deux témoins récalcitrants n'ont tout simplement pas trouvé quelque chose d'extraordinaire à leur observation, n'ont pas vu notamment l'engin faire ces deux manoeuvres spectaculaires et n'ont eu aucun mal à croire qu'ils avaient observé une banale rentrée atmosphérique, comme la presse l'a révélé quelques jours plus tard ?

Et au fait, où est donc passé le quatrième jogger ? Mesnard préfère l'oublier ici, mais on apprend plus loin au sujet d'un autre cas (voir l'observation « entre Mulhouse et Bâle ») que ce quatrième témoin a tout simplement oublié l'incident ! Ce que Mesnard interprète bien sûr comme une nouvelle étrangeté, pour ma part je considère plutôt qu'il peut être naturel, pour quelqu'un qui n'a pas trouvé particulièrement remarquable l'observation d'un phénomène expliqué par une rentrée atmosphérique, d'oublier l'incident après six ans.

Bref nous avons là encore une observation évidente de la rentrée atmosphérique, que les joggers ne pouvaient d'ailleurs pas manquer, et un des témoins a fait une erreur d'orientation tout à fait naturelle alors qu'il courait sur une route sinueuse... Tout le reste n'est que fantasmes.


Pour ce qui est de la comparaison que Mesnard fait ensuite des trois trajectoires d'objets vus dans le même secteur, il est remarquable que les deux trajectoires apparemment incompatibles avec la rentrée atmosphérique soient mentionnées par des témoins isolés qui se déplaçaient, en automobile pour Vert-le-Grand et en courant pour Linas... Le troisième cas, à Brétigny, nous allons en parler puisqu'il est évoqué, bien qu'il ne soit pas discuté dans le dossier de Joël Mesnard qui ne le considère pas comme tout à fait probant... Celui-ci concerne deux témoins immobiles, et la trajectoire décrite est parfaitement normale !

Brétigny-sur-Orge (Essonne)

Les deux dames distinguent parfaitement le contour de cette masse, qui ressemble à « l'avant d'un TGV » (ce cas n'a pas été retenu comme exemple probant).
En dehors de ce contour « parfaitement distingué » et d'une extinction de l'éclairage public au passage de l'objet, tout évoque la rentrée atmosphérique.

Dérouler

Mesnard ne retient donc pas ce cas dans sa sélection, mais plus loin dans le dossier il considère tout de même qu'il concerne « très probablement autre chose que la rentrée ». Voici comment il était exposé dans LDLN n° 303 :

Il est 19 h 05 lorsque deux dames garent leur voiture rue de l'Orge. Au moment où elles descendent, l'éclairage public s'éteint. Elles voient alors, venant de la direction d'Orléans, c'est-à-dire du sud, et se dirigeant vers le nord-nord-est, « une énorme masse noire », avec des lumières tout autour. Elles distinguent parfaitement le contour de cette masse, qui ressemble à « l'avant d'un TGV ». La chose est visible sous un angle considérable : comme la Grande Ourse, ou comme le toit d'un pavillon, vu à 40 ou 50 m.

Mme M. est frappée par la beauté du spectacle. Elle n'avait jamais rien vu de semblable. À la périphérie de la masse sombre, elle distingue de grosses lumières, bien rondes, et d'autres plus petites. Au total, il y en a peut-être une cinquantaine. Il y en a des blanches et des oranges. Certaines clignotent. Elles ne scintillent pas. Ce sont des boules, comme des globes lumineux. En bas de la masse, deux boules blanches projettent vers l'arrière des faisceaux blancs, de section constante, dont l'extrémité est franche, « un peu comme des tubes au néon ». Mme M. estime à 30 ou 40 secondes la durée de l'observation. Elle se précipite vers l'arrière de sa maison, dans l'espoir de voir la chose s'éloigner à l'horizon, vers Saint-Michel. Mais c'est en vain : tout a disparu.

Mme X., elle, estime à une minute la durée de l'observation. Le dessin qu'elle fait du phénomène n'est pas rigoureusement identique à celui de son amie, mais elle confirme la couleur des lumières : du blanc et de l'orange. Sur la couronne de lumières, à l'avant, il y en a une grosse qui clignote. Il y a également quelques feux à l'arrière, mais plus faibles et plus petits que ceux de l'avant.


Dessins des deux témoins

Mesnard mentionne ce cas ici pour signaler que les trois cas du même secteur impliquent des trajectoires très différentes... Mais seul celui de Brétigny concerne des témoins immobiles, et c'est justement celui-ci qui est conforme à la rentrée atmosphérique, bien que ça ne soit pas évident sur le schéma des lieux d'observation qui figure dans le dossier : on peut avoir l'impression que l'objet aurait été vu depuis Brétigny passant de gauche à droite au nord-ouest, à l'inverse de la rentrée, mais en fait les deux témoins se trouvaient au nord-est de Brétigny et voyaient bien l'objet défiler de droite à gauche au sud-est... Tout comme un autre témoin de Brétigny cité dans le même numéro 303 de LDLN, et dont l'observation ne présente aucun détail étrange.

La trajectoire suivie est donc tout à fait conforme à celle de la rentrée, la durée de l'observation, estimée entre 30 et 40 s pour un témoin, environ une minute pour l'autre, est aussi très vraisemblable... L'estimation de la dimension angulaire, équivalente à celle de la Grande Ourse (environ 30° sur 10°), est aussi très proche de celle de la rentrée vue depuis la région parisienne... Le seul détail un peu surprenant est que pour une fois ces témoins disent avoir parfaitement distingué les contours de la « masse noire » portant les lumières. Mais force est de constater que si l'on enlève cette « masse noire », les dessins de ces deux dames évoquent parfaitement la rentrée atmosphérique telle qu'elle a été décrite par d'autres témoins de la région parisienne, avec un ensemble de lumières blanches ou orangées et deux « faisceaux tronqués » de section constante dirigés vers l'arrière.

On aimerait être sûr qu'elles ont toutes deux affirmé dans leur déclaration avoir vu, et pas seulement « deviné », les contours de l'objet, mais ça n'est pas du tout évident... À propos du dessin du deuxième témoin, on lit : « Le dessin qu'elle fait du phénomène n'est pas rigoureusement identique à celui de son amie, mais elle confirme la couleur des lumières ; du blanc et de l'orange. » Cela, nous n'en doutons pas, mais les contours ?

Une dernière anomalie dans ce cas est que juste avant que ces deux dames observent le phénomène, l'éclairage public s'est éteint. Il ne faut sans doute pas y voir autre chose qu'une coïncidence, pas vraiment surprenante sur un total de plus de 400 observations, et il se peut que la simultanéité des événements ait été exagérée après coup.

Bétheny (Marne) :

Une « ville dans le ciel », qui va du sud au nord ! (ce cas n'a pas été retenu par Joël Mesnard comme un des plus convaincants).
La rentrée atmosphérique est très bien décrite, la trajectoire indiquée est incompatible avec le témoignage et résulte probablement d'une erreur de localisation d'un repère géographique.

Dérouler

Une « masse noire » délimitée par des lumières rouges, même si la forme de rectangle avec des « boursouflures aux angles » et les lumières disposées à la périphérie (mais « peut-être y avait-il aussi une lumière rouge à l'intérieur ») n'est pas très conventionnelle, ça rappelle trop la rentrée pour être autre chose !

Et cette fois, la dimension réelle est très correctement évaluée, puisque le témoin « eut l'impression que ça avait la taille d'une ville ! » Avec des dimensions de l'ordre de 20 km sur 50, c'est bien la taille qu'avait l'ensemble des lumières de la rentrée atmosphérique !

Cette « masse » a donc défilé sans bruit, pendant une minute, un peu avant 19 h, de la droite vers la gauche ; tout cela est encore parfaitement conforme à la rentrée...

Petit problème par contre pour la trajectoire, censée aller de Reims, dont le centre se trouve au sud-sud-ouest du lieu d'observation, vers l'aérodrome, qui se situe au nord-nord-ouest... Cela suppose une trajectoire sud-nord assez éloignée de celle de la rentrée, mais surtout passant à l'ouest et de gauche à droite, alors que le contraire est indiqué dans le témoignage ! Voyons avec Google maps la position du témoin par rapport à Reims et l'aéroport :

Carte de Bétheny

Il y a dans tous les cas chez cette dame une erreur d'orientation quelque part... On peut supposer qu'elle situe par erreur l'aéroport à droite de la route de Bétheny venant du centre de Reims, alors qu'il se situe à gauche. Dans ce cas elle imaginerait cet aéroport vers le nord-est, bien plus en accord avec la direction de disparition de la rentrée !

Des erreurs mineures donc, surtout quand on apprend que cette dame a témoigné après cinq ans ! On sait par ailleurs qu'elle se trouvait en compagnie d'une dizaine d'autres personnes rassemblées pour passer leur permis de conduire, mais elle est la seule à avoir témoigné.

Sillery (Marne) :

À 50 m de l'énorme chose ! (Mesnard ne l'a pas retenu non plus dans sa sélection, mais le considère tout de même comme assez convainquant).
Il n'y a rien de très étonnant dans ce témoignage.

Dérouler

Mesnard indique plus loin dans son dossier qu'il s'agit d'un des cas qui, à son avis, concernent très probablement autre chose que la rentrée...

Mais on a du mal à comprendre pourquoi : Cette dame venait de Reims en voiture, quand elle a vu apparaître dans son pare-brise une immense chose qui semblait plate mais épaisse, au contour bordé de nombreuses petites lumières multicolores, avec une grosse lumière blanche à l'avant, deux autres à l'arrière, et une énorme lumière jaune-orangé au beau milieu de la face inférieure. Le reste était sombre, plus sombre que le ciel, et l'ensemble était « largement aussi long qu'un terrain de football ».

Ça se déplaçait de l'ouest-sud-ouest vers l'est-nord-est et ça passait au sud, soit précisément la trajectoire de la rentrée atmosphérique, la description est à peu près correcte, la « masse noire plus sombre que le ciel » correspond à la classique « illusion de contour », et si Mesnard ne dit pas de quand date ce témoignage il est probablement aussi tardif que le précédent, soit cinq ans après l'observation...

Si tout ce qu'il trouve surprenant est la distance estimée à une cinquantaine de mètres, tout bon ufologue sait bien qu'en l'absence de repères cinquante mètres ou l'infini c'est la même chose, surtout quand on observe la nuit depuis une automobile en marche ! Et un terrain de football vu à 50 m, c'est bien plus grand en dimensions apparentes que la rentrée atmosphérique, mais tout bon ufologue sait aussi, et Mesnard l'indique souvent dans sa revue, que les exagérations extrêmes de dimensions angulaires sont courantes voire systématiques !

Verzenay (Marne) :

« Comme un terrain de football, un porte-avions volant, un zeppelin... » (et encore un cas « non retenu, mais presque »).
Encore une bonne description de la rentrée, des dimensions apparentes tout à fait conformes, une forme noire indiscernable...

Dérouler

Mesnard ne le retient encore pas, mais le classe aussi parmi ceux qui, à son avis, concernent très probablement autre chose que la rentrée, et nous dit qu'il s'agit de l'un des plus extraordinaires témoignages du 5 novembre.

Extraordinaire parce qu'il y a une quinzaine de témoins militaires réunis, mais comme d'habitude un seul a fait un rapport (enfin ça n'est pas complètement une habitude, mais quand ça n'est pas le cas il n'y a aucun doute sur le fait que c'est la rentrée qui a été observée !)

L'objet avait « la surface apparente de deux poings tendus à bout de bras », tout à fait représentative de la rentrée atmosphérique, la trajectoire suivie était précisément celle de la rentrée atmosphérique (cap estimé par le témoin à 80° alors que celui de la rentrée était de 60°)...

La description est donnée par ce dessin :

Lumières incrustées dans une masse noire

Le témoin nous éclaire sur les contours de cet objet : la forme — pour moi — d'une énorme masse noire monolithique dont les contours aux formes brisées et sans architecture symétrique visible ne sont pas apparus à tous les observateurs présents. Il est vrai que le contraste n'était pas flagrant. Enlevons donc ces contours imaginaires, et la seule anomalie qui reste est le gros faisceau central dirigé en biais. Étant donné que tout le reste évoque parfaitement la rentrée atmosphérique, on aimerait savoir si ce détail se retrouve dans les autres témoignages.

Selon le témoin, les cohérences dans les témoignages sont les 3 feux avant, le phare latéral, les 3 lumières arrière orangées, l'absence de bruit et la vitesse réduite mais constante... Toutes choses également cohérentes avec la rentrée atmosphérique !

Joël Mesnard, et c'est là qu'il voulait en venir en mentionnant ces trois cas qu'il ne classe pourtant pas parmi les plus probants, note que ces détails « cohérents » ne se retrouvent pas dans les témoignages de Bétheny et Sillery tout proches... Ce qui n'est pas tout à fait vrai puisque la vitesse réduite et continue et l'absence de bruit se retrouvent dans les trois témoignage, et que la description de l'objet vu à Bétheny ressemble tout de même beaucoup à celui-ci... Pour des témoignages faits cinq ans après l'observation, les similitudes sont plutôt frappantes !

Notons enfin que ce témoin militaire de Verzenay ne veut pas croire que ce qu'il a observé est la rentrée atmosphérique, mais tous les détails qu'il indique pour justifier ce rejet sont parfaitement caractéristiques d'une rentrée atmosphérique :

La clôture médiatique du dossier (faisant état) d'un étage de fusée soi-disant soviétique rentrant dans l'atmosphère terrestre ne me convainc pas du tout, car ne correspondant pas du tout avec nos propres observations. Un étage de fusée n'excède pas les 70 m, ce qui signifierait que cet objet que nous avons vu passer, d'après l'angle sous lequel nous l'avons observé, se serait trouvé à une distance inférieure au kilomètre, donc en passe de toucher le sol, très près de notre position. En outre, sa trajectoire apparemment horizontale, sa faible vitesse relative, ainsi que la position constante des points lumineux en incrustation sur la masse noire ne ressemblent en rien à l'explication qui nous a été fournie.

C'est là qu'on se rend compte qu'il y a eu un manque d'informations et d'explications correctes sur les caractéristiques du phénomène !


Mesnard effectue ensuite une comparaison entre les trajectoires mentionnées pour les trois observations. Il note que les trajectoires estimées par les témoins de Sillery et Verzenay sont très proches, et tout à fait conformes à la rentrée atmosphérique... Mais il ajoute que l'habitante de Sillery affirmait que l'objet était passé à 50 m devant elle et donnait une dimension angulaire très supérieure à celle du militaire de Verzenay... Il remarque :

Si elle avait observé la même chose que les militaires, et si elle avait simplement commis une erreur d'appréciation de la distance, l'automobiliste aurait dû indiquer une taille apparente très inférieure à celle qu'elle donne effectivement. Ce simple constat ne va pas dans le sens de l'hypothèse d'un objet unique.

Ce « simple constat » va surtout dans le sens que l'appréciation de la distance est tout à fait impossible, et que les dimensions apparentes sont souvent très exagérées par la plupart des témoins, surtout quand on les interroge cinq ans après leur observation ! Mais il y en a quelques-uns qui prennent le soin d'estimer ces dimensions d'après des repères visuels, comme l'a fait le militaire de Verzenay, et dans ce cas-là la dimension estimée est toujours conforme à celle de la rentrée !

Quant à la trajectoire « anormale » du troisième cas de la région, à Bétheny, nous avons vu qu'il y avait une contradiction dans le témoignage précisément sur cet unique détail anormal, et que l'explication la plus probable est que le témoin situait mal l'aéroport de Reims... La trajectoire estimée serait alors du sud-sud-ouest vers le nord-est, bien plus proche de celle de la rentrée !


LDLN n° 359, troisième partie

Cette troisième partie est consacrée à quatre témoignages de la région de Soissons, dont seul le dernier est considéré comme une preuve convaincante qu'il y a eu autre chose qu'une rentrée atmosphérique.

Plus les témoins sont éloignés, plus ils voient ça gros !

C'est par ce titre accrocheur que Mesnard veut attirer l'attention sur ces quatre cas dont un seul lui paraît vraiment étonnant, et nous verrons que son enthousiasme doit être quelque peu tempéré !

Notons qu'il est un peu absurde d'appuyer cette affirmation sur seulement quatre témoignages situés dans la même région, donc pratiquement à la même distance de la trajectoire de la rentrée atmosphérique (elle ne diffère que de dix kilomètres sur 230).

Si l'on veut savoir s'il s'agit d'une généralité, on peut représenter les dimensions apparentes estimées par un grand nombre de témoins en fonction de leur distance à la trajectoire. C'est ce que j'ai fait à partir des 430 cas compilés par Franck Marie : 124 donnaient d'une manière ou d'une autre une dimension apparente, et voici ce que l'on obtient en les classant par tranches de 50 km d'éloignement de la rentrée atmosphérique :

Dimension estimée par rapport à la distance de la trajectoire

La dimension apparente est donnée en mètres par kilomètres. La « courbe théorique » correspond à la dimension apparente d'un objet de cent kilomètres de longueur situé à cent kilomètres d'altitude. Les nombres inscrits dans chaque colonne correspondent au nombre de témoins. Il y en a trop peu pour que l'accord par rapport à la courbe théorique soit parfait, mais la tendance générale est indéniable : plus les témoins sont éloignés, plus ils voient ça petit !

Cette remarque faite, venons-en aux témoignages choisis par Mesnard...

Braine (Aisne)

On peut imaginer que cette dame a bien assisté à la rentrée atmosphérique (cas non retenu par Joël Mesnard).
C'est même une certitude, mais rien ne distingue son observation de bien d'autres considérées comme remarquables.

Dérouler

Le témoin, une dame habitant cette petite localité située à l'est-sud-est de Soissons, sortait ses poubelles vers 19 h lorsqu'elle a vu « au-dessus d'elle » un groupe d'une dizaine de points lumineux jaunes, disposés en croix ou en triangle, sans aucun support matériel visible, avec une lumière à l'arrière plus grosse que les autres, comme un phare qui semblait projeter un faisceau lumineux vers le sol. L'ensemble a défilé lentement, sans bruit, pendant une dizaine de secondes, avant de disparaître entre deux cheminées d'un immeuble à l'horizon.

La description évoque parfaitement la rentrée atmosphérique, et Joël Mesnard note à propos de la disparition finale :

Cette mention d'un passage entre deux cheminées de l'immeuble indique que les dimensions apparentes du phénomène n'étaient pas vraiment gigantesques, contrairement à des dizaines d'observations faites au même instant. On peut imaginer, si l'incident s'est bien déroulé le 5 novembre 90, que cette dame a bel et bien assisté à la rentrée atmosphérique de l'étage de fusée soviétique.

Mesnard veut donc bien accepter la rentrée atmosphérique à la seule condition qu'elle ne soit pas trop spectaculaire ! Mais pourtant, cette dame disait aussi qu'elle était « émue par la taille de ce qu'elle voyait » ! Mesnard ne semble pas penser que la rentrée n'avait tout simplement pas la même taille apparente lorsqu'elle passait au plus près et lorsqu'elle disparaissait à l'horizon !

La rentrée atmosphérique passait au plus près de ce témoin à 225 km... Si l'on évalue raisonnablement à 70 km la longueur du nuage de débris qui la composait, elle était alors visible sous un angle de 20°, un peu plus avec la traînée, ce qui est impressionnant. Voyons maintenant si une telle dimension est compatible avec la disparition entre deux cheminées... On n'a pas de mal à trouver sur Google maps, d'après la photo du lieu d'observation dans LDLN, la situation du témoin et de l'immeuble :

Position du témoin et de l'immeuble

L'immeuble au-dessus duquel le phénomène aurait disparu est distant de 180 m, à un azimut de 106°. À cette distance, l'écart entre deux cheminées est de 3°, ce qui n'est pas rien : six diamètres lunaires. La rentrée atmosphérique se trouvait alors à une distance de 320 km, sous une perspective très inclinée, la traînée avait perdu de sa longueur et de nombreuses lumières s'étaient éteintes ou étaient trop faibles pour être visibles, la longueur apparente de l'ensemble devait être de l'ordre de 5°, un peu supérieure à l'écart entre les cheminées.

Mais en fait, la rentrée atmosphérique n'a pas pu disparaître derrière cet immeuble. En effet, elle passait à cet azimut à une hauteur angulaire de 14°, ce qui correspondrait pour une distance de 180 m à une hauteur de 45 m. L'immeuble de 4 étages ne doit pas dépasser 15 m de hauteur, et il est impossible qu'il y ait un dénivelé de 30 m sur une distance aussi courte. La rentrée a donc dû disparaître un peu plus à gauche, à un azimut d'environ 90°. Elle était alors encore nettement plus éloignée, vue sous une perspective encore plus inclinée, sa longueur apparente devait être de l'ordre de 3°. Étant donné que le témoignage a été rapporté un an et demi après l'observation, il n'est pas surprenant que cette dame se soit trompée d'une quinzaine de degrés sur la direction de disparition du phénomène, et sa mention d'une disparition entre les cheminées de l'immeuble est à prendre comme une indication sur la taille apparente du phénomène, tout à fait correcte.

La seule grosse erreur est donc une estimation de la durée d'observation à une dizaine de secondes, alors que la rentrée atmosphérique a mis environ 50 s pour passer de sa position au plus près à sa disparition, mais on sait bien que l'appréciation de durée est souvent très imprécise, dans un sens comme dans l'autre.

Et d'autre part, Mesnard s'étonne que le témoin dise que la chose est passée « juste au-dessus d'elle », alors que la rentrée atmosphérique passait au plus près à 25° de l'horizon, mais on sait bien que chez la plupart des témoins un passage « au-dessus » signifie simplement que l'objet qui leur semblait très proche serait passé près d'eux.

Il est aussi à noter que le témoignage a été fait un an et demi après l'observation, ce qui entraîne nécessairement des déformations.

Mesnard a donc certainement raison de supposer que ce cas se rapporte à la rentrée atmosphérique, mais il a tort de penser qu'il était moins impressionnant que les autres !

Saint-Félix (Aisne) :

Les témoins n'ont pas cru une seule seconde à l'explication par la fusée russe (cas non retenu par Joël Mesnard).
Ils n'y ont pas cru, mais ils l'ont bien décrite !

Dérouler

C'est cette fois toute une famille (un couple et ses trois enfants) qui a vu passer l'objet « au-dessus d'eux »... Mesnard remarque cette fois : [la chose] leur paraît très proche, et pour cette raison, ils disent spontanément que c'est passé au-dessus d'eux. En fait, ils précisent que c'est passé « au-dessus de la maison du voisin ». Il ne faut certainement pas entendre par là que ce soit passé à la verticale de cette maison. Chacun le comprendra : cela signifie seulement que c'était visible au-dessus du toit de la maison, mais probablement beaucoup plus loin, à une distance qui reste indéterminée.

C'est effectivement ce qu'on comprend, il est juste dommage que Mesnard ne le comprenne que dans certains cas !

Pour ce qui est de la description, il s'agit d'une grande masse noire, triangulaire, émaillée de lumières clignotantes et de fortes lumières jaunes aux sommets, avec à l'arrière une traînée lumineuse horizontale.

La durée est estimée à « au moins cinq minutes », ce qui est sûrement nettement exagéré, et la dimension angulaire à une trentaine de degrés, ce qui doit l'être à peine. Pour un témoignage fait après presque deux ans, la description de la rentrée est plutôt bonne !

Mesnard note que ces témoins n'ont pas cru une seule seconde à l'explication par la fusée russe, ce qui montre sans doute qu'il n'a rien fait pour les informer sur ce phénomène !

Soissons sud (Aisne) :

« C'était bien plus grand qu'un terrain de football » (cas non retenu par Joël Mesnard).
Bien plus grand en effet, c'était la rentrée...

Dérouler

C'est ici un policier qui voit passer un ensemble de points lumineux formant une « masse opaque, comme une toile », mais sans structures ni bord apparent, munie sur le côté d'un projecteur très puissant éclairant vers l'arrière-bas. La chose passe au sud à une hauteur angulaire estimée à 37° (contre 24 pour la rentrée atmosphérique), et se dirige vers le nord-est.

Encore une bonne description de la rentrée pour un témoignage fait après presque deux ans...


Joël Mesnard note que ces trois cas de la région de Soissons ne mettent guère en péril la thèse officielle : les indications d'azimut, de hauteur angulaire et de taille apparente sont trop peu précises, et les différences entre les descriptions, bien que frappantes, ne permettent pas de conclure.

C'est donc le quatrième cas qui lui permet de conclure :

Soissons (Aisne) :

À 18 h 55, un témoin observe un gigantesque ensemble de lumières, qui lui semble très proche et qui remplit tout son champ visuel. Les lumières sont réparties à la périphérie d'un rectangle. Certaines disparaissent au N-E, tandis que d'autres continuent à apparaître au sud-ouest.
Il suffit de lire le témoignage pour comprendre que le champ visuel du témoin était limité par des bâtiments, et il ne reste alors qu'une exagération minime de la dimension de la rentrée, par ailleurs bien décrite.

Dérouler

Le témoin, Jacques Katz, commerçant, se trouvait dans sa voiture à l'arrêt garée sur la place centrale de Soissons, face au marché couvert :

Un mouvement dans le ciel lui fit lever les yeux, et il découvrit « un grand rectangle », dont l'arrière venait juste de lui apparaître au-dessus d'un groupe de maisons à sa droite, rue des Chaperons Rouges, et dont l'avant lui était déjà caché par un groupe d'immeubles bordant la rue principale, à l'est. Ainsi, des lumières disparaissaient à l'est-nord-est, tandis que d'autres continuaient à apparaître, venant de l'ouest-sud-ouest. L'article de l'Union précise que le témoin ouvrit la vitre de sa portière pour mieux détailler quelque chose qui occupait « tout l'espace du ciel ». (L'expression figure en italique et entre guillements dans le journal, précise Mesnard).

La description évoque bien la rentrée atmosphérique : de grosses lumières rouges délimitant un rectangle, avec au centre une lumière intense, comme un réacteur crachant des flammes, et deux autres flammes très claires à l'arrière...

Le phénomène a été vu pendant 60 à 90 secondes, et a disparu au nord-est.

Tout donc évoque la rentrée atmosphérique, sauf la dimension invraisemblable, comme on le voit sur ce dessin fait par Joël Mesnard d'après celui du témoin :

Un objet immense au-dessus du marché couvert

Mais outre le fait que les grosses exagérations de dimensions apparentes sont quasi-systématiques, rappelons que ce témoignage a été fait un an et demi après l'observation, ce qui n'arrange pas les choses.

Notons que le marché couvert doit avoir une hauteur de sept à quinze mètres, et que le témoin n'en était distant que d'une vingtaine de mètres. De ce fait, la rentrée atmosphérique qui passait à une hauteur sur l'horizon de 21° ne pouvait pas être vue au-dessus, elle serait passée derrière ! Cela nous rappelle un détail concernant la situation du témoin telle qu'elle est exposée par Joël Mesnard : Son regard était tourné vers le sud, mais son champ de vision dans cette direction était limité par l'imposante masse d'un marché couvert. En fait, dans son automobile, M. Katz ne devait même pas voir le ciel au-dessus de ce marché couvert, et certainement pas un objet immense passer au-dessus ! On peut donc se demander si l'objet n'aurait pas été vu juste entre les immeubles qui bordent la rue et le marché couvert, ce qui lui donnerait des dimensions beaucoup plus raisonnables !

Vous pouvez d'ailleurs noter que la photo de ce marché couvert illustrant le cas dans LDLN n'a pas été prise depuis la position du témoin, (sous les arbres à gauche), sûrement parce que cet imposant bâtiment débordait du champ de l'appareil photo !

Le marché couvert

J'ai reconstitué au mieux, en m'aidant des ombres sur Google maps, l'espace du ciel visible par le témoin, avec la trajectoire de la rentrée atmosphérique en rouge :

Parties du ciel masquées

La rentrée aurait été visible une première fois pendant environ 40 secondes (en tenant compte du temps de défilement), puis serait réapparue immédiatement à gauche du marché couvert pour être vue encore pendant 30 secondes, et peut-être une troisième fois après une courte occultation, jusqu'à disparaître dans l'axe de la rue à gauche s'il n'y avait pas de véhicules limitant la vision.

Cette supposition s'accorde mal au témoignage présenté dans LDLN, mais le témoin avait fait part de son observation beaucoup plus tôt... Voyons ce qu'il disait juste après son observation, dans l'article de journal l'Union des Ardennes du 7 novembre :

Article de presse

D'emblée, lorsqu'il dit à son épouse qu'il a « aperçu quelque chose d'étrange », on peut avoir quelques doutes sur la durée de l'observation aussi bien que la dimension de l'objet ! Concernant cette dimension, il est écrit que la chose occupait « tout l'espace du ciel » qu'il pouvait voir. On trouve bien les guillements et italiques mentionnés par Mesnard, mais la fin de la phrase qu'il a bizarrement occultée permet de comprendre : l'espace du ciel « qu'il pouvait voir » était limité à gauche par « l'imposante masse d'un marché couvert », comme l'écrit si bien Mesnard lui-même !

La rentrée atmosphérique, dont la longueur traînée comprise devait dépasser une trentaine de degrés vue depuis Soissons, n'était pas loin d'occuper tout l'espace du ciel visible entre le marché couvert et le bâtiment à droite, d'une quarantaine de degrés à ce niveau...

Et cet article nous apprend aussi que M. Katz a témoigné à la gendarmerie... On trouve donc maintenant sue le site du GEIPAN sa déposition, faite le 3 décembre 1990, avec deux autres témoignages de la région (ce ne sont pas ceux mentionnés plus haut par Mesnard), sous le numéro 1990307311 :

Le lundi 05 novembre 1990, vers 19 heures 15, je me trouvais à bord de mon véhicule [place Fernand Marquigny] occupant la dernière place de parking, face au marché couvert.

Mon attention a été attirée par une forte lumière dans le ciel, au dessus de
[la rue des Chaperons Rouges]. Il faisait nuit et le ciel était dégagé.

D'après mes connaissances, il me semble que c'était un réacteur dont la flamme ressemblerait à celle d'un brûleur à mazout.

De l'endroit où je me trouvais, ce réacteur présentait à peu près un diamètre de deux à trois fois la pleine lune.

Il se déplaçait d'Ouest en Est. J'ai aperçu plusieurs feux rouges de part et d'autre du « réacteur ». J'ai vu également assez loin derrière l'engin, deux flammes claires, parallèles, d'une dizaine de mètres chacune. Selon mes connaissances personnelles en aéronautique, de toute évidence, il s'agissait d'un engin propulsé par trois réacteurs, l'un étant en position centrale, les deux autres en queue.

Un détail m'a frappé, j'avais ouvert ma vitre pour mieux voir et entendre et je me suis aperçu que cet engin était totalement silencieux.

J'ai suivi cet engin du regard pendant quinze secondes. Après quoi de l'endroit où je me trouvais, il m'était impossible de le distinguer.


Il n'est pas question de dimensions extrêmes, et le « réacteur » central est estimé à seulement deux ou trois diamètres lunaires... Si les proportions du dessin plus tardif sont respectées, ça donnerait à « l'engin », hors traînées, une longueur d'environ 25°, sûrement très proche de celle de la rentrée.

L'objet n'a été suivi que pendant quinze secondes et pas 60 ou 90, et semble n'avoir été vu qu'au-dessus de la rue des Chaperons Rouges (cette mention est effacée du procès-verbal diffusé par le Geipan, mais le nombre de caractères manquants correspond, il n'y a donc pas de doute), après quoi il a été masqué par le marché couvert.

La durée serait cette fois un peu minimisée puisque nous avons vu que la durée de passage dans cette partie du ciel devait avoir atteint de l'ordre de 35 secondes, et il peut y avoir tout un tas de raisons expliquant pourquoi le témoin n'aurait pas vu la seconde apparition du phénomène, mais il est bien possible aussi qu'il ait simplement omis d'en parler.

M. Katz avait aussi décrit son observation dans une lettre adressée à Franck Marie le 8 décembre 1990, soit un mois après son observation et seulement cinq jours après sa déposition à la gendarmerie :

...Vers 18 h 55, j'étais dans mon véhicule arrêté face au sud de la place Fernand Marquigny, lorsque mon attention a été attirée par le passage au-dessus des toits d'une série de lumières orange-rouge, en évolution lente, comme celle d'un planeur, à 200 m du sol au grand maximum, sur une trajectoire OSO-ENE (de ma droite vers ma gauche, juste au-dessus du marché couvert, légèrement en biais). Regardant mieux, j'ai constaté que ces lumières délimitaient une masse sombre plus noire que le ciel qui occultait les étoiles sur son passage. C'était immense. La longueur devait être supérieure à 400 mètres. La partie avant était déjà cachée par les toits sur ma gauche, alors que la partie arrière n'était pas encore visible, à droite. Cela occupait tout mon champ visuel. L'engin est passé. En son milieu inférieur il y avait une sorte de réacteur central d'où sortaient des flammes claires. En vue arrière, je vis une traînée avec des flammes sortant d'un autre réacteur. Il n'y avait aucun bruit.

On retrouve ici l'objet qui aurait occupé « tout l'espace du ciel » et un passage affirmé « au-dessus du marché couvert »... Mais Franck Marie indique dans les caractéristiques du témoignage : « Transit : OSO/ENE, passage au sud (20°/H) — Altitude : 200 m ». On ne voit pas dans la lettre d'indication de la hauteur angulaire sur l'horizon, je ne sais donc pas d'où Franck Marie tire cette valeur de 20° (une partie de la lettre non reproduite ?), mais force est de constater qu'elle est très proche des 21° de la rentrée atmosphérique ! À moins que Franck Marie n'ait estimé cette valeur que d'après l'indication du témoin que l'objet serait passé « juste au-dessus du marché couvert », auquel cas il aurait minimisé la hauteur angulaire de ce dernier !

Notons que si l'on se fie à ces indications de Franck Marie, l'objet volant à une altitude estimée à 200 m se serait trouvé à une distance de 550 m pour être vu à une hauteur sur l'horizon de 20°... Avec une dimension estimée à 400 m, il aurait été vu sous un angle de 40° : c'est à peine exagéré par rapport à la rentrée atmosphérique qui devait être vue sous un angle de 25° hors traînées, et on est loin de « tout l'espace du ciel » !

Il parle d'autre part ici d'une observation « en vue arrière », ce qui laisse supposer qu'il aurait observé la rentrée atmosphérique s'éloignant, lors de sa deuxième voire troisième apparition.

On constate en tout cas qu'il y a beaucoup de variations entre les différentes versions du témoignage : la longueur de l'objet passe « d'au moins la longeur d'un terrain de football » (entre 90 m et 100 m) dans l'article de presse, à « plus de 400 mètres » dans la lettre à Franck Marie un mois après, pour retomber « entre 200 et 400 m » dans l'enquête LDLN. L'altitude passe de « 200 m grand maximum » dans la lettre à Franck Marie à 100 m dans LDLN. La durée, quant à elle, passe de quinze secondes dans le témoignage à la gendarmerie à 60 à 90 secondes dans l'enquête de LDLN. Et l'heure indiquée pour l'observation est 19 h 15 dans l'article de presse et dans le PV de gendarmerie, mais 18 h 55 pour les deux versions suivantes.

Ce changement brusque d'horaire a peut-être une explication... On peut imaginer qu'après avoir témoigné à la gendarmerie, M. Katz aurait appris que d'autres témoins avaient fait des observations similaires à la sienne mais vers 19 h, et aurait alors pensé à vérifier l'horloge de son automobile, en découvrant qu'elle avançait de 20 mn... En outre, Si l'horloge avait tendance à avancer, elle devait avoir un peu moins d'avance lors de l'observation un mois auparavant, ce qui nous rapprocherait encore de l'heure de passage de la rentrée !

Quoi qu'il en soit, ces variations n'incitent pas à considérer le témoin comme particulièrement fiable... Et il est clair que le marché couvert qui s'élevait depuis la position du témoin à plus de vingt degrés au-dessus de l'horizon occultait largement le ciel visible à travers la partie gauche du pare-brise, interdisant toute observation de quoi que ce soit au-dessus.

Ce cas est juste un bon exemple de la méfiance que l'on doit avoir envers les témoignages relatés un mois ou pire plus d'un an après l'observation.


Au moins trente exemples flagrants

Deuxième partie de ce dossier dans LDLN n° 360, scindé en quatre parties sur le site de Philippe Huleux. C'est la fin du dossier initialement prévu, se terminant par la carte des « trente exemples flagrants ».

LDLN n°360, première partie

Vouziers (Ardennes) :

« une ascension fulgurante ».
Cette mention ne figure pas dans une version plus directe du témoignage, lequel évoque par ailleurs parfaitement la rentrée.

Dérouler

La description de l'article cité dans LDLN évoque très bien la rentrée atmosphérique, sauf à la fin :

La formation lumineuse s'est éloignée en direction du nord-est. Au fur et à mesure qu'elle prenait de l'altitude, les lueurs diminuaient de taille et devenaient orangées. L'engin a disparu en l'espace de quelques secondes, dans une ascension fulgurante.»

Et Mesnard ajoute : Ascension fulgurante, c'est écrit noir sur blanc, et dans un grand quotidien régional paru environ trente-six heures après les événements. À lui seul, ce détail interdit, et interdit même doublement, de conclure à une rentrée atmosphérique. Qu'il ait été simplement négligé, par hasard, c'est inadmissible. Avec ce seul cas, même en faisant abstraction de tous les autres, nous tenons la preuve que l'explication officielle a été élaborée non pas à partir de l'ensemble des témoignages, mais pour ainsi dire sans eux, malgré eux, contre eux.

Quel magnifique plaidoyer ! Mais oublions les effets de style, et voyons plutôt ce qu'il y avait réellement dans le grand quotidien en question, l'Union des Ardennes du 7 novembre, qui consacrait trois pages au phénomène (dont un article d'un certain Olivier Raynaud, que nous connaissons mieux sous le pseudonyme de Richard Nolane). Le texte cité dans LDLN, que l'on trouve en page 10, est le résumé du témoignage d'un journaliste que l'on trouve in extenso dans un encadré de la page 2 :

Article de presse

On voit que cette description originale est quelque peu différente de celle qu'a choisi de nous livrer Mesnard (notons sans trop nous étonner que Franck Marie a choisi la même version dans son livre OVNI Contact !) :

Au fur et à mesure qu'il prenait de l'altitude (à ce qu'il pouvait sembler), les phares diminuaient de taille, et devenaient orangés (à la façon de la lune rousse). L'engin a disparu très peu de temps après. Son ascension a été extrêmement rapide.

Et ce passage que Mesnard a choisi d'occulter démontre parfaitement que c'est bien la rentrée atmosphérique qui a été observée : les lumières qui baissent d'intensité et deviennent orangées sont parfaitement typiques d'un phénomène très lointain s'approchant de l'horizon, tout comme le soleil, lorsque la lumière traverse une grande épaisseur d'atmosphère. Mais le journaliste pense comme pratiquement tous les témoins qu'il s'agit d'un objet proche, et il interprète donc la baisse d'intensité des lumières comme résultant d'un éloignement rapide, accompagné d'une élévation (extrêmement rapide et non « fulgurante ») puisque la hauteur sur l'horizon diminue très peu pendant ce temps, beaucoup moins que si l'objet s'était éloigné rapidement en gardant une altitude constante. Il précise d'ailleurs que l'objet « prenait de l'altitude à ce qu'il pouvait sembler »... Si la hauteur angulaire avait augmenté, il n'aurait eu aucun doute !

Et pour le reste, tout évoque la rentrée atmosphérique : trois « phares » projetant des cônes de lumière vers l'arrière, silencieux, vus pendant une minute à une minute et demie... Seule l'heure, estimée à 18 h 45 ou 18 h 50, est un peu fausse.

Thugny-Trugny (Ardennes) :

« Ça a plongé dans la vallée, en accélérant... »
Les principales anomalies disparaissent quand on lit les précédentes versions du témoignage : aucun doute, c'est la rentrée !

Dérouler

Observation de M. Zuccari, maire d'Ecordal, accompagné de sa femme et de leur fils. Là encore, l'observation évoque tout à fait la rentrée atmosphérique : une « masse sombre, aux contours assez mal définis », portant un grand nombre de points lumineux et à l'arrière une flamme ou un faisceau lumineux orange...

Mesnard y trouve bon nombre d'anomalies, mais il faut préciser que le récit qu'il nous livre a été fait plus de dix ans après l'observation... Certes, on fait avec ce qu'on a, mais justement dans ce cas on dispose aussi d'une lettre particulièrement détaillée rédigée par ce témoin le 8 novembre 1990, soit trois jours après l'observation. Elle a été adressée à Franck Marie, qui l'a reproduite dans son livre OVNI-Contact. Puisque Mesnard choisit de l'occulter, voyons ce que disait cette lettre :

Suite à l'annonce parue ce jour dans le journal L'Union, j'ai l'honneur de vous faire part de l'observation d'un OVNI par ma femme (41 ans, Chef d'atelier en confection), mon fils (16 ans, lycéen) et moi-même (37 ans, Assistant technique à la DDE 08), le lundi 5 novembre 1990, aux alentours de Rethel (Ardennes).

DESCRIPTION DE L'OBSERVATION SUR 3 PERIODES

Période 1 — Nous circulions sur la D 983, dans le sens Biermes-Thugny. À 1 km de Thugny, mon fils situé à l'arrière de la voiture, à droite, a attiré notre attention sur un phénomène insolite observé alors qu'il regardait les étoiles, sur sa droite. Je roulais à vive allure et devais surveiller la route. Néanmoins et malgré ces conditions défavorables, j'ai pu regarder à l'extérieur et me rendre compte qu'effectivement, un événement curieux se déroulait sous nos yeux.

Ma première impression, en une fraction de seconde, a été de penser qu'il s'agissait d'un crash d'avion dont les moteurs étaient en feu.

La seconde idée, lorsque la trajectoire de ce que je voyais est redevenue ascendante est que nous étions en présence d'une formation d'hélicoptères ou de « Transall » volant en rase-mottes ; idée étayée par des manoeuvres militaires qui avaient lieu ce jour-là dans le Rethélois.

L'élan de mon véhicule, l'avancée du ou des engins, puis la présence d'un écran végétal ont fait que nous avons presque perdu le contact visuel.

Période 2 — Devinant cependant la trajectoire de ce que nous venions de voir, j'ai accéléré, roulé sur 600 mètres environ, puis brutalement, j'ai stoppé la voiture et coupé le moteur dans le but de détecter la nature de ces aéronefs par le bruit qu'ils pouvaient produire. Nous étions tous trois à peine sortis que « ça » a reparu. Je dis « ça » parce que, dès cet instant, nous avons eu l'intuition, le sentiment profond, qu'il ne s'agissait ni de quelque chose de naturel, ni d'humain. Nous l'avons reconnu 5 à 10 minutes plus tard.

C'est bien à ce moment-là que nous avons compris : nous observions un OVNI ! Qu'avons-nous vu en fait ? Quelque chose qui se déplaçait majestueusement dans le ciel, dans un silence total, absolument total. La vision globale était celle d'un groupe de petites lueurs à l'avant, 7 ou 8, disposées sans ordre apparent. Et à l'arrière, 3 feux puissants comme des phares projetant, vers l'arrière et dans l'axe de l'objet, 3 rayons de lumière intense dont la longueur équivalait à celle de l'engin. Un de ces faisceaux, le plus proche de nous, était beaucoup plus puissant que les 2 autres. Ces 3 projecteurs étaient disposées en triangle, en un V renversé.

L'espace occupé par l'OVNI était considérable !

J'ai estimé sa longueur à 100 mètres et sa hauteur à 50 mètres !

Son altitude était de 300 à 400 mètres tout au plus !

Et la vitesse de l'ordre de 200 à 250 km/h.

Je me suis référé à la vitesse et à la position des avions de l'aéroclub voisin lorsqu'ils sont en circuit de piste : de 150 à 180 km/h et 600 à 700 pieds du sol.

Une fois cette vue globale terminée, mon intérêt s'est porté sur le phare le plus puissant. Il m'intriguait. Je devinais sa forme : celle d'un phare de 2 CV gigantesque. Et dans le faisceau lumineux, juste derrière l'émission de la source lumineuse, j'ai nettement vu de la fumée. Une volute ressemblant à la fumée d'une cigarette dans un cendrier. Je veux dire une fumée calme et non pas un gaz perturbé par la vitesse et les effets aérodynamiques comme pour un avion. L'OVNI, au bout de 30 secondes d'observation, poursuivant sa route, a disparu derrière les arbres.

Période 3 — Nous sommes remontés en voiture et repartis. Puis, tout en conduisant, j'ai de nouveau repéré l'engin à ses feux arrière qui, à ce moment, me paraissaient avoir la même intensité.

Nous entrions dans l'agglomération de Thugny. Les habitations ont fait écran et le temps de traverser le villge, nous avions définitivement perdu le contact.

Une remarque concernant cette dernière partie d'observation : j'ai très nettement vu la trajectoire de l'objet prendre une assiette à piquer, ce qui m'a fait penser que son vol épousait le relief. En effet, Thugny est à flanc de coteau, entre un plateau calcaire culminant à 132 mètres et la vallée de l'Aisne qui se trouve à 75 mètres.

Rentrés à la maison 20 minutes plus tard, je me suis empressé de téléphoner à la gendarmerie de Rethel pour les informer de notre mésaventure. Puis, je suis allé voir mon frère qui habite à l'autre bout d'Ecordal. Arrivé chez lui, je lui raconte en deux mots ce que nous venions de voir. Ma belle-soeur qui venait de rentrer de Rethel me déclare alors qu'elle vient de voir la même chose, à la même heure que nous, mais sur une route parallèle à la nôtre, la RD 30. Elle se trouvait entre Rethel et Doux quand, venant de sa droite et se dirigeant vers sa gauche, l'OVNI est passé juste devant elle...

Conclusion : Durant la seconde période d'observation, celle qui en somme a été la plus riche en informations, j'ai acquis deux certitudes :
  1. La première gommait l'idée d'une formatioin d'aéronefs ; tous les points lumineux et les 3 phares étaient liés ensemble par une structure. Leurs positions relatives étaient absolument invariables.
  2. Au milieu de cet ensemble de lueurs se trouvait un corps opaque invisible mais décelable par le fait qu'il occultait les étoiles sur le fond du ciel sur son passage.
  3. D'autres certitudes devinrent évidentes en période 3. Le vol épousait le relief, la progression et la trajectoire de cet engin étaient contrôlées !

On trouve aussi un récit de l'observation dans l'Union des Ardennes du 7 novembre, que Mesnard préfère aussi oublier alors qu'il s'y réfère pour une autre observation :

Mais nous retiendrons avant tout l'expérience vécue par une famille surprise par cette vision impressionnante alors qu'elle circulait en automobile sur la route reliant Biermes à Thugny-Trugny. Le conducteur Eric Zucchari, assistant technique au centre DDE de Rethel et maire d'Ecordal, était en compagnie de son épouse Lucette et de leur fils Erwan, âgé de seize ans.

« Il était 19 h 03, raconte M. Zucchari, dans ce ciel étoilé juste avant le bois du château de Thugny-Trugny, nous avons nettement vu une énorme lueur sans forme définie, d'une centaine de mètres de long, une sorte d'hexagone aplati, se déplaçant rapidement à deux ou trois cents kilomètres à l'heure ».

Pour mieux comprendre ce qui se passait, le conducteur a stoppé son véhicule puis le moteur. La famille est sortie de l'automobile pour observer sans ressentir la moindre crainte.

« Nous n'avons pas eu le temps d'avoir peur ni même de réagir », explique M. Zucchari, qui pense tout de même que le temps d'observation a duré environ une minute.

La lueur se déplaçait à trois ou quatre cents mètres d'altitude seulement et dans un silence total, selon une trajectoire Perthes—Menil-Annelles—Doux.

Curieusement la direction indiquée par ces témoins crédibles, serait l'inverse de celle observée par ailleurs et en particulier à Pontfaverger.

Mais la vitesse et le silence absolu sont les caractéristiques les plus marquantes de cet « OVNI » qui paraissait épouser toutes les déclivités du terrain et éviter Rethel, avant de disparaître au niveau de la vallée de l'Aisne, semblant y plonger.

« À l'arrière, se souvient encore notre témoin enthousiasmé, on voyait assez nettement trois grosses traînées jaunes, comme de gigantesques projecteurs, suivis de fumerolles retombant le plus tranquillement du monde ».

M. Zucchari, qui est aussi pilote à l'Aéroclub du Rethélois et du Vouzinois, a fait part de son témoignage à la gendarmerie.


Et depuis que le GEIPAN a mis en ligne les PV de gendarmerie, on peut trouver la déposition de M. Zuccari, faite le 6 novembre (enregistrée sous la référence 90307257, avec un autre témoignage reçu par la même gendarmerie) :

Hier 5 novembre 1990, à 19 heures 03, je circulais sur le CD 983 entre Biermes et Thugny-Trugny. Il faisait nuit claire aucun nuage ni lune. Mon fils a attiré mon attention sur un objet lumineux dans le ciel. Par intermittence j'ai regardé le ciel tout en roulant et j'ai remarqué la présence d'un objet sombre et de plusieurs points lumineux délimitant celui-ci. Ce qui m'a frappé c'est que cet objet se déplaçait sans bruit à 300 ou 400 mètres d'altitude. J'ai distingué nettement trois gros projecteurs qui éclairaient vers l'arrière en direction opposée à son sens de déplacement. Plusieurs lueurs délimitaient pour moi une masse beaucoup plus importante, d'une taille d'une centaine de mètres de longueur environ. Dans un premier temps j'ai cru à un avion qui se crashait car je pilote moi-même mais en l'absence de tout bruit et des feux de balisage réglementaires j'ai vu que cela ne correspondait pas du tout à cette hypothèse. J'ai avancé de nouveau jusque ?? et j'ai de nouveau observé cette masse sombre qui masquait les étoiles à son passage et qui éclairait avec trois projecteurs par des faisceaux très limités d'une centaine de mètres de longueur également. Lorsque cet engin s'est éloigné j'ai pu voir nettement que ces trois projecteurs arrière étaient reliés ensemble car ils ne bougeaient pas l'un par rapport à l'autre. Le plus gros projecteur était d'une taille de 5 à 6 mètres de diamètre et de forme circulaire. Ce qui m'a vraiment frappé c'est l'absence totale de bruit de cet engin qui se déplaçait dans un axe sud-ouest/nord-est.

Et figure aussi le témoignage du fils de M. Zuccari, Erwan :

Hier 5 novembre 1990, à 19 heures 00, je circulais sur le CD 983 entre Biermes et Thugny-Trugny à bord du véhicule ?? de mon père. Il faisait nuit mais le temps était très clair. À un moment donné j'ai aperçu plusieurs lumières dans le ciel qui se déplaçaient toutes en même temps et dans la même direction. Au centre il y en avait une grosse, qui ressemblait à un gros réacteur et qui dégageait un peu de fumée. À l'arrière j'ai distingué trois autres lumières moins importantes et à l'avant plusieurs lueurs disposées sur un pourtour en forme de cercle vague. Je suis affirmatif elles se déplaçaient toutes en même temps ce qui tendrait à démontrer qu'elles faisaient partie d'un même engin. D'ailleurs tout cet ensemble masquait les étoiles qui se trouvaient à l'opposé. Avec mon père nous nous sommes arrêtés pour mieux voir. Au départ il n'a pas pu bien voir car il conduisait alors que moi j'ai tout de suite pu détailler ce que je viens de vous décrire. Ce qui m'a frappé c'est que cet objet se déplaçait sans bruit à 300 ou 400 mètres d'altitude.

Dans un premier temps j'ai cru à une patrouille d'avions militaires qui effectuaient des manoeuvres. Je précise néanmoins qu'aucune lumière de balisage ne clignotait sur l'engin. Celui-ci était parfaitement visible et se trouvait au début, à moins de 500 mètres de notre voiture. Ces lumières sont restées constantes en permanence jusqu'à la fin de mon observation, aucune n'a disparu ou changé de direction. Cet engin semblait parfaitement naviguer et suivre le relief toujours dans la même direction vers le nord-est. Sa vitesse était celle d'un avion à l'atterrissage, environ 300 ou 400 km/heure.


Tout dans ces récits « frais » évoque de façon remarquable la rentrée atmosphérique.

En particulier la description : 7 à 8 lumières à l'avant plus trois grosses à l'arrière laissant des faisceaux lumineux dirigés vers l'arrière, dont un particulièrement puissant, c'est tout à fait typique des autres témoignages si ce n'est le fait que la plupart des témoins dans cette partie est de la France voyaient un ou deux faisceaux et pas trois... Mais le fils ne mentionne justement qu'un « gros réacteur » au centre, plus des lumières simples à l'avant et à l'arrière.

La « forme noire » est comme d'habitude invisible, devinée au fait que les lumières se déplacent de concert et que l'objet occulte les étoiles surson passage.

Les témoins se déplaçant d'ouest en est, l'objet apparaît à leur droite au sud et disparaît en direction de la vallée de l'Aisne, au nord-est ou à l'est. C'est à peu près conforme à la rentrée qui apparaît dans leur dos au sud-ouest, passe au plus près au sud-sud-est et disparaît à l'horizon est. Le cap suivi, vers le nord-est d'après les deux témoins, est aussi à peu près conforme à la rentrée (est-nord-est).

Il y a par contre dans l'article de presse une anomalie concernant la trajectoire suivie, qui aurait été Perthes/Mesnil-Annelles/Doux. La trajectoire Perthes/Mesnil-Annelles est à peu près ouest-est et passe au sud, comme la rentrée atmosphérique, par contre Mesnil-Annelles/Doux est sud-nord avec un passage à l'est... Mais il n'est nullement question d'un changement de trajectoire aussi brutal, de 90°, le fils précisant même que l'engin a toujours suivi la même direction. Cette trajectoire anormale ne figurant pas dans les citations du témoin, je suis tenté de penser que c'est le journaliste qui a voulu reconstituer la trajectoire de l'objet en combinant le témoignage de M. Zuccari avec celui de sa belle-soeur, laquelle devait effectivement voir le phénomène disparaître en direction de Doux.

L'heure indiquée est 19 h 03 pour M. Zuccari, et 19 h 00 pour son fils... C'est dans tous les cas en très bon accord avec la rentrée atmosphérique, qui passait au sud à 19 h 01 et à l'est à 19 h 02 !

Les deux témoins mentionnent une altitude de 300 à 400 m, mais le fils ajoute que l'objet est passé à moins de 500 mètres de leur voiture... S'il s'agit d'une distance au sol, cela correspond à un angle par rapport à l'horizon de 31 à 39°, et s'il s'agit de la distance réelle cet angle est porté à 37 à 53°. La rentrée passait de son côté à une hauteur maximale de 24°, on n'est dans tous les cas pas très loin.

La vitesse estimée est de 200 à 250 km/h pour un objet supposé à 300 à 400 m d'altitude... Si l'on reporte cela à l'altitude de la rentrée qui était de 90 km, on trouve entre 45 000 et 75 000 km/h, ce qui n'est pas très loin de la vitesse réelle de la rentrée, de 28 000 km/h. Le fils exagère un peu plus en mentionnant une vitesse de 300 ou 400 km/h pour la même altitude, ce qui correspondrait à 65 000 à 90 000 km/h à l'altitude de la rentrée.

La durée de l'ordre d'une minute est enfin parfaitement plausible pour une observation ayant débuté peu avant le passage au plus près : la rentrée mettait précisément 70 secondes pour passer du sud à l'est.

Les seules anomalies sont des changements d'altitude en début et en fin d'observation, mais ils ne sont pas très marqués et sont observés pendant les périodes où le témoin roule à vive allure.

Voyons maintenant quels sont les détails que Joël Mesnard juge inexplicables, d'après le témoignage de M. Zucchari dix ans plus tard :
  1. La brisure de la trajectoire, au début de l'observation : la chose pique vers le sol, puis subitement se met à « voler » horizontalement.

    Je note d'après le témoignage que cette « stabilisation » a eu lieu précisément lorsque le témoin a arrêté sa voiture et en est descendu pour mieux observer ! En fait, c'est même bien avant d'après le récit initial, et l'impression de descente puis de redressement voire de remontée est donnée par le conducteur qui roulait alors à vive allure, pendant les premières secondes de son observation... Le témoin lui-même indique qu'il a fait cette première partie de l'observation dans des conditions défavorables.

  2. Thugny-Trugny se trouve à environ 170 km de la projection au sol de la trajectoire supposée de l'engin soviétique. Si c'était cette rentrée qui avait été observée, elle aurait dû être vue à quelque 27° au-dessus de l'horizon, alors que les témoins indiquent une hauteur angulaire de l'ordre de 70°. Quel phénomène, vu à 190 km de distance réelle (170 km au sol) et 27° sur l'horizon aurait pu faire dire aux témoins : « C'était juste au-dessus de nous »?

    En fait, la hauteur de la rentrée était même de 24°. Mais outre qu'une exagération de la hauteur angulaire est assez générale, remarquons que cette estimation s'appuie sur les déclarations faites par les témoins dix ans après l'observation... Nous avons vu que seul le fils donne dans sa déclaration à la gendarmerie des indications permettant d'évaluer la hauteur sur l'horizon, qui serait comprise entre 31 et 53° selon l'interprétation. Il n'y a pas d'indication de hauteur angulaire ou de distance dans la lettre adressée à Franck Marie, pourtant ce dernier indique une distance estimée de 1,5 km, ce qui pour une altitude de 300 ou 400 m correspondrait à une hauteur angulaire d'une quinzaine de degrés seulement ! Il serait bon de savoir d'où Franck Marie a tiré cette indication... Peut-être l'a-t-il déduite de la comparaison avec les avions en approche de l'aérodrome, mais celui-ci se trouve plutôt à 3 km de la position des témoins et pas du tout dans la direction de l'observation... Dans tous les cas rien dans cette lettre ne suggère une hauteur angulaire très élevée, tout au contraire : l'objet apparaît à droite de la voiture, pour que le conducteur situé à gauche puisse l'observer tout en conduisant à vive allure il ne peut pas être très haut dans le ciel !

  3. De même, l'indication de taille apparente qu'ils donnent correspond à une taille réelle (sur la trajectoire de rentrée) de près de... 200 km !

    Je dirais que le point d'exclamation est de trop puisque d'après le spécialiste incontesté des rentrées atmosphériques Pierre Neirinck l'ensemble des débris d'une rentrée atmosphérique s'étend couramment sur une centaine de kilomètres, l'exagération serait donc minime ! Il semble tout de même que l'extension de la rentrée qui nous occupe n'ait pas été aussi importante à ce niveau de la trajectoire (plutôt de l'ordre de 70 kilomètres), mais si nous nous référons encore à la lettre à Franck Marie le témoin estimait la longueur de l'objet à une centaine de mètres (et sa hauteur à 50), et son altitude à 300 à 400 m, ce qui rapporté à l'altitude réelle de la rentrée (90 km) correspondrait à une longueur de 30 km et 15 de hauteur, valeurs cette fois minimisées. On trouve aussi dans le livre de Franck Marie que la dimension apparente était estimée à 14 cm à bout de bras, et on ne sait encore pas d'où provient cette indication qui ne figure pas dans le témoignage, mais ça correspondrait à une longueur de 45 km pour la rentrée atmosphérique.

Mesnard ajoute sagement :

Mais ces éléments ne sont pas les plus décisifs: la direction dans laquelle la chose s'est éloignée l'est bien davantage, car elle a été notée de façon précise, en relation avec des repères au sol. Si c'était la rentrée de l'engin soviétique qui avait été vue, tout, jusqu'à la disparition finale, aurait été vue du côté droit de la route. La prétendue trajectoire de rentrée de la fusée soviétique ne coupe pas la D 983 : elle est toute entière située du côté droit de cette route.

Si l'on suit le témoignage exposé dans LDLN, les témoins se sont arrêtés une seconde fois lorsque la « chose » se trouvait « au-dessus d'eux », et c'est alors qu'elle aurait traversé la route, et ils se seraient arrêtés une troisième fois à l'entrée de Thugny-Trugny, pour voir l'objet disparaître à l'horizon, « plongeant dans la vallée » en direction du nord-est. Mais justement on ne trouve rien de tout cela ni dans la lettre à Franck Marie, ni dans l'article de presse, ni dans les deux témoignages à la gendarmerie : tous ces récits « tout frais » ne mentionnent qu'un seul arrêt et pas de changement de côté !

Mais on peut comprendre en lisant la lettre à Franck Marie ce qui a pu tromper le témoin dans sa reconstitution de l'observation dix ans après :

Une remarque concernant cette dernière partie d'observation :

J'ai très nettement vu la trajectoire de l'objet prendre une assiette à piquer, ce qui m'a fait conclure que son vol épousait le relief. En effet, Thugny est à flanc de coteau, entre un plateau calcaire culminant à 132 mètres et la vallée de l'Aisne qui se trouve à 75 mètres.


Mais la vallée de l'Aisne, que l'objet semblait survoler au moment de sa disparition, descend un peu vers le sud à l'est de Thugny, si bien qu'à 1,5 km du village elle est plein est : soit précisément la direction de la rentrée qui s'éloignait, à une distance de 450 km, et qui perdait peu à peu de l'altitude !

Et on trouve aussi dans cette même lettre la mention d'une traversée de la route, mais au sujet de l'observation de la belle-soeur du témoin, qui a observé la même chose alors qu'elle circulait sur la RD 30 entre Rethel et Doux... Et dans son cas ça n'était pas incompatible avec la rentrée atmosphérique si l'observation a été faite plutôt du côté de Rethel, la route se dirigeant vers l'est-sud-est... Peut-être y a-t-il eu avec les années une « contamination » par cet autre témoignage.

En conclusion, si l'on s'en tient aux récits faits un ou deux jours après l'observation, ce cas constitue une excellente description de la rentrée atmosphérique... Mais bien sûr, si on cherche à fabriquer des ovnis plutôt que la vérité, il vaut bien mieux oublier tout cela et interroger le témoin dix ans plus tard !

Cuhem (Pas-de-Calais) :

« L'engin est parti comme une flèche, à une vitesse incroyable, comme un éclair... »
Un témoin visiblement porté sur l'exagération décrit tout de même plutôt bien la rentrée atmosphérique.

Dérouler


Article de presse

Il me semble simplement que ce sympathique boucher-charcutier, interrogé par un journaliste ayant visiblement envie de raconter une belle histoire plutôt qu'établir des faits précis, se laisse quelque peu emporter par son enthousiasme lorsqu'il écrit que trois faisceaux d'une intensité extraordinaire éclairaient tous les alentours, comme en plein jour et que l'« engin » est parti comme une flèche en altitude, à une vitesse incroyable, comme un éclair. C'est ce qui transparaît lorsqu'il déclare qu'il se trouvait dans un état d'excitation terrible et qu'il est persuadé d'avoir vu un véritable vaisseau venu d'ailleurs qui n'a jamais touché terre, qui est capable de voler lentement à basse altitude et de repartir à la vitesse de la lumière.

Ce témoignage semble donc simplement très exagéré, d'autant que la rentrée passait au plus près de Cuhem à 385 km, se présentant sous un angle d'une quinzaine de degrés sans la traînée (ce qui est tout de même pas mal !), à une hauteur angulaire sur l'horizon de 13° seulement. Mais si on enlève l'exagération sur la luminosité, on trouve une assez bonne description du phénomène.

La route suivie par le témoin se dirige à la sortie de Cuhem à un azimut de 215° (presque sud-ouest). On peut supposer que le témoin a eu son attention attirée par l'explosion initiale de la rentrée atmosphérique, qui se produisait à 18 h 59 à un azimut d'environ 220° (presque face à lui, légèrement à droite), et à une hauteur sur l'horizon de 4°, suffisante étant donné que l'horizon est bien dégagé.

La durée indiquée d'une dizaine de minutes est exagérée aussi, mais elle est purement subjective et il a sans doute pu suivre le phénomène pendant plus de trois minutes.

L'heure approximative de 18 h 45 est aussi en bon accord avec celle de la rentrée. Notons que le témoin dit que lorsqu'il a vu l'engin la lune était visible... En fait celle-ci ne se levait qu'à 19 h 05 à Cuhem, elle n'était donc pas encore levée au passage de la rentrée atmosphérique, et moins encore à 18 h 45. Le témoin se rendait chez lui à Prédefin, situé à seulement 7 km du lieu d'observation, il a donc pu voir la lune se lever à sa gauche peu après son observation si elle a été faite vers 19 h, mais pas si c'était à 18 h 45.

Quant au fait que l'engin est parti comme une flèche en altitude, à une vitesse incroyable, nous avons déjà vu que l'impression d'une accélération en prenant de l'altitude avant de disparaître à l'horizon peut s'expliquer par la baisse de luminosité des lumières de la rentrée à l'approche d'un horizon dégagé, ce qui est bien le cas ici.

Donc, aux exagérations près, on a une assez bonne description de la rentrée... Et si le témoin précise, toujours sans doute avec une bonne dose d'exagération, qu'il a vu sur la petite route peu fréquentée des voitures déboucher de tous les chemins pour essayer de mieux voir, personne d'autre dans la région n'a mentionné des détails aussi extraordinaires que lui !

Vieux-Condé (nord) :

Trajectoire orientée nord-sud ! (ce cas n'est pas considéré par Mesnard comme un « exemple flagrant »).
La rentrée atmosphérique qui s'éloignait ou autre chose, ça n'était en tout cas pas très spectaculaire.

Dérouler

Mesnard considère plus loin dans son dossier que ce cas, sans être parmi les plus probants, concerne très probablement autre chose que la rentrée...

Je suis pour ma part plutôt hésitant... Il est vrai que la trajectoire était orientée nord-sud et la direction suivie inversée par rapport à celle de la rentrée atmosphérique... Mais le phénomène était vu vers l'est, précisément dans la direction où cette rentrée s'éloignait, se déplaçant très lentement. Le faisceau tronqué lumineux pouvait faire penser à un phare avant, et expliquer une erreur sur le sens de déplacement de l'objet... Il faudrait savoir si les témoins se sont déplacés pour voir l'objet plus longtemps, sans quoi ils n'auraient pas pu commettre une telle erreur.

Cette interprétation suppose aussi une exagération de la hauteur angulaire de l'objet, estimée à 30° alors que celle de la rentrée ne dépassait pas 15° lors du passage au plus près, et beaucoup moins lorsqu'elle s'éloignait vers l'est. Il faudrait savoir aussi pourquoi le phénomène n'aurait été observé que peu avant sa disparition, mais il faudrait connaître la configuration du lieu d'observation pour en juger.

On comprend mal aussi pourquoi les témoins auraient mal distingué la partie arrière (donc en fait avant) de la forme ovoïode mais pas la partie avant.

Mais on aimerait dans ce cas connaître les dépositions séparées des témoins, avec éventuellement leur dessin, plutôt qu'une synthèse des témoignages illustrée par un dessin de l'enquêteur Jocelyn Morel :

Croquis de Jocelyn Morel

En outre, Jocelyn Morel qui a recueilli les témoignages m'a toujours parlé d'un diamètre apparent de 5 mm pour l'objet (équivalent à la lune, s'il n'était pas exagéré), et non 5 cm... Ça relativiserait quelque peu l'étrangeté du phénomène, dans le cas où il ne s'agirait pas de la rentrée atmosphérique ! C'est bien sûr à vérifier (comme le reste !) dans le rapport d'observation, que l'ami Jocelyn ne m'a jamais envoyé.

Maisons-Alfort (Val-de-Marne) :

Il est des observations qui ne permettent pas d'exclure l'explication par la rentrée atmosphérique (ce cas est donné en exemple de ceux qui se rapportent probablement à la rentrée).
Il y a surtout quantité d'observations qui concernent manifestement la rentrée atmosphérique.

Dérouler

Il n'est effectivement pas douteux qu'il s'agisse là d'une observation de la rentrée atmosphérique. Voici comment il est présenté dans LDLN n° 303 :

Peu après 19 h, Juan-Carlos Ghirimoldi se trouve dans la partie sud de Maisons-Alfort, non loin de la gare de Vert-de-Maisons. il vient de garer sa voiture dans un parking et, regardant en direction du sud, il découvre, à une trentaine de degrés au-dessus de l'horizon, un ensemble de lumières se déplaçant vers sa gauche, à vitesse constante, sur une trajectoire apparente légèrement descendante. Il estime que cette trajectoire était orientée d'ouest en est, ou légèrement de l'ouest-sud-ouest vers l'est-nord-est. Le phénomène parcourt 50 ou 60° dans le ciel, en à peu près 10 ou 15 secondes, et disparaît derrière les toits.

Dessin

La chose se composait de trois gros points disposés en triangle équilatéral et suivis d'une dizaine d'autres lumières plus petites, dont certaines clignotaient. Couleur dominante : ambre, mais il devait aussi y avoir du rouge quelque part. Le gros point supérieur laissait, sous lui et vers l'arrière, une traînée lumineuse conique, de même que l'un des points plus petits.

Le diamètre apparent de l'ensemble correspondait à une bonnne vingtaine de centimètres, à bout de bras.


Les seules anomalies notables sont les traînées lumineuses dans la partie haute du phénomène alors qu'elles étaient plutôt en bas, et la durée d'observation nettement sous-estimée, la rentrée atmosphérique ayant mis près d'une minute à parcourir 50 à 60° dans le ciel.

Il s'agit donc très certainement de la rentrée atmosphérique, mais je ne vois guère de différences par rapport à d'autres témoignages que Joël Mesnard considère comme des évidences qu'il y a eu autre chose ce soir-là !

Gare de Saint-Cloud (Hauts-de-Seine) :

Ce cas a peu de chances d'être de nature ufologique (n'est donc pas considéré comme exemple probant).
Parce que pour une fois, le témoin a pu vérifier à sa grande surprise que le phénomène était très éloigné.

Dérouler

Ce cas a été exposé dans le numéro 306 de LDLN :

Voici le témoignage de MM. Thierry Rainaud et Jean-Luc Croizie, qui se trouvaient, quelques instants avant 19 h, en cet endroit d'où l'on domine, vers l'est, la vallée de la Seine et Paris. Ils ont observé pendant deux minutes environ le passage, d'ouest en est, d'un ensemble formé de trois lumières disposées en triangle équilatéral (pointe en haut, là encore) et d'un « projecteur », beaucoup plus puissant, dirigé vers l'arrière. Toutes ces lumières étaient blanches. Sur le croquis réalisé par les témoins eux-mêmes, on note, en bas, à gauche, la tour Eiffel, vers laquelle le pénomène semblait se diriger.

Objet avec hélicoptère au-dessus

Il n'y a effectivement aucun doute sur le fait que ce témoignage se rapporte à la rentrée atmosphérique : la description l'évoque parfaitement, la trajectoire correspond, et l'heure qui a été notée précisément, de quelques instants avant 19 heures jusqu'à 19 heures 02, correspond parfaitement au passage de la rentrée atmosphérique.

La suite est particulièrement intéressante :

On note, en haut, un hélicoptère, Thierry Rainaud a retrouvé lepilote de cet hélicoptère, qui appartient à la société Héli France et qui a donné une description analogue du phénomène, mais en précisant qu'il le voyait au-dessus de lui, ce qui a beaucoup surpris les témoins de Saint-Cloud.

Messieurs Raynaud et Croizie étaient en effet persuadés comme l'immense majorité des témoins de cette soirée avoir affaire un objet très proche étant donné ses dimensions apparentes, mais contrairement aux autres ils ont eu la preuve qu'ils se trompaient ! Ce que Mesnard explique parfaitement en continuant :

Il y a à cette contradiction apparente une explication et une seule, d'ailleurs très simple : vu de la gare de Saint-Cloud, l'hélicoptère se trouvait à une hauteur angulaire supérieure à celle du phénomène, mais à une altitude moindre (de même qu'on peut très bien voir dans le ciel un avion « plus haut » que la lune). La conclusion que l'on peut en tirer est que le phénomène se trouvait à une altitude très supérieure à l'estimation qu'en ont donné les témoins (300 m). Nous avons affaire là à une illusion très classique, dont il faut tenir compte dans l'appréciation de toutes les observations de cette soirée.

Nous avons effectivement ici la démonstration qu'on ne peut tenir aucun compte de l'estimation d'altitude ou de distance donnée par les témoins, mais on peut regretter que Mesnard considère dans d'autres cas la proximité affirmée comme une évidence qu'on aurait affaire à autre chose que la rentrée !

Il n'y a donc aucun doute, même pour Joël Mesnard, que ces deux témoins ont observé la rentrée atmosphérique et l'ont par ailleurs très bien décrite, mais il y a une dernière anecdote allant à l'encontre de cette évidence, que Mesnard répètera pas moins de trois fois dans son dossier :

Pour autant, le problème global n'est en rien résolu par le simple constat de cette possibilité d'illusion. Un exemple : dès que le phénomène eut disparu en direction du trocadéro ou de la Tour Eiffel, MM. Rainaud et Croizie échangèrent quelques mots avec un homme qui se trouvait là, et qui était aussi perplexe qu'eux. Il leur dit : « Il y a un quart d'heure que je suis là, et c'est le troisième machin comme ça que je vois passer !». Il était 19 h 02, à quelques secondes près.

Voici donc la preuve que Mesnard nous ressert tout le temps qu'il y aurait eu ce soir-là plusieurs objets... Il faut vraiment être en manque de cas probants pour accorder le moindre crédit à un tel « témoignage» : un parfait inconnu qui a dit cette phrase sybilline à deux autres témoins, sans que personne d'autre ait vu quoi que ce soit... Pour moi, ce passant pouvait être un simple plaisantin qui avait envie de faire l'intéressant, ou aurait vu passer deux avions avant cela et fait le rapprochement, ou encore faisait référence à des phénomènes semblables qu'il aurait vu longtemps auparavant, puisqu'il ne dit pas explicitement que c'est pendant le quart d'heure où il était là qu'il a observé les deux « machins » précédents ! Et on peut aussi se demander s'il n'y a pas eu incompréhension de la part de celui qui rapporte cette phrase.

On trouve aussi pour ce cas la description des témoins dans une lettre adressée à Franck Marie le 7 novembre 1990 et publiée dans son livre OVNI-Contact :

La gare de Saint-Cloud étant située sur un point élevé, nous avons pu observer le déplacement d'un ensemble de points géométriques parfaits constitués de luminescences de couleur blanche. Nous avons pu déterminer 3 points lumineux disposés en triangle constituant une partie supérieure. Plus bas, un « projecteur » de type « poursuite scénique », pouvant également être assimilé à un élément de post-combustion, était dirigé vers l'axe opposé au déplacement de ce groupement de points lumineux (l'inférieur étant d'une puissance sans commune mesure avec les 3 points supérieurs). Nous n'avons pu observer aucune forme concrète entre ces points lumineux (mais le ciel n'était pas visible entre les lumières). Le déplacement, impressionnant de régularité, s'effectuait sur un axe gare de Saint-Cloud (92) vers la zone Trocadéro-tour Eiffel (75), endroit où notre observation a dû être interrompue, le « phénomène » s'éclipsant à la même vitesse régulière dans les nuages ou brumes éparses situées au-dessus de la capitale ce soir-là. Notons l'absence totale de bruit lors de cette observation. Les hypothèses soulevées par de nombreux journalistes et scientifiques, selon lesquelles ces phénomènes pourraient être assimilés à des entrées de débris de satellites ou étages de fusées nous semblent erronées. En contact avec plusieurs journalistes, nous ne pouvons accepter des hypothèses cartésiennes (pour le moment) qui ne sont que des conclusions hâtives (Patrick Poivre d'Arvor — TF1 — 20 h).

Rien de plus qui pourrait mettre en cause l'explication par la rentrée atmosphérique, si ce n'est la mention très classique et explicable que « le ciel n'était pas visible entre les lumières » et le fait que les témoins n'admettaient pas cette explication... Mais c'était avant qu'ils ne discutent avec le pilote d'hélicoptère, alors qu'ils étaient tout à fait convaincus d'avoir observé un objet proche ; il serait intéressant de savoir si leur opinion a changé ensuite...

Quant à l'anecdote du « troisième témoin », elle n'est même pas mentionnée dans cette lettre, c'est dire que ces témoins n'y ont pas accordé beaucoup d'attention et qu'ils peuvent avoir mal interprété les paroles de cet homme que Joël Mesnard est seul à prendre en considération !

Cesson-la-Forêt (Seine-et-Marne) :

Comme un Boeing 747 qui larguerait son carburant à 50 m d'altitude... (encore un cas non répertorié comme probant).
Encore une très bonne description de la rentrée...

Dérouler

Un groupe de lumières accompagnées d'un faisceau lumineux dirigé vers l'arrière, le tout porté par un objet de forme indéfinissable, se déplaçant en ligne droite, venant du sud-ouest et disparaissant vers l'est, il est clair que c'est la rentrée atmosphérique !

Franck Marie expose ce cas de façon plus détaillée dans son livre OVNI-Contact, reproduisant des extraits d'une lettre de 5 pages que le témoin a adressée le 9 novembre 1990 au CNES :

Lundi soir 5 novembre 1990 vers 19 h, mon voisin et moi-même avons été témoins du passage d'un objet volant étrange dans le ciel de Cesson.

Je vous adresse cette lettre car je tiens à ce qu'elle soit lue par des scientifiques. Si cela peut accréditer ce témoignage, je suis ingénieur dans une importante société aéronautique. Ma formation est principalement aéronautique... De plus, j'ai été officier de surveillance aérienne lors de mon service militaire, affecté au contrôle aérien dans l'Armée de l'Air. Je vous présente les faits : Je suis sorti de chez moi vers 19 heures face au sud-est. La nuit était tombée mais claire.

Étant à l'extérieur de ma demeure, j'ai comme habitude d'observer le mouvement des avions en approche d'Orly. Sur ma droite, mon attention est attirée par des lumières se déplaçant à très basse altitude avec en plus un faisceau blanc dirigé à l'opposé du sens de déplacement. J'ai tout de suite pensé qu'il s'agissait d'un Boeing 747 (rapport à la taille de l'appareil) qui larguait son carburant suite à un problème, ce qui m'a fait fixer mon attention sur le fait. Cet « avion » avait une silhouette indéfinissable. De par la position des feux et la proximité d'Orly, j'ai pensé qu'il s'agissait bien d'un B. 747 en difficulté qui volait très bas, au maximum à 50 mètres du sol, ce qui me paraissait déjà très anormal.

Les feux s'approchant, je me suis rendu compte en fait qu'il ne s'agissait pas de largage de carburant mais d'un faisceau arrière légèrement incliné vers le bas (-15° par rapport à l'horizontale). Pour un avion en difficulté, l'altitude paraissait vraiment anormalement basse, au niveau de la sécurité. Le silence de fonctionnement de l'appareil confirmait mes doutes et j'ai pensé à une panne totale des moteurs.

Lorsque les feux et le faisceau lumineux sont passés devant moi, je m'attendais à entendre un maximum de bruit moteur ou de glissement dans l'air... Mais cet objet se déplaçait absolument sans aucun bruit (même pas un bruit de glissement dans l'air)... J'ai alors pu distinguer la forme avant de l'objet, par le fait qu'il était plus sombre que le ciel. L'allure de l'avant était semblable à celle d'un avion delta (aile volante). Un détail sur le faisceau m'a permis de constater qu'il ne touchait pas le sol.

Si je compare sa taille à celle d'un Boeing 747, il n'était pas à plus de 50 mètres d'altitude et volait à une vitesse de 250 km/h. Cette chose paraissait énorme. Les feux étaient fixes, non clignotants. Le vol était rectiligne et uniforme. Lors de l'éloignement vers l'est des traces brillantes (genre paillettes scintillantes) apparaissaient à l'arrière avec toujours la présence du faisceau lumineux.

Les feux avaient l'allure des feux de navigation traditionnels, mais non conformes à ceux des avions commerciaux. Le plus impressionnant était l'absence totale de bruit. Si un tel objet existe, j'adresse toutes mes félicitations à celui qui a réussi à faire voler un objet de cette taille et sans bruit (planeur hors concours). Ce qui me choque personnellement est l'allure d'un vol conventionnel, alors que l'objet était très étrange de par sa taille énorme et surtout ce total silence de fonctionnement...


Dessin

Franck Marie précise par ailleurs : Transit : O/E, vu à 300 mètres au sud.

On a suffisamment de renseignements pour faire quelques comparaisons angulaires avec la rentrée, et voir ce que valent les estimations d'un spécialiste de l'aéronautique.

La longueur est estimée à 20 cm à bout de bras, ce qui à la distance de la rentrée atmosphérique (187 km) donnerait 60 km, valeur très réaliste et même sans doute un peu sous-estimée au niveau de la région parisienne. La hauteur sur l'horizon, pour un objet volant à 50 m d'altitude et distant de 300, serait de seulement 10° alors que celle de la rentrée était de 31°. La vitesse estimée à 250 km/h pour un objet distant de 300 m serait portée à 150 000 km/h à la distance de la rentrée, très exagée puisque la rentrée allait plus de cinq fois plus lentement.

Disons que globalement ça n'est pas trop mauvais... Et quant à la description elle évoque tout à fait la rentrée atmosphérique, les seuls détails anormaux étant le faisceau vu légèrement incliné et la forme noire qui aurait été distinguée à l'avant... Rien de très convaincant dans tout cela, et on aimerait encore une fois connaître le témoignage du voisin pour comparer.

Joël Mesnard note d'ailleurs : Cette observation n'est évidemment pas l'une des plus remarquables de cette soirée. Elle n'a d'importance que dans la mesure où elle complète celle, toute proche, de Vert-Saint-Denis, et parce que le cas qui va suivre ne saurait être considéré indépendamment de ces observations de Cesson et de Vert. Tout cela semble former un tout...

Je suis bien d'accord, cela forme un tout, et c'est la rentrée atmosphérique !

Vert-Saint-Denis (Seine-et-Marne) :

Vers le bas partent au moins trois faisceaux lumineux, parfaitement cylindriques [...] L'un des faisceaux balaie doucement (cas non considéré comme probant).
Le témoignage évoque plutôt bien la rentrée, le dessin associé beaucoup moins, mais on ne sait pas qui l'a fait !

Dérouler

Ce cas n'est pas détaillé, mais puisque Mesnard le mentionne, voyons comment il était exposé dans LDLN n° 303 :

M. Santerre, ainsi que plusieurs autres personnes, assiste au passage, en un peu plus d'une minute, d'un objet qui se montre tout d'abord sous la forme de trois gros points lumineux. Puis la forme se précise : elle ressemble un peu à l'avant du fuselage d'un Boeing 747, avec au sommet de fines raies lumineuses (1) de couleur blanc-jaune. L'arrière (partie hachurée) a été moins bien observé, de même que le feu supérieur. Vers le bas partent au moins trois faisceaux lumineux (2, 3, 4), parfaitement cylindriques. Leur lumière est blanche, légèrement bleutée, et assez vive. L'intensité lumineuse est constante sur toute la longueur de chaque faisceau, mais les extrémités (qui atteignent peut-être le sol) ne sont pas observées. Le faisceau 4 balaie doucement. Diamètre apparent de la masse : environ 8 cm à bout de bras.

Objet avec faisceaux divergents

Notons que ce numéro de LDLN est paru peu après la vague d'observations, il s'agit donc pour une fois d'un témoignage « frais » ! On regrette par contre, comme d'habitude, que l'observation soit rapportée par un seul témoin alors qu'ils étaient plusieurs... À la lecture du témoignage, il n'y a en fait pas grand-chose qui paraisse anormal : une masse noire dont la forme se précise à l'avant mais pas à l'arrière, des faisceaux lumineux tronqués, tout cela n'a rien de très inhabituel... Seule la mention que l'un de ses faisceaux « balaie doucement » peut surprendre, mais étant donné qu'il n'est pas précisé dans quel sens se fait le « balayage » on peut toujours penser à une impression due à une variation cyclique de l'intensité de la lumière à l'origine du faisceau, qui pourrait s'expliquer par la rotation du débris responsable. L'heure d'observation est indiquée par ailleurs : 19 h 02 ou 19 h 03, bien proche du passage de la rentrée atmosphérique. Tout comme la trajectoire indiquée sur le schéma, de l'ouest-sud-ouest vers l'est-nord-est en défilant de droite à gauche, parfaitement conforme à celle de la rentrée.

Rien de très convaincant donc dans la description, mais par contre le schéma n'évoque pas du tout la rentrée atmosphérique. Si c'est bien le témoin qui a fait ce dessin peu après son observation, je considérerai certainement ce cas comme un des plus étranges de cette soirée, et je me demande bien ce qui retient Mesnard de le faire ! Mais justement il n'est dit nulle part que le dessin est dû au témoin, et l'écriture des annotations est la même que celle des textes manuscrits de plusieurs cas différents signalés dans le même numéro : c'est probablement celle de Joël Mesnard lui-même, le nom de l'enquêteur n'étant pas mentionné pour ce cas. Bref, c'est probablement un dessin fait par Mesnard d'après une description orale du témoin, laquelle peut donner lieu à une interprétation bien plus conventionnelle.

Melun (Seine-et-Marne) :

« C'était gigantesque, plus grand qu'un porte-avions ».
Oui, bien plus grand, et il s'agit d'une des meilleures descriptions de la rentrée !

Dérouler

Voyons donc cette observation qui « forme un tout » avec les cas de Cesson-la-Forêt et Vert-Saint-Denis.

Mesnard n'avait pas non plus retenu ce cas parmi les « trente exemples flagrants », mais il l'a finalement ajouté avec quelques autres à la fin de son dossier.

Quatre témoins étaient présents, ce qui serait un gage d'objectivité si l'on avait les descriptions et dessins des quatre, plutôt qu'une synthèse faite par Joël Mesnard, et ça n'est malheureusement pas le cas... On aimerait aussi que la date de leur témoignage soit mentionnée, mais il s'agit encore d'une omission fréquente de Mesnard !

Ces témoins, réunis dans un appartement du nord-est de Melun, ont vu à 19 h apparaître l'objet à l'ouest, « au-dessus des antennes de Sainte-Assise », un ensemble de grandes antennes de radiotransmission militaires, bien visibles à l'horizon car balisées de puissantes lumières.

Mesnard remarque que cette direction correspond à un azimut 260° à quelques degrés près... Et c'est tout à fait exact... Je m'étais rendu sur place il y a quelques années avec un GPS (à l'époque il n'y avait pas Google maps), et j'avais trouvé à peu près 261,5° pour le centre du groupe d'antennes vu depuis le centre de l'immeuble.

C'est après que ça commence à déraper :

Cette direction initiale d'observation a son importance car, correspondant à l'azimut 260°, à quelques degrés près, elle n'est pas compatible avec l'hypothèse de la rentrée atmosphérique : il est impossible, que des témoins situés du côté gauche de la trajectoire aient pu l'observer en direction de l'ouest ! Si l'on tient absolument à considérer que c'est la rentrée atmosphérique qui a été vue dans le cas présent, il faut admettre que les témoins commettent une erreur d'au moins une cinquantaine de degrés sur la direction initiale d'observation, et cela en supposant qu'ils aient détecté la présence du phénomène alors qu'il survolait l'estuaire de la Gironde, ce qui semble peu probable.

Il semble que Mesnard, ancien prof de maths, fasse depuis trop longtemps de l'ufologie, puisqu'un calcul de géométrie assez élémentaire permet de trouver que depuis Melun, l'estuaire de la Gironde se trouve à un azimut 219°, ce qui réduit déjà l'erreur à guère plus de quarante degrés ! Mais continuons :

Si l'on suppose, plus sagement, que la chose n'a pas été détectée à moins de 200 km (alors que la rentrée survolait la région de Saint-Amand-Montrond), l'erreur sur la direction d'observation initiale atteint 80°.

Je ne vois vraiment pas en quoi il serait « sage » de considérer qu'une rentrée atmosphérique ne serait visible pratiquement que lorsqu'elle passe au plus près (la distance minimale depuis Melun était de 183 km), je dirais même que c'est complètement loufoque ! Un tel phénomène est visible à plus de 1000 km, et à cette distance la rentrée qui nous intéresse devait avoir encore un éclat supérieur à celui de Vénus à son maximum, laquelle est parfaitement visible même à l'horizon. L'horizon des témoins dans cette direction était parfaitement dégagé, je l'ai vérifié, la grande fenêtre devant laquelle ils se trouvaient donne vers l'ouest, il est donc tout à fait déraisonnable de penser qu'ils n'ont pas vu la rentrée lorsqu'elle passait au-dessus de l'estuaire de la Gironde, à quelque 450 km, alors qu'elle était déjà très spectaculaire. Et il est même très raisonnable de penser qu'ils l'ont vue encore bien avant, sans doute dès l'explosion initiale de l'étage de fusée qui a dû attirer leur attention, près de l'horizon et sous un azimut supérieur à 235°... Et même si ça n'était pas le cas, ils auraient vu que le phénomène s'élevait en biais et provenait donc de toute façon de ce point situé à l'horizon !

Voilà donc l'erreur d'appréciation de la direction réduite à 25°, et non 50 et encore moins 80... On ne pouvait guère s'attendre à mieux pour un témoignage vraisemblablement tardif !

L'objet est passé au plus près des témoins vers le sud, à une hauteur angulaire maximale estimée à 30°... Celle de la rentrée atmosphérique était de 31°. Notons d'ailleurs que ce passage assez bas sur l'horizon nous donne une raison de douter de l'estimation précise de la direction d'origine du phénomène : s'il était apparu pratiquement plein ouest comme le disent les témoins (à supposer qu'il y en ait plusieurs qui disent ça !), pour disparaître ensuite plein est, il leur serait passé au-dessus, à moins d'avoir suivi une trajectoire courbe que rien ne suggère.

La dimension angulaire est estimée à 30 à 40°... En supposant une longueur de cent kilomètres pour les débris de la rentrée atmosphérique à ce niveau (une dimension courante et qui est confirmée par des témoignages précis tels celui de Jean-Gabriel Greslé), la rentrée avait précisément une dimension angulaire de 30°, et plus en comptant la traînée lumineuse.

Quant à la description, il s'agissait d'un ensemble de lumières régulièrement espacées dessinant une « forme noire aux bords indistincts » évoquant un sous-marin, terminé par trois faisceaux lumineux blanc argenté dirigés vers l'arrière... Tout cela évoque parfaitement la rentrée atmosphérique. Mesnard trouve étonnant que les témoins aient vu trois faisceaux alors que d'autres témoins proches n'en ont vu qu'un, mais il faut rappeler que ces témoins de Melun ont eu la chance assez rare (bien que Mesnard la conteste !) de voir le phénomène arriver de loin, et on sait que lorsque la rentrée survolait l'ouest de la France elle était suivie par trois à cinq traînées lumineuses à peu près identiques.

Après le passage au plus près, les témoins sont passés de l'autre côté de l'appartement pour voir l'objet s'éloigner vers l'est.

La vitesse était très lente, et la durée estimée « nettement plus d'une minute »... S'ils ont observé la rentrée atmosphérique, ce que tout laisse penser, cette durée a probablement atteint trois minutes compte tenu de leur point de vue privilégié.

En bref, si on excepte une erreur de 25 degrés sur la direction initiale de l'observation, on a encore ici une des meilleures descriptions de la rentrée atmosphérique !


LDLN n° 360, deuxième partie

Suresnes (Hauts-de-Seine) :

L'ovni vire et prend de l'altitude.
Encore une excellente description de la rentrée, et l'impression d'un virage modéré est compréhensible...

Dérouler

Encore un phénomène vu à l'heure de la rentrée atmosphérique (entre 19 h et 19 h 05), dans la direction où passait la rentrée atmosphérique, qui suivait en silence la trajectoire de la rentrée atmosphérique... Bref qui a toutes les chances d'être la rentrée atmosphérique.

L'enquêteur de LDLN a rencontré le témoin au printemps 1991, mais on dispose aussi d'une lettre qu'il a adressée à Franck Marie dès le 8 novembre 1990, et qui va nous éclairer sur certains détails :

Je vous informe que je me suis trouvé être le témoin du passage d'un OVNI, le 5 novembre 1990, à 19 heures passées de peu (19 h 02 me semble correct). Habitant rue Paul Bert à Suresnes et ayant ouvert la fenêtre du premier étage et me penchant pour prendre un volet, j'ai vu une masse sombre se déplacer au-dessus de la maison du boulanger (commencement de la rue Paul Bert et de la rue de la Liberté). Je me suis dit : Mais qu'est-ce que c'est que ça ?! Cette chose avançait et passa devant moi, la masse énorme glissant dans un silence impressionnant. Cette masse noire dans le sombre de la nuit était indéfinissable en forme. Dans la masse une lumière fixe sans éclat comme emprisonnée dans une sorte de fenêtre latérale et dans le haut de l'informe masse, à une dizaine de mètres, une autre lumière fixe également sans éclat qui se déplaçait en parallèle de la masse. Avec une main, j'ai caché la lumière du réverbère du trottoir d'en face pour mieux voir. La forme était peut-être à environ 300 mètres de moi, guère plus, et se déplaçait à la vitesse double de celle d'un gros porteur dans l'attente d'atterrir, cela dans un silence total, au grand maximum à 200 mètres du sol (400 m par rapport au niveau de la Seine). J'ai hurlé pour appeler mon fils. Quand l'OVNI est passé devant moi, une lumière s'est précisée à l'arrière, tel un Soleil blanc d'une très forte intensité lumineuse qui se découvrait au fur et à mesure de la progression. C'était incontestablement l'arrière de l'engin qui nous apparaissait progressivement, puis totalement. L'OVNI avait viré vers Neuilly, laissant sur sa gauche les immeubles de grande hauteur, et prenait de l'altitude en une légère pente ascendante. Autour de ce Soleil, dans la périphérie interne, un tourbillonnement annulaire, suivi d'une traînée blanche, laissait apparaître comme des particules argentées, peut-être dues à un phénomène de diffraction par le tourbillonnement sur elle-même de cette fumée éblouissante blanche, légèrement annelée mais compacte, longue d'environ 100 mètres et de longueur constante. En dessous de ce Soleil, de chaque côté, (mon fils dit au-dessus), deux petites lumières fixes. Puis, le tout s'en est allé et a disparu. J'ai dit à mon fils : « Nous avons vu un OVNI ! », moi pendant 35 à 40 secondes, de ma droite venant de St-Cloud/Rueil, devant moi, puis à ma gauche, pour le voir partir vers Neuilly ; mon fils 8 à 10 secondes, pour voir le Soleil éblouissant donnant l'impression de se désagréger avant de disparaître. Suite à l'article du Figaro du 07 novembre 90, j'informe et communique à qui de droit.

Concernant la trajectoire, il y a juste un détail qui cloche d'après l'enquête dans LDLN : le témoin dit que l'objet a été momentanément caché par le dernier étage de la maison qu'il vient de dépasser sur cette reconstitution faite par Joël Mesnard à partir de photos :

Dessin de l'engin ayant passé la maison

La rentrée atmosphérique, qui passait au plus près à 24° de hauteur sur l'horizon, se trouvait nettement au-dessus... Mais si on se reporte plutôt à la lettre à Franck Marie, beaucoup plus proche de la date d'observation, le témoin dit qu'il a vu d'abord l'engin en approche au-dessus de la maison du boulanger ; or celle-ci, que l'on voit tout à droite sur le dessin, est nettement plus haute que la maison censée avoir caché l'objet, et l'altitude de ce dernier ne semblait pas varier ! Il y a donc, comme nous commençons à en avoir l'habitude, une contradiction concernant un détail anormal, et comme d'habitude aussi la version la plus « fraîche » du témoignage va dans le sens de la rentrée atmosphérique !

On peut du reste rechercher avec Google maps dans quelle direction se trouve cette maison au-dessus de laquelle le phénomène est apparu aux yeux du témoin :

Carte Google maps avec direction de la maison

Elle se trouve à un azimut de 210°, où la rentrée atmosphérique passait à 18h59'55", à une hauteur angulaire de 15°. Le toit de cette maison de 5 étages devait dominer la position du témoin d'une quinzaine de mètres, elle se trouve à une distance de 80 mètres, cela implique une hauteur sur l'horizon de l'ordre de 11°, la rentrée passait donc bien un peu au-dessus. Quant à la maison face au témoin, plus proche mais n'ayant que deux étages, on peut calculer de même qu'elle devait avoir sensiblement la même hauteur angulaire, ce qui est confirmé par le dessin, et la rentrée ou « la chose » observée s'était de son côté élevée, elle passait donc largement au-dessus.

Et la rentrée disparaissait vers l'est deux minutes plus tard... C'est trois fois plus que la durée de 35 à 40 secondes estimée par le témoin, mais une telle erreur est courante.

Une autre déformation du témoignage concerne la dimension apparente. La longueur de l'objet est estimée par le témoin à 100 mètres et autant pour la traînée, sa distance au plus près à 60 mètres et son altitude à 30 mètres, si bien que comme le remarque Mesnard l'ensemble devait remplir toute la largeur du champ visuel... Mais si on se reporte encore à la lettre à Franck Marie, la longueur était la même mais la distance était évaluée à « 300 mètres, guère plus », et l'altitude « au grand maximum à 200 mètres du sol » ! Voilà qui est plus raisonnable, et qui donne même une dimension apparente tout à fait représentative de la rentrée atmosphérique, qui passait au plus près à 225 km : cela correspondait à une longueur maximale de 150 km pour l'ensemble des débris plus la longue traînée, et autant pour l'altitude (100 km en réalité).

Notons qu'une distance de 60 mètres pour une altitude de 30 mètres, de même qu'une distance de « guère plus de 300 mètres » pour une altitude de « 200 mètres au grand maximum », ça donne une hauteur angulaire de 30°, bien proche de celle de la rentrée atmosphérique (24°)... Et largement au-dessus de celle de la maison qui aurait occulté momentanément l'objet observé, détail dont on a décidément bien des raisons de douter !

L'objet se présente sous la forme d'une masse noire qui se détache sur le fond de la nuit, mais dont la forme est indéfinissable... On a déjà vu ça maintes fois dans les témoignages du 5 novembre, y compris pour des cas dont même Mesnard ne doute pas qu'il s'agissait de la rentrée atmosphérique... Répétons que si une forme est indéfinissable, c'est justement parce qu'elle ne se détache pas sur le fond de la nuit !

Mesnard nous dit : si c'était la rentrée de la fusée qui s'était montrée, il est infiniment peu probable qu'elle soit apparue sous la forme d'une masse noire : c'est, au contraire, un ensemble de lumières que le témoin aurait dû découvrir...

Mais il se trouve justement que des lumières, il y en avait : outre un grand « soleil » laissant une longue traînée, le témoin distinguait « deux lumières fixes, sans éclat ». Il était plus précis dans la lettre adressée trois jours après l'observation à Franck Marie : Dans la masse une lumière fixe sans éclat comme emprisonnée dans une sorte de fenêtre latérale et dans le haut de l'informe masse, à une dizaine de mètres, une autre lumière fixe également sans éclat qui se déplaçait en parallèle de la masse. Et aussi : En dessous de ce Soleil, de chaque côté (mon fils dit au-dessus), deux petites lumières fixes. Dans son témoignage plus tardif pour LDLN, il dit au contraire que c'est son fils qui a vu ces deux lumières en dessous, et lui ne les a pas vues ! Ça nous donne déjà un exemple des déformations que l'on trouve dans un témoignage après quelques mois. Mais en tout cas la « masse noire » portait d'après le témoin cinq lumières dont une laissant une grosse traînée, ça n'était pas une masse noire toute nue comme le laisse supposer Mesnard ! Il est vrai que cinq lumières, c'est peu par rapport à d'autres descriptions de la région parisienne, mais le témoin était chez lui et fermait les volets, il n'était donc pas habitué à l'obscurité et en outre il était ébloui par les lampadaires en face de la rue (il dit dans sa lettre à Franck Marie qu'il a caché de sa main la lumière d'un réverbère pour mieux voir) ; il n'est donc pas surprenant qu'il n'ait vu que les lumières les plus brillantes.

La dernière anomalie est que le témoin voit à la fin de son observation l'objet virer un peu vers la droite tout en prenant de l'altitude. Joël Mesnard remarque à ce sujet : Il est vrai que sur le plan ci-dessous, réalisé par M. G., on voit que le changement de direction est relativement peu marqué : environ 24 °. Ce plan donne aussi l'ordre de grandeur de l'éloignement évalué par le témoin : une soixantaine de mètres ! Si ces estimations de tailles et de distance sont assez proches de la réalité, M. G. a dû observer le phénomène dans d'excellentes conditions : un ensemble (masse plus traînée) de 200 mètres de long, observé à une soixantaine de mètres, remplit toute la largeur du champ visuel !

La question se pose donc : dans quelle mesure peut-on accorder foi aux estimations de distance fournies par M. G. ? Lors de notre visite à Suresnes, au printemps 1991, Gilles Garreau et moi avons demandé à ce jeune retraité, un peu par hasard, avant de le quitter, quelle profession il avait exercée. Il nous a alors répondu qu'il était dessinateur-projeteur. Il est difficile, dans ces conditions, de ne pas accorder un certain crédit aux indications géométriques qu'il donne, aussi étonnantes soient-elles.


Nous avons déjà vu qu'en ce qui concerne les distances, le crédit que l'on peut accorder au témoin est quelque peu réduit du fait que ces distances ont été divisées par cinq entre sa lettre à Franck Marie et son témoignage pour LDLN ! Mais nous avons vu aussi qu'en dehors de l'estimation de la durée, les indications du témoin dans son récit initial s'accordent très bien avec les données apparentes de la rentrée atmosphérique (dimensions, hauteur angulaire...) Ça semble confirmer que sa profession de dessinateur-projeteur lui permet une bonne appréciation des angles, à défaut des durées, mais ne le met pas à l'abri des déformations de la mémoire avec le temps !

Le virage accompagné d'une remontée étaient aussi présents dans la lettre à Franck Marie, mais ils s'expliquent assez naturellement si la luminosité de l'objet a nettement diminué en fin d'observation, soit parce que la rentrée atmosphérique devenait peu à peu moins lumineuse (ce que l'ensemble des témoignages atteste), soit parce qu'en s'approchant de l'horizon (bien dégagé en direction de l'est) sa lumière était diffusée par l'atmosphère. Nous avons déjà vu quelques exemples de ces impressions de remontées finales, et donné l'explication géométrique dans l'introduction... Dans le sens horizontal, le même phénomène donne l'impression d'un virage vers l'extérieur, précisément dans la direction indiquée par le témoin.

Bref, voilà encore une très bonne description de la rentrée atmosphérique, avec juste des erreurs d'appréciation mineures et des exagérations dans le témoignage tardif.

Nanterre (Hauts-de-Seine) :

Certains témoignages sont plus flous que d'autres (cas non classé parmi les plus convaincants).
Hormis un passage « sous l'horizon » fort douteux, la description n'est pas particulièrement « floue » et évoque bien la rentrée !

Dérouler

Parmi les témoignages proches de celui de Suresnes, Mesnard nous parle de celui de Nanterre : On pourrait presque classer cette observation de Nanterre parmi les cas les plus intéressants du 5 novembre, pour deux raisons : l'objet (un triangle sombre, gigantesque, portant des lumières) aurait masqué le sommet du Mont-Valérien, au moment où il passait au plus près des témoins ; en outre, quelques instants plus tard, il se serait brièvement immobilisé. Toutefois, ces deux affirmations ne nous ont pas paru suffisamment nettes. Certains témoignages sont plus flous que d'autres, et comme il faut être prudent, nous ne tirerons pas argument de ce témoignage de Nanterre, trop peu précis à notre goût.

Lisons pour en savoir plus la lettre envoyée par le témoin à Franck Marie le 8 novembre 1990 (cf son livre OVNI Contact, p. 81) :

Habitant le flanc sud du Mont-Valérien, côté Nanterre [en fait, côté Nanterre c'est le flanc nord, et le Moulin des Gibets où habitent les témoins d'après Joël Mesnard c'est environ 1 km au nord-ouest du mont], hier soir, vers 19 h 00, j'ai aperçu ce phénomène étrange : Un énorme triangle genre aile delta avec à l'arrière une grosse lueur et essaimés à l'avant et sur les côtés des points éloignés du phénomène ayant l'éclat de petites étoiles. En quelques secondes, j'ai pu appeler mon épouse qui elle aussi a vu ce phénomène. Pas de bruit, mais nous sommes habitués à cela, des avions passent avec les phares en service, plus tard le bruit arrive, mais hier soir, rien ! La vitesse n'était pas excessive. Ma plus grosse impression fut cette forme d'aile delta passant juste entre nous et le Mont-Valérien ; une seconde, j'ai cru à l'amorce d'une chute d'un Boeing 747 sur le Mont-Valo. Le phénomène allait dans le sens Saint-Cloud/Mt-Valérien/Le Bourget, sans bruit, avec derrière lui un léger faisceau lumineux bien en retrait, car l'engin lui-même émettait une grosse lumière. Le contexte de l'observation est le suivant : Allant de ma maison vers la grille sur la rue pour la fermer comme chaque soir à 19 heures, j'ai levé la tête vers le Mont-Valérien une sensation étrange m'y invitant, c'est à cet instant que cette masse sombre a occulté le Mont-Valérien. J'ai alors éprouvé une sensation étrange de grand calme et de sérénité extraordinaire. Et malgré cette forme gigantesque, très impressionnante, je n'ai pas paniqué le moins du monde, bien au contraire !

Elle est passée à moins de 20° de mon horizontale théorique. Elle devait bien mesurer alors plus de 40 centimètres entre mes mains bras étendus ! Cet objet évoluait lentement. J'ai donc eu le temps matériel d'aller chercher mon épouse.

Elle a pu comme moi observer à notre retour cette masse sombre avec autour des points comme des étoiles, puis à l'arrière cette grosse lueur. Elle était à ce moment-là entre le Mont-Valérien et les tours de la Défense, donc l'engin allait doucement ; il mesurait encore un peu moins de 13 centimètres bout de bras !


Cette description évoque encore une fois très bien la rentrée atmosphérique : la forme, la trajectoire suivie, la hauteur sur l'horizon, tout concorde ; la dimension apparente est un peu exagérée mais c'est très habituel... La seule anomalie est que l'objet aurait « occulté le Mont-Valérien », un cas rarissime de « passage devant un obstacle ». Mais le problème est que Franck Marie nous apprend que le Mont-Valérien n'est justement pas visible depuis le lieu d'observation ! Et notons que même s'il l'était, cette colline qui dépasse de guère plus de 100 m l'altitude moyenne à Nanterre dépasse « l'horizontale théorique » de bien moins que 20° (la rentrée passait au plus près à une hauteur de 24°). C'est sans doute pour cela que Mesnard trouve le témoignage douteux... Ainsi, avec la méthode Mesnard, on ne met en cause un témoignage que si on a la preuve qu'un détail est manifestement faux... Si on n'a pas cette preuve, et même si seuls quelques détails sont incompatibles avec la rentrée atmosphérique, on considère que tout est exact et qu'il ne s'agit donc pas de la rentrée !

Quant à l'autre détail anormal, l'immobilisation temporaire, il n'en est pas question dans la lettre à Franck Marie, il est donc à parier qu'il est issu d'un témoignage tardif.

Ces deux détails relèvent de toute façon de déformations assez banales : on ne fait pas trop attention à l'horizon et on se persuade que l'objet que l'on croit proche est passé devant, fasciné par la beauté du spectacle on perd quelque peu la notion du temps et on oublie l'environnement... Ce témoignage est loin d'être parmi les plus mauvais, et décrit plutôt bien la rentrée atmosphérique.

Vélizy-Villacoublay (Yvelines) :

Le dessin rappelle fortement l'observation de la gare de Saint-Cloud (cas non classé parmi les plus convaincants).
Bien sûr, puisque les deux cas se rapportent manifestment à la rentrée.

Dérouler

Ce cas, comparé à celui de la gare de Saint-Cloud, serait d'après Mesnard l'exception à la règle que l'on n'aurait pas deux descriptions identiques...

Et en effet les descriptions autant que les dessins se ressemblent beaucoup :

Le phénomène éclaire la base des nuages

La seule anomalie du témoignage de Vélizy est que le faisceau lumineux aurait « éclairé la base des nuages », alors que le « plafond nuageux » se situait nous dit Mesnard au centième de l'altitude de de la rentrée atmosphérique. Toutefois, il s'agit manifestement ici de nuages épars plutôt que d'un plafond nuageux, et s'agissant de nuages d'altitude fins il est difficile de savoir si un objet lumineux se trouve devant, derrière, ou au milieu les éclairant (on peut le voir très souvent avec la lune).

Joël Mesnard remarque : On serait tenté, dans un pareil cas, de conclure à l'unicité de la chose observée. Mais ce serait simplifier le problème, au moins pour deux raisons : Tout d'abord, à la gare de Saint-Cloud, n'oublions pas le témoignage du troisième homme, qui dit à MM. Rainaud et Croizie : « Il y a un quart d'heure que je suis là, et c'est le troisième machin comme ça que je vois passer ». De plus, il existe des cas qui présentent de fortes analogies avec Saint-Cloud et Villacoublay, mais aussi des différences marquées.

C'est effectivement simplifier le problème de considérer que tous ont observé la rentrée atmosphérique, mais qu'il y a des témoins plus ou moins fiables dans leurs descriptions et bien des façons de décrire un ensemble de points plus ou moins lumineux... Et concernant le « troisième homme » de Saint-Cloud, mieux vaut justement l'oublier !

Caluire(Rhône) :

Il existe des cas qui présentent de fortes analogies, mais aussi des différences marquées (cas non classé parmi les plus convaincants).
Les analogies sont bien plus marquées que les différences, pour la presque totalité des témoignages de cette vague, et pointent vers la rentrée atmosphérique.

Dérouler

Mesnard cite ici ce cas pour ses ressemblances et différences avec les observations de Saint-Cloud et Vélizy, mais dans le numéro 306 de LDLN c'était à la première phase de l'observation de Neuilly-sur-Marne qu'il était comparé de la même manière !

Et la vérité, c'est que les cas de Saint-Cloud, Vélizy et Neuilly présentent de fortes ressemblances pour la bonne raison qu'ils sont issus de la même région, mais la ressemblance avec Caluire, près de Lyon, est très superficielle ! Avec Neuilly, la ressemblance vient surtout de la couleur verte des lumières formant un triangle équilatéral, mais on sait combien la perception de la couleur des lumières la nuit est variable, surtout lorsque les témoins se trouvent dans des appartements diversement éclairés.

Voici comment cette observation était décrite dans le numéro 306 de LDLN :

Entre 18 h 55 et 19 h, Caluire (Rhône)

Un ensemble de trois lumières vertes formant un triangle approximativement équilatéral, pointe en haut, voilà ce que nous avons trouvé dans la première phase de l'observation de Neuilly-sur-Marne. Nous retrouvons une fomation comparable, à la même heure, dans la banlieue nord de Lyon, mais la description en est légèrement différente et l'évolution plus différente encore.

Didier Cave vit apparaître le phénomène presque au zénith, à une hauteur que l'on peut situer à environ 80° au-dessus de l'horizon nord, ou un peu à droite du nord. La chose parcourut en une quinzaine ou une vingtaine de secondes, « lentement », une trajectoire rectiligne qui l'amena en un point dont l'azimut est d'environ 50° (nord-est), et la hauteur, d'une quinzaine de degrés. Là, elle disparut à la vue du témoin derrière un bâtiment.

Outre les trois points verts principaux, le témoin nota, à droite de ceux-ci, un ensemble d'autres points verts plus petits et, en dessous et encore à droite, une sorte de tube lumineux blanc, apparemment horizontal et dirigé vers le nord, coupé net à son extrémité. Cela ressemblait à un tube au néon. Taille apparente de ce tube, dans sa plus grande dimension : environ 1 cm à bout de bras. Taille apparente de l'ensemble du phénomène, dans sa dimension horizontale : de l'ordre de 10°.

Didier Cave est sûr de l'indication concernant l'heure, car lorsqu'il découvrit le phénomène dans le ciel, il était en train de suivre une émission sur FR3 (« Questions pour un champion »), émission dont il a ensuite vérifié l'horaire. Le ciel était ce soir-là très dégagé, et le témoin pense avoir aperçu les étoiles entre les trois lumières principales. Il n'en est toutefois pas certain. Quoi qu'il en soit, on note une autre analogie avec l'observation de Neuilly-sur-Marne, puisque le « tube lumineux » ressemble assez au « faisceau » émis par la « tuyère ».


À quelques variantes près cela rappelle beaucoup d'autres témoignages de la région lyonnaise... La seule grosse anomalie est la disposition du faisceau, en réalité plutôt vers l'arrière, et le fait que le témoin l'imagine dirigé vers le nord alors que le faisceau de la rentrée était dirigé vers l'arrière donc l'ouest-sud-ouest... Cette erreur peut s'expliquer par un effet de perspective : le témoin considérait ce faisceau comme un tube de lumière de section constante, mais étant donné qu'en réalité il rétrécissait vers l'arrière, il pouvait penser qu'il s'éloignait de lui.

La trajectoire suivie est aussi sensiblement celle de la rentrée atmosphérique... La hauteur angulaire est très exagérée, estimée à quelque 80° alors que la rentrée dépassait juste 25° au plus près, et même 22° lorsqu'elle était vue en direction du nord, début d'observation par le témoin... On peut se demander ici si le témoin croyant comme tous les autres l'objet très proche de lui ne s'imagine pas virtuellement sous la trajectoire de l'objet, et ne veut pas dire par là qu'il l'a vu apparaître peu après son passage au plus près, ce qui était bien le cas de la rentrée lorsqu'elle était vue vers le nord. L'indication d'un passage presque au zénith est de toute façon totalement incompatible avec le dessin qui montre une trajectoire très inclinée avant la disparition :

Dessin avant disparition

Une trajectoire du reste parfaitement en accord avec celle de la rentrée atmosphérique, comme le montre cette copie d'écran de Stellarium :

Fin de trajectoire de la rentrée dans le ciel

La disparition derrière un immeuble est estimée à un cap de 50° et une hauteur sur l'horizon d'une quinzaine de degrés... La rentrée disparaissait bien à un azimut de 50° mais à seulement 3° au-dessus de l'horizon... On peut supposer que le témoin a juste un peu exagéré l'une et l'autre valeur : la rentrée aurait disparu par exemple à un azimut de 40° et une hauteur de 8°, on n'est pas très loin.

Quant à la dimension angulaire, estimée à environ 10°, elle est tout à fait raisonnable et même nettement sous-estimée. La rentrée atmosphérique, qui passait au plus près à une distance de 215 km et guère plus lorsqu'elle était vue en direction du nord, devait ici dépasser les 20° de longueur.

Si on suppose que le phénomène a été observé d'abord précisément au nord, peu après son passage au plus près, comme l'indique le témoignage, la durée d'observation a été d'une quarantaine de secondes, guère plus que les quinze à vingt secondes estimées par le témoin.

Bref encore un cas qui relève de façon évidente de la rentrée atmosphérique, comme d'ailleurs toutes les observations auxquelles il est comparé !

Capbreton (Landes) :

Un léger « pout, pout, pout... »
Un léger bruit associé sûrement par erreur à la rentrée, un contour triangulaire lumineux affirmé, ce sont les deux curiosités de ce témoignage tardif.

Dérouler

Le rapport de cette observation sur la côte des Landes a été fait le 23 novembre, pas très longtemps après l'observation... On peut aussi trouver le récit dans une lettre adressée à Franck Marie le 14 décembre 1990 (donc encore un peu plus tard), et publiée dans son livre OVNI-Contact :

J'ai entendu un bruit au-dessus de nos têtes et j'ai regardé dans le ciel. L'appareillage qui se déplaçait au-dessus de nous était tellement surprenant que j'ai appelé ma belle-fille. C'est elle qui a regardé l'heure : il était 19 h 10. Cet engin avait la forme d'un triangle aux 3 côtés égaux, délimités par une ligne jaune, tandis que les 3 angles étaient illuminés d'un point rouge d'où s'échappait une petite traînée de fumée blanche sortant par des saccades comme rythmées par le bruit d'un moteur. Ce bruit me parvenait léger comme celui d'un vélomoteur très éloigné. L'appareil se déplaçait à la vitesse d'un Airbus (nous sommes survolés plusieurs fois par jour), l'avant maintenant un cap nord-est, en ligne droite. Je dirais que le triangle mesurait 35 à 40 cm dans l'espace. C'était grand ! et très beau à regarder...

L'objet se déplaçait du sud-ouest vers le nord-est, les 19 h 10 correspondent à la fin de l'observation dans le rapport de LDLN, on a des raisons de penser que c'est la rentrée atmosphérique. La dimension de 35 à 40 cm est très exagéré s'il s'agit d'une longueur « à bout de bras », mais dans LDLN la dimension est comparée à celle de la Grande ourse, ce qui doit être à peine exagérée si on compte les traînées : en supposant pour l'ensemble de débris une dimension très raisonnable de 30 km sur 20, cela fait à une distance de 225 km une dimension angulaire de 8° sur 5° hors traînée. La Grande ourse, ou plutôt le Grand chariot (la « casserole ») fait 20° sur 8. Notons du reste que la rentrée atmosphérique passait à Capbreton et au plus près juste au-dessus du Grand chariot, à une hauteur angulaire de 32°. Voici à quoi pouvait ressembler cette rentrée dans le ciel de Capbreton :

Rentrée et Grand chariot

Ce qui est surprenant c'est la forme décrite par le témoin :

Dessin d'un triangle lumineux

Trois points lumineux reliés par des « tubes » lumineux très fins dessinant un triangle parfait, ça n'évoque pas vraiment la rentrée atmosphérique ! Toutefois, on sait que les traînées étaient nombreuses et assez opaques, un peu semblables aux traînées des avions, au début de la rentrée atmosphérique, lorsqu'elle survolait la côte atlantique... Il est donc possible que ces traînées aient atténué les lumières du centre du « nuage de débris », ne laissant voir que celles du contour avant qui avait à peu près la forme d'un « V » (j'ai essayé de reproduire un peu ça sur le dessin du ciel au-dessus)... Dans ce cas, seul le troisième côté du triangle serait vraiment imaginaire.

Et l'autre anomalie est que le témoin dit avoir eu son attention attirée vers le ciel en raison d'une sorte de léger bruit de moteur... Elle précise en outre que les sons de ce « moteur » étaient synchrones avec des bouffées de fumée émanant des trois points lumineux. On peut toutefois imaginer qu'en fait c'est la luminosité de l'objet, qui devait approcher celle de la pleine lune à ce moment-là, qui aurait attiré inconsciemment l'attention de cette femme, et qu'elle aurait associé le passage de cet objet à un bruit quelconque entendu au lointain.

Mon sentiment est donc que ce témoin est juste un peu imaginatif, qu'elle a quelque peu idéalisé son observation (contours lumineux bien droits d'un triangle équilatéral, bruit de moteur), mais que cela évoque tout de même trop la rentrée atmosphérique pour que ce soit autre chose... Encore une fois, on a affaire à la petite marge de témoins pas très fiables qui existent inévitablement sur un échantillon de plus de 400 ! On aimerait ici avoir le témoignage séparé du fils et de la belle-fille, qui étaient aussi présents.

Autoroute A63, 3 km au nord de Bayonne (Landes)

« Un ruban brillant, mi-métal, mi-verre ».
Un autre cas de triangle aux contours lumineux, certainement encore la rentrée déformée par un témoignage tardif.

Dérouler

À seulement une vingtaine de kilomètres de Capbreton, sur l'autoroute A63 à hauteur de Boucau, Mesnard remarque que l'on a un autre témoignage mentionnant un triangle aux côtés lumineux. Voici comment cette observation était décrite dans LDLN n° 303 :

Au nord de Bayonne (Pyrénées Atlantiques) 19 h 00

Roulant sur l'autoroute A63 en direction de Capbreton (vers le nord), à hauteur de Boucau, M. Christian Hameau voit passer devant lui, à une vitesse qu'il estime inférieure à 80 km/h, et à une altitude évaluée à moins de 100 m, une immense plate-forme triangulaire dont la face inférieure est gris ardoise. Elle est bordée d'un « ruban brillant, mi-métal, mi-verre », sur lequel se reflètent les « feux de position » : un clignotant rose orangé à l'avant, et un autre, jaune verdâtre, à chacune des autres pointes. Le témoin estime la surface de l'objet à plus de 5000 m2, la base (côté arrière) ayant une centaine de mètres de long. La chose se déplace, non pas dans son plan , mais la pointe en avant vers le bas. Elle disparaît derrière des pins, au sommet d'une colline. Durée de l'observation : entre 1 et 2 minutes. Aucun bruit perçu.

(Enquête de Mme Gueudelot)

TYriangle gris ardoise

Il est vrai que la ressemblance avec le cas de Capbreton est frappante, bien que les couleurs diffèrent. Le fait que deux témoins très proches aient eu la même illusion d'un « contour lumineux » indique sans doute que c'est seulement à ce niveau de la trajectoire, en raison des traînées et de la forme générale du nuage de débris, qu'une telle impression était possible. Il se pourrait aussi qu'en raison d'une géométrie particulière des principaux débris, cette impression ait été plus forte dans une région particulière.

L'heure et la trajectoire sont celles de la rentrée atmosphérique ; la durée d'observation estimée entre une et deux minutes est plausible ; la dimension apparente, une centaine de mètres de largeur et de longueur hors traînée, pour autant d'altitude, est de l'ordre de cinq fois celle de la rentrée, mais une telle exagération est courante ; la vitesse estimée, rapportée à l'altitude réelle de la rentrée atmosphérique, donnerait une vitesse triple de celle de la rentrée, encore une erreur d'estimation très raisonnable...

Bref il n'est encore pas douteux que c'est la rentrée atmosphérique, et si la description de l'objet est un peu étrange il faut penser qu'on ne se trouve pas dans des conditions d'observation idéales en roulant sur une autoroute !


Mesnard conclut l'exposé de ce cas par :

C'est clair : on ne peut, dans tout cela, constater des similitudes sans noter en même temps, des différences très marquées. Bien sûr, on peut invoquer la fragilité « naturelle » des témoignages. C'est une réalité incontestable, mais dont il ne faudrait quand même pas abuser. On ne nous fera pas croire que c'est la même chose qui a été observée sur l'A63, 4 km au nord de Bayonne, et à Cuhem, au sud-ouest d'Hazebrouck !

Effectivement, ça n'est pas vraiment la même chose, puisque l'aspect de la rentrée a profondément changé tout au long de sa trajectoire... Et concernant les divergences des témoignages pour un même phénomène, il suffit encore de se reporter à l'observation de cette rentrée par 32 élèves-officiers de gendarmerie pour en avoir une idée.

Huisseau-sur-Cosson (Loir-et-cher)

Une boule lumineuse jaune laissant derrière elle trois traînées divergentes de couleur différente... (cas non considéré comme probant).
Encore une description tardive un peu fantaisiste, mais il s'agit manifestement de la rentrée.

Dérouler

Autre cas détaillé dans LDLN n° 303 :

Huisseau-sur-Cosson (Loir-et-Cher) 18 h 50

Regardant plein sud, Mme H. voit, à environ 50° au-dessus de l'horizon, et sous un diamètre apparent considérable (8 à 10 cm à bout de bras) une boule lumineuse jaune laissant derrière elle trois traînées divergentes : une blanche, une verte, et une d'un rouge rosé. Altitude estimée : 200 m (constante au cours de l'observation, qui durera 3 minutes) ; vitesse : « celle d'une montgolfière ». Le phénomène, qui va de l'ouest-sud-ouest vers l'est-nord-est, effectue un léger virage sur la gauche et s'éloigne en direction du nord-est. Aspect des traînées : comme de la fumée colorée. Disparition du phénomène : instantanée, par « extinction sur place ». Aucun son perçu.

(enquête de M. Bellanger)

Boule avec traînées divergentes

Joël Mesnard mentionne aussi ce cas pour sa ressemblance par certains détails avec celui de Capbreton. Mais ce ne sont pas cette fois les contours qui sont communs, mais les « bouffées de fumée »... Toutefois, ces bouffées forment ici trois traînées divergentes et de couleurs différentes derrière une grosse boule jaune... Huisseau-sur-Cosson est bien loin de la côte atlantique, il se trouve près d'Orléans... Ces ressemblances que l'on trouve entre certains cas reflètent simplement la multitude d'interprétations différentes que l'on peut donner à un ensemble de lumières et de traînées assez désordonné. Si on doit faire des comparaisons, comparons plutôt à l'objet observé à Villavard, pas très loin :

Le boomerang de Villavard

Les couleurs ne sont pas les mêmes (à Villavard, la principale « boule » était vue rouge clignotante, et les lumières aux extrémités des « ailes » étaient blanches et jaunes), mais il y a tout de même une forte ressemblance.

Et il ne fait guère de doute qu'à Huisseau-sur-Cosson comme à Villavard (pour le témoignage correspondant à ce dessin), c'est la rentrée atmosphérique qui a été vue : phénomène qui va de l'ouest-sud-ouest vers l'est-nord-est en passant au plus près au sud à 50° de hauteur sur l'horizon (la rentrée passait à 45°) ; la dimension estimée à 8 à 10 cm à bout de bras correspondrait à 20 km pour l'ensemble de débris à la distance de la rentrée (140 km), ce qui est pour une fois un peu sous-estimé ; la durée d'observation estimée à 3 minutes est sans doute un peu exagérée, et l'heure indiquée de 18 h 50 un peu fausse.

Les seuls éléments vraiment étranges en dehors d'une description un peu fantaisiste sont un léger virage sur la gauche en fin d'observation, et une disparition instantanée (nuage, élément de relief que le témoin croyait plus éloigné que l'objet ?), ça n'est pas très convaincant.

Une rentrée atmosphérique peut-elle faire du bruit ?

Revenant sur le cas de Capbreton, Mesnard signale dans un encadré les diverses observations associées à un bruit : il y en a neuf sur les 408 qu'il a répertoriées... C'est peu, d'autant qu'il n'est question dans la plupart des cas que de sons très faibles. Ce sont certainement des sons extérieurs qui ont été associés par erreur au passage de l'objet, s'ils ne sont pas purement imaginaires.

Notons que les météores, de toutes tailles, sont quelquefois associés à des sons même lorsqu'ils passent à très haute altitude... Ce fait étrange est longtemps resté inexpliqué, puisqu'en raison de la distance de l'objet le son ne peut atteindre le sol que bien après sa disparition, mais de nombreux témoignages l'attestaient... On n'a compris que récemment que ces sons résultent de rayonnements radio émis par l'air ionisé, qui peuvent dans certaines circonstances provoquer des vibrations en atteignant le sol. Il n'est donc pas absolument impossible que le même phénomène se produise avec une rentrée atmosphérique (ça semble avoir été attesté en une occasion), mais les quelques témoignages évoquant ici un bruit ne sont pas assez probants pour qu'il soit besoin d'évoquer cette hypothèse.

Bourg-en-Bresse (Ain)

Deux choses différentes.
La première, c'est évidemment la rentrée, la seconde peu-être pas, la direction affirmée étant incompatible, mais le témoignage est très résumé et sans doute tardif.

Dérouler

Deux cas sont donc mentionnés à Bourg-en-Bresse... Pour le premier, la description évoque parfaitement la rentée atmosphérique, à une heure imprécise comprise sans doute entre 19 h et 19 h 30, mais dans une direction opposée : l'objet serait passé du sud-sud-ouest à l'est-sud-est, passant au sud, alors que la rentrée atmosphérique passait au nord à 41° au-dessus de l'horizon. Le témoin, qui circulait à mobylette sur un parcours qu'il connaît, semble sûr de lui, mais on aimerait savoir quand il a témoigné, et ça n'est précisé nulle part, pas plus qu'aucun détail de l'enquête, le cas étant résumé en cinq lignes !

Le second cas n'est pas plus intéressant : l'objet, qui a été vu de l'ouest au nord-ouest, se présentait sous forme de trois boules lumineuses « qui semblent reliées entre elles par une structure d'aspect métallique et tubulaire ». Mesnard, pour en faire un élément probant, n'a pas dû lire le « qui semble », et du reste puisqu'il y avait deux témoins on aimerait savoir si les deux ont vu ces structures ! Il fait le parallèle avec deux autres cas de « structures tubulaires » mentionnés pour cette vague... C'est peu, sur un total de plus de 400 témoignages, et ça semble tout aussi imaginaire que les « masses noires » bien plus fréquentes.

L'objet serait en outre passé « sous la couche nuageuse », mais il faudrait savoir s'il y avait autre chose que des nuages épars dans cette région, et ça ne semble pas être le cas. Je vous propose du reste un très bel exemple de rentrée atmosphérique sous la couche nuageuse avec la rentrée de la station spatiale Mir : la rentrée passe naturellement très au-dessus des nuages, mais ces nuages, pourtant bien visibles dans le ciel, sont trop ténus pour absorber une grande partie de la lumière.

Enfin, Joël Mesnard note que sur une reconstitution de la trajectoire de l'objet sur une photo, le témoin a représenté une trajectoire descendante, alors que la rentrée avait une trajectoire apparente ascendante (10° de hauteur angulaire gagnés sur un parcours horizontal de plus de 40°). Un argument un peu faible, d'autant que l'on a tendance à reporter sur une photographie la trajectoire déduite, légèrement descendante, plutôt que la trajectoire apparente.

Bref rien de tout cela n'est convaincant, et comme d'habitude la date des témoignages n'est pas précisée (l'enquête a été faite par Denis Alarcon de l'association Magonia, disparue depuis).

Saint-Même-les-Carrières (Charente)

Autre cas de « structures tubulaires » (cas non considéré comme probant).
Quand ce n'est pas une masse noire, les témoins imaginent une structure tubulaire soutenant les lumières, ça n'est pas plus convaincant...

Dérouler

C'est au sujet des observations de « structures tubulaires » que Mesnard signale ce cas, qui a été présenté par la presse (la Charente Libre) sans autre indication que ce dessin :

Triangle avec des structures

Qu'il y ait quelques cas faisant référence à de telles structures n'est pas surprenant : le plupart des témoins du phénomène ont pensé avoir affaire à un objet unique et immense, du fait du déplacement apparemment coordonné des différentes lumières... C'est pour cette raison que beaucoup ont supposé qu'il y avait une masse noire porteuse de ces lumières, pour les cas où les étoiles n'étaient pas visibles derrière... Ceux qui ont vu des étoiles devaient pour leur part imaginer soit que l'engin était transparent, soit qu'il y avait une structure soutenant les lumières, et on trouve effectivement quelques témoignages de l'une ou l'autre sorte. On peut faire le rapprochement avec le cas de Gretz-Armainvilliers, où le commandant Grelé a aussi pensé que les lumières étaient soutenues par une « structure métallique » tout en précisant bien dans son rapport à la gendarmerie qu'il n'avait pas observé cette structure, mais juste supposé sa présence.

Par ailleurs, le fait d'imaginer des lignes entre différents points fait partie des illusions courantes, et a fait voir au siècle dernier des « canaux » sur Mars à d'excellents observateurs !

Chalonnes-sur-Loire (Maine-et-Loire)

À la verticale des témoins, à 1 ou 2 degrés près...
Cette indication est manifestement en contradiction avec certains détails du témoignage, et en dehors de cela tout évoque la rentrée.

Dérouler

Joël Mesnard se réfère pour ce cas à une enquête tardive (la date n'est comme d'habitude pas précisée, mais il n'est pas douteux que ce soit plusieurs années après l'observation) réalisée par deux enquêteurs de l'AEIOU, plus un appel téléphonique qu'il a lui-même passé au témoin... en 2001.

Mais on a aussi pour ce cas un article de presse de Ouest-France (la date de parution indiquée, 7 novembre 1990, est certainement fausse pour cet article particulier, mais c'était quelques jours plus tard) et une lettre à Franck Marie datée du 10 novembre, qui est la copie du courrier adressé au journal :

Témoins : Pierre Boisdé, directeur de l'école Saint-Joseph de Chalonnes-sur-Loire, et son fils.

Quel poisson veut-on noyer ?

Je suis prêt à m'incliner devant toute explication convenable, mais qu'on ne me parle :
Voici mon témoignage :

Accompagné de mon fils Sylvain — bientôt 11 ans — je quitte ma classe :

— Oh ! Papa, regarde...

À la verticale, à faible altitude (moins de 200 m ?), venant du sud-ouest, un engin glisse silencieusement et sans bruit dans le ciel.

Sa taille est impressionnante (mesure-t-il 20 m ? 30 m ?)

Sa masse noire se distingue mal dans l'obscurité... pas très aérodynamique...

Je penserais à deux trapèzes accolés par leur grande base... un cerf-volant allongé.

Sous le ventre, vers l'arrière, scintillent des lueurs colorées mais blafardes. Vers l'avant deux ou trois lumières blanches faisant penser à des phares ominidirectionnels. S'échappant, semble-t-il, de ces sources lumineuses, deux fines traînées blanches (de condensation ?) qui persistent un peu après le passage.

Je regarde ma montre : il est 19 h 02.

La sonnerie du téléphone me rappelle dans ma classe, je ne vois pas l'engin disparaître. Pendant le retour à la maison, j'essaie de parler à mon fils. Très impressionné, il me supplie, éclatant en larmes, de ne plus lui parler de ce que nous venons de voir.


Encore une description évoquant parfaitement la rentrée atmosphérique : deux ou trois grosses lumières à l'avant, de nombreuses autres plus petites à l'arrière, deux traînées blanches... et une masse noire qui comme d'habitude « se distingue mal dans l'obscurité »...

Tout comme la direction suivie, du sud-ouest au nord-est, et l'heure, environ 19 h d'après l'enquête tardive de l'AEIOU et 19 h 02 à la fin de l'observation d'après le témoigage initial.

Les indications sur la dimension sont un peu douteuses : d'une part, le témoin nous dit que l'objet pouvait avoir 20 à 30 m de longueur et se déplaçait à une altitude proche de 200 m, ce qui porterait l'ensemble des débris de la rentrée à une longueur de l'ordre de 15 km très sous-estimée, et d'un autre côté il montre aux enquêteurs une maquette de l'objet qu'il a faite avec du carton, d'une quarantaine de centimètres de longueur, qui tenue à bout de bras montrerait les dimensions apparentes de l'objet : on atteindrait cette fois environ 120 km à la distance de la rentrée, ce qui serait au contraire un peu exagéré. À ce niveau de sa trajectoire, le nuage de débris devait atteindre plutôt une cinquantaine de kilomètres en longueur, c'est une bonne moyenne des deux estimations déduites du témoignage.

Mais alors, qu'est-ce qui cloche ? Uniquement le fait que le témoin affirme que cet objet lui est passé rigoureusement à la verticale, à 5° près au maximum, alors que la rentrée atmosphérique passait au plus près à 34° de l'horizon. Mais voyons si cette affirmation est cohérente avec les détails du témoignage.

D'après l'enquête de l'AEIOU, c'est lorsque son fils a crié « Oh, papa, regarde ! » que M. Boisdé a vu, sur le pas de la porte, sur le perron, l'engin immense venant du sud-ouest passer juste à sa verticale. Notons déjà qu'il est difficile de voir « sur le pas de la porte », « sur le perron », un objet qui est juste à votre verticale : si le terme n'est pas exagéré, vous n'en verrez jamais que la moitié !

Une indication utile qui manque dans l'enquête, c'est la disposition du bâtiment dans lequel se trouvait M. Boisdé. Selon toute vraisemblance, c'est celui-ci, que l'on trouve sur le site de la mairie de Chalonnes-sur-Loire :

Bâtiment principal de l'école

Et un petit tour sur Google Maps nous apprend que les portes et fenêtres que l'on voit sur le côté du bâtiment donnent vers le sud-ouest. C'est probablement sur le seuil de la porte située à l'angle que M. Boisdé a fait son observation (à moins qu'il ne s'agisse d'une des portes au centre, ça ne changerait pas grand-chose sinon que les arbres pouvaient gêner la vue).

Voyons maintenant comment s'est terminée l'observation... D'après son courrier du 10 novembre, M. Boisdé n'aurait pas vu l'objet disparaître parce qu'il est rentré dans sa classe pour répondre à un appel téléphonique... Pourtant dans l'enquête présentée dans LDLN il dit que « la hauteur angulaire, au moment de la disparition, pouvait être d'une quarantaine de degrés »... Ça n'est pas forcément contradictoire, peut-être est-il rentré dans sa classe juste avant la disparition de l'objet, mais cette mention d'une quarantaine de degrés de hauteur angulaire interpelle : puisque « l'engin » se déplaçait du sud-ouest vers le nord-est, il a disparu au nord-est, précisément la direction du bâtiment de l'école ! Ce que voyait M. Boisdé au nord-est, c'est la porte de sa classe ! À moins de s'être nettement éloigné, ce que son témoignage n'évoque pas, il ne voyait pas du tout le ciel dans la direction nord-est !

Si maintenant on considère que c'est la rentrée atmosphérique qu'a vue M. Boisdé, tout semble assez logique...

Le phénomène serait apparu au sud-ouest, en plein dans l'axe de la sortie de classe, à 18 h 59 ; il passait au plus près, à 34° de hauteur angulaire, à 19 h précises ; et il disparaissait au sud-est ou à l'est-sud-est, masqué par le bâtiment, à 19 h 00' 15", à une hauteur sur l'horizon d'une trentaine de degrés (on n'est pas loin de l'estimation de M. Boisdé).

La durée d'observation, 1' 15", aurait juste été un peu exagérée dans le témoignage tardif (estimée à 2 à 3 minutes). Tout dans son témoignage serait correct sauf cette mention d'un passage à la verticale dont nous avons vu qu'il était fortement douteux... Et si vous n'êtes pas encore convaincu, regardez bien sur LDLN la photo de « reconstitution » de l'observation, avec M. Boisdé tenant à bout de bras sa maquette :

Le témoin reconstituant l'observation

L'angle entre son oeil et la maquette de l'objet ne doit pas dépasser 45° de hauteur sur l'horizon compte tenu de la perspective, et en déplaçant l'objet linéairement pour reconstituer le passage au plus près cet angle ne doit pas dépasser 60°... On est certes encore assez loin de 34, mais plus loin encore de 90 ! Et bien sûr le sens de déplacement, de droite à gauche, est bien celui de la rentrée.

Bref, une fois encore, le seul détail incompatible avec l'explication par la rentrée atmosphérique est précisément celui dont on a d'excellentes raisons de douter.


LDLN n°360, troisième partie

Entre Mulhouse (Haut-Rhin) et Bâle

« L'immense masse sombre semblait immobile, et avait des hublots. Elle disparut à vitesse fulgurante. »
Une bonne description de la rentrée, avec des anomalies de trajectoire apparente qui s'expliquent par le déplacement des témoins en automobile.

Dérouler

L'observation a été faite par un couple et leur enfant qui roulaient sur une autoroute en direction de l'est-nord-est. Ils étaient très bien placés pour voir la rentrée qui passait au plus près à leur gauche (NNO), à une hauteur angulaire de 51°. Leur attention a été attirée par de nombreuses voitures arrêtées sur le bas-côté, dont les occupants scrutaient le ciel.

La description et l'heure correspondent à la rentrée atmosphérique, l'observation a été courte, une dizaine de secondes à peine. En dix secondes, la rentrée se déplace suffisamment lentement pour qu'on puisse la croire immobile, surtout lorsqu'on se trouve soi-même dans une voiture en marche...

Reste donc l'éloignement « à une vitesse fulgurante »... Mais si on regarde le plan, on constate que quelque 500 m après le lieu du début de l'observation, une distance que l'on parcourt en une quinzaine de secondes sur une autoroute, l'autoroute vers Bâle tourne de 90° vers la droite, si bien que la rentrée atmosphérique s'est retrouvée rapidement... dans le dos des témoins, ou en tout cas à leur arrière-gauche ! Je ne crois pas qu'il soit utile d'aller plus loin, d'autant que si ça n'est pas la rentrée atmosphérique qu'ont vu ce couple, on se demande ce que pouvaient bien regarder tous les autres automobilistes (une vingtaine d'après ce témoignage) qui avaient garé leur voiture sur le bas-côté pour observer le ciel !

Mais il y a un autre détail qui trouble Joël Mesnard : lors de l'enquête, la femme du conducteur ne se souvenait absolument pas de l'événement... Une « étrange amnésie » que Mesnard rapproche de celle de deux des quatre joggers de Linas, et de la tendance du quatrième à « minimiser l'incident » (en réalité, ce sont deux joggers qui minimisaient l'incident et un qui l'avait oublié, Mesnard semble décidément bien placé pour se rendre compte que la mémoire est faillible !) Ce qu'on voudrait savoir, mais que Mesnard ne précise évidemment pas, c'est quand les témoins ont été interrogés... Parce que je trouverais effectivement cette « amnésie » étrange si on a interrogé cette dame dans les jours qui ont suivi l'observation... Par contre, si c'est après 5 ou 10 ans, je penserais juste qu'elle n'a pas trouvé cette observation aussi exceptionnelle que son mari, et qu'ayant accepté l'explication officielle elle a fini par oublier cet événement pour elle mineur. La seule chose qui me surprend vraiment dans cette histoire, c'est que même dans un tel cas où le seul détail qui peut paraître bizarre est une « amnésie », Mesnard estime que la date du témoignage est une information sans importance qu'il n'est pas utile de mentionner !

Montignac (Dordogne)

Cinquante centimètres à bout de bras.
Une exagération modeste de la dimension apparente, Mesnard trafique le témoignage pour faire croire que la trajectoire indiquée est incompatible avec la rentrée, mais tout indique que c'est ce qui a été observé.

Dérouler

Voilà un exemple parfait de la méthode Mesnard pour trafiquer les témoignages !

Ici encore, nous avons une bonne description de la rentrée atmosphérique, malgré un témoignage que l'on devine tardif (ça n'est bien évidemment pas précisé, mais le témoin n'est pas sûr de la date).

Un ensemble de lumières qui se déplaçait d'ouest en est, observé pendant de l'ordre de 3 minutes, la dimension apparente estimée à 50 cm à bout de bras est exagérée mais de façon raisonnable (les débris de la rentrée devaient présenter une vingtaine de centimètres à bout de bras), tout cela évoque bien la rentrée...

La seule grosse anomalie, c'est que l'objet est censé être passé exactement à la verticale du témoin et de sa mère, alors que la rentrée atmosphérique passait au nord à 37° de hauteur sur l'horizon. Nous avons déjà vu que cette mention d'un passage « à la verticale » est à prendre avec des pincettes, surtout avec un témoignage tardif. On peut remarquer que sur le croquis dessiné par le témoin, l'objet se déplace de gauche à droite, soit dans le bon sens pour la rentrée atmosphérique... De leur côté, les témoins qui se trouvaient précisément dans la trajectoire de la rentrée, et qui l'on donc vraiment vue passer à la verticale de leur position, dessinent généralement l'objet qui leur fait face, se déplaçant donc de bas en haut.

Il n'y a donc vraiment pas de quoi trouver ce cas extraordinaire, mais c'est là que Mesnard dérape complètement, en rapprochant ce cas d'une autre observation de « passage au zénith » non loin de là, à Périgueux... C'est déjà mensonger puisque nous avons vu qu'à Périgueux, il y avait en réalité deux témoins, un qui a vu passer un objet précisément à la hauteur angulaire de la rentrée atmosphérique et qui évoquait en tout point ce phénomène, et un autre qui a vu passer un objet décrit très différemment, bas sur l'horizon mais dans la direction opposée... Personne n'a donc vu de « passage au zénith » à Périgueux, mais donc Mesnard considère que c'est le même objet qui a survolé précisément Périgueux et Montignac, et en déduit que l'objet suivait un cap de 105 ou 110° (si on devait faire la même chose avec tous les cas prétendus de « passages au zénith », on obtiendrait un beau zig-zag !)

Et c'est là que ça devient hallucinant : il en déduit donc que si le témoin avait observé la rentrée atmosphérique, il aurait fait une erreur d'appréciation de 60° sur le cap suivi alors « qu'il connaît parfaitement les lieux ». J'ai du mal à comprendre : le témoin dit que l'objet se déplaçait de l'ouest vers l'est, soit un cap de 90°, la rentrée atmosphérique suivait un cap de 60°, pour moi (mais il est vrai que je ne suis pas un ancien professeur de mathématiques !) ça ne fait jamais qu'une erreur d'appréciation (ou plus vraisemblablement d'arrondi) de 30° et pas 60 ! Du reste, même un cap allégué de 105 à 110° ne ferait jamais qu'une erreur de 50 à 55° par rapport aux 60° de la rentrée... On comprend un peu que Mesnard ait arrêté d'enseigner les maths !

Saint-Quentin-en-Yvelines (Yvelines)

Un HLM volant ! (Joël Mesnard ne classe pas ce cas parmi les « trente exemples probants »).
Rien de surprenant dans cette observation...

Dérouler

On comprend bien pourquoi Mesnard ne retient pas ce cas dans sa sélection, ce qu'on comprend moins c'est pourquoi il le cite alors... Déjà, la première phrase nous met la puce à l'oreille : « Certains témoins ont parfaitement mémorisé la date de leur expérience »... Ça n'est bien évidemment pas dit, mais ça signifie à coup sûr que le témoignage est très tardif !

C'est donc ici toute une famille de forains (un homme, son père et sa tante, mais comme toujours il y en a un seul qui témoigne) qui ont observé une « masse énorme », de la taille d'un immeuble, dont la forme à l'avant était floue (cette manie qu'ont les formes sombres d'être floues), portant plusieurs rangées de lumières et deux traînées blanches.

L'objet est apparu au sud et se dirigeait vers le nord-ouest, il était silencieux, ses dimensions, estimées à 100 m sur 20 pour une altitude de 100 m, sont tout à fait compatibles avec les dimensions apparentes de la rentrée... Bref c'est de la rentrée pur jus, aucun détail qui cloche surtout pour un témoignage trè tardif...

Ce qui semble surprendre Mesnard c'est que ces gens ont appris plus tard par d'autres forains que « le même engin » avait été vu le même soir à Nantes ! Il me semble même pour ma part qu'il n'y a pas qu'à Nantes qu'il a été vu, et que ça n'a rien de mystérieux !


Pour comprendre pourquoi Mesnard a cité un cas aussi peu convaincant, il faut suivre le fil de sa pensée, ce qui est parfois difficile... Ici, la vision d'un « même engin » ailleurs le mène aux observations de plusieurs engins au même endroit :

Nous venons de rappeler qu'à la gare de Saint-Cloud, le troisième témoin a affirmé aux deux autres qu'il était là depuis un quart d'heure, et que c'était « la troisième fois qu'il voyait passer un machin comme ça ». Cette affirmation stupéfiante n'est certainement pas à négliger [en fait ce « troisième témoin » est juste un inconnu qui a dit ça en passant aux deux autres...] Existerait-il des cas où les témoins ont vu deux choses différentes ? La réponse est oui. Mais, hormis celui de la gare de Saint-Cloud, nous ne connaissons que deux exemples. Les voici.

Dans l'île d'Oléron (Charente-Maritime)

Deux passages successifs, à une minute ou une minute trente d'intervalle.
Il suffit de lire les premières versions du témoignage pour se rendre compte qu'il n'y a eu qu'un seul objet évoquant parfaitement la rentrée atmosphérique.

Dérouler

On aimerait savoir comme toujours quand le témoignage a été rapporté, et comme toujours cette information n'est pas donnée, mais Joël Mesnard précise que le fils avait 17 ans en 1990, ce qui suppose que c'est plusieurs années plus tard qu'il lui a parlé (s'il lui a parlé, puisqu'une autre omission habituelle lorsqu'il y a plusieurs témoins est de préciser lesquels ont été interrogés).

Ce qui a été vu : une tache rouge vers l'ouest-sud-ouest, d'où sortent deux boules lumineuses qui passent au-dessus du témoin après une courte pause, et une minute plus tard un ensemble de lumières formant une croix qui passent à 70° au-dessus de l'horizon...

Ça ressemble vraiment trop à la rentrée atmosphérique pour être autre chose... Rappelons que l'étage de fusée a explosé peu avant 18 h 59' au large de la côte, formant un nuage qui a persisté un quart d'heure... Deux grosses lumières en ont émergé, et en approchant elles ont peu à peu pris la forme d'un ensemble de nombreuses lumières dessinant vaguement un losange ou un triangle suivi de nombreuses traînées, passé au-dessus de la côte, à Royans, à 18 h 59' 45".

Bref, il est tout à fait clair que ce témoin a quelque peu enjolivé son observation avec le temps, qu'il a cru que les deux boules et la « croix » étaient deux phénomènes distincts qui l'auraient successivement survolé, alors que les boules n'ont été vues qu'au début de l'observation et que c'est le losange qui lui est passé au-dessus de la tête (en réalité à 77° de hauteur angulaire vers le sud). Notons que le témoin a dessiné le phénomène se déplaçant de droite à gauche, ce qui correspond bien à un passage au sud.

La dimension angulaire, estimée à 50 cm à bout de bras en largeur, est un peu exagérée : la rentrée atmosphérique qui ne s'était pas encore très étendue ne devait guère dépasser 10 cm à bout de bras, mais il s'agit là d'une exagération courante, et sans doute amplifiée avec le temps. Dans la description, le seul élément curieux est que l'objet était formé de 11 lumières très brillantes qui dessinaient « une croix parfaite », entourées d'autres lumières plus petites sans ordre apparent. Tout cela évoque juste un embellissement de l'observation.

Et pour ceux qui en douteraient il se trouve qu'on a la déposition de ce témoin à la Gendarmerie, faite le lendemain de son observation. Elle est référencée sur le site du Geipan sous le numéro 90307241 (j'ai réintroduit dans la mesure du possible les indications géographiques effacées du rapport) :

Hier soir, vers 19 heures, alors que je circulais avec mon véhicule sur le CD734 entre le Château d'Oléron et le Chapus, j'ai constaté les faits suivants. Je signale que mon fils Stéphane, 16 ans se trouvait avec moi et qu'il a constaté les mêmes choses que moi.

Nous avons aperçu au large de la pointe de ??, comme une explosion, c'est-à-dire comme une grosse lueur. Je ne peux pas préciser la taille mais l'équivalent d'un quart de lune. De la couleur rouge le phénomène est passé à la couleur orange. Il y avait également une traînée blanche au dessus et de la même taille.

J'ai pensé à l'explosion d'un avion, puis de l'entrée d'un engin rapide dans l'atmosphère. Il me semble que le phénomène s'est produit à environ 20 degrés par rapport à la ligne d'horizon.

Cette explosion s'est résorbée pour laisser place à un nuage blanchâtre triangulaire qui s'est résorbé également.

En même temps, il y a eu l'apparition de deux points lumineux placés côte à côte. Une dizaine de secondes après l'objet se déplaçant dans notre direction, sans bruit, nous avons vu au dessus de nos têtes, un gigantesque losange composé d'une croix composée de 6 ou 7 lumières d'une grande intensité puis d'une multitude de petits points composant le corps et placés anarchiquement c'est-à-dire sans symétrie. Je n'ai vu aucun contour.

Alors qu'il se trouvait au-dessus de nos têtes, j'ai vu 6 ou 7 traînées se détacher de la droite de l'engin et le suivre jusqu'à la sortie de notre champ de vision.

Le phénomène se déplaçait assez vite et a disparu tout de suite après son passage à notre niveau.

Il s'est écoulé environ 30 secondes entre le début et la fin.

S.I. : Les lumières étaient de couleur blanches. Mon fils pense avoir vu une ou deux lumières de couleur différente tirant sur le violet.

S.I. : Le ciel était parfaitement dégagé. Il faisait très froid et il n'y avait pas de vent. Vu la hauteur il ne doit pas y avoir de traces sur l'environnement.


Et voilà : il n'est pas question de deux objets différents qui lui seraient passés au-dessus de la tête, seulement le « losange/croix » composé de lumières multiples et laissant des traînées... La croix n'avait semble-t-il pas encore acquis sa parfaite symétrie et n'était composée que de 6 ou 7 lumières... Pas question non plus d'un surplace fait par les deux « boules ». La durée de l'observation était alors sous-estimée, elle a dû être de l'ordre d'une minute si le phénomène a disparu juste après le passage au plus près, ou jusqu'à trois minutes si le phénomène a pu être suivi jusqu'à l'horizon. Et si certains voulaient encore faire un mystère de la mention « disparu de suite après son passage à notre niveau », notons qu'elle est contradictoire avec la phrase précédente : « j'ai vu 6 ou 7 traînées se détacher de la droite de l'engin et le suivre jusqu'à la sortie de notre champ de vision » !

Nous avons encore là un exemple des déformations qui sont faites avec le temps, qui devraient pousser tout ufologue sérieux à ne pas considérer comme très fiable tout témoignage relaté après plusieurs mois ou années.

Neufgrange (Moselle)

De petites sphères rejoignent une grosse sphère munie de hublots...
La rentrée atmosphérique d'un côté, la lune de l'autre, et un enquêteur qui influence le témoin...

Dérouler

J'ai connu ce cas unique de « deux objets différents » par le livre de Franck Marie :

Article de presse et dessin

Il n'y a rien de plus dans l'article de presse que Franck Marie a recopié, et le dessin est de lui comme c'est indiqué. Notons au passage que c'est dans le même article de presse que l'on trouve mention de l'identification d'une rentrée atmosphérique par Pierre Neirinck d'après l'observation de son collègue Daniel Karcher... Observation complètement ignorée des soucoupistes tels Franck Marie ou Joël Mesnard... On accepte tous les témoignages, sauf ceux de passionnés d'astronomie qui reconnaissent une rentrée atmosphérique !

Dans Le Creux de la vague, je commentais cette observation ainsi (p. 71) :

Il y a là visiblement la rentrée atmosphérique décrite de façon tout à fait banale (les 6 ou 7 boules lumineuses suivies d'une traînée), et un objet qui n'a rien à voir (la sphère immobile portant des hublots)... Ovni ou objet conventionnel ? Peut-être la lune qui venait de se lever au nord-est alors que le phénomène s'éloignait vers l'est ? Ce cas n'est connu que par un article de presse.


Il était difficile d'aller plus loin étant donné l'absence de toute indication sur l'orientation de la « boule »... Mais voilà donc qu'à l'occasion du dixième anniversaire de la « vague », Joël Mesnard publie une enquête faite par Robert Fischer... On ne sait pas (comme d'habitude pourrait-on dire) quand le témoin a été interrogé, mais c'est sûrement longtemps après l'observation.

On trouve par contre dans cette enquête les directions qui manquaient dans l'article de presse :

Plan de Neufgrange

La direction des « 6 ou 7 boules suivies d'une traînée » est bien celle de la rentrée atmosphérique, la hauteur sur l'horizon, estimée par le témoin entre 45 et 60°, est bien celle de la rentrée qui passait au plus près à 47° de hauteur angulaire ; la rentrée a pu être vue alors qu'elle était proche de son passage au plus près, plein sud, à 19 h 01' 15", et disparaître à l'entrée du village alors qu'elle était plein est, à 19 h 02' ; la distance parcourue, de l'ordre de 500 m depuis l'apparition du « deuxième phénomène », est cohérente avec cette durée d'observation en roulant à vitesse modérée.

Le témoin dit que ces boules semblaient se diriger, en chutant, vers la sphère de gauche, puis qu'elles « disparaissent derrière la sphère de gauche »... Il faudrait interpréter cela comme le fait que les boules semblaient devoir rejoindre la « sphère » qui semblait se déplacer vers l'est, et qu'elles ont disparu dans cette direction plus loin que cette sphère.

Sphère qui pour sa part se trouvait bien dans la direction où la lune se levait, vers le nord-est (azimut 51° précisément).

Il reste à savoir d'abord si la lune était bien visible en même temps que la rentrée atmosphérique, et surtout comment elle pouvait être vue comme une sphère noire munie d'une rangée de hublots carrés, comme l'indique le témoin... Mon sentiment était qu'il s'agissait des premières lueurs de la lune filtrant à travers les arbres sur une crête, mais ça restait à vérifier...

Pour cela, inutile d'attendre un cycle de Saros de 18 ans (moi, c'est pour publier mes enquêtes que j'attends que passe un cycle de Saros, dans ce cas il est même un peu dépassé !) : l'important est que la lune se lève à peu près dans la même direction, ce qui se produit à deux périodes chaque année... Ça n'est par contre pas au même moment de la journée, sauf justement après un cycle de Saros, mais ça n'est pas forcément gênant.

Le 5 novembre 1990 à 19 h 01' 15", la lune se trouvait à Neufgrange à une hauteur sur l'horizon de 1° 16', et à un azimut de 50° 44'.

On retrouvait une configuration très proche le 5 novembre 2001 à 20 h 23 : 1° 18' de hauteur, et 54° 39' d'azimut... C'était en plus la date anniversaire, donc précisément à la même saison, l'occasion était parfaite. Je devais à cette époque faire un voyage à Strasbourg, je décidais donc d'aller en train à Strasbourg, et de faire le trajet Strasbourg-Metz à vélo, en deux jours... Une belle promenade, mais en approchant de Neufgrange j'ai crevé à cause d'une bande anticrevaison (un truc en plastique résistant qui se met dans le pneu, censé protéger des crevaisons, mais qui finit à force d'être déformé par se déchirer puis user la chambre à air... Je déconseille donc !), je suis arrivé à Neufgrange trop tard et de toute façon il y avait un brouillard à couper au couteau, je n'ai pas vu la lune même sous la forme d'une vague lueur, je n'ai rien vu du village, tout juste la route, j'ai juste senti qu'il y avait une descente, puis une montée, puis à nouveau une descente, ça rendait assez peu vraisemblable l'idée que la lune soit restée précisément au même niveau par rapport aux arbres... Trempé, épuisé et bredouille, j'ai finalement écourté mon périple et pris le train à Saint-Avold...

Il y avait une nouvelle opportunité le 28 septembre 2002 à 22 h 14 : hauteur 1° 16', azimut 57° 12'. La lune était alors plus proche de la demi-lune que de la pleine lune comme le 5 novembre 1990, et ça n'était pas tout à fait la même période de l'année, mais ça n'avait guère d'importance. J'ai donc recommencé, toujours en venant de Strasbourg mais avec l'intention de prendre le train à Sarreguemines, tout près de Neufgrange..

Et cette fois, ç'a été payant... J'ai constaté en arrivant que la route était plate le long de l'étang, de même que la crête de la colline en face (les montées et descentes que j'avais ressenties lors de mon précédent passage sont plus loin, dans le village). J'ai installé mon appareil photo sur un trépied sur un petit terrain au bord de la route (le propriétaire est venu me questionner, il ne connaissait pas cette histoire d'ovni) afin de prendre une photo précisément à 22 h 14 sur ma montre bien réglée... Quelques minutes avant, la lune a commencé à poindre au-dessus de la forêt... Et le résultat à l'heure dite a été une lune un peu plus qu'à moitié levée, mais ne donnant pas du tout l'impression d'une rangée de hublots... J'ai malheureusement perdu cette photo plus tard lors du vol de mon ordinateur (ça fait partie des risques quand on attend un cycle de Saros pour publier !), mais voici la reconstitution à partir d'un logiciel d'astronomie :

Lune à moitié levée

J'ai passé la journée du lendemain à prendre des photos et des mesures au GPS, tout cela est aussi perdu mais ça n'a pas grande importance... En tout cas Neufgrange est un endroit charmant, il y a au bord du lac des mobile-home à louer pour passer des vacances... N'ayant pas les moyens je me suis contenté d'un sac de couchage au bord d'un champ, et j'ai été récompensé : pendant ma seconde nuit à la belle étoile, j'ai eu l'occasion d'en voir justement une, filante et vraiment très belle, d'une magnitude que j'estime à -10 et durant quelque 3 secondes (si ça intéresse quelqu'un, c'était donc le 29 septembre 2002 à 23 h 17, apparue au nord à 45° de hauteur, disparue au nord à 10° de hauteur).

La lune était donc bien visible juste au-dessus des arbres, mais je n'avais toujours pas l'explication de l'aspect d'une sphère noire munie d'une rangée de hublots ! On peut bien sûr toujours imaginer des nuages qui auraient masqué le haut, mais il est peu vraisemblable qu'ils aient été présents précisément à la même hauteur angulaire sur tout le parcours... Mais relisons ce qu'écrivait le témoin dans l'article de presse : « une grossse sphère sombre suspendue dans le ciel, couverte de nombreux hublots carrés éclairés comme des fenêtres »... Une sphère couverte de hublots, ça évoque déjà plus la lune presque pleine qu'une sphère munie d'une rangée de hublots ! On peut imaginer par exemple que cette impression de hublots serait due à de la buée sur la vitre, parce qu'en novembre près de Sarreguemines il ne fait pas chaud (j'ai eu un peu de neige la première nuit quand j'y suis passé fin septembre). La dimension de la « boule » est estimée par le témoin à 20 ou 30 m de diamètre pour une distance évaluée à environ 300 mètres, soit une dimension apparente d'à peu près 5 cm à bout de bras, ce qui correspondrait à quelque dix fois le diamètre angulaire de la lune, mais on sait qu'une telle exagération est courante, surtout pour un témoignage tardif.

Tout cela s'accorde donc plutôt bien, et on a un cas unique de méprise lune validé par le passage d'une rentrée atmosphérique : si cette rentrée était passée quelques minutes plus tôt, la lune n'aurait pas été présente, et si elle était passée quelques minutes plus tard le témoin aurait vu la lune plus tôt et se serait sûrement rendu compte de sa méprise ! Ici, elle a vu la lune qui se levait tout juste, qu'elle a pris pour une sphère couverte de hublots qui l'accompagnait en suivant une route parallèle à la sienne (l'illusion classique de la « boule suiveuse »), elle l'a suivie pendant de l'ordre d'une minute dans des conditions d'observation pas idéales (il y a pas mal de maisons sur le bord de la route, la lune n'était vue que par intermittence et en roulant), et ensuite l'arrivée du « second phénomène » de l'autre côté a définitivement interdit l'identification.

Il ne reste plus qu'à comprendre comment la « sphère sombre couverte de hublots » s'est transformée en une sphère noire munie d'une rangée de hublots... On a vu que c'est Franck Marie qui l'a dessinée ainsi dans sa « reconstitution d'après les données fournies par l'article », alors qu'il n'avait aucune autre information que cet article décrivant une « sphère sombre couverte de hublots carrés » ! On ne sait pas quand l'enquête de Robert Fischer a été faite, mais il y a fort à parier que c'était bien après la parution du livre de Franck Marie (début 93), sans quoi Mesnard n'aurait sûrement pas attendu 2001 pour parler de ce cas unique de « deux phénomènes différents » pour cette soirée du 5 novembre 90.

les sphères de F.Marie et R.Fischer

La sphère de gauche est celle issue de l'imagination de Franck Marie, celle de droite est celle publiée dans l'enquête par Robert Fischer, d'après le témoin parlant d'« une boule plus sombre que le ciel environnant, éclairée par une rangée de hublots carrés émettant une lumière jaune ». Difficile devant une telle ressemblance de ne pas penser que l'enquêteur a influencé le témoin !

Les horaires anormaux

À la suite de cette observation, Mesnard fait un aparté sur les observations qui n'ont pas eu lieu au moment du passage de la rentrée atmosphérique. Il note d'abord que dans son échantillon de 408 observations, la majorité est centrée sur 19 heures, donc compatible avec la rentrée... 383 sur 408, soit 94%, se situent entre 18 h 45 et 19 h 15... Son graphique recoupe assez bien celui que j'avais obtenu à partir des cas répertoriés par Franck Marie (j'obtenais 97% des cas situés dans cette tranche, mais en ayant exclu une dizaine de cas qui n'avaient manifestement rien à voir avec le reste de la « vague », et que j'avais examinées séparément). Mais Joël Mesnard remarque qu'outre cette tendance générale, il y a d'une part 16 observations nettement antérieures à 18 h 30 ou postérieures à 19 h 30, et d'autre part une vingtaine datés avec une précision de l'ordre d'une minute, le témoin ayant regardé une montre bien réglée, et présentant un écart important avec 19 h 00.

Pour ce qui est des dernières, il faudrait savoir quelle fiabilité accorder à cette précision de la part du témoin et de l'enquêteur... Sachant surtout que dans le cas de ce type qu'il considère comme le plus intéressant, celui de Neuilly-sur-Marne, le témoin indique qu'il a regardé l'heure sur sa montre bien réglée à la fin de son observation (et pas avant), elle marquait 19 h 02 soit précisément l'heure de disparition de la rentrée atmopshérique, et Mesnard en déduit par on ne sait quel calcul tordu que si le témoin avait observé la rentrée, cela impliquerait qu'il se soit trompé d'une dizaine de minutes sur l'heure ! Et en fait, sur les 33 « exemples flagrants » choisis par Mesnard, je n'en vois que trois où le témoin indique une heure très précise, et à chaque fois il s'agit précisément de l'heure de la rentrée atmosphérique : les témoins de Neuilly-sur-Marne et de Chalonnes-sur-Loire indiquent 19 h 02 pour la fin de l'observation, et ceux de Gretz-Armainvilliers indiquent entre 19 h 00 et 19 h 02 pour leur observation...

Pour ce qui est des témoignages s'écartant beaucoup de l'heure de la rentrée, ils sont détaillés plus loin, il y en a trois que Mesnard classe parmi ses « exemples flagrants », et je lui accorde que deux d'entre eux (ceux de Brive-la-Gaillarde et de Paris) n'ont sûrement rien à voir avec la rentrée, mais je ne suis pas convaincu qu'ils présentent quelque chose d'extraordinaire.

Mesnard fait la même remarque sur la durée : elle est compatible pour la plupart des observations avec la rentrée atmosphérique, mais deux témoins mentionnent une durée anormalement longue, d'une dizaine de minutes (il oublie celui de Sauzet, où ce qui a été observé pendant une dizaine de minutes avant la rentrée est vraisemblablement une étoile très lumineuse vue bas sur l'horizon). Le premier est celui de Cuhem, dont nous avons parlé, qui semble simplement relever d'un témoignage assez peu fiable (et la durée n'est estimée que de façon subjective). Voyons de plus près le second, que Mesnard ne range pas parmi les plus convaincants...

Châteaudun (Eure-et-Loir) :

Le pilote parle d'une dizaine de minutes (cas non considéré comme probant).
Tout évoque la rentrée à part cette durée un peu exagérée.

Dérouler

Voici le témoignage de ce pilote, rapporté dans le Midi Libre du 8 novembre :

« Impossible, je ne crois pas à la thèse du météorite ». En quinze ans de carrière, M. B., pilote professionnel dans une compagnie privée, demeurant à Mauguio, n'avait assisté à pareil spectacle. Aux commandes de son bi-réacteur, lundi à 19 h, alors qu'il survolait Châteaudun, à 11.000 mètres d'altitude, il a aperçu soudain « un grand phénomène lumineux, comme une cascade, une gerbe d'étincelles blanches, impressionnante par son ampleur et sa beauté. » Quelques secondes plus tard, il ne restait de ce « feu d'artifice » qu'un nuage. Puis est apparue « une multitude de feux oranges et blancs volant au-dessus de nous, bien groupés, composant une forme ovoïde gigantesque ».

« À ce moment-là, raconte le pilote, j'étais en liaison avec deux autres pilotes de TAT et d'Air France. Nous avons cru d'abord à un ravitaillement en vol, mais il aurait fallu au moins trente appareils pour composer un ensemble aussi imposant. Et puis, au Centre régional de contrôle à Paris, aucune trace de patrouille sur les écrans radar... Autre chose, l'éclairage des avions est toujours vert-blanc-rouge. J'ignore ce que c'était. Mais je ne crois pas au météorite. Des météorites, j'en ai vu pas mal, leur passage ne dure que quelques secondes. Lundi les lumières se sont déplacées d'ouest en est dans un ordre parfait pendant une dizaine de minutes avant de disparaître ».


Mesnard remarque que rien hormis cette durée trop longue n'exclut la rentrée atmosphérique. Notons qu'au sol, la durée moyenne d'observation de la rentrée était d'une à deux minutes, mais dans un avion en vol s'il n'y a pas de nuages on peut l'observer d'un horizon à l'autre pendant plus de quatre minutes.

À noter aussi qu'un autre pilote ayant fait l'observation dans la région de Limoges, rapportée dans LDLN n° 310, mentionnait pour sa part une durée encore plus importante de 15 minutes, mais on comprend à la lecture de son témoignage qu'il parlait de la durée de visibilité du nuage formé par l'explosion de la rentrée dans le golfe de Gascogne... On peut se demander si le pilote de Châteaudun, qui a aussi observé ce nuage, n'a pas confondu la durée de traversée du ciel par le phénomène avec la durée d'observation du nuage.

Dans tous les cas il est clair que la description se rapporte à la rentrée atmosphérique.


LDLN n°360, quatrième partie

Villemomble (Seine-Saint-Denis) :

« J'ai cru que ça allait taper dans l'immeuble à-côté ! »
Encore un témoignage très tardif et peu cohérent, ce qui explique sans doute les grosses déformations de la description de la rentrée atmosphérique.

Dérouler

À propos de ce cas, Joël Mesnard remarque :

Si l'on repère les directions dans lesquelles ces deux objets sont apparus et ont disparu, on constate (avec stupéfaction !) qu'ils sont apparus au sud, qu'ils ont disparu vers l'est, et que leur trajectoire apparente n'est sans doute pas très différente... de celle de la rentrée atmosphérique qui allait se produire une heure plus tard environ. Certains, n'en doutons pas, verront là la « preuve » que François Ellul a tout simplement observé le passage de cette rentrée. Il suffit d'admettre qu'il ne sait pas faire la différence entre le crépuscule et la nuit, qu'il a cru voir à 20 m ce qui était en fait à 170 ou 180 km, et qu'il a carrément rêvé tous les détails de la description qu'il donne. Pour avoir assez longuement entendu son histoire, sur les lieux-mêmes de son expérience, j'ai plutôt tendance à croire qu'il est un excellent témoin, et que la solution du mystère n'est pas à rechercher du côté des erreurs de perception.

Il suffit surtout d'admettre que les souvenirs sont déformés avec le temps, et que ce témoignage est manifestement tardif ! La date n'est bien entendu pas précisée, mais on nous dit que le témoin habitait « en 1990 » un petit immeuble sur le plateau d'Avron... Ça suppose donc qu'il avait déménagé lorsque Mesnard l'a rencontré, vraisemblablement plusieurs années plus tard.

Le témoin dit aussi que son observation s'est déroulée peu avant que la nuit tombe, et qu'il a distingué les contours de « deux disques, de tailles différentes, qui se détachaient sur le ciel du crépuscule ». Autant dire qu'il ne se souvient pas de l'heure qu'il était, ce qui confirme encore un témoignage tardif, et dès lors qu'il ait confondu le crépuscule avec la nuit tombée n'est pas trop surprenant.

On nous dit enfin que Quelque temps plus tard, buvant son café dans un bistrot du quartier, François Ellul apprit que quelqu'un avait « vu quelque chose », probablement ce soir-là. Voilà qui nous conforte encore dans l'idée que le témoignage est tardif.

Concernant l'estimation de la distance à « vingt mètres », on doit répéter encore qu'il n'est pas possible de faire la distinction entre un objet distant d'une cinquantaine de mètres et un qui se trouve à des dizaines de kilomètres... Cette fois, l'estimation est nettement inférieure à cette cinquantaine de mètres (qui ne vaut que pour des personnes ayant une bonne vue et dans de bonnes conditions d'observation), mais il s'agit d'un cas extrême, en outre sûrement déformé par le témoignage tardif... Notons que la dimension de l'ensemble des deux objets est estimée de son côté à une cinquantaine de mètres, ce qui pour vingt mètres de distance donnerait au phénomène une dimension angulaire colossale, ce que rien ne suggère dans le témoignage !

Concernant enfin la description, elle n'est finalement pas si éloignée que cela de celle de la rentrée : le témoin dit avoir vu deux disques de taille différente (dont il « distinguait les contours sur le fond du ciel », ce qui suppose tout de même que le contraste n'était pas flagrant), munis d'une grosse lumière au centre et un certain nombre de lumières à la périphérie... Si on excepte les « contours » des disques, cela évoque assez bien la rentrée dont la disposition aléatoire des lumières aurait été idéalisée par le témoignage tardif. Lorsque les objets s'éloignent, ils sont vus comme des disques « de profil » lumineux munis d'une coupole, ce qui peut évoquer les deux traînées lumineuses mais semble difficilement conciliable avec la description originelle où les disques étaient plutôt sombres alors que c'étaient les lumières qu'ils portaient qui étaient blanches !

Bref on a juste dans ce cas une accumulation de déformations dues à la tardiveté du témoignage, qui rendent la rentrée difficilement reconnaissable, mais il n'y a guère de doute sur le fait qu'elle soit en cause !

Dammarie-les-Lys (Seine-et-Marne) :

Après le « gros de la vague », on trouve une observation, très précise et circonstanciée, à 19 h 35 (cas non répertorié comme probant par Joël Mesnard).
Précis et circonstancié au point d'en devenir douteux... Ou comment une rentrée atmosphérique sert d'excuse pour un rendez-vous raté !

Dérouler

Nous arrivons à un cas assez exceptionnel... Pour bien le cerner, voici l'intégralité de ce qu'écrivait ce témoin, ingénieur en organisation informatisée, à Franck Marie (voir son livre OVNI Contact), le 12 novembre 1990 :

1 — LIEU : Mon observation a lieu près du centre commercial Leclerc situé à Dammarie-les-Lys, près de Melun. Je suis arrêté après l'échangeur du type « croisement à l'anglaise » construit récemment et desservant la N 372, la D 142 et autres routes. Je suis sur le bord droit de la D 142 en direction de la « Table du Roi », près de Bois-le-Roi (77590).

2 — CIRCONSTANCES DES OBSERVATIONS:

2.1 — Les raisons de mon arrêt :
Mon arrêt est provoqué par un besoin naturel. Je descends de ma voiture (Citroën BX TRD) en laissant les veilleuses et la radio allumées. Je ferme ma porte.

2.2 — Premières anomalies : C'est alors que les serrures électromagnétiques se positionnent d'elles-mêmes dans la position de verrouillage. (J'ai tenté par la suite de renouveler cette fermeture accidentelle dans l'hypothèse selon laquelle cette fermeture aurait été provoquée par l'engagement partiel de la tige de commande dans la position de fermeture, mais en vain !).

2.3 — Les raisons de l'observation de l'heure : Très embarrassé, j'analyse la situation et les moyens de m'en sortir. Mon premier réflexe est de regarder l'heure. Je dois recevoir un appel téléphonique chez moi à 20 heures et ce rendez-vous ne tolère aucun retard. Il est très précisément 19 h 10. Avant de décider de briser une des vitres de ma voiture, je me rends dans un commerce éclairé (un magasin funéraire), de là je téléphone à plusieurs garages et je retourne à ma voiture pour y attendre le dépanneur. Il est 19 h 35.

2.4 — La description de l'observation : Je m'adosse au capot de ma voiture et observe le ciel. Ma curiosité fut alors attirée par un ensemble de lumières fixes et clignotantes. Je suis surpris par la surface occupée dans le ciel par cet ensemble. Celui-ci constitue soit une formation de sous-ensembles, soit la représentation d'un seul objet. Je ne peux être formel sur l'une ou l'autre de ces hypothèses, mais c'est immense !

2.5 — Un énorme triangle : Alors que préoccupé par le retard provoqué par le blocage de mon véhicule, et très incrédule sur tous les mystères liés aux OVNI, je me surprends en rapprochant spontanément mon observation de l'image d'un film de science-fiction. La fin de ce film dont j'ai oublié le titre
[Rencontres du 3e type] montre l'arrivée d'un engin extraterrestre sur terre et des notes de musique qui servent de moyen de communication entre les humains et les autres. Considérant la taille de ce que je voyais, le rapprochement me paraît très compatible !

2.6 — Le détail de mes constats :

Voici ce que j'ai parfaitement et nettement vu :
3 — CONCLUSION : Je suis très conscient d'avoir été le témoin d'un phénomène qui dépasse ce que je peux réellement admettre, même en extrapolant sur la lecture d'ouvrages scientifiques décrivant le développement de technologies avancées à venir.

Mais la cohérence des choses observées, la netteté des images, etc... m'obligent à refuser les explications fournies par ailleurs. Il ne peut pas s'agir ici de la dislocation d'un étage de fusée.


Nous avons donc ici un témoin qui semble offrir toutes les garanties de sérieux, qui décrit quelques jours seulement après les faits ce qui évoque parfaitement la rentrée atmosphérique, mais qui est absolument sûr que c'était une demi-heure plus tard, qui mentionne en outre un de ces fameux effets électromagnétiques régulièrement associés aux « soucoupes volantes », et qui a eu la chance rare de voir un avion masqué par le phénomène, c'est vraiment fabuleux !

Au point que ce qui semble le plus incroyable, c'est que Joël Mesnard ne classe pas cette observation parmi les plus convaincantes ! C'est à croire qu'il a quelques doutes sur la sincérité du témoin !

Et si c'est le cas, je dois dire que je les partage ! On est tout de même surpris par cette accumulation d'anomalies associée à une parfaite description de la rentrée atmosphérique... Et on se demande surtout comment il se fait que ce témoin soit le seul à avoir observé ce phénomène à 19 h 35, alors qu'il se trouvait sur une route très fréquentée en région parisienne !

Mon sentiment personnel est que cet homme dont, d'après son style d'écriture, une parfaite organisation est un mode de vie autant qu'une profession, s'est servi de son observation d'un ovni comme excuse pour avoir raté un entretien « qui ne tolérait aucun retard » ! On peut imaginer le scénario suivant : il aurait observé comme tout le monde la rentrée à 19 h 01, bien proche de l'heure affirmée de son arrêt (19 h 10), et, troublé par son observation, il aurait accidentellement verrouillé son automobile en oubliant ses clés à l'intérieur (sur beaucoup d'automobiles, on peut fermer la portière en position verrouillée en maintenant la poignée d'ouverture enclenchée)... Et il aurait ensuite juste un peu modifié le déroulement des événements pour ne pas avouer que son étourderie était seule responsable du rendez-vous manqué !

Pour ce qui est de l'avion, c'est comme pour les étoiles qui ont été selon certains témoins masquées au passage de l'objet, c'est un effet tout à fait naturel si les lumières de l'avion étaient faibles alors que la luminosité de la rentrée approchait celle de la pleine lune... Il est de même difficile de distinguer des étoiles peu lumineuses près de la lune.


Joël Mesnard mentionne après ce témoignage typique de la rentrée mais une demi-heure plus tard : On ne peut s'empêcher de penser au troisième témoin de la gare du Val d'Or, à Saint-Cloud, disant aux deux autres « Il y a un quart d'heure que je suis là, et c'est le troisième machin comme ça que je vois passer ».

C'est surtout la quatrième fois qu'il nous cite ce témoignage fantôme qui lui plaît décidément beaucoup... Le seul problème étant que sa crédibilité est absolument nulle, je vous invite si vous en doutez à relire les circonstances...

Territoire-de-Belfort :

« Un bruit de brûleurs à gaz » (cas non répertorié par Joël Mesnard parmi les plus probants).
Une non-observation non corrélée en quoi que ce soit à la rentrée, ça prouve juste que la nuit on peut entendre des bruits bizarres !

Dérouler

Mesnard explique : 19 h 38. Nous avons ici une observation qui se situe, avec une excellente précision, une demi-heure après le gros de la vague.

Je lui accorderai même que c'est encore plus, par contre je ne vois pas où est l'observation ! Rien n'a été observé, le témoin a juste entendu à trois ou quatre reprises pendant dix secondes un bruit évoquant un brûleur à gaz comme ceux des montgolfières... C'est tout ! Il n'a rien vu, il n'a pas eu envie d'ouvrir les volets, ce qui semble paraître étrange à Mesnard qui a souligné le mot ; il y voit sans doute une influence occulte du mystérieux phénomène qui imitait une montgolfière pour mieux parasiter la rentrée atmosphérique passée trois quarts d'heure plus tôt, pour ma part j'y vois seulement un peu de paresse, d'autant plus justifié que le bruit n'a été entendu que pendant dix secondes !

Quant à l'origine de ce bruit, je suggère par exemple l'utilisation d'un chalumeau par un voisin (ça existe les gens qui bricolent peu avant l'heure du repas !), ou encore un mauvais branchement d'une chaîne hi-fi qui peut produire des bruits très semblables (par exemple un « bruit blanc »).

Enfin, le fait que ce « bruit mystérieux » se soit produit bien après la rentrée n'est pas du tout comme semble le croire Mesnard un élément d'étrangeté supplémentaire, tout au contraire : s'il s'était produit juste au moment du passage du phénomène, on pourrait trouver la coïncidence curieuse, mais là...

Heureusement que Mesnard ne considère pas ce « cas » comme un des plus crédibles, mais je m'étonne même qu'il trouve opportun de signaler cette « non observation » non corrélée à quoi que ce soit !

Brive-la-Gaillarde (Corrèze) :

« Ça a quitté la N89 pour suivre l'A20... »
Ça n'est sûrement pas la rentrée, mais le témoignage tel qu'il est exposé évoque un banal avion ou hélicoptère !

Dérouler

Nous avons ici le témoignage d'un contrôleur aérien qui dit avoir vu passer « la chose », pour employer le vocabulaire de Mesnard, à 19 h 50 et dans la direction opposée au passage de la rentrée... Et Mesnard de conclure : « Il est donc doublement évident que cette observation concerne autre chose que la rentrée ».

Même si comme d'habitude la date du témoignage n'est pas mentionnée et qu'il y a de bonnes raisons de penser qu'elle est tardive, je suis tenté d'abonder dans son sens : il me paraît bien peu vraisemblable qu'un contrôleur aérien en poste au moment des faits se soit mépris à la fois sur l'heure et sur la direction de son observation, alors qu'il a fait un dessin précis du « couloir de passage » de l'objet.

Donc, il a sûrement observé autre chose que la rentrée, mais cette conclusion semble suffire à Mesnard qui ne se demande pas ce que pouvait être cette « chose »... Comme s'il était persuadé que ce soir-là rien ne pouvait voler hormis un étage de fusée et d'authentiques soucoupes volantes ! Examinons la description de « la chose »... Flûte, il n'y en a pas ! Était-ce lumineux, mat ou brillant, coloré ou non, net ou flou, bruyant ou silencieux, quelle forme ça avait, on n'en sait strictement rien... Soit le témoin n'en a rien dit, soit Mesnard ne rapporte pas ses propos, estimant sans doute que tout cela n'a pas la moindre importance !

Tout ce que l'on sait, c'est que la chose n'allait « pas très vite » et qu'elle était « grosse comme un immeuble », et dans la légende de la carte Mesnard précise « comme un immeuble de quatre étages »... Disons donc une quinzaine de mètres. Autant que je sache il s'agit de la dimension d'un avion de taille modeste, ou d'un gros hélicoptère, et il n'y a rien dans le témoignage (du moins tel qu'il est exposé par Mesnard) qui puisse évoquer quelque chose de plus exotique que cela !

L'altitude est quant à elle estimée à une centaine de mètres pour une distance de 425 mètres en supposant que l'objet survolait la nationale... Pour un objet de 15 mètres de longueur, cela donne une dimension angulaire de moins de 2 cm à bout de bras, bien modeste par rapport à la rentrée atmosphérique !

Bien entendu, je ne doute pas que si un contrôleur aérien a trouvé quelque chose d'étrange à cet objet, suffisamment pour noter et rapporter son observation, c'est qu'il ne s'agissait sûrement pas d'un avion ordinaire et surtout dont le plan de vol aurait été connu...

Mais je ne doute pas non plus que trois quarts d'heure après que des centaines de témoins ont téléphoné aux gendarmeries, observatoires, aéroports, bases militaires et autres pour signaler avoir vu ce qui ressemblait à un avion immense en perdition tout près de s'écraser, il devait y avoir dans les airs quelques objets volants pas tout à fait ordinaires mais pas forcément pilotés par des extraterrestres !

Mesnard dit aussi que le témoin avait appris peu après que les gendarmes avaient eux-aussi vu « la chose » et qu'ils l'avaient prise en chasse depuis Larche... Il reste à savoir si ces gendarmes ont observé la même « chose » que notre contrôleur aérien, ou la rentrée atmosphérique vue peu avant par des milliers de personnes. Si on consulte les procès-verbaux de gendarmerie mis en ligne par le GEIPAN, on trouve un certain nombre de témoignages de gendarmes, dont quelques-uns qui ont tenté de poursuivre l'objet en automobile, mais aucun d'eux n'indique une heure différant sensiblement de celle du passage de la rentrée. Les lieux d'observation ayant été effacés, on ne sait pas s'il y a parmi ces rapports celui des gendarmes de Larche.


Mesnard profite de ce cas pour indiquer que d'autres contrôleurs aériens ont observé un spectacle insolite ce soir-là... Ce dont il ne faut guère s'étonner étant donné l'aspect particulièrement spectaculaire de la rentrée atmosphérique ! On trouve du reste encore quelques-uns de ces témoignages dans les procès-verbaux de gendarmerie du GEIPAN, et il est tout à fait clair que c'est à chaque fois la rentrée qui a été vue. Mesnard indique aussi que dans un de ces cas, des pompiers en intervention ont vu simultanément quelque chose dans une direction incompatible avec la rentrée, mais on aimerait avoir un rapport circonstancié de cette observation !

Mansac (Corrèze) :

À l'opposé de la trajectoire de rentrée… et à vitesse quasi-nulle !
La direction d'observation est la seule anomalie du témoignage, mais étant donné que celui-ci est très tardif ça n'est guère convaincant !

Dérouler

Ce témoin qui a donc vu un objet « à l'opposé de la trajectoire de rentrée » est la fille d'un autre témoin dont l'observation avait été exposée dans LDLN n° 310, paru en mai 1992.

Avant de nous pencher sur l'observation de la fille, celle que Joël Mesnard compte parmi les « exemples flagrants », relisons ce premier témoignage de la mère, Yveline Lachambre, tel qu'il était rapporté par l'enquêteur Joël Martinez (on ne sait pas comme d'habitude quand ce témoignage a été rapporté, au plus tard un peu plus d'un an après l'observation) :

J'étais assise dans ma voiture, lorsque j'ai aperçu une grosse boule jaune-orange. Au début, je ne pouvais pas la fixer des yeux, tellement c'était éblouissant. Peu à peu, j'ai distingué des points lumineux derrière la boule.

Je suis sortie de ma voiture, pour mieux observer cette boule, qui avançait à allure normale, pas tellement vite. Derrière, j'ai vu une épaisse fumée blanche. Ce phénomène se déplaçait horizontalement. Les points lumineux sont toujours restés à leur place ; par contre, ils faiblissaient légèrement, puis ils redevenaient (comme avant).

C'était absolument silencieux. De plus, il m'a semblé voir autre chose, au-dessus de la fumée... comme un objet...

Mon observation n'a pas duré moins de 45 secondes. Je dois dire que ce phénomène était très impressionnant et magnifique à voir !


Et voici le croquis dessiné alors par le témoin :

Premier croquis de l'observation à Mansac

Il n'y a aucune indication de direction, mais tout cela évoque beaucoup la rentrée atmosphérique vers le début de sa trajectoire au-dessus de la France, et c'est sans doute pour cela que Mesnard n'a plus reparlé de ce cas jusqu'à ce qu'il apprenne que la fille de ce témoin avait aussi observé quelque chose, mais dans la direction opposée !

Et voilà donc comment Madame Lachambre dessinait l'objet qu'elle avait observé dix ans après les faits (la date de ce nouveau témoignage n'est naturellement encore pas précisée, mais Mesnard indique qu'il espère obtenir des précisions géographiques, c'est donc que l'enquête est encore en cours à la parution de son dossier en 2001) :

Le croquis de l'observation à Mansac dix ans plus tard

On voit que la « masse noire » a considérablement gagné en substance après dix ans, que ce soit dans le croquis ou dans le témoignage : en 1991, Madame Lachambre disait « il m'a semblé voir autre chose, au-dessus de la fumée... comme un objet...» ; en 2001, d'après Joël Mesnard qui se garde bien de citer son témoignage originel, elle « affirme avoir distingué une énorme masse sombre » !

Et de plus, l'objet est vu à la fois de dessous et de profil, ce qui s'expliquerait toujours d'après Mesnard par le fait que « Mme Lachambre pense que cette masse a viré sur sa droite »... Il est tout de même curieux qu'un détail aussi anormal et contradictoire avec « l'explication officielle » n'ait pas du tout été évoqué en 1991 !

Notons au passage que la vue « de profil » est dessinée dans la bonne direction pour la rentrée atmosphérique, laquelle passait à Mansac de gauche à droite à une hauteur angulaire maximale de 37°.

Bref, cela nous donne encore une idée des déformations subies par un témoignage après dix ans, qui ne surprendront personne à part Joël Mesnard qui privilégie toujours les témoignages les plus tardifs !

Quant à l'observation de la fille de Mme Lachambre, qui a donc vraisemblablement été rapportée une dizaine d'années après l'observation, elle évoque aussi dans sa description la rentrée atmosphérique... L'objet est certes censé être resté complètement ou quasiment immobile, mais ça n'empêche pas que la lumière la plus grosse était en tête (et il va sans dire que ladite tête se trouve bien dans la bonne direction pour la rentrée atmosphérique, à droite), il n'y a donc QUE la direction d'observation, remémorée après dix ans, qui serait incompatible avec la rentrée... C'est cela qui fait de ce cas un des plus convaincants d'après Joël Mesnard !

Ou plutôt, cela et le fait que l'heure d'observation aurait été dix à quinze minutes après le passage de la rentrée, toujours d'après le récit rapporté dix ans plus tard... Mesnard trouve aussi remarquable que ce soit également l'heure mentionnée par la mère pour sa propre observation... Pour ma part, je ne trouverais pas surprenant que sur plus de 400 témoignages, deux témoins ayant des liens familiaux aient fait la même erreur de dix à quinze minutes sur l'heure de leur observation... Outre le fait qu'il ne me semble pas impossible qu'en dix ans la mère et la fille aient pu s'influencer à ce sujet !

Paris, périphérique sud :

Un « nuage » triangulaire de tubes lumineux !
Sûrement pas la rentrée, mais rien d'extraordinaire dans ce témoignage tardif et par téléphone uniquement.

Dérouler

Un ensemble triangulaire de barres et points lumineux vu le 6 novembre entre 0 h 30 et 1 h du matin et sur une trajectoire nord-sud, ça n'est certainement pas la rentrée atmosphérique.

Mais ça n'a été vu que pendant 5 ou 6 secondes alors que le couple de témoins se déplaçait en automobile sur le Périphérique de Paris (extrêmement fréquenté à une telle heure), on n'a pas comme d'habitude les versions indépendantes des deux témoins et l'enquête se résume à une conversation téléphonique, on ne sait pas comme d'habitude de quand date le témoignage mais il y a fort à parier que ce soit peu avant la publication du dossier, dix ans après l'observation... Alors je ne sais pas du tout ce que ce couple a pu voir mais je ne suis pas convaincu que ce soit quelque chose de vraiment extraordinaire !

Plateau de Bure (Hautes-Alpes) :

Entre deux et trois heures du matin dans la nuit de lundi à mardi, un phénomène inhabituel (cas non considéré comme probant par Joël Mesnard).
Une des observations les plus insignifiantes de la vague, ça n'est pas la rentrée mais ça peut être un banal avion comme le témoin l'a pensé.

Dérouler

Le témoignage, depuis le site de radioastronomie du plateau de Bure, provient d'un article de presse du Dauphiné Libéré du 7 novembre :

Sur le même site d'observation, M. André Rambaud, opérateur habitué à observer le ciel depuis trois ans, était à son poste lundi soir. S'il n'a rien vu à 19 h, il a remarqué entre deux et trois heures dans la nuit de lundi à mardi, un phénomène inhabituel : « Je cherchais une étoile nommée Altaïr ou Alpha de l'Aigle que je connais bien pour la regarder souvent. Alors que je croyais l'avoir découverte, je m'aperçus que l'étoile que j'observais n'était pas bleue comme Alpha, mais possédait des points rouges, jaunes et verts et bougeait. J'ai pensé à un avion, puis à d'autres phénomènes. En fin de compte, je ne sais pas de quoi il s'agissait.»

Certes, nous avons donc un astronome, ou plutôt un opérateur en radio-astronomie, qui a observé bien après la rentrée quelque chose qu'il n'a pas pu identifier... Mais quelque chose de tout petit, qui pourrait bien au vu de la description être effectivement un avion, ou encore un hélicoptère, ou une étoile lumineuse vue très bas sur l'horizon, les perturbations atmosphériques occasionnant alors des impressions de changements de couleur, de variations d'éclat et de bougé qui peuvent être trompeuses.

Il est vrai que Monsieur Rambaud dit être habitué à observer le ciel, mais on peut alors s'étonner qu'il ait recherché une étoile qui était couchée depuis plus de deux heures !

Bref, même de façon très anecdotique, je ne vois guère l'intérêt de signaler cette observation qui n'a rien à voir avec la rentrée atmosphérique mais n'apporte aucun argument à une prétendue vague d'ovnis...

Notons que Jean Sider, autre grand promoteur de cette vague imaginaire, utilisait de son côté cette observation pour « démontrer » qu'il n'y avait pas eu de rentrée atmosphérique, puisque M. Rambaud, à son poste sur la passerelle de l'observatoire, n'avait rien vu à 19 h cette nuit-là... Mais le fait que M. Rambaud se trouvait sur la passerelle de son observatoire était tout simplement sorti de son imagination : il n'y a rien écrit de tel dans l'article de journal qui était l'unique source de Sider, il est juste dit que M. Rambaud se trouvait à son poste et en général le poste d'un opérateur en radioastronomie se trouve dans une salle de contrôle sans aucune vue sur le ciel !

Montpellier (Hérault) :

Le 6 novembre à 6 h 25 du matin, une lueur rouge et orange se déplaçant très vite, haut dans le ciel (cas non considéré comme probant par Joël Mesnard).
Encore un témoignage qui ne concerne pas la rentrée mais peut se rapporter à peu près à n'importe quoi.

Dérouler

Là encore, il est tout à fait clair que cette observation faite près de douze heures après la rentrée atmosphérique n'a rien à voir avec cette dernière, mais que ça peut être à peu près n'importe quoi : avion, satellite, ballon-sonde ou petit nuage éclairé par le soleil qui n'allait pas tarder à se lever, météore avec une exagération de la durée d'observation...

Noirmoutier (Vendée) :

Le 6 novembre à 7 h du matin, un objet sombre, en forme de porte-manteau, avec de nombreux feux rouges autour et un gros feu rouge au centre (cas non considéré comme probant par Joël Mesnard).
Vraisemblablement la rentrée avec un malentendu sur l'heure d'observation.

Dérouler

Mesnard ne signale ce cas qu'à titre anecdotique, mais puisqu'il s'agit encore de nous faire croire que les observations ont largement débordé de l'horaire de la rentrée voyons comment il était rapporté dans LDLN n° 307, paru en novembre 1991 :

M. Barreteau nous signale que vers 7 h du matin, le jeune Gabriel Bouchereau, âgé de 11 ans, observa un objet sombre, en forme de porte-manteau, avec de nombreux feux rouges autour et un gros feu rouge au centre. À l'arrière, il y avait une sorte de faisceau de projecteur, de couleur jaune orangée. Orientation dela trajectoire : du sud vers le nord ; hauteur sur l'horizon : une trentaine de degrés.

Cintre volant

On ne peut qu'être frappé par la ressemblance entre cette description et la rentrée atmosphérique, laquelle était vue de Noirmoutier à 32° de hauteur angulaire au maximum... Il y aurait une erreur d'une soixantaine de degrés sur l'orientation de la trajectoire, mais le sens de déplacement sur le dessin, de droite à gauche, est bon.

Le seul point étonnant reste la différence de douze heures sur l'horaire... Tiendrait-on enfin un cas de « mimétisme » d'un phénomène qui se moque de nous ? Mais juste douze heures, une demi-journée, de différence, c'est bizarre ! Mon impression est que cet enfant a observé à 19 heures la rentrée atmosphérique, qu'il décrit plutôt bien, et qu'il en a parlé le lendemain à ses parents en disant que ça s'était passé « à sept heures », entendant par là sept heures du soir (un enfant de 11 ans n'a généralement pas l'habitude d'indiquer « 19 heures »)...

Ça n'est bien sûr qu'une hypothèse, mais en l'absence de toute enquête ça me semble l'explication la plus plausible à cette bonne description de la rentrée à une heure tout à fait anormale.

Le 6 novembre à 22 heures, une autre rentrée atmosphérique ?

Au lendemain de la rentrée atmosphérique, vers 22 heures, un phénomène assez similaire a fait l'objet d'un certain nombre d'observations... Joël Mesnard précise que ce phénomène avait été abordé dans le numéro 307 de LDLN...

On y trouvait effectivement un article de journal du quotidien Sud-Ouest du 8 novembre, relatif à des observations en Gironde, résumé en ces termes :

Cet article nous apprend que de nombreux témoignages concordent, au sujet d'une forme lumineuse allongée, visible durant une minute, à 21 h 55. Lorsque cette lumière jaune a perdu de son intensité, une forte traînée est apparue à l'arrière, ainsi que « des cercles » en-dessous du cigare. Certains témoins ont entendu un bruit d'explosion, d'autres pas.

Et aussi un témoignage recueilli par l'enquêteur Jean-pierre Segonnes à Bouscat (Gironde) :

Il était donc entre 21 h et 22 h. M. Alberola était en train de lire un livre, dans son salon. Relevant la tête, il aperçut par la baie vitrée (orientée vers le sud-ouest) ce qui lui parut être un avion se dirigeant vers le nord. C'était comme un phare d'avion, suivi par une petite boule rouge-orange clignotante.

Le témoin nota tout de suite un fait curieux : le phare semblait s'éloigner du clignotant rouge. Étonné, M. Alberola continua à regarder, quand tout-à-coup, il y eut comme une explosion silencieuse. Le phare blanc n'était plus qu'un halo, de même couleur.

Dans ce halo, le témoin observa alors une petite lumière rouge, montant presque verticalement dans le ciel, à très grande vitesse, avec un léger arrondi de la trajectoire, avant de disparaître au bout de deux secondes tout au plus. Cette lumière rouge laissait derrière elle une sorte de fumée blanche. Dessous, l'explosion avait fait place à un nuage de fumée blanche également.


On trouve aussi la mention de cette nouvelle « vague » dans les rapports du Geipan à la rubrique « cas nationaux », avec trois procès-verbaux de gendarmerie et le résumé suivant :

Le 6 novembre 1990 vers 22 h 00 plusieurs témoins dans plusieurs départements du sud-ouest ont observé une boule de feu orangée qui s'est désintégrée sans bruit avec émission de fumée. Sans l'ampleur de la rentrée de la veille, ll s'agit vraisemblablement là d'une autre rentrée atmosphérique.

D'autres témoignages relatifs à ce phénomène se trouvent perdus au milieu des rapports relatifs à la rentrée du 5 novembre :

Trois témoignages du rapport de gendarmerie enregistré par le Geipan sous le numéro 1990309854, et une lettre jointe au rapport numéro 1990307302. Ce dernier témoignage a été envoyé à la gendarmerie par l'ufologue Franck Marie qui avait multiplié les appels à témoins dans la presse de l'époque pour obtenir des témoignages sur la rentrée du 5 novembre...

Deux rentrées atmosphériques qui se suivent ça paraît curieux, mais en fait il ne s'agissait pas cette fois d'une rentrée... Et c'est encore Franck Marie qui nous donne la réponse en citant dans son livre OVNI-Contact un article de presse paru dans la revue le Populaire du Centre du 28 novembre 1990 :

Un décollage de missile depuis le Centre d'essais des Landes

De tels tirs de missiles sont fréquents depuis la base de Biscarosse dans les Landes, et les militaires ne communiquent pas beaucoup à leur sujet surtout lorsqu'il s'agit de tirs ratés... Dans un tel cas, on fait exploser le missile en vol pour qu'il ne risque pas de retomber entier au sol, et on a alors un objet laissant une traînée qui s'achève en « boule de feu ». Dans certains cas où le missile s'est élevé très haut, cela a donné lieu à de nombreuses observations jusqu'à une grande distance, avec de splendides photos souvent présentées comme ovnis (le Geipan les a pour sa part présentées comme des « phénomènes atmosphériques liés à la foudre » !) Le Cnegu a publié un dossier très complet au sujet de ces tirs de missiles ratés : Phénomène lumineux du 12 juin 1974.

Ce soir du 6 novembre 1990 le missile ne s'est pas beaucoup élevé, c'était beaucoup moins spectaculaire, et beaucoup plus banal aussi... La description générale évoque tout à fait un de ces tirs de missile, l'origine du phénomène se trouvait bien du côté du Centre d'essais des Landes, l'explication ne fait donc pas de doute.

Il apparaît donc tout à fait artificiel de vouloir faire « déborder » la vague du 5 novembre en dehors de l'heure de passage de la rentrée atmosphérique : les quelques cas choisis par Mesnard pour tenter de nous en convaincre, quand il ne s'agit pas de probables erreurs sur l'heure, se rapportent soit à des objets tout à fait banals (avions, grosses étoiles filantes...), soit à ce tir de missile du lendemain. Des phénomènes tels qu'il s'en produit toutes les nuits, qui n'ont été rapportés que parce qu'on a beaucoup parlé dans les médias de la vague d'observations de la soirée du 5 novembre.

Les anciens six « cas parmi les plus probants »

Joël Mesnard récapitule ensuite les trente « exemples flagrants » sur une carte, en précisant que celle-ci remplace celle publiée dans LDLN n° 306, représentant les six cas qu'il considérait alors comme les plus probants :

Carte des « 6 cas parmi les plus probants »

Il a depuis renoncé à considérer comme probants les cas de Bruxelles et Colmar, mais les autres restent toujours ses cas fétiches, dont il parle régulièrement dans ses conférences... Examinons donc l'ensemble de ces six cas...

Bruxelles (Belgique) :

Un objet portant des lumières masque le sommet d'une tour (cas plus considéré par Mesnard comme exemple probant).
Observation non confirmée nous dit Mesnard...

Dérouler

Ce cas a été mentionné dans la revue belge Eurufon, mais Joël Mesnard l'a éliminé de ses « exemples probants » du fait qu'il n'a « jamais pu obtenir la moindre confirmation ».

Notons que tous les cas français (rares par ailleurs) de « passage devant un obstacle » s'expliquent en général simplement : les témoins ne croient pas qu'un objet d'une telle taille apparente soit très lointain, et lorsqu'ils le voient disparaître derrière un obstacle ils croient qu'il est passé devant en éteignant ses lumières !

Colmar (Haut-Rhin) :

Sur un film vidéo, les côtés d'un triangle apparaissent soudain (cas plus considéré comme exemple probant).
Tout le monde a compris, sauf Mesnard qui en doute encore, que cette vidéo représente la rentrée, et le triangle est un simple artefact vidéo.

Dérouler

Voici comment était présenté ce cas dans LDLN n° 305 :

5 novembre : un document capital

À Colmar, M. Patrick D., qui avait un caméscope dans sa voiture, a pu filmer ce qu'il a vu passer dans le ciel. Ce document, d'un intérêt exceptionnel, a été diffusé sur TF1 le soir du 6 novembre. Le dessin ci-contre a été réalisé d'après cette séquence vidéo. Le sens du mouvement de l'ensemble est donné par la traînée que laisse la grosse masse incandescente, en haut à gauche. Toutes les lumières sont blanches. La thèse du SEPRA ne permet pas de comprendre pourquoi, pendant plusieurs secondes, on distingue nettement les 3 côtés du triangle, à l'avant de l'ensemble.

Dessin triangle+traînée+lumière

Et dans le numéro 309, des précisions étaient apportées :

L'exemple qu'il ne fallait pas choisir !

Nous avons déjà attiré l'attention (
LDLN 305, p. 18) sur le document vidéo pris à Colmar le 5 novembre 1990, vers 19 h, et diffusé sur TF1 vingt-quatre heures plus tard. Ce document montre un ensemble de cinq points lumineux défilant dans le ciel. L'un d'eux, en haut et à gauche, laisse derrière lui une traînée. Un autre est isolé, en haut et à droite, et les trois autres, à l'avant de la formation, sont disposés aux sommets d'un triangle approximativement équilatéral. À la fin de la séquence, pendent environ deux secondes, on voit distinctement apparaître les côté de ce petit triangle.

L'un de ces côtés fait un angle négligeable avec la direction du déplacement de l'ensemble (donnée par la traînée en haut, à gauche). On peut donc, à la rigueur, interpréter ce côté comme une traînée laissée par le point situé en tête de la formation (en bas, sur l'image). Mais comment expliquer l'apparition des deux autres côtés ?

Ce qu'il faut absolument savoir, c'est que ces côtés du petit triangle sont très nettement visibles sur le document vidéo. Toutes les personnes qui observent la séquence sur un écran de télévison le distinguent parfaitement.

Toutefois, ces trois côtés du petit triangle sont nettemnet moins lumineux que les points eux-mêmes. Leur contraste, sur le fond du ciel, est assez faible. Il se peut qu'ils ressortent assez mal sur le cliché ci-dessous. Il faut bien comprendre qu'il s'agit d'un cliché tramé, réalisé à partir d'un tirage papier d'une diapositive faite sur un écran de télé. Les différentes étapes du processus, entre le document original et le document imprimé, entraînent un appauvrissement en cascade de la qualité de l'image. Ce processus présente notamment l'inconvénient de gommer, assez vite, les contrastes faibles.

Il aurait été facile de retoucher l'image pour mieux faire ressortir les côtés du petit triangle, mais j'ai préféré m'en abstenir, quitte à vous présenter un cliché de qualité nettement moins bonne que l'original. Nous n'allons tout de même pas nous mettre à tricher, nous aussi !

Une question, une énorme question, se pose : comment le SEPRA, avec ses moyens infiniment supérieurs aux nôtres (qui sont inexistants), avec sa méthodologie tétraédrique, et avec quatorze mois de recul, peut-il n'avoir pas remarqué ces inexplicables côtés du petit triangle ? (car officiellement ils n'ont rien remarqué).

Au Palais de la Découverte, le 25 janvier
[le SEPRA avait ce jour-là, moins de deux mois après l'événement, donné une conférence à Paris], nous n'avons rien appris sur les phénomènes de rentrée atmosphérique. Aucun renseignement sur les invraisemblances liées aux dimensions apparentes, ni à la dispersion dans le temps de certaines observations. Pas le moindre tuyau sur les dimensions réelles de la rentrée, sur son aspect, vu du sol de différentes directions. Même sur la trajectoire, nous n'avons rigoureusement rien appris, et c'est toujours le même flou artistique qui plane sur toutes ces questions. Aucune des questions — pourtant énormes – que nous avons soulevées dans LDLN 303, 304, 305 et 306 n'a même été évoquée. Evidemment !

En revanche, on nous a montré de jolies diapos de la lune, d'un nuage, d'une montgolfière, et même d'une aurore boréale.

À vous de conclure.

Image avec points en triangle

On voit dans ces commentaires que c'est bien l'absence de toute information de la part du SEPRA, qui était alors censé être un service d'expertise en matière de rentrées atmosphériques, qui a désorienté les ufologues.

Quant à ce cas, il a suscité un débat dans les numéros suivants de LDLN (317 et 318), et il apparaît que le « triangle » aperçu sur quelques images lorsqu'on pousse la luminosité est illusoire : un des côtés est une traînée laissée par le point de tête, le second est une « bavure » du signal vidéo, visible aussi sur les autres points, et le troisième n'existe pas, il s'agit juste d'une reconstruction de l'esprit ! Ce curieux détail expliqué, le film de Colmar, pris par  Patrick de Pin, n'a plus rien de mystérieux (d'ailleurs, Joël Mesnard pensait à l'origine que le mystérieux triangle s'était superposé à la rentrée atmosphérique).

Notons tout de même que Mesnard, tout en ne considérant plus ce cas comme probant, note dans un bel euphémisme « qu'il n'est pas absolument certain que la vidéo de Colmar montre autre chose que la rentrée de la fusée soviétique » ! Si vous avez un doute, vous pouvez comparer avec intérêt l'image de la vidéo au dessin fait dans la même région par Daniel Karcher, qui a immédiatement reconnu une rentrée atmosphérique :

Dessin de Daniel Karcher


Neuilly-sur-Marne (Seine-Saint-Denis) :

Ensemble de lumières rigoureusement immobile pendant près de 4 minutes.
Un des témoignages qui évoquent le mieux la rentrée atmosphérique, seule la durée a été mal appréciée...

Dérouler

Ce cas reste encore un des favoris de Joël Mesnard, qu'il aborde dans chacune de ses conférences... Voici comment il le présentait d'abord dans le n° 303 de LDLN :

Témoignage de M. Sandoux :

« Je me trouvais à mon domicile, au 11e étage d'un immeuble à l'angle de la RN 34 et de l'avenue de Verdun. J'étais en train de regarder la télévision, assis sur mon canapé, quand mon regard fut attiré par des lumières en mouvement, à l'extérieur. Je sortis sur mon balcon, et l'observation commença. Il était 18 h 55, et la nuit était déjà tombée.

Il s'agit d'un engin immobile. Bien qu'il soit, à mon avis, très proche, l'obscurité ne me permet pas d'apercevoir ses superstructures. Seuls sont visibles, aux extrémités d'un triangle équilatéral : en haut, un feu rouge, rond, semblable à n'importe quel feu de signalisation ; en bas, à gauche, deux feux rouges semblables à celui du haut, mais décalés horizontalement l'un par rapport à l'autre ; en bas, à droite, ce que je considère comme l'extrémité d'une tuyère, ronde, de laquelle sortait un flux de couleur orange pâle, s'arrêtant net un peu plus loin. »


4 points

Le phénomène est visible en direction de l'est, et la direction d'observation est pratiquement horizontale : en effet, bien qu'il ne distingue pas la ligne d'horizon, le témoin estime que seul le sommet supérieur du triangle est, à coup sûr, au-dessus de la ligne d'horizon, le reste ayant des chances de se trouver en-dessous ! Chaque côté du triangle est grand comme 5 ou 6 fois le diamètre de la pleine lune. Le témoin évalue la distance d'observation à 50 ou 100 m seulement, mais il n'est pas absolument sûr de l'exactitude de cette estimation. Voici la suite de son récit :

« Au bout d'environ 4 minutes, l'engin s'est éloigné lentement vers l'est, la direction d'observation ne variant pas. Il a finalement disparu dans la brume. Je suis rentré et j'ai alors regardé ma montre à quartz (dont je contrôle régulièrement l'exactitude) : il était 19 h 02 et quelques secondes. Je n'avais perçu aucun bruit, tout au long de l'observation. »


Dans le numéro 306, après avoir rencontré le témoin (quand ? Ça n'est pas dit, mais le dépôt légal de ce numéro est datée du troisième trimestre 90, ça n'était donc pas plus de quelques semaines après l'observation), Mesnard complétait cette enquête :

Nous avons signalé cette importante observation dans LDLN 303, p. 29. Voici quelques compléments à son sujet. Rappelons que le témoin, M. Jean-Pierre Sandoux, se trouvait au 11e étage d'un immeuble, et qu'il est aussitôt sorti sur le balcon pour observer le phénomène.

1ère phase : ensemble de trois gros points verts visible en direction du sud-sud-est, les deux points inférieurs se trouvant sous la ligne d'horizon. Le témoin estime alors la distance à 50 ou 100 mètres, et l'altitude du phénomène par rapport au sol à une trentaine de mètres. Cette première phase dure environ 5 secondes. L'ensemble des trois lumières vertes se met à pivoter autour de son centre. Le témoin se lève alors, tire le rideau, ouvre la porte-fenêtre, et se précipite sur son balcon.

2ème phase : cette phase va durer entre 3 minutes et demie et 4 minutes. Arrivant sur le balcon, le témoin découvre l'ensemble de 4 lumières (trois rouges et une, plus grosse, orange) décrit dans
LDLN 303. L'ensemble est absolument immobile ; aucune vibration, aucun bruit. Si une structure relie les lumières, le témoin ne la distingue pas dans l'obscurité. Pourtant, il lui semble que le phénomène ne se trouve qu'à une trentaine de mètres de lui, à peu près à l'autre extrémité de l'immeuble. Pour voir les deux points rouges situés dans le coin inférieur gauche du triangle, il doit se pencher légèrement sur la barre d'appui du balcon : ces deux points se situent à peu près dans le prolongement de la façade de l'immeuble, à peine au-dessus du niveau des yeux du témoin. Chaque côté du triangle est visible sous un angle de 25 à 30°. Le témoin a le temps d'observer l'extrémité du « faisceau » tronqué qui sort de la « tuyère » orange, vers le bas et vers la droite. Son extrémité a la forme d'une ligne de créneaux dont les minima et maxima alternent comme l'indiquent les flèches sur le dessin, comme si le faisceau était une juxtapositoin de tubes glissant les uns sur les autres, animés d'un mouvement sinusoïdal.

3ème phase : l'ensemble s'éloigne lentement vers l'est, c'est-à-dire parallèlement à la façade de l'immeuble, en ligne droite et à altitude constante. Au bout d'une trentaine de secondes, il disparaît au loin, dans la brume.


Dessin du témoin

Une autre source est une lettre envoyée par le témoin le 13 novembre à Franck Marie, que l'on trouve en page 403 de son livre OVNI Contact :

Page du livre de Franck Marie

Il est évident que ce témoin a vu la rentrée atmosphérique qui s'éloignait vers l'est. Il a dû l'observer depuis son balcon à partir de 19 h 01, peu après le passage au plus près qui a sans doute attiré son attention, et a pu la suivre de ce point de vue privilégié jusqu'à 19 h 02' 30", après le passage de la frontière allemande.

Cette explication paraît invraissemblable à Joël Mesnard qui note pour sa part que le témoin aurait dû se tromper :

1) Sur l'heure, d'une dizaine de minutes, alors qu'il surveille de très près la dérive (négligeable) de sa montre à quartz, et qu'il est certain de l'heure qu'il a notée.

Pour arriver à cette « dizaine de minutes d'erreur », Mesnard met en relation le DÉBUT de l'observation du témoin avec la FIN de la rentrée atmosphérique estimée à 19 h 06 par le télex de la NASA, ce qui est une méthode de calcul pour le moins curieuse pour un ancien professeur de mathématiques ! Si on compare cette fin du phénomène avec la fin de l'observation mentionnée par le témoin, 19 h 02 et quelques secondes, l'erreur se réduit à quatre minutes, ce qui est déjà plus raisonnable ! Mais en fait, et on peut pardonner à Mesnard de ne l'avoir pas su puisque j'avais moi-même été trompé, il y avait une erreur à ce sujet dans le télex de la NASA, et la rentrée atmosphérique disparaissait à l'horizon de ce témoin précisément à 19 h 02' 30" !

2) Sur la durée et la fixité du phénomène, puisqu'il l'a observé, rigoureusement immobile (avec comme repère rien moins que la façade de son immeuble), pendant environ quatre minutes (certainement pas moins, dit-il, de trois minutes et demie). C'est trois fois le temps mis par la fusée soviétique pour aller de La Rochelle à Strasbourg !

Effectivement, le témoin a dû observer le phénomène pendant une minute et demie après la « première phase », soit beaucoup moins que son estimation à quatre minutes. Mais on sait bien que les estimations de durée sont très imprécises, surtout quand on observe quelque chose de très inhabituel... La seule mention objective du témoignage est l'heure de la fin de son observation, qui était précisément l'heure de la disparition de la rentrée atmosphérique.

Et pendant cette minute et demie d'observation, le phénomène qui s'éloignait vers l'est n'a parcouru qu'un angle d'environ 35 degrés... Cet objet qui mettait une dizaine de secondes pour parcourir sa propre longueur pouvait être assimilé à un avion de ligne volant à la vitesse de 15 km/h, ce qui est assez inhabituel !

Notons au sujet de la façade de l'immeuble prise comme point de repère que le témoin explique qu'il a dû se pencher un peu sur la rambarde de son balcon pour voir les deux points de tête... On peut se demander comment il a connu l'existence de ces points de tête s'ils n'étaient pas visibles sans qu'il y ait à se pencher dans un premier temps, puisqu'aucune structure n'était visible entre les points ! Notons enfin que cette façade d'immeuble dans l'alignement du balcon se trouve précisément à un azimut de 79,5° (merci Google maps !), et que la rentrée disparaissait à l'horizon à 19 h 02' 30", à un azimut de 76° pour peu que l'horizon soit parfaitement dégagé vers l'est (ce qui semble le cas depuis un 11e étage : c'est la direction de la vallée de la Marne)... Il fallait donc bien se pencher un peu sur le balcon pour observer la disparition du phénomène.

3) Sur toutes les indications d'angles, et notamment sur la hauteur de la base du phénomène, qu'il situe au voisinage de l'horizon, voire un peu en-dessous.

Le témoin écrivait pourtant le 13 novembre à Franck Marie que la base du phénomène se trouvait 2 à 5 m plus haut que lui-même, ce qui pour une distance estimée à 15 à 30 m correspondrait à un angle au-dessus de l'horizon de 8 à 10° ; la hauteur angulaire de la rentrée était de 18° à 19 h 01, et 3° à 19 h 02...

En ce qui concerne les dimensions angulaires, on trouve dans le numéro 306 de LDLN une photo du témoin écartant les bras de quelque 70 cm. Si l'on se réfère plutôt à son témoignage, chaque côté du triangle est estimé à 25 ou 30°, soit environ 30 cm à bout de bras (il dira 50 dans sa lettre à Franck Marie). Mais si on lit son premier témoignage, paru dans le numéro 303 de la même revue, ces dimensions sont estimées à 5 ou 6 diamètres lunaires, soit seulement 3 cm à bout de bras ! Bien sûr, une large surestimation des dimensions apparentes est chose courante chez les témoins moyens, et Joël Mesnard l'indique souvent, mais quand un témoin ne fait pas la différence entre 70 centimètres à bout de bras et cinq ou six diamètres lunaires on ne peut guère se fier à ses estimations angulaires, et une enquête objective devrait au moins le signaler ! La rentrée atmosphérique devait présenter une dimension d'une quinzaine de centimètres à bout de bras au début de l'observation à 19 h 01, et trois peu avant la disparition à l'horizon.

4) Sur la distance d'observation, qu'il évalue à une trentaine ou une cinquantaine de mètres, alors que la fusée soviétique s'éloignant vers l'est se trouvait à une distance au moins cinq mille fois supérieure.

Là encore, Joël Mesnard signale très souvent dans sa revue que l'on ne peut apprécier les distances supérieures à une cinquantaine de mètres... L'individu moyen ne fait aucune différence entre cinquante mètres et l'infini ! Alors, pourquoi ne pas le rappeler ici, au lieu d'insister sur la notion absurde de facteur d'erreur ? Oserait-t-il user de cet argument dans le cas d'une confusion avec l'étoile Rigel ?

Citons encore le numéro 304 de sa revue (page 16) : Les estimations de distance, ou d'altitude, pour cette soirée du 5 novembre, sont à prendre avec la plus extrême prudence. Sauf cas particulier, cela signifie qu'on ne peut en tenir aucun compte. Notons quand même que d'une manière générale, on a affaire à des sous-estimations de la distance, et qu'elles sont bien souvent colossales.

Bref, n'en tenez aucun compte sauf quand ça vous arrange !

Signalons aussi qu'il était précisé dans le numéro 303, de même que dans la lettre à Franck Marie, que le témoin estimait la distance à 50 à 100 m, en ajoutant qu'il n'était pas absolument sûr de l'exactitude de cette estimation, et remarquons enfin qu'une telle proximité du phénomène serait difficilement conciliable avec sa disparition dans la brume par temps clair...

5) Sur l'aspect du phénomène, qui est sans rapport avec l'ensemble des autres descriptions.

Encore une affirmation infondée. Le témoin ayant observé depuis un point de vue privilégié le phénomène qui s'éloignait vers l'Allemagne, on doit comparer sa description avec les témoignages de l'est de la France, plutôt que de la région parisienne. Par un heureux hasard, on a pour l'est de la France mieux qu'un témoignage : un enregistrement vidéo ! Il s'agit bien sûr du film tourné à Colmar. Redressez la photo extraite de ce film pour que la traînée soit horizontale, inversez la direction, Colmar se trouvant à l'inverse de Neuilly-sur-Marne au sud de la trajectoire de la rentrée atmosphérique, réduisez la largeur pour corriger la perspective, et rougissez les lumières de cette rentrée atmosphérique vue au loin et bas sur l'horizon...

Comparaison Colmar et Neuilly

Ne faut-il pas un certain aveuglement pour ne pas trouver quelques similitudes entre la vidéo ainsi modifiée (à gauche) et le desssin du témoin (à droite) ?

Et la description d'un « faisceau tronqué » sortant d'une « tuyère » évoque quantité de descriptions de la rentrée atmosphérique.

En conclusion, il me semble évident que ce témoin a observé la rentrée atmosphérique et rien d'autre, et ses erreurs d'appréciation (durée, immobilité, dimension angulaire) apparaissent minimes quand on ne cherche pas à les exagérer. Si l'on préfère considérer que notre témoin ne s'est pas du tout trompé sur la durée de son observation, il faut admettre qu'il serait resté sur son balcon entre 18 h 55 et 19 h 02, sans remarquer la rentrée atmosphérique très spectaculaire, parfaitement visible entre 18 h 59 et 19 h 02 et passant au plus près, sous son nez pourrait-on dire, à 19 h 00' 30", à une hauteur angulaire de 26° !

Il reste un doute pour la première phase de son observation, lorsqu'il a eu son attention attirée durant quelques secondes par trois lumières VERTES effectuant une rotation, qu'il situait peut-être en dessous de l'horizon... Peut-être s'agissait-il d'un reflet de la rentrée atmosphérique qui passait au plus près. Notons que si l'on suit le témoignage ces lumières ont été vues à travers un rideau. Il faudrait savoir quel était le champ de vision du témoin alors qu'il regardait la télévision, mais ça n'est pas précisé. Mesnard a résumé cete première phase en cinq lignes, préférant insister sur la suite, beaucoup plus spectaculaire mais parfaitement identifiée... Dommage !

Gretz-Armainvilliers (Seine-et-Marne) :

Un objet de grande taille plonge, redresse, et remonte.
Les six témoins décrivent parfaitement la rentrée, l'un d'eux fait une banale erreur d'appréciation pendant les premières secondes d'observation, la remontée est une pure invention de Mesnard.

Dérouler

Voici un cas apparemment très solide en raison du nombre et de la qualité des témoins : six (et pas huit, nous verrons plus loin comment Mesnard en est arrivé à en ajouter un, puis deux), dont un commandant de bord d'Air-France (Jean-Gabriel Greslé, auteur depuis de plusieurs livres sur les ovnis).

Il s'agit probablement du cas qui a été le plus commenté, voyons donc les différentes sources avant d'en discuter...

Voici d'abord comment il était présenté dans LDLN n° 306 :

Entre 19 h 00 et 19 h 02, Gretz-Armainvilliers (Seine-et-Marne)

Cette observation est à considérer comme l'une des plus importantes de la soirée, pour plusieurs raisons : tout d'abord, elle a été faite par sept personnes, parmi lesquelles un technicien de l'aéronautique et un pilote professionnel dont les longues carrières, dans l'armée de l'Air puis dans l'aviation civile, en font des observateurs particulièrement qualifiés. Mais surtout, les manoeuvres effectuées par le phénomène sous les yeux de ces témoins permettent d'écarter toute tentative d'explication par la rentrée de l'engin soviétique dans l'atmosphère.

L'événement s'est déroulé en trois phases.

Première phase (un seul témoin) : Six personnes se trouvent en plein air, à l'extrémité sud-est de l'agglomération de Gretz-Armainvilliers, où elles attendent l'arrivée d'une septième (qui sera le septième témoin). Soudain, M. André Boutloup
[Les noms des témoins n'étaient pas mentionnés, mais certains se sont présentés dans une émission de télévision dont nous reparlerons] (c'est le technicien en aéronautique) voit, dans une direction comprise entre le sud-ouest et le sud-sud-ouest, un objet qui porte plusieurs sources lumineuses et qui se rapproche très vite, non pas comme s'il fondait directement sur les témoins, mais plutôt comme s'il allait passer un peu sur leur droite. M. Boutloup estime son angle de descente à environ 15°.

Un instant après le début de cette première phase, deux « projecteurs », d'un jaune clair, s'allument sous la chose. Avec deux autres sources lumineuses également jaunes, situées plus haut, ils dessinent à peu près un trapèze, dont la base supérieure est la plus grande. Ces deux projecteurs émettent des faisceaux coniques (jaune également), orientés vers le bas, de très faible ouverture (quelques degrés seulement), c'est-à-dire presque cylindriques. Leurs extrémités sont coupées net, mais leur caractère étrange ne se limite pas là, car M. Boutloup, pour les décrire, parle de « lumière inerte », et garde l'impression « d'une tache de lumière, plutôt qu'un éclairage ».

À gauche, donc sur le flanc droit de la chose (puisqu'elle est vue presque de face), il distingue une rangée de « hublots », jaunes eux aussi. Il les voit à peu près comme des carrés et, supposant qu'il s'agit bien de quelque chose comme des hublots disposés sur le côté d'un appareil, imagine que, compte tenu de la perspective, ils devaient plutôt être rectangulaires. Il s'écrie, à l'attention des cinq autres membres du groupe (qui n'ont encore rien vu) : « Mais... où il va, celui-là ? Il va se poser dans la cour ? » Au même instant, les deux faisceaux lumineux s'inclinent, comme si l'ensemble lui-même s'inclinait pour effectuer un virage sur sa droite.

Première phase

Deuxième phase (six témoins) : En effet, passé le temps que les cinq autres personnes tournent la tête, voilà la chose qui défile devant eux, de droite à gauche, sur une trajectoire horizontale orientée d'ouest en est. Quelque chose comme les détails d'une structure, à peine visibles dans l'obscurité, fait que cela ressemble à une sorte de pont métallique gigantesque, qui viendrait ainsi se promener, un peu au sud de la nationale 4 (les témoins n'en sont éloignés que de quelques mètres) et parallèlement à elle ! On voit toujours, mais de profil cette fois, les deux projecteurs qui partent du coin inférieur avant. Ils ne sont pas verticaux, mais un peu inclinés vers l'avant. Leur extrémité inférieure est-elle toujours tronquée « comme un saucisson » ? Nous l'ignorons, car des arbres limitent le champ de vision des témoins.

Deuxième phase

On voit également un certain nombre de lumières rouges disséminées sur la « structure », et certains des témoins notent quatre autres lumières rouges dessinant comme un losange, nettement au-dessus de l'objet principal, vers l'arrière. On voit surtout, en-dessous, partant à peu près du milieu de la chose, deux très longs tubes lumineux, de couleur blanche, horizontaux, de section rigoureusement constante, et de luminosité également constante, sauf vers leur extrémité, où elle décroît très rapidement. (Nous avons là une analogie très nette avec quantité d'observations faites le même soir, à la même heure ou quasiment à la même heure, telle celle de Brétigny).

Cette seconde phase de l'observation s'achève au bout d'une quinzaine de secondes, l'objet disparaissant « dans un nuage » (selon M. Jean-Gabriel Greslé, le commandant de bord) ; « dans ou derrière un nuage » selon M. André Boutloup, qui est surpris par la manière extrêmement subite dont l'ensemble cesse d'être visible. Logiquement, la chose aurait dû disparaître progressivement, au fur et à mesure qu'elle était occultée par le nuage. Or, ce n'est pas ce qui s'est produit : cela a cessé d'être visible d'un coup. Ce détail a évidemment son importance, car il suggère plus l'extinction d'une image que l'enfoncement d'un objet matériel (de très grande taille) dans une masse nuageuse. M. Boutloup lui-même a eu cette impression.

Fin 2ème phase


Troisième phase (un témoin) : Mme Janine Charmont (que les autres attendent) arrive, au volant de sa voiture, venant du centre-ville, c'est-à-dire roulant vers le sud-sud-est. Un peu sur sa gauche (vers le sud-est, à quelques degrés près), elle observe quelque chose qui lui paraît s'éloigner dans le ciel, en montant. Cela a l'aspect d'une masse sombre trapézoïdale, avec deux gros points blancs dans le bas et, sur sa périphérie, 4 à 5 « lampes » jaunes. La lumière des deux gros points blancs paraît se refléter sur la masse sombre, qui a un aspect grisâtre et métallique. Mme Charmont parcourt ainsi, en ligne droite, environ 200 m. Elle est arrivée : elle va rejoindre les autres. Elle cesse d'observer.

Troisième phase

L'un des témoins de cette affaire va réagir énergiquement : il s'agit de Jean-Gabriel Greslé, le commandant de bord, pour qui le phénomène OVNI n'est pas quelque chose de tout-à-fait nouveau. Il commence par contacter, à un niveau élevé, la Météorologie Nationale, et il obtient des renseignements précis sur les conditions météo. Il apprend ainsi que le sommet des nuages (des cumulus) se trouvait à 500 m d'altitude. Convaincu que la chose avait disparu dans le nuage, et non derrière lui, il en déduit que cette absorption du phénomène dans le nuage s'est produite vers 400 m et, connaissant la hauteur de la trajectoire au-dessus de l'horizon (environ 30°), la taille apparente de la chose, il en déduit ses dimensions réelles, qui sont stupéfiantes : 400 m de long pour le « pont métallique », 1 km de long pour les « tubes lumineux » (d'une épaisseur de l'ordre de 8 m), 1 200 m pour l'ensemble. Le phénomène ayant parcouru une distance de l'ordre de 800 m en 15 à 20 secondes, sa vitesse peut être estimée aux alentours de 200 km/h.

La trajectoire étant définie sur la carte, des recherches ont été entreprises en vue de trouver d'autres témoins de l'événement. Elles n'ont donné aucun résultat, ce qui constitue une raison supplémentaire de s'étonner. On peut légitimement se demander si ce phénomène, si spectaculaire selon les sept témoins, était également visible dans tout le voisinage. La réponse fait défaut, mais il est remarquable que dans ce cas, autant d'éléments précis aient pu être déduits de l'analyse des données disponibles.

Carte et trajectoire

Peu après, le commandant de bord Jean-Gabriel Greslé a écrit un livre sur les ovnis (Objets volants non identifiés, un pilote de ligne parle), dans lequel il a relaté ainsi son observation :

Cette observation à laquelle j'ai participé a fait l'objet d'une enquête complète effectuée par Joël Mesnard, éditeur de la revue « Lumières Dans la Nuit » et se trouve relatée en détail dans le n° 306 de cette revue. Nous devions découvrir par la suite que plusieurs centaines de témoignages variés avaient fait état de véhicules ou d'assemblages de lumières vus à basse altitude en France ce même soir entre 18 heures 45 et 19 heures 30.

Au mieux de mes souvenirs, voici la description des faits : il est 19 heures. Nous sommes un groupe de six pratiquants d'Aïkido et nous attendons la clef de la salle d'entraînement en bavardant. André Boutloup s'est éloigné d'une dizaine de mètres de nous et nous appelle brusquement. Il a l'impression qu'un avion ou un hélicoptère descend vers nous et va se poser à proximité. Quand je me retourne finalement, je vois dans la direction du sud vers la déviation à quatre voies de la Nationale 4, une structure rectangulaire balisée de nombreuses lampes rouges qui évoque pour moi un élément de pont métallique ou la flèche d'une grue. J'observe que cette structure se déplace dans le ciel, vers l'est, sans aucun support ; l'imaginant très éloignée, d'une dizaine de kilomètres peut-être, j'ai un instant l'impression de voir une ville flottante. Une certitude domine, je n'ai jamais rien vu de semblable ni d'aussi grand dans l'espace pendant toute ma carrière.

À l'avant, deux phares dirigés en diagonale projettent une lumière blanche qui semble s'interrompre avant d'atteindre le sol. Ce qui attire le plus mon attention est un énorme faisceau cylindrique, horizontal, de lumière opaline très dense qui paraît avoir pour origine la partie centrale de la « chose ». Autour de ce tube de lumière bizarre, issu d'une sorte de projecteur attaché à la structure, des écharpes de brume masquent par intermittence un second faisceau parallèle au premier. J'ai le temps de tendre le bras pour évaluer l'épaisseur de l'ensemble (deux doigts et demi environ) et de noter les proportions du rectangle que forme la structure lumineuse principale : 1 à 5 à peu près. La longueur des grands faisceaux lumineux horizontaux est deux fois et demie celle de l'engin et le diamètre du tube de lumière le dixième de la hauteur. Je fixe ces proportions dans ma mémoire et, voyant que la structure va disparaître derrière un grand arbre, je cours vers ma droite pour pouvoir la suivre un peu plus longtemps du regard. Trop tard ! Je vois l'extrémité des faisceaux de lumière se fondre dans un nuage bas.

Nous avons à peine le temps de nous interroger sur ce que nous venont de voir. Janine Charmont arrive avec la clef et nous écoute lui narrer notre expérience... Nous apprendrons plusieurs mois après qu'elle avait parfaitement vu dans le ciel une espèce de trapèze sombre qui s'éloignait en prenant de l'altitude dans la direction du sud-est. À l'arrière 4 ou 5 lampes jaunes étaient visibles ; à la partie inférieure deux gros phares se reflétaient sur une surface d'apparence métallique.

Dessin fait par Jean-Gabriel Greslé

À ma demande, les témoins ont bien voulu rédiger, sans se concerter, un résumé de ce qu'ils avaient vu. À l'exception d'André Boutloup, dont l'observation a été plus longue et plus complète que la nôtre, nous avons tous décrit, chacun à notre façon, la même chose. Nous avons tous eu l'impression de nous trouver devant un objet de grande taille, se déplaçant majestueusement, ou un cigare allongé balisé de nombreuses lampes colorées, oranges ou rouges. Ces données figurent dans tous les rapports.

Pour une fois, la présence d'une couche de nuages à faible développement vertical, entre 350 et 500 mètres, couvrant à peine 3/8 du ciel permet d'évaluer avec une assez bonne précision la distance de la structure lumineuse observée : quelque 800 mètres. L'épaisseur apparente, appréciée par rapport à celle des doigts vus à bout de bras (une méthode enseignée par l'US Air Force) donne pour la hauteur de l'ensemble 80 mètres environ et pour sa longueur 400 mètres. Moins grand qu'une ville flottante, cet « engin » avait tout de même des dimensions supérieures à celles de la tour Eiffel. Sa vitesse pose un problème un peu plus difficile car si nous n'avons pas chronométré son déplacement nous pensons qu'il a pu parcourir 45° en 10 à 20 secondes, soit une vitesse de 150 à 300 km/h. Nous nous accordons tous sur le fait qu'un silence impressionnant semble avoir couvert tous les bruits pendant la durée de l'observation.

Ajoutons la transcription du reportage dans l'émission Mystères d'avril 1993 :

Deux jours à peine après les observations, l'hypothèse de l'OVNI est déjà écartée. Ce ne serait donc qu'un météorite, un phénomène naturel parfaitement explicable. En Seine-et-Marne, un homme doute : Jean Greslé, ancien commandant de bord à Air-France, se souvient de ce qu'il a vu la nuit du 5 novembre. Il a ce soir-là avec sept autres personnes, été témoin d'un événement qu'il n'oubliera jamais :

« Si quelqu'un qui aurait vu ce que nous avions vu acceptait la thèse officielle, ça voudrait dire qu'il remet complètement en cause ses propres perceptions. »

Il est 18 heures 55. Jean Greslé qui est professeur d'Aïkido à ses heures de loisir, attend avec un groupe d'élèves l'ouverture de la salle de sports. Janine, la secrétaire du club, est en retard, et c'est elle qui a la clé. C'est alors qu'un des élèves, André Boutloup, aperçoit dans le ciel des lumières étranges qu'il n'arrive pas à identifier :

« Il va se poser dans la cour celui-là ! »

Jean Greslé : « J'ai réalisé que j'avais affaire à quelque chose que je n'avais jamais vu de ma vie, ça c'est absolument certain, en 17000 et plus heures de vol en 40 ans je n'avais jamais rien vu de semblable dans le ciel, ça c'est certain.

« J'ai vu quelque chose d'inexplicable et ça reste quelque chose d'inexplicable. Ses dimensions me sont apparues immédiatement comme gigantesques, cette impression de lenteur majestueuse ça m'a véritablement frappé. J'ai vraiment eu l'impression de voir passer une ville dans le ciel... Une ville ! Tellement ça m'a paru grand. »

André Boutloup : « Vous savez arrivé quand on a 65 ans et travailler dans l'aviation, connaître quand même ce que c'est qu'un avion et une machine volante, être confronté à ce genre de chose on peut être étonné. Et par les estimations que nous avons faites sur le moment, ça nous donne un engin qui devait avoir 3 à 400 mètres de long et 80 mètres d'épaisseur. »

Puis, toujours en silence, l'engin vire lentement et s'éloigne.

Au même moment, 500 mètres plus loin, Janine Charmont se dirige vers le club de sport. Soudain, elle aperçoit au-dessus des maisons deux faisceaux de lumière à très basse altitude qui disparaissent au loin :

« Ça s'est éloigné tout d'un coup. C'est-à-dire que je n'ai pas pu le suivre comme une trajectoire d'avion ou quelque chose comme ça. Ça s'est éloigné assez rapidement, c'est une masse qui m'est apparue comme ça, je l'ai vue par le pare-brise de la voiture puisque j'étais en voiture, et je l'ai vue disparaître de la même façon que j'ai eu les yeux dessus. »


On dispose aussi sur le site du Geipan du rapport de cinq des témoins dans le procès-verbal de gendarmerie :

Témoignage de Jean-Gabriel Greslé le 6 novembre 1990 :

Alors que nous attendions la clé de la salle polyvalente de Gretz, Monsieur Boutloup, attire l'attention du groupe en disant à peu près « mais qu'est-ce qu'il fait celui là, il va se poser sur nous ».

Me tournant dans la direction indiquée, vers la déviation de la RN4, je vis dans le ciel une structure de lumières rouges, certaines fixes d'autres clignotantes qui dessinaient un rectangle horizontal portant au milieu de sa base un très fort projecteur de lumière blanche, très cylindrique émettant à l'horizontale vers l'arrière. L'ensemble avait une trajectoire apparente horizontale d'ouest en est vue de notre position environ à 30° au dessus de l'horizontale. À l'avant de cette structure, deux phares blancs peu intenses étaient dirigés à 45° vers l'avant. L'impression d'un objet massif venait du fait que les lumières et les phares ont gardé la même position relative pendant toute la duré de l'observation et que la vitesse de défilement 5 à 20 degrés par seconde semblait très constante. Après une dizaine de secondes d'observation, l'objet commença à disparaître derrière un bouquet d'arbres. Je courus vers la gauche pour le revoir le plus rapidement possible de l'autre côté des arbres et pus seulement voir le faisceau des phares arrière blancs disparaître dans un nuage bas. La nuit était très calme et pratiquement sans vent. La visibilité était excellente. Les quelques nuages bas ne couvraient qu'une faible partie du ciel. L'observation s'est déroulée dans un silence complet.

En dehors des lumières rouges et des phares je n'ai pu voir aucun support massif. Seule la disposition des lumières donnait l'impression d'une sorte de poutrelle métallique balisée ou d'un élément de pont flottant comme un dirigeable. Chacune de ces lumières pourrait à la rigueur avoir été indépendante et simplement maintenir une sorte de vol formation. J'ai eu le réflexe de comparer l'épaisseur apparente de la structure lumineuse avec mes doigts tendus à bout de bras, voir mon croquis, le résultat est presque exactement une épaisseur égale à 10% de la distance. La longueur était au moins 5 fois l'épaisseur et la portée des phares horizontaux 2 à 3 fois la longueur de l'engin. Dans la lumière blanche très intense de ces phares j'ai pu distinguer comme des volutes grises de brouillard ou de condensation. Par ailleurs, ces lumières conservaient à peu près la même intensité quelque soit la distance de l'origine.

J'ai cru distinguer un second faisceau parallèle au premier, beaucoup moins intense comme si une sorte de brume entourant le premier le masquait partiellement. J'avoue m'être surtout concentré sur celui qui était bien visible. Par la suite je vous fournirai un rapport complet de mes observations.


Témoignage d'André Boutloup le 7 novembre 1990 :

Le lundi 05 novembre 1990 à 19 heures, en compagnie de plusieurs personnes, dont notre professeur d'aïkido et de son assistant, nous attendions rue des Vignolles à Gretz, l'ouverture de la salle des sports. Mon regard a été attiré par ce que j'avais pris pour un avion en approche, donc volant très bas et se dirigeant sur Gretz. Mes premières paroles ont été en plaisantant « il va se poser dans la cour », ensuite, « il cherche sa piste ». Mais l'éclairage ne correspondait pas à celui d'un appareil de ligne. On pouvait distinguer sur l'avant à droite de l'appareil, un éclairage jaune foncé, à gauche, rouge assez sombre, d'autres éclairages correspondaient à des feux de position. J'ai vu l'engin infléchir sa route, pour obliquer en direction perpendiculaire à la ville et se diriger vers l'est, longeant la RN4. J'ai aperçu des puissants projecteurs dirigés vers le sol et d'autres orientés vers l'arrière, et un ensemble de feux rouges sur l'appareil qui ne correspondaient à rien de connu. Le plus surprenant, vers l'arrière très haut par rapport à l'éclairage de la structure, quatre feux rouges s'allumaient chacun à leur tour, par contre il n'y avait aucun feu anticollision, cet éclairage représentait un carré, dans le plan horizontal. Mes amis et moi-même, nous sommes déplacés de quelques pas car notre observation était gênée par les branches d'arbres du parc. L'engin se déplaçait assez rapidement, sans émettre un seul bruit au cours de son apparition et disparut derrière les nuages très bas.

La vision de cet objet n'a duré que de vingt à trente secondes. Quant à la taille de l'engin que je ne peux définir, n'ayant que l'éclairage comme référence, elle me semble très volumineuse et ne correspond à rien de connu à ce jour. Je précise que j'étais mécanicien avion 3 correspondant à la qualification de technicien agent de maîtrise à la compagnie aérienne ?? à l'aéroport du ?? .


Témoignage de M. K , agent de sécurité, le 7 novembre 1990 :

Le 05 novembre 1990, vers 19 h 00, je me trouvais avec des amis devant la salle polyvalente de Gretz-Armainvilliers, en bordure de la RN4, nous avons vu dans le ciel une chose gigantesque. Au premier abord, nous pensons qu'il s'agissait en fait d'un appareil immense pourvu de lumières rouges sur les deux côtés de l'appareil et de deux lumières blanches à l'arrière, or, cet appareil ne faisait aucun bruit, contrairement aux avions dont le bruit du moteur s'entend.

Nous avons pu établir la longueur et la largeur approximative de cet appareil qui devait être environ de 30 mètres de large et au moins de 150 mètres de long sinon plus. Néanmoins il est difficile de préciser sa grandeur car il devait être assez haut vu qu'au bout d'une vingtaine de secondes il a disparu dans un nuage.


Témoignage de Mme G  , J  , épouse B  , bibliothécaire, le 7 novembre 1990 :

Le lundi 05 novembre 1990 vers 19 h 00, je me trouvais avec des amis dans la salle polyvalente ?? à ??.

Soudain j'ai vu un engin de forme oblongue qui semblait à basse altitude comme un avion qui va atterrir. Il y avait un phare à l'arrière blanc et relativement puissant. À l'avant et à l'arrière de petites lumières blanches et de couleur, comme pour baliser l'objet. De dimension colossale, l'objet est passé dans un nuage et a disparu. La durée de l'observation était de une minute environ.

Je précise que l'objet est parti parallèlement à la RN4.


Témoignage de Mme F  , professeur de lettres, le 7 novembre 1990 :

Lundi 05 novembre 1990 vers 19 h 00, je me trouvais devant la salle polyvalente rue des Vignolles à Gretz.

Il faisait nuit, quand soudain j'ai vu un engin arriver, dans un premier temps il m'a semblé voir un avion, cependant, des lumières clignotantes blanches et rouges se trouvaient devant et derrière l'engin semblable à un dirigeable de grande taille. Il y avait une absence totale de bruit alors que l'engin était à basse altitude. Cela donnait une impression d'un rectangle allongé ou d'un cigare. Forte impression d'effet de masse, puis l'engin a disparu dans un nuage en prenant la direction parallèle à la RN4.


Ajout de Jean-Gabriel Greslé pour le procès-verbal de gendarmerie :

REMARQUES CONCERNANT LES RAPPORTS D'UNE OBSERVATION AERIENNE

Il est en principe impossible de déterminer les dimensions et la distance d'un objet inconnu. De même, la vitesse ne peut pas être directement mesurée ; toutefois, la vitesse angulaire de défilement (en degrés d'angle par seconde ou par minute) peut être évaluée avec une assez bonne précision.

De même, au cours de l'observation considérée, l'épaisseur (ou largeur) apparente de la structure observée a pu être appréciée avec une assez bonne précision en la comparant aux doigts d'une main vus à bout de bras : nous avons obtenu pour M. Greslé au minimum trois doigts = 6,5 cm vus à la distance de 64 cm environ, soit 0,1 ce qui correspond à un angle de 6°. M. K  pense que l'épaisseur était supérieure ce qui voudrait dire qu'il l'a vu sous un angle de 7 à 8°.

La longueur de la structure était proche de 5 fois son épaisseur. La portée des phares horizontaux au moins 2 fois et demie la longueur.

La structure a été vue par plusieurs témoins entrant dans un nuage bas (de type strato-cumulus) ; cela permet une très bonne évaluation de l'altitude du phénomène soit 200 à 300 m au minimum et 350 à 450 m au maximum. Les témoins s'accordant pour évaluer la trajectoire à une hauteur angulaire de 30 à 40° au dessus de l'horizontale, la distance donc les dimensions de l'objet peuvent être évaluées par un calcul simple avec une assez bonne précision. Cela n'est presque jamais possible dans le cas d'une observation d'un phénomène inconnu.

Le calcul confirme les impression des témoins : la structure délimitée par les lumières observées était de grandes dimensions, 40 à 60 mètres d'épaisseur, 200 à 300 mètres de longueur !

L'observation de Monsieur Boutloup a été de loin la plus longue et il a pu observer la structure avant son changement de direction. Il est le seul à avoir vu certains détails.

Dessin et estimations de Greslé

Remarque

Monsieur Boutloup qui a attiré notre attention sur le phénomène observé a vu dans un premier temps  la structure lumineuse se diriger vers nous. À ce moment il la voyait de face, les phares ( ?) avant étaient bien visibles et l'apparence générale était différente. Au moment où il faisait ses premières remarques, l'engin ( ?) modifia sa trajectoire qui devint celle que nous avons pu observer. Il m'a promis un rapport complet.

Fait à ?? 6 novembre 90.


Nous avons bien là une observation exceptionnelle, par le nombre et la qualité des témoins... Notons tout de même au sujet du nombre que dans le rapport de gendarmerie il est écrit : Entendu, Monsieur Greslé, nous informe qu'il était avec un groupe de quatre personnes [.../...] Le lendemain, les quatre témoins sont entendus [...] Il s'agit donc de quatre personnes en plus de lui-même, et on trouve bien cinq témoignages dans ce procès-verbal... Pourtant, aussi bien Joël Mesnard dans son enquête dans LDLN que Jean-Gabriel Greslé dans son premier livre indiquent que le groupe se composait de six personnes... Mais oublions ce détail.

Revoyons la présentation de l'objet dans LDLN :

Dessin de l'objet

Voilà qui ne ressemble vraiment pas à la rentrée atmosphérique ! Et pourtant...

L'heure, entre 19 h 00 et 19 h 02, correspond à la minute près à celle du passage au plus près de ce phénomène ; le cap suivi lors de la phase principale, parallèle à la nationale, est à quelques degrés près celui de la rentrée atmosphérique ; la hauteur angulaire est estimée entre 30 et 40° par les différents témoins, et Greslé qui en tant que pilote était sûrement le plus familiarisé avec une telle estimation et qui est le seul a avoir pris des repères l'estime à 30°, et celle de la rentrée atmosphérique était de 28° lors du passage au plus près.

Greslé a aussi estimé les dimensions angulaires de « l'objet », de l'ordre de 30° de longueur sans la traînée et 6° de hauteur ; ça correspond bien à d'autres estimations précises par des témoins situés dans la même région, et à des dimensions courantes pour l'ensemble des débris d'une rentrée atmosphérique : rapporté à la distance de la rentrée (175 km au plus près), cela correspondrait à des débris dispersés sur 20 km en hauteur et une centaine en longueur.

La vitesse de déplacement est plus imprécise, Greslé ni aucun autre témoin n'ayant chronométré la durée de passage, mais Greslé estime que l'objet a parcouru 45° en 10 à 20 secondes avant de disparaître (c'est ce qu'il écrit dans son livre ; il était un peu plus imprécis dans le rapport de gendarmerie : 5 à 20 degrés par seconde, soit 2 à 9 secondes pour parcourir les 45°, ou 3 à 12 secondes s'il parle de la vitesse angulaire au plus près) ; les autres témoins estiment cette même durée à 20 à 30 s pour l'un, une minute pour un autre. La rentrée atmosphérique mettait à peu près 40 s pour parcourir ces 45°, ce qui est plutôt en bon accord avec l'estimation purement subjective des témoins.

L'aspect de l'objet tel qu'il est dessiné comporte par contre un certain nombre d'anomalies :

D'abord, il y a les structures joignant les différentes lumières... Mais il suffit de lire la déposition de Jean-Gabriel Greslé pour savoir ce qu'il en est : En dehors des lumières rouges et des phares je n'ai pu voir aucun support massif. Seule la disposition des lumières donnait l'impression d'une sorte de poutrelle métallique balisée ou d'un élément de pont flottant comme un dirigeable. Chacune des lumières pourrait à la rigueur avoir été indépendantde et simplement maintenir une sorte de vol formation. Aucun autre témoin ne parle de structures quelconque, l'un d'eux parle juste d'une impression d'un rectangle allongé ou d'un cigare. Forte impression d'effet de masse. Pas très convaincant non plus !

Certaines lumières apparaissent alignées sur le dessin, mais dans son rapport Greslé indique juste que les lumières dessinaient un rectangle, et dans son témoignage dans LDLN il parle de lumières disséminées sur la « structure »... Un autre témoin parle de l'impression d'un rectangle allongé ou d'un cigare, un autre parle d'un engin de forme oblongue, mais personne ne mentionne un alignement des lumières.

Il reste à évoquer les deux monstrueux « faisceaux tronqués » dirigés vers le bas à l'avant de la structure, qui constituent la grosse anomalie de la description.

Voyons ce qu'en dit Greslé quand il décrit son observation dans son livre paru en 1993 :

À l'avant, deux phares dirigés en diagonale projettent une lumière blanche qui semble s'interrompre avant d'atteindre le sol. Ce qui attire le plus mon attention est un énorme faisceau cylindrique, horizontal, de lumière opaline très dense qui paraît avoir pour origine la partie centrale inférieure de la « chose ».

Ainsi, Greslé nous parle de ces faisceaux tronqués verticaux, mais c'est plutôt le long faisceau horizontal, beaucoup plus lumineux, qui a attiré son attention. Dans son rapport à la gendarmerie, il écrivait : deux phares blancs peu intenses étaient dirigés à 45° vers l'avant... À comparer au très fort projecteur de lumière blanche, très cylindrique émettant à l'horizontale vers l'arrière... Il y a donc une très forte différence d'intensité entre les « faisceaux tronqués à l'avant » et les « tubes lumineux à l'arrière» !

En fait, il est tout à fait clair que seul le premier témoin, André Boutloup, a vu ces « faisceaux tronqués » à l'avant pendant les premières secondes de son observation. Il écrivait dans son rapport : j'ai perçu des puissants projecteurs dirigés vers le sol et d'autres orientés vers l'arrière. On ne retrouve pas chez lui cette différence d'intensité ! C'est aussi André Boutloup qui a vu l'objet faire un virage. Nous reviendrons sur ces deux grosses anomalies, mais contentons-nous pour l'instant de remarquer qu'aucun des témoins n'a vu l'objet tel qu'il est dessiné, de profil avec ces deux monstrueux faisceaux tronqués !

DansLumières dans la nuit, Greslé explique pourquoi ces faisceaux n'étaient pas vus : On voit toujours, mais de profil cette fois, les deux projecteurs qui partent du coin inférieur avant. Ils ne sont pas verticaux, mais un peu inclinés vers l'avant. Leur extrémité inférieure est-elle toujours tronquée « comme un saucisson » ? Nous l'ignorons, car des arbres limitent le champ de vision des témoins.

Il serait intéressant de savoir quelle est la hauteur angulaire de ces arbres qui masquaient « l'extrémité des faisceaux »... Pour en avoir le coeur net, je me suis rendu sur place, et j'ai constaté qu'il y a effectivement une rangée d'arbres le long de la nationale, dont la hauteur atteint au plus près environ 25° au-dessus de l'horizon. J'ai depuis perdu les photos que j'avais prises, mais maintenant il y a Google Street View qui permet de voir les lieux sans se déplacer :

Lieux d'observation avec rangée d'arbres

Les témoins se trouvaient devant l'entrée à gauche de la route juste après les barrières de chantier. La rangée d'arbres en question est à droite, et on voit à gauche le bouquet d'arbres qui a gêné l'observation à la fin.

La rangée d'arbres culmine donc à quelque 25° de l'horizon depuis le site d'observation, à peine plus bassse que la rentrée atmosphérique, ou l'ovni dont la hauteur sur l'horizon était évaluée par Greslé à 30°. Et donc, les fameux faisceaux, que Greslé n'a pas vraiment remarqués et dont les autres témoins à part le premier ne mentionnent absolument pas l'existence, étaient presque entièrement cachés par les arbres.

Mais en fait, j'ai constaté aussi qu'en plein automne ces arbres dépouillés de leurs feuilles ne masquent rien du tout (c'est assez apparent sur la photo de Google Street view qui a dû être faite à cette saison) : j'ai vu parfaitement la lune au travers ! Des faisceaux, surtout tels que décrits par le premier témoin comme de « puissants projecteurs » alors que l'objet se trouvait plus loin, auraient été parfaitement visibles derrière ces arbres. Et il y a en outre une trouée dans cette rangée d'arbres précisément dans la direction au plus près du phénomène, juste avant qu'il ne soit masqué par un grand arbre sur la gauche.

Il faut donc se rendre à l'évidence : ces faisceaux tronqués verticaux n'existaient pas, ou s'étaient éteints après avoir été vus par le premier témoin. Et il est manifeste que Greslé a été influencé par le témoignage de son ami qui est le seul à avoir vu ces faisceaux.

Maintenant, on peut se faire une bonne idée de ce que les six témoins ont vu passer devant eux : sur le dessin que Joël Mesnard brandit sans cesse depuis vingt ans pour se gausser de ceux qui n'y voient qu'une rentrée atmosphérique, vous enlevez les « structures » que personne n'a vues, vous enlevez les faisceaux des deux lumières à l'avant qui n'étaient pas ou plus là, vous faites une des deux traînées à l'arrière beaucoup moins longue et lumineuse que l'autre comme Greslé le précisait, vous ajoutez un peu de « brumes » sur l'autre, et vous éparpillez les autres lumières dans une surface vaguement rectangulaire, cigaroïde ou oblongue :

Aspect d'après les témoignages

Voilà que miraculeusement, en ayant supprimé de la « reconstitution » mesnardienne tous les détails imaginaires, on obtient une excellente représentation de la rentrée atmosphérique, tout à fait comparable aux autres descriptions de la région !

Revenons maintenant aux faisceaux tronqués et au virage mentionné par André Boutloup...

C'est dans Lumières dans la nuit que l'on trouve une description de la première phase de son observation :

Soudain, M. A.B. (c'est le technicien en aéronautique) voit, dans une direction comprise entre le sud-ouest et le sud-sud-ouest, un objet qui porte plusieurs sources lumineuses et qui se rapproche très vite, non pas comme s'il fondait directement sur les témoins, mais plutôt comme s'il allait passer un peu sur leur droite. M. A.B. estime son angle de descente à environ 15°.

Un instant après le début de cette première phase, deux « projecteurs », d'un jaune clair, s'allument sous la chose. Avec deux autres sources lumineuses également jaunes, situées plus haut, ils dessinent à peu près un trapèze, dont la base supérieure est plus grande. Ces deux projecteurs émettent des faisceaux coniques (jaunes également), orientés vers le bas, de très faible ouverture (quelques degrés seulement), c'est-à-dire presque cylindriques. Leurs extrémités sont coupées net, mais leur caractère étrange ne se limite pas là., car M. A.B., pour les décrire, parle de « lumière inerte », et garde l'impression « d'une tache de lumière, plutôt qu'un éclairage ».

À gauche, donc sur le flanc droit de la chose (puisqu'elle est vue presque de face), il distingue une rangée de « hublots », jaunes eux aussi. Il les voit à peu près comme des carrés et, supposant qu'il s'agit bien de quelque chose comme des hublots disposés sur le côté d'un appareil, imagine que, compte tenu de la perspective, ils devaient être plutôt rectangulaires. Il s'écrie, à l'attention des cinq autres membres du groupe (qui n'ont encore rien vu) : « Mais... où il va, celui-là ? Il va se poser dans la cour ? » Au même instant, les deux faisceaux lumineux s'inclinent, comme si l'ensemble lui-même s'inclinait pour effectuer un virage sur sa droite.


Voilà comment on peut reconstituer ce qu'il a observé dans cette « première phase » d'après sa description dans LDLN :

Première phase d'après Boutloup

Et maintenant, voici à peu près comment devait se présenter la rentrée atmosphérique en approche vue depuis la région parisienne :

Rentrée en approche en RP

Notons que la description d'André Boutloup dans LDLN est manifestement très idéalisée : dans son témoignage à la gendarmerie seulement deux jours après son observation, il ne parlait aucunement d'une rangée de hublots carrés parfaitement alignés, plutôt de lumières rouges ressemblant à des feux de position, et il n'était même pas question que les faisceaux des « puissants projecteurs » aient été « coupés net »... Par contre, la description dans ce PV est très vague, et synthétise les deux phases de son observation. Gardons donc la description de LDLN dans ses grandes lignes, et remarquons qu'elle présente d'importantes similitudes avec la rentrée atmosphérique, mais avec un sens de déplacement inversé !

Alors, mon sentiment est que ce premier témoin s'est trompé sur le sens de déplacement de l'objet pendant les toutes premières secondes de son observation, et que cela explique en même temps les deux grosses anomalies de son témoignage :

Ce sont les traînées d'air ionisé de la rentrée qu'il a prises pour des faisceaux verticaux tronqués, dont la description de « lumière inerte » est du reste assez proche de la réalité. Voyant que ces « faisceaux » s'inclinaient peu à peu alors que l'objet approchait, il a cru que celui-ci amorçait un virage à droite... Il a dû perdre l'objet des yeux quelques instants alors qu'il attirait l'attention de ses amis en allant vers eux, et ensuite il lui a rendu son véritable sens de déplacement. Incapable de comprendre qu'il avait fait une erreur d'appréciation, il a pensé que l'objet avait achevé son virage, que des traînées arrière étaient apparues, et que les faisceaux avant étaient masqués par les arbres.

On sait que ce témoin se trouvait à l'écart des autres, du fait qu'il venait de garer sa voiture : il était excité par son observation, c'était le seul parmi les six à se déplacer, la rentrée atmosphérique se déplaçait lentement alors qu'elle était vue en approche, la méprise est tout à fait compréhensible.

Et voilà comment une simple erreur d'appréciation mineure d'un des témoins parmi les six transforme une parfaite description de la rentrée atmosphérique en un énorme ovni !

Et notons en tout cas qu'un seul témoin a vu le « virage », Mesnard ment donc tout simplement lorsqu'il écrit que les manoeuvres effectuées par le phénomène sous les yeux de ces témoins permettent d'écarter toute tentative d'explication par la rentrée de l'engin soviétique dans l'atmosphère !

Au fait, n'était-il pas question d'un deuxième virage ? Oui, c'est la « troisième phase » de l'observation décrite dans Lumières dans la nuit. Et cela s'appuie uniquement sur le fait qu'un septième participant (ou sixième, nous avons vu que d'après le PV de gendarmerie le groupe initial se composait de cinq personnes), Janine Charmont, n'était pas encore arrivée et avait vu en voiture l'objet qui s'éloignait, « de dos »... Puisqu'elle a vu « de dos » un ensemble de lumières porté par une « masse sombre », c'est que l'engin avait tourné, évident non ? Je vous laisse apprécier la valeur de cette déduction, sachant en outre que ce témoin ajouté pour fabriquer un virage n'a parlé de son observation qu'après plusieurs mois, comme nous l'apprend Greslé dans son livre !

Le deuxième virage n'existe donc pas, Mesnard n'en parle d'ailleurs plus, mais il continue par contre à faire état d'une « remontée » finale tout aussi imaginaire : aucun des témoins réunis ne mentionne rien de tel, c'est encore Janine Charmont, qui se déplaçait en automobile lors de son observation et qui n'a témoigné qu'après plusieurs mois, qui mentionne cette autre étrangeté.

Mais le nombre de témoins de cette observation ne cesse d'augmenter, puisque nous avons vu que dans sa carte de « trente exemples flagrants » Mesnard mentionne huit témoins. J'avais résumé cela ainsi :

De son côté, l'enquêteur Joël Mesnard prétend dans un résumé récent que huit témoins (six en réalité... Le septième a été rajouté pour fabriquer un virage, et le huitième dans la dernière version pour donner encore plus de poids à l'observation) ont observé une structure métallique comparée à un pont métallique illuminé plonger vers le sol, redresser puis remonter et disparaître.

Ayant appris qu'un « olibrius » avait écrit cela, il s'en est expliqué dans une conférence donnée lors des rencontres de Châlons en Champagne.

Les deux témoins ajoutés ont été trouvés et interrogés par Jean-Gabriel Greslé, ils ne sont pas imaginaires. Notons d'abord que si ce sont deux nouveaux témoins qui ont été trouvés, ça devrait faire un total de neuf et pas huit ! Mesnard a-t-il donc renoncé entre-temps à celui qui lui permettait d'ajouter un virage final que personne n'avait jamais observé, pas plus que la remontée ? Il persistait poutant lors de cette même conférence à prétendre que l'engin vu à Gretz a fait deux « angles très marqués » !

Ces deux nouveaux témoins étaient donc situés ailleurs, pour quelle raison Mesnard a-t-il choisi de les associer à l'observation du groupe de six, eux et pas les 400 autres témoins qu'il connaît ? Question de proximité sans doute, mais proximité ou pas on sait qu'une rentrée atmosphérique passait dans le ciel, bien visible... On est libre d'imaginer qu'il y avait AUSSI des ovnis, mais alors avant d'associer des groupes indépendants de témoins il faudrait chercher à savoir s'ils ont observé le même objet !

Ces deux témoins, Jean-Gabriel Greslé qui les a retrouvés en parle dans son livre, on sera peut-être éclairés... Ils se trouvaient à Presles-en-Brie, à 2,1 km au sud de l'autre groupe. On connaît même leur nom, Serge Jacob et son fils Cédric, depuis qu'ils ont participé à une émission de la série Mystères en avril 1993. Il n'y a rien dans le livre sur ce qu'ils ont observé, mais juste quelques considérations géométriques :

OBSERVATION DE GRETZ-ARMAINVILLIERS (groupe 1)

Calculs

altitude du phénomène (centre des nuages) 400 m env.

hauteur au-dessus de l'horizon 30° env.

distance observateurs-phénomène = 400 m x 2 = 800 m env.

épaisseur apparente = 6° épaisseur réelle = 80 m env.

longueur = 5 fois l'épaisseur soit 80 m x 5 = 400 m env.

faisceaux horizontaux de lumière # 2 fois 1/2 la longueur = 1000 m env.

vitesse estimée :

défilement de 45° (soit 800 m environ) si en 20 secondes V = 2.400 m/min.

soit, 2,4 x 60 = 144 km/h

si défilement en 15 secondes V = 3.200 m/min. = 192 km/h

vitesse estimée comprise entre 140 et 200 km/h

OBSERVATION DE PRESLES-EN-BRIE (groupe 3)

Épaisseur apparente = 2° env. épaisseur calculée = 80 m env.

distance # 80 m x tg 2° = 2.800 m env. (recoupe correctement l'observation du groupe 2).

distance horizontale = 2.800 m cos 10° = 2800 x 0,99 = 2.700 m env.

altitude approximative =  2.800 m sin 10° = 2800 x 0,16 = 450 m env.


Estimations

OBSERVATION DE GRETZ-ARMAINVILLIERS

Pkan de Gretz et Presles avec trajectoire

Trajet de l'objet inconnu

Apparemment ça signifie que les témoins donnaient à l'objet une épaisseur apparente de 2°, et qu'en supposant qu'il avait une épaisseur réelle de 80 m calculée d'après les estimations de Greslé concernant sa propre observation, sa distance était de 2800 m, ce qui serait à peu près correct si l'objet était passé entre les deux groupes de témoins comme le suppose Greslé sur un plan... Un peu exagéré tout de même puisque d'après le plan la distance entre les deux groupes de témoins est de 2300 m environ. Mais cela suppose aussi que les deux nouveaux témoins aient vu l'objet passer au nord, et pas au sud comme la rentrée atmosphérique, ce qui n'est pas précisé.

Et Greslé continue en expliquant que ces témoins ont vu l'objet passer à 10° au-dessus de l'horizon, et trouve avec la distance précédemment calculée que l'altitude était d'environ 450 m, très proche de celle de 400 m qu'il avait lui-même estimée d'après la hauteur du nuage dans lequel l'objet avait disparu (dans l'hypothèse de la rentrée atmosphérique, remplacez simplement par « derrière lequel », comme André Boutloup l'a du reste mentionné).

L'accord est certes très bon, à condition là encore de considérer que les témoins ont observé l'objet en direction du nord... On se demande donc pourquoi Greslé ne le précise pas, d'autant que Mesnard ne manque pas une occasion d'associer des témoins proches ayant fait leur observation dans des directions opposées afin d'en dés;duire l'altitude et le trajet suivi par l'objet (nous en avons vu quelques exemples) !

On dispose aussi au sujet de ce deuxième site d'observation la suite de l'émission Mystères déjà citée :

À cinq kilomètres, Serge Jacob et son fils Cédric vont eux aussi au même instant voir passer un engin mystérieux au-dessus d'eux...

Cédric Jacob : « J'ai vu deux lumières qui étaient assez écartées, qui se déplaçaient parallèlement, et j'avais l'impression qu'il y avait quelque chose entre ces lumières, une masse sombre, et ça me paraissait assez grand. »

Serge Jacob : « Et ce qui m'a le plus impressionné c'était les points lumineux, si vous voulez. Ça faisait un genre de triangle très éclairé aux extrémités, au centre ça faisait des lumières un petit peu tamisées, et j'avais l'impression qu'en dessous il y avait aussi des lumières qui éclairaient. »


Notez bien qu'il est dit que ce deuxième site d'observation se situe à 5 km du premier, alors que nous avons vu que d'après le plan de Greslé ça serait seulement 2,3 km. On ne trouve d'ailleurs aucune maison semblable à celle que l'on voit dans la reconstitution à la position indiquée par Greslé sur le plan.

On voit aussi dans cette émission que l'objet qui passe dans la reconstitution se déplace de gauche à droite, donc à l'inverse de celui de la rentrée :

Objet passant de gauche à droite

Mais par contre les témoins ne fournissent aucune indication à ce sujet... Et je me méfie des reconstitutions journalistiques, d'autant que la forme de l'objet correspond plus ici à la reconstitution fantasmée (les faisceaux tronqués verticaux !) de l'objet vu par le groupe de Greslé qu'à la description (très vague) de ces deux derniers témoins !

Soyons clair : s'il s'avérait que ces deux témoins ont vu l'objet passer au nord, et qu'il ne s'agit pas d'une erreur, ça signifierait selon toute vraisemblance qu'ils ont vu autre chose que la rentrée atmosphérique, alors que le groupe de Greslé a observé la rentrée ! Notons au passage que cela ne me surprendrait pas, tant il est inhabituel que des témoins minimisent à ce point la dimension et la hauteur sur l'horizon de la rentrée ! C'est vraiment bête, Mesnard tient peut-être là un véritable ovni et il n'en parle pas ! Mais peut-être que ça l'obligerait à avouer que ces témoins n'ont été interrogés que deux ans après l'observation et que leurs souvenirs sont très confus ? Le fait est que comme d'habitude la date de leur témoignage n'est pas fournie, que ce soit dans le livre de Greslé, dans l'émission Mystères ou par Joël Mesnard...

Villavard (Loir-et-Cher) :

Objet de grande taille, effectue boucle autour d'un relais télé.
Deux témoins observent la rentrée atmosphérique, un autre observe probablement un hélicoptère, l'enquêteur de LDLN mixe le tout pour en faire une observation extraordinaire !

Dérouler

Nous avons ici plusieurs observations, qui étaient exposées ainsi dans LDLN n°304 :

19 h 15, Villavard (Loir-et-Cher)

À cinquante kilomètres de là vers le nord-nord-ouest, et une bonne dizaine de minutes plus tard, on trouve l'une des observations les plus étranges de cette soirée. Il est certain qu'au moins deux phénomènes se sont montrés ce soir-là dans le ciel de Villavard et de la localité voisine de Houssay, probablement trois, et peut-être même quatre. Il semble impossible de le dire avec certitude, car lorsque deux groupes distincts de témoins voient, à peu près au même instant, d'étranges choses dans le ciel, les indications qu'ils donnent, notamment sur les trajectoires, sont loin de concorder parfaitement. Et ce qui est vrai pour les trajectoires l'est aussi pour les descriptions. Tout cela est donc assez embrouillé. Laissons provisoirement de côté ce qui a été vu à Houssay à 21 h 30, et tentons de comprendre ce qui s'est passé dans la partie sud de Villavard vers 19 h 15 (heure sur laquelle les témoins sont d'accord), ainsi qu'une demi-heure ou trois quarts d'heure plus tôt.

Olivier Rieffel a trouvé 6 témoins, en quatre endroits différents :
Situation des lieux

Il semble probable que M. Guion d'une part, MM. Descy et Davézé d'autre part, ont vu « la même chose », presque en même temps. En ce qui concerne les témoins du point 3, cela paraît plus douteux.

Tout commence lorsque M. Guion, dans son tracteur, voit arriver du sud-est une masse sombre, ovale, portant plusieurs lumières clignotantes (rouges, notamment). C'est très gros, c'est très bas, et ça vient droit sur lui. Si c'est un avion, il va sûrement s'écraser ! M. Guion, instinctivement, rentre la tête dans les épaules... Mais il n'y a ni choc, ni bruit, et il voit la chose s'éloigner vers le nord, puis amorcer un virage sur la gauche, en direction du relais de télévision, revenir lentement, couper la trajectoire d'arrivée (au sud du point 1), et s'éloigner vers l'est... Le moteur du tracteur n'a pas cessé de tourner. L'observation a duré deux bonnes minutes.

C'est probablement lorsque la chose recoupe sa trajectoire qu'à cinq cents mètres de là, MM. Descy et Davézé la voient arriver sur leur droite. C'est immense, gigantesque : une sorte de boomerang curviligne pouvant mesurer 250 m d'envergure ! Il porte diverses lumières et laisse des traînées derrière lui. Aussitôt, M. Descy s'arrête, et coupe le moteur : on n'entend aucun bruit.


Boobmerang vu de profil

Nous avons tous (témoins compris) découvert, lors de l'enquête sur place, que MM. Descy et Davézé, en fait, n'avaient pas eu tout-à-fait la même perception de l'objet : pour M. Descy, aucun doute : le « boomerang » était situé dans un plan vertical, tandis que son ami le croyait horizontal. Et M. Descy d'expliquer que, vertical ou horizontal, un boomerang offre la même silhouette. C'est vrai si la direction du regard fait un angle de 45° avec l'horizontale, et au moment où il se trouve juste devant les témoins, quand il leur coupe la route. Il est probable que c'est M. Descy qui a eu la vision la plus précise de l'objet, notamment lorsqu'il s'est éloigné : en effet, lorsqu'il a compris qu'ils avaient affaire à quelque chose d'extraordinaire, il s'est précipité sur son appareil photo, qui se trouvait à l'arrière de la voiture et qui était chargé d'une pellicule couleur papier de 200 ASA. Il s'agit d'un autofocus muni d'un zoom. M. Descy a zoomé au maximum, et il a pris plusieurs clichés de l'objet qui s'éloignait, remplissant encore tout le champ de l'objectif, quelques secondes avant de disparaître derrière le relief.

Pour diverses raisons, il faut absolument s'interdire de fantasmer sur ces clichés : ils sont, pour longtemps sans doute, « indisponibles », aussi indisponibles qu'un document puisse l'être... Ce qui, d'ailleurs, ne prouve pas que leur intérêt soit aussi colossal que le boomerang lui-même : les photos prises de nuit (même avec du 200 ASA, ce qui est un peu léger) sont rarement excellentes. Chacun peut en faire l'expérience. Il peut même photographier des sources lumineuses ordinaires, et apprécier le résultat. Lorsque ces sources sont en mouvement, cela n'arrange rien. Peu importe, oublions ces clichés. Leur principal intérêt, pour nous, réside dans le fait que M. Descy a suivi l'éloignement de l'objet dans son viseur. Il a ainsi pu voir la forme que présentait le « boomerang », vu de derrière, et c'est en connaissance de cause qu'il affirme que l'objet se trouvait en position verticale.


Boomerang s'éloignant

C'est également à 19 h 15, ou vers 19 h 15, qu'à la ferme Les Bas Genièvres, l'épouse et la mère de M. Guion entendirent « un fort grondement qui résonnait dans les cavernes ». Levant les yeux, elles virent une masse de forme générale ovale, mais sans bords nets, avec un unique feu rouge clignotant. La chose était visible vers l'ouest, mais semble-t-il très près, et se déplaçait approximativement du nord vers le sud. Elle disparut en direction du champ que labourait M. Guion.

Il est naturel de tenter un recoupement entre cette observation et la précédente, mais la description n'est pas la même que celle que donnent MM. Descy et Davézé, et on voit mal comment la trajectoire décrite à l'ouest des Bas Genièvres pourrait s'intégrer dans la boucle dont parle M. Guion. Seule hypothèse envisageable : la chose aurait décrit une très large boucle autour du relais de télévision, et les deux dames de la ferme l'auraient vue au moment où elle venait de faire demi-tour pour repartir en direction de Blois, puis de l'est. Mais cette hypothèse n'est pas vraiment convaincante, à cause de cette lumière unique, et parce que les deux femmes insistent sur le fait que cela venait du nord, et que c'est passé tout près, au-dessus de la vallée.

Finalement, pourquoi éprouvons-nous ce besoin de chercher à unifier les observations faites aux points 1, 2 et 3, de trouver une trajectoire unique ? C'est parce qu'un seul ovni nous paraît moins choquant, moins invraisemblable que deux ou trois, tout simplement ! Mais aucune rationalité ne justifie ce réflexe d'économie. Tout, au contraire, indique que plusieurs « choses » se sont montrées dans les parages, ce soir-là. Il y a le cas de Houssay, signalé plus haut, et qui s'est déroulé à 21 h 30, mais ce n'est pas tout : au point 4, nous trouvons une observation faite nettement avant les autres !

En effet, au lieu-dit L'Epine aux Lièvres, Mme Auger est affirmative : cela s'est passé vers 18 h 30, à 18 h 45 au plus tard. Comment en est-elle si sûre ? Parce que cela correspondait à l'heure à laquelle elle rentre ses dindons, ce qu'en cette saison elle fait régulièreent à six heures et demie.

Qu'a-t-elle vu ? Elle a assisté au passage lent, au sud de sa ferme et approximativement d'ouest en est, d'une masse sombre assez indistincte, vaguement « ovale », portant des lumières : il y avait de l'orange, et peut-être du rouge. La chose ne faisait aucun bruit.

Nous avons été tentés d'interpréter ce passage en direction de l'est comme étant celui du phénomène vu par MM. Descy et Davézé (ainsi que, probablement, M. Guion). Finalement, nous préférons y renoncer, pour quatre raisons :
Ah oui quatre ovnis on veut bien, mais surtout aucune rentrée atmosphérique !

Abordons au passage le cas de Houssay, mentionné plusieurs fois dans cette enquête... Curieusement, on n'en parlera plus dans LDLN, et Joël Mesnard n'y fait pas référence dans son dossier lorsqu'il cite les observations faites à une heure différente de celle de la rentrée... À croire que ce cas s'est dégonflé, et que Mesnard préfère l'oublier ! Mais on trouve la partie de l'enquête d'Olivier Rieffel se rapportant à cette observation dans le livre de Franck Marie (OVNI Contact, p. 104) :

Vers 19 h 00, le témoin aperçoit une curieuse lumière rouge. Il rentre chez lui, dîne, et regarde la télévision. Pendant le film, lors de la pose publicitaire, il va fermer les volets. Il découvre, en direction de son ESE, 4 énormes boules de lumière avec une autre plus petite au centre. Il évalue l'altitude de l'ensemble à 300 mètres au maximum. Cela ne bouge pas et ne fait aucun bruit. Plusieurs particules de lumière, plus petites, semblent danser autour de cet ensemble de cinq boules.

Dessin

Note : n'accordez pas trop d'importance au dessin, qui n'est comme d'habitude qu'une interprétation par Franck Marie des données du témoignage.

La « curieuse lumière rouge » vue à 19 h, c'est vraisemblablement la rentrée atmosphérique s'éloignant... Et on peut imaginer que ce témoin sensibilité par cette première observation s'est laissé abuser vers 21 h 30 par une observation banale... Il se trouve qu'à cette heure-là vers l'est, on pouvait voir dans une portion du ciel assez étroite un grand rassemblement d'astres brillants : la Lune, Mars, Aldebaran et Capella... Et peut-être aussi Betelgeuse au ras de l'horizon... On peut supposer que le témoin n'aurait pas assimilé la lune aux les autres « boules de lumière »... Les autres astres sont disposés irrégulièrement sur les côtés d'un triangle, et pas loin du centre de ce triangle (un peu au-dessus de la Lune) se trouve Beta Tauri, moins brillante...

Ciel au Houssay

Voilà probablement ce qui constitue les grosses « boules de lumière »... Quant aux « particules dansant autour de ces cinq boules », s'agit-il des étoiles plus petites scintillant beaucoup bas sur l'horizon, d'insectes éclairés par la lumière ? Difficile à dire en l'absence d'une enquête digne de ce nom, mais peut-être que Mesnard daignera un jour expliquer ce qu'il pense de cete observation et pourquoi il l'a totalement occultée après cette première mention...

Revenons aux autres observations de la région de Villavard... Il n'est pas dit comme d'habitude quand les témoins ont été entendus pour l'enquête de LDLN. C'est probablement de l'ordre d'un mois après l'observation... Mais on trouve aussi les dépositions des trois principaux témoins à la gendarmerie sur le site du GEIPAN, sous la référence 90307316. Les témoignages de M. et Mme Guion datent de plus d'un mois après l'observation, mais celui d'Alain Descy a été fait dès le lendemain.


PLAN DE SITUATION — PLAN DES TRAJECTOIRES APERCUES DES O.V.N.I.

Plan de situation très approximatif


Déposition de M. Alain Descy, ouvrier, le 6 novembre 1990 :

Le 05 novembre 1990, vers 19 heures 15, alors que je me trouvais à bord de mon véhicule et circulais entre Villavard et Sasnières, j'ai aperçu dans le ciel un objet en forme de boomerang qui se dirigeait vers ?? .

Il faisait nuit.

Celui-ci avait une envergure de 200 à 300 mètres et se déplaçait à une altitude de 500 à 1000 mètres.

Je vous remets un croquis de cet objet volant, tel que j'ai pu le voir, ainsi que des différents points lumineux.

Des lumières jaunes et blanches étaient situées aux extrémités de ce « boomerang ». Au centre se trouvait un point rouge clignotant..

À l'arrière, il y avait quatre panaches blancs à intervalles réguliers d'une longueur représentant la moité de l'appareil.

Je précise que lorsque j'ai vu cet objet, le ciel était clair. Il y avait la pleine lune.

Aucun nuage n'était présent et la visibilité était bonne.

À son passage, il n'y avait aucun bruit. Sa trajectoire était parallèle à la terre. Sa vitesse était à peu près celle d'un avion de tourisme. Je l'ai vu pendant environ une minute.

Durant ce laps de temps, je l'ai photographié. Je vous remets les négatifs.


Boomerang

Boomerang 2


Déposition de Jean-Michel Guion, agriculteur, le 13 décembre 1990 :

Le 05 novembre 1990, aux environs de 19 heures ou 19 heures 15, je me trouvais au lieu dit ?? à quelques centaines de mètres de mon habitation. Je me trouvais à bord de mon tracteur.

La nuit était tombée, peu de nuages encombraient le ciel. C'était la pleine lune, la visibilité était bonne, il n'y avait pas de vent, tout était calme.

J'ai vu apparaître un gros objet lumineux dans le ciel, volant à basse altitude, je ne peux pas préciser l'altitude de cet objet. Ce phénomène venait de la forêt de ?? , il se déplaçait très lentement, il est passé à trente mètres de moi.

Il a pris la direction de ?? , au bour de mon champ à 200 mètres, il a tourné à gauche en direction du relais radio de ?? , il a fait une boucle autour de l'antenne et est revenu sur moi. Il est, par la suite, reparti vers ?? . Je l'ai perdu de vue par la suite. Je pense que je l'ai vu pendant 2 minutes.

Cet objet était de couleur sombre (noire), il était de grande dimension, je pense qu'il faisait 40 mètres de longueur. Je ne peux préciser la hauteur.

Il avait une forme ovale et longue, rappelant la silhouette d'un ballon de rugby.

Plusieurs points lumineux étaient présents. Sur les deux extrémités, des lumières rouges et jaunes étaient situées. Les lumières rouges clignotaient et les jaunes étaient fixes. Je pense qu'il y avait environ 7 à 8 lumières à chaque extrémité.

Sur le milieu de l'objet, j'ai remarqué également des lumières au nombre approximatif de 15, coloris rouge et jaune. Les lumières rouges clignotaient également et les jaunes non.

Me trouvant dans la cabine de mon tracteur, je n'ai rien entendu. La radio de bord ainsi que mes éclairages n'ont subi aucune avarie au moment du passage de l'objet.

L'objet ne brillait pas, il n'a pas atterri et était seul.

Je précise que ce n'était pas un avion, je ne peux déterminer l'origine de cet objet.


Déposition de Mme Pierrette Boulay , agricultrice, le 13 décembre 1990 :

Le 05 novembre 1990, vers 19 H 15, alors que je me trouvais dans la cour de la ferme, j'ai aperçu dans le ciel, un objet lumineux ovale qui se déplaçait au-dessus de notre propriété.

Il faisait nuit. Il n'y avait aucun vent et il ne pleuvait pas. L'engin venait de la commune de ?? et se dirigeait sur ?? .

Au milieu de l'objet se trouvait un point rouge clignotant. Le faisceau était très vif et puissant. L'engin se déplaçait très lentement. Je l'ai vu durant environ une minute.

Il avait une longueur de quinze à vingt mètres.

J'ignore totalement à quelle altitude il volait. Il m'a paru assez bas.

Je vous précise que le point rouge était de forme ronde. Au centre de ce point, j'ai distingué une sorte de tube blanc.

Habitant près d'un coteau, j'ai, au passage de l'objet, entendu un énorme ronflement ressemblant au bruit d'un moteur de camion.

L'objet était de couleur sombre. Il m'a fait penser à un énorme ballon dirigeable.



On trouve encore les témoignages relatifs à Villavard, avec des commentaires de l'ex-chef de l'ex-SEPRA que je ne résiste pas à retranscrire aussi, dans l'émission d'Arte consacrée aux ovnis le 17 mars 1996 :

Alain Descy : On voulait faire un peu une petite farce à un ami dans une cave, enfin une personne qu'on connaît, et puis donc on s'est amusé à... on est rentrés dans cette cave, et puis on a fait des schémas, des traces avec un cercle, des petites vagues, un petit triangle et tout ça, et puis nous on faisait ça sympa quoi, pour ... en s'amusant, en déconnant un peu, en se disant tiens...

Jacky Davézé : Pour simuler un passage mystique, quoi.

Descy  : Oui un peu dans ce goût-là quoi... Dans l'esprit c'était de dire il va croire que si ça se trouve ça va être des extraterrestres qui vont descendre là-dedans, c'est une idée géniale...

Davézé : On a repris notre véhicule, pour prendre la toute petite route qui est encaissée entre ces deux coteaux... Et 500 mètres plus loin, grosse surprise, un objet, un phénomène très éclairé nous est apparu sur la droite... C'était impressionnant.

Descy : C'était impressionnant. Bon, c'est un vaisseau qui était immense, comme un supermarché quoi, la grosseur d'un supermarché, et puis d'aileurs j'en ai fait des croquis, j'ai pris à peu près sept photos, et le triangle, bon, il était vertical, et il partait en direction donc de Blois à peu près quoi.

Davézé : Bon c'est vrai que dans ces cas-là on se pose la question, on se dit bon pince-moi là, on rêve ou pas ? Alors ça passait pas très vite, moi j'ai calculé à peu près vingt secondes, c'était très bas, on évalue en moyenne une centaine de mètres de hauteur, bon mais ça c'est...

Descy : Et derrière il y avait quatre grosses traînées blanches mais très régulières qui suivaient, des filets comme ça, et y avait pas de bruit, mais pas un seul bruit. De voir un truc comme ça au-dessus de notre tête qui avance, pas un bruit... C'est, bon, moi je me suis posé la question...

Davézé : De là on a eu immédiatement le réflexe de dire on va pas passer pour des cons, on va immédiatement téléphoner aux gendarmeries qui sont sur la trajectoire de cet engin, afin qu'eux puissent aussi confirmer ce que l'on a vu nous...

Descy : On a téléphoné à d'autres. Et puis après on a téléponé à...

Davézé : À la tour de contrôle de la base aérienne de Tours. Et là ils nous ont rassuré, parce qu'ils nous ont dit bon ben vous n'êtes pas les premiers à nous téléphoner, nous on capte rien sur les radars et effectivement il y a un phénomène visuel de la part de nombreuses personnes qui nous ont communiqué leur témoignage. Alors là on s'est dit bon ça va on n'est pas les seuls dans le coup et on va enfin pouvoir en parler. Parce que le lendemain quand on a commencé aussi à parler de ce que l'on avait vu le soir-même, eh bien effectivement il y a d'autres gens qui ont vu ce phénomène mais qui n'en parlaient pas non plus, parce que en parler à qui, comment ?


Reconstitutin boomerang

Commentateur : En France, c'est le SEPRA, Service d'expertise des phénomènes de rentrées atmosphériques, qui est officiellement chargé de répertorier les cas d'observations d'objets volants non identifiés, les ovnis.

Jean-Jacques Velasco : C'est vrai qu'on a beaucoup polémiqué au sujet de ces fameux événements du 5 novembre 1990. En fait, lorsqu'il s'est produit, il a été observé par, je dirais presque des dizaines de milliers d'observateurs. Nous avons recueilli de façon officielle de l'ordre de 250 procès-verbaux de gendarmerie et une vingtaine de témoignages de pilotes de l'armée de l'air et civils qui ont observé directement le phénomène, ainsi que deux documents, un document photographique et un document vidéo, qui nous ont permis de pouvoir valider le contenu de l'information. Certaines personnes ont cru discerner au travers de ces points lumineux triangulaires qui balayaient le ciel qu'il s'agissait d'un immense vaisseau, en fait il s'agissait simplement des débris d'un troisième étage de satellite, qui avaient la même vitesse et qui brûlaient dans l'atmosphère.

Commentateur : Cette rentrée se serait effectuée sur un axe Pau-Strasbourg.


Trajectoire Pau-Strasbourg

Commentateur : Mais des témoins maintiennent avoir vu une masse.

Un témoin : Quand ça a passé j'ai bien vu que c'était une masse parce que c'était noir, ça a caché les étoiles et les phares étaient allumés en dessous.

Commentateur : Selon l'observatoire de Munich, il se serait agi de l'explosion d'un météorite rentrant dans l'atmosphère.

Le responsable de cet observatoire : S'il s'agissait d'éléments avion type éléments de fusée retombant très bas, les deux centres de contrôle aérien de la région parisienne auraient eu des échos sur leurs radars, ils ont précisé qu'ils n'en avaient pas eu en même temps qu'ils avaient l'observation en visuel.

Commentateur : Pour l'ufologue Jean Sider, une double vérification auprès de l'armée américaine permet d'affirmer qu'il s'agissait de la rentrée d'un satellite, pas d'un troisième étage de fusée soviétique
[au sujet de cette contribution de Jean Sider au mythe voir ici toutes les explications]. Toujours est-il qu'on n'a retrouvé aucune trace au point de chute supposé.

Jean-Jacques Velasco : Oui, nous sommes sûrs qu'il s'agissait bien de la rentrée d'un troisième étage de satellite. Ce qui ne veut pas dire par ailleurs que parallèlement quelques personnes aient pu observer d'autres phénomènes, mais qui ne sont pas du tout en rapport avec l'événement que nous avons pu analyser.

Descy : À la hauteur où c'est passé là...

Davézé : Non c'est pas possible.

Descy : Si c'était à dix, quinze ou vingt kilomètres d'altitude ou même à cinq kilomètres d'altitude, j'aurais pas pu le zoomer et le prendre dans mon objectif complet, j'aurais pas pu le prendre en photo.

Davézé : En plus ce soir-là le ciel n'était pas clair, il y avait des nuages, donc si ç'avait été à haute altitude on l'aurait jamais vu, ç'aurait été au-dessus de la couche des nuages, donc ça n'a rien à voir avec tout ça.

Commentateur : Ce n'était déjà pas simple, mais l'affaire se complique : à cinq cents mètres du lieu où Alain Descy et Jacky Davézé ont vu leur ovni, un cultivateur labourait son champ.

Jean-Michel Guion : Ben vers sept heures sept heures et quart j'ai vu un gros appareil passer au-dessus du tracteur, au-dessus de moi là, et il était lumineux, il a fait un tour jusqu'à l'antenne, et il est revenu après il est repassé encore au-dessus de moi et il est reparti au-dessus du bois.

Commentateur : Et c'était comment, c'était triangulaire, ou long, un tube, ou...

Guion : Ovale un peu. Ovale.

Commentateur : Et ça faisait du bruit ?

Guion : Je ne sais pas parce que j'avais le tracteur, il était en marche.

Commentateur : Donc il s'est pas arrêté le tracteur ?

Guion : Non, pas du tout.

Commentateur : Et c'était haut ?

Guion : Pas trop... Pas trop, non.

Commentateur : Ça allait vite ?

Guion : Je sais pas moi, ça allait quoi, peut-être à vingt, trente à l'heure...

Commentateur : Pas plus ?

Guion : Ah non, ah non non, ça allait tout... Ah oui je le suivais bien hein...

Commentateur : Et c'était grand comment ?

Guion : Peut-être cinq... sept à dix mètres de long environ. Lumineux.

Commentateur : Beaucoup de lumières ou pas beaucoup ?

Guion : Oh il y avait pas mal de lumières autour.

Commentateur : Autour ?

Guion : Oui autour.

Commentateur : De couleurs différentes ou pas ?

Guion : Non. Non, non, elles étaient... Moi je les ai vues toutes de la même couleur, quand c'est qu'il a passé au-dessus de moi là.

Commentateur : Et tout ça ça a pris combien de temps à peu près ?

Guion : Oh au moins sept minutes facile... Ah oui comme il allait pas si vite donc... De cinq à sept minutes.

Commentateur :

Carte avec trajectoires

Commentateur : À l'évidence, la version officielle n'est pas confirmée par ces témoins qui ne cachent pas leur scepticisme, quant à la volonté des scientifiques de faire la lumière.

Notons d'abord que les négatifs des photos prises par M. Descy lui ont été restitués, comme lui-même me l'a confirmé par téléphone. Ils sont  «voilés », mais je n'ai pas pu savoir si ça voulait dire trop exposés ou trop peu... Le procès-verbal de gendarmerie précise :

Les « négatifs photographiques » que nous a remis Monsieur Descy lui ont été restitués. Monsieur Descy ayant photographié l'objet rapidement, ces négatifs se sont avérés inexploitables en raison de l'éloignement de l'engin. Aucun élément du relief ou de l'objet n'est perceptible sur ces négatifs voilés.

Je ne sais pas s'il y a là quelque chose d'anormal comme le pense Descy, et peut-être qu'il y aurait quelque chose à tirer malgré tout de ces négatifs s'il les retrouvait, en attendant on peut les oublier.

Nous avons donc à Villavard quatre observations différentes :

1) Alain Descy et Jacky Davézé ont observé vers 19 h 15 une sorte d'immense « boomerang » traversant le ciel d'ouest en est. Alain Descy, qui a déposé à la gendarmerie le lendemain de son observation, décrit l'engin comme muni d'un certain nombre de lumières : jaunes et blanches aux extrémités, une rouge clignotante au centre, et quatre traînées blanches assez courtes.

Cette description évoque bien la rentrée atmosphérique, qui dans cette région gardait encore une forme triangulaire assez large et portait un certain nombre de traînées.

La trajectoire, rectiligne, était à peu près celle de la rentrée, qui passait à une hauteur angulaire de 36°. L'envergure estimée par Descy à 200 à 300 mètrres pour une altitude de l'objet de 500 à 1000 mètres correspondrait à une trentaine de kilomètres à l'altitude de la rentrée atmosphérique, une dimension à peine exagérée. La vitesse était estimée à celle d'un avion de tourisme : la rentrée atmosphérique se déplaçant à 28 000 km/h à une altitude de 100 km, cela correspondrait à 140 à 280 km/h pour une altitude de 500 à 1000 m, c'est tout à fait celle d'un avion de tourisme. La durée de l'observation, estimée à une minute, est parfaitement représentative des observations de la rentrée atmosphérique.

Seule l'heure d'observation diffère d'un quart d'heure du passage de la rentrée, mais on ne sait pas si les témoins sont sûrs de cette heure... Dans sa déposition à la gendarmerie le lendemain de l'observation, Alain Descy indique « environ 19 h 15 », ce qui n'est pas particulièrement précis.

Bref tout porte à penser que ces témoins ont observé la rentrée atmosphérique qu'ils ont par ailleurs décrite très correctement.

Une explication à laquelle ils ne croient pas... Alain Descy s'en est expliqué dans une lettre qu'il a adressée « aux scientifiques » le 10 novembre 1990, soit seulement cinq jours après son observation, et qui a été reprise dans la presse :

Messieurs,

Que veut-on nous cacher ? Dès que les scientifiques ou spécialistes n'ont aucune explication, leur compte-rendu au journal télévisé ou bien dans la presse est des plus facile à expliquer : c'est un satellite soviétique, le deuxième étage paraît-il, se promenait à 120 kilomètres d'altitude. Ce qui explique le pourquoi : plusieurs personnes l'ont vu à des centaines de kilomètres différents à la même heure. Eh bien bravo ! Les opticiens n'ont plus qu'à mettre la clef sous la porte, car de nuit observer un étage circulaire, même en fusion, d'un diamètre qui est peut être au maximum de dix mètres et vingt-cinq m&etres de long à de telle distance relève d'une acuité visuelle extraordinaire. L'alimentation des personnes doit être uniquement de carottes et de myrtilles. Pour qui nous prend-on ! Quand en plein jour par temps très clair, nous avons du mal à apercevoir l'Angleterre des côtes françaises qui n'est qu'à 60 km. Je sais après tout, ce n'est qu'une toute petite île ! Nous sommes une dizaine de personnes, fermiers et cadres, ouvriers etc..., à pouvoir témoigner et affirmer des dires qui sont tout à fait différents ; ceux qui sont : c'était un vaisseau de forme d'un boomerang d'environ 250 à 300 m de diamètre avec un gros clignotant rouge sur l'avant et plusieurs projecteurs hyperpuissants de couleur, blanche et jaune aux extrémités des ailes et en son centre, ce vaisseau a fait un mouvement circulaire en se déplaçant sans bruit à la vitesse d'un petit avion de tourisme, son altitude était d'environ 300 à 500 mètres. Il arrivait en direction de Blois, a fait un virage autour de l'antenne relais du plateau de Villavard et reparti vers Blois. Il a été aperçu sur tous les angles ce qui explique qu'il ne pouvait se trouver à 120 km. Et oui messieurs les spécialistes, vous faut-il revoir votre géométrie ? Car à 120 km d'altitude, on ne peut apercevoir que le dessous du vaisseau même s'il était à 5 km de hauteur. Etant plusieurs témoins, et distants de 500 mètres à 2 km, nous n'aurions pu l'apercevoir sous toutes ses faces, et de plus rien à voir avec un cylindre en fusion.

Dans l'attente d'une information honnête, recevez, Messieurs les scientifiques, mes salutations.

P.S. : Les radars français n'ont rien détecté pourtant c'était paraît-il un satellite soviétique, mais ils ne doivent pas les construire en métal uniquement en PVC ce qui explique cela. J'oubliais ! Les Américains l'avaient détecté.


Encore un témoin à qui personne n'a expliqué que ce qui a été vu n'est pas l'étage de fusée entier, mais un ensemble de débris résultant de l'explosion de cet étage, et dont la luminosité totale approchait celle de la pleine lune... Si seulement le SEPRA avait fait son travail ! En dehors de cela, il est intéressant de faire la comparaison avec son témoignage à la gendarmerie quatre jours plus tôt... L'altitude estimée de l'objet a été divisée par deux entre-temps, passant de « 500 à 1000 mètres » à « 300 à 500 mètres », sans pour autant que l'envergure change... Et ça n'est qu'après quatre jours ! Et puis, cinq jours après son observation, Descy est déjà convaincu que l'objet qu'il a observé est le même que celui qui a été vu par M. Guion, lequel a contourné une antenne-relais...

Descy reprend l'argument de la taille de l'étage de fusée dans l'émission d'Arte en 1996... Sachant qu'il a entre-temps rencontré beaucoup de monde dans le milieu ufologique, on peut s'étonner (ou pas) que personne n'ait pu lui donner une explication au moins sur ce point élémentaire... C'est assez édifiant !

Davézé apporte pour sa part un autre argument : En plus ce soir-là le ciel n'était pas clair, il y avait des nuages, donc si ç'avait été à haute altitude on l'aurait jamais vu, ç'aurait été au-dessus de la couche des nuages... Mais Descy disait le lendemain de son observation : Aucun nuage n'était présent et la visibilité était bonne. Cela illustre bien la façon dont un témoin modifie ses souvenirs pour confirmer ses convictions !

Enfin, Descy indiquait dans son témoignage à la gendarmerie : Je précise que lorsque j'ai vu cet objet, le ciel était clair. Il y avait la pleine lune. Mais en fait la lune était presque pleine, mais ne se levait qu'à 19 h 25 à Villavard... Ça n'est certes qu'un détail, qui montre seulement que Descy a continué à regarder le ciel un certain temps après son observation.

2) Un peu au nord, vers 19 h 15 aussi, Madame Guion et sa mère ont eu leur attention attirée par « un fort grondement » et ont vu un objet sombre, ovale, portant au milieu un puissant feu rouge clignotant. L'engin, d'une longueur estimée à 15 mètres, se déplaçait très lentement vers le sud, à basse altitude. Il a été vu pendant environ une minute.

Cet objet-là n'était manifestement pas la rentrée atmosphérique... Était-ce pour autant une soucoupe volante ? Il me semble raisonnable de supposer qu'il s'agissait d'un hélicoptère, peut-être à la recherche d'éventuels débris de l'engin signalé peu de temps auparavant par des milliers de témoins et souvent assimilé à un avion prêt à se crasher...

3) L'époux de Mme Guion, cultivateur, se trouvait sur son tracteur en marche vers 19 h ou 19 h 15, quand il a vu arriver sur lui, venant du sud, « une masse sombre, ovale, portant plusieurs lumières fixes ou clignotantes (rouges, notamment) ». L'objet est passé à quelque 30 mètres du témoin, a effectué une boucle autour d'un relais de télévision à l'ouest, et s'est ensuite éloignée vers l'est. L'observation a duré environ deux minutes. M. Guion n'a entendu aucun bruit, mais il se trouvait dans la cabine de son tracteur en marche avec la radio allumée, si bien qu'il lui était difficile de discerner un bruit : M. Guion lui-même l'a confirmé dans son interview pour Arte.

La longueur de l'objet était estimée à 40 mètres dans la déposition à la gendarmerie (faite plus d'un moins après l'observation), mais seulement 7 à 10 mètres dans l'émission pour Arte (encore beaucoup plus tardive). Il est assez inhabituel qu'un témoin minimise ainsi avec le temps l'étrangeté de son observation.

Encore dans son témoignage pour Arte, Guion estime que l'objet se déplaçait à 20 à 30 km/h, et qu'il a suivi l'objet pendant environ sept minutes (ça corresond à une distance de l'ordre de 3 km, assez en accord avec la représentation de la trajectoire, environ 4 km)... Mais dans son témoignage à la gendarmerie la durée d'observation était estimée à seulement deux minutes, ce qui impliquerait une vitesse de l'ordre de 120 km/h.

Il reste maintenant à savoir à laquelle des deux autres observations on peut rattacher celle de M. Guion...Il me semble que sa description évoque celle de sa femme plutôt que celle des deux automobilistes... La grande différence étant qu'il a vu un certain nombre de lumières, mais il a vu l'objet (l'hélicoptère donc !) de plus près. 40 m c'est un peu gros pour un hélicoptère, mais 7 à 10 m c'est tout à fait courant, et une vitesse de 20 à 30 km/h est tout à fait banale pour un hélicoptère qui cherche quelque chose (120 c'et plutôt quand il ne cherche pas)...

Mais il va sans dire que l'enquêteur Olivier Rieffel et Joël Mesnard ont préféré associer l'observation de Guion à celle des deux automobilistes : ces derniers ont été promenés dans des conférences ufologiques, et le témoignage de M. Guion ne servait qu'à attribuer au gigantesque engin qu'ils avaient observé une trajectoire en boucle, comme tout boomerang qui se respecte !

4) On peut dire un mot du quatrième témoin à l'Epine aux Lièvres... Une masse sombre assez indistincte, vaguement « ovale », portant des lumières : il y avait de l'orange, et peut-être du rouge... Ça ressemble assez peu au « boomerang » des deux automobilistes, mais il y a bien des façons de percevoir un ensemble de lumières plus ou moins brillantes, et cette description évoque tout de même assez bien la rentrée atmosphérique... Reste l'heure d'observation, vers 18 h 30 ou au plus tard 18 h 45 d'après le témoin qui affirme être sûre d'elle parce que c'est l'heure à laquelle elle rentre ses dindons « en cette saison »... Mais ce qu'on aimerait savoir et qui n'est comme d'habitude pas dit, c'est quand son témoignage a été rapporté... Parce que d'une part après plusieurs semaines elle peut très bien avoir oublié qu'un événement particulier a retardé d'une demi-heure la rentrée des dindons, et d'autre part parce que les agriculteurs suivent souvent l'heure solaire et que l'observation ne se situait peut-être pas à la même « saison » que le témoignage...

On peut d'ailleurs s'amuser avec cette dernière hypothèse... Supposons que le 5 novembre, cette dame a rentré ses dindons à 19 h, ce qui lui a permis d'assister au passage de la rentrée atmosphérique... À villavard, c'était une heure et 33 minutes après le coucher du soleil... Cherchons maintenant avec un logiciel d'astronomie à quelle date le soleil se couchait une heure 33 minutes avant 18 h 30, heure à laquelle elle rentrait les dindons quand elle a été interrogée... Réponse : vers le 10 décembre... Je parierai donc, grâce aux dindons, que c'est à peu près à cette date qu'elle a été interrogée par l'enquêteur ! Ceci dit, je ne suis pas sûr de la précision de la méthode, ça serait mieux si les dates des enquêtes étaient indiquées dans Lumières dans la nuit !

Si l'on résume les observations à Villavard, nous avons des observations de la rentrée atmosphérique dont l'anomalie la plus importante est une erreur d'un quart d'heure sur l'heure d'observation, et des observations assez banales de ce qui semble être un hélicoptère, explorant sans doute le terrain un quart d'heure après que divers témoins ont signalé ce qui leur a paru être un crash d'avion.

Vert-le-Grand (Essonne) :

Immobile au bord d'une route.
Sans doute la rentrée atmosphérique, dont la description est très déformée par un témoin un peu effrayé ayant fait son observation dans de mauvaises conditions.

Dérouler

Ce cas a été exposé dans Lumières dans la nuit n° 303 :

5 novembre 1990, Vert-le-Grand (Essonne)

Trois kilomètres plus loin
[de Brétigny-sur-Orge], mais 10 ou 15 minutes plus tard, nous trouvons l'une des plus étranges observations de cette soirée, l'une de celles qui, plus nettement encore que rue de l'Orge à Brétigny, excluent toute possibilité d'explication par une rentrée atmosphérique.

Vers 19 h 15 ou 19 h 20, Mme Blandine Mariotte, venant de Bondoufle, roule sur la D 31, en direction de La Ferté-Alais. Lorsqu'elle arrive à la hauteur de Vert-le-Grand, elle remarque soudain qu'il y a beaucoup d'avions dans le ciel (ce qui n'est pas rare en cette région). Elle en voit notamment un qui porte un puissant phare blanc. Quelques secondes plus tard, alors qu'elle arrive dans la ligne droite, elle aperçoit des lueurs sur sa gauche, tourne la tête, et découvre, à une trentaine de mètres d'elle peut-être, une énorme masse sombre, de forme allongée, immobile au-dessus du champ qui borde la route. D'une extrémité de cette masse partent plusieurs faisceaux lumineux blancs (au moins trois) qui découpent des ronds dae lumière dans l'herbe du champ, à 5 ou 6 mètres du bord de la route. Une seule des sources de lumière est visible (les autres se trouvant probablement sur la face cachée de l'objet) : son diamètre est de l'ordre de 20 ou 30 cm, et la surface de l'objet, autour de cette source, a l'éclat de l'aluminium. Au sol, les ronds de lumière ont un peu moins de 1 m de diamètre.


Schéma de l'objet

Mme Mariotte ralentit, et poursuit sa route, à faible vitesse, vers le carrefour à cinq routes qui se trouve 300 m plus loin. Des voitures la croisent, d'autres la doublent, et elle se demande comment il peut se faire que les autres automobilistes, apparemment, ne remarquent rien. Du coin de l'oeil, sur sa gauche, elle continue à observer le phénomène, qui semble l'accompagner.

Carte des lieux

Lorsqu'elle arrive au carrefour, elle remarque une voiture arrêtée, et deux personnes (un homme et une femme), qui certainement observent le phénomène. Elle décide pourtant de ne pas s'arrêter, mais au contraire accélère, pour rentrer chez elle afin de ramener au plus vite son mari. C'est ce qu'elle fait, mais lorsqu'ils arrivent de nouveau sur les lieux, vers 19 h 40, la chose n'est plus là, et la voiture est repartie.

Il est à noter qu'une grosse ligne à haute tension longe la route, du côté où l'objet a été vu. Ce détail intrigue Mme Mariotte, qui se demande où était située la chose par rapport aux fils, et s'étonne de ne pas les avoir remarqués, entre elle et l'objet. Il est vrai que l'obscurité et le fait que le témoin connaît bien les lieux peuvent suffire à expliquer ce point.


Lorsque j'ai lu ce compte-rendu, j'ai aussi pensé que l'explication par la rentrée atmosphérique était cette fois exclue... Il y avait trop d'anomalies combinées : l'heure d'observation, la description, la trajectoire suivie et la direction d'observation étaient apparemment incompatibles avec ce phénomène... Je m'étais donc rabattu, en reconnaissant que c'était aussi très douteux, sur l'explication rationnelle suivante qui venait à l'esprit : un hélicoptère... Mais je pense maintenant que je m'étais trompé, et que Mme Mariotte a observé comme la grande majorité des témoins de cette soirée la rentrée atmosphérique ! En effet, c'est une mauvaise représentation du trajet suivi par le témoin et l'objet qui donne l'impression que la direction d'observation est incompatible avec ce phénomène : c'est en fait dans la ligne droite après le virage que l'objet a été suivi... En remettant les choses en place tout s'explique beaucoup mieux. Voyons sur ce schéma ce qui a pu se produire :

Carte avec direction de la rentrée et déplacement du témoin

Les lignes rouges indiquent la direction et la distance apparente de la rentrée atmosphérique au cours du trajet du témoin.

Lorsque Mme Mariotte passe sur le pont de l'intersection, son horizon est dégagé et elle peut voir la rentrée atmosphérique au loin, qu'elle prend pour un groupe d'avions dont un muni d'un phare très lumineux. En supposant que cette observation a lieu à 18 h 58' 50", sans doute un peu après l'explosion de l'étage de fusée, celui-ci se trouve à une hauteur sur l'horizon de 6°. Peu après l'intersection, des immeubles et de la végétation masquent l'objet qu'elle n'a pas eu le temps de détailler.

C'est vers 18 h 59' 15", pour une vitesse raisonnable de 75 km/h, que la rentrée est à nouveau visible, surgissant à gauche d'un bosquet (en vert) au début d'un virage. Elle s'est un peu approchée, et sa hauteur sur l'horizon est de 8°. Les traînées lumineuses qui accompagnent l'objet semblent dirigées en biais vers le sol, et Mme Mariotte croit qu'il s'agit de projecteurs... Elle ralentit à la vitesse de 40 km/h.

Lorsqu'elle aborde la ligne droite, l'objet qu'elle croit proche du bord gauche de la route semble l'accompagner dans son déplacement, illusion classique losqu'on prend un objet lointain, tel que la lune, pour un objet proche... Du fait de son déplacement propre, il semble juste se déplacer un peu moins vite que son véhicule, et est visible de plus en plus vers l'arrière, semble de plus en plus proche, sa dimension apparente et sa hauteur sur l'horizon augmentant..

Lorsque le phénomène passe au plus près, à 19 h 00' 35" et à 29° de hauteur sur l'horizon, il se trouve juste à gauche de Mme Mariotte qui, occupée à surveiller la route, ne remarque pas que les « projecteurs » sont maintenant horizontaux.

Mme Mariotte a l'opportunité de voir une dernière fois le phénomène à sa gauche lorsqu'elle quitte le carrefour, à 19 h 01' 25"... Elle décide alors d'accélérer pour aller chercher son mari, et lorsqu'elle prend la direction de la Ferté-Alais elle ne peut plus voir la rentrée qui se trouve pratiquement dans son dos.

Cette reconstitution suppose bien sûr un certain nombre d'erreurs de jugement de la part de Mme Mariotte.

D'abord, l'objet lui serait passé complètement devant à l'entrée du virage, ce qu'elle ne mentionne pas... Peut-être parce que le virage passé il s'est trouvé sur sa gauche, et qu'elle le supposait dans tous les cas à gauche de la route. On peut aussi imaginer qu'un nuage l'aurait masqué momentanément.

Une autre difficulté est l'heure de l'observation, qu'elle situe vers 19 h 15 ou 19 h 20... Mais on peut se demander si ça n'est pas l'heure de son retour avec son mari, 19 h 40, qui est la plus fiable... La Ferté-Alais se trouve à 12 km du carrefour. Soit 24 km en comptant le retour, sur une départementale qui traverse plusieurs villages, il semble difficile de les faire en moins de 30 minutes... C'est d'ailleurs ce que nous disent les logiciels de cartographie : 15' l'aller pour Mappy, 16' pour ViaMichelin et 19' pour Google Maps, soit entre 30 et 38 minutes l'aller-retour sans s'arrêter. Si l'on ajoute le temps de garer sa voiture, de rentrer chez elle, de persuader son mari de l'accompagner, d'attendre qu'il s'habille, un total de 40 minutes paraît bien plus raisonnable que les 20 ou 25 supposés par Mesnard.

Mais c'est surtout la description de l'objet qui semble assez difficile à concilier avec la rentrée atmosphérique.

Voici à quoi devait ressembler la rentrée atmosphérique en approche :

Rentrée en approche vue en RP

À comparer au dessin fait d'après la description de Mme Mariotte :

Dessin d'après témoignage

Il y a des similitudes évidentes, mais aussi de grandes différences. Le fait que Mme Mariotte ait pris l'avant pour l'arrière n'est pas surprenant dans le cas d'un phénomène lointain dont le déplacement angulaire était faible. C'est la même chose lorsque vous voyez la lune vous accompagner.

La « forme noire » n'a pas de quoi nous étonner non plus, et le fait qu'elle ne distingue pas la forme à l'arrière indique bien que cette forme est devinée plus qu'elle n'est vue... Mais l'étonnant est que Mme Mariotte ne mentionne pas d'autres lumières que les faisceaux lumineux.

Et enfin, le fait que ces faisceaux étaient vus presque verticaux, alors qu'ils devaient être inclinés d'une cinquantaine de degrés au début, et plus encore à la fin de son observation. Et le fait qu'ils auraient « découpé des ronds de lumière dans le champ ».

Mon interprétation suppose donc un certain nombre d'erreurs de perception, ou de mémoire... Et ici, même si la date du témoignage n'est pas précisée, on sait qu'il s'agit d'un des premiers cas sur lesquels Joël Mesnard a enquêté, ça devait donc être quelques jours après l'observation. Mais il faut rappeler qu'il s'agit d'un des témoignages les plus difficiles à expliquer par la rentrée atmosphérique, sur une sélection de plus de 400... Des témoins peu fiables, cela existe, et il y en a nécessairement quelques-uns sur un tel nombre. Et Mme Mariotte avait quelques excuses : elle a fait son observation en roulant sur une route apparemment assez fréquentée puisqu'elle dit avoir été croisée et doublée par un certain nombre d'automobiles, et elle était manifestement quelque peu inquiète pour avoir préféré s'éloigner et aller chercher son mari plutôt que s'arrêter pour mieux observer le phénomène. Le fait qu'elle ne soit pas sûre par exemple du nombre de faiscaux montre bien qu'elle n'a pas cherché à vraiment mémoriser son observation.

Mais il y a tout de même beaucoup d'éléments qui collent avec la rentrée, nous avons vu que la différence d'horaire paraît douteuse, et il y a les autres témoins arrêtés au bord de la route, ou tous les témoins potentiels passant dans leur automobile, il est curieux qu'aucun ne se soit manifesté en ayant observé quelque chose d'aussi extraordinaire que ne le dit Mme Mariotte.

Je garderai un léger doute au sujet de ce cas... Mais quoi qu'il en soit, un cas ne fait pas une vague !


Que reste-t-il donc des six « cas béton » initialement sélectionnés par Joël Mesnard parmi les centaines dont il avait connaissance ?

Trois cas (Colmar, Neuilly-sur-Marne et Gretz-Armainvilliers) qui décrivent à l'évidence la rentrée atmosphérique et rien d'autre, un cas (Villavard) associant plusieurs observations dont la plus spectaculaire s'explique encore par la rentrée atmosphérique et les autres sans doute par des engins bien terrestres, un cas (Bruxelles) dont les détails étranges ont sans doute été inventés, et un cas enfin (Vert-le-Grand) plus problématique mais qui pourrait correspondre à la petite frange d'observations très déformées de la rentrée atmosphérique...

Et nous avons vu, et verrons encore, que la trentaine de cas que Mesnard a rajoutés à sa sélection ne valent pas mieux !

L'ufologie en crise, à qui la faute ?

Passons rapidement sur les remarques de Mesnard concernant l'ufologie qui aurait été « décimée » par une « action en profondeur » d'une vaste conspiration de sceptiques ayant « des moyens incomparablement supérieurs aux nôtres »... C'est vrai que l'ufologie a été largement décrédibilisée, mais il suffit de lire la teneur des « enquêtes » proposées par Joël Mesnard dans ce dossier pour comprendre pourquoi ! Si les seuls à être capables de faire des enquêtes sérieuses, en général sans plus de moyens que les « croyants », sont des sceptiques purs et durs, à qui la faute ? Comment peut-on prendre au sérieux une « discipline » dans laquelle on ne sait pas faire la différence entre la rentrée d'un étage de fusée et une fantastique vague d'ovnis ?

Vergt-de-Biron (Dordogne) :

Objet complexe, épais ; face inférieure concave, grise, portant comme des plaques métalliques ; long tube lumineux cylindrique accroché à une sorte de « derrick inversé ».
Une bonne description de la rentrée, hormis des « structures » vues par un seul des deux témoins.

Dérouler

Joël Mesnard ne rappelle pratiquement aucun détail sur ce cas, en dehors de la légende sur la carte recopiée ci-dessus, et se contente de critiquer Franck Marie qui, dans son livre OVNI Contact, ne connaissant pas le lieu exact des observations, a choisi un village au hasard dans la Dordogne, à savoir Saint-Cernin de l'Hern...

Relisons donc les témoignages tels qu'ils étaient exposés dans LDLN n° 310. Les noms des témoins n'y étaient pas mentionnés, de même que le nom du village, par souci d'anomymat, mais comme le remarque Joël Mesnard ils figuraient dans un article de presse : il s'agit du maire de Vergt-de-Biron Jean-Pierre Fleurat et du conseiller général de Monpazier Marc Mattera ; je les ai replacés dans le texte :

Vers 19 h, dans le sud de la Dordogne

Voici maintenant, un peu plus au sud (entre Bergerac et Cahors) un double témoignage, qui est assez extraordinaire. C'est M. Pierre Bosc qui a réalisé l'enquête.

Les témoins, qui souhaitent rester anonymes, et que nous appellerons MM. A. et B. se trouvaient dans une localité du département, de la Dordogne, située à une vingtaine de kilomètres de Villefranche-de-Périgord. Le ciel était clair, les étoiles visibles. Il n'y avait pas de vent, mais il faisait froid.

Témoignage de M. Mattera :

« Je conversais avec M. Fleurat devant son habitation, assis dans ma voiture dont le moteur tournait.

« Soudain M. Fleurat attire mon attention sur une formation lumineuse en provenance de la direction 266° ouest. C'est d'abord une ligne de lumières blanches, quelques-unes jaunes, dont l'intensité lumineuse fluctue. Cette formation progresse en silence, à basse altitude, semble-t-il, sans qu'il me soit possible d'apporter plus de précisions. L'apparence de cette formation prend, au fur et à mesure qu'elle avance, la forme d'un triangle aux coins arrondis, dont les côtés portent des lumières blanches et jaunes, d'intensité variable les unes par rapport aux autres. L'intérieur de ce triangle est opaque, puisqu'il cache les étoiles, qui restent cependant visibles tout autour de la formation lumineuse.


Phases 1 à 6 : objet en approche
La forme de l'ovni se précise, au fur et à mesure qu'il se rapproche : on ne voit d'abord que des lumières en ligne droite, puis elles forment une courbe de plus en plus prononcée. Le dessous, opaque, masque les étoiles.

« Voulant m'assurer d'un bruit éventuel, je coupe le contact de ma voiture : silence ! La chose évolue à si basse altitude que, persuadé qu'elle va s'écraser non loin de là, en direction 80° est, je reprends le volant, non sans avoir remarqué, à l'arrière de l'engin, un rayon lumineux situé légèrement à droite du milieu du côté. Ce rayon lumineux présente le caractère remarquable suivant : sa lumière ne diffuse pas sur les côtés. Elle est nette, comme coupée à son extrémité, où elle a le même diamètre qu'à sa source.

« Peut-on la comparer à un « tube lumineux », à un tube néon ? »


Phase 7 : vue de l'arrière
L'ovni vient de passer, presque à la verticale des témoins, et s'éloigne. Des lumières sont visibles sur les côtés. À l'arrière, légèrement décalé sur la droite, on voit un impressionnant tube de « lumière non diffuse », dont le diamètre est le même aux deux extrémités.

Prié d'estimer la taille de la formation lumineuse lorsqu'elle était au plus près, M. Mattera tend les bras, et tient ainsi les mains écartées à 50 cm l'une de l'autre. Quant à la durée de l'observation, il l'évalue à 15 secondes.

Témoignage de M. Fleurat :


« Je conversais avec M. Mattera, qui était assis au volant de sa voiture, dont le moteur tournait au ralenti. J'étais appuyé contre la portière ouverte, lorsque mon attention fut soudain attirée par le spectacle suivant : à l'horizon, en direction 266° ouest, venait d'apparaître, se dirigeant vers nous, une ligne de lumières disposées horizontalement.

« — Tiens, dis-je à M. Mattera, voilà l'armée qui fait des manoeuvres!

« M. Mattera sortit de sa voiture, et ensemble, nous pûmes assister à la scène suivante :

« Les lumières, d'abord disposées horizontalement selon une ligne droite, l'étaient maintenant (et de plus en plus au fur et à mesure qu'elles s'approchaient) selon une ligne courbe. À l'instant où elles passèrent à notre hauteur, presque au-dessus de nous, elles délimitaient une forme énorme, arrondie à l'avant.

« Déjà, voyant la direction que prenait ce phénomène (qui passait à si basse altitude qu'il semblait devoir s'écraser à quelque distance de là), M. Mattera était remonté dans sa voiture, et avait démarré à toute allure sur la route menant à son domicile.

« Resté seul, je continuai à observer le phénomène. Le dessous de la chose était gris, concave, me sembla-t-il, et à la lueur diffuse de quelque source lumineuse, je crus distinguer des plaques métalliques.

« Le plus étonnant était, à la partie inférieure, une armature métallique située sous la chose, et qui me fit immédiatement, de par son apparence, évoquer un derrick. Du bas de cet assemblage, dirigé vers l'arrière, émanait un « tube » de lumière rose-orangé, très intense, lumière nette qui ne diffusait pas, et gardait, jusqu'à son extrémité, le même diamètre. Grâce à elle, je pouvais distinguer les pieds de vigne, et tous les éléments de la nature, dans le champ voisin.


Vues de face et de profil

« La chose, qui maintenant s'éloignait et devait disparaître à l'horizon opposé (80° est) ne présentait pas de lumières à l'arrière comme elle en possédait à l'avant. Seules étaient encore visibles les lumières des côtés, ainsi que celles du dessous, et surtout, continuait à me fasciner cet étrange tube de lumière parfaitement net et cylindrique.

« J'estime la durée de mon observation à 1 minute et quelque 5 secondes. Quant aux dimensions de la chose, elles étaient énormes : si elle était tombée, elle aurait recouvert en largeur l'ensemble des bâtiments qui figurent sur la photo. L'évolution de « la chose » était accompagnée d'un bruit comparable à celui d'un vol de palombes : un froufroutement, un déplacement d'air léger. »

Commentaire de l'enquêteur

Quelques légères différences existent entre les témoignages de MM. Mattera et Fleurat.
  1. M. Fleurat a assité à l'évolution du phénomène, du début jusqu'à la fin, alors que M. Mattera ne l'a observé que du moment 4 au moment 6.
  2. M. Fleurat a ainsi pu noter, aux moments 5 et 6, la couleur grise du dessous de l'ovni, alors que l'autre témoin ne peut apporter de précisions à ce sujet. Même chose pour l'assemblage de plaques métalliques que M. Fleurat a cru distinguer.
  3. Pour M. Mattera, le « tube de lumière » émanait de la tranche arrière de l'ovni, tandis que pour M. Fleurat, il partait du bas d'une structure métallique rappelant un derrick.
  4. M. Fleurat est catégorique quant à ce qu'il a cru distinguer au-dessous de l'ovni, à savoir la couleur grise et l'assemblage de plaques, mais il ne peut préciser l'emplacement des sources lumineuses qui lui ont permis cette observation.
  5. Les deux témoins s'accordent pour attribuer une taille gigantesque à l'ovni.
  6. Cet ovni évoluait à basse altitude, puisqu'il a permis à M. Fleurat de distinguer structure et plaques assemblées d'apparence métallique.
Ce détail est très troublant. En effet, une enquête actuellement en cours concerne deux autres témoins (que nous appellerons MM. C. et D.) qui le même jour, à la même heure, ont assisté à un phénomène absolument semblable quant aux détails relatés, à savoir : dimensions énormes, couleur du dessous : grise, et surtout, assemblage de plaques métalliques.

MM. Mattera et Fleurat d'une part, C. et D. d'autre part, étaient séparés au même moment par une distance de 29 km en ligne droite.


Note : ce deuxième cas similaire est celui de Pescadoires, examiné juste après celui-ci.

Il y a encore tout lieu de penser que ces observations se rapportent à la rentrée atmosphérique... Comme d'habitude Mesnard n'indique pas quand les témoins ont été interrogés, la revue étant parue en mai 1992 ça peut être plus d'un an après l'observation, un délai largement suffisant pour que les souvenirs soient quelque peu « embellis », mais en l'occurrence les détails anormaux sont assez mineurs...

Les témoins indiquent un azimut précis de 266° (plein ouest) pour l'origine du phénomène, signifiant sans doute qu'ils ont pu l'estimer avec un repère précis, et la rentrée atmosphérique se trouvait bien dans cette direction à 18 h 59, à une hauteur de 14° sur l'horizon... Par contre, elle a disparu à un azimut d'environ 50°, et non 80 comme l'indiquent les témoins ; l'erreur est minime et cette fois le chiffre rond indique sans doute une estimation... La durée d'observation a dû être de l'ordre de deux minutes, près du double de l'estimation de Monsieur Fleurat, ça reste encore raisonnable. Enfin, le phénomène serait passé « presque au-dessus » des témoins d'après M. Fleurat, alors que la rentrée ne dépassait pas 32° de hauteur sur l'horizon lorsqu'elle passait au plus près, mais il s'agit encore d'une exagération très habituelle, et l'objet passait en tout cas dans le bon sens de la gauche vers la droite... Il était vu du reste de profil (et même d'en haut !) plutôt que de dessous si l'on en croit le dessin fait par l'enquêteur Pierre Bosc d'après le témoignage de M. Fleurat.

La description serait aussi très représentative de la rentrée atmosphérique s'il n'y avait la forte impression d'une « structure », mais elle ne semble pas vraiment sûre : M. Mattera n'a pas distingué de forme ni de couleur à la « plate-forme », il indique juste que les étoiles étaient masquées au passage de l'objet mais on sait qu'il s'agit là d'une illusion tout à fait courante pour la vision nocturne... C'est encore Monsieur Fleurat qui précise : « Le dessous de la chose était gris, concave me sembla-t-il, et à la lueur diffuse de quelque source lumineuse, je crus distinguer des plaques métalliques. »

« Me sembla-t-il », « je crus distinguer », autant d'expressions qui jettent un doute sur la réalité de ces « structures » et que Mesnard omet bien entendu dans le résumé de l'observation ! L'enquêteur Pierre Bosc nous gratifie quant à lui d'un savoureux commentaire : « M. Fleurat est catégorique quant à ce qu'il a cru distinguer » !

Et c'est bien sûr toujours M. Fleurat qui a vu une structure métallique en forme de « derrick inversé » à l'origine du « tube de lumière » parfaitement représentatif de la rentrée... M. Matterra a été tout aussi intrigué par le tube de lumière qu'il décrit parfaitement, il a vu l'objet alors qu'il passait au plus près, mais il n'a vu aucune structure...

Bref il me semble clair que ces « structures », seuls détails qui semblent écarter l'explication par la rentrée atmosphérique, sont illusoires, et qu'un des deux témoins est juste un peu plus imaginatif que l'autre : c'est lui qui a vu les structures, qui a vu l'objet « presque à leur verticale » tout en le dessinant de profil-haut, lui encore qui a entendu un léger bruit...

Pescadoires (Lot) :

Le dessous de cette forme, couleur gris acier, est comme constitué d'un assemblage de tôles (cas non retenu par Joël Mesnard).
Un clone du cas précédent, dans la même région et par le même enquêteur... Bizarre, mais il est clair que dans les deux cas c'est la rentrée qui a été observée.

Dérouler

Un cas très similaire au précédent, enquêté également par Pierre Bosc... Contrairement à celui de Vergt-de-Biron il ne figurait pas dans le numéro 310, ce qui indique vraisemblablement que les témoignages datent d'après la parution de cette revue en mai 1992, et probablement de bien plus longtemps encore bien que comme d'habitude ça ne soit pas indiqué !

Nous avons ici encore deux témoins, situés dans la même région que ceux de Vergt-de-Biron, et qui décrivent très certainement la rentrée atmosphérique : un ensemble de lumières blanches délimitant une forme ovale, accompagnées par deux faisceaux lumineux cylindriques ; la trajectoire suivie est celle de la rentrée, la distance au plus près est estimée à 1 km pour une altitude de 200 m au-dessus de la crête des collines soit quelque 350 m plus haut que les témoins, ça correspondrait à un angle d'une vingtaine de degrés au-dessus de l'horizon, très proche de celui de la rentrée (28°) et dans la même direction... La taille, estimée à celle d'un terrain de football (environ 100 mètres de longueur) correspond assez bien pour cette distance aux dimensions apparentes de la rentrée (de l'ordre de 50 km de longueur pour une distance de 200 km). La durée estimée à une minute est assez vraisemblable...

Bref tout colle, les seules anomalies sont qu'un des témoins voit que « le dessous de cette forme, couleur gris acier, est comme constitué d'un assemblable de tôles » et perçoit lors du passage au plus près « un bruit très léger, semblable à un souffle, à un déplacement d'air. »

Devant la similitude de la description avec celle du témoin de Vergt-de-Biron (cas précédent) pour qui le dessous de la chose était gris, concave, me sembla-t-il, et à la lueur diffuse de quelque source lumineuse, je crus distinguer des plaques métalliques et qui a entendu un bruit comparable à celui d'un vol de palombes : un froufroutement, un déplacement d'air léger, on se demanderait presque si le témoin n'aurait pas été un peu influencé, soit par un article de presse décrivant le témoignage de Vergt-de-Biron, soit par l'enquêteur... Ceci dit, il est très possible aussi que ces similitudes relèvent de la coïncidence, et que l'impression d'une « forme grise » que l'on retrouve dans plusieurs témoignages de la région soit dû à l'aspect particulier de la rentrée à ce niveau de la trajectoire, en raison de traînées évoquant de la fumée plutôt que les traînées lumineuses d'air ionisé qui seront seules visibles plus loin.

Quoi qu'il en soit, tout comme dans le cas de Vergt-de-Biron, le deuxième témoin semble n'avoir vu aucun détail curieux (je dis semble parce que son témoignage, on ne le cite bien entendu pas beaucoup !)


Joël Mesnard rapproche aussi ces deux cas de celui de l'autoroute près de Bayonne, remarquant que « curieusement, la forme décrite à Vergt-de-Biron est intermédiaire entre le triangle de la A 63 et la forme ovale de Pescadoires ! », mais on peut faire toutes sortes de rapprochements factices surtout lorsqu'on proivilégie pour chaque cas le témoignage qui convient le mieux !

En fait les similitudes entres ces trois cas résultent simplement du fait qu'ils décrivent la même rentrée atmosphérique vue à peu près dans les mêmes conditions, et les dissemblances sont dans la moyenne qu'on observe chez les groupes de témoins d'un même phénomène.

Rubrique « réactions »

C'est le titre donné au complément paru dans lenuméro 361.

LDLN n°361 :

Dans ce numéro, Joël Mesnard commence par nous parler des observations à l'étranger : La presse des jours qui ont suivi le 5 novembre signale de telles observations, notamment dans le Sud de l'Angleterre, en Allemagne, en Suisse et en ltalie, mais sans fournir de précisions. Il y en aurait eu également dans le Sud de la Pologne, et la presse espagnole a parlé d'observations jusqu'en Autriche et en Yougoslavie. Toutefois, nous n'avons jamais eu la chance de recueillir beaucoup de données précises concernant ce qui a été vu dans ces pays. En fait, nous (LDLN) ne connaissons guère (et assez superficiellement) que trois cas hors de France ce soir-là : deux en Allemagne et un en Suisse.

Curieusement, Mesnard oublie un pays dans lequel un certain nombre de cas ont été connus et convenablement étudiés grâce à la présence d'une association très connue : la Belgique, où la SOBEPS (Société belge d'étude des phénomènes spatiaux), « boostée » depuis plus d'un an par une vague d'ovnis d'ampleur exceptionnelle, a reçu plus de 170 témoignages relatifs à cette soirée... 74 d'entre eux ont fait l'objet d'une étude détaillée parue en mai 1998 : Phénomènes spatiaux numéro 96, un numéro de 72 pages entièrement consacré à la vague du 5 novembre 90, avec pour compléter l'étude de la SOBEPS un article de Jean-Jacques Velasco (Revenir au 5 novembre 90) et pour la partie « croyants » un de Jean Sider (Autopsie d'un phénomène polymorphe et ubiquiste).

Et si la SOBEPS est ainsi « oubliée » par Mesnard, c'est parce qu'elle a conclu que la « vague » du 5 novembre 1990 s'expliquait, au moins pour la grande majorité des cas, par la rentrée atmosphérique ! Les témoignages enregistrés décrivent dans l'ensemble assez bien le phénomène, et l'étude statistique démontre sans aucun doute possible que la majorité des témoignages se rapportent à la rentrée.

Oublions donc ces plus de 70 cas étudiés par la SOBEPS qui concernent de façon évidente la rentrée atmosphérique, et intéressons-nous donc aux trois cas à l'étranger connus « assez superficiellement » par Joël Mesnard, les seuls qui comptent à ses yeux !

Kelkheim (Allemagne) :

Un objet opaque, de forme triangulaire, vu entre 17 h 25 et 17 h 30.
Sûrement pas la rentrée, plus vraisemblablement un avion un peu étrange.
Dérouler

Joël Mesnard décidera à la fin de son dossier d'admettre ce cas parmi sa sélection de preuves qu'il y a eu autre chose qu'une rentrée atmosphérique... Et si l'on s'en tient à cette stricte définition il a sûrement raison : l'objet observé n'a certainement rien à voir avec la rentrée atmosphérique qui passait une heure et demie plus tard... et qui était autrement plus spectaculaire !

Voici le croquis de l'objet observé, tel qu'il est représenté dans le livre Interdisciplinary UFO Research édité en 1993 par le MUFON-CES :

Triangle noir

La longueur apparente de l'objet est estimée à un quart de degrés, soit la moitié du diamètre de la lune... Rappelons que la rentrée atmosphérique apparaissait généralement sous un angle de vingt ou trente degrés, soit une centaine de fois plus, ça n'a effectivement rien de comparable !

Le livre cité en référence est un livre de spéculations scientifiques autour des ovnis (je ne l'ai pas lu, mais ça ne semble pas manquer d'intérêt), et cite le cas simplement à titre d'illustration sans que la moindre enquête ait été effectuée... On ne sait rien de la date du témoignage, on nous dit qu'il y avait deux témoins mais on ne sait pas qui a témoigné et fait le croquis...

Bref cette observation n'a rien à voir avec la rentrée atmosphérique, mais en l'état elle présente des niveaux de crédibilité aussi bien que d'étrangeté à peu près nuls... Un « objet opaque triangulaire » ça peut évoquer une multitude d'avions, il n'y a rien dans le déplacement de l'objet qui présente une quelconque anomalie, le seul détail curieux serait le nombre de réacteurs, huit sur le schéma, mais vu la faible dimension angulaire de l'objet et l'absence de toute indication de la part des témoins on ne sait pas quelle confiance on peut accorder à ce détail.

Notons qu'un avion qui évoquerait assez le schéma serait le prototype XB-70 Valkyrie, qui a volé de 1965 à 1969 :

Avion delta avec six réacteurs

Un avion qui bien sûr ne vole plus depuis longtemps, abandonné après que son deuxième exemplaire a été victime d'un accident lors de sa présentation publique, mais qui aurait pu influencer des témoins passionnés d'avions secrets...

Quoi qu'il en soit, cette observation n'apporte rien, et on a l'impression que Mesnard veut juste montrer qu'à LDLN on lit des livres d'ufologie très pointus écrits par des physiciens !

Autoroute entre Halle et Leipzig (Allemagne) :

Un groupe de boules de feu, de couleur orange, laissant derrière elles des traînées très longues et fines (cas non retenu par Joël Mesnard).
Un seul détail étrange dans cette bonne description de la rentrée.

Dérouler

Ce second cas allemand se rapporte par contre très certainement à la rentrée atmosphérique. Le témoin se trouvait à quelque 200 km au nord de la trajectoire de la rentrée, il a vu l'objet passer de sa droite vers sa gauche, donc se dirigeant vers l'est, et pas très haut sur l'horizon puisque visible à travers le pare-brise en conduisant, la description évoque bigrement la rentrée...

Objet vu dans le pare-brise

Seul détail anormal : une des traînées n'était pas parallèle aux autres... Ça n'est pas très convaincant pour une observation faite en conduisant, l'impression peut avoir été faite par deux traînées en partie confondues... Mais en fait, on sait qu'à ce niveau de la trajectoire seule une longue traînée était vraiment visible, on peut donc plutôt penser que celles des autres points lumineux relevaient de la persistance rétinienne, et il n'est alors pas surprenant qu'elles n'aient pas eu la même orientation que la seule traînée réelle.

Morges (Suisse) :

Les éléments dont nous disposons sont non seulement imprécis, mais même contradictoires sur l'essentiel (cas non retenu par Joël Mesnard).
Exemple parfait de la déformation d'un témoignage au cours du temps, il y en a bien d'autres que Mesnard ne veut pas voir !

Dérouler

La façon dont Mesnard présente ce cas est intéressante : Le cas suisse est le moins bien documenté des trois : les éléments dont nous disposons sont non seulement imprécis, mais même contradictoires sur l'essentiel : les données géométriques concernant la trajectoire apparente.

En réalité, il apparaît que tout au contraire ce cas est largement le plus documenté et précis des trois ! Il y a même eu une enquête avec reconstitution, que faut-il donc à Mesnard ?

Le seul problème donc, c'est que cette enquête menée en 1992, deux ans après l'observation, est totalement contradictoire avec la description initiale d'un témoin : comme le remarque Mesnard, cette première description d'un objet qui se dirigeait de gauche à droite, dans une direction semblant parallèle au sens de déplacement de la voiture, de l'ouest-sud-ouest à l'est-nord-est, est compatible avec la rentrée atmosphérique, et la description de l'objet, trois points lumineux plus une « queue » lumineuse cylindrique, évoque parfaitement ce phénomène...

Mais dans la reconstitution deux ans après l'observation, l'objet est dessiné dans la direction opposée, de la droite vers la gauche, et la trajectoire serait plutôt sud-est/nord-ouest, totalement incompatible avec celle de la rentrée.

Cela montre simplement à quel point on doit se méfier des témoignages recueillis plusieurs années après l'observation, même pour des données aussi élémentaires que le sens de déplacement ! Et justement nous avons vu parmi les « plus de trente exemples flagrants » de Mesnard qu'il y avait un certain nombre de témoignages tardifs dont les détails « anormaux » étaient contredits de la même manière par les dépositions initiales des témoins (soit des rapports de gendarmerie, soit dans des courriers adressés à une autre source que LDLN). La seule différence, c'est que cette fois, Mesnard daigne prendre en compte ce témoignage initial, au lieu de se fier aux déclarations dans l'enquête tardive !


La rentrée du 18 juillet 1967

Mesnard commente ensuite une lettre reçue d'un lecteur évoquant une observation étonnante liée à une autre « vague » expliquée par une rentrée atmosphérique, en 1967.

Il s'agit de la rentrée du troisième étage de la fusée ayant lancé le satellite Cosmos 1969, qui a eu lieu dans la nuit du 17 au 18 juillet 1967 à 1 h 15, traversant la France de l'ouest-nord-ouest à l'est-sud-est.

Le cas a notamment fait l'objet d'une étude très complète dans Phénomènes Spatiaux n° 15 (1er trimestre 1968), où une centaine d'observations ont été reportées sur une carte... Il apparaît évident que la grande majorité des observations concernent la rentrée atmosphérique, et si l'auteur de l'article émet quelques doutes sur certains cas ils reflètent surtout son manque de connaissances en la matière : il trouve en particulier anormal que le phénomène se présente sous la forme d'un ensemble de lumières gardant sensiblement les mêmes positions relatives et espacées par des distances angulaires considérables, alors qu'il s'agit là d'un caractère tout à fait typique des rentrées atmosphériques.

On y apprend aussi que le directeur de l'observatoire de Meudon qui a fait l'annonce « officielle » de l'identification du phénomène avait été soupçonné par certains ufologues d'alors d'avoir obéi à des consignes... Décidément rien de nouveau sous le soleil !

Joël Mesnard écrit à propos de ce phénomène :

Les événements de cette nuit du 18 juillet 1967 présentent, c'est évident, une ressemblance profonde avec ceux du 5 novembre 1990. On retrouve, par exemple, le léger étalement de la vague dans le temps : au Buisson-de-Cadouin, le phénomène a été observé à exactement 2 h du matin, trois quarts d'heure après les autres apparitions. Et d'autres ont été signalées nettement avant 1 h 15 ! Tout cela suggère évidemment la manifestation d'une intelligence ayant non seulement le désir de se montrer en se faisant passer pour autre chose, en semant la confusion, mais ayant également la connaissance préalable du fait que la rentrée allait avoir lieu. Cette idée, bien qu'elle découle très directement de témoignages nombreux, précis, convergents, donc parfaitement respectables, ne séduit pas tout le monde, comme on a pu le constater après la parution de notre numéro 306.

Il semble donc qu'il y ait des personnes sensées parmi leslecteurs de LDLN ! Il y a effectivement une ressemblance profonde entre les événements du 18 juillet 1967 et ceux du 5 novembre 1990, c'est qu'ils s'expliquent par une rentrée atmosphérique et qu'ils ont été largement médiatisés... On retrouve dans les deux cas une grande majorité d'observations décrivant très convenablement la rentrée, quelques rapports concernant aussi très vraisemblablement à la rentrée mais dont la description est assez déformée, et quelques cas se rapportant sans doute à autre chose mais qui n'est pas forcément très mystérieux.

Pour cette « vague » de 1967, Joël Mesnard retient dans ce numéro 306 de LDLN consacré au « parasitage des rentrées atmosphériques » huit cas qui lui semblent exclure totalement l'explications par une rentrée... Mais là encore, il faut tenir compte du fait que ces huit cas sont sélectionnés parmi une bonne centaine d'autres, et représentent vraisemblablement la marge de témoignages peu fiables, quand ce ne sont pas les enquêteurs qui montent en épingle des détails peu significatifs... Sur ces huit cas, personnellement, je n'en vois guère qu'un qui présente réellement quelques détails un peu étranges.

Dans le présent dossier sur le 5 novembre 90, Mesnard rappelle simplement deux observations de cette « vague » de 1967, situées toutes deux à Nice... La seconde n'a vraiment rien qui soit incompatible avec la rentrée atmosphérique... Quant à la première, il s'agit de l'observation de Mme Pariset, qui a vu un « engin » énorme, muni d'un certain nombre de lumières, apparu au nord-ouest, ayant fait du surplace pendant une dizaine de secondes au nord avant de se déplacer vers le nord-est, pour finalement virer vers le sud avant de disparaître... Notons que la trajectoire globale reste à peu près celle de la rentrée atmosphérique, apparue au nord-ouest et disparue à l'est.

Le croquis dessiné dès le lendemain par le témoin est assez représentatif de la atmosphérique :

L'engin comparé à une grue

Les anomalies sont bien sûr le surplace et le virage important, mais comme toujours on aimerait savoir de quand date le témoignage... Voici ce que dit Joël Mesnard à ce sujet dans LDLN n° 306 : Quant au témoignage de Mme Pariset, déjà évoqué par M. Veillith dans LDLN 90, on le retrouve, avec des précisions supplémentaires, dans le numéro de novembre 1971 de LDLN Contact Lecteurs (4e série, n°4).

Il y a donc un rapport initial de ce témoignage peu après l'observation, LDLN 90 étant paru en octobre 1967, mais des « détails supplémentaires » ont été obtenus vraisemblablement quatre ans plus tard puisque ces suppléments « Contact lecteurs » de LDLN paraissaient alors régulièrement. Parions donc que c'est dans ce récit fourni des années plus tard que figurent le surplace et le virage... Et c'est bien entendu ce récit que retient Mesnard ! Notons enfin que le témoin dit avoir été « assez effrayée », ce qui amplifie toujours les déformations et exagérations.

Bref, effectivement les deux vagues présentent bien des similitudes, jusque dans la façon dont elles sont abordées par Mesnard ! Il écrit encore au sujet de cette « vague » de 1967 : On ne me fera jamais croire que les observations de Nice (et d'ailleurs), juste à la même heure, se rapportent à cette rentrée. Eh bien, chacun est libre de vouloir mourir idiot !

La loi du silence

C'est le titre provocateur choisi par Joël Mesnard pour cette quatrième et dernière partie de son dossier, parue dans LDLN n° 362 etscindée en deux parties sur le site de Philippe Huleux.

LDLN n°362 première partie

Mesnard commence par indiquer qu'il considère que quatre cas auraient dû être ajoutés aux « trente exemples flagrants » initialement considérés : celui de Melun, celui de Noisy-sur-École qui sera abordé plus loin, celui de Kelkheim, en Allemagne, dont nous avons parlé un peu plus haut, et celui de Vésenaz, en Suisse...

Vésenaz (Suisse) :

Le phénomène passe de la gauche vers la droite de la route.
Tout comme la rentrée, par ailleurs très bien décrite !

Dérouler

Un récit plus détaillé de ce cas se trouve sur le site du GREPI, sous le titre « Genève — route de Thonon ». Cette association suisse produit des enquêtes plutôt sérieuses... Pour le cas du 5 novembre 90 elle a relaté quelques observations, mais il est clair qu'elles se rapportent toutes à la rentrée atmosphérique plutôt bien décrite, même si les habituelles « formes noires sur fond noir » peuvent laisser croire le contraire sur les magnifiques reconstitutions 3D !

Le cas de Vésenaz n'y échappe pas, l'objet étant décrit comme un ensemble de petites lumières rouges essentiellement regroupées à l'avant, avec à l'arrière un faisceau de lumière tronqué... Cela rappelle tout à fait la rentrée atmosphérique, et pour ce qui est donc de la « forme noire » voici ce que dit le témoin : Il m'est impossible d'en préciser la taille, mais il m'a donné une impression d'immensité. En tous cas il avait de la « présence ». Sa forme n'était pas précisément définie, mais il s'agissait certainement d'une structure solide, puisqu'il occultait les étoiles derrière lui. Bref la classique forme noire dont les contours ne sont pas visibles dans l'obscurité mais qui occulte les étoiles, rien de bien surprenant dans tout cela.

Seule la trajectoire de l'objet est un peu anormale, puisque le témoin indique un axe nord-est/sud-ouest... Pourtant, le GREPI indique sur une carte reconstituant le témoignage un déplacement ouest/est, beaucoup plus proche de celui de la rentrée.

Joël Mesnard note pour sa part : Insistons sur le fait que les éléments concluants, dans ce cas, sont la direction d'observation (connue avec une excellente précision), la direction du mouvement, et surtout le fait que l'objet a traversé la route : Nathalie a vu la chose à droite de celle-ci, alors que la rentrée est censée s'être toujours trouvée loin sur sa gauche.

Mais cela est simplement faux ! La route, très correctement située par Mesnard, suit un cap de 25° (nord-nord-est)... Quant à la rentrée, elle culminait au cap 335° à quelque 25° de hauteur sur l'horizon, et disparaissait à l'horizon au cap 54°, bien à droite de la route donc et pas loin de la direction est indiquée par le témoin. Dans la direction de la route, elle se trouvait encore à une hauteur angulaire de 15°.

Encore un cas qui ne présente donc que des anomalies bien minimes pourvu qu'on ne les exagère pas... Et bien entendu, comme d'habitude, on ne sait pas quand le témoin a rapporté son observation, que ce soit dans LDLN ou sur le site du GREPI, mais Joël Mesnard indique dans son dossier paru en 2001 que ce sont les ufologues suisses du GREPI qui nous ont signalé ce cas, tout récemment, il y a donc fort à parier que ce soit longtemps après l'observation !

Saint-Nabord (Vosges) :

Si un poteau vertical, infiniment haut, s'était trouvé à côté du témoin, l'objet serait passé au sud-est de ce poteau (et non au nord-est) (cas non retenu comme probant par Joël Mesnard).
Des imprécisions mineures pour un témoignage manifestement tardif, mais la rentrée atmosphérique est plutôt bien décrite.

Dérouler

Joël Mesnard range ce cas parmi ceux qu'on serait tenté de considérer comme concluants, mais pour lesquels peut subsister, malgré tout, une part de doute, aussi légère soit-elle.

Voyons ce que disait le témoin dans l'article de presse initial : J'ai entendu comme un ronflement dans le ciel. J'ai levé les yeux. C'était énorme. Une quinzaine de petits points lumineux de couleur orange, rouge et blanche, se déplaçant à la même vitesse, tous regroupés dans un losange. Ça a duré quinze secondes, mais c'était cinquante fois plus gros qu'un appareil de ligne.

Et l'article de presse ajoute : Et comme il n'est pas le seul à avoir observé le phénomène disparaissant au-dessus du Saint-Mont, le menuisier navoiraud a pu dormir tranquille.

La description du phénomène évoque assez bien la rentrée atmosphérique, bien qu'il soit étonnant que la traînée lumineuse ne soit pas évoquée.

Le « ronflement » entendu ne paraît pas vraiment probant pour Joël Mesnard, qui explique qu'il ne devrait pas y avoir simultanéité entre la perception du son et la vision du phénomène, mais « qu'il se peut que des phénomènes encore mal connus interviennent dans la propagation des ondes sonores ». Pas impossible, nous en avons discuté, mais j'aurais plutôt tendance à penser que le bruit était illusoire ou externe et que le témoin a été attiré par la lueur du phénomène.

Il reste comme élément anormal la dispariton « derrière le Saint-Mont », qui se trouve à l'est-sud-est de la positon du témoin, alors que la rentrée disparaissait à l'est-nord-est... Mais un simple coup d'oeil à la topographie de Saint-Nabord montre qu'il est entouré de collines, dont les noms ne sont pour la plupart pas connus des habitants. Le Saint-Mont est très connu parce qu'il s'agit d'un site historique, mais on trouve une colline plus élevée un peu au nord, située pratiquement plein est de la position du témoin, et même un peu vers le nord, donc très proche de la direction de disparition de la rentrée :

Collines à l'est du témoin

Notons en outre qu'il n'est pas précisé dans le témoignage dans quelle direction l'objet a disparu, c'est le journaliste qui ajoute que ce témoin « n'est pas le seul à avoir vu le phénomène disparaissant au-dessus du Saint-Mont », il est donc très possible que cette précision ait été donnée par un autre témoin situé ailleurs.

Pour en avoir le coeur net, Mesnard dit avoir téléphoné au témoin pour lui demander si le phénomène observé était passé juste au zénith, et dans le cas contraire s'il passait au plus près au nord-ouest ou au sud-est... Et la réponse a donc été sud-est, au contraire de la rentrée atmosphérique qui passait au nord-ouest, mais à 79° de hauteur angulaire sur l'horizon, donc très proche du zénith. Ce que Mesnard oublie comme d'habitude de préciser, c'est QUAND il a demandé cette précision au témoin... Et je parie que c'était des années après l'observation, auquel cas une telle erreur apparaît mineure, concernant justement un objet passé très près du zénith... Lorsque le phénomène passe bas sur l'horizon, on l'observe essentiellement de profil, et on a tendance à se remémorer même longtemps après le sens de passage, de la gauche vers la droite ou inversement ; mais lorsqu'il passe très haut dans le ciel, on le voit approcher de face, et on se retourne pour le voir de dos, le souvenir de la direction du passage au plus près est alors beaucoup plus aléatoire...

Il n'y a finalement aucune raison sérieuse de douter que ce témoin ait observé la rentrée atmosphérique et rien d'autre.

Retombées dans la presse

Mesnard se fend ensuite d'une critique de la presse qui aurait souvent relaté les événements avec trop de légèreté... Il semble penser que la presse est là pour mener des investigations sur tout, et présenter des enquêtes détaillées... En ce qui concerne cette vague d'observations, les journalistes ont interrogé des astronomes, le SEPRA qui était normalement l'organisme chargé d'étudier ce genre de phénomènes, quelquefois aussi des ufologues qui se prétendent spécialistes... Est-ce leur faute si personne dans tout ce monde ne leur a fourni des informations correctes ?

Mesnard écrit aussi :

Quand on consulte l'ensemble des articles de presse évoquant les événements du 5, on constate que quatre seulement des trente cas très probants résumés dans la double page centrale de notre numéro 360 ont été évoqués dans la presse : Cuhem, Villavard, Neufgrange et Vergt-de-Biron. Encore ne l'ont-ils été (à la seule exception de Cuhem, exposé dans l'Indicateur) que très succinctement...

Que fait-il donc du cas de Vouziers, qu'il nous présente pourtant ainsi dans son dossier : Dans l'article du journal l'Union du 7 novembre, nous trouvons le récit d'un journaliste travaillant pour ce journal, le photographe de presse Alan Hatat ? Et que fait-il des cas de Thugy-Trugny et de Soissons (Mesnard précise d'ailleur à propos de ce cas que l'expression « occupait tout l'espace du ciel » figure en italique et entre guillemets dans un grand journal !), exposés dans le même numéro de l'Union des Ardennes qu'il a donc eu en mains ? Et moi qui ne prétends pas avoir « consulté l'ensemble des articles de presse évoquant les événements du 5 novembre », j'ai tout de même vu aussi les cas de Chalonnes-sur-Loire ( Ouest-France du 7 novembre), l'Ile de Groix (journaux Ouest-France et La liberté) et Capbreton (je n'ai pas le nom du journal)... Nous en sommes déjà à dix sur trente sans prétendre à l'exhaustivité, et la plupart des autres cas sélectionnés par Mesnard n'ayant été signalés que des années après l'observation il eut été difficile de les trouver mentionnés dans la presse de l'époque !

Quand les Belges racontent une histoire française

Après la presse, c'est aux ufologues belges de la Sobeps que s'en prend Mesnard.

La Sobeps, Société belge d'étude des phénomènes spatiaux, était confrontée depuis près d'un an à une vague d'ovnis restée dans les annales, et la notoriété acquise ainsi lui a permis de recueillir beaucoup de témoignages relatifs à la soirée du 5 novembre 90, et nous avons déjà parlé de ses conclusions...

Et dès le mois de septembre 91, la Sobeps publiait son premier « pavé » sur la « vague belge » (Vague d'OVNI sur la Belgique, qui a eu une suite en 1994), et consacrait quelques pages au phénomène du 5 novembre 90, bien visible en Belgique.

On pouvait y lire notamment :

Nous restons stupéfaits devant l'acharnement de certains « ufologues » d'outre-Quiévrain à croire que la France a été littéralement envahie par des dizaines, sinon des centaines d'OVNI quasiment identiques, vers 19 h, ce soir-là. Alors que l'origine du phénomène ayant provoqué cette avalanche de témoignages est parfaitement connue depuis longtemps.

Et plus loin, après avoir développé les évidences de la rentrée atmosphérique :

Malgré toutes ces évidences, certains continuent de prétendre que dans la soirée du 5 novembre 1990, il y eut, en même temps que la rentrée de la fusée soviétique, d'authentiques OVNI qui « auraient profité de l'occasion en se camouflant sous l'aspect d'une rentrée dans l'atmosphère ». Non, vous ne rêvez pas, la foi bornée conduit toujours à ce genre d'excès : tantôt ce sont des fidèles fanatiques qui croient lire le nom de Dieu dans les nuages, tantôt ce sont des ufologues crédules qui prennent au pied de la lettre le moindre témoignage pour peu qu'il conforte leur croyance.

On comprend que Mesnard se soit senti visé !

Mais les critiques de la Sobeps étaient tout à fait justifiées :

Dans Inforespace n° 8 hors-série, Michel Bougard évoquait une étude de la SOBEPS consacrée à l'examen de divers témoignages sur la rentrée d'un satellite militaire au-dessus de nos régions le 25 avril 1975. Comme pour le cas qui nous occupe, on insistait déjà sur la bonne cohérence des durées et des directions signalées. Un examen sommaire des données disponibles pour le 5 novembre 1990 (voir tableau ci-contre) montre clairement que quelle que soit l'origine de l'information, la valeur des paramètres est tout à fait conforme à ce que l'on attend d'une répartition statistique. Et on ne pourra jamais empêcher l'existence des « queues de gaussiennes », comme disent les mathématiciens, en l'occurrence les témoins qui n'ont pas de montre, ou qui en ont une qui retarde ou avance, ceux qui confondent l'est et l'ouest, etc.

Précisons aussi que si la Sobeps a pu rapidement se faire une idée juste du phénomène, c'est parce qu'elle s'est adressée à une personne compétente : leur compatriote Pierre Temmerman, astronome amateur passionné de rentrées atmosphériques, qui leur a très vite fourni l'identification de la fusée responsable et toutes les précisions utiles sur le phénomène... Chez nous, il y avait un « Service d'expertise » officiel sur ces phénomènes, c'est donc naturellement à lui que tout le monde s'est adressé, et ce service ayant accumulé les inepties au sujet du phénomène et des rentrées atmosphériques en général il y avait de quoi avoir des doutes !

Et c'est ainsi que de nombreux ufologues français connus (Franck Marie, jean Sider, Didier Gomez...) sont allés jusqu'à nier qu'il y ait eu une rentrée atmosphérique ! On ne peut guère leur en vouloir, mais le fait qu'ils persistent dans leurs erreurs jusqu'au ridicule est affligeant.

Mesnard était de son côté un peu plus prudent, son credo est toujours resté : « une rentrée atmosphérique, c'est probable ; autre chose, c'est certain ». Mais le ton employé donnait bien l'impression que si rentrée atmosphérique il y avait, elle n'expliquait qu'une minorité de témoignages peu impressionnants, et il n'a fait aucun effort pour faire connaître ce type de phénomène à ses lecteurs. Le dossier que nous critiquons ici illustre d'ailleurs parfaitement cette tendance.


LDLN n°362 deuxième partie

L'olibrius persiste et signe

J'ai l'insigne honneur d'être la « tête de turc » suivante de Mesnard, bien que je ne sois pas nommé :

Les manœuvres visant à étouffer l'affaire du 5 novembre, notamment en discréditant les témoignages les plus significatifs, allaient se poursuivre avec l'entrée en scène d'un autre olibrius. En 1995, il publia un opuscule visant, lui aussi, à occulter le problème du 5 novembre, non plus en ignorant les cas rebelles, mais en délayant le problème dans une approche statistique (9) bien propre à créer l'illusion d'une recherche sérieuse, et surtout en proposant, pour trois de ces cas (Villavard, Vert-le-Grand et Gretz-Armainvilliers), des explications aussi délirantes qu'artificielles.

(9) Rappelons l'adage « Les chiffres ne mentent jamais, mais il arrive que les menteurs chiffrent ». On en a ici une démonstration exemplaire :  les données (chiffrées ou non) ne sont prises en compte que si elles peuvent être interprétées en faveur de la thèse choisie.


Concernant l'étude statistique, elle montre exactement ce qu'indique la Sobeps, qui a d'ailleurs aussi fourni une étude semblable pour les cas belges : les données générales vont toutes dans le sens de la rentrée atmosphérique, et la minorité de cas qui s'en écartent sont conformes à ce que l'on peut attendre d'erreurs et d'imprécisons des témoignages.

Concernant les trois cas que j'ai critiqués, vous pouvez vous y référer dans le dossier, mais voyons juste ici à quoi tiennent les reproches de Mesnard :

À propos du cas de Villavard, il suggère que MM. Descy et Davézé aient triché sur l'heure de leur observation afin de l'accorder à celle de M. Guion, lequel aurait simplement vu... un avion !

Je n'ai pas dit que Descy et Davézé auraient « triché », juste qu'ils auraient connu l'heure de manière imprécise et qu'eux ou l'enquêteur auraient eu tendance à la rapprocher de celle indiquée par l'autre témoin... Ça serait un mensonge s'ils affirmaient que leur observation s'est déroulée à 19 h 15 précisément, mais rien ne semble l'indiquer.

Si on lit l'enquête publiée dans LDLN n° 304, il est écrit : vers 19 h 15 (heure sur laquelle les témoins des points 1, 2 et 3 sont d'accord)... Est-il vraiment inimaginable que « vers 19 h 15 » ait pu être 19 h pour Descy et Davézé, et 19 h 15 pour Guion, sa femme et sa mère ? Si l'on se réfère aux rapports de gendarmerie, Descy dit « vers 19 h 15 », Guion « aux environs de 19 h ou 19 h 15 », et sa femme « vers 19 h 15 ». Alain Descy a été le premier à témoigner dès le lendemain matin et c'est par la suite que les gendarmes (ou les ufologues enquêteurs) ont trouvé les autres témoins, j'ai donc eu tort de penser qu'il avait pu être influencé au sujet de l'heure, mais il n'empêche que « vers 19 h 15 » ça n'est pas très précis !

Il est par contre tout à fait clair qu'il a été ensuite influencé pour faire « coller » son observation aux autres témoignages, et on en trouve la preuve éclatante dans le dossier même de Mesnard, juste un peu plus haut, dans un article de presse donné en exemple où Descy, justement, s'exprime :

Article de presse citant Alain Descy

Son texte donne l'impression que c'est lui qui a vu l'objet décrire une boucle autour d'une antenne-relais, alors qu'il faut rappeler que cela c'est l'autre témoin, M. Guion... Descy et son ami ont vu leur objet, dont la description diffère considérablement de celle de M. Guion mais évoque fortement la rentrée atmosphérique, se déplacer en ligne droite et suivant précisément la trajectoire de la rentrée atmosphérique !

Et l'enquêteur Olivier Rieffel a lui aussi fini par se convaincre que c'est Descy qui a vu l'objet tourner autour du relais TV, puisqu'il m'écrivait le 22/11/97 à propos d'Alain Descy :

La polémique à propos du 5 novembre 1990 me fait hurler de rire. Pour cette seule vague j'ai dû rencontrer sur l'ensemble du territoire français, une trentaine de témoins, dont Alain Descy et Jacky Davézé. Votre incroyable toupet doublé d'un aplomb formidable à propos de Villavard est renversant. À propos d'Alain Descy vous ignorez un fait fondamental : c'est un artiste peintre et un sculpteur hors pair. S'il y a un témoin pour cette vague qui possède le compas dans l'oeil c'est lui. Le dessin qu'il m'a fait, gravé dans sa mémoire pour l'éternité et que nous avons reproduit en couverture de LDLN n° 304 est certainement le croquis le plus justement proportionné de toute la vague du 5 novembre 90. Son oeil d'artiste est un véritable objectif photo. L'engin passe majestueusement derrière les peupliers, amorce un virage (les témoins tournent sur eux-mêmes) et effectue un virage impeccable derrière le relais TV puis, vient planer littéramelement au-dessus de J.-M. Guion qui baisse la tête croyant que l'engin s'écrase sur lui.

Pour ce qui est des talents d'observateur d'Alain Descy je n'en ai jamais douté puisqu'il décrit de façon assez exacte la rentrée atmosphérique, et s'il ne veut pas croire que c'est ce qu'il a observé c'est pour de mauvaises raisons comme le note Mesnard lui-même : Monsieur Descy fondait son argumentation sur les dimensions du 3ème étage de fusée. Nos adversaires auraient beau jeu de répliquer (s'il leur avait fallu répondre, ce qui n'a pas été le cas [moi je l'ai fait, mais Mesnard s'est bien gardé d'en informer ses témoins]) que la plupart des étoiles filantes sont produites par des objets de très petites dimensions (se chiffrant en millimètres ou en centimètres), ce qui n'empêche pas de les voir de très loin. Et d'ironiser sur la confusion entre les dimensions du corps en combustion et celles de la flamme qui en résulte...

C'est à peu près ce que j'ai répondu à Olivier Rieffel, qui m'a promis que j'aurais des réponses à toutes mes interrogations dans un livre à paraître, dans lequel « ils » me consacraient 40 pages... J'en étais très honoré, mais je n'ai jamais vu ce livre et n'ai jamais obtenu de critique à mes suppositions concernant Villavard... Je n'ai plus eu de nouvelles d'Olivier Rieffel depuis que je l'ai informé que j'avais écrit au témoin, Alain Descy, pour lui donner des informations que lui-même et toute la clique de Mesnard avaient soigneusement évité de lui donner.

Et quant à l'idée que M. Guion aurait observé un avion, c'est lui-même qui l'a pensé dans un premier temps d'après l'enquête dans LDLN, pour ma part je penche plutôt pour un hélicoptère... Et si Mesnard n'est pas d'accord ça serait bien qu'il explique pourquoi : pour moi une masse sombre ovoïde qui vole bas, munie de plusieurs lumières, rouges notamment dont certaines clignotaient, et dont on ne sait pas si ça faisait du bruit ou non (mais l'objet assez similaire observé non loin de là par la femme et la mère du témoin en faisait, un « fort grondement »), ça ressemble plus à un hélicoptère qu'à une soucoupe volante !

Quant à Vert-le-Grand, il propose froidement comme explication « un hélicoptère ou un autre appareil militaire effectuant des recherches peu après l'événement observé par des dizaines de milliers de témoins ». Quel autre « appareil militaire » ? Un sous-marin ?

Et il nous montre pour expliquer le ridicule de cette supposition une photo prise à 600 mètres du lieu d'observation montrant une forêt de pylones de haute tension dans laquelle un pilote d'hélicoptère aurait été bien imprudent de s'aventurer... Pourquoi à 600 mètres ? Parce qu'il y en a beaucoup moins sur les lieux-mêmes d'observation, juste une ligne longeant la route de chaque côté !

Et Mesnard continue dans la dérision :

Or, la même « démonstration » suggère la même explication pour la multitude de points lumineux (dont un portant un puissant phare) vus dans le ciel par le témoin, juste avant l'observation proprement dite. Résumons : une multitude d'avions (militaires !) poursuivent activement la rentrée atmosphérique passée par là un quart d'heure plus tôt. L'un d'eux est équipé d'un puissant phare (pour repérer un phénomène lumineux, c'est ce qu'il y a de plus pratique, cela revient à chercher un réverbère allumé à l'aide d'une lampe torche !), tandis qu'un autre — disons un hélicoptère silencieux (c'est courant) — fouille à l'aide de 3, 4, ou 5 projecteurs sous les lignes à haute tension, pour voir si la rentrée atmosphérique ne serait pas cachée là afin d'échapper à ses poursuivants. Voilà, en somme, le scénario suggéré par notre énergumène.

Au sujet de la « multitude de points lumineux » voici ce qui était écrit dans l'enquête publiée par Mesnard dans LDLN n° 303 : Lorsqu'elle arrive à la hauteur de Vert-le-Grand, elle remarque soudain qu'il y a beaucoup d'avions dans le ciel (ce qui n'est pas rare en cette région). Elle en voit notamment un qui porte un puissant phare blanc. Pardon si cette description ne m'a pas donné à penser qu'il y avait quelque chose de vraiment inhabituel avant l'observation de l'objet principal, et si j'ai été bête d'ignorer que « beaucoup » signifiait « multitude» !

Et non, je n'ai jamais suggéré que le supposé hélicoptère s'était lancé à la poursuite d'un phénomène lumineux, mais plutôt à la recherche des traces d'un éventuel crash (d'avion, de météorite, d'ovni, peu importe), de nombreux témoins de la rentrée ayant alerté gendarmes, aérodromes, observatoires, pompiers et autres en estimant que l'engin qu'ils avaient vu passer devait s'être écrasé un peu plus loin... Et donc, oui je pense qu'un hélicoptère équipé de puissants projecteurs est ce qui convient le mieux à la recherche des débris d'un crash la nuit !

Mais voici ce que j'écrivais après avoir proposé cette interprétation :

Cette interprétation par un hélicoptère suppose donc de fortes distorsions du témoignage, mais cela ne me semble pas invraisemblable compte tenu des très mauvaises conditions d'observation :
.../...
Bien sûr, on peut aussi penser que l'objet vu à Vert-le-Grand tout comme ceux de Villavard étaient d'authentiques soucoupes volantes, mais ces cas ne sont guère convaincants : on peut trouver dans la littérature ufologique des cas de confusions avérées qui semblaient bien plus extraordinaires, et s'il n'y avait que des cas de ce genre je ne m'intéresserais pas aux ovnis !

On a du reste l'impression que les ufologues qui ont enquêté sur ces cas ont surtout voulu mettre en évidence les contradictions avec la thèse d'une rentrée atmosphérique, sans vraiment chercher si ces cas pouvaient s'expliquer autrement.


Mais comme je l'ai expliqué ici, je pense que je me suis trompé au sujet de Vert-le-Grand, en raison d'une mauvaise représentation des lieux par Joël Mesnard. Je pense plutôt maintenant que cette observation, y compris celle de la « multitude » de points lumineux au début, se rapportait à la rentrée atmosphérique, et j'attends avec une grande impatience les critiques de Mesnard à ce sujet...

La démolition du cas de Gretz-Armainvilliers est tout aussi rigoureuse et objective : les témoins ont simplement vu la rentrée atmosphérique, et « les changements de caps observés ou supposés s'expliquent assez naturellement ». Quand c'est nécessaire pour une démonstration, les rentrées atmosphériques avancent désormais en zigzags. Quand un détail est gênant, il devient « supposé ».

C'est surprenant que Joël Mesnard me reproche d'écrire que certains changements de caps ont pu être « supposés » alors même que des deux changements de caps allégués sur ce cas, il y en a un qui a mystérieusement disparu entre l'enquête initiale publiée dans LDLN n° 306 et le dossier dont il est question ici, publié dix ans plus tard ! Le témoin lui-même a d'ailleurs aussi disparu, et comme ça faisait désordre Mesnard en a rajouté deux autres qui traînaient non loin de là... Il n'est donc plus question d'un deuxième virage, mais par contre reste toujours la mention d'une « remontée » finale que seul ce témoin oublié a mentionnée ! Quant au premier virage, il n'est aussi mentionné que par un seul témoin, j'ai expliqué comment il avait pu imaginer ce virage en se trompant sur la direction du phénomène pendant les premières secondes de son observation, erreur qui explique aussi les « faisceaux tronqués » verticaux qui constituent la seconde et dernière « anomalie » de cette observation qui en dehors de cela décrit avec une précision remarquable la rentrée atmosphérique... Si Mesnard trouve cette possibilité d'erreur invraisemblable, qu'il explique donc pourquoi !

Mesnard s'en prend ensuite au Général Norlain, président du groupe Cometa :

Il a fait allusion (mais hélas sans donner de date) à un cas où on avait cru avoir affaire à des ovnis, et où finalement on s'est aperçu qu'il s'agissait d'une rentrée atmosphérique. De quelle affaire s'agit-il, si ce n'est celle du 5 novembre ?

Et si c'est bien du 5 novembre qu'il s'agit (ce qui ne fait guère de doute), cette manière de résumer le dossier a de quoi surprendre, venant d'un groupe censé œuvrer pour la levée du secret. Certains diront qu'il est des levées de secret qui doivent être lentes et progressives. En l'occurrence, si levée il y a, on bat ici des records de lenteur et de progressivité .

Tout porte donc à croire que, depuis les premières heures du 6 novembre 1990, on a estimé « en haut lieu » que la révélation de certains aspects des événements du 5 n'était pas souhaitable. Et qu'il fallait recruter les « experts » capables de maintenir le peuple à un niveau convenable d'ignorance. C'est certainement pour notre plus grand bien, n'en doutons pas un seul instant !


Ce qui est comique, c'est que les seuls « experts » payés dans cette affaire étaient tout au contraire ceux qui discréditaient l'explication par la rentrée atmosphérique en accumulant les fausses affirmations à son sujet (« trajectoire Pau-Strasbourg », « ne dure que quelques secondes », « corps de la fusée accompagné d'autres éléments distants de quelques kilomètres », interprétation des photographies dans Paris-Match, etc...) Si vous voulez en savoir plus et apprécier quelle a été l'influence des « experts », lisez donc ceci.

Et dire que de mon côté j'ai perdu un procès pour avoir dénoncé les erreurs commises par ces « experts », personne ne m'avait dit que j'aurais pu au contraire être payé pour montrer que la plupart des témoignages décrivaient très bien cette rentrée !

Quand on a des témoignages précis, c'est la rentrée !

Mesnard cite ensuite deux témoignages qui lui paraissent remarquables par la richesse des détails mentionnés :

Pour conclure, voici deux comptes-rendus exemplaires d'observations du 5 novembre : ce sont des modèles de précision quant aux trajectoires apparentes. Si davantage d'observations avaient été rapportées avec autant de soin, la situation serait plus claire, et la désinformation moins aisée.

Ces deux observations ne concernent pas nécessairement le phénomène qui a « parasité » la rentrée de l'engin soviétique : il se peut qu'elles se rapportent à cette rentrée elle-même ; peu importe : la trajectoire sur fond de voûte céleste est, dans chacun de ces deux cas, décrite avec une rare précision.


Le « peu importe » me paraît un peu étonnant : s'il s'avère que plus les témoignages sont précis, et plus ils évoquent la réalité de la rentrée atmosphérique, Mesnard devrait tout de même se poser quelques questions ! Et comment peut-il dire qu'on y verrait plus clair s'il y avait plus de témoignages tels que ceux-ci, si lui-même, après dix ans d'enquête, n'est pas capable devant un témoignage particulièrement précis de dire « c'est la rentrée » ou « c'est autre chose » ?

Saint-Marc-sur-Mer (Loire-Atlantique) :

Le témoin indique non seulement les azimuts et les sites nécessaires à un bon repérage de la trajectoire apparente, mais aussi les incertitudes qui entachent nécessairement ces évaluations (cas non retenu comme exemple probant).
On a là effectivement une description très précise de la rentrée atmosphérique.
Dérouler

Ce témoin situé près de Saint-Nazaire décrit un phénomène qui évoque tout à fait la rentrée atmosphérique : un ensemble de points lumineux de couleur dominante rouge, semblant se déplacer « d'un seul bloc ». La dimension apparente maximale estimée entre 2 et 5° est un peu sous-estimée pour la rentrée qui devait atteindre une dizaine de degrés, mais précisons que le récit a été fait presque deux ans après l'observation, et que ce témoin habitué des observations astronomiques n'aura pas tendance à exagérer.

Ce sont surtout les indications sur les directions qui sont remarquables, le témoin ayant mesuré les angles précis d'après la monture de son instrument astronomique. Même si l'on peut toujours émettre quelques doutes sur la précision de ces données en raison de la tardiveté de cette « reconstitution », on peut faire d'utiles comparaisons avec la trajectoire de la rentrée.

L'apparition du phénomène est estimée à un azimut de 247° ± 15°, pour une hauteur sur l'horizon de 10° ± 5°.

Ici, l'erreur serait un peu supérieure à l'incertitude indiquée, puisque la rentrée se trouvait pour une hauteur de 10° à un azimut de 220°... Ça reste une erreur raisonnable, d'autant plus qu'il est clair qu'il y a de toute façon une erreur quelque part : le témoin indique aussi que son azimut de 247° correspond à une direction sud-sud-ouest, alors qu'il s'agit d'ouest-sud-ouest... Je suis tenté de considérer, du fait qu'il ne parle pas de la formation d'un nuage correspondant à l'explosion de la rentrée, qu'il a fait le début de son observation réellement dans la direction sud-sud-ouest, à un azimut de 210° et à une hauteur angulaire de 15°, position de la rentrée à 18 h 59'.

Le passage au plus près est estimée à un azimut de 170° ± 20°, pour une hauteur angulaire de 30° ± 5°. Cette fois, cela correspond très bien à la rentrée atmosphérique, qui passait au plus près à un azimut de 155° et à une hauteur de 28°.

Et la disparition a eu lieu derrière le toit d'une maison, à un azimut estimé à 120° ± 10° et une hauteur angulaire de 25° ± 5°. La rentrée atmosphérique passait à l'azimut 120° à une hauteur angulaire de 24°, précisément à 19 h.

Et la durée estimée entre une minute et demie et deux minutes et demie serait donc un peu exagérée, la rentrée ayant mis une minute à parcourir cette trajectoire.

On voit que dans ce témoignage précis les erreurs sont mineures, surtout pour une reconstitution faite après plus d'un an.

Trilport (Seine-et-Marne) :

Pas d'azimuts, pas de hauteurs angulaires, et pourtant, tout y est ! (cas non retenu comme exemple probant).
Et quand tout y est, pas de doute, c'est la rentrée !
Dérouler

Deuxième exemple de témoignage que Joël Mesnard trouve remarquable de précision...

Voici ce qu'a vu le témoin près de Meaux, en région parisienne :

Schéma des lieux et de l'objet

L'objet observé, avec ses trois lumières blanches en triangle à l'avant, son long faisceau lumineux cylindrique jaune et un deuxième plus petit, évoque tout à fait les autres descriptions de la rentrée en région parisienne.

Le chemin devant ce témoin pointe vers la direction est-sud-est. L'objet serait apparu dans la direction de Nanteuil, situé au sud-ouest : c'était la direction de la rentrée lorsqu'elle se trouvait à 8° de hauteur angulaire. Le passage au plus près de la rentrée se faisait au sud-sud-est à 26° de hauteur sur l'horizon, ce qui correspond bien avec sa position sur le dessin. Enfin, les arbres sur la gauche auraient masqué le phénomène dans la direction est-sud-est ou est, où la rentrée passait peu après 19 h 01...

Juste après avoir perdu de vue le phénomène, le témoin a entendu sonner 19 h au clocher de l'église... Si c'étaient les 2e coups (qui sonnent en général 2 ou 3 minutes après l'heure exacte), l'horloge était bien réglée !

Bref nous avons là effectivement une description très précise de la rentrée atmosphérique, et comme le dit Mesnard : Si tous les comptes-rendus avaient cette précision, que l'ufologie serait belle !

Cas relatés dans d'autres numéros

Parmi les 33 cas que Joël Mesnard retient comme « exemples flagrants », certains ne sont pas détaillés dans son dossier de 2001 parce qu'ils avaient été abordés en détail dans des numéros précédents de Lumières dans la nuit.

Saint-Germain-de-la-Grange (Yvelines) :

Vers 19 h, un automobiliste observe le passage à basse altitude, au-dessus de la colline de Neauphle-le-Château, de deux boules lumineuses de bonne taille, dont la trajectoire semble épouser le relief. Il réussit à se rapprocher, puis arrive exactement sous le phénomène, qui semble redescendre après avoir sauté la colline, et reprend un peu d'altitude à l'approche d'une ligne HT.
La seule anomalie de cette bonne description de la rentrée est le passage au zénith attesté, mais il est inconciliable avec les circonstances de l'observation.

Dérouler

Ce cas a été décrit dans le numéro 310 de Lumières dans la nuit... Et pour une fois, la date du témoignage est précisée : c'était plus d'un an après l'observation...

Vers 19 h, Saint-Germain-de-la-Grange (Yvelines)

L'enquête sur ce cas n'a été faite (par Roger Gromik et Joël Mesnard) que le 29 janvier 1992, mais les souvenirs du témoin, R. P. , étaient encore très précis. Ce qui est moins précis, dans cette observation, c'est l'heure : ça s'est passé « vers 19 h », mais il n'est pas possible d'en savoir plus. Trop occupé à regarder le phénomène, R. P. n'a probablement pas pensé à regarder sa montre, et s'il l'a fait, il ne s'en souvient plus, près de quinze mois plus tard.

Ce n'est pas très grave. L'essentiel est que le témoin se souvienne parfaitement du déroulement de l'observation et surtout de la direction de son regard. Cette donnée est ici capitale, car le témoin est formel : il s'agit d'un passage rigoureusement à la verticale de sa position, et à une altitude extrêmement basse, de l'ordre de la hauteur d'un grand pylône de ligne haute tension.

R. P. , qui est âgé d'une cinquantaine d'années, était seul dans sa voiture. Il venait de quitter l'agglomération de Saint-Germain-de-la-Grange, se dirigeant vers Neauphle-le-Château, au sud. (Ces deux localités se trouvent à une trentaine de kilomètres à l'ouest de Paris).

Il se trouvait donc sur une route où l'on a un champ de vision très dégagé, avec des champs à perte de vue sur les deux côtés, et en face, à guère plus d'un kilomètre, la colline de Neauphle-le-Château.


Plan des lieux

C'est là qu'il remarqua, dans le coin droit de son pare-brise, en direction du sud-ouest, un ensemble de deux lumières, d'un blanc laiteux, se déplaçant apparemment d'ouest en est, presque au ras des arbres de la colline. Tout de suite, il pensa à un gros avion volant anormalement bas. Mais cela ne ressemblait pas aux feux d'un avion.

Les trajectoires de la voiture et du phénomène étaient convergentes, et la distance d'observation ne cessait de diminuer.

Soudain il n'y eut plus ces deux gros points blancs, mais un seul (d'un diamètre apparent un peu inférieur à celui de la pleine lune), suivi de deux longs cônes très pointus, pointe en arrière.

Un instant plus tard, R. P. ne vit plus, derrière la boule (dont le diamètre apparent avait rapidement doublé), qu'un seul cône, doré, avec à l'intérieur, comme un scintillement de paillettes blanches. Cela ressemblait à des « cierges magiques » qui projettent des étincelles. La longueur apparente de ce cône était alors considérable, près de 20 cm à bout de bras (et elle ne cessait d'augmenter).

Parvenu à un carrefour, au pied de la colline, R. P. , plutôt que de tourner à droite pour poursuivre sa route, préféra tourner à gauche, en direction de Chatron, pour se rapprocher encore de la chose, qui ne cessait de grossir, de plus en plus haut dans son pare-brise.

Il roulait donc à flanc de colline, dans un chemin bordé d'arbres, et devait pencher la tête en avant, sous son pare-brise, pour regarder le phénomène. Lorsque cela arriva juste au-dessus de sa voiture, il s'arrêta, et sortit aussitôt afin de mieux voir. Il se trouvait alors dans le bas de la rue de la Butte (sur la commune de Saint-Germain-de-la-Grange, à un endroit où l'on a, depuis, construit une barrière interdisant le chemin à la circulation).

Il vit parfaitement la boule et le cône qui venaient de passer rigoureusement à la verticale de sa position, et qui commençaient à s'éloigner, assez lentement et en silence, vers la plaine de Neauphle, à l'est. La boule n'était pas dans l'axe du cône, mais nettemnt décalée à gauche. Quant au cône, toujours doré et scintillant, ses contours n'avaient pas la netteté de ceux de la boule. Cela avait plutôt l'aspect d'un flux de particules, comme une gigantesque flamme escortant la boule.


Trajectoire
Reconstitution de la trajectoire du phénomène, de l'endroit où le témoin l'a tout d'abord découvert (en 1). En 4, le phénomène survole le témoin, qui vient de parcourir environ 600 m depuis les premiers instants de l'observation.

L'ensemble s'éloignait maintenant en descendant verticalement dans le champ visuel du témoin, ce qui indique effectivement un passage au zénith. R. P. affirme que l'altitude de la chose n'était certainement pas supérieure à 200 m. La boule et le cône, fixes l'un par rapport à l'autre, étaient-ils liés par une éventuelle structure, invisible dans l'obscurité ? Le témoin ne saurait le dire : le ciel était très sombre, et si une telle structure existait, on n'en distinguait pas les contours.

Ce que R. P. remarqua alors, c'est que le phénomène, qui lui avait paru escalader la colline, redescendait maintenant dans la plaine, son altitude par rapport au sol semblant rester constante.


Eloignement
Dernière phase de l'observation, dans le bas de la rue de la Butte, à Chatron (commune de St-Germain-de-la-Grange). Le phénomène vient de survoler le témoin, qui court jusqu'au grillage, d'où il le voit redescendre dans la plaine, plein est (à 10° près), puis remonter légèrement et disparaître.

Lors des derniers instants de l'observation, R. P. vit le phénomène qui reprenait un peu de hauteur avant de disparaître dans le lointain. Il se demande si ce n'était pas pour sauter la ligne à haute tension toute proche, ou peut-être les immeubles de Plaisir, à 2 km de là.

La chose s'éloignait en direction de Versailles, et de Paris, ce qui suggère une comparaison avec l'observation de la gare de Saint-Cloud (
LDLN 306, p. 15). Les descriptions ne sont pas identiques, mais présentent bien des points communs.

Quoi qu'il en soit, cettte observation de Saint-Germain-de-la-Grange est de toute évidence à compter parmi celles qui contredisent absolument la thèse de la fusée soviétique. La précision des données géométriques fournies par le témoin ne laisse rigoureusement aucun doute à ce sujet. Et ce qui a été vu là n'est certainement pas ce qu'ont observé les pilotes du « Brasilia », à Limoges. Il n'y avait pas, à ce moment-là, un phénomène unique dans le ciel, mais plusieurs. Non seulemment l'ensemble des témoignages ne converge pas vers une trajectoire unique, avec des descriptions concordantes, mais il est difficile de trouver deux récits susceptibles de se rapporter au même phénomène !


Pour l'essentiel, on trouve une bonne description de la rentrée atmosphérique... Les deux cônes de lumière très allongés, dont un s'est estompé, évoquent parfaitement les deux traînées lumineuses du phénomène... Mesnard note d'ailleurs les similitudes de cette observation et de celle de Saint-Cloud, qu'il considère comme relevant probablement de la rentrée... L'azimut du début et de la fin de la trajectoire, du sud-ouest jusqu'à l'est (à 10° près) correspondent parfaitement à la rentrée, qui passait au sud-ouest à 7° de hauteur sur l'horizon, et disparaissait à l'est également à 7° de hauteur.

L'impression de « suivi de relief » est assez douteuse compte tenu d'un relief justement très peu marqué et qu'une bonne partie de l'observation a été faite depuis une automobile en marche. Et l'impression finale que l'objet prenait un peu d'altitude à la fin peut tout à fait s'expliquer par une baisse de luminosité de l'objet à l'approche de l'horizon, nous en avons vu d'autres exemples... Le témoin se demande si ça n'est pas pour sauter la ligne à haute tension toute proche, ou les immeubles de Plaisir qui se trouve 2 km à l'est de sa position, mais il s'agit là d'une simple interprétation.

La seule grosse anomalie de cette observation est donc l'affirmation d'un passage rigoureusement au zénith, alors que la rentrée passait au plus près à seulement 24° de hauteur angulaire...

Ça paraît gros comme erreur, mais on peut remarquer justement à ce sujet une certaine incohérence... Si on suit le témoin, il est resté dans sa voiture et a pu suivre le phénomène, en devant juste se pencher en avant, jusqu'à ce qu'il passe rigoureusement à sa verticale... Mais il est facile de constater que lorsqu'on est au volant de sa voiture, même en se penchant en avant, l'angle de visibilité en hauteur est très loin de 90° :

Vue depuis le volant d'une automobile

Le phénomène arrivait de la droite, il ne pouvait donc pas être vu très haut non plus dans la vitre latérale... Et la conclusion qui s'impose c'est que contrairement à ce qu'indique le témoin, pendant tout le temps où il est resté au volant, le phénomène est resté très bas sur l'horizon... À moins d'être petit, on doit se pencher en avant pour voir au volant d'une automobile un objet qui passe à 25° de hauteur angulaire, et à presque 90° c'est strictement impossible tout en continuant à conduire !

Du reste, on se demande comment le témoin aurait pu voir à la fin de son observation l'objet « suivre le relief » s'il était descendu à la verticale sur l'horizon !

On peut remarquer enfin que la « boule » lumineuse qui devançait le « cône » est restée dans la phase finale à gauche de ce cône, ce qui est tout à fait normal dans le cas où l'ensemble se déplaçait toujours de droite à gauche.

Le passage à la verticale affirmé est donc impossible dans les conditions décrites. Il trahit simplement, comme dans d'autres cas, la certitude que l'objet passait très près du témoin, impression amplifiée par le témoignage tardif.

Le reste étant tout à fait représentatif de la rentrée atmosphérique, on ne peut avoir aucun doute sur le fait que c'est bien ce phénomène qui a été observé.

L'Isle-Adam (Val-d'Oise) :

Un objet triangulaire sombre, émettant vers l'avant deux faisceaux lumineux, est vu pendant un premier virage. Il survole une petite avenue, puis, à une distance du témoin estimée à 50 m, bascule pour virer de 120°, puis accélère de façon foudroyante et disparaît vers l'est.
Dans ce témoignage tardif, les changements de cap affirmés s'expliquent vraisemblablement par une erreur d'appréciation du sens de déplacement de la rentrée atmosphérique.

Dérouler

Ce cas a été exposé dans le numéro 318 de LDLN. Ici encore, chose rare, nous avons la date du témoignage : deux ans et demi après l'observation... C'est tout de même curieux que les témoignages les plus extraordinaires soient toujours très tardifs !

Un virage de 300°, à 50 m du témoin et une accélération foudroyante

De tous les témoignages sur le 5 novembre que j'ai pu recueillir, celui-ci est l'un de ceux qui m'ont le plus frappé. Il est certainement à ranger parmi les plus solides et les plus significatifs.

Il y a un seul témoin dans cette affaire : c'est une jeune femme, Claire Depeuille, qui m'a raconté son expérience le 29 mai 1993, sur les lieux-mêmes où elle l'avait vécue, deux ans et demi plus tôt. C'est une femme active et dynamique, que sa profession amène à beaucoup voyager, parfois dans des pays lointains.

Ses deux filles, alors âgées de 6 et 8 ans, se trouvaient en sa compagnie, ce soir du 5 novembre : elles étaient assises sur le siège arrière de la voiture, mais n'ont pas observé le phénomène.

Claire Depeuille circulait dans l'Isle-Adam (Val-d'Oise), suivie de la voiture d'une amie. Celle-ci s'étant trouvée bloquée à un feu rouge, Claire Depeuille décida de s'arrêter pour permettre à son amie de la rejoindre. C'est ainsi qu'après avoir traversé un second carrefour, elle tourna à gauche dans l'avenue des Bonshommes, et s'arrêta aussitôt.

Son regard était alors tourné vers le sud-est. Elle vit tout d'abord, dans l'axe de l'avenue, ce qu'elle prit pour une étoile filante, puis, l'instant d'après, deux projecteurs horizontaux, parallèles, se déplaçant approximativement du sud vers le nord.

Presqu'aussitôt, ces deux projecteurs (portés par une masse sombre dont elle distinguait mal les contours dans la nuit) tournèrent pour se mettre dans l'axe de l'avenue.

La chose remonta donc l'avenue des Bonshommes, se rapprochant rapidement de la voiture à l'arrêt.

Reconstitution sur une photo
Le carrefour, vu vers le sud-est. La voiture était stationnée en A. De là, on ne distinguait pas les extrémités droite et gauche de l'objet, masquées par le sommet des arbres.
  1. Premier virage, observé à 300 m de distance.
  2. L'objet s'approche, dans l'axe de l'avenue.
  3. À 50 m du témoin, ou guère plus, il bascule sur sa droite.
  4. Il disparaît vers l'est, à très grande vitesse.
Carte des lieux

La masse sombre, aux contours assez indistincts, pouvait avoir la forme d'un triangle isocèle rectangle (un demi-carré), le grand côté en avant. Ses extrémités droite et gauche étaient masquées par les arbres bordant l'avenue.

Le premier virage avait été pris à environ 300 m du carrefour, et soudain, alors que l'énorme objet ne se trouvait plus qu'à une cinquantaine de mètres de la voiture, il bascula sur sa droite, prenant sur place un virage d'environ 300°, accéléra de façon foudroyante, et disparut en direction approximative de l'est.


Vous aurez noté qu'entre l'enquête initiale et le dossier de 2001 le virage final « à 300° » s'est transformé en un virage « à 120° »... Joël Mesnard, ancien prof de maths, a dû se rappeler entre-temps qu'un virage à 300° ça serait presque un tour complet, et que presque un demi-tour c'est 120° et c'est bien cela que le témoin décrit... Par contre on ne sait pas trop si l'objet a fait demi-tour ou s'il est reparti en marche arrière, avec donc les faisceaux dirigés vers l'arrière... La dernière phrase du témoignage à ce sujet est assez ambigüe : « basculer » sur la droite, ça veut dire quoi ?

Ce qui est surprenant dans ce cas, c'est qu'outre les changements de cap on a un objet qui ressemble beaucoup à la rentrée atmosphérique, mais à l'envers : le triangle est pointe à l'arrière (il s'agit d'un triangle sombre, mais vu que ses contours ne se distinguaient pas dans la nuit il devait bien y avoir des lumières pour définir la forme), et les faisceaux lumineux sont dirigés vers l'avant ! On peut se demander si tout cela n'est pas lié... Nous avons déjà vu que dans le cas de Gretz-Armainvilliers, un autre de ces cas très exceptionnels de « virages » importants, le virage observé par le premier témoin s'expliquait sans doute par une mauvaise appréciation du sens de déplacement de l'objet pendant les premières secondes de son observation, erreur qui lui avait aussi fait prendre les traînées lumineuses à l'arrière pour des faisceaux à l'avant... Cela se rapproche beaucoup du présent cas !

Voyons ce qui a pu se passer... La rentrée atmosphérique qui s'éloignait devait être visible à peu près sous cette forme (la photo de la rue est dérivée de Google Street View), dans l'axe de la rue :

Rentrée atmosphérique sur une photo

On voit que ça n'est finalement pas très éloigné de la reconstitution faite deux ans et demi après l'observation avec les enquêteurs de LDLN... Ce que l'on peut donc supposer, c'est que le témoin a vu apparaître les lumières de la rentrée vers la droite à une hauteur angulaire inférieure à vingt degrés. Lorsque les traînées lumineuses sont apparues, elle les a prises pour des phares à l'avant parce que c'est plutôt cela qu'on s'attend à voir, et en les voyant sortir de derrière les arbres elle a pensé que l'objet pivotait, puis elle a cru pendant quelques secondes qu'il allait vers elle parce qu'elle restait persuadée que ces « phares » qui s'allongeaient peu à peu étaient à l'avant, alors qu'en fait le phénomène s'éloignait lentement... Enfin, lorsqu'elle a inconsciemment remis les choses dans le bon sens, elle a cru que l'objet repartait vers l'est en marche arrière, pour disparaître derrière les arbres à gauche.

Tout rentre alors dans l'ordre, et il n'y a finalement qu'une erreur de perception assez minime, sûrement exagérée par le témoignage tardif (l'objet qui se serait approché jusqu'à une cinquantaine de mètres).

Une autre possibilité serait qu'elle aurait été un peu effrayé et fait momentanément une marche arrière, ayant alors l'impression que l'objet la suivait dans son mouvement et avançait vers elle... Une réaction bien compréhensible mais que l'on peut vouloir oublier ou taire.


Merci à « Marius » de Sceptic Ovni de m'avoir envoyé les scans des revues qui me manquaient pour les deux cas suivants, j'aurais regretté de les avoir manqués, surtout le premier !

Montreuil-Juigné (Maine-et-Loire) :

Vers 19 h, vision d'un ensemble complexe de lumières qui remplissent presque tout le champ visuel du témoin, lequel tourne le dos à la trajectoire de la rentrée atmosphérique.
Un témoignage très tardif, et des incompatibilités de trajectoire avec la rentrée atmosphérique qui reposent sur des repères géographiques faux.

Dérouler

Voici comment le cas était exposé dans LDLN n° 350, avec le texte et les dessins des enquêteurs de l'A.E.I.O.U. et une introduction et un encadré de Joël Mesnard :

Rappelons, pour les personnes qui n'ont abordé l'ufologie que récemment, que les événements de la soirée du lundi 5 novembre 1990 constituent la troisième grande vague d'apparitions d'ovnis en France, et que si les deux premières (second semestre 1954 et milieu des années soixante-dix) ont duré, respectivement, quelques semaines et plusieurs années, celle-ci s'est déroulée en moins d'une demi-heure, au cours de laquelle des centaines et des centaines de personnes, en France et dans plusieurs pays voisins, ont assisté à des spectacles invraisemblables, comme si d'immenses constructions ornées de lumières avaient défilé dans le ciel à basse altitude. Nous avons déjà longuement évoqué ces observations stupéfiantes, dans nos numéros 303 à 306, 309, 310, 313, 318 et 338, et la documentation sur les événements du 5 novembre 1990 ne cesse de s'enrichir.

L'AEIOU (1), qui déploie son activité dans la région d'Angers et de Nantes, nous expose ici un exemple qui vient confirmer tout ce que nous avons déjà dit, dès le début, et qui contredit manifestement la « vérité » officielle sur le 5 novembre.

1 : Association des Enquêteurs d'Investigation des Observations Ufologiques
[n'existe plus], 4 square Roland Dorgelès, 49100 Angers.


Lundi 5 novembre 1990, aux environs de 19 h ; il fait nuit, le ciel est sans nuage. Une dame (qui nous a demandé de ne révéler ni son nom, ni même ses initiales) promène son chien dans les rues du centre de Montreuil-Juigné, une localité de 6 000 habitants, au nord-ouest de l'agglomération d'Angers.

Venant de la rue des Déportés, elle traverse le boulevard Georges Clemenceau. Elle est seule dans la rue.

Arrivant sur le trottoir opposé, en face du salon de coiffure Marie, cette dame remarque qu'un halo lumineux, d'une couleur « rouge-blanche » très douce, provenant d'au-dessus d'elle, l'éclaire ainsi que les alentours. Elle lève la tête et voit, recouvrant tout le ciel, un ensemble lumineux imposant, « aussi grand qu'une ville ». Le centre du phénomène est visible à l'ouest, à l'azimut 275°, et l'ensemble se déplace d'une manière régulière, en direction du nord.

Le phénomène est décrit comme composé de deux zones. Une zone centrale, qui semble métallique, est parsemée, d'une manière plus ou moins régulière, de points lumineux de diverses couleurs : jaune, blanc, bleu, vert, rouge. Là où les lumières sont moins denses, la partie « métallique » est plus sombre, même noire par endroits. La dame n'arrive pas à distinguer les limites exactes de cette zone centrale. Elle compare les petites lumières aux « fenêtres des bâtiments d'une ville éclairée, la nuit ».

Dans une zone périphérique se trouvent des lumières rondes et de plus grandes tailles, de couleur rouge ou jaune, très douce. Elles sont réparties de manière symétrique autour de la zone centrale, et dessinent entre elles un certain nombre de triangles. Les jaunes sont plus nombreuses que les rouges.

La dame ne distingue plus le ciel ! Si elle discerne mal les contours du phénomène, à cause de sa taille et de la nuit, elle précise qu'il s'agit d'un ensemble massif, du moins dans sa partie périphérique. Elle parle d'un « vaisseau ».

Cette dame est émerveillée, elle se sent euphorique à la vue de ce phénomène. Son chien alors âgé de 2 ou 3 ans, ne semble pas réagir, il se comporte normalement.

Le phénomène se déplace vers le nord, à vitesse régulière, passant au-dessus de la vallée de la Mayenne, que Montreuil-Juigné domine d'une quarantaine de mètres. En s'éloignant, les lumières s'estompent et disparaissent progressivement. À la fin, le témoin ne distingue plus que trois des lumières rouges périphériques. Ces lumières forment un triangle.

Le phénomène disparaît à l'azimut 30° (vers le nord-nord-est, à une vingtaine de degrés au-dessus de l'horizon. L'observation a duré une ou deux minutes. Il faut noter que la dame a plus de mal à se remémorer la fin de l'observation, que son début.


 
Dessin de la masse

Zone centrale :
  • partie A : points lumineux denses, encadrés par des parties « métalliques » noires ; couleurs de ces points : jaune, blanc, vert, bleu et rouge (ces derniers étant peu nombreux). La lumière est douce, elle n'aveugle pas.
  • partie B : semblable à la précédente, mais il n'y a plus qu'une couleur, jaune, qui tend à devenir blanche en s'éloignant de la partie A vers la pertie E.
  • partie C : comme la partie A, mais les points lumineux, jaunes, sont plus espacés.
  • partie D : comme la partie C.
  • partie E : sombre, voire noire, sans points lumineux. Couleur dominante : gris métal.

La zone centrale, selon le témoin, n'était pas lisse, mais donnait l'impression de « bâtiments avec des fenêtres éclairées », d'où la comparaison avec une ville vue de nuit.

Zone périphérique :

Cette zone se compose de points lumineux ronds, de grande taille de couleurs jaune (tirant sur le blanc) et rouge. Elles sont disposées symétriquement autour de la zone centrale, et suggèrent des triangles de tailles diverses s'entremêlant.

Ensemble du phénomène :

La forme générale est plutôt allongée. Les lumières, quoique vives, ne sont pas aveuglantes, mais « douces ». Le témoin n'a pas réussi à distinguer les contours exacts de « la masse », de même que la limite précise séparant les zones centrales et périphérique.

Il est à noter que, lorsque les enquêteurs de l'AEIOU lui demandèrent d'indiquer la taille apparente du phénomène, la dame écarta les bras en croix pour indiquer que cela remplissait quasiment tout son champ visuel. C'est un détail qui ne plaide pas précisément en faveur de la « réalité matérielle » de la chose, et que l'on retouve dans de nombreuses observations faites ce soir-là.

Ci-dessous : aspect du phénomène, alors qu'il était sur le point de disparaître, en direction du nord-nord-est.


Trois points


Plan

Le phénomène à peine disparu, la dame voit deux jeunes à cyclomoteur, qui remontent le boulevard d'où elle est venue, mais elle n'ose pas les arrêter pour leur demander s'ils ont observé le spectacle. Elle poursuit donc son chemin, et en remontant le boulevard Clemenceau, devant l'entrée du collège Jean Zay, elle s'arrête pour voir si elle peut encore distinguer quelque chose. Mais elle ne voit rien. Un couple de personnes âgées, venant de la rue où elle avait fait son observation, remonte la rue. Elle se dirige vers eux pour leur demander s'ils ont aperçu quelque chose. Ces gens ayant l'air surpris par cette démarche, elle n'insiste pas...

Elle reprend son chemin, contourne le collège, et s'engage dans la rue David d'Angers. Ayant dépassé le collège, elle entend un bruit sourd, comme celui d'un avion, mais plus fort. Ce bruit semble se rapprocher, puis s'éloigne tout aussi rapidement. Elle lève les yeux, et observe alors ce qu'elle nomme « des vrilles », comme les traînées laissées par un avion. Ces vrilles se défont, s'allongent, et enfin s'évaporent. Elles sont blanches, parallèles au sol, et suivent une direction sud-nord. Elles ont été observées vers l'azimut 350° (nord-nord-ouest), à une quarantaine de degrés au-dessus de l'horizon.

Vrilles

La dame estime que du début de la première observation jusqu'à la fin de la seconde, il s'est écoulé entre 10 et 15 minutes.

Cette dame est âgée de 42 ans. Elle est opératrice en électronique, divorcée. À l'époque des faits, elle était mariée. Elle est timide, semble plutôt réservée, et est venue accompagnée de son fils. Elle ne s'intéressait pas au phénomène OVNI avant cette expérience.

Elle a entendu dire, par des amis, que d'autres personnes avaient observé le phénomène, le même soir, à la même heure, au-dessus de Montreuil-Juigné et notamment d'un établissement militaire, l'E.T.A.S., situé à 1 km environ à l'ouest et au sud-ouest de l'emplacement occupé par le témoin.

Frédéric Brochard et Xavier Banchereau (A.E.I.O.U.)

Voilà apparemment un cas extrêmement convaincant, avec deux phénomènes différents vus à une dizaine de minutes d'intervalle, le deuxième bruyant, et des directions d'observation totalement incompatibles avec la rentrée atmosphérique et appuyées sur des repères géographiques très préciss !

Avec un bémol, c'est qu'on ne nous dit pas comme d'habitude quand cette dame a rapporté son observation : aussi bien les enquêteurs que Joël Mesnard sont complètement muets à ce sujet. Le numéro 350 de LDLN est paru en 1998, et on a de bonnes raisons de supposer que l'enquête a été faite peu avant, en tout cas un certain nombre d'années après l'observation... Et ce cas va encore nous fournir une parfaite illustration du peu de crédit que l'on peut accorder à un témoignage aussi tardif !

Commençons par la description de l'engin : une multitude de lumières multicolores regroupées en un ensemble allongé, avec au milieu une masse noire dont comme d'habitude on ne distingue pas les contours, ça évoque assez bien la rentrée atmosphérique vue plutôt au début de sa trajectoire au-dessus de la France... L'impression que cela couvrait presque tout l'espace du ciel peut être une exagération banale pour un témoignage aussi tardif, et pas excessive dans la mesure où la rentrée qui passait au plus près à une distance de 200 km devait occuper un angle d'une quinzaine de degrés en longueur hors traînées, et un peu moins en hauteur.

Ce qui manque dans la description, ce sont justement les traînées, multiples à ce niveau de la trajectoire... Mais on pense à ces « vrilles » ressemblant aux traînées des avions, blanches et horizontales, allongées et qui finissent par s'évaporer... Ça évoque furieusement les traînées de la rentrée, si ce n'est qu'elles ont été observées d'après le témoignage une dizaine de minutes après que l'ensemble de lumières eut disparu !

Les hauteurs angulaires sont tout à fait conformes à la rentrée atmosphérique, qui passait au plus près à 32° au-dessus de l'horizon... Le témoin indique que l'ensemble de lumières a disparu à 20° au-dessus de l'horizon, et que les « vrilles » de la deuxième observation ont été observées à une quarantaine de degrés au-dessus de l'horizon.

La durée de la première observation, estimée entre une et deux minutes, serait aussi conforme à l'observation de la rentrée atmosphérique.

Par contre, tout se gâte avec les directions d'observation : la rentrée atmosphérique apparaissait au sud-sud-ouest, culminait au sud-sud-est et disparaissait à l'est, alors que le phénomène apparaissait à l'ouest-nord-ouest et disparaissait au nord-nord-est, soit dans une direction pratiquement opposée, ainsi que le sens de déplacement ! Et ça n'est pas mieux avec les « vrilles », qui se déplaçaient du sud au nord et de gauche à droite, encore dans le sens opposé à la rentrée...

Mais on peut déjà se poser quelques questions au sujet de ces vrilles : si on suit le témoignage, elles ont été vues pratiquement plein nord (azimut 350°) à une hauteur angulaire de 40°, elles se déplaçaient du sud au nord et étaient vues parallèles au sol ; normalement, quelque chose qui se déplace du sud au nord et qui est vu en direction du nord doit plutôt se déplacer perpendiculairement au sol ! En outre, cette dame marchait alors vers le sud, on ne voit pas comment elle aurait pu avoir son regard attiré par un objet visible vers le nord, donc dans son dos, à une hauteur angulaire de 40° !

Voilà déjà qui sème un léger doute sur la fiabilité de toutes les indications géométriques du témoignage... Histoire de voir si on peut enfoncer le clou, essayons de vérifier les indications géographiques en retraçant le déplacement du témoin... Il est vrai que c'est plus facile de nos jours avec Google Maps et Street View, mais l'enquêteur de son côté se trouvait sur place (le siège de l'association AEIOU était à Angers, à une dizaine de kilomètres du lieu d'observation) :

Plan de situation

Sur cette carte, le point A est à peu près le point de départ de la promenade du témoin, le point B est le lieu de la première observation, et le point F est le lieu de la deuxième observation, celle des « vrilles »... Les autres, on va en reparler.

Donc, si on suit le témoignage, la dame arrive de la rue des Déportés, traverse le boulevard Georges Clemenceau, et fait son observation en arrivant sur le trottoir opposé, en face du salon de coiffure Marie... Sauf que sur le plan de l'enquête, ce qui est appelé boulevard Georges Clemenceau est en fait la rue Emile Zola ! Et le témoin aurait fait son observation en arrivant de la rue (et non boulevard) Georges Clemenceau...

Quant au salon de coiffure Marie, il ne se trouve ni dans la rue Clemenceau ni dans la rue Zola, mais dans la rue David d'Angers (point E), précisément où le témoin est supposé avoir fait sa deuxième observation ! Bien sûr, on peut toujours imaginer que depuis plus de vingt ans il a changé d'adresse : pour en avoir le coeur net j'ai téléphoné, et non, il existe depuis 22 ans (donc depuis 1989) et l'adresse n'a pas changé...

Salon de coiffure à droite

Déjà, si on suppose que le témoin a fait son observation depuis la rue David d'Angers, sur le trottoir face au salon de coiffure, la rentrée atmosphérique a pu apparaître à sa droite au-dessus du toit de la maison que l'on voit au centre de la photo.

Mais continuons la promenade de cette dame... Elle continue à suivre le boulevard Clemenceau, qui est donc en fait la rue Emile Zola, et s'arrête devant l'entrée du collège Jean Zay pour voir si elle peut encore distinguer quelque chose... En suivant le chemin avec Street View, on voit qu'il y a bien une entrée donnant accès au collège rue Emile Zola (point C) :

Petite entrée

Mais ça n'est visiblement qu'une entrée secondaire utilisée par quelques privilégiés habitant sur place, alors que l'entrée pricnipale se trouve aussi dans la rue David d'Angers, juste en face du salon de coiffure Marie !

Entrées principales du collège

Ça ressemble plus à ce qu'on appelle une « entrée d'un collège », et décidément il semble que tout ait tendance à se regrouper en un même lieu ! En tout cas c'est bien dans la rue David d'Angers, après avoir dépassé le collège, que la dame aurait observé les « vrilles ». On peut donc se demander si cette séparation en deux observations différentes ne serait pas liée à l'idée fausse que l'observation aurait débuté dans la rue Georges Clemenceau, à quelque 300 m du lieu de l'observation des « vrilles »... À une allure de promenade canine, une dizaine de minutes serait effectivement plausible... Par contre, si l'observation a débuté en face du salon de coiffure, c'est à une vingtaine de mètres du lieu supposé de la deuxième observation.

Ce que l'on peut imaginer, c'est que la dame a vu apparaître les lumières de tête au-dessus de la maison attenante au salon de coiffure, et qu'après avoir avancé quelques secondes, ayant passé l'entrée du collège, sa vue s'est dégagée vers la droite et elle a alors pu voir les traînées qui suivaient. Ensuite, en huit ans et avec la confusion des repères géographiques, elle aurait séparé les deux phénomènes, et inversé le sens du déplacement.

Ce qui est certain en tout cas, c'est qu'il y a beaucoup trop d'erreurs géographiques pour que les indications de ce témoignage puissent être prises au sérieux. Et il est patent aussi que l'enquête a été bâclée, pour que les enquêteurs n'aient pas remarqué toutes ces erreurs !

Noisy-sur-Ecole (Seine-et-Marne) :

Un gigantesque boomerang, de couleur fuchsia, qui glissait silencieusement dans le ciel. Sa taille était colossale.
Un boomerang rose aux contours pour une fois nets, c'est surprenant, mais le témoignage est tardif et la trajectoire est celle de la rentrée...
Dérouler

Voici comment ce cas était présenté dans le numéro 313 de LDLN :

Ce soir-là, à 19 h (à quelques minutes près), Mme Patricia L. sortit son chien. C'est alors que, regardant vers le sud, elle vit quelque chose d'extraordinaire : un gigantesque boomerang, de couleur fuchsia, qui glissait silencieusement dans le ciel. Sa taille était colossale. Mme L. crut un instant qu'il s'agissait d'un avion (aussi gros qu'un B-52), volant très bas, si bien qu'elle s'en inquiéta.

Elle ne vit la chose que pendant quelques instants. Le « boomerang », aux contours nets, portait des lumières (notamment vers ses extrémités), et laissait plusieurs traînées derrière lui. La chose disparut derrière un arbre, et Mme L. se précipita pour contourner cet arbre, qui ne se trouvait qu'à quelques mètres d'elle. Trop tard : il n'y avait plus rien. Le phénomène avait disparu, de façon incompréhensible, comme s'il se fût volatilisé sur place.


Boomerang

Le mouvement apparent était dirigé de la droite vers la gauche du témoin, c'est-à-dire approximativement de l'ouest vers l'est. Nous retrouvons là une caractéristique surprenante de presque toutes ces obervatoions « fortes » du 5 novembre (Vert-le-Grand étant l'exception la plus remarquable) : les descriptions ne ressemblent pas à celles d'une rentrée atmosphérique. Elles ne se ressemblent pas non plus entre elles (et il s'en faut de beaucoup !) Mais la direction d'observation et le sens du mouvement sont à peu près ceux qui correspondraient à la vision de la rentrée atmosphérique !

S'il y a, comme nous n'avons cessé de le supposer, quelque chose comme un mimétisme, un parasitage de la rentée atmosphérique, une constatation s'impose d'ores et déjà : ce mimétisme porte sur les directions (d'observation et de déplacement), ainsi que, bien entendu, sur l'heure, mais il ne porte nullement sur l'apparence du phénomène.


Comme le dit Mesnard, la trajectoire et l'heure sont conformes à la rentrée atmosphérique, qui passait au plus près à une distance de 174 km et une hauteur sur l'horizon de 33°.

C'est dans la description du phénomène que se situe l'anomalie : il y a bien les lumières et les traînées qui évoquent la rentrée atmosphérique, mais ces lumières sont ici censées être portées par un boomerang aux contours nets et de couleur rose, c'est moins banal que les classiques masses noires dont on ne distingue pas les contours dans l'obscurité !

Mais comme d'habitude la date du recueil du témoignage n'est pas indiquée;, et ça pourrait être près de deux ans après l'observation, ce numéro de LDLN étant paru fin 1992. S'il s'agit d'un témoignage tardif, il est naturel que la « masse porteuse » illusoire ait pris de la substance avec le temps... Et que cette masse ait été vue de couleur rose n'est après tout pas très surprenant : il n'est pas dit que l'objet en lui-même était lumineux, et la nuit tous les boomerangs sont gris ! Les multiples lumières formant la rentrée atmosphérique étant généralement décrites par les témoins comme blanches et rouges, ces couleurs portées par une multitude de lumières ont bien pu se « diluer » dans la masse avec le temps et les altérations de la mémoire... ou encore la myopie !

Conclusion : Une vague sans ovnis

Il est temps de faire le bilan de ces 33 observations que Joël Mesnard considère comme des preuves qu'il y a eu le 5 novembre 1990 une vague de phénomènes mystérieux d'ampleur exceptionnelle, outre une rentrée atmosphérique d'étage de fusée. Sur ce total de 33 cas résultant d'un « tri extrêmement sévère », nous trouvons :
25 de ces témoignages ont sûrement (ça n'est précisé que dans huit de ces cas, ce qui dénote un total manque de sérieux du dossier) été rapportés très tard, après au moins six mois et souvent plusieurs années. Dans huit de ces cas, il y a une version beaucoup moins tardive du témoignage dont Mesnard ne tient pas compte et qui est beaucoup plus conforme à la rentrée atmosphérique.

Intéressons-nous aussi au nombre de témoins :
Donc, sur ces 33 cas résultant d'un « tri sévère » des observations les plus convaincantes, aucun où des anomalies par rapport à la rentrée seraient mentionnées par plusieurs témoins d'un groupe !

Dans tout cela, je ne vois guère que trois cas qui pourraient s'avérer intéressants : celui de Vert-le-Grand se détache parmi ceux qui s'expliquent sans doute par la rentrée atmosphérique, celui de Bourg-en-Bresse pour la direction anormale, et celui de Paris-Périphérique Sud parmi les observations étrangères à la rentrée... Mais ils ne sont tout de même pas très convaincants compte tenu du faible niveau de l'enquête, et quoi qu'il en soit trois cas ne font pas une vague !

J'écrivais en 1997 dans mon article « Le Culte du 5 novembre 1990 » :

La question est donc de savoir s'il y a suffisamment de cas inexpliqués pour que l'on puisse considérer que « l'activité ufologique » a été supérieure à la moyenne ce jour-là, qu'il y a eu une véritable « vague du 5 novembre »... A-t-on recueilli des cas qui prouvent que d'authentiques ovnis ont « parasité » une rentrée atmosphérique ? C'est une idée qui me plaît beaucoup, mais pour l'instant ma seule conviction est que l'on n'aura pas la réponse à ces questions tant que les enquêteurs refuseront obstinément d'admettre la réalité de la rentrée atmosphérique et d'y confronter leurs témoignages !

Aujourd'hui, après avoir réaxaminé bon nombre de cas présentés par les défenseurs de cette « vague » comme des « évidences », je dirais que non, il n'y a manifestement pas eu de vague d'observations inexpliquées le 5 novembre 1990, et les notions de « parasitage » et de « mimétisme » sont à ranger parmi les fantasmes de l'ufologie... Dommage, c'était une belle idée, mais l'étude des ovnis garde tout son intérêt.

Robert Alessandri



Rubrique ufologie

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Ce texte a été lu fois depuis le 05/11/2011