5 novembre 1990 :
Les ovnis fabriqués par des ufologues
(05/11/2011)
Lumières dans la nuit et son dossier-référence
Voilà plus de vingt ans que la rentrée atmosphérique a
traversé la France, et il y a toujours malgré toutes les
informations disponibles bon nombre d'ufologues qui
veulent faire de ce non-événement (d'un point de vue
ufologique en tout cas !) une fantastique « vague d'ovnis ».
Dans le numéro 306 de sa revue
Lumières dans la nuit,
Joël Mesnard annonçait une « découverte en ufologie :
LE PARASITAGE DES RENTRÉES ATMOSPHÉRIQUES », et
sélectionnait « six cas parmi les plus probants »
prouvant selon lui qu'il y avait autre chose que la rentrée
atmosphérique ce soir-là dans le ciel.
À l'occasion du dixième anniversaire de cette soirée, il a
étendu ces observations à « au moins 30 exemples
flagrants », portés à la fin de son dossier
à 34, et il en présente bon nombre d'autres qui lui
paraissent moins probants. Ce dossier a été retranscrit sur plusieurs sites Internet.
Dix ans plus tard, alors que ce texte est devenu la
référence des croyants à la fantastique vague
d'ovnis du 5 novembre 1990, il est temps de passer en revue ces 34
« exemples flagrants » pour voir ce qu'ils valent, ainsi que
la trentaine d'autres cas évoqués puisqu'on n'en est plus à
quelques cas près !
On trouve parmi ces observations la plupart de celles qui ont été
régulièrement citées dans des documentaires
à la radio ou la télévision, il s'agira donc
d'étudier pratiquement tous les arguments avancés par les
tenants de cette vague, en tout cas pour la casuistique...
Concernant la réalité ou l'ampleur de cette
rentrée atmosphérique, vous trouverez
ailleurs sur ce site toutes les preuves que ce phénomène
était là et bien là !
La réalité du phénomène
Avant d'aborder les observations, rappelons brièvement
à quoi ressemblait cette rentrée atmosphérique.
Elle a été visible non seulement en France,
mais dans bon nombre de pays d'Europe, ayant suivi cette trajectoire :
On ne sait pas exactement où la rentrée s'est
achevée : on connaît des observations jusqu'en
Tchéquie, mais c'est probablement encore plus loin, en Pologne
ou en Ukraine, que les quelques débris les plus
résistants ont dû atteindre le sol.
Les rentrées atmosphériques commencent à
être visibles à une altitude de l'ordre de 130 km, le
frottement de l'atmosphère étant alors suffisant pour
porter à incandescence la surface de l'objet. À une telle
altitude, un phénomène est visible à plus de
mille kilomètres. On a donc eu
des observations sur tout le territoire français, mais aussi en
Espagne, Angleterre, Suisse, Italie, Belgique,
Alllemagne, Autriche... C'est tout de même en France que le
phénomène a été le plus spectaculaire.
L'objet responsable est un troisième étage de fusée
soviétique Proton, dont la masse est d'un peu plus de quatre
tonnes à vide.
À la vitesse de 28000 km/h qui est
celle de tout satellite en orbite basse, ce phénomène
survolait la France entre 18h59'40" et 19h01'20"... Mais depuis des
points de vue privilégiés, bénéficiant d'un
horizon dégagé des deux côtés, il pouvait
être vu bien au-delà, sur une durée
supérieure à quatre minutes...
L'ensemble des
débris de cette rentrée devait s'étendre lorsqu'il
survolait le centre de la France sur une
centaine de kilomètres en longueur et une vingtaine en hauteur
et largeur. Ces dimensions, tout-à-fait
courantes, donnaient au nuage de débris incandescents les
dimensions apparentes d'une
constellation telle que le Grand chariot, mais avec une
luminosité très supérieure, proche de celle de la
lune.
L'aspect variait au cours de sa trajectoire : l'objet est
sans doute devenu visible à peu près au-dessus de la
pointe nord-ouest de l'Espagne, et a explosé au-dessus du golfe
de Gascogne, formant un nuage qui est resté visible longtemps
après le passage de l'ensemble des débris... Ce dernier a
pris d'abord la forme de deux grosses boules lumineuses vues au loin
pour tous ceux qui se trouvaient sur la côte atlantique, puis
alors que la chose approchait ces boules se sont
différenciées en un grand nombre de lumières
disposées grossièrement en triangle ou losange et
laissant de longues traînées... Au niveau de la
région parisienne, l'ensemble avait gagné en longueur et
seules deux grosses lumières au centre et en bas laissaient deux
longues traînées lumineuses (une plus petite que l'autre)
semblant s'arrêter net à une certaine distance de l'objet.
Vers Strasbourg, il ne restait plus que trois lumières de
tête, encore deux lumières laissant des
traînées lumineuses plus courtes qu'auparavant et paraissant
confondues, et une autre grosse lumière au-dessus.
Toutes ces lumières semblaient se déplacer de concert : leur
disposition variait en réalité lentement, mais cela
pouvait être interprété comme des changements de
perspective.
Voilà donc comment se présentait
cette rentrée atmosphérique : un immense ensemble de
lumières se déplaçant lentement, sans bruit, dans
un vol horizontal.
Erreurs récurrentes
Voyons aussi pour éviter d'avoir
à nous répéter quelles sont les erreurs
d'appréciation que l'on retrouve régulièrement
dans ces observations.
La plus commune porte sur l'estimation de la distance : la presque
totalité des témoins pensaient que l'objet passait
à quelques dizaines ou centaines
de mètres d'eux, alors que la rentrée
atmosphérique passait au plus près à une distance
de l'ordre de 200 km... Et les témoins sont absolument
sûrs d'eux, si bien que bon nombre d'ufologues considèrent
qu'il s'agit là d'un élément déterminant...
Mais c'est tout simplement méconnaître les limites
de nos sens.
Le problème est que notre
vision du relief est limitée... La perception de la
distance d'un objet se fait soit par la mise au point de notre oeil,
soit et surtout par le décalage angulaire du regard de nos deux yeux. Mais on ne peut apprécier
qu'un angle de l'ordre d'un vingtième de degré (ce qui
n'est déjà pas mal !), ce qui nous permet juste de faire
la différence entre l'infini et une soixantaine de mètres.
Autrement dit, si toutes les proportions sont respectées, on ne fait
aucune différence entre un objet de 20 m de longueur vu à
une distance de 100 m, et un objet de 20 km de longueur vu à une
distance de 100 km... Il ne s'agit même pas de
« psychologie de la perception », mais d'une limite physiologique,
et il serait bon que toute personne se prétendant
enquêteur sur les ovnis sache au moins cela !
En fait, on peut apprécier des distances un peu supérieures par
comparaison : si l'objet observé se trouve à
proximité immédiate d'un autre objet, ou devant un fond bien
détaillé et contrasté, on peut savoir qu'il n'est
pas à la même distance, et faire la différence par
exemple entre 600 m et l'infini... Cette fois, ce que l'on
apprécie, c'est la différence de décalage entre
les deux images, et on est est alors sensible à moins d'un
centième de degré, la limite du pouvoir séparateur
de l'oeil (c'est à peu près la sistance angulaire qui sépare
deux cellules réceptrices de la rétine... Autant dire tout de même
qu'il faut pour cela être doté d'une vue parfaite ! Dans le
cas qui nous occupe, l'objet se trouvait bien devant
un fond situé à une distance proche de l'infini, le ciel
étoilé, mais il se déplaçait et
c'était la nuit, ce qui rend cette perception impossible.
Enfin, pour les grandes distances, on perçoit aussi l'influence de la
traversée de l'atmosphère par les rayons lumineux :
l'objet devient un peu flou et les couleurs s'affadissent. Ça
peut nous permettre de reconnaître un objet proche d'un objet
très lointain, mais là encore ça n'est guère possible que
le jour...
Ce qui par contre pouvait se produire de nuit, en raison de
l'épaisseur de l'atmosphère, c'est un affaiblissement des
lumières de la rentrée en
approchant de l'horizon, donnant l'impression que l'objet
s'éloignait... On pouvait alors penser qu'il
accélérait
brusquement et s'éloignait du sol, ce que l'on retrouve
effectivement dans quelques témoignages !
Il était en tout cas totalement impossible à un témoin de
ce phénomène de savoir s'il passait à 50 m,
à 100 km ou à l'infini !
Et bien sûr,
étant donné que la plupart des témoins pensaient
avoir affaire à un objet unique en raison du déplacement
de concert des lumières, il leur était impossible
d'imaginer que cet « engin » se trouvait à une
centaine de kilomètres d'altitude, parce que cela impliquait
des dimensions inimaginables, se chiffrant en dizaines de
kilomètres... Il s'agissait pourtant bien des dimensions
réelles de la rentrée atmosphérique !
Connaissant cette impossibilité d'apprécier la taille et
la distance d'un objet de nature inconnue, tout enquêteur un peu
sérieux cherche à connaître les dimensions apparentes de
l'objet : l'angle qu'il occupait dans le ciel, ou encore sa dimension
« à bout de bras »... Mais on sait bien que ces
dimensions sont souvent très exagérées par les
témoins : la lune, par exemple, n'a qu'un diamètre
apparent de 5 mm à bout de bras (un demi-degré), alors
qu'on lui en accorde couramment cinq à dix fois plus ! Et
bien sûr, contrairement à ce que croient certains de nos
enquêteurs réputés sur le 5 novembre, cette
surestimation n'est pas spécifique à la lune, et se
retrouve pratiquement dans tous les témoignages relatifs aux
ovnis.
De même, les hauteurs angulaires sont souvent
surestimées par les témoins. La principale raison est que
la plupart des gens
n'ont pas l'habitude d'observer le ciel, leur regard restant
généralement très proche de l'horizon. Je l'ai
constaté lors d'une soirée d'initiation à
l'astronomie à l'observatoire Sirene, lorsque l'animateur a
demandé au groupe de personnes présentes de
regarder l'étoile qui se trouvait juste à leur
zénith, leur verticale :
la plupart d'entre eux portaient leur regard à quelque 60 ou
70° de l'horizon, pas plus ! Et il y a énormément de
gens qui croient que le Soleil, qu'ils voient passer dans le ciel tous
les jours, passe au zénith à midi, ce point étant
bien compris comme le point du ciel situé à la
verticale. C'était par exemple il y a quelques années
l'objet d'une question d'un jeu
télévisé, répondant au fait supposé
que les abeilles ne butinent pas à midi parce qu'elles ne
peuvent pas s'orienter, le soleil se trouvant au zénith... Cette
réponse n'avait du reste choqué personne sur le plateau ! Je
rappelle donc qu'il n'y a que sous les tropiques que le soleil peut passer
au zénith à certaines périodes de l'année,
et à la latitude de Paris sa hauteur maximale dans la journée varie
entre 25 et 72°.
Il y a aussi d'ailleurs pas mal de gens qui
confondent zénith et culmination, c'est-à-dire passage au
plus haut, ou qui disent que l'objet est passé « au-dessus
d'eux » en pensant qu'il s'agissait d'un objet très proche
qui semblait passer par exemple au-dessus de la maison juste devant eux.
Enfin, les enquêteurs eux-mêmes ne sont pas toujours
très doués dans le calcul des hauteurs angulaires, comme
on peut le voir sur cette reproduction de la page 19 de
LDLN n°310 :
On voit que l'enquêteur considère que la hauteur
angulaire est donnée par l'angle du bras des témoins, qui
est bien à une soixantaine de degrés de l'horizontale...
Mais la ligne qui joint leur oeil à leur main est d'environ 35°, soit justement la hauteur angulaire
de la rentrée atmosphérique !
Précisons que cette observation à Champagnole n'a pas
été retenue par Joël Mesnard parmi les
plus probantes, et qu'il rappelle souvent dans sa revue comment estimer
une hauteur angulaire, de même que l'impossibilité
d'appréciation des distances... Mais voilà, il n'y a pas
d'examen de passage pour les enquêteurs en ufologie, si bien
qu'ils n'ont pas forcément tous assimilé ces
connaissances de base !
L'orientation fait aussi souvent l'objet
d'erreurs. Outre les mauvais repères, il faut savoir que bon
nombre de personnes confondent régulièrement le nord et
le sud, ou sont incapables de différencier leur droite de leur
gauche... C'est aussi quelque chose qu'il faut savoir quand on veut enquêter.
On a ainsi pu lire dans
LDLN 306, au sujet du cas de Soumaille :
Qui
donc, quelques jours après une observation faite
à quelques dizaines de mètres de son domicile,
dessinerait une trajectoire sur une carte d'état-major, en
se trompant de 90° dans l'orientation ?
Mais dans le numéro 310 paraissait ce rectificatif :
Soumaille : attention, erreur ! :
Joël Martinez nous précise que dans
l'affaire de Soumaille (LDLN
306, p. 22), les indications fournies par
le témoin sur l'orientation de la trajectoire sont
totalement fausses. En fait, le déplacement de l'objet
serait parfaitement compatible avec celui qu'indiquent les autres
témoignages de Corrèze.
Le même genre de rectificatif a été fait pour
le cas de Mauriac (enquête dans le numéro 304,
rectificatif dans le numéro 305), pour lequel les deux
témoins ont fait un dessin de l'objet se déplaçant
de droite à gauche, alors que vérification faite ils
l'ont vu passer de gauche à droite, conformément à
la rentrée atmosphérique !
Combien d'autres rectificatifs de ce genre auraient été faits si toutes les
enquêtes avaient été approfondies ?
Bon nombre de témoins disent aussi avoir distingué une
« forme noire » portant les lumières... Précisons tout de
même que ces visions de formes noires ne concernent que dix pour
cent des observations environ, que dans la plupart des cas les
témoins disent que ladite forme se « distinguait mal dans
l'obscurité de la nuit » ou des termes
équivalents, et qu'en général lorsque plusieurs
témoins étaient réunis tous ne voyaient pas la
« forme »...
Bien souvent, ces formes inditinstinctes
étaient simplement suggérées par le
déplacement de concert des lumières, donnant l'impression
qu'elles étaient portées par un objet unique.
En outre, le fait d'attribuer une forme à un ensemble de points
lumineux est une illusion classique connue sous le nom
« d'illusion de contour ».
Enfin, dans le cas de points lumineux
vus la nuit, il est possible que les étoiles s'effacent au
passage de l'objet, donnant l'impression d'être masquées
par la forme noire imaginaire. Cela s'explique par le fait que la
partie centrale de notre rétine, la fovéa, est
presque dépourvue de « bâtonnets », les
cellules spécialisées dans la vision nocturne : ainsi,
lorsqu'on fixe son regard sur un objet très lumineux, les
étoiles peu lumineuses qui se trouvent à proximité
ne sont plus vues, disparaissant ainsi juste au passage de l'objet. De
quoi renforcer l'impression d'une « forme noire »
masquant le ciel...
Bien sûr, ça n'était
plus valable dans les cas où le phénomène
passait sous une étoile très lumineuse, mais les
témoins pouvaient alors imaginer un objet transparent ou fait
de « structures ». Et le fait de lier un ensemble de
points par des lignes imaginaires relève aussi d'une illusion
classique, qui faisait autrefois voir des « canaux » sur
Mars à d'excellents observateurs !
Le fait que les témoins donnent des descriptions très
variables passe aussi pour beaucoup d'ufologues pour une preuve qu'ils
n'ont pas observé la même chose... Ça n'est
pourtant guère étonnant lorsque l'objet observé est un ensemble de
nombreuses lumières semblant délimiter une « forme
noire indistincte » et dont certaines laissent des
traînées lumineuses ! Même sans parler des
déformations de la mémoire, la forme peut différer
totalement selon le nombre de points lumineux distingués,
variable selon l'acuité visuelle de chacun et l'environnement
lumineux.
On sait aussi que les couleurs sont très mal
distinguées la nuit, d'autant que la vision des couleurs
dépend de l'ambiance lumineuse : si on se trouve par exemple
dans un appartement éclairé par des ampoules diffusant
une lumière rougeâtre, notre cerveau « verdit »
tout pour voir le blanc blanc, et du coup une lumière
blanche vue à l'extérieur apparaîtra verte !
Enfin, la rentrée atmosphérique changeait réellement
d'aspect au cours de sa trajectoire.
On peut se faire une bonne
idée de la variabilité des témoignages d'un
même phénomène en examinant
le cas de 32
élèves-officiers de gendarmerie
qui ont observé la
rentrée atmosphérique alors qu'ils regagnaient leur
caserne à Tulle, et ont rapporté indépendamment
leur observation : deux se trompent sur la date, cinq se trompent de
plus de 70° sur le cap suivi par le phénomène, deux
se trompent sur la direction de passage au plus près, les
dimensions estimées vont du simple au cinquantuple (qu'il
s'agisse des dimensions apparentes ou des dimensions réelles
supposées), la durée du simple au dodécuple
(x 12), l'altitude estimée varie de 50 à 1000 m, la forme
est décrite au choix comme un hexagone, un triangle, une aile delta, une
formation en V, un double-rectangle, un losange, cinq groupes de
lumières ou la forme d'un avion gros cargo, avec un nombre de
traînées variant de 0 à 3 plus pour un témoin
un projecteur éclairant le sol !
Il s'agit là de 32 personnes qui ont
observé la même chose (peu importe du reste que ce soit la
rentrée ou non, mais ça ne fait aucun doute)
depuis la même position, à qui on a demandé de
témoigner dans le cadre de leur formation, et qui l'ont fait au
lendemain de leur observation.
C'est dire ce que l'on obtiendra chez
des témoins situés à des endroits très
différents, souvent très impressionnés par le fait
d'être seuls face à un phénomène inconnu,
interrogés pour beaucoup plusieur années après
leur observation par des enquêteurs convaincus de l'existence
d'un mystère, et sélectionnés justement parce qu'ils
donnent une descritpion incompatible avec la rentrée
atmosphérique ! La réponse, elle est dans ces
« trente exemples
flagrants » sélectionnés par Joël
Mesnard, et on est même surpris que les
« anomalies » ne soient pas plus
marquées !
Parce qu'il nous faut rappeler que ces 33
cas que Joël Mesnard considère comme des « exemples
flagrants » qu'il y a eu autre chose qu'une rentrée
atmosphérique sont sélectionés parmi 408 qu'il a
examinés... Et cette sélection s'est faite sur
l'étrangeté des témoignages plutôt que sur
leur crédibilité, à voir le nombre de
témoins isolés ou ayant rapporté leur observation très tard !
C'est en effet souvent après plusieurs mois ou années que les
témoignages ont été enregistrés,
même si c'est rarement précisé dans
les enquêtes, ce qui donne du restre une idée du manque de
sérieux de celles-ci. C'est comme si ces enquêteurs
ignoraient que la mémoire d'un événement
s'altère avec le temps... Nous aurons d'ailleurs
l'occasion de le vérifier lorsqu'on trouve des versions
du témoignage plus immédiates, par exemple
dans le livre de Franck Marie ou dans les rapports de gendarmerie :
à chaque fois, comme toute personne un peu sensée s'y
attendrait, c'est la version la plus tardive du témoignage
qui est la plus inconciliable avec la rentrée
atmosphérique.
Et les témoins ne sont pas les seuls à pouvoir se tromper,
il y a aussi les enquêteurs... Il
n'y a malheureusement pas de diplôme d'enquêteur en
ufologie, et les enquêtes dans
LDLN sont faites par
à peu près n'importe quel lecteur de bonne
volonté, mais pas forcément formé
ni habitué au recueil de témoignages. Il
est aussi évident que la plupart de ces enquêteurs
sont très orientés dans une véritable croyance
à l'hypothèse extraterrestre, et ne vont
pas chercher à résoudre les problèmes qui se
posent à l'explication par la rentrée
atmosphérique, phénomène qu'ils connaissent par ailleurs très mal.
On note en particulier que lorsqu'un groupe d'observateurs a
observé le phénomène, on ne les interroge pas
séparément pour retenir les détails
mentionnés par tous, mais on cherche au contraire à faire
une synthèse de leurs observations en cumulant les
détails anormaux signalés par chacun ! De ce point
de vue, les auditions de témoins par les gendarmes sont menées
avec beaucoup plus de sérieux.
Nous verrons aussi à plusieurs reprises que lorsque Joël
Mesnard trouve un témoin décrivant le
phénomène dans la direction opposée à celle
de la rentrée, il en cherche un autre un peu plus loin dans la
direction de l'observation ayant vu quelque chose dans
la direction opposée (donc, si vous suivez, celle de la
rentrée), et il y voit une preuve que l'objet
observé est passé entre les deux témoins, et donc
à une altitude basse que l'on peut estimer ! Et peu importe que
le second témoin décrive quelque chose de très
différent du premier (dans ce cas et seulement dans ce cas, il
veut bien croire à la variabilité des
témoignages), et qui évoque tout à fait la
rentrée !
On trouvera même un cas où il est
manifeste que l'enquêteur a influencé le témoin
dans sa description de l'objet.
Tout cela donne
déjà un avant-goût du peu de sérieux de ces
enquêtes, pourtant considérées comme des
références chez les ufologues convaincus.
Venons-en aux faits !
C'est donc en 2001 que Joël Mesnard a publié son dossier
« final » sur le 5 novembre 1990, dans les
numéros 359 à 362 de sa revue
Lumières
dans la nuit. Sa position concernant cette « vague »
est restée inchangée depuis les
premiers articles qu'il lui a consacrés... Contrairement à d'autres
ufologues français, par exemple Jean Sider ou Franck Marie,
Mesnard admet qu'une rentrée atmosphérique explique une bonne
partie des témoignages... Disons plutôt qu'il en
accepte l'éventualité, parce qu'il ne manque tout
de même pas une occasion d'exprimer ses doutes à
ce sujet, et d'autre part il n'a pas fait beaucoup d'efforts pour se
renseigner et renseigner ses lecteurs sur ce type de
phénomènes !
Mais pour lui, il existe
des centaines de témoignages qui
sont totalement incompatibles avec l'explication par la
rentrée atmosphérique : d'authentiques ovnis qui
auraient « profité » de la
rentrée pour se manifester sans trop se faire remarquer, des
engins ayant « parasité » la
rentrée... Dans ce dossier, il passe en revue plus de trente de ces
« exemples flagrants », et beaucoup d'autres qu'il considère
comme relevant probablement d'une autre explication que la rentrée.
Nous allons les examiner un à un
dans l'ordre où ils sont abordés. Ce dossier
de Joël Mesnard se trouve sur le site de Philippe Huleux en dix parties. Je suivrai
donc ce découpage, en indiquant successivement les liens vers
les fichiers. Vous pourrez ainsi comparer la présentation de ces cas par
Joël Mesnard avec mes propres commentaires.
Je précise que j'ai envoyé à Joël Mesnard, il y a
quelques années, un courrier lui signalant bon nombre d'erreurs
que j'avais trouvées dans son dossier... J'ai su qu'il avait
bien reçu ce courrier, et que ça l'avait beaucoup
agacé, mais il n'a jamais publié le moindre correctif
concernant des erreurs pourtant flagrantes.
Carte des « 33 exemples flagrants »
Sur cette carte sont représentés les
« 33 exemples flagrants »
considérés par Joël Mesnard comme des
preuves qu'il y avait ce soir-là bien autre chose qu'une
rentrée atmosphérique (Il en compte en fait 34 en
distinguant les deux principaux témoignages de
Villavard). En passant la souris au-dessus du nom du lieu
d'observation, vous verrez un petit résumé de
Joël Mesnard, avec en rouge ma propre appréciation... En
cliquant, vous serez amené sur la discussion
détaillée du cas.
Les cas non retenus comme « exemples flagrants » :
Outre ces 33 ou 34 « exemples flagrants », Mesnard
mentionne dans son dossier un certain nombre d'autres cas, moins convaincants mais qu'il
considère aussi pour la plupart comme probablement étrangers
à la rentrée atmosphérique... N'étant pas à une trentaine
de cas près, nous les discuterons aussi... Cliquez sur le lien pour
accéder à l'exposé
détaillé, sinon passez à la suite pour
lire l'étude du dossier dans l'ordre.
Brétigny-sur-Orge (91) :
Les deux dames distinguent parfaitement le contour de cette masse.
En dehors de ce contour « parfaitement distingué » et d'une extinction de l'éclairage public au passage de l'objet, tout évoque la rentrée atmosphérique.
Bétheny (51) :
Une « ville dans le ciel, qui va du sud au nord ! »
La rentrée pas très bien située...
Sillery (51) :
À 50 m de l'énorme chose !
Ou plutôt à 150 kilomètre de la gigantesque rentrée !
Verzenay (51) :
« Comme un terrain de football, un porte-avions volant, un zeppelin... »
Beaucoup plus grand, beaucoup plus loin, c'était la rentrée.
Braine (02) :
On peut imaginer que cette dame a bel et bien assisté à la rentrée atmosphérique...
C'est certain, mais rien ne distingue son observation de bien d'autres considérées comme remarquables.
Saint-Félix (02) :
Les témoins n'ont pas cru une seule seconde à l'explication par la fusée russe.
Ils n'y ont pas cru, mais ils l'ont bien décrite !
Soissons sud (02) :
« C'était bien plus grand qu'un terrain de football ».
La rentrée, c'était plus de mille fois plus grand !
Vieux-Condé (59) :
Trajectoire orientée nord-sud !
Rentrée s'éloignant ou autre chose, en tout cas ça n'était pas très spectaculaire...
Maisons-Alfort (94) :
Probablement la rentrée atmosphérique...
Et même certainement !
Gare de Saint-Cloud (92) :
Ce cas a peu de chances d'être de nature ufologique...
Même avec son « troisième témoin » !
Cesson-la-Forêt (77) :
Comme un Boeing 747 qui larguerait son carburant à 50 m d'altitude...
La rentrée avec sa traînée lumineuse...
Vert-Saint-Denis (77) :
Un des faisceaux balaie doucement.
Vraisemblablement la rentrée, manque d'informations.
Nanterre (92) :
Certains témoignages sont plus flous que d'autres.
Mais celui-ci décrit plutôt bien la rentrée.
Vélizy-Villacoublay (78) :
Le dessin rappelle fortement l'observation de la gare de Saint-Cloud.
Et pour cause !
Caluire (69) :
Il existe des cas qui présentent de fortes analogies, mais aussi des différences marquées.
Autant que dans tout groupe de personnes décrivant un même phénomène !
Huisseau-sur-Cosson (41) :
Une boule lumineuse jaune laissant derrière elle trois traînées divergentes de couleur différente...
Vraisemblablement la rentrée décrite de façon un peu fantaisiste...
Saint-Même-les-Carrières (16) :
Autre cas de « structures tubulaires ».
Une simple variante de la « masse noire ».
Saint-Quentin-en-Yvelines (78) :
Un HLM volant !
La rentrée, bien plus grande encore !
Châteaudun (28) :
Le pilote parle d'une dizaine de minutes.
Confusion ou petite exagération, mais c'est bien la rentrée qui est décrite.
Dammarie-les-Lys (77) :
L'heure (19 h 35) est précise et certaine.
Quand la rentrée sert d'excuse à un rendez-vous manqué !
Territoire de Belfort (90) :
« Un bruit de brûleurs à gaz ».
Ça n'est pas la rentrée, mais il n'y a pas d'observation, juste un bruit bizarre...
Plateau de Bure (05) :
Entre deux et trois heures dans la nuit de lundi à mardi, nous trouvons une observation faite par un astronome...
Pas la rentrée, mais pas très excitant !
Montpellier (34) :
À 6 h 25 du matin (nous sommes toujours le 6) [...] une lueur rouge et orange se déplaçant très vite, haut dans le ciel...
Encore pas la rentrée, et encore moins excitant !
Noirmoutier (85) :
Vers 7 h du matin, un objet sombre, en forme de porte-manteau, avec de nombreux feux rouges autour et un gros feu rouge au centre.
Sans doute la rentrée avec une confusion d'horaire.
Bruxelles (Belgique) :
Un objet portant des lumières masque le sommet d'une tour.
Observation non confirmée nous dit Mesnard.
Colmar (68) :
Sur un film vidéo, les côtés d'un triangle apparaissent soudain.
Mesnard en doute encore, mais il s'agit d'un simple artefact.
Pescadoires (46) :
Le dessous de cette forme, couleur gris acier, est comme constitué d'un assemblage de tôles.
La classique forme noire imaginaire prend juste un peu de couleur.
Autoroute entre Halle et Leipzig (Allemagne) :
Une traînée, curieusement, n'était pas parallèle aux autres.
Unique détail curieux pour cette observation faite en conduisant.
Morges (Suisse) :
Les éléments dont nous disposons sont non seulement imprécis, mais même contradictoires sur l'essentiel...
Quand un témoin sur deux donne une description conforme à la rentrée, la conclusion est simple...
Saint-Nabord (88) :
J'admets que dans un cas comme celui-ci, un doute subsiste.
Et moi je ne comprends pas qu'on puisse avoir le moindre doute !
Saint-Marc-sur-Mer (44) :
Le témoin indique non seulement les azimuts et les sites nécessaires à un bon repérage de la trajectoire apparente, mais aussi les incertitudes qui entachent nécessairement ces évaluations.
Et bien sûr, tout cela est conforme à la rentrée atmosphérique !
Trilport (77) :
Pas d'azimuts, pas de hauteurs angulaires, et pourtant, tout y est !
Et quand tout y est, pas de doute, c'est la rentrée !
Grand déballage de « fusées soviétiques »...
C'est le titre de la première partie de ce dossier, parue
dans
LDLN n°359 de janvier 2001... Et nous
allons voir que ce titre qui se voudrait ironique est très bien choisi, puisqu'il n'y a
guère de raisons de douter que
chacun des cas
présentés dans cette première partie concerne la
rentrée de fusée soviétique et rien d'autre !
L'article a été scindé en trois parties sur le site de Philippe Huleux.
Sauzet (Lot) :
Taille apparente : supérieure à la largeur du champ visuel...
Des exagérations et une description un peu confuse pour ce témoignage tardif, une étoile bas sur l'horizon vient compliquer l'affaire, mais c'est certainement la rentrée atmosphérique qui a été vue.
Le témoin roule en voiture peu avant 19 heures lorsqu'il
voit face à lui, vers l'ouest et bas dans le ciel,
des lumières blanches qui se déplacent lentement.
Après une dizaine de minutes, ces lumières
sont cachées par les arbres et les maisons au bord de la route ;
mais à l'entrée de Sauzet, lorsque le champ visuel se
dégage, le témoin voit tout à coup une
gigantesque masse sombre presque au-dessus de lui ; il
s'arrête en catastrophe, sort de sa
voiture et traverse le carrefour pour mieux voir « la chose» :
ce sont d'abord trois grosses lumières orange qui s'allument
une à une, et restent stationnaires ; puis passe « une
sorte de banc de brouillard » ; puis ces lumières
s'éteignent et il en voit d'autres, plus petites et
innombrables, portées par l'énorme « masse » qui occupe
tout son champ de vision ! L'objet dérive alors lentement en direction du
nord-est, et brusquement tout s'éteint.
La trajectoire globale est celle de la rentrée
atmosphérique et l'heure correspond, mais on voit qu'il y a bon
nombre d'anomalies dans cette observation... On pourrait se contenter
de trouver cela normal pour un récit fait après plus
de cinq ans, mais voyons si on peut comprendre comment ce témoin a pu se tromper.
Le détail le plus surprenant est la durée de l'observation, puisque
ce témoin aurait observé les lumières initiales sur
un parcours de 12 km sur une départementale, sûrement donc
pendant une dizaine de minutes... Et il semble sûr de lui,
puisqu'il précise que la route étant sinueuse, les
lumières apparaissaient tantôt à sa
droite, tantôt face à lui. C'est pendant la
première moitié du parcours que la route est
sinueuse, et dirigée en moyenne vers l'ouest-sud-ouest ;
pendant la seconde partie, elle est dirigée vers l'ouest-nord-ouest et
reste pratiquement rectiligne. Qu'est-ce qui pouvait donc
être vu vers l'ouest, bas sur
l'horizon, durant dix minutes avant la rentrée ? Sur une telle
durée et distance, il n'y a guère qu'un objet astronomique qui peut
être en cause, et Il suffit de
consulter un logiciel d'astronomie (par exemple ici l'excellent Stellarium,
gratuit) pour avoir la réponse : Arcturus, une des trois
étoiles les plus brillantes du ciel à ce moment,
se trouvait à 18 h 50 à un azimut 290°
(ouest-nord-ouest) et une hauteur angulaire de 8° :
Elle se trouvait donc bien en fonction des virages face à la route ou
légèrement à droite, et bas sur
l'horizon. On voit par ailleurs la différence de
luminosité d'Arcturus
par rapport aux étoiles du Grand chariot, bien
reconnaissable un peu à droite. Et on sait
combien une étoile très lumineuse vue bas sur
l'horizon peut présenter un aspect
étrange (j'ai été moi-même victime d'une
telle confusion pendant un bon quart d'heure, pensant avoir affaire
à une sorte de phare changeant cycliquement de couleur). Le
témoin parle de plusieurs lumières,
mais il a sans doute associé dans sa mémoire
cette lumière qui a dû l'intriguer dans
un premier temps avec d'autres lumières beaucoup plus
étranges apparues
sensiblement dans la même direction peu avant son
arrivée à Sauzet : celles de la
rentrée atmosphérique (trajectoire en blanc), dont la
position lors de l'explosion devait être à l'azimut 275°
(plein ouest) pour une hauteur sur l'horizon de 15°.
Ensuite, le témoin explique qu'il n'a plus rien vu du fait
que la route est bordée d'arbres et de maisons sur le
dernier kilomètre avant l'arrivée à
Sauzet (en fait ça serait plutôt de l'ordre de 500 m),
et arrivé au carrefour dégagé de la route vers
Luzeh, il aurait vu l'immense « masse noire» :
vraisemblablement la rentrée ayant pris toute son
ampleur, peu avant son passage au plus près.
Lorsqu'il voit une multitude de lumières sur l'immense
« structure », le témoin dit que la chose occupe
toute la largeur de son champ visuel, au point qu'il se trouve trop
près pour percevoir la forme de l'objet... Une façon comme une autre
d'expliquer la très classique « masse noire dont on ne parvient pas
à distinguer les contours » ! La rentrée
atmosphérique ne dépassait sans doute pas une
quinzaine de degrés en longueur, mais une telle exagération
des dimensions angulaires est courante surtout pour un
témoignage très tardif.
Quant à l'impression qu'il a de se trouver « quasiment sous
l'immense chose », elle résulte comme
d'habitude de l'impression que l'objet était très
proche... La rentrée atmosphérique ne passait
qu'à une hauteur de 26° au plus près,
mais le dessin qui représente l'observation dans
LDLN montre
sans ambiguïté que le
phénomène était bas sur l'horizon :
Il n'est du reste pas précisé si c'est le
témoin qui a fait ce dessin, et personnellement j'en
doute... On a plutôt l'impression que l'enquêteur, Monique
Gabrielli, n'a reçu qu'un
rapport d'observation un peu confus, et a tenté tant bien que
mal de représenter cette observation sans avoir pu essayer
d'éclaircir les détails ambigus. Si l'on suit le
témoignage, les trois grosses lumières se sont
éteintes avant que les petites ne soient remarquées, on
ne voyait donc pas en même temps ces deux types de
lumières... Il n'est pas évident non plus à la
lecture du témoignage que les trois grosses lumières se
seraient trouvées à l'arrière de la « mase
noire » comme sur le dessin. Trois grosses lumières
accompagnées d'autres plus petites cela évoque les autres
témoignages concernant la rentrée à ce niveau de
sa trajectoire, mais il manque les traînées
laissées principalement par les grosses lumières... Mais
ne s'agirait-il pas de la « sorte de banc de brouillard »
passée juste après l'apparition des grosses
lumières ? Tout ça n'est pas clair...
L'allumage des trois grosses lumières une à une peut
s'expliquer simplement par leur apparition de derrière les grands
arbres qui se trouvent des deux côtés de la
route après le carrefour. La route est orientée
vers l'azimut 312°, un peu à gauche du
passage au plus près de la rentrée, à 330°.
Ça n'est qu'à droite de la route, là où le
témoin a vu les lumières « se
stabiliser » momentanément, que
l'horizon est dégagé. L'extinction de ces
mêmes lumières alors que l'objet
s'éloignait vers le nord-est peut
être réelle : on sait que dans l'ouest de la
France, un certain nombre de grosses lumières laissant des
traînées étaient visibles, mais il n'en restait que
deux, souvent fusionnées, dans le centre et à l'est.
La durée de l'observation rapprochée est
estimée par le témoin entre deux et cinq minutes...
L'horizon étant bien dégagé au
carrefour en direction du nord-est, il est bien possible qu'il ait
observé la rentrée pendant presque deux minutes
après son passage au plus près.
On apprend enfin que le
témoin a informé le SEPRA de son observation
après quelques jours, mais apparemment juste par
téléphone... C'est dommage, s'il avait
déposé auprès d'une gendarmerie on aurait pu
connaître sa description « fraîche ».
Après cinq ans, les déformations de la mémoire rendent un tel
témoignage à peu près inexploitable, mais il y a
trop de détails évoquant la rentrée
atmosphérique pour que l'on puisse sérieusement
douter de l'explication.
Périgueux (Dordogne) :
La chose passe entre deux groupes de témoins.
Ou plutôt entre deux témoins : le premier décrit parfaitement la rentrée atmosphérique, l'autre connu de façon indirecte décrit une « chose » moins spectaculaire dans la direction opposée.
Le texte de Mesnard commence par un sous-titre parfaitement mensonger :
la chose passe entre deux groupes de témoins...
En fait, il y a un seul témoin dans chaque « groupe » !
Le premier de ces témoins, photographe de métier, a
observé vers 19 h, et pendant une dizaine de secondes, un
ensemble de globes lumineux orangés dessinant le contour d'un
rectangle, mais qui n'étaient reliés entre eux par aucun
élément visible, et dont deux à l'arrière
laissaient des traînées lumineuses très
distinctes s'éteignant peu à peu.
L'ensemble occupait 90° du champ visuel, se déplaçait
précisément d'ouest en est, et passait au nord
à une hauteur angulaire de 45°. On remarque ici qu'un
photographe professionnel sait apprécier les angles, puisque
la rentrée passait au plus près à
43° de hauteur sur l'horizon !
La distance est estimée à 200 à 400 m au sol, soit
280 à 560 m de distance réelle pour cet angle de
45°... Même un photographe professionnel est incapable
d'estimer la distance d'un objet inconnu, mais on peut chercher si les
valeurs angulaires que l'on peut déduire sont cohérentes
avec la rentrée atmosphérique, laquelle passait
au plus près à une distance de 150 km.
Les dimensions du rectangle délimité par l'ensemble de
lumières sont estimées à à 25 m sur 50, ce qui
correspondrait à la distance de la rentrée à une
longueur de 15 à 30 km, juste un peu minimisée. La longueur des
traînées est estimée de son côté
à un kilomètre, soit tout le champ visuel visible... Les
traînées lumineuses ionisées de la
rentrée étaient beaucoup plus courtes, mais il semble que dans
l'ouest de la France elles se prolongeaient par des
traînées beaucoup plus longues semblables aux traînées de
condensation des avions.
La durée d'observation, estimée à 8 à 10 secondes pour un
objet qui aurait parcouru de l'ordre de 90° dans le ciel, est de son
côté nettement sous-évaluée : la
rentrée mettait 40 secondes pour parcourir cet angle.
La vitesse de déplacement est estimée à
moins de 100 km/h, ce qui à la distance réelle de la
rentrée atmosphérique correspondrait à 27 000
à 54 000 km/h au maximum, une estimation correcte puisque la rentrée
se déplaçait à 28 000 km/h. Notons
qu'à la vitesse de 100 km/h, un objet se trouvant à la distance
estimée par le témoin mettrait entre 20 et 40 secondes
pour parcourir 90° dans le ciel... Il y a donc
incompatibilité avec la durée d'observation
estimée, la seule indication un peu anormale concernant la
rentrée atmosphérique.
Nous avons donc là une description
extrêmement précise de la rentrée
atmosphérique, d'autant que comme d'habitude
on ne nous dit pas après combien de temps ce récit a
été fait, et on se demande donc ce qui peut bien
pousser Mesnard à considérer ce témoignage
comme une des meilleures preuves qu'il y avait ce soir-là
« autre chose» !
Et la raison, c'est donc le second « groupe »
d'un seul témoin... En l'occurrence, un témoin
anonyme que l'enquêteur n'a pas rencontré, simplement
mentionné par le premier témoin.
Il s'agit d'une dame habitant au nord-ouest de la position du photographe et qui a vu
à la même heure un ensemble lumineux
« défilant de telle manière qu'elle a cru qu'il
s'agissait d'un camion entrant dans la caserne Ardant du Picq », caserne
située au sud de son domicile, avant de se rendre compte que
c'était plutôt au-dessus de cette caserne.
Toute personne un peu sensée déduirait qu'à
Périgueux le photographe a observé la
rentrée atmosphérique (et sûrement bien d'autres
personnes), et cette dame a observé autre chose ou s'est
trompée de direction, à moins que ça ne soit le photographe
qui ait mal interprété son témoignage !
Mesnard, pour sa part, déduit que le même objet est passé entre
ces deux personnes, qu'il érige pour être plus
convainquant au rang de « groupes », et en en fait
donc un cas de passage à la verticale de Périgueux !
Remarquons que comme par hasard l'observation qui semble incompatible avec la
rentrée atmosphérique est celle faite par le
témoin le plus indirect (Mesnard a vu l'enquêtrice
qui a vu l'homme qui a vu la femme qui a vu l'objet), celui dont la
profession ne nécessite pas de bonnes qualités d'observation, celui
enfin qui a fait l'observation la moins spectaculaire (il est vrai qu'on n'a
pas la moindre description de ce qu'a vu cette dame, mais on peut
supposer qu'un objet qu'on prend dans un premier temps pour un camion
passant à 500 m ne doit pas être particulièrement
spectaculaire !)
Ile de Groix (Morbihan) :
Un losange de lumières reste à la verticale d'un chalutier pendant cinq minutes, puis part à une vitesse foudroyante.
Le passage à la verticale est plus que douteux, et pour le reste à part quelques erreurs de perception mineures il s'agit d'une bonne description de la rentrée atmosphérique.
Joël Mesnard se réfère au témoignage de
José Bal, patron d'un chalutier, recueilli après trois ans,
mais on peut lire aussi ce qu'il déclarait le lendemain de son
observation à des journalistes de
Ouest-France :
Il était 19 h 15, alors que nous étions dans le suroît
de Pen-Men, à 18 miles. Il y a eu une explosion dans le ciel
qui est devenu rouge tout d'un coup. Juste après cette
explosion, j'ai pu voir au-dessus du bateau un objet en forme de losange qui est
resté stationnaire pendant 3 à 4 minutes. Cet
objet qui pouvait se situer à une distance de 1000 à
1500 mètres de moi a ensuite disparu en laissant derrière lui
une traînée blanche.
Dans son témoignage plus détaillé mais
beaucoup plus tardif, José Bal explique :
D'un coup, il y a eu comme une explosion, une lumière rouge
intense, rouge pâle si on veut, comme un éclair
rouge-orange, qui paraissait bas sur l'horizon. Ça n'était pas
très gros, mais tout de même assez important...
C'était assez loin... difficile de préciser la
distance. Je me suis dit que c'était peut-être un avion ou
un hélico qui aurait explosé, et puis non, vu la
façon dont c'est venu ensuite. C'était comme si
c'était rentré dans l'atmosphère, et aussitôt
après, une lumière rouge : deux feux rouges qui
avançaient. Il me semble que c'est celui de gauche qui
était le plus haut. Ça avançait droit dans l'axe
du bateau, avec un cap au nord-est. On a pu estimer (que ça
venait d') entre le 200° et le 220°, à la vitesse d'un
avion à hélice, une vitesse régulière,
comme un avion qui va atterrir, mais ça ne paraissait pas haut,
presque à l'horizontale, sur l'horizon.
Le début de l'observation est typique des débuts de
la rentrée atmosphérique : une explosion, deux
boules lumineuses qui en sortent et avancent lentement, puis un ensemble
de lumières suivies de traînées prend
forme peu à peu, c'est ce que décrivent tous les témoins qui
étaient situés par exemple sur la côte des Landes,
les mieux placés. José Bal est d'ailleurs sur la bonne
voie en disant : « C'était comme si c'était
rentré dans l'atmosphère » !
L'heure de l'observation, environ 19 h,
est bien celle de la rentrée (le
témoin disait environ 19 h 15
dans ses premières déclarations, ça
reste proche). La direction d'où
ça provenait, azimut compris entre 200 et 220°,
correspond bien à celle où l'étage de
fusée a explosé, seul le cap suivi, droit vers le bateau
d'après M. Bal, est un peu différent.
M. Bal estime la durée de cette première phase, entre l'explosion
et le passage au plus près, à environ 5 minutes,
ce qui est très exagéré (sans doute de
l'ordre d'une minute, guère plus, pour la rentrée, tout
dépend du moment où l'étage de fusée a
explosé), mais une telle exagération est courante.
Après, ça se gâte :
Et puis c'est arrivé à la verticale du bateau, et d'un seul
coup, des lumières se sont allumées : beaucoup de
lumières blanches. Quand ces feux blancs se sont allumés,
on ne voyait plus les feux rouges. Les lumières blanches sont
passées au-dessus du toit de la passerelle : je ne les voyais
plus, alors je suis sorti sur l'arrière du bateau, ce qui
m'a demandé quinze secondes. Bon, je les ai vues de
l'arrière, et j'ai constaté qu'elles étaient
disposées en losange.
La forme approximative de losange correspond encore bien aux descritptions des autres
témoins de la rentrée atmosphérique, mais cette
dernière passait au plus près à 21° de hauteur
par rapport à l'horizon... Était-ce suffisant pour que
M. Bal ait été gêné par le toit
de sa cabine ? Pour le savoir, voyons comment se présente ce
bateau... Sur une photo trouvée sur Internet où on le
voit de profil (photo Philippe Malpertu, sur le site
bateauxdepeche.net),
il semble que l'on distingue la tête du marin qui le dirige, à quelque
50 cm de la vitre avant (s'il était à un mètre
comme l'indique le témoin dans ses éclaircissements
récents, le champ de vision serait encore plus limité !)
On peut donc voir quel est son angle de vision vertical, limité en
bas par le pont et en haut par le cadre de la vitre avant :
La hauteur maximale de visibilité sur l'horizon est de
13°, M. Bal aurait donc bien été gêné
pour observer la rentrée lorsqu'elle passait au plus
près, à une hauteur moyenne sur l'horizon de 21° avec
les parties les plus hautes qui devaient se trouver à environ
25°. Certes, ce champ de vision dépend de la taille de la
personne, mais on voit que le champ est très limité, et
il est évident que lorsqu'on dirige un tel navire l'important
est de voir sans difficulté ce qui se trouve sur la mer, donc
en dessous de l'horizon, plutôt que dans le ciel... Ici, il ne
voit déjà qu'à 10° au-dessous de l'horizon,
ça ne doit pas être quelqu'un de
très grand !
Il y a donc une incohérence dans le
témoignage : M. Bal nous dit que c'est alors que l'objet
était à la verticale de son bateau qu'il est sorti de sa
cabine pour mieux l'observer, alors qu'en fait il ne pouvait le voir
depuis la cabine qu'alors qu'il était très bas sur
l'horizon...
Continuons :
Je me suis dit: « de l'avant, je verrais mieux », donc
je suis passé à l'avant, et là, on le voyait
très bien, ce fameux losange. C'était vraiment au-dessus de nous.
Il ne bougeait pas, malgré le sens inverse du bateau en marche,
donc il devait reculer un peu, en fait. Un losange complet, bien
délimité par des lumières blanches tout autour,
comme des guirlandes. Superbe !
La photo de M. Bal sur son bateau peut nous éclairer :
En voyant cette photo dans
LDLN, j'avais cru que M. Bal se
trouvait à l'arrière du bateau, et je m'étais
étonné qu'il ait trouvé utile de passer à
l'avant « pour mieux voir » un phénomène
censé se trouver à la verticale du bateau, alors que rien
ne semble limiter son champ de vision hormis la cabine bas sur l'horizon... Et je me trompais sur ce
point, puisqu'on voit bien sur la photo du bateau vue plus haut que le
champ de vision à l'arrière est très
limité... Mais il apparaît aussi que la photo de
LDLN
montre en fait Monsieur Bal
à l'avant
du bateau... Et cela répond aussi à une question que je me
posais : pourquoi diable l'enquêteur Dominique Madrignac, qui a
interrogé M. Bal sur son chalutier le 14 septembre 1993, n'avait
pas pris de photo du témoin dans la position qu'il avait lors de
son observation ? Il l'a donc fait, et c'est naturellement cette photo qui
illustre l'article ! Mais on y voit M. Bal regarder vers l'avant du bateau,
légèrement à droite, et bas sur l'horizon,
précisément la direction de la rentrée
atmosphérique en approche ! Ou si on préfère de
l'ovni en approche, à ceci près que d'après son
témoignage M. Bal aurait observée cette phase d'approche
depuis la cabine de pilotage !
Nous avons vu aussi que dans l'article de journal il indiquait que
l'objet était passé à une distance de
1000 à 1500 m de lui... Ça n'est
pas le genre de chose qu'on dit pour un engin qui passe au-dessus
de soi, on parle alors plutôt de l'altitude pour éviter
les ambiguïtés. Le témoin ne mentionnait pas dans
cet article l'altitude estimée de
l'objet, mais il l'a fait dans son témoignage tardif, en
indiquant 900 m... En faisant une synthèse des deux indications,
on peut supposer que les 1000 à 1500 m correspondent
à la distance au sol (il pourrait aussi s'agir de la distance
réelle, mais on imagine mal quelqu'un donner comme distance 1000 m et comme altitude
900 m, à peine moins). La hauteur angulaire serait alors
comprise entre 31 et 42°, pas trop exagérée par rapport
aux 21° de la rentrée atmosphérique.
Concernant la dimension du phénomène, il nous dit que c'était
« comme si on avait eu un plafond au-dessus de nous, qui déborde de
chaque côté »... Cela relève sûrement
de l'exagération, mais il estime aussi la dimension à 200
ou 300 m pour une altitude de 900 m... Ça n'est
déjà plus un « plafond qui déborde de chaque
côté », puisque ça ferait une dimension angulaire
de 13 à 19° si l'objet était à la verticale,
et encore nettement moins s'il passait à une hauteur angulaire de
31 à 42°. Reportée à l'altitude
réelle de la rentrée atmosphérique, cette
dimension atteindrait 22 à 33 km, sûrement très
proche de la réalité.
On retrouve aussi chez M. Bal l'inévitable masse noire sur
fond noir dont on ne distingue pas les contours :
On
avait l'impression de matière, mais dans le centre, est-ce que
c'était une masse ? On ne voyait rien au travers. Ça
n'était pas transparent, sinon on aurait vu un petit nuage, une
étoile. On ne voyait que du noir, mais plus noir que le ciel.
Même dans la nuit, on fait la différence.
Selon M. Bal, le phénomène est resté stationnaire
au-dessus de son bateau pendant au moins cinq minutes... M. Bal n'avait
aucun point de repère à l'arrière de son bateau
(en dehors des étoiles mais il ne se souvient pas en avoir vu,
elles étaient sûrement visibles mais il n'y a pas
fait attention), il était absorbé par son observation,
la rentrée atmosphérique se déplaçait
lentement, à la vitesse angulaire de 1,5 degré par
seconde seulement lors de son passage au plus près, il n'est
donc pas surprenant qu'il ait pensé quelque temps que
l'objet faisait du sur-place. Seule son estimation de la durée
est très exagérée, cette impression
n'a sûrement pas duré plus d'une trentaine de secondes.
Il semble qu'il ait ensuite associé le déplacement de l'objet
à l'apparition de grosses traînées
lumineuses, prises pour des réacteurs :
Je suis resté longtemps à regarder, puis ça a avancé un petit
peu, en dépassant le bateau pour arriver au travers de
l'arrière, et là, il y a eu les réacteurs (je pense que
c'étaient des réacteurs) qui se sont mis en route.
Ça s'est allumé en deux fois, mais au début,
c'était juste minime, tout doucement, comme un brûleur
à gaz avec des flammes blanches, pas (violentes), et
progressivement, au fur et à mesure qu' « ils »
mettaient la sauce, on voyait les genres de réacteurs qui
forçaient. C'est devenu assez vif comme une traînée
de lumière blanche, et d'un seul coup, c'est parti, d'un
mouvement terrible, cap nord-est, à une vitesse incroyable.
La dernière phrase est une exagération tardive,
puisqu'il disait plus simplement le lendemain de son observation :
Cet objet qui pouvait se situer à une distance de 1000
à 1500 mètres de moi a ensuite disparu en laissant
derrière lui une traînée blanche.
Sur un dessin, M. Bal indique que l'objet se serait éloigné au
nord-est, alors que la rentrée atmosphérique devait
disparaître pratiquement vers l'est, mais on peut supposer que cela
découle de sa conviction que l'objet, qui venait du sud-ouest, était
passé exactement au-dessus de son bateau.
On peut se demander aussi si au cours de son observation, le bateau de M. Bal n'aurait
pas un peu viré, ce qui pourrait mieux expliquer soit
l'impression de sur-place, soit le mauvais cap final (mais pas les
deux, à moins d'imaginer que le bateau ait viré
d'abord à gauche et puis à droite, ce qui serait
un peu surprenant).
Au début de cette année, l'observation de Monsieur Bal
a été évoquée sur le forum pour
ufo-crédules « les
Mystères des Ovnis » ; un des intervenants,
« Elevenaugust » (qui fait du reste partie des
quelques participants très sérieux, ayant écrit
en particulier des dossiers passionnants sur des méprises
photographiques ou météorologiques), habitant la
région et qui connaissait l'enquêteur ayant
interrogé M. Bal, s'était proposé pour
rencontrer ce dernier et tenter d'éclaircir les points d'ombre.
Un questionnaire avait été préparé
avec le concours du modérateur d'alors, « Nathanaël »
et d'autres participants :
Ile de Groix-constitution du questionnaire.
Et puis le temps à passé, j'ai été banni de
ce forum, Nathanaël s'est lui-même auto-exclu lorsqu'il est passé du stade de
croyant intégriste à celui de sceptique intégriste, mais
Elevenaugust n'a pas pour autant renoncé à
rencontrer ce témoin, et il a fini par le faire tout
récemment... J'ai recopié ce compte-rendu, en ajoutant mes commentaires :
-
Localisation de l'observation.
La position supposée à 18 milles dans le suroît (soit
au sud-ouest, c'est-à-dire 225° depuis la pointe de Pen-Men
sur l'île de Groix) se trouve au niveau du point rouge sur la
capture d'écran ci-dessous. Le témoin peut-il confirmer
cette position ?
Oui, tout à fait.
-
Direction de la course du chalutier. Quel était le cap suivi par
le chalutier ? Si le témoin est capable de donner un cap,
à quel moment celui-ci a-t-il été relevé
(avant, et si oui combien de temps avant ? pendant ? ou après ?)
Le chalutier se déplaçait cap Suroît (Sud-Ouest), et
en ce qui concerne le moment du relevé, il n'y a pas eu de
relevé précis à ce moment-là, mais le
bateau maintenait ce cap en permanence bien avant le début de
l'observation et après sa fin.
À l'enquêteur de LDLN, Monsieur Bal avait dit que le bateau se dirigeait vers le sud.
-
Dimensions du chalutier et de la passerelle. Serait-il possible d'avoir une photo du chalutier ?
Le chalutier mesure 13,30 m de long pour 5,40 m de large et la cabine fait 3 m sur 3 m.
Une photo est jointe, mais on peut trouver pas mal de photos de l'Elvis sur
Internet en tapant simplement « chalutier Elvis » dans la recherche
Google catégorie images. M. Bal n'est plus propriétaitre
de ce bateau qui se trouve maintenant à Trouville en Normandie,
mais il n'a guère changé en dehors de l'ajout du
bastingage sur la passerelle supérieure.
-
« J'étais sur la passerelle. Le reste de l'équipage
dormait. D'un coup, il y a eu comme une explosion, une lumière
rouge intense, rouge pâle si on veut, comme un éclair
rouge-orange, qui paraissait bas sur l'horizon. Ça
n'était pas très gros, mais tout de même assez
important... comme une explosion. C'était assez loin...
difficile de préciser la distance. Je me suis dit que
c'était peut-étre un avion ou un hélico qui avait
explosé, et puis non, vu la façon dont c'est venu ensuite ».
Question : Lors de cette première phase de
l'observation, quelle place le témoin occupait-il dans la
cabine, était-il au poste de pilotage ? Ou observait-il la
scène d'un autre point de vue ? Selon le point d'observation,
quel est le champ de vision que lui autorisait la structure de la
cabine ? S'il était au poste de pilotage, quel était son
champ de vision et quel est l'angle de vue maximal et minimal en
hauteur que permet cette situation ? Lui aurait-il été
possible de voir un phénomène situé à
25/30° de hauteur sur l'horizon ? À défaut de pouvoir
en rendre compte, est-il possible d'évaluer les distances :
celle de l'oeil par rapport à la vitre, et celle de la hauteur
de l'oeil par rapport au haut de la vitre. Et pareil à
l'extérieur avec le toit de la cabine...
Mr Bal se trouvait face aux vitres de la cabine, dans le poste de pilotage,
(4 vitres d'environ 70 cm de large sur 1 m de long chacune environ), son
regard se trouvant à environ 1 m des vitres, le champ de vision
étant très large ; il estime qu'il lui aurait tout
à fait été possible de pouvoir voir un
phénomène se trouvant à 25/30° au-dessus de
l'horizon.
Il se trompe sur ce point, nous avons vu
que la hauteur limite de visibilité doit être de l'ordre
d'une quinzaine de degrés...
-
« Ça avançait droit dans l'axe du bateau, avec un cap au nord-est »
Question : Quels sont les éléments d'appréciation qui ont
permis au témoin de juger d'une trajectoire de l'objet
précisément dans l'axe du bateau ?
Cap du bateau inchangé et apparition du phénomène face au
bateau et disparition dans l'axe arrière du bateau.
D'après l'enquête de LDLN,
le bateau se déplaçait vers le sud, le
phénomène serait donc apparu un peu vers la droite et se
serait éloigné à l'arrière gauche du bateau.
-
« Et puis c'est arrivé à la verticale du bateau, et
d'un seul coup, des lumières se sont allumées : beaucoup
de lumières blanches. Quand ces feux blancs se sont
allumés, on ne voyait plus les feux rouges. Les lumières
blanches sont passées au-dessus du toit de la passerelle : je ne
les voyais plus, alors je suis sorti sur l'arrière du bateau, ce
qui m'a demandé quinze secondes »
Question : En ce qui concerne cette étape de l'observation, le témoin
confirme-t-il que le phénomène est sorti de son champ de
vision et quels sont les éléments qui lui ont permis
relativement à sa position à l'intérieur de la
cabine de conclure que l'objet s'était déplacé
pour se situer au-dessus du toit de la passerelle ?
Oui, et la trajectoire rectiligne du phénomène lui a fait
immédiatement penser que l'objet devait logiquement se retrouver
au-dessus du bateau.
C'est là que le bât blesse : étant donné la limite de
visibilité depuis la cabine, les lumières devaient encore
être très bas sur l'horizon lorsqu'il est sorti... Et
l'objet ne pouvait pas s'être beaucoup déplacé
pendant ce temps puisque toujours dans l'article de LDLN le
temps écoulé entre l'apparition du
phénomène et son arrivée à la verticale du
bateau était de l'ordre de 5 minutes.
-
« Bon, je les ai vues de l'arrière, et j'ai
constaté qu'elles étaient disposées en losange. Je
me suis dit : « de l'avant, je verrais mieux », donc je suis
passé à l'avant, et là, on le voyait très
bien, ce fameux losange. »
Question : Le témoin
peut-il nous confirmer que lorsqu'il fut sorti à
l'arrière du bateau, il pouvait voir très nettement le
phénomène à la verticale de celui-ci ? Pourquoi
selon lui alors même qu'il pouvait observer ce
phénomène de l'arrière du bateau a-t-il
éprouvé le besoin de se rendre à l'avant du bateau
pour mieux voir ? Est-ce parce que son champ de vision était
obstrué par la cabine ? Ou y a-t-il une autre raison ?
Oui, le phénomène à la verticale du bateau était
visible depuis l'arrière, cependant la configuration du bateau
limitait sa vision globale du phénomène, en particulier
à cause de la casquette (dans le prolongement de
l'arrière de la cabine) et du matériel de pêche
suspendu (palans, filets....). La visiblité est bien meilleure
à l'avant.
C'était moi qui avais
suggéré cette question en pensant que le champ de vision
à la verticale était dégagé à
l'arrière du bateau, mais nous avons vu que je me trompais sur
ce point en interprétant mal la photo illustrant l'article de LDLN...
Il apparaît au contraire que le champ de vision depuis
l'arrière est très encombré... Mais il est clair
aussi qu'il était impossible de voir depuis l'arrière un
objet arrivant dans l'axe avant du bateau s'il n'était pas
très haut sur l'horizon, ce qui précisément ne
pouvait pas être le cas. Si l'objet se trouvait un peu à
droite du bateau, M. Bal pouvait le voir de l'arrière en se positionnant sur le côté.
-
« C'était vraiment au-dessus de nous. Il ne bougeait pas,
malgré le sens inverse du bateau en marche, donc il devait
reculer un peu, en fait. Un losange complet, bien
délimité par des lumières blanches tout autour,
comme des guirlandes. Superbe ! C'était assez important,
ça paraissait vraiment énorme, même bien 200
à 300 m de côté, beaucoup plus que mon bateau, au
moins quatre à cinq fois comme le bateau, comme si on avait eu
un plafond au-dessus de nous, qui déborde de chaque
côté. On n'avait pas l'impression que c'était haut,
parce qu'avec tous ces feux qui étaient vraiment
énormes... Mais est-ce que ça paraissait grand parce que
c'était bas ? Ça n'avait pas l'air d'être haut, vu
comme c'est arrivé bas sur l'horizon, peut-être 900 m de
haut, par comparaison aux câbles qu'on allonge pour la
pêche. »
Question : Lorsque le témoin
observait le phénomène de l'avant du bateau, vers quelle
direction regardait-il ? Était-il orienté vers la cabine
pour observer l'objet à la verticale du bateau ou regardait-il
dans la direction du déplacement du bateau ou autres ? Peut-il
nous décrire à ce moment quelle était sa position
exacte d'observateur relativement au bateau et au
phénomène observé ?
Il faut savoir
que le bateau se déplaçait à ce moment-là
à 3,5 Noeuds (soit environ 6,5 Km/h, vitesse constante et non
modifiée) et que Mr Bal avait l'impression que l'objet « suivait »
le bateau, restant parfaitement immobile durant tout le temps de
l'observation au-dessus du bateau. Mr Bal était tourné
vers l'arrière du bateau, se trouvant à l'avant, le
regard à la verticale, puis dirigé vers l'arrière
lorsque le phénomène a commencé à se
mouvoir.
Une autre précision : Mr Bal n'est pas
resté constamment à l'avant durant tout ce temps
d'immobilisation du phénomène, mais a fait des
aller-retours avant-arrière afin de mieux jauger le
phénomène.
Voilà qui est contraire à ce que l'on voit sur la photo illustrant LDLN.
Le témoin dit avoir observé un objet énorme ? Il
donne une estimation de 200/300 m de côté pour une hauteur
estimée de 900 m. L'estimation de la longueur de
côté de 200/300 m est-elle l'estimation de la longueur
réelle de l'objet ou de sa dimension apparente ? Le témoin
peut-il évaluer les dimensions angulaires ou apparentes
(à bout de bras) (comparaisons avec le diamètre lunaire,
une constellation telle que la Grande ourse...) ?
Non, cette estimation ne signifie rien, le témoin reconnaît
bien volontiers que sans aucun point de repère, il est difficile
voire impossible de donner une estimation fiable, ce qu'il a dit
à l'époque étant pour donner un ordre de grandeur
très relatif. Quoiqu'il en soit, l'impression
« d'énormité » du phénomène demeure
dans son esprit, même 20 ans plus tard.
Pour la taille estimé à bout de bras, une longueur de main est bien
en-deçà de la réalité, l'estimation
étant de 70 à 80 cm de long (mesuré sur un
réglet tenu à bout de bras).
Ça donnerait une dimension angulaire impressionnante de l'ordre de
60°, largement supérieure à celle de la
rentrée atmosphérique qui ne devait pas dépasser
15°. Mais nous avons vu que les indications
précédentes de 200 à 300 m de longueur pour une
altitude de 900 m donnaient une dimension bien plus réduite, de
13 à 19° si l'objet était à la verticale, et
encore moins dans le cas contraire.
Lorsque le témoin décrit le phénomène comme étant « un
plafond au-dessus de nous, qui déborde de chaque
côté. », qu'entend-t-il par là ? Le
phénomène débordait-il effectivement des
côtés du bateau jusqu'à barrer la vue du ciel par
exemple ? Comme il semble le décrire dans la partie qui suit :
« On avait l'impression de matière, mais dans le centre,
est-ce que c'était une masse ? On ne voyait rien au travers.
Ça n'était pas transparent, sinon on aurait vu un petit
nuage, une étoile. On ne voyait que du noir, mais plus noir que
le ciel. Même dans la nuit, on fait la différence ; je ne
me souviens pas d'avoir vu des étoiles, mais le ciel
était clair, vraiment clair »
Effectivement, Mr Bal dit clairement que l'objet aurait pu englober son bateau sans
problèmes, et qu'il barrait la vue du ciel. L'impression de
matière, de sombre au milieu de ce phénomène
demeure, et d'éventuelles étoiles n'étaient pas
visibles dans ce centre.
L'habituelle forme noire qu'on ne distingue pas dans le fond de la nuit
-
« C'est resté stable bien cinq minutes au-dessus de nous,
à faire du sur-place, comme s'« ils » voulaient nous
voir, nous photographier... Je suis resté longtemps à
regarder, puis ça a avancé un petit peu, en
dépassant le bateau pour arriver au travers de l'arrière,
et là, il y a eu les réacteurs (je pense que
c'étaient des réacteurs) qui se sont mis en route.
Ça s'est allumé en deux fois, mais au début,
c'était juste minime, tout doucement, comme un brûleur
à gaz avec des flammes blanches, pas (violentes), et
progressivement, au fur et à mesure qu'« ils »
mettaient la sauce, on voyait les genres de réacteurs qui
forçaient. »
Question : Le témoin peut-il
nous donner confirmation de la durée (5 mn) de la position
stationnaire de l'objet ou existe-t-il une marge d'incertitude ? À
cette étape de l'observation, le témoin peut-il nous
donner sa position relativement à l'objet, l'axe de vue de son
observation et sa situation sur le bateau ? Lorsque l'objet a
semblé se déplacer légèrement sur
l'arrière du bateau pour se positionner au travers de
l'arrière, quelle était l'orientation du témoin ?
Son regard était-il tourné vers l'arrière du
bateau ou dans une autre direction ?
Après réflexion, Mr Bal pense avoir possiblement surestimé un
peu cette durée, mais en aucun cas inférieure à
3 minutes. Comme il a observé successivement le
phénomène depuis l'arrière et l'avant du bateau,
il ne se souvient plus s'il était à l'avant ou à
l'arrière lors de son départ, ce qui est certain c'est
que son regard était tourné vers l'arrière.
3 à 4 minutes, c'est ce qu'il indiquait dans l'article de
presse... Et c'est incompatible avec la rentrée
atmosphérique qui n'a pas pu donner l'impression de surplace
pendant plus d'une trentaine de secondes, mais des erreurs d'estimation
de durées de cette importance sont fréquentes.
-
« C'est devenu assez vif comme une traînée de
lumière blanche, et d'un seul coup, c'est parti, d'un mouvement
terrible, cap nord-est, à une vitesse incroyable. »
Question : Le témoin peut-il confirmer qu'il a vu l'objet
disparaître à une vitesse fulgurante dans la direction
nord-est ? Lors de cette dernière étape de l'observation,
dans quelle direction le témoin regardait-il et quelle
était sa position sur le bateau ?
Oui, vitesse fulgurante vers le NE.
C'était déjà dans le témoignage pour LDLN, mais pas dans
l'article de presse quelques jours après l'observation.
-
Le témoin aurait dit à l'enquêteur de LDLN qu'il
avait parlé au patron d'un autre bateau, le Guillemot, qui se
trouvait dans les parages, lequel aurait vu les lumières
blanches mais n'y aurait pas fait attention.
Question : A-t-il donné une estimation de la direction de son observation ?
Et M. Bal a-t-il rencontré plus tard d'autres personnes, marins ou
non, qui avaient observé quelque chose non loin de là ?
Ont-ils comparé leurs observations, notamment en ce qui concerne
les directions, pour savoir s'ils avaient pu observer la même
chose ?
Le patron du Guillemot III (bateau toujours en
activité à Port-Louis) est décédé
depuis, mais il a bien observé des lumières blanches,
sans y prêter davantage attention. Lorsqu'il en ont
reparlé à la radio VHF et plus tard, sur terre, il n'a
pas été fait mention de quoique ce soit d'autre, le
patron du Guillemot ayant repris ses activités de pêche et
n'ayant absolument pas relevé d'azimut, de durée, ou
d'autres détails.
Mr Bal en a parlé à
quelques amis, mais a été victime des quolibets d'usages:
« t'as vu des rats bleus... » etc... sans que qui que ce
soit d'autre
évoque une semblable observation.
- D'après l'ensemble des témoins de la rentrée
atmosphérique, il y a eu d'abord une boule lumineuse qui a
explosé (l'explosion a formé un nuage bizarre qui a
persisté un quart d'heure, il serait intéressant de
demander au témoin s'il a vu ce nuage, dans la direction
d'origine du phénomène), puis deux grosses
lumières se sont détachées de cette explosion, et
en s'approchant elles se sont différenciées en une
multitude de lumières qui prenaient au passage au plus
près la forme générale d'un triangle, losange ou
ovale... Plusieurs traînées suivaient ces lumières,
et plus loin sur la trajectoire deux grosses traînées
lumineuses sont apparues...
Question : D'après la
description faite par les témoins de cette rentrée
atmosphérique et les photos suivantes qui sont assez
représentatives de l'aspect visuel d'une rentrée
atmosphérique, pourrait-il s'agir de ce que le témoin a
observé ?
Mr Bal est formel, lors de
l'apparition du phénomène bas sur l'horizon, aucun nuage
bizarre n'était visible près de lui, ni ailleurs.
J'ai montré les photos à Mr Bal qui me dit que ce qu'il a vu
ne ressemble en rien à ce qu'on y voit. Il mentionne des «
feux blancs » sans traînées, disposées en losange
sur un « pourtour » et non de façon «
désordonnée » comme sur
les photos.
Les deux photos de rentrées atmosphériques montrées en exemple au témoin :
Rentrée du module Apollo 8 en décembre 1968.
Rentrée du module ATV (le « cargo » européen vers la station spatiale internationale) en septembre 2008.
Photo de Jesse Carpentern Bill Mode et Peter Jenniskens, Ames Research Center (NASA).
Elevenaugust doit bientôt revoir M. Bal pour aborder encore quelques points
litigieux, et aussi lui montrer mon texte et lui demander ce qu'il en pense.
À suivre donc sur le
forum déjà mentionné.
Je ne peux pas y intervenir puisqu'il paraît que je
« perturbais les échanges »,
si ça apporte quelque chose d'intéressant
je ferai un ajout à ce texte.
Il est clair qu'il sera difficile de le convaincre ce témoin
qu'il a observé une rentrée atmosphérique alors
qu'il pense depuis vingt ans qu'il a vu quelque chose d'extraordinaire
et mystérieux...
Mais il n'empêche qu'on a une description
plutôt exacte de la rentrée atmosphérique, avec
seulement quelques détails incompatibles mais qui justement
apparaissent douteux à l'examen du témoignage, et aussi
quelque exagération dans le récit fait plusieurs années
après les événements.
Et on sait aussi que la
rentrée atmosphérique, très spectaculaire, passait
bien vers le sud, la direction de déplacement du bateau, alors
que M. Bal se trouvait au poste de pilotage.
Linas (Essonne) :
Deux brusques changements de cap.
Un seul des quatre témoins les signale, il courait sur un chemin sinueux, ça explique bien l'erreur de perception et en dehors de cela la description évoque la
rentrée.
Quatre joggers courent d'ouest en est sur une piste cyclable,
à environ 18 h 57, lorsqu'ils
voient au sud d'abord une faisceau de lumière blanche qui vient
vers eux, puis un deuxième, vert celui-là, qui
ne touche pas le sol. Lorsque les deux faisceaux
s'éteignent, l'engin se présente sous la forme d'une
masse noire qui ne réverbère pas la lumière
(autant dire qu'elle est invisible !), munie de
lumières rouges et d'un gros globe lumineux vert. L'engin
s'immobilise un instant au-dessus des coureurs avant de faire un
« bond » très rapide vers l'est, et peu
après il s'éloigne rapidement vers le sud-est, ne
laissant voir qu'un « trait de lumière ».
L'observation a duré une à deux minutes.
On voit que la description, avec ses deux faisceaux
« tronqués » et ses lumières
rouges délimitant une « forme noire »
invisible, évoque tout à fait la rentrée
atmosphérique vue depuis la région parisienne. C'est donc bien
sûr le déplacement erratique, avec un surplace, deux
brisures de trajectoire et un bond en avant, qui pose problème. Pour essayer
de comprendre, voyons avec Google Maps sur quel parcours ces
joggers ont observé le phénomène,
d'après le témoignage :
C'est au niveau de l'arbre à gauche que la position
des témoins, sans doute au début de leur observation, est
indiquée sur le schéma de reconstitution dans
LDLN,
et le trajet a dû être de l'ordre de 300 mètres
pour une course tranquille pendant une ou deux minutes.
Le phénomène serait apparu vers le sud, soit la direction
de la rentrée atmosphérique peu avant son passage au plus
près, et avant cela elle se trouvait dans le dos des coureurs
qui n'ont donc pas pu la voir approcher.
En supposant que l'observation a débuté un peu avant l'arbre (notons que
cet arbre, pas plus que les autres, ne devait pas beaucoup gêner
la vision lorsqu'il était dépourvu de feuillage en automne), tout
à gauche de l'image, on remarque que la piste cyclable fait un virage
d'environ 18 degrés vers la gauche, sur un parcours d'une
trentaine de mètres. À une vitesse raisonnable de
12 km/h, ce parcours a été effectué en 9 secondes.
Durant ce temps, la rentrée atmosphérique se déplaçait dans le ciel
de 19° vers la gauche jusqu'à son passage au plus près,
compensant presque exactement le virage !
Autrement dit, la rentrée gardait pendant cette partie du
parcours une direction pratiquement fixe par rapport aux
témoins, mais se rapprochait
légèrement et s'élevait dans le ciel
jusqu'à son passage au plus près... Soit
précisément ce qui est dit pour la première phase
de l'observation. Les témoins couraient et n'avaient donc pas de
repère visuel fixe, ils devaient
être trop absorbés par leur observation pour prendre
conscience que la route virait légèrement,
l'erreur de perception est donc assez naturelle...
Continuons... L'objet
reste ensuite stationnaire pendant quelques secondes, correspondant
vraisemblablement au passage au plus près, et ensuite le chemin
fait un virage d'environ 30° dans l'autre sens, sur un parcours
de l'ordre de 20 m parcouru en 6 secondes. La rentrée se
déplace pendant ce temps de l'ordre de 14° dans
le ciel, et donc dans le champ visuel des
témoins d'un total de 44° vers la gauche, tout en restant
sur leur droite, vers le sud-est... Et justement, les témoins
voient alors l'objet « bondir », en passant du sud
au sud-est en quelques secondes, soit un déplacement angulaire de
45° !
Enfin, l'objet se stabilise
encore alors que le chemin vire de nouveau de 21° vers la gauche en
une vingtaine de mètres, la rentrée ne se déplace
dans le ciel que d'une quinzaine de degrés pendant ce temps et
donne donc l'impression de s'éloigner vers le sud, puis vers
l'est lorsque le chemin devient rectiligne... Les témoins disent pour leur
part que l'objet s'est éloigné vers le sud-est
jusqu'à disparaître à l'horizon...
Nontons que le chemin reste ensuite droit et que le champ visuel est dégagé vers le sud-est
sur la partie du parcours non représentée sur l'image.
Globalement, tout ceci s'accorde donc plutôt bien... Mais est-il vraiment
crédible que quatre témoins fassent tous la même
erreur de perception, pour naturelle qu'elle soit ?
On peut en douter, mais justement même si Joël
Mesnard a présenté ce cas pendant des années dans ses conférences
comme une fantastique observation faite par quatre témoins ayant
observé deux « brisures de trajectoire »
très nettes, ça n'était que ce qu'il espérait !
La vérité, c'est qu'il avait alors seulement une lettre
d'un des témoins, rédigée trois ans
après les faits... Et lorsqu'encore trois ans plus tard il a
fini par rencontrer les témoins, voici ce qu'il a
constaté, avec sûrement une certaine déception :
Il faut dire que M. Le Peltier est probablement le seul qui ait
réellement prêté attention au spectacle qui
s'offrait à eux. Deux de ses amis, probablement trop
absorbés par leur entraînement, n'ont
guère prêté attention au
phénomène, et lors des
conversations qui ont suivi, ils ont exprimé un certain
manque d'intérêt pour l'incident.
Pas d'intérêt pour une observation aussi
extraordinaire ? Ne
peut-on pas plutôt penser que ces deux témoins
récalcitrants n'ont tout simplement pas trouvé
quelque chose d'extraordinaire à leur observation, n'ont pas vu
notamment l'engin faire ces deux manoeuvres spectaculaires et n'ont eu
aucun mal à croire qu'ils avaient observé une
banale rentrée atmosphérique, comme la presse l'a
révélé quelques jours plus tard ?
Et au fait, où est donc passé le quatrième jogger ?
Mesnard préfère l'oublier ici, mais on apprend plus loin
au sujet d'un autre cas (voir l'observation « entre Mulhouse et
Bâle ») que ce quatrième témoin a tout
simplement oublié l'incident ! Ce que Mesnard interprète
bien sûr comme une nouvelle étrangeté, pour ma part
je considère plutôt qu'il peut être naturel, pour
quelqu'un qui n'a pas trouvé particulièrement
remarquable l'observation d'un phénomène expliqué
par une rentrée atmosphérique, d'oublier l'incident
après six ans.
Bref nous avons là encore une observation
évidente de la rentrée atmosphérique,
que les joggers ne pouvaient d'ailleurs pas manquer, et un des
témoins a fait une erreur d'orientation tout
à fait naturelle alors qu'il courait sur une route sinueuse... Tout
le reste n'est que fantasmes.
Pour ce qui est de la comparaison que
Mesnard fait ensuite des trois trajectoires d'objets vus
dans le même secteur, il est remarquable que les
deux trajectoires apparemment incompatibles avec
la rentrée atmosphérique soient mentionnées par des
témoins isolés qui se
déplaçaient, en automobile pour Vert-le-Grand et
en courant pour Linas... Le troisième cas, à
Brétigny, nous allons en parler puisqu'il est
évoqué, bien qu'il ne soit pas discuté dans le
dossier de Joël Mesnard qui ne le considère pas comme tout
à fait probant... Celui-ci concerne deux témoins
immobiles, et la trajectoire décrite est parfaitement normale !
Brétigny-sur-Orge (Essonne)
Les deux dames distinguent parfaitement le contour de cette masse, qui ressemble à « l'avant d'un TGV »
(ce cas n'a pas été retenu comme exemple probant).
En dehors de ce contour « parfaitement distingué » et
d'une extinction de l'éclairage public au passage de l'objet,
tout évoque la rentrée atmosphérique.
Mesnard ne retient donc pas ce cas dans sa sélection, mais
plus loin dans le dossier il considère tout de
même qu'il concerne « très probablement
autre chose que la rentrée ». Voici comment
il était exposé dans
LDLN n° 303 :
Il est 19 h 05 lorsque deux dames garent leur voiture rue de l'Orge. Au
moment où elles descendent, l'éclairage public
s'éteint. Elles voient alors, venant de la direction
d'Orléans, c'est-à-dire du sud, et se dirigeant vers le
nord-nord-est, « une énorme masse noire », avec des
lumières tout autour. Elles distinguent parfaitement le contour
de cette masse, qui ressemble à « l'avant d'un TGV ».
La chose est visible sous un angle considérable : comme
la Grande Ourse, ou comme le toit d'un pavillon, vu à 40 ou 50 m.
Mme M. est frappée par la beauté du spectacle. Elle n'avait
jamais rien vu de semblable. À la périphérie de
la masse sombre, elle distingue de grosses lumières, bien rondes, et
d'autres plus petites. Au total, il y en a peut-être une
cinquantaine. Il y en a des blanches et des oranges. Certaines
clignotent. Elles ne scintillent pas. Ce sont des boules, comme des
globes lumineux. En bas de la masse, deux boules blanches projettent
vers l'arrière des faisceaux blancs, de section constante,
dont l'extrémité est franche, « un peu comme
des tubes au néon ». Mme M. estime à 30 ou 40 secondes la
durée de l'observation. Elle se précipite vers
l'arrière de sa maison, dans l'espoir de voir la chose
s'éloigner à l'horizon, vers Saint-Michel. Mais
c'est en vain : tout a disparu.
Mme X., elle, estime à une minute
la durée de l'observation. Le dessin qu'elle fait du
phénomène n'est pas rigoureusement identique
à celui de son amie, mais elle confirme la couleur des
lumières : du blanc et de l'orange. Sur la couronne de
lumières, à l'avant, il y en a une grosse qui clignote. Il y a
également quelques feux à l'arrière,
mais plus faibles et plus petits que ceux de l'avant.
Mesnard mentionne ce cas ici pour signaler que les trois cas du même
secteur impliquent des trajectoires très différentes... Mais seul celui de
Brétigny concerne des témoins immobiles, et c'est justement celui-ci qui est conforme à la
rentrée atmosphérique, bien que
ça ne soit pas évident sur le schéma
des lieux d'observation qui figure dans le dossier : on peut avoir
l'impression que l'objet aurait été vu depuis
Brétigny passant de gauche à droite au
nord-ouest, à l'inverse de la rentrée, mais en
fait les deux témoins se trouvaient au nord-est de
Brétigny et voyaient bien l'objet défiler de droite
à gauche au sud-est... Tout comme un autre témoin
de Brétigny cité dans le même
numéro 303 de
LDLN, et dont
l'observation ne présente aucun détail
étrange.
La trajectoire suivie est donc tout à fait conforme
à celle de la rentrée, la durée de
l'observation, estimée entre 30 et 40 s pour un
témoin, environ une minute pour l'autre, est aussi
très vraisemblable... L'estimation de la dimension
angulaire, équivalente à celle de la Grande
Ourse (environ 30° sur 10°), est aussi très
proche de celle de la
rentrée vue depuis la région parisienne... Le
seul détail un peu surprenant est que pour une fois ces
témoins disent avoir parfaitement distingué les
contours de la « masse noire » portant les
lumières. Mais force est de constater que si l'on
enlève cette « masse noire », les
dessins de ces deux dames évoquent parfaitement
la rentrée atmosphérique telle qu'elle a
été décrite par d'autres
témoins de la région parisienne, avec un ensemble
de lumières blanches ou orangées et deux
« faisceaux tronqués » de section
constante dirigés vers l'arrière.
On aimerait être sûr qu'elles ont toutes deux affirmé dans leur
déclaration avoir vu, et pas seulement
« deviné », les contours de l'objet, mais
ça n'est pas du tout évident... À propos
du dessin du deuxième témoin, on lit :
« Le dessin qu'elle fait du phénomène
n'est pas rigoureusement identique à celui de son amie, mais
elle confirme la couleur des lumières ; du blanc et de
l'orange. » Cela, nous n'en doutons pas, mais les contours ?
Une dernière anomalie dans ce cas est que juste avant que
ces deux dames observent le phénomène,
l'éclairage public s'est éteint. Il ne faut sans
doute pas y voir autre chose qu'une coïncidence, pas vraiment
surprenante sur un total de plus de 400 observations, et il se peut que
la simultanéité des événements
ait été exagérée après coup.
Bétheny (Marne) :
Une « ville dans le ciel », qui va du sud au nord !
(ce cas n'a pas été retenu par Joël Mesnard comme un des plus convaincants).
La rentrée atmosphérique est très bien décrite, la trajectoire indiquée est incompatible avec le témoignage et résulte probablement d'une erreur de localisation d'un repère géographique.
Une « masse noire » délimitée par des
lumières rouges, même si la forme de rectangle avec des
« boursouflures aux angles » et les lumières
disposées à la périphérie (mais
« peut-être y avait-il aussi une lumière rouge à
l'intérieur ») n'est pas très conventionnelle,
ça rappelle trop la rentrée pour être autre chose !
Et cette fois, la dimension réelle est très correctement
évaluée, puisque le témoin « eut
l'impression que ça avait la taille d'une ville ! » Avec
des dimensions de l'ordre de 20 km sur 50, c'est bien la taille
qu'avait l'ensemble des lumières de la rentrée
atmosphérique !
Cette « masse » a donc
défilé sans bruit, pendant une minute, un peu avant 19 h,
de la droite vers la gauche ; tout cela est encore parfaitement conforme à la rentrée...
Petit problème par contre pour
la trajectoire, censée aller de Reims, dont le centre se trouve
au sud-sud-ouest du lieu d'observation, vers l'aérodrome, qui se
situe au nord-nord-ouest... Cela suppose une trajectoire sud-nord assez
éloignée de celle de la rentrée, mais surtout
passant à l'ouest et de gauche à droite, alors que le
contraire est indiqué dans le témoignage ! Voyons avec
Google maps la position du témoin par rapport à Reims et
l'aéroport :
Il y a dans tous les cas chez cette dame une erreur d'orientation quelque
part... On peut supposer qu'elle situe par erreur l'aéroport
à droite de la route de Bétheny venant du centre de Reims,
alors qu'il se situe à gauche. Dans ce cas elle imaginerait cet
aéroport vers le nord-est, bien plus en accord avec la direction de disparition de la
rentrée !
Des erreurs mineures donc, surtout quand on apprend que cette dame a témoigné
après cinq ans ! On sait par ailleurs qu'elle se trouvait en
compagnie d'une dizaine d'autres personnes rassemblées pour
passer leur permis de conduire, mais elle est la seule à avoir
témoigné.
Sillery (Marne) :
À 50 m de l'énorme chose !
(Mesnard ne l'a pas retenu non plus dans sa sélection, mais le considère tout de même comme assez convainquant).
Il n'y a rien de très étonnant dans ce témoignage.
Mesnard indique plus loin dans son dossier qu'il s'agit d'un des cas qui, à son avis,
concernent très probablement autre chose que la rentrée...
Mais on a du mal à comprendre pourquoi : Cette dame
venait de Reims en voiture, quand elle a vu apparaître dans son pare-brise une
immense chose qui semblait plate mais épaisse, au contour
bordé de nombreuses petites lumières multicolores, avec
une grosse lumière blanche à l'avant, deux autres
à l'arrière, et une énorme lumière
jaune-orangé au beau milieu de la face inférieure. Le
reste était sombre, plus sombre que le ciel, et l'ensemble
était « largement aussi long qu'un terrain de
football ».
Ça se déplaçait de l'ouest-sud-ouest
vers l'est-nord-est et ça passait au sud, soit
précisément la trajectoire de la rentrée
atmosphérique, la description est à peu près
correcte, la « masse noire plus sombre que le ciel »
correspond à la classique « illusion de contour »,
et si Mesnard ne dit pas de quand date ce témoignage il est probablement aussi tardif que le
précédent, soit cinq ans après l'observation...
Si tout ce qu'il trouve surprenant est la
distance estimée à une cinquantaine de mètres,
tout bon ufologue sait bien qu'en l'absence de repères cinquante
mètres ou l'infini c'est la même chose, surtout quand on
observe la nuit depuis une automobile en marche ! Et un terrain de football vu
à 50 m, c'est bien plus grand en dimensions apparentes que la rentrée
atmosphérique, mais tout bon ufologue sait aussi, et Mesnard l'indique souvent dans sa revue, que les
exagérations extrêmes de dimensions angulaires sont
courantes voire systématiques !
Verzenay (Marne) :
« Comme un terrain de football, un porte-avions volant, un zeppelin... »
(et encore un cas « non retenu, mais presque »).
Encore une bonne description de la rentrée, des dimensions apparentes tout à fait conformes, une forme noire indiscernable...
Mesnard ne le retient encore pas, mais le classe aussi parmi
ceux qui, à son avis, concernent très probablement autre
chose que la rentrée, et nous dit qu'il s'agit de
l'un
des plus extraordinaires témoignages du 5 novembre.
Extraordinaire parce qu'il y a une quinzaine de témoins
militaires réunis, mais comme d'habitude un seul a fait un
rapport (enfin ça n'est pas complètement une habitude,
mais quand ça n'est pas le cas il n'y a aucun doute sur le
fait que c'est la rentrée qui a été
observée !)
L'objet avait « la surface apparente de deux poings tendus à bout
de bras », tout à fait représentative de la
rentrée atmosphérique, la trajectoire suivie était
précisément celle de la rentrée atmosphérique
(cap estimé par le témoin à 80°
alors que celui de la rentrée était de 60°)...
La description est donnée par ce dessin :
Le témoin nous éclaire sur les contours de cet objet :
la forme — pour moi — d'une énorme masse noire monolithique
dont les contours aux formes brisées et sans architecture
symétrique visible ne sont pas apparus à tous les
observateurs présents. Il est vrai que le contraste
n'était pas flagrant. Enlevons donc ces contours
imaginaires, et la seule anomalie qui reste est le gros faisceau
central dirigé en biais. Étant donné
que tout le reste évoque parfaitement la rentrée
atmosphérique, on aimerait savoir si ce
détail se retrouve dans les autres témoignages.
Selon le témoin, les cohérences dans les témoignages sont
les 3 feux avant, le phare latéral, les 3 lumières
arrière orangées, l'absence de bruit et la vitesse
réduite mais constante... Toutes choses également
cohérentes avec la rentrée atmosphérique !
Joël Mesnard, et c'est là qu'il voulait en venir en mentionnant ces trois cas qu'il
ne classe pourtant pas parmi les plus probants, note que ces
détails « cohérents » ne se
retrouvent pas dans les témoignages de Bétheny et Sillery tout
proches... Ce qui n'est pas tout à fait vrai puisque la vitesse
réduite et continue et l'absence de bruit se retrouvent dans les
trois témoignage, et que la description de l'objet vu à
Bétheny ressemble tout de même beaucoup à
celui-ci... Pour des témoignages faits cinq ans
après l'observation, les similitudes sont plutôt
frappantes !
Notons enfin que ce témoin militaire de Verzenay ne veut pas croire que ce qu'il a
observé est la rentrée atmosphérique, mais tous les
détails qu'il indique pour justifier ce rejet sont parfaitement
caractéristiques d'une rentrée atmosphérique :
La clôture médiatique du dossier (faisant état) d'un
étage de fusée soi-disant soviétique rentrant dans
l'atmosphère terrestre ne me convainc pas du tout, car ne
correspondant pas du tout avec nos propres observations. Un
étage de fusée n'excède pas les 70 m, ce qui
signifierait que cet objet que nous avons vu passer, d'après
l'angle sous lequel nous l'avons observé, se serait
trouvé à une distance inférieure au
kilomètre, donc en passe de toucher le sol, très
près de notre position. En outre, sa trajectoire apparemment
horizontale, sa faible vitesse relative, ainsi que la position
constante des points lumineux en incrustation sur la masse noire ne
ressemblent en rien à l'explication qui nous a
été fournie.
C'est là qu'on se rend compte qu'il y a eu
un manque d'informations et d'explications correctes sur les
caractéristiques du phénomène !
Mesnard effectue ensuite une comparaison entre les trajectoires
mentionnées pour les trois observations. Il note que les
trajectoires estimées par les témoins de Sillery et
Verzenay sont très proches, et tout à fait conformes
à la rentrée atmosphérique... Mais il
ajoute que l'habitante de Sillery affirmait que l'objet était
passé à 50 m devant elle et donnait une dimension
angulaire très supérieure à celle du
militaire de Verzenay... Il remarque :
Si elle avait observé la
même chose que les militaires, et si elle avait simplement commis
une erreur d'appréciation de la distance, l'automobiliste aurait
dû indiquer une taille apparente très inférieure
à celle qu'elle donne effectivement. Ce simple constat ne va pas
dans le sens de l'hypothèse d'un objet unique.
Ce « simple constat » va surtout dans le sens que
l'appréciation de la distance est tout à fait impossible,
et que les dimensions apparentes sont souvent très
exagérées par la plupart des témoins, surtout
quand on les interroge cinq ans après leur observation !
Mais il y en a quelques-uns qui prennent le soin d'estimer ces dimensions
d'après des repères visuels, comme l'a fait le militaire
de Verzenay, et dans ce cas-là la
dimension estimée est toujours conforme à celle
de la rentrée !
Quant à la trajectoire « anormale »
du troisième cas de la région, à
Bétheny, nous avons vu qu'il y avait une contradiction dans
le témoignage précisément sur cet unique
détail anormal, et que l'explication la plus probable est
que le témoin situait mal l'aéroport de Reims... La trajectoire
estimée serait alors du sud-sud-ouest vers le nord-est, bien
plus proche de celle de la rentrée !
Cette troisième partie est consacrée à
quatre témoignages de la région de Soissons, dont seul
le dernier est considéré comme une preuve convaincante qu'il
y a eu autre chose qu'une rentrée atmosphérique.
Plus les témoins sont éloignés, plus ils voient ça gros !
C'est par ce titre accrocheur que Mesnard veut attirer l'attention sur
ces quatre cas dont un seul lui paraît vraiment étonnant, et
nous verrons que son enthousiasme doit être quelque peu
tempéré !
Notons qu'il est un peu absurde d'appuyer cette affirmation sur
seulement quatre témoignages situés dans la même
région, donc pratiquement à la même distance de la
trajectoire de la rentrée atmosphérique (elle ne
diffère que de dix kilomètres sur 230).
Si l'on veut savoir s'il s'agit d'une généralité, on peut
représenter les dimensions apparentes estimées par un grand nombre
de témoins en fonction de leur distance à la
trajectoire. C'est ce que j'ai fait à partir des 430 cas
compilés par Franck Marie : 124 donnaient d'une manière
ou d'une autre une dimension apparente, et voici ce que l'on obtient en
les classant par tranches de 50 km d'éloignement de la
rentrée atmosphérique :
La dimension apparente est donnée en mètres par
kilomètres. La « courbe théorique »
correspond à la dimension apparente d'un objet de cent
kilomètres de longueur situé à cent kilomètres
d'altitude. Les nombres inscrits dans chaque colonne correspondent au nombre de
témoins. Il y en a trop peu pour que l'accord par rapport
à la courbe théorique soit parfait, mais la tendance
générale est indéniable :
plus les témoins sont éloignés,
plus ils voient ça petit !
Cette remarque faite, venons-en aux témoignages choisis par Mesnard...
Braine (Aisne)
On peut imaginer que cette dame a bien assisté à la rentrée atmosphérique
(cas non retenu par Joël Mesnard).
C'est même une certitude, mais rien ne distingue son observation de bien d'autres considérées comme remarquables.
Le témoin, une dame habitant cette petite localité située à
l'est-sud-est de Soissons, sortait ses poubelles vers 19 h
lorsqu'elle a vu « au-dessus d'elle » un groupe d'une
dizaine de points lumineux jaunes, disposés en croix ou en
triangle, sans aucun support matériel visible, avec une
lumière à l'arrière plus grosse que les autres,
comme un phare qui semblait projeter un faisceau lumineux vers le
sol. L'ensemble a défilé lentement, sans bruit, pendant
une dizaine de secondes, avant de disparaître entre deux
cheminées d'un immeuble à l'horizon.
La description évoque parfaitement la rentrée
atmosphérique, et Joël Mesnard note à
propos de la disparition finale :
Cette mention d'un passage entre deux cheminées de l'immeuble
indique que les dimensions apparentes du phénomène
n'étaient pas vraiment gigantesques, contrairement à des
dizaines d'observations faites au même instant. On peut imaginer,
si l'incident s'est bien déroulé le 5 novembre 90, que
cette dame a bel et bien assisté à la rentrée
atmosphérique de l'étage de fusée soviétique.
Mesnard veut donc bien accepter la rentrée atmosphérique à la
seule condition qu'elle ne soit pas trop spectaculaire ! Mais pourtant,
cette dame disait aussi qu'elle était « émue par
la taille de ce qu'elle voyait » ! Mesnard ne semble pas penser
que la rentrée n'avait tout simplement pas la même taille
apparente lorsqu'elle passait au plus près et lorsqu'elle
disparaissait à l'horizon !
La rentrée atmosphérique passait au plus près de ce
témoin à 225 km... Si l'on évalue raisonnablement
à 70 km la longueur du nuage de débris qui la composait, elle
était alors visible sous un angle de 20°, un peu plus avec la traînée, ce
qui est impressionnant. Voyons maintenant si une telle dimension est
compatible avec la disparition entre deux cheminées... On
n'a pas de mal à trouver sur Google maps, d'après la
photo du lieu d'observation dans
LDLN, la situation du
témoin et de l'immeuble :
L'immeuble au-dessus duquel le phénomène aurait
disparu est distant de 180 m, à un azimut de 106°. À
cette distance, l'écart
entre deux cheminées est de 3°, ce qui n'est pas rien : six
diamètres lunaires. La rentrée atmosphérique se
trouvait alors à une distance de 320 km, sous une perspective
très inclinée, la traînée avait perdu de sa
longueur et de nombreuses lumières s'étaient
éteintes ou étaient trop faibles pour être
visibles, la longueur apparente de l'ensemble devait être de
l'ordre de 5°, un peu supérieure à
l'écart entre les cheminées.
Mais en fait, la rentrée atmosphérique n'a pas pu
disparaître derrière cet immeuble. En effet, elle passait
à cet azimut à une hauteur angulaire de 14°, ce qui
correspondrait pour une distance de 180 m à une hauteur de 45 m.
L'immeuble de 4 étages ne doit pas dépasser 15 m de
hauteur, et il est impossible qu'il y ait un dénivelé de
30 m sur une distance aussi courte. La rentrée a donc dû
disparaître un peu plus à gauche, à un azimut
d'environ 90°. Elle était alors encore nettement plus
éloignée, vue sous une perspective encore plus
inclinée, sa longueur apparente devait être de l'ordre de
3°. Étant donné que le témoignage a
été rapporté un an et demi après
l'observation, il n'est pas surprenant que cette dame se soit
trompée d'une quinzaine de degrés sur la direction de
disparition du phénomène, et sa mention d'une disparition
entre les cheminées de l'immeuble est à prendre comme une indication
sur la taille apparente du phénomène, tout à fait
correcte.
La seule grosse erreur est donc une estimation de la durée
d'observation à une dizaine de secondes, alors que la
rentrée atmosphérique a mis environ 50 s pour passer de
sa position au plus près à sa disparition, mais on sait bien que l'appréciation de
durée est souvent très imprécise, dans un sens comme dans l'autre.
Et d'autre part, Mesnard s'étonne que le
témoin dise que la chose est passée « juste
au-dessus d'elle », alors que la rentrée
atmosphérique passait au plus près à 25° de
l'horizon, mais on sait bien que chez la plupart des témoins
un passage « au-dessus » signifie simplement que
l'objet qui leur semblait très proche serait passé
près d'eux.
Il est aussi à noter que le témoignage a
été fait un an et demi après
l'observation, ce qui entraîne nécessairement des déformations.
Mesnard a donc certainement raison de supposer que ce cas se rapporte
à la rentrée atmosphérique, mais il a tort de
penser qu'il était moins impressionnant que les autres !
Saint-Félix (Aisne) :
Les témoins n'ont pas cru une seule seconde à l'explication par la fusée russe
(cas non retenu par Joël Mesnard).
Ils n'y ont pas cru, mais ils l'ont bien décrite !
C'est cette fois toute une famille (un couple et ses trois enfants) qui a vu
passer l'objet « au-dessus d'eux »... Mesnard
remarque cette fois : [la chose] leur paraît très
proche, et pour cette raison, ils disent spontanément que c'est
passé au-dessus d'eux. En fait, ils précisent que
c'est passé « au-dessus de la maison du voisin ». Il ne
faut certainement pas entendre par là que ce soit passé
à la verticale de cette maison. Chacun le comprendra : cela
signifie seulement que c'était visible au-dessus du toit de la
maison, mais probablement beaucoup plus loin, à une distance qui
reste indéterminée.
C'est effectivement ce qu'on comprend, il est juste dommage que Mesnard
ne le comprenne que dans certains cas !
Pour ce qui est de la description, il s'agit d'une grande masse noire,
triangulaire, émaillée de lumières clignotantes et
de fortes lumières jaunes aux sommets, avec à
l'arrière une traînée lumineuse
horizontale.
La durée est estimée à « au
moins cinq minutes », ce qui est sûrement nettement
exagéré, et la dimension angulaire à une trentaine de degrés,
ce qui doit l'être à peine. Pour un
témoignage fait après presque deux ans, la description
de la rentrée est plutôt bonne !
Mesnard note que ces témoins n'ont pas cru une seule seconde
à l'explication par la fusée russe, ce qui montre sans doute
qu'il n'a rien fait pour les informer sur ce phénomène !
Soissons sud (Aisne) :
« C'était bien plus grand qu'un terrain de football »
(cas non retenu par Joël Mesnard).
Bien plus grand en effet, c'était la rentrée...
C'est ici un policier qui voit passer un ensemble de points lumineux formant
une « masse opaque, comme une toile », mais sans
structures ni bord apparent, munie sur le côté d'un
projecteur très puissant éclairant vers
l'arrière-bas. La chose passe au sud à une hauteur angulaire
estimée à 37° (contre 24 pour la rentrée
atmosphérique), et se dirige vers le nord-est.
Encore une bonne description de la rentrée pour un
témoignage fait après presque deux ans...
Joël Mesnard note que ces trois cas de la région de
Soissons
ne mettent guère en péril la
thèse officielle : les indications d'azimut, de hauteur
angulaire et de taille apparente sont trop peu précises, et
les différences entre les descriptions, bien que frappantes, ne
permettent pas de conclure.
C'est donc le quatrième cas qui lui permet de
conclure :
Soissons (Aisne) :
À 18 h 55, un témoin observe un gigantesque ensemble de lumières, qui lui semble très proche et qui remplit tout son champ visuel. Les lumières sont réparties à la périphérie d'un rectangle. Certaines disparaissent au N-E, tandis que d'autres continuent à apparaître au sud-ouest.
Il suffit de lire le témoignage pour comprendre que le champ visuel du témoin était limité par des bâtiments, et il ne reste alors qu'une exagération minime de la dimension de la rentrée, par ailleurs bien décrite.
Le témoin, Jacques Katz, commerçant, se trouvait
dans sa voiture à l'arrêt garée sur la place
centrale de Soissons, face au marché couvert :
Un mouvement dans le ciel lui fit lever les yeux, et il découvrit
« un grand rectangle », dont l'arrière venait juste de lui
apparaître au-dessus d'un groupe de maisons à sa
droite, rue des Chaperons Rouges, et dont l'avant lui était
déjà caché par un groupe d'immeubles bordant la
rue principale, à l'est. Ainsi, des lumières
disparaissaient à l'est-nord-est, tandis que d'autres
continuaient à apparaître, venant de
l'ouest-sud-ouest.
L'article de l'Union
précise que le témoin ouvrit
la vitre de sa portière pour mieux détailler quelque
chose qui occupait « tout l'espace du ciel
».
(L'expression figure en italique et entre
guillements dans le journal, précise Mesnard).
La description évoque bien la rentrée atmosphérique :
de grosses lumières rouges délimitant un rectangle, avec
au centre une lumière intense, comme un réacteur crachant
des flammes, et deux autres flammes très claires à l'arrière...
Le phénomène a été vu
pendant 60 à 90 secondes, et a disparu au nord-est.
Tout donc évoque la rentrée atmosphérique, sauf la
dimension invraisemblable, comme on le voit sur ce dessin fait par
Joël Mesnard d'après celui du témoin :
Mais outre le fait que les grosses exagérations de dimensions
apparentes sont quasi-systématiques, rappelons
que ce témoignage a été fait un an et demi
après l'observation, ce qui n'arrange pas les choses.
Notons que le marché couvert doit avoir une hauteur de sept à quinze
mètres, et que le témoin n'en était distant que
d'une vingtaine de mètres. De ce fait, la rentrée
atmosphérique qui passait à une hauteur sur l'horizon de 21° ne
pouvait pas être vue au-dessus, elle serait passée
derrière ! Cela nous rappelle un détail concernant la
situation du témoin telle qu'elle est exposée par
Joël Mesnard :
Son regard était tourné vers
le sud, mais son champ de vision dans cette direction était
limité par l'imposante masse d'un marché couvert.
En fait, dans son automobile, M. Katz ne devait même pas voir le
ciel au-dessus de ce marché couvert, et certainement pas
un objet immense passer au-dessus ! On peut donc se demander
si l'objet n'aurait pas été vu juste entre les immeubles
qui bordent la rue et le marché couvert, ce qui lui donnerait
des dimensions beaucoup plus raisonnables !
Vous pouvez d'ailleurs noter que la photo de ce marché couvert
illustrant le cas dans
LDLN n'a pas été prise depuis la
position du témoin, (sous les arbres à gauche),
sûrement parce que cet imposant bâtiment débordait
du champ de l'appareil photo !
J'ai reconstitué au mieux, en m'aidant des ombres sur Google maps, l'espace
du ciel visible par le témoin, avec la trajectoire de la
rentrée atmosphérique en rouge :
La rentrée aurait été visible une
première fois pendant environ 40 secondes (en tenant
compte du temps de défilement), puis serait réapparue
immédiatement à gauche du marché couvert pour
être vue encore pendant 30 secondes, et
peut-être une troisième fois après une courte
occultation, jusqu'à disparaître dans l'axe de
la rue à gauche s'il n'y avait pas de véhicules limitant la vision.
Cette supposition s'accorde mal au témoignage présenté
dans
LDLN, mais le témoin avait fait part de son observation
beaucoup plus tôt... Voyons ce qu'il disait juste
après son observation, dans l'article de journal
l'Union
des Ardennes du 7 novembre :
D'emblée, lorsqu'il dit à son épouse qu'il a
« aperçu quelque chose d'étrange »,
on peut avoir quelques doutes sur la durée de l'observation aussi bien
que la dimension de l'objet ! Concernant cette dimension, il
est écrit que la chose
occupait « tout
l'espace du ciel » qu'il pouvait voir.
On trouve bien les guillements et
italiques mentionnés par Mesnard, mais la fin de la phrase
qu'il a bizarrement occultée permet de
comprendre : l'espace du ciel «
qu'il pouvait
voir » était limité à gauche par
« l'imposante masse d'un marché couvert »,
comme l'écrit si bien Mesnard lui-même !
La rentrée atmosphérique, dont la longueur
traînée comprise devait dépasser une trentaine de
degrés vue depuis Soissons, n'était pas loin d'occuper
tout l'espace du ciel visible entre
le marché couvert et le bâtiment à droite, d'une
quarantaine de degrés à ce niveau...
Et cet article nous apprend aussi que M. Katz a témoigné
à la gendarmerie... On trouve donc maintenant sue le site du
GEIPAN sa déposition, faite le 3 décembre 1990, avec deux
autres témoignages de la
région (ce ne sont pas ceux mentionnés plus haut par Mesnard),
sous le numéro 1990307311 :
Le lundi 05 novembre 1990, vers 19 heures 15, je me trouvais
à bord de mon véhicule [place Fernand
Marquigny]
occupant la dernière place de parking,
face au marché couvert.
Mon attention a été attirée par une
forte lumière dans le ciel, au dessus de [la rue
des Chaperons Rouges]
. Il faisait nuit et le ciel
était dégagé.
D'après mes connaissances, il me semble que c'était un
réacteur dont la flamme ressemblerait à celle d'un brûleur
à mazout.
De l'endroit où je me trouvais, ce
réacteur présentait à peu près un
diamètre de deux à trois fois la pleine lune.
Il se déplaçait d'Ouest en Est. J'ai aperçu plusieurs
feux rouges de part et d'autre du « réacteur ».
J'ai vu également assez loin derrière l'engin, deux
flammes claires, parallèles, d'une dizaine de mètres
chacune. Selon mes connaissances personnelles en aéronautique, de
toute évidence, il s'agissait d'un engin propulsé par
trois réacteurs, l'un étant en position centrale, les
deux autres en queue.
Un détail m'a frappé, j'avais
ouvert ma vitre pour mieux voir et entendre et je me suis
aperçu que cet engin était totalement silencieux.
J'ai suivi cet engin du regard pendant quinze secondes. Après quoi de
l'endroit où je me trouvais, il m'était impossible de le distinguer.
Il n'est pas question de dimensions extrêmes, et le
« réacteur »
central est estimé à seulement
deux ou trois diamètres lunaires... Si les proportions du dessin
plus tardif sont respectées, ça donnerait à
« l'engin », hors traînées,
une longueur d'environ 25°, sûrement très proche
de celle de la rentrée.
L'objet n'a été suivi que pendant quinze secondes
et pas 60 ou 90, et semble n'avoir été vu qu'au-dessus de la
rue des Chaperons Rouges (cette mention est effacée du
procès-verbal diffusé par le Geipan, mais le nombre de
caractères manquants correspond, il n'y a donc pas de
doute), après quoi il a été
masqué par le marché couvert.
La durée serait cette fois un peu minimisée puisque nous
avons vu que la durée de passage dans cette partie du ciel
devait avoir atteint de l'ordre de 35 secondes, et il peut y avoir tout
un tas de raisons expliquant pourquoi le témoin n'aurait pas vu
la seconde apparition du phénomène, mais il est bien
possible aussi qu'il ait simplement omis d'en parler.
M. Katz avait aussi décrit son observation dans une lettre
adressée à Franck Marie le 8 décembre
1990, soit un mois après son observation et seulement cinq jours
après sa déposition à la gendarmerie :
...Vers 18 h 55, j'étais dans mon véhicule
arrêté face au sud de la place Fernand Marquigny,
lorsque mon attention a été attirée par le
passage au-dessus des toits d'une série de lumières
orange-rouge, en évolution lente, comme celle d'un planeur, à
200 m du sol au grand maximum, sur une trajectoire OSO-ENE (de ma droite vers ma
gauche, juste au-dessus du marché couvert,
légèrement en biais). Regardant mieux, j'ai
constaté que ces lumières délimitaient une masse
sombre plus noire que le ciel qui occultait les étoiles sur son
passage. C'était immense. La longueur devait être
supérieure à 400 mètres. La partie avant
était déjà cachée par les toits sur ma
gauche, alors que la partie arrière n'était pas encore
visible, à droite. Cela occupait tout mon champ visuel. L'engin
est passé. En son milieu inférieur il y avait une sorte
de réacteur central d'où sortaient des flammes claires.
En vue arrière, je vis une traînée avec des flammes
sortant d'un autre réacteur. Il n'y avait aucun bruit.
On retrouve ici l'objet qui aurait occupé « tout
l'espace du ciel » et un passage affirmé « au-dessus du
marché couvert »... Mais Franck Marie indique dans les
caractéristiques du témoignage : « Transit :
OSO/ENE, passage au sud (20°/H) — Altitude : 200 m ».
On ne voit pas dans la lettre d'indication de la hauteur angulaire sur
l'horizon, je ne sais donc pas d'où Franck Marie tire cette
valeur de 20° (une partie de la lettre non reproduite ?), mais
force est de constater qu'elle est très proche des 21° de
la rentrée atmosphérique ! À moins que
Franck Marie n'ait estimé cette valeur que d'après
l'indication du témoin que l'objet serait passé « juste
au-dessus du marché couvert », auquel cas il
aurait minimisé la hauteur angulaire de ce dernier !
Notons que si l'on se fie à ces indications de Franck Marie, l'objet
volant à une altitude estimée à 200 m se serait
trouvé à une distance de 550 m pour être vu
à une hauteur sur l'horizon de 20°... Avec une dimension
estimée à 400 m, il aurait été vu sous un
angle de 40° : c'est à peine exagéré par
rapport à la rentrée atmosphérique qui devait
être vue sous un angle de 25° hors traînées, et
on est loin de « tout l'espace du ciel » !
Il parle d'autre part ici d'une observation « en vue
arrière », ce qui laisse supposer qu'il aurait observé la
rentrée atmosphérique s'éloignant, lors de sa
deuxième voire troisième apparition.
On constate en tout cas qu'il y a beaucoup de variations entre les différentes
versions du témoignage : la longueur de l'objet passe « d'au
moins la longeur d'un terrain de football » (entre 90 m et 100 m) dans
l'article de presse, à « plus de 400 mètres »
dans la lettre à Franck Marie un mois après, pour
retomber « entre 200 et 400 m » dans
l'enquête
LDLN. L'altitude passe de
« 200 m grand maximum » dans la lettre à
Franck Marie à 100 m dans
LDLN.
La durée, quant à elle, passe de quinze secondes dans le
témoignage à la gendarmerie à 60 à 90 secondes dans
l'enquête de
LDLN. Et l'heure indiquée pour l'observation est 19 h 15 dans
l'article de presse et dans le PV de gendarmerie, mais 18 h 55 pour les
deux versions suivantes.
Ce changement brusque d'horaire a peut-être une explication... On
peut imaginer qu'après avoir témoigné à la
gendarmerie, M. Katz aurait appris que d'autres témoins avaient
fait des observations similaires à la sienne mais vers 19 h, et
aurait alors pensé à vérifier l'horloge de son
automobile, en découvrant qu'elle avançait de 20 mn... En
outre, Si l'horloge avait tendance à avancer, elle devait avoir
un peu moins d'avance lors de l'observation un mois auparavant, ce qui
nous rapprocherait encore de l'heure de passage de la rentrée !
Quoi qu'il en soit, ces variations n'incitent pas
à considérer le témoin comme
particulièrement fiable... Et il est clair que le
marché couvert qui s'élevait depuis la position
du témoin à plus de vingt degrés
au-dessus de l'horizon occultait largement le ciel visible à
travers la partie gauche du pare-brise, interdisant toute observation
de quoi que ce soit au-dessus.
Ce cas est juste un bon exemple de la
méfiance que l'on doit avoir envers les témoignages
relatés un mois ou pire plus d'un an après
l'observation.
Au moins trente exemples flagrants
Deuxième partie de ce dossier dans
LDLN
n° 360, scindé en quatre parties sur le site
de Philippe Huleux. C'est la fin du dossier
initialement prévu, se terminant par la carte des
« trente exemples flagrants ».
Vouziers (Ardennes) :
« une ascension fulgurante ».
Cette mention ne figure pas dans une version plus directe du témoignage, lequel évoque par ailleurs parfaitement la rentrée.
La description de l'article cité dans
LDLN
évoque très bien la rentrée
atmosphérique, sauf à la fin :
La formation lumineuse s'est éloignée en direction
du nord-est. Au fur et à mesure qu'elle prenait de l'altitude,
les lueurs diminuaient de taille et devenaient orangées. L'engin
a disparu en l'espace de quelques secondes, dans une ascension
fulgurante.»
Et Mesnard ajoute :
Ascension
fulgurante, c'est écrit noir sur blanc, et dans un grand
quotidien régional paru environ trente-six heures après
les événements. À lui seul, ce détail
interdit, et interdit même doublement, de conclure à une
rentrée atmosphérique. Qu'il ait été
simplement négligé, par hasard, c'est inadmissible. Avec ce
seul cas, même en faisant abstraction de tous les autres, nous
tenons la preuve que l'explication officielle a été
élaborée non pas à partir de l'ensemble des
témoignages, mais pour ainsi dire sans eux, malgré eux,
contre eux.
Quel magnifique plaidoyer ! Mais oublions les effets de style, et
voyons plutôt ce qu'il y avait
réellement
dans le grand quotidien en question,
l'Union des Ardennes du 7 novembre,
qui consacrait trois pages au phénomène (dont un article
d'un certain Olivier Raynaud, que nous connaissons mieux sous le
pseudonyme de Richard Nolane). Le texte cité dans
LDLN,
que l'on trouve en page 10, est le
résumé
du témoignage d'un journaliste que l'on trouve
in extenso
dans un encadré de la page 2 :
On voit que cette description originale est quelque peu
différente de celle qu'a choisi de nous livrer Mesnard
(notons sans trop nous étonner que Franck Marie a choisi la
même version dans son livre
OVNI Contact !) :
Au fur et à mesure qu'il prenait de l'altitude (à ce
qu'il pouvait sembler), les phares diminuaient de taille, et devenaient
orangés (à la façon de la lune rousse). L'engin a
disparu très peu de temps après. Son ascension a
été extrêmement rapide.
Et ce passage que Mesnard a choisi d'occulter démontre
parfaitement que c'est bien la rentrée atmosphérique qui
a été observée : les lumières qui baissent
d'intensité et deviennent orangées sont parfaitement
typiques d'un phénomène très lointain
s'approchant de l'horizon, tout comme le soleil, lorsque la
lumière traverse une grande épaisseur
d'atmosphère. Mais le journaliste pense comme pratiquement
tous les témoins qu'il s'agit d'un objet proche, et il
interprète donc la baisse d'intensité des
lumières comme résultant d'un éloignement rapide,
accompagné d'une élévation (extrêmement
rapide et non « fulgurante ») puisque la hauteur sur
l'horizon diminue très peu pendant ce temps, beaucoup moins que
si l'objet s'était éloigné rapidement en gardant
une altitude constante. Il précise d'ailleurs que l'objet
« prenait de l'altitude
à ce qu'il
pouvait sembler »... Si la hauteur angulaire
avait augmenté, il n'aurait eu aucun doute !
Et pour le reste, tout évoque la rentrée atmosphérique :
trois « phares » projetant des cônes de lumière
vers l'arrière, silencieux, vus pendant une minute à
une minute et demie... Seule l'heure, estimée à 18 h 45 ou
18 h 50, est un peu fausse.
Thugny-Trugny (Ardennes) :
« Ça a plongé dans la vallée, en accélérant... »
Les principales anomalies disparaissent quand on lit les précédentes versions du témoignage : aucun doute, c'est la rentrée !
Observation de M. Zuccari, maire d'Ecordal, accompagné de sa femme et de leur
fils. Là encore, l'observation évoque tout à fait la
rentrée atmosphérique : une « masse sombre, aux
contours assez mal définis », portant un grand nombre de
points lumineux et à l'arrière une flamme ou un faisceau
lumineux orange...
Mesnard y trouve bon nombre d'anomalies, mais il faut
préciser que le récit qu'il nous livre a
été fait
plus de dix ans après l'observation... Certes, on fait avec
ce qu'on a, mais justement
dans ce cas on dispose aussi d'une lettre particulièrement
détaillée rédigée par ce
témoin le 8 novembre 1990, soit trois jours
après l'observation. Elle a été adressée
à Franck Marie, qui l'a reproduite dans son livre
OVNI-Contact.
Puisque Mesnard choisit de l'occulter, voyons ce que disait cette
lettre :
Suite à l'annonce parue ce jour dans le journal L'Union
,
j'ai l'honneur de vous faire part de l'observation d'un OVNI par ma
femme (41 ans, Chef d'atelier en confection), mon fils (16 ans,
lycéen) et moi-même (37 ans, Assistant technique à
la DDE 08), le lundi 5 novembre 1990, aux alentours de Rethel (Ardennes).
DESCRIPTION DE L'OBSERVATION SUR 3 PERIODES
Période 1 —
Nous circulions sur la D 983, dans le sens Biermes-Thugny. À 1 km de
Thugny, mon fils situé à l'arrière de
la voiture, à droite, a attiré notre attention sur un
phénomène insolite observé alors qu'il regardait
les étoiles, sur sa droite. Je roulais à vive allure et
devais surveiller la route. Néanmoins et malgré ces
conditions défavorables, j'ai pu regarder à
l'extérieur et me rendre compte qu'effectivement, un
événement curieux se déroulait sous
nos yeux.
Ma première impression, en une fraction de seconde, a
été de penser qu'il s'agissait d'un crash d'avion
dont les moteurs étaient en feu.
La seconde idée,
lorsque la trajectoire de ce que je voyais est redevenue ascendante est
que nous étions en présence d'une formation
d'hélicoptères ou de « Transall » volant en
rase-mottes ; idée étayée par des manoeuvres
militaires qui avaient lieu ce jour-là dans le Rethélois.
L'élan de mon véhicule, l'avancée du ou des engins, puis
la présence d'un écran végétal
ont fait que nous avons presque perdu le contact visuel.
Période 2 —
Devinant cependant la trajectoire de ce que nous venions de voir, j'ai
accéléré, roulé sur 600 mètres
environ, puis brutalement, j'ai stoppé la voiture et
coupé le moteur dans le but de détecter la nature de ces
aéronefs par le bruit qu'ils pouvaient produire. Nous
étions tous trois à peine sortis que
« ça » a reparu. Je dis
« ça » parce que,
dès cet instant, nous avons eu l'intuition, le sentiment
profond, qu'il ne s'agissait ni de quelque chose de naturel, ni
d'humain. Nous l'avons reconnu 5 à 10 minutes plus tard.
C'est bien à ce moment-là que nous avons compris : nous
observions un OVNI ! Qu'avons-nous vu en fait ? Quelque chose qui se
déplaçait majestueusement dans le ciel, dans
un silence total, absolument total.
La vision globale était celle d'un groupe de petites lueurs
à l'avant, 7 ou 8, disposées sans ordre apparent.
Et à l'arrière, 3 feux puissants comme des phares
projetant, vers l'arrière et dans l'axe de l'objet, 3 rayons de
lumière intense dont la longueur équivalait à
celle de l'engin. Un de ces faisceaux, le plus proche de nous,
était beaucoup plus puissant que les 2 autres. Ces 3
projecteurs étaient disposées en triangle, en un
V renversé.
L'espace occupé par l'OVNI était considérable !
J'ai estimé sa longueur à 100 mètres
et sa hauteur à 50 mètres !
Son altitude était de 300 à 400 mètres
tout au plus !
Et la vitesse de l'ordre de 200 à 250 km/h.
Je me suis référé à la vitesse et à la
position des avions de l'aéroclub voisin lorsqu'ils sont en
circuit de piste : de 150 à 180 km/h et 600 à
700 pieds du sol.
Une fois cette vue globale terminée, mon
intérêt s'est porté sur le phare le plus puissant.
Il m'intriguait. Je devinais sa forme : celle d'un phare de 2 CV
gigantesque. Et dans le faisceau lumineux, juste derrière
l'émission de la source lumineuse, j'ai nettement vu de la
fumée. Une volute ressemblant à la fumée d'une
cigarette dans un cendrier. Je veux dire une fumée calme et
non pas un gaz perturbé par la vitesse et les effets
aérodynamiques comme pour un avion. L'OVNI, au bout de
30 secondes d'observation, poursuivant sa route, a disparu
derrière les arbres.
Période 3 — Nous
sommes remontés en voiture et repartis. Puis, tout en
conduisant, j'ai de nouveau repéré l'engin à ses
feux arrière qui, à ce moment, me paraissaient
avoir la même intensité.
Nous entrions dans l'agglomération de Thugny. Les habitations ont fait
écran et le temps de traverser le villge, nous avions
définitivement perdu le contact.
Une remarque concernant cette dernière
partie d'observation : j'ai très nettement vu la trajectoire
de l'objet prendre une assiette à piquer, ce qui m'a fait
penser que son vol épousait le relief. En effet, Thugny est
à flanc de coteau, entre un plateau calcaire culminant à
132 mètres et la vallée de l'Aisne qui se trouve
à 75 mètres.
Rentrés à la maison 20 minutes plus
tard, je me suis empressé de téléphoner à
la gendarmerie de Rethel pour les informer de notre mésaventure.
Puis, je suis allé voir mon frère qui habite à
l'autre bout d'Ecordal. Arrivé chez lui, je lui raconte en
deux mots ce que nous venions de voir. Ma belle-soeur qui venait de rentrer
de Rethel me déclare alors qu'elle vient de voir la même
chose, à la même heure que nous, mais sur une route
parallèle à la nôtre, la RD 30. Elle se trouvait
entre Rethel et Doux quand, venant de sa droite et se dirigeant vers sa
gauche, l'OVNI est passé juste devant elle...
Conclusion :
Durant la seconde période d'observation, celle qui en somme
a été la plus riche en informations, j'ai acquis
deux certitudes :
-
La première gommait
l'idée d'une formatioin d'aéronefs ; tous les points
lumineux et les 3 phares étaient liés ensemble par une
structure. Leurs positions relatives étaient absolument
invariables.
-
Au milieu de cet ensemble de lueurs se
trouvait un corps opaque invisible mais décelable par le fait
qu'il occultait les étoiles sur le fond du ciel sur son passage.
-
D'autres certitudes devinrent évidentes en période 3. Le
vol épousait le relief, la progression et la trajectoire de cet
engin étaient contrôlées !
On trouve aussi un récit de l'observation dans
l'Union des Ardennes
du 7 novembre, que Mesnard préfère aussi oublier alors
qu'il s'y réfère pour une autre observation :
Mais nous retiendrons avant tout l'expérience vécue
par une famille surprise
par cette vision impressionnante alors qu'elle circulait en automobile
sur la route reliant Biermes à Thugny-Trugny. Le conducteur Eric
Zucchari, assistant technique au centre DDE de Rethel et maire
d'Ecordal, était en compagnie de son épouse
Lucette et de leur fils Erwan, âgé de seize ans.
« Il était 19 h 03, raconte
M. Zucchari, dans ce ciel étoilé juste avant le bois
du château de Thugny-Trugny, nous avons nettement vu une énorme lueur sans
forme définie, d'une centaine de mètres de long, une
sorte d'hexagone aplati, se déplaçant rapidement à deux ou
trois cents kilomètres à l'heure ».
Pour mieux comprendre ce qui se passait, le conducteur a stoppé
son véhicule puis le moteur. La famille est sortie de l'automobile pour observer
sans ressentir la moindre crainte.
« Nous n'avons pas eu le temps d'avoir peur ni même de réagir »,
explique M. Zucchari, qui pense tout de même que le temps d'observation a duré
environ une minute.
La lueur se déplaçait à trois ou quatre
cents mètres d'altitude seulement
et dans un silence total, selon une trajectoire
Perthes—Menil-Annelles—Doux.
Curieusement la direction indiquée par ces témoins crédibles, serait l'inverse de
celle observée par ailleurs et en particulier à Pontfaverger.
Mais la vitesse et le silence absolu sont les caractéristiques les plus marquantes
de cet « OVNI » qui paraissait épouser toutes les
déclivités du terrain et éviter Rethel, avant de disparaître au niveau de
la vallée de l'Aisne, semblant y plonger.
« À l'arrière, se souvient encore notre
témoin enthousiasmé, on voyait assez nettement trois grosses traînées
jaunes, comme de gigantesques projecteurs, suivis de fumerolles
retombant le plus tranquillement du monde ».
M. Zucchari, qui est aussi pilote à l'Aéroclub du
Rethélois et du Vouzinois, a fait part de son témoignage
à la gendarmerie.
Et depuis que le GEIPAN a mis en
ligne les PV de gendarmerie, on peut trouver la déposition
de M. Zuccari, faite le 6 novembre (enregistrée sous la
référence 90307257,
avec un autre témoignage reçu par la même gendarmerie) :
Hier 5 novembre 1990, à 19 heures 03, je circulais sur le CD 983 entre
Biermes et Thugny-Trugny. Il faisait nuit claire aucun nuage ni lune. Mon fils
a attiré mon attention sur un objet lumineux dans le ciel. Par
intermittence j'ai regardé le ciel tout en roulant et j'ai
remarqué la présence d'un objet sombre et de plusieurs
points lumineux délimitant celui-ci. Ce qui m'a frappé
c'est que cet objet se déplaçait sans bruit à 300
ou 400 mètres d'altitude. J'ai distingué nettement trois
gros projecteurs qui éclairaient vers l'arrière en
direction opposée à son sens de déplacement.
Plusieurs lueurs délimitaient pour moi une masse beaucoup plus
importante, d'une taille d'une centaine de mètres de longueur
environ. Dans un premier temps j'ai cru à un avion qui se
crashait car je pilote moi-même mais en l'absence de tout bruit
et des feux de balisage réglementaires j'ai vu que cela ne
correspondait pas du tout à cette hypothèse. J'ai
avancé de nouveau jusque ?? et j'ai de nouveau observé
cette masse sombre qui masquait les étoiles à son passage
et qui éclairait avec trois projecteurs par des faisceaux
très limités d'une centaine de mètres de longueur
également. Lorsque cet engin s'est éloigné j'ai pu
voir nettement que ces trois projecteurs arrière étaient
reliés ensemble car ils ne bougeaient pas l'un par rapport
à l'autre. Le plus gros projecteur était d'une taille de
5 à 6 mètres de diamètre et de forme
circulaire. Ce qui m'a vraiment frappé c'est l'absence totale de
bruit de cet engin qui se déplaçait dans un axe
sud-ouest/nord-est.
Et figure aussi le témoignage du fils de M. Zuccari, Erwan :
Hier 5 novembre 1990, à 19 heures 00, je circulais sur le CD 983
entre Biermes et Thugny-Trugny à bord du véhicule ?? de
mon père. Il faisait nuit mais le temps était très
clair. À un moment donné j'ai aperçu plusieurs
lumières dans le ciel qui se déplaçaient toutes en
même temps et dans la même direction. Au centre il y en
avait une grosse, qui ressemblait à un gros réacteur et
qui dégageait un peu de fumée. À l'arrière j'ai
distingué trois autres lumières moins importantes et
à l'avant plusieurs lueurs disposées sur un pourtour en
forme de cercle vague. Je suis affirmatif elles se
déplaçaient toutes en même temps ce qui tendrait
à démontrer qu'elles faisaient partie d'un même
engin. D'ailleurs tout cet ensemble masquait les étoiles qui se
trouvaient à l'opposé. Avec mon père nous nous
sommes arrêtés pour mieux voir. Au départ il n'a
pas pu bien voir car il conduisait alors que moi j'ai tout de suite pu
détailler ce que je viens de vous décrire. Ce qui m'a
frappé c'est que cet objet se déplaçait sans
bruit à 300 ou 400 mètres d'altitude.
Dans un premier temps j'ai cru à une patrouille d'avions militaires
qui effectuaient des manoeuvres. Je précise néanmoins
qu'aucune lumière de balisage ne clignotait sur l'engin.
Celui-ci était parfaitement visible et se trouvait au
début, à moins de 500 mètres de notre voiture. Ces
lumières sont restées constantes en permanence
jusqu'à la fin de mon observation, aucune n'a disparu ou
changé de direction. Cet engin semblait parfaitement naviguer et
suivre le relief toujours dans la même direction vers le
nord-est. Sa vitesse était celle d'un avion à
l'atterrissage, environ 300 ou 400 km/heure.
Tout dans ces récits « frais » évoque de
façon remarquable la rentrée atmosphérique.
En particulier la description : 7 à 8
lumières à l'avant plus trois grosses à
l'arrière laissant des faisceaux lumineux dirigés vers
l'arrière, dont un particulièrement puissant, c'est tout
à fait typique des autres témoignages si ce n'est le fait
que la plupart des témoins dans cette partie est de la France voyaient
un ou deux faisceaux et pas trois...
Mais le fils ne mentionne justement qu'un « gros
réacteur » au centre, plus des lumières simples
à l'avant et à l'arrière.
La « forme noire » est comme
d'habitude invisible, devinée au fait que les
lumières se déplacent de concert et que l'objet
occulte les étoiles surson passage.
Les témoins se déplaçant d'ouest en est, l'objet
apparaît à leur droite au sud et disparaît en direction de la
vallée de l'Aisne, au nord-est ou à l'est. C'est à peu
près conforme à la rentrée qui apparaît dans
leur dos au sud-ouest, passe au plus près au sud-sud-est et
disparaît à l'horizon est. Le cap suivi, vers
le nord-est d'après les deux témoins, est aussi à
peu près conforme à la rentrée (est-nord-est).
Il y a par contre dans l'article de presse une anomalie concernant la
trajectoire suivie, qui aurait été
Perthes/Mesnil-Annelles/Doux. La
trajectoire Perthes/Mesnil-Annelles est à peu près
ouest-est et passe au sud, comme la
rentrée atmosphérique, par contre Mesnil-Annelles/Doux
est sud-nord avec un passage à l'est... Mais il
n'est nullement question d'un changement de
trajectoire aussi brutal, de 90°, le fils précisant
même que l'engin a toujours suivi la même
direction. Cette trajectoire anormale ne figurant pas
dans les citations du témoin, je suis tenté de
penser que c'est le journaliste qui a voulu reconstituer
la trajectoire de l'objet en combinant le
témoignage de M. Zuccari avec celui
de sa belle-soeur, laquelle devait effectivement voir le
phénomène disparaître en direction de Doux.
L'heure indiquée
est 19 h 03 pour M. Zuccari, et 19 h 00 pour son
fils... C'est dans tous les cas en très bon accord avec la
rentrée atmosphérique, qui passait au sud
à 19 h 01 et à l'est à 19 h 02 !
Les deux témoins mentionnent une altitude de 300 à 400 m,
mais le fils ajoute que l'objet est passé à moins de
500 mètres de leur voiture... S'il s'agit d'une distance au sol,
cela correspond à un angle par rapport à l'horizon de
31 à 39°, et s'il s'agit de la distance réelle cet
angle est porté à 37 à 53°. La
rentrée passait de son côté à une hauteur
maximale de 24°, on n'est dans tous les cas pas très
loin.
La vitesse estimée est de 200 à 250 km/h pour un objet
supposé à 300 à 400 m d'altitude... Si l'on
reporte cela à l'altitude de la rentrée qui était
de 90 km, on trouve entre 45 000 et 75 000 km/h, ce qui n'est pas
très loin de la vitesse réelle de la rentrée, de
28 000 km/h. Le fils exagère un peu plus en mentionnant une
vitesse de 300 ou 400 km/h pour la même altitude, ce qui
correspondrait à 65 000 à 90 000 km/h à
l'altitude de la rentrée.
La durée de l'ordre d'une minute
est enfin parfaitement plausible pour une observation ayant
débuté peu avant le passage au plus
près : la rentrée mettait
précisément 70 secondes pour passer du sud à l'est.
Les seules anomalies sont des
changements d'altitude en début et en fin d'observation, mais
ils ne sont pas très marqués et sont observés
pendant les périodes où le témoin
roule à vive allure.
Voyons maintenant quels sont les détails que Joël Mesnard
juge inexplicables, d'après le témoignage de M. Zucchari
dix ans plus tard :
- La brisure de la trajectoire, au début de l'observation : la
chose pique vers le sol, puis subitement se met à
« voler » horizontalement.
Je note d'après le
témoignage que cette « stabilisation » a
eu lieu précisément lorsque le témoin a
arrêté sa voiture et en est descendu pour mieux observer !
En fait, c'est même bien avant d'après le récit
initial, et l'impression de descente puis de redressement voire de
remontée est donnée par le conducteur qui roulait alors
à vive allure, pendant les premières secondes de son
observation... Le témoin lui-même indique qu'il a fait
cette première partie de l'observation dans des conditions
défavorables.
-
Thugny-Trugny se
trouve à environ 170 km de la projection au sol de la
trajectoire supposée de l'engin soviétique. Si
c'était cette rentrée qui avait été
observée, elle aurait dû être vue à quelque
27° au-dessus de l'horizon, alors que les témoins indiquent
une hauteur angulaire de l'ordre de 70°. Quel
phénomène, vu à 190 km de distance réelle
(170 km au sol) et 27° sur l'horizon aurait pu faire dire aux
témoins : « C'était juste au-dessus de
nous »?
En fait, la hauteur de la rentrée était
même de 24°. Mais outre qu'une exagération de la
hauteur angulaire est assez générale, remarquons
que cette estimation s'appuie sur les
déclarations faites par les témoins dix ans après
l'observation... Nous avons vu que seul le fils donne dans sa
déclaration à la gendarmerie des indications permettant
d'évaluer la hauteur sur l'horizon, qui serait comprise entre 31
et 53° selon l'interprétation. Il n'y a pas d'indication de
hauteur angulaire ou de distance dans la lettre adressée
à Franck Marie, pourtant ce dernier indique une distance
estimée de 1,5 km, ce qui pour une altitude de 300 ou 400 m
correspondrait à une hauteur angulaire d'une quinzaine de
degrés seulement ! Il serait bon de savoir d'où
Franck Marie a tiré cette indication... Peut-être l'a-t-il
déduite de la comparaison avec les avions en approche de
l'aérodrome, mais celui-ci se trouve plutôt
à 3 km de la position des témoins et pas du tout dans la
direction de l'observation... Dans tous les cas rien dans cette lettre
ne suggère une hauteur angulaire très
élevée, tout au contraire : l'objet apparaît
à droite de la voiture, pour que le conducteur situé
à gauche puisse l'observer tout en conduisant à vive
allure il ne peut pas être très haut dans le ciel !
-
De même, l'indication de taille apparente qu'ils donnent
correspond à une taille réelle (sur la
trajectoire de rentrée) de près de... 200 km !
Je dirais que le point d'exclamation est de trop puisque d'après le
spécialiste incontesté des rentrées
atmosphériques Pierre Neirinck l'ensemble des débris
d'une rentrée atmosphérique s'étend couramment sur
une centaine de kilomètres, l'exagération serait donc
minime ! Il semble tout de même que l'extension de la
rentrée qui nous occupe n'ait pas été aussi
importante à ce niveau de la trajectoire (plutôt
de l'ordre de 70 kilomètres), mais si nous nous
référons encore à la lettre à Franck Marie
le témoin estimait la longueur de l'objet à une centaine
de mètres (et sa hauteur à 50), et son altitude à
300 à 400 m, ce qui rapporté à l'altitude
réelle de la rentrée (90 km) correspondrait à une
longueur de 30 km et 15 de hauteur, valeurs cette fois minimisées. On trouve
aussi dans le livre de Franck Marie que la dimension apparente était
estimée à 14 cm à bout de bras, et on ne sait
encore pas d'où provient cette indication qui ne figure pas dans
le témoignage, mais ça correspondrait à une
longueur de 45 km pour la rentrée atmosphérique.
Mesnard ajoute sagement :
Mais ces éléments ne sont pas les plus décisifs: la
direction dans laquelle la chose s'est éloignée l'est
bien davantage, car elle a été notée de
façon précise, en relation avec des repères au
sol. Si c'était la rentrée de l'engin soviétique
qui avait été vue, tout, jusqu'à la disparition
finale, aurait été vue du côté droit de la
route. La prétendue trajectoire de rentrée de la
fusée soviétique ne coupe pas la D 983 : elle est toute
entière située du côté droit de cette route.
Si l'on suit le témoignage exposé dans
LDLN,
les témoins se sont arrêtés une seconde fois
lorsque la « chose » se trouvait
« au-dessus d'eux », et c'est
alors qu'elle aurait traversé la route, et ils
se seraient arrêtés une troisième fois à
l'entrée de Thugny-Trugny, pour voir l'objet disparaître
à l'horizon, « plongeant dans la vallée » en
direction du nord-est. Mais justement
on ne trouve rien de tout cela ni
dans la lettre à Franck Marie, ni dans l'article de presse, ni
dans les deux témoignages à la gendarmerie : tous ces
récits « tout frais » ne mentionnent qu'un seul
arrêt et pas de changement de côté !
Mais on peut comprendre en lisant la lettre à Franck Marie
ce qui a pu tromper le témoin dans sa reconstitution de
l'observation dix ans après :
Une remarque concernant cette dernière partie d'observation :
J'ai très nettement vu la trajectoire de l'objet prendre une assiette
à piquer, ce qui m'a fait conclure que son vol épousait
le relief. En effet, Thugny est à flanc de coteau, entre un
plateau calcaire culminant à 132 mètres et la
vallée de l'Aisne qui se trouve à 75 mètres.
Mais la vallée de l'Aisne, que l'objet semblait survoler au moment de
sa disparition, descend un peu vers le sud à l'est de Thugny, si
bien qu'à 1,5 km du village elle est plein est : soit
précisément la direction de la rentrée qui
s'éloignait, à une distance de 450 km, et qui
perdait peu à peu de l'altitude !
Et on trouve aussi dans cette même lettre la mention d'une
traversée de la route, mais au sujet de l'observation de la
belle-soeur du témoin, qui a observé la
même chose alors qu'elle circulait sur la RD 30 entre Rethel et
Doux... Et dans son cas ça n'était pas
incompatible avec la rentrée
atmosphérique si l'observation a été faite
plutôt du côté de Rethel, la route se dirigeant vers
l'est-sud-est... Peut-être y a-t-il eu avec les années une
« contamination » par cet autre témoignage.
En conclusion, si l'on s'en tient aux récits faits un ou deux
jours après l'observation, ce cas constitue une excellente
description de la rentrée atmosphérique... Mais bien
sûr, si on cherche à fabriquer des ovnis plutôt que
la vérité, il vaut bien mieux oublier tout cela et
interroger le témoin dix ans plus tard !
Cuhem (Pas-de-Calais) :
« L'engin est parti comme une flèche, à une vitesse incroyable, comme un éclair... »
Un témoin visiblement porté sur l'exagération décrit tout de même plutôt bien la rentrée atmosphérique.
Il me semble simplement que ce sympathique boucher-charcutier,
interrogé par un journaliste ayant visiblement envie de
raconter une belle histoire plutôt qu'établir des faits
précis, se laisse quelque peu emporter par son enthousiasme
lorsqu'il écrit que
trois faisceaux d'une
intensité extraordinaire éclairaient tous les
alentours, comme en plein jour et que
l'« engin »
est parti comme une flèche en altitude, à une vitesse
incroyable, comme un éclair. C'est ce qui
transparaît lorsqu'il déclare qu'il se trouvait
dans un état d'excitation terrible et qu'il est
persuadé d'avoir vu
un véritable vaisseau venu
d'ailleurs qui n'a jamais touché terre, qui est capable de voler
lentement à basse altitude et de repartir à la vitesse de
la lumière.
Ce témoignage semble donc simplement très
exagéré, d'autant que la rentrée passait au plus
près de Cuhem à 385 km, se présentant sous un
angle d'une quinzaine de degrés sans la traînée (ce qui est tout de
même pas mal !), à une hauteur angulaire sur l'horizon de 13°
seulement. Mais si on enlève l'exagération sur la
luminosité, on trouve une assez bonne description du
phénomène.
La route suivie par le témoin se dirige à la sortie de Cuhem
à un azimut de 215° (presque sud-ouest). On peut supposer que le
témoin a eu son attention attirée par l'explosion initiale de la
rentrée atmosphérique, qui se produisait à 18 h 59
à un azimut d'environ 220° (presque face à lui,
légèrement à droite), et à une hauteur sur
l'horizon de 4°, suffisante étant donné que l'horizon
est bien dégagé.
La durée indiquée
d'une dizaine de minutes est exagérée aussi, mais elle
est purement subjective et il a sans doute pu suivre le
phénomène pendant plus de trois minutes.
L'heure approximative de 18 h 45 est aussi en bon accord avec celle de la
rentrée. Notons que le témoin dit que lorsqu'il a vu
l'engin la lune était visible... En fait celle-ci ne se levait
qu'à 19 h 05 à Cuhem, elle n'était donc pas encore
levée au passage de la rentrée atmosphérique, et
moins encore à 18 h 45. Le témoin se rendait chez lui
à Prédefin, situé à seulement 7 km du lieu
d'observation, il a donc pu voir la lune se lever à sa gauche
peu après son observation si elle a été faite vers
19 h, mais pas si c'était à 18 h 45.
Quant au fait que
l'engin est parti comme une flèche en altitude,
à une vitesse incroyable, nous avons déjà
vu que l'impression d'une accélération en prenant de
l'altitude avant de disparaître à l'horizon peut
s'expliquer par la baisse de luminosité des lumières de
la rentrée à l'approche d'un horizon
dégagé, ce qui est bien le cas ici.
Donc, aux exagérations près, on a une assez bonne
description de la rentrée... Et si le témoin précise,
toujours sans doute avec une bonne dose d'exagération, qu'il a vu sur la
petite route peu fréquentée
des
voitures déboucher de tous
les chemins pour essayer de mieux voir, personne d'autre dans la
région n'a mentionné des détails aussi
extraordinaires que lui !
Vieux-Condé (nord) :
Trajectoire orientée nord-sud !
(ce cas n'est pas considéré par Mesnard comme un « exemple flagrant »).
La rentrée atmosphérique qui s'éloignait ou autre chose, ça n'était en tout cas pas très spectaculaire.
Mesnard considère plus loin dans son dossier que ce cas,
sans être parmi les plus probants, concerne très
probablement autre chose que la rentrée...
Je suis pour ma part plutôt hésitant... Il est vrai que la
trajectoire était orientée nord-sud et la
direction suivie inversée par rapport à celle de
la rentrée atmosphérique... Mais le
phénomène était vu vers l'est,
précisément dans la direction où cette
rentrée s'éloignait, se
déplaçant très lentement. Le faisceau
tronqué lumineux pouvait faire penser à un phare
avant, et expliquer une erreur sur le sens de déplacement de
l'objet... Il faudrait savoir si les témoins se sont
déplacés pour voir l'objet plus longtemps, sans
quoi ils n'auraient pas pu commettre une telle erreur.
Cette interprétation suppose aussi une exagération de la
hauteur angulaire de l'objet, estimée à
30° alors que celle de la rentrée ne
dépassait pas 15° lors du passage au plus
près, et beaucoup moins lorsqu'elle s'éloignait
vers l'est. Il faudrait savoir aussi pourquoi le
phénomène n'aurait été
observé que peu avant sa disparition, mais il faudrait
connaître la configuration du lieu d'observation pour en juger.
On comprend mal aussi pourquoi les témoins auraient mal
distingué la partie arrière (donc en fait avant)
de la forme ovoïode mais pas la partie avant.
Mais on aimerait dans ce cas connaître les
dépositions séparées des
témoins, avec éventuellement leur dessin,
plutôt qu'une synthèse des témoignages
illustrée par un dessin de l'enquêteur Jocelyn
Morel :
En outre, Jocelyn Morel qui a
recueilli les témoignages m'a toujours parlé d'un
diamètre apparent de 5 mm pour l'objet (équivalent
à la lune, s'il n'était pas exagéré), et non 5 cm...
Ça relativiserait quelque peu l'étrangeté
du phénomène, dans le cas où il ne
s'agirait pas de la rentrée atmosphérique ! C'est
bien sûr à vérifier
(comme le reste !) dans le rapport d'observation, que l'ami Jocelyn ne
m'a jamais envoyé.
Maisons-Alfort (Val-de-Marne) :
Il est des observations qui ne permettent pas d'exclure l'explication par la rentrée atmosphérique
(ce cas est donné en exemple de ceux qui se rapportent probablement à la rentrée).
Il y a surtout quantité d'observations qui concernent manifestement la rentrée atmosphérique.
Il n'est effectivement pas douteux qu'il s'agisse là d'une
observation de la rentrée atmosphérique. Voici
comment il est présenté dans
LDLN
n° 303 :
Peu après 19 h, Juan-Carlos Ghirimoldi se trouve
dans la partie sud de Maisons-Alfort, non loin de la gare de
Vert-de-Maisons. il vient de garer sa voiture dans un parking et,
regardant en direction du sud, il découvre, à une
trentaine de degrés au-dessus de l'horizon, un ensemble de
lumières se déplaçant vers sa gauche,
à vitesse constante, sur une trajectoire apparente
légèrement descendante. Il estime que cette
trajectoire était orientée d'ouest en est, ou
légèrement de l'ouest-sud-ouest vers
l'est-nord-est. Le phénomène parcourt 50 ou
60° dans le ciel, en à peu près 10 ou
15 secondes, et disparaît derrière les toits.
La chose se composait de trois gros points disposés
en triangle équilatéral et suivis d'une dizaine
d'autres lumières plus petites, dont certaines clignotaient.
Couleur dominante : ambre, mais il devait aussi y avoir du rouge
quelque part. Le gros point supérieur laissait, sous lui et
vers l'arrière, une traînée lumineuse
conique, de même que l'un des points plus petits.
Le diamètre apparent de l'ensemble correspondait
à une bonnne vingtaine de centimètres,
à bout de bras.
Les seules anomalies notables sont les traînées
lumineuses dans la partie haute du phénomène
alors qu'elles étaient plutôt en bas, et la
durée d'observation nettement sous-estimée, la
rentrée atmosphérique ayant mis près
d'une minute à parcourir 50 à 60° dans le ciel.
Il s'agit donc très certainement de la rentrée
atmosphérique, mais je ne vois guère de
différences par rapport à d'autres
témoignages que Joël Mesnard considère
comme des évidences qu'il y a eu autre chose ce
soir-là !
Gare de Saint-Cloud (Hauts-de-Seine) :
Ce cas a peu de chances d'être de nature ufologique
(n'est donc pas considéré comme exemple probant).
Parce que pour une fois, le témoin a pu vérifier à sa
grande surprise que le phénomène était très
éloigné.
Ce cas a été exposé dans le numéro
306 de
LDLN :
Voici le témoignage de MM. Thierry Rainaud et Jean-Luc Croizie, qui se
trouvaient, quelques instants avant 19 h, en cet endroit d'où
l'on domine, vers l'est, la vallée de la Seine et Paris. Ils ont
observé pendant deux minutes environ le passage, d'ouest en est,
d'un ensemble formé de trois lumières disposées en
triangle équilatéral (pointe en haut, là encore)
et d'un « projecteur », beaucoup plus puissant,
dirigé vers l'arrière. Toutes ces lumières
étaient blanches. Sur le croquis réalisé par les
témoins eux-mêmes, on note, en bas, à gauche, la
tour Eiffel, vers laquelle le pénomène semblait
se diriger.
Il n'y a effectivement aucun doute sur le fait que ce témoignage se
rapporte à la rentrée atmosphérique : la description
l'évoque parfaitement, la trajectoire correspond, et l'heure qui a
été notée précisément, de quelques
instants avant 19 heures jusqu'à 19 heures 02, correspond
parfaitement au passage de la rentrée atmosphérique.
La suite est particulièrement intéressante :
On note, en haut, un hélicoptère, Thierry Rainaud a
retrouvé lepilote de cet hélicoptère,
qui appartient à la société
Héli France et qui a donné une description analogue du
phénomène, mais en précisant qu'il le voyait au-dessus
de lui, ce qui a beaucoup surpris les témoins
de Saint-Cloud.
Messieurs Raynaud et Croizie étaient en effet persuadés
comme l'immense majorité des témoins de cette
soirée avoir affaire un objet très proche étant
donné ses dimensions apparentes, mais contrairement aux autres ils ont eu la
preuve qu'ils se trompaient ! Ce que Mesnard explique parfaitement en
continuant :
Il y a à cette contradiction apparente
une explication et une seule, d'ailleurs très simple : vu de
la gare de Saint-Cloud, l'hélicoptère se trouvait
à une hauteur angulaire supérieure à celle
du phénomène, mais à une altitude moindre
(de même qu'on peut très bien voir dans le ciel un
avion « plus haut » que la lune). La conclusion que l'on
peut en tirer est que le phénomène se trouvait
à une altitude très supérieure à
l'estimation qu'en ont donné les témoins (300 m). Nous avons affaire
là à une illusion très classique, dont il faut tenir
compte dans l'appréciation de toutes les observations de cette
soirée.
Nous avons effectivement ici la démonstration qu'on ne peut
tenir aucun compte de l'estimation d'altitude ou de distance
donnée par les témoins, mais on peut regretter
que Mesnard considère dans d'autres cas la
proximité affirmée comme une évidence
qu'on aurait affaire à autre chose que la rentrée !
Il n'y a donc aucun doute, même pour Joël Mesnard,
que ces deux témoins ont observé la
rentrée atmosphérique et l'ont par ailleurs
très bien décrite, mais il y a une
dernière anecdote allant
à l'encontre de cette évidence, que Mesnard
répètera pas moins de trois fois dans son dossier :
Pour autant, le problème global n'est en rien
résolu par le simple constat de cette possibilité
d'illusion. Un exemple : dès que le phénomène eut
disparu en direction du trocadéro ou de la Tour Eiffel, MM. Rainaud et
Croizie échangèrent quelques mots avec un homme
qui se trouvait là, et qui était aussi perplexe
qu'eux. Il leur dit : « Il y a un quart d'heure que je suis
là, et c'est le troisième machin comme
ça que je vois passer !». Il était 19 h 02,
à quelques secondes près.
Voici donc la preuve
que Mesnard nous ressert tout le temps qu'il y aurait eu
ce soir-là plusieurs objets... Il faut vraiment
être en manque de cas probants pour accorder le moindre
crédit à un tel « témoignage» :
un parfait inconnu qui a dit cette phrase sybilline
à deux autres témoins, sans que personne d'autre
ait vu quoi que ce soit... Pour moi, ce passant pouvait être
un simple plaisantin qui avait envie de faire l'intéressant, ou
aurait vu passer deux avions avant cela et fait le
rapprochement, ou encore faisait référence
à des phénomènes semblables qu'il
aurait vu longtemps auparavant, puisqu'il ne dit pas explicitement que
c'est pendant le quart d'heure où il était là
qu'il a observé les deux « machins »
précédents ! Et on peut aussi se demander s'il
n'y a pas eu incompréhension de la part de celui qui
rapporte cette phrase.
On trouve aussi pour ce cas la description des témoins dans
une lettre adressée à Franck Marie le 7 novembre 1990 et
publiée dans son livre
OVNI-Contact :
La gare de Saint-Cloud étant située sur un point
élevé, nous avons pu observer le déplacement d'un
ensemble de points géométriques parfaits
constitués de luminescences de couleur blanche. Nous avons
pu déterminer 3 points lumineux disposés en triangle
constituant une partie supérieure. Plus bas, un
« projecteur » de type « poursuite
scénique »,
pouvant également être assimilé à un
élément de post-combustion, était dirigé
vers l'axe opposé au déplacement de ce groupement de
points lumineux (l'inférieur étant d'une puissance sans
commune mesure avec les 3 points supérieurs). Nous n'avons pu
observer aucune forme concrète entre ces points lumineux (mais
le ciel n'était pas visible entre les lumières). Le
déplacement, impressionnant de régularité,
s'effectuait sur un axe gare de Saint-Cloud (92) vers la zone
Trocadéro-tour Eiffel (75), endroit où notre observation
a dû être interrompue, le
« phénomène »
s'éclipsant à la même vitesse
régulière dans les nuages ou brumes éparses
situées au-dessus de la capitale ce soir-là. Notons
l'absence totale de bruit lors de cette observation. Les
hypothèses soulevées par de nombreux journalistes et
scientifiques, selon lesquelles ces phénomènes pourraient
être assimilés à des entrées de
débris de satellites ou étages de fusées nous
semblent erronées. En contact avec plusieurs journalistes, nous
ne pouvons accepter des hypothèses cartésiennes (pour le
moment) qui ne sont que des conclusions hâtives (Patrick Poivre
d'Arvor — TF1 — 20 h).
Rien de plus qui pourrait
mettre en cause l'explication par la rentrée
atmosphérique, si ce n'est la mention très classique et
explicable que « le ciel n'était pas visible entre
les lumières » et le fait que les témoins n'admettaient
pas cette explication... Mais c'était avant qu'ils ne discutent
avec le pilote d'hélicoptère, alors qu'ils étaient
tout à fait convaincus d'avoir observé un objet proche ;
il serait intéressant de savoir si leur opinion a changé ensuite...
Quant à l'anecdote du « troisième
témoin », elle n'est même pas
mentionnée dans cette lettre, c'est dire que ces témoins
n'y ont pas accordé beaucoup d'attention et qu'ils peuvent avoir
mal interprété les paroles de cet homme que
Joël Mesnard est seul à prendre en
considération !
Cesson-la-Forêt (Seine-et-Marne) :
Comme un Boeing 747 qui larguerait son carburant à 50 m d'altitude...
(encore un cas non répertorié comme probant).
Encore une très bonne description de la rentrée...
Un groupe de lumières
accompagnées d'un faisceau lumineux dirigé vers
l'arrière, le tout porté par un objet de forme
indéfinissable, se déplaçant en ligne droite,
venant du sud-ouest et disparaissant vers l'est, il est clair que c'est
la rentrée atmosphérique !
Franck Marie expose ce cas de façon plus
détaillée dans son livre
OVNI-Contact,
reproduisant des extraits d'une lettre de 5 pages que le
témoin a adressée le 9 novembre 1990 au CNES :
Lundi soir 5 novembre 1990 vers 19 h, mon voisin et
moi-même avons été témoins du passage d'un
objet volant étrange dans le ciel de Cesson.
Je vous adresse cette lettre car je tiens à ce qu'elle soit lue par
des scientifiques. Si cela peut accréditer ce témoignage, je
suis ingénieur dans une importante société
aéronautique. Ma formation est principalement
aéronautique... De plus, j'ai été officier de
surveillance aérienne lors de mon service militaire,
affecté au contrôle aérien dans l'Armée de
l'Air. Je vous présente les faits : Je suis sorti de chez
moi vers 19 heures face au sud-est. La nuit était
tombée mais claire.
Étant à
l'extérieur de ma demeure, j'ai comme habitude d'observer le
mouvement des avions en approche d'Orly. Sur ma droite, mon attention
est attirée par des lumières se déplaçant
à très basse altitude avec en plus un faisceau blanc
dirigé à l'opposé du sens de déplacement.
J'ai tout de suite pensé qu'il s'agissait d'un Boeing 747
(rapport à la taille de l'appareil) qui larguait son carburant
suite à un problème, ce qui m'a fait fixer mon attention
sur le fait. Cet « avion » avait une silhouette
indéfinissable. De par la position des feux et la
proximité d'Orly, j'ai pensé qu'il s'agissait bien d'un
B. 747 en difficulté qui volait très bas, au maximum
à 50 mètres du sol, ce qui me paraissait
déjà très anormal.
Les feux s'approchant,
je me suis rendu compte en fait qu'il ne s'agissait pas de largage de
carburant mais d'un faisceau arrière légèrement
incliné vers le bas (-15° par rapport à
l'horizontale). Pour un avion en difficulté, l'altitude
paraissait vraiment anormalement basse, au niveau de la
sécurité. Le silence de fonctionnement de l'appareil
confirmait mes doutes et j'ai pensé à une panne
totale des moteurs.
Lorsque les feux et le faisceau lumineux sont
passés devant moi, je m'attendais à entendre un maximum
de bruit moteur ou de glissement dans l'air... Mais cet objet se
déplaçait absolument sans aucun bruit (même pas un
bruit de glissement dans l'air)... J'ai alors pu distinguer la forme
avant de l'objet, par le fait qu'il était plus sombre que le
ciel. L'allure de l'avant était semblable à celle d'un
avion delta (aile volante). Un détail sur le faisceau m'a
permis de constater qu'il ne touchait pas le sol.
Si je compare sa taille à celle d'un Boeing 747, il n'était pas
à plus de 50 mètres d'altitude et volait à une
vitesse de 250 km/h. Cette chose paraissait énorme. Les feux
étaient fixes, non clignotants. Le vol était rectiligne et uniforme.
Lors de l'éloignement vers l'est des traces brillantes (genre
paillettes scintillantes) apparaissaient à l'arrière avec
toujours la présence du faisceau lumineux.
Les feux avaient l'allure des feux de navigation traditionnels, mais non
conformes à ceux des avions commerciaux. Le plus impressionnant
était l'absence totale de bruit. Si un tel objet existe,
j'adresse toutes mes félicitations à celui qui a
réussi à faire voler un objet de cette taille et sans
bruit (planeur hors concours). Ce qui me choque personnellement est
l'allure d'un vol conventionnel, alors que l'objet était
très étrange de par sa taille énorme
et surtout ce total silence de fonctionnement...
Franck Marie précise par ailleurs :
Transit : O/E, vu
à 300 mètres au sud.
On a suffisamment de renseignements pour faire quelques comparaisons
angulaires avec la rentrée, et voir ce que valent les
estimations d'un spécialiste de l'aéronautique.
La longueur est estimée à 20 cm à bout de
bras, ce qui à la distance de la rentrée
atmosphérique (187 km) donnerait 60 km, valeur très
réaliste et même sans doute un peu sous-estimée au
niveau de la région parisienne. La hauteur sur l'horizon, pour un objet
volant à 50 m d'altitude et distant de 300, serait de
seulement 10° alors que celle de la rentrée était
de 31°. La vitesse estimée à 250 km/h pour un objet
distant de 300 m serait portée à 150 000 km/h à
la distance de la rentrée, très exagée puisque la
rentrée allait plus de cinq fois plus lentement.
Disons que globalement ça n'est pas trop mauvais... Et quant à
la description elle évoque tout à fait la rentrée
atmosphérique, les seuls détails anormaux étant le
faisceau vu légèrement incliné et la forme noire
qui aurait été distinguée à l'avant... Rien
de très convaincant dans tout cela, et on aimerait encore une
fois connaître le témoignage du voisin pour comparer.
Joël Mesnard note d'ailleurs :
Cette
observation n'est évidemment pas l'une des plus remarquables de
cette soirée. Elle n'a d'importance que dans la mesure où
elle complète celle, toute proche, de Vert-Saint-Denis, et parce
que le cas qui va suivre ne saurait être considéré
indépendamment de ces observations de Cesson et de Vert.
Tout cela semble former un tout...
Je suis bien d'accord, cela
forme un tout, et c'est la rentrée atmosphérique !
Vert-Saint-Denis (Seine-et-Marne) :
Vers le bas partent au moins trois faisceaux lumineux, parfaitement cylindriques [...] L'un des faisceaux balaie doucement
(cas non considéré comme probant).
Le témoignage évoque plutôt bien la rentrée, le dessin associé beaucoup moins, mais on ne sait pas qui l'a fait !
Ce cas n'est pas détaillé, mais puisque Mesnard le mentionne,
voyons comment il était exposé dans
LDLN n° 303 :
M. Santerre, ainsi que plusieurs autres personnes, assiste au
passage, en un peu plus d'une minute, d'un objet qui se montre tout
d'abord sous la forme de trois gros points lumineux. Puis la forme se
précise : elle ressemble un peu à l'avant du
fuselage d'un Boeing 747, avec au sommet de fines raies lumineuses (1)
de couleur blanc-jaune. L'arrière (partie
hachurée) a été moins bien
observé, de même que le feu supérieur.
Vers le bas partent au moins trois faisceaux lumineux (2, 3, 4),
parfaitement cylindriques. Leur lumière est blanche,
légèrement bleutée, et assez vive.
L'intensité lumineuse est constante sur toute la longueur de
chaque faisceau, mais les extrémités (qui
atteignent peut-être le sol) ne sont pas
observées. Le faisceau 4 balaie doucement.
Diamètre apparent de la masse : environ 8 cm à
bout de bras.
Notons que ce numéro de
LDLN est paru
peu après la vague d'observations, il s'agit donc pour une
fois d'un témoignage « frais » ! On
regrette par contre, comme d'habitude, que l'observation
soit rapportée par un seul témoin alors
qu'ils étaient plusieurs... À la lecture du
témoignage, il n'y a en fait pas grand-chose qui
paraisse anormal :
une masse noire dont la forme se précise à
l'avant mais pas à l'arrière, des faisceaux
lumineux tronqués, tout cela n'a rien de très
inhabituel... Seule la mention que l'un de ses faisceaux
« balaie doucement » peut surprendre, mais
étant donné qu'il n'est pas
précisé dans quel sens se fait le
« balayage » on peut toujours penser à une
impression due à une variation cyclique de
l'intensité de la lumière à
l'origine du faisceau, qui pourrait s'expliquer par la
rotation du débris responsable. L'heure d'observation est
indiquée par ailleurs : 19 h 02 ou 19 h 03, bien proche du
passage de la rentrée atmosphérique. Tout comme la
trajectoire indiquée sur le schéma, de l'ouest-sud-ouest
vers l'est-nord-est en défilant de droite à gauche,
parfaitement conforme à celle de la rentrée.
Rien de très convaincant donc dans la description, mais par
contre le schéma n'évoque pas du tout la rentrée
atmosphérique. Si c'est bien le témoin qui a fait ce
dessin peu après son observation, je considérerai
certainement ce cas comme un des plus étranges de cette
soirée, et je me demande bien ce qui retient Mesnard de le
faire ! Mais justement il n'est dit nulle part que le dessin
est dû au témoin, et l'écriture des
annotations est la même que celle des textes manuscrits de
plusieurs cas différents signalés dans le
même numéro : c'est probablement celle de
Joël Mesnard lui-même, le nom de
l'enquêteur n'étant pas mentionné pour
ce cas. Bref, c'est probablement un dessin fait par Mesnard
d'après une description orale du témoin, laquelle
peut donner lieu à une interprétation bien plus
conventionnelle.
Melun (Seine-et-Marne) :
« C'était gigantesque, plus grand qu'un porte-avions ».
Oui, bien plus grand, et il s'agit d'une des meilleures descriptions de la rentrée !
Voyons donc cette observation qui « forme un tout »
avec les cas de Cesson-la-Forêt et Vert-Saint-Denis.
Mesnard n'avait pas non plus retenu ce cas parmi les « trente
exemples flagrants », mais il l'a finalement ajouté avec
quelques autres à la fin de son dossier.
Quatre témoins étaient présents, ce qui serait un gage
d'objectivité si l'on avait les descriptions et dessins des
quatre, plutôt qu'une synthèse faite par Joël
Mesnard, et ça n'est malheureusement pas le cas... On aimerait
aussi que la date de leur témoignage soit mentionnée,
mais il s'agit encore d'une omission fréquente de Mesnard !
Ces témoins, réunis dans un appartement du nord-est de Melun,
ont vu à 19 h apparaître l'objet à l'ouest,
« au-dessus des antennes de Sainte-Assise », un
ensemble de grandes antennes de radiotransmission militaires, bien visibles
à l'horizon car balisées de puissantes lumières.
Mesnard remarque que cette direction correspond à un azimut 260°
à quelques degrés près... Et c'est tout à
fait exact... Je m'étais rendu sur place il y a quelques
années avec un GPS (à l'époque il n'y avait pas
Google maps), et j'avais trouvé à peu près
261,5° pour le centre du groupe d'antennes vu depuis le centre
de l'immeuble.
C'est après que ça commence à déraper :
Cette direction initiale d'observation a son importance car, correspondant
à l'azimut 260°, à quelques degrés
près, elle n'est pas compatible avec l'hypothèse de la
rentrée atmosphérique : il est impossible, que des
témoins situés du côté gauche de la
trajectoire aient pu l'observer en direction de l'ouest ! Si l'on tient
absolument à considérer que c'est la rentrée
atmosphérique qui a été vue dans le cas
présent, il faut admettre que les témoins commettent une
erreur d'au moins une cinquantaine de degrés sur la direction
initiale d'observation, et cela en supposant qu'ils aient
détecté la présence du phénomène
alors qu'il survolait l'estuaire de la Gironde, ce qui semble peu
probable.
Il semble que Mesnard, ancien prof de maths, fasse
depuis trop longtemps de l'ufologie, puisqu'un calcul de
géométrie assez élémentaire permet de
trouver que depuis Melun, l'estuaire de la Gironde se trouve à
un azimut 219°, ce qui réduit déjà l'erreur
à guère plus de quarante degrés ! Mais
continuons :
Si l'on suppose, plus sagement, que la chose n'a pas été
détectée à moins de 200 km (alors que la
rentrée survolait la région de Saint-Amand-Montrond),
l'erreur sur la direction d'observation initiale atteint 80°.
Je ne vois vraiment pas en quoi il serait « sage » de
considérer qu'une rentrée atmosphérique ne serait
visible pratiquement que lorsqu'elle passe au plus près (la
distance minimale depuis Melun était de 183 km), je dirais
même que c'est complètement loufoque !
Un tel phénomène est visible à plus de 1000 km, et à
cette distance la rentrée qui nous intéresse devait avoir encore un
éclat supérieur à celui de Vénus à
son maximum, laquelle est parfaitement visible même à
l'horizon. L'horizon des témoins dans cette direction
était parfaitement dégagé, je l'ai
vérifié, la grande fenêtre devant laquelle ils se
trouvaient donne vers l'ouest, il est donc tout à fait
déraisonnable de penser qu'ils n'ont pas vu la rentrée
lorsqu'elle passait au-dessus de l'estuaire de la Gironde, à
quelque 450 km, alors qu'elle était déjà
très spectaculaire. Et il est même très raisonnable
de penser qu'ils l'ont vue encore bien avant, sans doute dès
l'explosion initiale de l'étage de fusée qui a dû
attirer leur attention, près de l'horizon et
sous un azimut supérieur à 235°... Et
même si ça n'était pas le cas, ils auraient vu que le
phénomène s'élevait en biais et provenait donc de
toute façon de ce point situé à l'horizon !
Voilà donc l'erreur d'appréciation de la direction
réduite à 25°, et non 50 et encore moins
80... On ne pouvait guère s'attendre à mieux pour
un témoignage vraisemblablement tardif !
L'objet est passé au plus près des témoins vers le
sud, à une hauteur angulaire maximale estimée
à 30°... Celle de la rentrée atmosphérique
était de 31°. Notons d'ailleurs que ce passage assez bas sur
l'horizon nous donne une raison de douter de l'estimation précise de
la direction d'origine du phénomène : s'il était
apparu pratiquement plein ouest comme le disent les témoins
(à supposer qu'il y en ait plusieurs qui disent ça !),
pour disparaître ensuite plein est, il leur serait passé
au-dessus, à moins d'avoir suivi une trajectoire courbe
que rien ne suggère.
La dimension angulaire est estimée à 30
à 40°... En supposant une longueur de cent kilomètres
pour les débris de la rentrée atmosphérique
à ce niveau (une dimension courante et qui est confirmée
par des témoignages précis tels celui de Jean-Gabriel
Greslé), la rentrée avait précisément une
dimension angulaire de 30°, et plus en comptant la traînée lumineuse.
Quant à la description, il s'agissait d'un
ensemble de lumières régulièrement espacées
dessinant une « forme noire aux bords indistincts »
évoquant un sous-marin, terminé par trois faisceaux
lumineux blanc argenté dirigés vers l'arrière...
Tout cela évoque parfaitement la rentrée
atmosphérique. Mesnard trouve étonnant que les
témoins aient vu trois faisceaux alors que d'autres
témoins proches n'en ont vu qu'un, mais il faut rappeler
que ces témoins de Melun ont eu la chance assez rare (bien que
Mesnard la conteste !) de voir le phénomène arriver de
loin, et on sait que lorsque la rentrée survolait l'ouest de la
France elle était suivie par trois à cinq traînées
lumineuses à peu près identiques.
Après le passage au
plus près, les témoins sont passés de l'autre
côté de l'appartement pour voir
l'objet s'éloigner vers l'est.
La vitesse était
très lente, et la durée estimée « nettement
plus d'une minute »... S'ils ont observé la rentrée
atmosphérique, ce que tout laisse penser, cette durée a
probablement atteint trois minutes compte tenu de leur point de vue
privilégié.
En bref, si on excepte une erreur de 25 degrés sur la direction initiale de
l'observation, on a encore ici une des meilleures descriptions de la
rentrée atmosphérique !
Suresnes (Hauts-de-Seine) :
L'ovni vire et prend de l'altitude.
Encore une excellente description de la rentrée, et l'impression d'un virage modéré est compréhensible...
Encore un phénomène vu à l'heure de la rentrée
atmosphérique (entre 19 h et 19 h 05), dans la direction
où passait la rentrée atmosphérique, qui suivait
en silence la trajectoire de la rentrée atmosphérique...
Bref qui a toutes les chances d'être la rentrée atmosphérique.
L'enquêteur de
LDLN a rencontré le
témoin au printemps 1991, mais on dispose aussi d'une lettre
qu'il a adressée à Franck Marie dès le
8 novembre 1990, et qui va nous éclairer sur certains
détails :
Je vous informe que je me suis trouvé être le
témoin du passage d'un OVNI, le 5 novembre 1990, à 19 heures
passées de peu (19 h 02 me semble correct). Habitant rue
Paul Bert à Suresnes et ayant ouvert la fenêtre du premier
étage et me penchant pour prendre un volet, j'ai vu une masse
sombre se déplacer au-dessus de la maison du boulanger
(commencement de la rue Paul Bert et de la rue de la Liberté).
Je me suis dit : Mais qu'est-ce que c'est que ça ?! Cette
chose avançait et passa devant moi, la masse énorme glissant
dans un silence impressionnant. Cette masse noire dans le sombre de la
nuit était indéfinissable en forme. Dans la masse une
lumière fixe sans éclat comme emprisonnée dans une
sorte de fenêtre latérale et dans le haut de l'informe
masse, à une dizaine de mètres, une autre lumière
fixe également sans éclat qui se déplaçait
en parallèle de la masse. Avec une main, j'ai caché la
lumière du réverbère du trottoir d'en face pour
mieux voir. La forme était peut-être à environ
300 mètres de moi, guère plus, et se déplaçait
à la vitesse double de celle d'un gros porteur dans l'attente
d'atterrir, cela dans un silence total, au grand maximum à
200 mètres du sol (400 m par rapport au niveau de la Seine).
J'ai hurlé pour appeler mon fils. Quand l'OVNI est passé
devant moi, une lumière s'est précisée à
l'arrière, tel un Soleil blanc d'une très forte
intensité lumineuse qui se découvrait au fur et
à mesure de la progression. C'était incontestablement
l'arrière de l'engin qui nous apparaissait progressivement,
puis totalement. L'OVNI avait viré vers Neuilly, laissant sur sa
gauche les immeubles de grande hauteur, et prenait de l'altitude en une
légère pente ascendante. Autour de ce Soleil,
dans la périphérie interne, un tourbillonnement
annulaire, suivi d'une traînée blanche, laissait
apparaître comme des particules argentées, peut-être dues à
un phénomène de diffraction par le tourbillonnement
sur elle-même de cette fumée éblouissante
blanche, légèrement annelée mais compacte,
longue d'environ 100 mètres et de longueur constante. En dessous de ce
Soleil, de chaque côté, (mon fils dit au-dessus), deux
petites lumières fixes. Puis, le tout s'en est allé et a disparu.
J'ai dit à mon fils : « Nous avons vu un OVNI ! »,
moi pendant 35 à 40 secondes, de ma droite venant de
St-Cloud/Rueil, devant moi, puis à ma gauche, pour le voir
partir vers Neuilly ; mon fils 8 à 10 secondes, pour voir le
Soleil éblouissant donnant l'impression de se
désagréger avant de disparaître. Suite
à l'article du Figaro
du 07 novembre 90, j'informe
et communique à qui de droit.
Concernant la trajectoire, il y a juste un détail qui cloche
d'après l'enquête dans
LDLN : le témoin dit que l'objet a
été momentanément caché par le dernier
étage de la maison qu'il vient de dépasser sur cette
reconstitution faite par Joël Mesnard à partir de photos :
La rentrée atmosphérique, qui passait au plus près
à 24° de hauteur sur l'horizon, se trouvait nettement au-dessus... Mais si
on se reporte plutôt à la lettre à
Franck Marie, beaucoup plus proche de la date d'observation, le
témoin dit qu'il a vu d'abord l'engin en approche au-dessus
de la maison du boulanger ; or celle-ci, que l'on voit tout
à droite sur le dessin, est nettement plus haute que la maison
censée avoir caché l'objet, et l'altitude de ce dernier ne
semblait pas varier ! Il y a donc, comme nous commençons à
en avoir l'habitude, une contradiction concernant un détail anormal,
et comme d'habitude aussi la version la plus « fraîche »
du témoignage va dans le sens de la
rentrée atmosphérique !
On peut du reste rechercher avec Google maps dans quelle direction se
trouve cette maison au-dessus de laquelle le phénomène
est apparu aux yeux du témoin :
Elle se trouve à un azimut de 210°, où la
rentrée atmosphérique passait à 18h59'55",
à une hauteur angulaire de 15°. Le toit de cette maison de 5
étages devait dominer la position du témoin d'une
quinzaine de mètres, elle se trouve à une distance de 80
mètres, cela implique une hauteur sur l'horizon de l'ordre de
11°, la rentrée passait donc bien un peu au-dessus. Quant
à la maison face au témoin, plus proche mais n'ayant que deux
étages, on peut calculer de même qu'elle devait
avoir sensiblement la même hauteur angulaire, ce qui est
confirmé par le dessin, et la rentrée ou
« la chose » observée s'était de son
côté élevée, elle passait donc largement au-dessus.
Et la rentrée disparaissait vers l'est deux minutes plus tard...
C'est trois fois plus que la durée de 35 à 40 secondes
estimée par le témoin, mais une telle erreur est courante.
Une autre déformation du témoignage concerne la dimension
apparente. La longueur de l'objet est estimée par le
témoin à 100 mètres et autant pour la
traînée, sa distance au plus près à
60 mètres et son altitude à 30 mètres, si bien que
comme le remarque Mesnard l'ensemble devait remplir toute la largeur du
champ visuel... Mais si on se reporte encore à la lettre
à Franck Marie, la longueur était la même mais la
distance était évaluée à
« 300 mètres, guère plus », et l'altitude
« au grand maximum à 200 mètres du sol » !
Voilà qui est plus raisonnable, et qui donne même une dimension
apparente tout à fait représentative de la rentrée
atmosphérique, qui passait au plus près à 225 km :
cela correspondait à une longueur maximale de 150 km pour
l'ensemble des débris plus la longue traînée, et autant pour l'altitude
(100 km en réalité).
Notons qu'une distance de 60 mètres pour une altitude de
30 mètres, de même qu'une distance de
« guère plus de 300 mètres » pour une altitude de
« 200 mètres au grand maximum », ça donne une
hauteur angulaire de 30°, bien proche de celle de la rentrée
atmosphérique (24°)... Et largement au-dessus de celle de la
maison qui aurait occulté momentanément l'objet
observé, détail dont on a décidément bien
des raisons de douter !
L'objet se présente sous la forme d'une
masse noire qui
se détache sur le fond de la nuit, mais dont la forme est
indéfinissable... On a déjà vu ça
maintes fois dans les témoignages du 5 novembre, y compris
pour des cas dont même Mesnard ne doute pas qu'il s'agissait de la
rentrée atmosphérique... Répétons que si
une forme est indéfinissable, c'est justement parce qu'elle ne
se détache pas sur le fond de la nuit !
Mesnard nous dit :
si c'était la rentrée de la fusée qui
s'était montrée, il est infiniment peu probable qu'elle soit apparue
sous la forme d'une masse noire : c'est, au contraire, un ensemble de
lumières que le témoin aurait dû découvrir...
Mais il se trouve justement que des lumières, il y en avait :
outre un grand « soleil » laissant une longue
traînée, le témoin distinguait « deux
lumières fixes, sans éclat ». Il était plus
précis dans la lettre adressée trois jours après
l'observation à Franck Marie :
Dans la masse une
lumière fixe sans éclat comme emprisonnée dans une
sorte de fenêtre latérale et dans le haut de l'informe
masse, à une dizaine de mètres, une autre lumière
fixe également sans éclat qui se déplaçait
en parallèle de la masse. Et aussi :
En
dessous de ce Soleil, de chaque côté (mon fils dit
au-dessus), deux petites lumières fixes. Dans son
témoignage plus tardif pour
LDLN,
il dit au contraire que c'est son fils qui a vu ces deux
lumières en dessous, et lui ne les a pas vues !
Ça nous donne déjà un exemple des déformations
que l'on trouve dans un témoignage après quelques mois.
Mais en tout cas la « masse noire » portait
d'après le témoin cinq lumières dont une laissant une grosse
traînée, ça n'était pas une masse noire
toute nue comme le laisse supposer Mesnard ! Il est vrai que cinq
lumières, c'est peu par rapport à d'autres descriptions
de la région parisienne, mais le témoin était chez
lui et fermait les volets, il n'était donc pas habitué
à l'obscurité et en outre il était ébloui
par les lampadaires en face de la rue (il dit dans sa lettre à
Franck Marie qu'il a caché de sa main la lumière d'un
réverbère pour mieux voir) ; il n'est donc pas surprenant
qu'il n'ait vu que les lumières les plus brillantes.
La dernière anomalie est que le
témoin voit à la fin de son observation l'objet
virer un peu vers la droite tout en prenant de
l'altitude. Joël Mesnard remarque à ce sujet :
Il
est vrai que sur le plan ci-dessous, réalisé par M. G., on
voit que le changement de direction est relativement peu marqué :
environ 24 °. Ce plan donne aussi l'ordre de grandeur de
l'éloignement évalué par le témoin : une
soixantaine de mètres ! Si ces estimations de tailles et de
distance sont assez proches de la réalité, M. G.
a dû observer le phénomène dans d'excellentes
conditions : un ensemble (masse plus traînée) de
200 mètres de long, observé à une soixantaine de
mètres, remplit toute la largeur du champ visuel !
La question se pose donc : dans quelle mesure peut-on accorder foi aux
estimations de distance fournies par M. G. ? Lors de notre visite
à Suresnes, au printemps 1991, Gilles Garreau et moi avons
demandé à ce jeune retraité, un peu par hasard,
avant de le quitter, quelle profession il avait exercée. Il nous
a alors répondu qu'il était dessinateur-projeteur. Il est
difficile, dans ces conditions, de ne pas accorder un certain
crédit aux indications géométriques
qu'il donne, aussi étonnantes soient-elles.
Nous avons déjà vu qu'en ce qui concerne les distances, le
crédit que l'on peut accorder au témoin est quelque peu
réduit du fait que ces distances ont été
divisées par cinq entre sa lettre à Franck Marie
et son témoignage pour
LDLN !
Mais nous avons vu aussi qu'en dehors de l'estimation de la
durée, les indications du témoin dans son récit
initial s'accordent très bien avec les données
apparentes de la rentrée atmosphérique (dimensions,
hauteur angulaire...) Ça semble confirmer que sa profession de
dessinateur-projeteur lui permet une bonne appréciation des
angles, à défaut des durées, mais ne le met pas
à l'abri des déformations de la mémoire avec le
temps !
Le virage accompagné d'une
remontée étaient aussi présents dans la lettre
à Franck Marie, mais ils s'expliquent assez naturellement si
la luminosité de l'objet a nettement diminué en fin
d'observation, soit parce que la rentrée atmosphérique
devenait peu à peu moins lumineuse (ce que l'ensemble des
témoignages atteste), soit parce qu'en s'approchant de
l'horizon (bien dégagé en direction de l'est)
sa lumière était diffusée par
l'atmosphère. Nous avons déjà vu quelques exemples
de ces impressions de remontées finales, et donné
l'explication géométrique dans l'introduction...
Dans le sens horizontal, le même phénomène
donne l'impression d'un virage vers l'extérieur, précisément dans la
direction indiquée par le témoin.
Bref, voilà encore une très bonne description de
la rentrée atmosphérique, avec juste des erreurs
d'appréciation mineures et des exagérations dans
le témoignage tardif.
Nanterre (Hauts-de-Seine) :
Certains témoignages sont plus flous que d'autres
(cas non classé parmi les plus convaincants).
Hormis un passage « sous l'horizon » fort douteux, la description n'est pas particulièrement « floue » et évoque bien la rentrée !
Parmi les témoignages proches de celui de
Suresnes, Mesnard nous parle de celui de Nanterre : On
pourrait presque classer cette observation de Nanterre parmi les cas
les plus intéressants du 5 novembre, pour deux raisons :
l'objet (un triangle sombre, gigantesque, portant des lumières)
aurait masqué le sommet du Mont-Valérien, au moment
où il passait au plus près des témoins ; en outre,
quelques instants plus tard, il se serait brièvement immobilisé.
Toutefois, ces deux affirmations ne nous ont pas paru suffisamment
nettes. Certains témoignages sont plus flous que d'autres, et
comme il faut être prudent, nous ne tirerons pas argument de ce
témoignage de Nanterre, trop peu précis à notre
goût.
Lisons pour en savoir plus la lettre envoyée par le
témoin à Franck Marie le 8 novembre 1990
(cf son livre OVNI Contact, p. 81) :
Habitant le flanc sud du Mont-Valérien,
côté Nanterre [en fait,
côté Nanterre c'est le flanc nord, et le Moulin
des Gibets où habitent les témoins
d'après Joël Mesnard c'est environ 1 km au
nord-ouest du mont], hier soir, vers 19 h 00, j'ai
aperçu ce phénomène étrange :
Un énorme triangle genre aile delta avec à
l'arrière une grosse lueur et essaimés
à l'avant et sur les côtés des points
éloignés du phénomène ayant
l'éclat de petites étoiles. En quelques secondes,
j'ai pu appeler mon épouse qui elle aussi a vu ce
phénomène. Pas de bruit, mais nous sommes
habitués à cela, des avions passent avec les
phares en service, plus tard le bruit arrive, mais hier soir, rien ! La
vitesse n'était pas excessive. Ma plus grosse impression fut
cette forme d'aile delta passant juste entre nous et le
Mont-Valérien ; une seconde, j'ai cru à l'amorce
d'une chute d'un Boeing 747 sur le Mont-Valo. Le
phénomène allait dans le sens
Saint-Cloud/Mt-Valérien/Le Bourget, sans bruit, avec
derrière lui un léger faisceau lumineux bien en
retrait, car l'engin lui-même émettait une grosse
lumière. Le contexte de l'observation est le suivant :
Allant de ma maison vers la grille sur la rue pour la fermer comme
chaque soir à 19 heures, j'ai levé la
tête vers le Mont-Valérien une sensation
étrange m'y invitant, c'est à cet instant que
cette masse sombre a occulté le Mont-Valérien.
J'ai alors éprouvé une sensation
étrange de grand calme et de
sérénité extraordinaire. Et
malgré cette forme gigantesque, très
impressionnante, je n'ai pas paniqué le moins du monde, bien
au contraire !
Elle est passée à moins de 20° de mon
horizontale théorique. Elle devait bien mesurer alors plus
de 40 centimètres entre mes mains bras étendus !
Cet objet évoluait lentement. J'ai donc eu le temps
matériel d'aller chercher mon épouse.
Elle a pu comme moi observer à notre retour cette masse
sombre avec autour des points comme des étoiles, puis
à l'arrière cette grosse lueur. Elle
était à ce moment-là entre le
Mont-Valérien et les tours de la Défense, donc
l'engin allait doucement ; il mesurait encore un peu moins de
13 centimètres bout de bras !
Cette description évoque encore une fois très
bien la rentrée atmosphérique : la forme, la
trajectoire suivie, la hauteur sur l'horizon, tout concorde ; la
dimension apparente est un peu exagérée mais c'est
très habituel... La seule
anomalie est que l'objet aurait « occulté le
Mont-Valérien », un cas rarissime de « passage
devant un obstacle ». Mais le problème est
que Franck Marie nous apprend que le Mont-Valérien n'est
justement pas visible depuis le lieu d'observation ! Et notons que
même s'il l'était, cette colline qui
dépasse de guère plus de 100 m l'altitude moyenne
à Nanterre dépasse « l'horizontale
théorique » de bien moins que 20° (la rentrée
passait au plus près à une hauteur de 24°). C'est
sans doute pour cela que Mesnard trouve le témoignage
douteux... Ainsi, avec la méthode Mesnard, on ne met
en cause un témoignage que si on a la preuve qu'un détail
est manifestement faux... Si on n'a pas cette preuve, et même si
seuls quelques détails sont incompatibles avec la
rentrée atmosphérique, on considère que tout est
exact et qu'il ne s'agit donc pas de la rentrée !
Quant à l'autre détail anormal, l'immobilisation
temporaire, il n'en est pas question dans la lettre à Franck Marie,
il est donc à parier qu'il est issu d'un témoignage tardif.
Ces deux détails relèvent de toute
façon de déformations assez banales :
on ne fait pas trop attention à l'horizon et
on se persuade que l'objet que l'on croit proche est passé
devant, fasciné par la beauté du spectacle on
perd quelque peu la notion du temps et on oublie l'environnement... Ce
témoignage est loin d'être parmi les plus mauvais,
et décrit plutôt bien la rentrée
atmosphérique.
Vélizy-Villacoublay (Yvelines) :
Le dessin rappelle fortement l'observation de la gare de Saint-Cloud
(cas non classé parmi les plus convaincants).
Bien sûr, puisque les deux cas se rapportent manifestment à la rentrée.
Ce cas, comparé à celui de
la gare de Saint-Cloud,
serait d'après Mesnard l'exception à
la règle que l'on n'aurait pas deux descriptions identiques...
Et en effet les descriptions autant que les dessins se ressemblent beaucoup :
La seule anomalie du témoignage de Vélizy est que
le faisceau lumineux aurait « éclairé
la base des nuages », alors que le « plafond
nuageux » se situait nous dit Mesnard au centième
de l'altitude de de la rentrée atmosphérique.
Toutefois, il s'agit manifestement ici de nuages épars
plutôt que d'un plafond nuageux, et s'agissant de nuages
d'altitude fins il est difficile de savoir si un objet lumineux se
trouve devant, derrière, ou au milieu les
éclairant (on peut le voir très souvent avec la
lune).
Joël Mesnard remarque :
On serait tenté,
dans un pareil cas, de conclure à l'unicité de la
chose observée. Mais ce serait simplifier le
problème, au moins pour deux raisons : Tout d'abord,
à la gare de Saint-Cloud, n'oublions pas le
témoignage du troisième homme, qui dit
à MM. Rainaud et Croizie : « Il y a un quart
d'heure que je suis là, et c'est le troisième
machin comme ça que je vois passer ». De plus, il
existe des cas qui présentent de fortes analogies avec
Saint-Cloud et Villacoublay, mais aussi des différences
marquées.
C'est effectivement simplifier le problème de
considérer que tous ont observé la
rentrée atmosphérique, mais qu'il y a des
témoins plus ou moins fiables dans leurs descriptions et
bien des façons de décrire un ensemble de points
plus ou moins lumineux... Et concernant le
« troisième homme » de Saint-Cloud, mieux
vaut justement l'oublier !
Caluire(Rhône) :
Il existe des cas qui présentent de fortes analogies, mais aussi des différences marquées
(cas non classé parmi les plus convaincants).
Les analogies sont bien plus marquées que les différences, pour la presque totalité des témoignages de cette vague, et pointent vers la rentrée atmosphérique.
Mesnard cite ici ce cas pour ses ressemblances et
différences avec les observations de
Saint-Cloud et
Vélizy,
mais dans le numéro 306 de
LDLN
c'était à la première phase de l'observation de
Neuilly-sur-Marne
qu'il était comparé de la même manière !
Et la vérité, c'est que les cas de
Saint-Cloud, Vélizy et Neuilly présentent de
fortes ressemblances pour la bonne raison qu'ils sont issus de la
même région, mais la ressemblance avec Caluire,
près de Lyon, est très superficielle ! Avec
Neuilly, la ressemblance vient surtout de la couleur verte des
lumières formant un triangle
équilatéral, mais on sait combien la perception
de la couleur des lumières la nuit est variable, surtout lorsque les
témoins se trouvent dans des appartements diversement
éclairés.
Voici comment cette observation était décrite
dans le numéro 306 de
LDLN :
Entre 18 h 55 et 19 h, Caluire (Rhône)
Un ensemble de trois lumières vertes formant un triangle
approximativement équilatéral, pointe en haut,
voilà ce que nous avons trouvé dans la première
phase de l'observation de Neuilly-sur-Marne. Nous retrouvons une
fomation comparable, à la même heure, dans la banlieue
nord de Lyon, mais la description en est légèrement
différente et l'évolution plus différente encore.
Didier Cave vit apparaître le phénomène
presque au zénith, à une hauteur que l'on peut situer
à environ 80° au-dessus de l'horizon nord, ou un peu à
droite du nord. La chose parcourut en une quinzaine ou une vingtaine de
secondes, « lentement », une trajectoire rectiligne qui
l'amena en un point dont l'azimut est d'environ 50° (nord-est), et
la hauteur, d'une quinzaine de degrés. Là, elle disparut
à la vue du témoin derrière un bâtiment.
Outre les trois points verts principaux, le témoin nota, à
droite de ceux-ci, un ensemble d'autres points verts plus petits et, en
dessous et encore à droite, une sorte de tube lumineux blanc,
apparemment horizontal et dirigé vers le nord, coupé net
à son extrémité. Cela ressemblait à un tube
au néon. Taille apparente de ce tube, dans sa plus grande
dimension : environ 1 cm à bout de bras. Taille apparente de
l'ensemble du phénomène, dans sa dimension
horizontale : de l'ordre de 10°.
Didier Cave est sûr de l'indication
concernant l'heure, car lorsqu'il découvrit le
phénomène dans le ciel, il était en train de
suivre une émission sur FR3 (« Questions pour un
champion »), émission dont il a ensuite
vérifié l'horaire. Le ciel était ce soir-là
très dégagé, et le témoin pense avoir
aperçu les étoiles entre les trois lumières principales. Il
n'en est toutefois pas certain. Quoi qu'il en soit, on note une autre analogie
avec l'observation de Neuilly-sur-Marne, puisque le « tube
lumineux » ressemble assez au « faisceau »
émis par la « tuyère ».
À quelques variantes près cela rappelle beaucoup
d'autres témoignages de la région lyonnaise... La
seule grosse anomalie est la disposition du faisceau, en
réalité plutôt vers l'arrière, et le fait
que le témoin l'imagine dirigé vers le nord alors
que le faisceau de la rentrée était dirigé
vers l'arrière donc l'ouest-sud-ouest... Cette erreur
peut s'expliquer par un effet de perspective : le témoin
considérait ce faisceau comme un tube de lumière
de section constante, mais étant donné qu'en
réalité il rétrécissait vers
l'arrière, il pouvait penser qu'il s'éloignait de lui.
La trajectoire suivie est aussi sensiblement celle de la
rentrée atmosphérique... La hauteur angulaire est
très exagérée, estimée
à quelque 80° alors que la rentrée
dépassait juste 25° au plus près, et même
22° lorsqu'elle était vue en direction du nord, début
d'observation par le témoin... On peut se demander ici si le
témoin croyant comme tous les autres l'objet très proche
de lui ne s'imagine pas virtuellement sous la trajectoire de l'objet,
et ne veut pas dire par là qu'il l'a vu apparaître peu
après son passage au plus près, ce qui était bien
le cas de la rentrée lorsqu'elle était vue vers le nord.
L'indication d'un passage presque au zénith est de toute
façon totalement
incompatible avec le dessin qui montre une trajectoire très
inclinée avant la disparition :
Une trajectoire du reste parfaitement en accord avec celle de la
rentrée atmosphérique, comme le montre cette
copie d'écran de Stellarium :
La disparition derrière un immeuble est estimée
à un cap de 50° et une hauteur sur l'horizon d'une
quinzaine de degrés... La rentrée disparaissait
bien à un azimut de 50° mais à seulement
3° au-dessus de l'horizon... On
peut supposer que le témoin a juste un peu
exagéré l'une et l'autre valeur : la
rentrée aurait disparu par exemple à un azimut de
40° et une hauteur de 8°, on n'est pas très
loin.
Quant à la dimension angulaire, estimée
à environ 10°, elle est tout à fait
raisonnable et même nettement sous-estimée. La
rentrée atmosphérique, qui passait au plus
près à une distance de 215 km et guère plus
lorsqu'elle était vue en direction du nord, devait ici
dépasser les 20° de longueur.
Si on suppose que le phénomène a été
observé d'abord précisément au nord, peu
après son passage au plus près, comme l'indique
le témoignage, la durée d'observation a été
d'une quarantaine de secondes, guère plus que les quinze
à vingt secondes estimées par le témoin.
Bref encore un cas qui relève de façon
évidente de la rentrée atmosphérique,
comme d'ailleurs toutes les observations auxquelles il est
comparé !
Capbreton (Landes) :
Un léger « pout, pout, pout... »
Un léger bruit associé sûrement par erreur à la rentrée, un contour triangulaire lumineux affirmé, ce sont les deux curiosités de ce témoignage tardif.
Le rapport de cette observation sur
la côte des Landes a été fait le 23 novembre, pas
très longtemps après l'observation... On peut aussi
trouver le récit dans une lettre adressée à Franck
Marie le 14 décembre 1990 (donc encore un peu plus tard), et
publiée dans son livre
OVNI-Contact :
J'ai entendu un bruit au-dessus de nos têtes et j'ai
regardé dans le ciel. L'appareillage qui se déplaçait
au-dessus de nous était tellement surprenant que j'ai
appelé ma belle-fille. C'est elle qui a regardé l'heure : il
était 19 h 10. Cet engin avait la forme d'un triangle aux 3
côtés égaux, délimités par une ligne
jaune, tandis que les 3 angles étaient illuminés
d'un point rouge d'où s'échappait une petite
traînée de fumée blanche sortant par des saccades
comme rythmées par le bruit d'un moteur. Ce bruit me parvenait
léger comme celui d'un vélomoteur très
éloigné. L'appareil se déplaçait à
la vitesse d'un Airbus (nous sommes survolés plusieurs fois par
jour), l'avant maintenant un cap nord-est, en ligne droite. Je dirais
que le triangle mesurait 35 à 40 cm dans l'espace.
C'était grand ! et très beau à regarder...
L'objet se déplaçait du sud-ouest vers le nord-est, les 19 h 10
correspondent à la fin de l'observation dans le rapport de
LDLN,
on a des raisons de penser que c'est la rentrée
atmosphérique. La dimension de 35 à 40 cm est
très exagéré s'il s'agit d'une longueur
« à bout de bras », mais dans
LDLN
la dimension est comparée à celle de la Grande ourse, ce qui
doit être à peine exagérée si on
compte les traînées : en supposant pour l'ensemble
de débris une dimension très raisonnable de 30 km
sur 20, cela fait à une distance de 225 km une dimension angulaire
de 8° sur 5° hors traînée. La Grande ourse, ou
plutôt le Grand chariot (la « casserole ») fait
20° sur 8. Notons du reste que la rentrée
atmosphérique passait à Capbreton et au plus près
juste au-dessus du Grand chariot, à une hauteur angulaire de
32°. Voici à quoi pouvait ressembler cette rentrée
dans le ciel de Capbreton :
Ce qui est surprenant c'est la forme décrite par le témoin :
Trois points lumineux reliés par des « tubes »
lumineux très fins dessinant un triangle parfait, ça
n'évoque pas vraiment la rentrée atmosphérique !
Toutefois, on sait que les traînées étaient
nombreuses et assez opaques, un peu semblables aux
traînées des avions, au début de la rentrée
atmosphérique, lorsqu'elle survolait la côte atlantique...
Il est donc possible que ces traînées aient
atténué les lumières du centre du « nuage de
débris », ne laissant voir que celles du contour avant qui
avait à peu près la forme d'un « V » (j'ai
essayé de reproduire un peu ça sur le dessin du ciel
au-dessus)... Dans ce cas, seul le troisième côté
du triangle serait vraiment imaginaire.
Et l'autre anomalie est
que le témoin dit avoir eu son attention attirée vers le
ciel en raison d'une sorte de léger bruit de moteur... Elle
précise en outre que les sons de ce « moteur »
étaient synchrones avec des bouffées de fumée
émanant des trois points lumineux. On peut toutefois imaginer
qu'en fait c'est la luminosité de l'objet, qui devait approcher
celle de la pleine lune à ce moment-là, qui aurait
attiré inconsciemment l'attention de cette femme, et qu'elle
aurait associé le passage de cet objet à un bruit
quelconque entendu au lointain.
Mon sentiment est donc que ce
témoin est juste un peu imaginatif, qu'elle a quelque peu
idéalisé son observation (contours lumineux bien droits
d'un triangle équilatéral, bruit de moteur), mais
que cela évoque tout de même trop la rentrée
atmosphérique pour que ce soit autre chose... Encore une fois,
on a affaire à la petite marge de témoins pas très
fiables qui existent inévitablement sur un échantillon de
plus de 400 ! On aimerait ici avoir le témoignage
séparé du fils et de la belle-fille, qui
étaient aussi présents.
Autoroute A63, 3 km au nord de Bayonne (Landes)
« Un ruban brillant, mi-métal, mi-verre ».
Un autre cas de triangle aux contours lumineux, certainement encore la rentrée déformée par un témoignage tardif.
À seulement une vingtaine de
kilomètres de Capbreton, sur l'autoroute A63 à hauteur de
Boucau, Mesnard remarque que l'on a un autre témoignage
mentionnant un triangle aux côtés
lumineux. Voici comment cette observation était décrite
dans
LDLN n° 303 :
Au nord de Bayonne
(Pyrénées Atlantiques) 19 h 00
Roulant sur l'autoroute A63 en direction de Capbreton (vers le nord),
à hauteur de Boucau, M. Christian Hameau voit passer devant lui,
à une vitesse qu'il estime inférieure à 80 km/h,
et à une altitude évaluée à moins de 100 m,
une immense plate-forme triangulaire dont la face inférieure est
gris ardoise. Elle est bordée d'un « ruban brillant,
mi-métal, mi-verre », sur lequel se reflètent les
« feux de position » : un clignotant rose orangé
à l'avant, et un autre, jaune verdâtre, à chacune
des autres pointes. Le témoin estime la surface de l'objet
à plus de 5000 m2, la base (côté
arrière) ayant une centaine de mètres de long. La
chose se déplace, non pas dans son plan , mais la pointe en avant
vers le bas. Elle disparaît derrière des pins, au sommet d'une
colline. Durée de l'observation : entre 1 et 2 minutes. Aucun
bruit perçu.
(Enquête de Mme Gueudelot)
Il est vrai que la ressemblance avec le cas de Capbreton est frappante, bien que les
couleurs diffèrent. Le
fait que deux témoins très proches aient eu la
même illusion d'un « contour
lumineux » indique sans doute que c'est seulement à ce niveau de la trajectoire, en
raison des traînées et de la forme générale
du nuage de débris, qu'une telle impression était
possible. Il se pourrait aussi qu'en raison d'une
géométrie particulière des principaux
débris, cette impression ait été plus
forte dans une région particulière.
L'heure et la trajectoire sont celles de la rentrée
atmosphérique ; la durée d'observation
estimée entre une et deux minutes est
plausible ; la dimension apparente, une centaine de
mètres de largeur et de longueur hors traînée, pour
autant d'altitude, est de l'ordre de cinq fois celle de la rentrée,
mais une telle exagération est courante ; la vitesse
estimée, rapportée à
l'altitude réelle de la rentrée atmosphérique,
donnerait une vitesse triple de celle de la rentrée,
encore une erreur d'estimation très raisonnable...
Bref il n'est encore pas douteux que c'est la rentrée
atmosphérique, et si la description de l'objet est un peu
étrange il faut penser qu'on ne se trouve pas dans des conditions
d'observation idéales en roulant sur une autoroute !
Mesnard conclut l'exposé de ce cas par :
C'est clair : on ne peut, dans tout cela, constater des similitudes sans noter
en même temps, des différences très
marquées. Bien sûr, on peut invoquer la fragilité
« naturelle » des témoignages. C'est une
réalité incontestable, mais dont il ne faudrait quand
même pas abuser. On ne nous fera pas croire que c'est la
même chose qui a été
observée sur l'A63, 4 km au nord de Bayonne, et
à Cuhem, au sud-ouest d'Hazebrouck !
Effectivement, ça n'est pas vraiment la même chose, puisque
l'aspect de la rentrée a profondément changé tout
au long de sa trajectoire... Et concernant les divergences des
témoignages pour un même phénomène, il suffit
encore de se reporter à
l'observation de cette rentrée par 32
élèves-officiers de gendarmerie pour en avoir une idée.
Huisseau-sur-Cosson (Loir-et-cher)
Une boule lumineuse jaune laissant derrière elle trois traînées divergentes de couleur différente...
(cas non considéré comme probant).
Encore une description tardive un peu fantaisiste, mais il s'agit manifestement de la rentrée.
Autre cas détaillé dans
LDLN n° 303 :
Huisseau-sur-Cosson (Loir-et-Cher) 18 h 50
Regardant plein sud, Mme H. voit, à environ 50° au-dessus de
l'horizon, et sous un diamètre apparent considérable (8
à 10 cm à bout de bras) une boule lumineuse jaune
laissant derrière elle trois traînées divergentes :
une blanche, une verte, et une d'un rouge rosé. Altitude
estimée : 200 m (constante au cours de l'observation, qui durera
3 minutes) ; vitesse : « celle d'une montgolfière ».
Le phénomène, qui va de l'ouest-sud-ouest vers
l'est-nord-est, effectue un léger virage sur la gauche et
s'éloigne en direction du nord-est. Aspect des
traînées : comme de la fumée colorée.
Disparition du phénomène : instantanée, par
« extinction sur place ». Aucun son perçu.
(enquête de M. Bellanger)
Joël Mesnard mentionne aussi ce cas pour sa ressemblance par certains
détails avec celui de Capbreton. Mais ce ne sont pas cette fois les
contours qui sont communs, mais les « bouffées de
fumée »... Toutefois, ces bouffées forment ici
trois traînées divergentes et de couleurs
différentes derrière une grosse boule jaune...
Huisseau-sur-Cosson est bien loin de la côte atlantique, il se
trouve près d'Orléans... Ces ressemblances que l'on
trouve entre certains cas reflètent simplement la multitude
d'interprétations différentes que l'on peut donner
à un ensemble de lumières et de traînées
assez désordonné. Si on doit faire des comparaisons,
comparons plutôt à l'objet observé
à Villavard,
pas très loin :
Les couleurs ne sont pas les mêmes (à Villavard, la
principale « boule » était vue rouge clignotante, et
les lumières aux extrémités des « ailes »
étaient blanches et jaunes), mais il y a tout de même une forte ressemblance.
Et il ne fait guère de doute qu'à Huisseau-sur-Cosson
comme à Villavard (pour le témoignage correspondant à
ce dessin), c'est la rentrée atmosphérique qui a
été vue : phénomène qui va de
l'ouest-sud-ouest vers l'est-nord-est en passant au plus près au
sud à 50° de hauteur sur l'horizon (la rentrée
passait à 45°) ; la dimension estimée à 8
à 10 cm à bout de bras correspondrait à 20 km pour
l'ensemble de débris à la distance de la rentrée
(140 km), ce qui est pour une fois un peu sous-estimé ; la
durée d'observation estimée à 3 minutes est sans
doute un peu exagérée, et l'heure indiquée de
18 h 50 un peu fausse.
Les seuls éléments vraiment
étranges en dehors d'une description un peu fantaisiste sont
un léger virage sur la gauche en fin
d'observation, et une disparition instantanée (nuage,
élément de relief que le témoin croyait plus
éloigné que l'objet ?), ça n'est pas très convaincant.
Une rentrée atmosphérique peut-elle faire du bruit ?
Revenant sur le cas de Capbreton, Mesnard signale dans un encadré les
diverses observations associées à un bruit : il y en a
neuf sur les 408 qu'il a répertoriées... C'est peu,
d'autant qu'il n'est question dans la plupart des cas que de sons très faibles.
Ce sont certainement des sons extérieurs qui ont été
associés par erreur au passage de l'objet, s'ils ne sont pas
purement imaginaires.
Notons que les météores, de toutes tailles,
sont quelquefois associés à des sons même
lorsqu'ils passent à très haute altitude... Ce fait
étrange est longtemps resté inexpliqué, puisqu'en
raison de la distance de l'objet le son ne peut atteindre le sol que bien
après sa disparition, mais de nombreux témoignages
l'attestaient... On n'a compris que récemment que ces sons résultent
de rayonnements radio émis par l'air ionisé, qui peuvent
dans certaines circonstances provoquer des vibrations en
atteignant le sol. Il n'est donc pas absolument impossible que le
même phénomène se produise avec une rentrée
atmosphérique (ça semble avoir été
attesté en une occasion), mais les quelques témoignages
évoquant ici un bruit ne sont pas assez probants pour qu'il
soit besoin d'évoquer cette hypothèse.
Bourg-en-Bresse (Ain)
Deux choses différentes.
La première, c'est évidemment la rentrée, la seconde peu-être pas, la direction affirmée étant incompatible, mais le témoignage est très résumé et sans doute
tardif.
Deux cas sont donc mentionnés à Bourg-en-Bresse... Pour le
premier, la description évoque parfaitement la rentée
atmosphérique, à une heure imprécise comprise sans
doute entre 19 h et 19 h 30, mais dans une direction opposée :
l'objet serait passé du sud-sud-ouest à l'est-sud-est,
passant au sud, alors que la rentrée atmosphérique
passait au nord à 41° au-dessus de l'horizon. Le
témoin, qui circulait à mobylette sur un parcours qu'il
connaît, semble sûr de lui, mais on aimerait savoir quand
il a témoigné, et ça n'est précisé
nulle part, pas plus qu'aucun détail de l'enquête, le cas
étant résumé en cinq lignes !
Le second cas n'est pas plus intéressant : l'objet, qui a
été vu de l'ouest au nord-ouest, se
présentait sous forme de trois boules lumineuses « qui
semblent reliées entre elles par une structure d'aspect
métallique et tubulaire ». Mesnard, pour en faire
un élément probant, n'a pas dû lire le « qui
semble », et du reste puisqu'il y avait deux témoins on
aimerait savoir si les deux ont vu ces structures ! Il fait le
parallèle avec deux autres cas
de « structures tubulaires » mentionnés
pour cette vague... C'est peu, sur un total de plus de 400 témoignages, et
ça semble tout aussi imaginaire que les « masses noires »
bien plus fréquentes.
L'objet serait en outre passé « sous la couche nuageuse », mais
il faudrait savoir s'il y avait autre chose que des nuages épars dans
cette région, et ça ne semble pas être le
cas. Je vous propose du reste un très bel exemple de
rentrée atmosphérique sous la couche nuageuse
avec la rentrée de la station spatiale Mir : la
rentrée passe naturellement très au-dessus des nuages, mais ces nuages,
pourtant bien visibles dans le ciel, sont trop ténus pour
absorber une grande partie de la lumière.
Enfin, Joël Mesnard note que sur une reconstitution de la trajectoire de l'objet
sur une photo, le témoin a représenté une
trajectoire descendante, alors que la rentrée avait une
trajectoire apparente ascendante (10° de hauteur angulaire
gagnés sur un parcours horizontal de plus de 40°).
Un argument un peu faible, d'autant que l'on a
tendance à reporter sur une photographie la trajectoire
déduite, légèrement descendante, plutôt que
la trajectoire apparente.
Bref rien de tout cela n'est
convaincant, et comme d'habitude la date des témoignages n'est
pas précisée (l'enquête a été faite
par Denis Alarcon de l'association Magonia, disparue depuis).
Saint-Même-les-Carrières (Charente)
Autre cas de « structures tubulaires »
(cas non considéré comme probant).
Quand ce n'est pas une masse noire, les témoins imaginent une structure tubulaire soutenant les lumières, ça n'est pas plus convaincant...
C'est au sujet des observations de « structures
tubulaires » que Mesnard signale ce cas, qui a été
présenté par la presse (
la Charente Libre)
sans autre indication que ce dessin :
Qu'il y ait quelques cas faisant référence
à de telles structures n'est pas surprenant : le plupart des
témoins du phénomène ont
pensé avoir affaire à un objet unique
et immense, du fait du déplacement apparemment
coordonné des différentes lumières...
C'est pour cette raison que beaucoup ont supposé qu'il y
avait une masse noire porteuse de ces lumières, pour les cas
où les étoiles n'étaient pas visibles
derrière... Ceux qui ont vu des étoiles devaient
pour leur part imaginer soit que l'engin était transparent,
soit qu'il y avait une structure soutenant les lumières, et
on trouve effectivement quelques témoignages de l'une ou
l'autre sorte. On peut faire le rapprochement avec le cas de
Gretz-Armainvilliers, où le commandant Grelé a
aussi pensé que les lumières étaient
soutenues par une « structure métallique »
tout en précisant bien dans son rapport
à la gendarmerie qu'il n'avait pas
observé cette structure, mais juste supposé sa présence.
Par ailleurs, le fait d'imaginer des lignes entre différents
points fait partie des illusions courantes, et a fait voir au
siècle dernier des « canaux » sur Mars
à d'excellents observateurs !
Chalonnes-sur-Loire (Maine-et-Loire)
À la verticale des témoins, à 1 ou 2 degrés près...
Cette indication est manifestement en contradiction avec certains détails du témoignage, et en dehors de cela tout évoque la rentrée.
Joël Mesnard se réfère pour ce cas à une enquête tardive (la
date n'est comme d'habitude pas précisée, mais il n'est
pas douteux que ce soit plusieurs années après
l'observation) réalisée par deux enquêteurs de
l'AEIOU, plus un appel téléphonique qu'il a
lui-même passé au témoin... en 2001.
Mais on a aussi pour ce cas un article de presse de
Ouest-France
(la date de parution indiquée, 7 novembre 1990, est certainement
fausse pour cet article particulier, mais c'était quelques jours
plus tard) et une lettre à Franck Marie datée du 10
novembre, qui est la copie du courrier adressé au journal :
Témoins : Pierre Boisdé, directeur de
l'école Saint-Joseph de Chalonnes-sur-Loire, et son fils.
Quel poisson veut-on noyer ?
Je suis prêt à m'incliner devant toute explication
convenable, mais qu'on ne me parle :
- ni de météorite,
- ni de satellite,
- ni même de troisième étage d'une fusée soviétique...
Voici mon témoignage :
Accompagné de mon fils Sylvain — bientôt
11 ans — je quitte ma classe :
— Oh ! Papa, regarde...
À la verticale, à faible altitude (moins de 200 m ?), venant du
sud-ouest, un engin glisse silencieusement et sans bruit dans le ciel.
Sa taille est impressionnante (mesure-t-il 20 m ? 30 m ?)
Sa masse noire se distingue mal dans l'obscurité... pas
très aérodynamique...
Je penserais à deux trapèzes accolés
par leur grande base... un cerf-volant allongé.
Sous le ventre, vers l'arrière, scintillent des lueurs
colorées mais blafardes. Vers l'avant deux ou trois
lumières blanches faisant penser à des phares
ominidirectionnels. S'échappant, semble-t-il, de ces sources
lumineuses, deux fines traînées blanches
(de condensation ?) qui persistent un peu après le passage.
Je regarde ma montre : il est 19 h 02.
La sonnerie du téléphone me rappelle dans ma classe, je ne
vois pas l'engin disparaître. Pendant le retour à la
maison, j'essaie de parler à mon fils. Très impressionné,
il me supplie, éclatant en larmes, de ne plus lui parler de
ce que nous venons de voir.
Encore une description évoquant
parfaitement la rentrée atmosphérique : deux ou trois
grosses lumières à l'avant, de nombreuses autres plus
petites à l'arrière, deux traînées
blanches... et une masse noire qui comme d'habitude « se
distingue mal dans l'obscurité »...
Tout comme la
direction suivie, du sud-ouest au nord-est, et l'heure, environ 19 h
d'après l'enquête tardive de l'AEIOU et 19 h 02
à la fin de l'observation
d'après le témoigage initial.
Les indications sur la dimension sont un peu douteuses : d'une part, le
témoin nous dit que l'objet pouvait avoir 20 à 30 m de
longueur et se déplaçait à une altitude proche de 200 m,
ce qui porterait l'ensemble des débris de la rentrée
à une longueur de l'ordre de 15 km très
sous-estimée, et d'un autre côté il montre aux
enquêteurs une maquette de l'objet qu'il a faite avec du carton,
d'une quarantaine de centimètres de longueur, qui tenue à
bout de bras montrerait les dimensions apparentes de l'objet : on
atteindrait cette fois environ 120 km à la distance de la
rentrée, ce qui serait au contraire un peu
exagéré. À ce niveau de sa trajectoire, le nuage
de débris devait atteindre plutôt une cinquantaine de
kilomètres en longueur, c'est une bonne moyenne des deux
estimations déduites du témoignage.
Mais alors, qu'est-ce qui cloche ? Uniquement le fait que le témoin
affirme que cet objet lui est passé rigoureusement à la
verticale, à 5° près au maximum, alors que la rentrée
atmosphérique passait au plus près à 34° de
l'horizon. Mais voyons si cette affirmation est cohérente
avec les détails du témoignage.
D'après l'enquête de l'AEIOU, c'est lorsque son fils a
crié « Oh, papa, regarde ! » que M. Boisdé a
vu, sur le pas de la porte, sur le perron, l'engin immense
venant du sud-ouest passer juste à sa verticale. Notons
déjà qu'il est difficile de voir « sur le pas de la
porte », « sur le perron », un objet qui
est juste à votre verticale : si le terme n'est pas
exagéré, vous n'en verrez jamais que la moitié !
Une indication utile qui manque dans l'enquête, c'est la disposition du
bâtiment dans lequel se trouvait M. Boisdé. Selon toute
vraisemblance, c'est celui-ci, que l'on trouve sur le site de
la mairie de Chalonnes-sur-Loire :
Et un petit tour sur Google Maps nous apprend que les portes et
fenêtres que l'on voit sur le côté du
bâtiment donnent vers le
sud-ouest. C'est probablement sur le seuil de la porte située
à l'angle que M. Boisdé a fait son observation
(à moins qu'il ne s'agisse d'une des portes au centre, ça ne
changerait pas grand-chose sinon que les arbres pouvaient gêner la vue).
Voyons maintenant comment s'est terminée
l'observation... D'après son courrier du 10 novembre,
M. Boisdé n'aurait pas vu l'objet
disparaître parce qu'il est rentré dans sa classe pour
répondre à un appel téléphonique...
Pourtant dans l'enquête présentée dans
LDLN il dit
que « la hauteur angulaire, au moment de la disparition, pouvait
être d'une quarantaine de degrés »...
Ça n'est pas forcément contradictoire, peut-être
est-il rentré dans sa classe juste avant la disparition de l'objet,
mais cette mention d'une quarantaine de degrés de hauteur
angulaire interpelle : puisque « l'engin » se
déplaçait du sud-ouest vers le nord-est, il a disparu au
nord-est, précisément la direction du bâtiment de
l'école ! Ce que voyait M. Boisdé au nord-est, c'est la
porte de sa classe ! À moins de s'être nettement
éloigné, ce que son témoignage n'évoque pas,
il ne voyait pas du tout le ciel dans la direction nord-est !
Si maintenant on considère que c'est la
rentrée atmosphérique qu'a vue M. Boisdé, tout
semble assez logique...
Le phénomène serait apparu
au sud-ouest, en plein dans l'axe de la sortie de classe, à
18 h 59 ; il passait au plus près, à 34° de
hauteur angulaire, à 19 h précises ; et il disparaissait
au sud-est ou à l'est-sud-est, masqué par le bâtiment,
à 19 h 00' 15", à une hauteur sur l'horizon d'une
trentaine de degrés (on n'est pas loin de l'estimation de M. Boisdé).
La durée d'observation, 1' 15", aurait
juste été un peu exagérée
dans le témoignage tardif (estimée à 2 à 3 minutes). Tout
dans son témoignage serait correct sauf
cette mention d'un passage à la verticale dont nous avons vu
qu'il était fortement douteux... Et si vous n'êtes pas encore convaincu,
regardez bien sur
LDLN la photo de « reconstitution »
de l'observation, avec M. Boisdé tenant à bout de
bras sa maquette :
L'angle entre son oeil et la maquette de l'objet ne doit pas dépasser
45° de hauteur sur l'horizon compte tenu de la perspective, et en
déplaçant l'objet linéairement pour reconstituer
le passage au plus près cet angle ne doit pas dépasser
60°... On est certes encore assez loin de 34, mais plus loin encore
de 90 ! Et bien sûr le sens de déplacement, de droite à
gauche, est bien celui de la rentrée.
Bref, une fois encore, le seul détail
incompatible avec l'explication par la rentrée
atmosphérique est précisément celui
dont on a d'excellentes raisons de douter.
Entre Mulhouse (Haut-Rhin) et Bâle
« L'immense masse sombre semblait immobile, et avait des hublots. Elle disparut à vitesse fulgurante. »
Une bonne description de la rentrée, avec des anomalies de trajectoire apparente qui s'expliquent par le déplacement des témoins en automobile.
L'observation a été faite par un couple et leur enfant qui roulaient
sur une autoroute en direction de l'est-nord-est. Ils étaient
très bien placés pour voir la rentrée qui passait
au plus près à leur gauche (NNO), à une hauteur
angulaire de 51°. Leur attention a été attirée
par de nombreuses voitures arrêtées sur le
bas-côté, dont les occupants scrutaient le ciel.
La description et l'heure correspondent à la rentrée
atmosphérique, l'observation a été
courte, une dizaine de secondes à peine. En dix secondes, la
rentrée se déplace suffisamment lentement pour qu'on
puisse la croire immobile, surtout lorsqu'on se trouve soi-même
dans une voiture en marche...
Reste donc l'éloignement « à une vitesse
fulgurante »... Mais si on regarde le plan,
on constate que quelque 500 m après le lieu du début de
l'observation, une distance que l'on parcourt en une quinzaine de secondes sur
une autoroute, l'autoroute vers Bâle tourne de 90° vers la
droite, si bien que la rentrée atmosphérique s'est
retrouvée rapidement... dans le dos des témoins, ou en
tout cas à leur arrière-gauche ! Je ne crois pas qu'il
soit utile d'aller plus loin, d'autant que si ça n'est pas la
rentrée atmosphérique qu'ont vu ce couple, on se demande
ce que pouvaient bien regarder tous les autres automobilistes (une
vingtaine d'après ce témoignage) qui
avaient garé leur voiture sur le bas-côté
pour observer le ciel !
Mais il y a un autre détail qui trouble Joël Mesnard : lors de
l'enquête, la femme du conducteur ne se souvenait absolument pas
de l'événement... Une « étrange
amnésie » que Mesnard rapproche de celle de deux des
quatre joggers de
Linas,
et de la tendance du quatrième à
« minimiser l'incident » (en
réalité, ce sont
deux joggers qui minimisaient l'incident et un qui l'avait
oublié, Mesnard semble décidément bien
placé pour se rendre compte que la mémoire est
faillible !) Ce qu'on voudrait savoir, mais
que Mesnard ne précise évidemment pas, c'est
quand les témoins ont été interrogés... Parce que je
trouverais effectivement cette « amnésie »
étrange si on a interrogé cette dame dans les jours qui
ont suivi l'observation... Par contre, si c'est après 5 ou 10
ans, je penserais juste qu'elle n'a pas trouvé cette
observation aussi exceptionnelle que son mari, et qu'ayant
accepté l'explication officielle elle a fini par oublier cet
événement pour elle mineur. La seule chose qui me surprend
vraiment dans cette histoire, c'est que même dans un tel cas
où le seul détail qui peut paraître bizarre est une
« amnésie », Mesnard estime que la date du
témoignage est une information sans importance qu'il n'est
pas utile de mentionner !
Montignac (Dordogne)
Cinquante centimètres à bout de bras.
Une exagération modeste de la dimension apparente, Mesnard trafique le témoignage pour faire croire que la trajectoire indiquée est incompatible avec la rentrée, mais tout indique que c'est ce qui a été observé.
Voilà un exemple parfait de la méthode Mesnard
pour trafiquer les témoignages !
Ici encore, nous avons une bonne description de la rentrée
atmosphérique, malgré un témoignage que l'on
devine tardif (ça n'est bien évidemment pas
précisé, mais le témoin n'est pas
sûr de la date).
Un ensemble de lumières qui se
déplaçait d'ouest en est, observé pendant de l'ordre de 3 minutes, la
dimension apparente estimée à 50 cm à bout de bras
est exagérée mais de façon raisonnable
(les débris de la rentrée devaient présenter une
vingtaine de centimètres à bout de bras), tout cela évoque bien la rentrée...
La seule grosse anomalie, c'est que l'objet est censé être
passé exactement à la verticale du témoin et de sa
mère, alors que la rentrée atmosphérique passait
au nord à 37° de hauteur sur l'horizon. Nous avons
déjà vu que cette mention d'un passage « à
la verticale » est à prendre avec des pincettes, surtout
avec un témoignage tardif. On peut remarquer que sur le croquis
dessiné par le témoin, l'objet se déplace de
gauche à droite, soit dans le bon sens pour la rentrée
atmosphérique... De leur côté, les témoins
qui se trouvaient précisément dans la trajectoire de la
rentrée, et qui l'on donc vraiment vue passer
à la verticale de leur position, dessinent
généralement l'objet qui leur fait face, se
déplaçant donc de bas en haut.
Il n'y a donc vraiment pas de quoi trouver ce cas extraordinaire, mais c'est
là que Mesnard dérape complètement, en rapprochant ce cas
d'une autre observation de « passage au zénith » non
loin de là, à Périgueux... C'est
déjà mensonger puisque nous avons vu qu'à
Périgueux, il y avait en réalité deux
témoins, un qui a vu passer un objet précisément
à la hauteur angulaire de la rentrée
atmosphérique et qui évoquait en tout point ce
phénomène, et un autre qui a vu passer un objet
décrit très différemment, bas sur l'horizon mais
dans la direction opposée... Personne n'a donc vu
de « passage au
zénith » à Périgueux, mais
donc Mesnard considère que c'est le même objet qui a
survolé précisément Périgueux et Montignac, et
en déduit que l'objet suivait un cap de 105 ou 110° (si
on devait faire la même chose avec tous les cas prétendus de
« passages au zénith », on obtiendrait un beau
zig-zag !)
Et c'est là que ça devient hallucinant : il en
déduit donc que si le témoin avait observé la
rentrée atmosphérique, il aurait fait une erreur
d'appréciation de 60° sur le cap suivi alors « qu'il
connaît parfaitement les lieux ». J'ai du mal à
comprendre : le témoin dit que l'objet se déplaçait de
l'ouest vers l'est, soit un cap de 90°, la rentrée
atmosphérique suivait un cap de 60°, pour moi (mais
il est vrai que je ne suis pas un ancien professeur de
mathématiques !) ça ne fait jamais qu'une erreur d'appréciation
(ou plus vraisemblablement d'arrondi) de 30° et pas 60 ! Du reste,
même un cap allégué de 105 à 110° ne
ferait jamais qu'une erreur de 50 à 55° par rapport aux
60° de la rentrée... On comprend un peu que Mesnard ait
arrêté d'enseigner les maths !
Saint-Quentin-en-Yvelines (Yvelines)
Un HLM volant !
(Joël Mesnard ne classe pas ce cas parmi les « trente exemples probants »).
Rien de surprenant dans cette observation...
On comprend bien pourquoi Mesnard ne retient pas ce cas dans sa sélection,
ce qu'on comprend moins c'est pourquoi il le
cite alors... Déjà, la première phrase nous met la
puce à l'oreille : « Certains témoins ont
parfaitement mémorisé la date de leur expérience »...
Ça n'est bien évidemment pas dit, mais
ça signifie à coup sûr que le témoignage est
très tardif !
C'est donc ici toute une famille de forains
(un homme, son père et sa tante, mais comme toujours il y en a
un seul qui témoigne) qui ont observé une
« masse énorme », de la taille d'un immeuble, dont
la forme à l'avant était floue (cette manie qu'ont les
formes sombres d'être floues), portant plusieurs rangées de
lumières et deux traînées blanches.
L'objet est apparu au sud et se dirigeait vers le nord-ouest, il était
silencieux, ses dimensions, estimées à 100 m sur 20 pour
une altitude de 100 m, sont tout à fait compatibles avec les
dimensions apparentes de la rentrée... Bref c'est de la
rentrée pur jus, aucun détail qui cloche surtout
pour un témoignage trè tardif...
Ce qui semble surprendre
Mesnard c'est que ces gens ont appris plus tard par d'autres forains que
« le même engin » avait été vu le
même soir à Nantes ! Il me semble même pour ma part
qu'il n'y a pas qu'à Nantes qu'il a
été vu, et que ça n'a rien de
mystérieux !
Pour comprendre pourquoi Mesnard a cité un cas aussi peu convaincant,
il faut suivre le fil de sa pensée, ce qui est parfois difficile...
Ici, la vision d'un « même engin »
ailleurs le mène aux observations de plusieurs engins au même endroit :
Nous venons de rappeler qu'à la gare de Saint-Cloud, le
troisième témoin a affirmé aux deux autres qu'il
était là depuis un quart d'heure, et que c'était
« la troisième fois qu'il voyait passer un machin
comme ça ». Cette affirmation stupéfiante n'est
certainement pas à négliger [en fait ce
« troisième témoin » est juste un inconnu
qui a dit ça en passant aux deux autres...]
Existerait-il des cas où
les témoins ont vu deux choses différentes ? La
réponse est oui. Mais, hormis celui de la gare de Saint-Cloud,
nous ne connaissons que deux exemples. Les voici.
Dans l'île d'Oléron (Charente-Maritime)
Deux passages successifs, à une minute ou une minute trente d'intervalle.
Il suffit de lire les premières versions du témoignage pour se rendre compte qu'il n'y a eu qu'un seul objet évoquant parfaitement la rentrée atmosphérique.
On aimerait savoir comme toujours quand le témoignage a
été rapporté, et comme toujours cette information
n'est pas donnée, mais Joël Mesnard précise que le
fils avait 17 ans en 1990, ce qui suppose que c'est plusieurs
années plus tard qu'il lui a parlé (s'il lui a
parlé, puisqu'une autre omission habituelle
lorsqu'il y a plusieurs témoins est de préciser lesquels
ont été interrogés).
Ce qui a été vu : une tache rouge vers l'ouest-sud-ouest,
d'où sortent deux boules lumineuses
qui passent au-dessus du témoin après une courte pause, et une minute plus tard un ensemble
de lumières formant une croix qui passent à 70° au-dessus de l'horizon...
Ça ressemble vraiment trop à la rentrée atmosphérique pour
être autre chose... Rappelons que l'étage de fusée a
explosé peu avant 18 h 59' au large de la côte, formant un nuage qui a
persisté un quart d'heure... Deux grosses lumières en ont
émergé, et en approchant elles ont peu à peu pris
la forme d'un ensemble de nombreuses lumières
dessinant vaguement un losange ou un triangle suivi de nombreuses
traînées, passé au-dessus de la
côte, à Royans, à 18 h 59' 45".
Bref, il est tout à fait clair que ce témoin a quelque peu enjolivé
son observation avec le temps, qu'il a cru que les deux boules et la
« croix » étaient deux phénomènes
distincts qui l'auraient successivement survolé, alors que les boules n'ont été vues qu'au
début de l'observation et que c'est le losange qui lui est
passé au-dessus de la tête (en réalité
à 77° de hauteur angulaire vers le sud). Notons que le
témoin a dessiné le phénomène se
déplaçant de droite à gauche, ce qui
correspond bien à un passage au sud.
La dimension angulaire, estimée à 50 cm à bout de bras en
largeur, est un peu exagérée : la rentrée atmosphérique qui
ne s'était pas encore très étendue ne devait
guère dépasser 10 cm à bout de bras, mais il
s'agit là d'une exagération courante, et sans doute
amplifiée avec le temps. Dans la description, le seul
élément curieux est que l'objet était
formé de 11 lumières très brillantes qui
dessinaient « une croix parfaite », entourées
d'autres lumières plus petites sans ordre apparent. Tout cela
évoque juste un embellissement de l'observation.
Et pour ceux qui en douteraient il se
trouve qu'on a la déposition de ce témoin à la
Gendarmerie, faite le lendemain de son observation. Elle est
référencée sur le site du Geipan
sous le numéro 90307241 (j'ai réintroduit dans la mesure
du possible les indications géographiques effacées
du rapport) :
Hier soir, vers 19 heures, alors que je circulais
avec mon véhicule sur le CD734 entre le Château
d'Oléron et le Chapus, j'ai constaté les
faits suivants. Je signale que mon fils Stéphane, 16 ans se
trouvait avec moi et qu'il a constaté les mêmes
choses que moi.
Nous avons aperçu au large de la pointe de ??, comme une explosion,
c'est-à-dire comme une grosse lueur. Je ne peux pas
préciser la taille mais l'équivalent d'un
quart de lune. De la couleur rouge le phénomène est
passé à la couleur orange. Il y avait également
une traînée blanche au dessus et de la même taille.
J'ai pensé à l'explosion d'un avion, puis de
l'entrée d'un engin rapide dans l'atmosphère. Il me semble que le
phénomène s'est produit à environ 20 degrés par
rapport à la ligne d'horizon.
Cette explosion s'est résorbée pour laisser place à un nuage
blanchâtre triangulaire qui s'est résorbé également.
En même temps, il y a eu l'apparition de deux points lumineux placés
côte à côte. Une dizaine de secondes
après l'objet se déplaçant dans notre direction, sans
bruit, nous avons vu au dessus de nos têtes, un gigantesque
losange composé d'une croix composée de 6 ou 7
lumières d'une grande intensité puis d'une
multitude de petits points composant le corps et placés
anarchiquement c'est-à-dire sans symétrie. Je
n'ai vu aucun contour.
Alors qu'il se trouvait au-dessus de nos têtes, j'ai vu 6 ou 7
traînées se détacher de la droite de l'engin
et le suivre jusqu'à la sortie de notre champ de vision.
Le phénomène se déplaçait assez vite et a
disparu tout de suite après son passage à notre niveau.
Il s'est écoulé environ 30 secondes
entre le début et la fin.
S.I. : Les lumières étaient de couleur blanches. Mon
fils pense avoir vu une ou deux lumières de couleur différente
tirant sur le violet.
S.I. : Le ciel était parfaitement
dégagé. Il faisait très froid et il n'y
avait pas de vent. Vu la hauteur il ne doit pas y avoir de traces sur
l'environnement.
Et voilà : il n'est pas question de deux objets différents qui lui seraient
passés au-dessus de la tête, seulement le
« losange/croix » composé de lumières
multiples et laissant des traînées... La croix n'avait semble-t-il
pas encore acquis sa parfaite symétrie et n'était composée que de 6 ou 7
lumières... Pas question non plus d'un surplace fait par les
deux « boules ». La durée de l'observation
était alors sous-estimée, elle a dû être de
l'ordre d'une minute si le phénomène a disparu juste
après le passage au plus près, ou jusqu'à trois
minutes si le phénomène a pu être suivi
jusqu'à l'horizon. Et si certains voulaient encore faire un
mystère de la mention « disparu de suite après son
passage à notre niveau », notons qu'elle est
contradictoire avec la phrase précédente : « j'ai
vu 6 ou 7 traînées se détacher de la droite de
l'engin et le suivre
jusqu'à la sortie de
notre champ de vision » !
Nous avons encore là un exemple des déformations
qui sont faites avec le temps, qui devraient
pousser tout ufologue sérieux à ne pas considérer
comme très fiable tout témoignage relaté
après plusieurs mois ou années.
Neufgrange (Moselle)
De petites sphères rejoignent une grosse sphère munie de hublots...
La rentrée atmosphérique d'un côté, la lune de l'autre, et un enquêteur qui influence le témoin...
J'ai connu ce cas unique de « deux objets
différents » par le livre de Franck Marie :
Il n'y a rien de plus dans
l'article de presse
que Franck Marie a recopié, et le dessin est de lui comme c'est
indiqué. Notons au passage que c'est dans le même article
de presse que l'on trouve mention de l'identification d'une
rentrée atmosphérique par Pierre Neirinck d'après
l'observation de son collègue Daniel Karcher... Observation
complètement ignorée des soucoupistes tels Franck
Marie ou Joël Mesnard... On accepte tous les témoignages, sauf ceux de
passionnés d'astronomie qui reconnaissent une rentrée
atmosphérique !
Dans
Le Creux de la vague, je commentais cette
observation ainsi (p. 71) :
Il y a là visiblement la rentrée atmosphérique
décrite de façon tout à fait banale (les 6 ou 7
boules lumineuses suivies d'une traînée), et un objet qui
n'a rien à voir (la sphère immobile portant des
hublots)... Ovni ou objet conventionnel ? Peut-être la lune
qui venait de se lever au nord-est alors que le phénomène
s'éloignait vers l'est ? Ce cas n'est connu que par un
article de presse.
Il était difficile d'aller plus loin
étant donné l'absence de toute indication sur
l'orientation de la « boule »... Mais voilà donc
qu'à l'occasion du dixième anniversaire de la
« vague », Joël Mesnard publie une enquête
faite par Robert Fischer... On ne sait pas (comme d'habitude pourrait-on dire)
quand le témoin a été interrogé, mais c'est
sûrement longtemps après l'observation.
On trouve par contre dans cette enquête les directions qui
manquaient dans l'article de presse :
La direction des « 6 ou 7 boules suivies d'une
traînée » est bien celle de la rentrée
atmosphérique, la hauteur sur l'horizon, estimée par le témoin
entre 45 et 60°, est bien celle de la rentrée qui passait au plus
près à 47° de hauteur angulaire ; la rentrée a
pu être vue alors qu'elle était proche de son passage au
plus près, plein sud, à 19 h 01' 15", et disparaître
à l'entrée du village alors qu'elle était plein
est, à 19 h 02' ; la distance parcourue, de l'ordre de 500 m
depuis l'apparition du « deuxième
phénomène », est cohérente avec cette durée
d'observation en roulant à vitesse modérée.
Le témoin dit que ces boules semblaient se diriger, en chutant, vers la
sphère de gauche, puis qu'elles « disparaissent
derrière la sphère de gauche »... Il faudrait
interpréter cela comme le fait que les boules semblaient devoir
rejoindre la « sphère » qui semblait se
déplacer vers l'est, et qu'elles ont disparu dans cette
direction plus loin que cette sphère.
Sphère qui pour sa part se trouvait bien dans la direction où la lune
se levait, vers le nord-est (azimut 51° précisément).
Il reste à savoir d'abord si la lune était bien visible en
même temps que la rentrée atmosphérique, et surtout
comment elle pouvait être vue comme une sphère noire munie
d'une rangée de hublots carrés, comme l'indique le
témoin... Mon sentiment était qu'il s'agissait des
premières lueurs de la lune filtrant à travers les arbres
sur une crête, mais ça restait à vérifier...
Pour cela, inutile d'attendre un cycle de Saros de 18 ans (moi, c'est pour
publier mes enquêtes que j'attends que passe un cycle de Saros,
dans ce cas il est même un peu dépassé !) :
l'important est que la lune se lève à peu près
dans la même direction, ce qui se produit à deux
périodes chaque année... Ça n'est par contre pas
au même moment de la journée, sauf justement après
un cycle de Saros, mais ça n'est pas forcément gênant.
Le 5 novembre 1990 à 19 h 01' 15", la lune se
trouvait à Neufgrange à une hauteur sur l'horizon de
1° 16', et à un azimut de 50° 44'.
On retrouvait une configuration très proche le 5 novembre 2001
à 20 h 23 : 1° 18' de hauteur, et 54° 39' d'azimut...
C'était en plus la date anniversaire, donc précisément
à la même saison, l'occasion était parfaite. Je devais
à cette époque faire un voyage à Strasbourg, je
décidais donc d'aller en train à Strasbourg, et de faire
le trajet Strasbourg-Metz à vélo, en deux jours... Une
belle promenade, mais en approchant de Neufgrange j'ai crevé
à cause d'une bande anticrevaison (un truc en plastique
résistant qui se met dans le pneu, censé protéger
des crevaisons, mais qui finit à force d'être
déformé par se déchirer puis user la chambre
à air... Je déconseille donc !), je suis arrivé
à Neufgrange trop tard et de toute façon il y avait un
brouillard à couper au couteau, je n'ai pas vu la lune
même sous la forme d'une vague lueur, je n'ai rien vu du village,
tout juste la route, j'ai juste senti qu'il y avait une descente, puis
une montée, puis à nouveau une descente, ça
rendait assez peu vraisemblable l'idée que la lune soit
restée précisément au même niveau par
rapport aux arbres... Trempé, épuisé et
bredouille, j'ai finalement écourté mon périple et
pris le train à Saint-Avold...
Il y avait une nouvelle opportunité le 28 septembre 2002 à 22 h 14 :
hauteur 1° 16', azimut 57° 12'. La lune était alors
plus proche de la demi-lune que de la pleine lune comme le 5 novembre 1990, et
ça n'était pas tout à fait la même
période de l'année, mais ça n'avait guère d'importance.
J'ai donc recommencé, toujours en venant
de Strasbourg mais avec l'intention de prendre le train à
Sarreguemines, tout près de Neufgrange..
Et cette fois,
ç'a été payant... J'ai constaté en
arrivant que la route était plate le long de l'étang, de
même que la crête de la colline en face (les
montées et descentes que j'avais ressenties lors de mon
précédent passage sont plus loin, dans le village). J'ai
installé mon appareil photo sur un trépied sur un petit
terrain au bord de la route (le propriétaire est venu me
questionner, il ne connaissait pas cette histoire d'ovni) afin de
prendre une photo précisément à 22 h 14 sur ma
montre bien réglée... Quelques minutes avant, la
lune a commencé à poindre au-dessus de la
forêt... Et le résultat à l'heure dite a été une
lune un peu plus qu'à moitié levée,
mais ne donnant pas du tout l'impression d'une rangée de
hublots... J'ai malheureusement perdu cette photo plus tard lors du vol
de mon ordinateur (ça fait partie des risques quand on attend un
cycle de Saros pour publier !), mais voici la reconstitution
à partir d'un logiciel d'astronomie :
J'ai passé la journée du lendemain à prendre des photos
et des mesures au GPS, tout cela est aussi perdu mais ça n'a pas grande
importance... En tout cas Neufgrange est un endroit charmant,
il y a au bord du lac des mobile-home à louer pour passer des
vacances... N'ayant pas les moyens je me suis contenté d'un
sac de couchage au bord d'un champ, et j'ai été
récompensé : pendant ma seconde nuit à la
belle étoile, j'ai eu l'occasion d'en voir justement une,
filante et vraiment très belle, d'une magnitude que j'estime
à -10 et durant quelque 3 secondes (si ça
intéresse quelqu'un, c'était donc le 29 septembre 2002
à 23 h 17, apparue au nord à 45° de
hauteur, disparue au nord à 10° de hauteur).
La lune était donc
bien visible juste au-dessus des arbres, mais je n'avais toujours pas
l'explication de l'aspect d'une sphère noire munie d'une
rangée de hublots ! On peut bien sûr toujours
imaginer des nuages qui auraient masqué le haut, mais il est peu
vraisemblable qu'ils aient été présents
précisément à la même hauteur angulaire sur
tout le parcours... Mais relisons ce qu'écrivait le
témoin dans l'article de presse : « une grossse
sphère sombre suspendue dans le ciel, couverte de nombreux
hublots carrés éclairés comme des
fenêtres »... Une sphère couverte de hublots, ça
évoque déjà plus la lune presque pleine qu'une
sphère munie d'une rangée de hublots ! On peut imaginer
par exemple que cette impression de hublots serait due à
de la buée sur la vitre, parce qu'en novembre près de
Sarreguemines il ne fait pas chaud (j'ai eu un peu de neige la
première nuit quand j'y suis passé fin septembre). La
dimension de la « boule » est estimée par le
témoin à 20 ou 30 m de diamètre pour une distance
évaluée à environ 300 mètres, soit une
dimension apparente d'à peu près 5 cm à bout de
bras, ce qui correspondrait à quelque dix fois le
diamètre angulaire de la lune, mais on sait qu'une telle
exagération est courante, surtout pour un témoignage tardif.
Tout cela s'accorde donc plutôt bien, et on a un
cas unique de méprise lune validé par le passage d'une
rentrée atmosphérique : si cette rentrée
était passée quelques minutes plus tôt, la lune
n'aurait pas été présente, et si elle était
passée quelques minutes plus tard le témoin aurait vu la
lune plus tôt et se serait sûrement rendu compte de sa
méprise ! Ici, elle a vu la lune qui se levait tout juste,
qu'elle a pris pour une sphère couverte de hublots qui
l'accompagnait en suivant une route parallèle à la sienne
(l'illusion classique de la « boule suiveuse »), elle l'a
suivie pendant de l'ordre d'une minute dans des conditions
d'observation pas idéales (il y a pas mal de maisons sur le bord
de la route, la lune n'était vue que par intermittence et en
roulant), et ensuite l'arrivée du « second
phénomène » de l'autre côté a
définitivement interdit l'identification.
Il ne reste plus qu'à comprendre comment la « sphère
sombre couverte de hublots » s'est transformée en une
sphère noire munie d'une rangée de hublots... On a vu que
c'est Franck Marie qui l'a dessinée ainsi dans sa « reconstitution
d'après les données fournies par l'article »,
alors qu'il n'avait aucune autre information que cet article
décrivant une « sphère sombre couverte de
hublots carrés » ! On ne sait pas quand
l'enquête de Robert Fischer a été faite, mais il y
a fort à parier que c'était bien après la parution du
livre de Franck Marie (début 93), sans quoi Mesnard n'aurait
sûrement pas attendu 2001 pour parler de ce cas unique de
« deux phénomènes différents »
pour cette soirée du 5 novembre 90.
La sphère de gauche est celle issue de l'imagination de Franck
Marie, celle de droite est celle publiée dans l'enquête
par Robert Fischer, d'après le témoin parlant d'«
une boule plus sombre que le ciel environnant, éclairée
par une rangée de hublots carrés émettant une
lumière jaune ». Difficile devant une telle ressemblance
de ne pas penser que l'enquêteur a influencé le
témoin !
Les horaires anormaux
À la suite de cette observation, Mesnard fait un
aparté sur les observations qui n'ont pas eu lieu au moment du
passage de la rentrée atmosphérique. Il note d'abord que
dans son échantillon de 408 observations, la majorité est
centrée sur 19 heures, donc compatible avec la rentrée...
383 sur 408, soit 94%, se situent entre 18 h 45 et 19 h 15... Son
graphique recoupe assez bien celui que j'avais obtenu à partir
des cas répertoriés par Franck Marie (j'obtenais 97% des
cas situés dans cette tranche, mais en ayant exclu une dizaine
de cas qui n'avaient manifestement rien à voir avec le reste de
la « vague », et que j'avais examinées
séparément). Mais Joël Mesnard remarque qu'outre
cette tendance générale, il y a d'une part 16
observations nettement antérieures à 18 h 30 ou
postérieures à 19 h 30, et d'autre part une
vingtaine datés avec une précision de l'ordre d'une
minute, le témoin ayant regardé une montre bien
réglée, et présentant un écart important
avec 19 h 00.
Pour ce qui est des dernières, il faudrait
savoir quelle fiabilité accorder à cette précision
de la part du témoin et de l'enquêteur... Sachant surtout
que dans le cas de ce type qu'il considère comme le plus
intéressant, celui de Neuilly-sur-Marne, le témoin
indique qu'il a regardé l'heure sur sa montre bien
réglée à la fin de son observation (et pas avant),
elle marquait 19 h 02 soit précisément l'heure de
disparition de la rentrée atmopshérique, et Mesnard en
déduit par on ne sait quel calcul tordu que si le témoin
avait observé la rentrée, cela impliquerait qu'il se soit
trompé d'une dizaine de minutes sur l'heure ! Et
en fait, sur les 33 « exemples flagrants » choisis par
Mesnard, je n'en vois que trois où le témoin indique une
heure très précise, et à chaque fois il s'agit
précisément
de l'heure de la rentrée atmosphérique : les témoins de
Neuilly-sur-Marne
et de
Chalonnes-sur-Loire
indiquent 19 h 02 pour la fin de l'observation, et ceux de
Gretz-Armainvilliers
indiquent entre 19 h 00 et 19 h 02 pour leur observation...
Pour ce qui est des témoignages s'écartant beaucoup de l'heure de la
rentrée, ils sont détaillés plus loin,
il y en a trois que Mesnard classe parmi ses « exemples
flagrants », et je lui accorde que deux d'entre eux
(ceux de Brive-la-Gaillarde et de Paris) n'ont
sûrement rien à voir avec la rentrée,
mais je ne suis pas convaincu qu'ils présentent quelque
chose d'extraordinaire.
Mesnard fait la même remarque sur la durée : elle est
compatible pour la plupart des observations avec la rentrée
atmosphérique, mais deux témoins mentionnent une durée
anormalement longue, d'une dizaine de minutes (il oublie celui de
Sauzet,
où ce qui a été observé pendant une
dizaine de minutes avant la rentrée est vraisemblablement une
étoile très lumineuse vue bas sur l'horizon). Le premier
est celui de
Cuhem,
dont nous avons parlé, qui semble simplement relever
d'un témoignage assez peu fiable (et la durée n'est
estimée que de façon subjective). Voyons de plus
près le second, que Mesnard ne range pas parmi les plus
convaincants...
Châteaudun (Eure-et-Loir) :
Le pilote parle d'une dizaine de minutes
(cas non considéré comme probant).
Tout évoque la rentrée à part cette durée un peu exagérée.
Voici le témoignage de ce pilote, rapporté dans
le Midi Libre du 8 novembre :
« Impossible, je ne crois pas à la
thèse du météorite ». En
quinze ans de carrière, M. B., pilote professionnel
dans une compagnie privée, demeurant à Mauguio,
n'avait assisté à pareil spectacle. Aux commandes
de son bi-réacteur, lundi à 19 h, alors qu'il
survolait Châteaudun, à 11.000 mètres
d'altitude, il a aperçu soudain « un grand
phénomène lumineux, comme une cascade, une gerbe
d'étincelles blanches, impressionnante par son ampleur et sa
beauté. » Quelques secondes plus tard, il ne
restait de ce « feu d'artifice » qu'un nuage. Puis
est apparue « une multitude de feux oranges et blancs volant
au-dessus de nous, bien groupés, composant une forme
ovoïde gigantesque ».
« À ce moment-là, raconte le pilote,
j'étais en liaison avec deux autres pilotes de TAT et d'Air
France. Nous avons cru d'abord à un ravitaillement en vol,
mais il aurait fallu au moins trente appareils pour composer un
ensemble aussi imposant. Et puis, au Centre régional de
contrôle à Paris, aucune trace de patrouille sur
les écrans radar... Autre chose, l'éclairage des
avions est toujours vert-blanc-rouge. J'ignore ce que
c'était. Mais je ne crois pas au
météorite. Des météorites,
j'en ai vu pas mal, leur passage ne dure que quelques secondes. Lundi
les lumières se sont déplacées d'ouest
en est dans un ordre parfait pendant une dizaine de minutes avant de
disparaître ».
Mesnard remarque que rien hormis cette durée trop longue n'exclut la
rentrée atmosphérique. Notons qu'au sol, la
durée moyenne d'observation de la rentrée
était d'une à deux minutes, mais dans un avion en
vol s'il n'y a pas de nuages on peut l'observer d'un horizon
à l'autre pendant plus de quatre minutes.
À noter aussi qu'un autre pilote ayant
fait l'observation dans la région de Limoges,
rapportée dans
LDLN n° 310, mentionnait pour sa
part une durée encore plus importante de 15 minutes, mais
on comprend à la lecture de son témoignage qu'il parlait de la
durée de visibilité du nuage formé par l'explosion
de la rentrée dans le golfe de Gascogne... On peut se
demander si le pilote de Châteaudun, qui a aussi
observé ce nuage, n'a pas confondu la durée de
traversée du ciel par le phénomène
avec la durée d'observation du nuage.
Dans tous les cas il est clair que la description se rapporte
à la rentrée atmosphérique.
Villemomble (Seine-Saint-Denis) :
« J'ai cru que ça allait taper dans l'immeuble à-côté ! »
Encore un témoignage très tardif et peu cohérent, ce qui explique sans doute les grosses déformations de la description de la rentrée atmosphérique.
À propos de ce cas, Joël Mesnard remarque :
Si l'on repère les directions dans lesquelles ces deux objets sont
apparus et ont disparu, on constate (avec stupéfaction !) qu'ils
sont apparus au sud, qu'ils ont disparu vers l'est, et que leur
trajectoire apparente n'est sans doute pas très
différente... de celle de la rentrée atmosphérique
qui allait se produire une heure plus tard environ. Certains, n'en
doutons pas, verront là la « preuve » que
François Ellul a tout simplement observé le passage de
cette rentrée. Il suffit d'admettre qu'il ne sait pas faire la
différence entre le crépuscule et la nuit, qu'il a cru
voir à 20 m ce qui était en fait à 170 ou 180 km,
et qu'il a carrément rêvé tous les détails
de la description qu'il donne. Pour avoir assez longuement entendu son
histoire, sur les lieux-mêmes de son expérience, j'ai
plutôt tendance à croire qu'il est un excellent
témoin, et que la solution du mystère n'est pas à
rechercher du côté des erreurs de perception.
Il suffit surtout d'admettre que les souvenirs sont
déformés avec le temps, et que ce témoignage est
manifestement tardif ! La date n'est bien entendu pas précisée, mais on nous dit que le
témoin habitait « en 1990 »
un petit immeuble sur le plateau d'Avron... Ça suppose donc
qu'il avait déménagé lorsque Mesnard l'a
rencontré, vraisemblablement plusieurs années
plus tard.
Le témoin dit aussi que son observation s'est
déroulée peu avant que la nuit tombe, et qu'il a
distingué les contours de « deux disques, de tailles
différentes, qui se détachaient sur le ciel du
crépuscule ». Autant dire qu'il ne se souvient pas de
l'heure qu'il était, ce qui confirme encore un témoignage
tardif, et dès lors qu'il ait confondu le crépuscule avec
la nuit tombée n'est pas trop surprenant.
On nous dit enfin que Quelque
temps plus tard, buvant son café dans un bistrot du quartier,
François Ellul apprit que quelqu'un avait « vu quelque
chose », probablement ce soir-là. Voilà
qui nous conforte encore dans l'idée que le témoignage est tardif.
Concernant l'estimation de la distance à « vingt mètres
», on doit répéter encore qu'il n'est pas possible
de faire la distinction entre un objet distant d'une cinquantaine de
mètres et un qui se trouve à des dizaines de
kilomètres... Cette fois, l'estimation est nettement
inférieure à cette cinquantaine de mètres (qui ne
vaut que pour des personnes ayant une bonne vue et dans
de bonnes conditions d'observation), mais il s'agit d'un
cas extrême, en outre sûrement déformé par le
témoignage tardif... Notons que la dimension de l'ensemble des
deux objets est estimée de son côté à une
cinquantaine de mètres, ce qui pour vingt mètres de
distance donnerait au phénomène une dimension angulaire
colossale, ce que rien ne suggère dans le témoignage !
Concernant enfin la description, elle n'est
finalement pas si éloignée que cela de celle de la
rentrée : le témoin dit avoir vu deux disques de taille
différente (dont il « distinguait les contours sur le fond du
ciel », ce qui suppose tout de même que le contraste n'était
pas flagrant), munis d'une grosse lumière au centre et un
certain nombre de lumières à la
périphérie... Si on excepte les « contours »
des disques, cela évoque assez bien la rentrée dont la
disposition aléatoire des lumières aurait
été idéalisée par le
témoignage tardif. Lorsque les objets s'éloignent, ils
sont vus comme des disques « de profil » lumineux
munis d'une coupole, ce qui peut évoquer les deux
traînées lumineuses mais semble difficilement
conciliable avec la description originelle où les disques
étaient plutôt sombres alors que c'étaient les
lumières qu'ils portaient qui étaient blanches !
Bref on a juste dans ce
cas une accumulation de déformations dues à la
tardiveté du témoignage, qui rendent la rentrée
difficilement reconnaissable, mais il n'y a guère de doute
sur le fait qu'elle soit en cause !
Dammarie-les-Lys (Seine-et-Marne) :
Après le « gros de la vague », on trouve une observation, très précise et circonstanciée, à 19 h 35
(cas non répertorié comme probant par Joël Mesnard).
Précis et circonstancié au point d'en devenir douteux... Ou comment une rentrée atmosphérique sert d'excuse pour un rendez-vous raté !
Nous arrivons à un cas assez exceptionnel... Pour bien le
cerner, voici l'intégralité de ce
qu'écrivait ce témoin, ingénieur en
organisation informatisée, à Franck Marie (voir
son livre
OVNI Contact), le 12 novembre 1990 :
1 — LIEU : Mon
observation a lieu près du centre commercial Leclerc
situé à Dammarie-les-Lys, près de
Melun. Je suis arrêté après
l'échangeur du type « croisement à
l'anglaise » construit récemment et desservant la
N 372, la D 142 et autres routes. Je suis sur le bord droit de la D 142
en direction de la « Table du Roi »,
près de Bois-le-Roi (77590).
2 — CIRCONSTANCES DES OBSERVATIONS:
2.1 — Les raisons de mon arrêt : Mon
arrêt est provoqué par un besoin naturel. Je
descends de ma voiture (Citroën BX TRD) en laissant les
veilleuses et la radio allumées. Je ferme ma porte.
2.2 — Premières anomalies :
C'est alors que les serrures électromagnétiques
se positionnent d'elles-mêmes dans la position de
verrouillage. (J'ai tenté par la suite de renouveler cette
fermeture accidentelle dans l'hypothèse selon laquelle cette
fermeture aurait été provoquée par
l'engagement partiel de la tige de commande dans la position de
fermeture, mais en vain !).
2.3 — Les raisons de l'observation de l'heure :
Très embarrassé, j'analyse la situation et les
moyens de m'en sortir. Mon premier réflexe est de regarder
l'heure. Je dois recevoir un appel téléphonique
chez moi à 20 heures et ce rendez-vous ne tolère
aucun retard. Il est très précisément
19 h 10. Avant de décider de briser une des vitres de ma
voiture, je me rends dans un commerce éclairé (un
magasin funéraire), de là je
téléphone à plusieurs garages et je
retourne à ma voiture pour y attendre le
dépanneur. Il est 19 h 35.
2.4 — La description de l'observation :
Je m'adosse au capot de ma voiture et observe le ciel. Ma
curiosité fut alors attirée par un ensemble de
lumières fixes et clignotantes. Je suis surpris par la surface
occupée dans le ciel par cet ensemble. Celui-ci constitue
soit une formation de sous-ensembles, soit la représentation
d'un seul objet. Je ne peux être formel sur l'une ou l'autre
de ces hypothèses, mais c'est immense !
2.5 — Un énorme triangle :
Alors que préoccupé par le retard
provoqué par le blocage de mon véhicule, et
très incrédule sur tous les mystères
liés aux OVNI, je me surprends en rapprochant
spontanément mon observation de l'image d'un film de
science-fiction. La fin de ce film dont j'ai oublié le titre
[Rencontres du 3
e type]
montre
l'arrivée d'un engin extraterrestre sur terre et des notes
de musique qui servent de moyen de communication entre les humains et
les autres. Considérant la taille de ce que je voyais, le
rapprochement me paraît très compatible !
2.6 — Le détail de mes constats :
Voici ce que j'ai parfaitement et nettement vu :
- le déplacement lent de cet ensemble d'ouest en est,
- la cohérence avec laquelle cet ensemble se déplace,
- le silence de cet ensemble en déplacement,
- les 3 couleurs : blanc, rouge, vert des « feux » placés à l'avant,
- la forme géométrique de l'ensemble (triangle ou losange ?),
- deux puissants projecteurs éclairant d'une lumière très blanche...
- en direction de l'arrière (comme s'ils éclairaient à reculons)...
- à moins qu'il s'agisse de... « réacteurs de lumière » (!?),
- la longueur, la forme parallèle du faisceau lumineux de chaque projecteur,
- la faible altitude de cet ensemble, confirmée par trois constats :
- un avion passé au-dessus de l'objet a été caché,
- la perception très nette de gouttelettes d'eau éclairées par le faisceau,
- ces gouttelettes d'eau résultaient d'un phénomène de condensation visible.
3 — CONCLUSION :
Je suis très conscient d'avoir été le
témoin d'un phénomène qui
dépasse ce que je peux réellement admettre,
même en extrapolant sur la lecture d'ouvrages scientifiques
décrivant le développement de technologies
avancées à venir.
Mais la cohérence des choses observées, la
netteté des images, etc... m'obligent à refuser
les explications fournies par ailleurs. Il ne peut pas s'agir ici de la
dislocation d'un étage de fusée.
Nous avons donc ici un témoin qui semble offrir toutes les
garanties de sérieux, qui décrit quelques jours
seulement après les faits ce qui évoque
parfaitement la rentrée atmosphérique, mais qui
est absolument sûr que c'était une
demi-heure plus tard, qui mentionne en outre un de ces fameux effets
électromagnétiques
régulièrement associés aux
« soucoupes volantes », et qui a eu la chance rare de voir un
avion masqué par le phénomène, c'est
vraiment fabuleux !
Au point que ce qui semble le plus incroyable, c'est que Joël
Mesnard ne classe pas cette observation parmi les plus convaincantes !
C'est à croire qu'il a quelques doutes sur la
sincérité du témoin !
Et si c'est le cas, je dois dire que je les partage ! On est tout de
même surpris par cette accumulation d'anomalies
associée à une parfaite description de la
rentrée atmosphérique... Et on se demande surtout
comment il se fait que ce témoin soit le seul à
avoir observé ce phénomène
à 19 h 35, alors qu'il se trouvait sur une route
très fréquentée en région parisienne !
Mon sentiment personnel est que cet homme dont, d'après son
style d'écriture, une parfaite organisation est un mode de
vie autant qu'une profession, s'est servi de son observation d'un ovni
comme excuse pour avoir raté un entretien « qui
ne tolérait aucun retard » ! On peut imaginer le
scénario suivant : il aurait observé comme tout
le monde la rentrée à 19 h 01, bien proche de
l'heure affirmée de son arrêt (19 h 10), et,
troublé par son observation, il aurait accidentellement
verrouillé son automobile en oubliant ses clés
à l'intérieur (sur beaucoup d'automobiles, on
peut fermer la portière en position verrouillée
en maintenant la poignée d'ouverture
enclenchée)... Et il aurait ensuite juste un peu
modifié le déroulement des
événements pour ne pas avouer que son
étourderie était seule responsable du rendez-vous
manqué !
Pour ce qui est de l'avion, c'est comme pour les étoiles qui
ont été selon certains témoins
masquées au passage de l'objet, c'est un effet tout
à fait naturel si les lumières de l'avion
étaient faibles alors que la luminosité de la
rentrée approchait celle de la pleine lune... Il est de
même difficile de distinguer des étoiles peu
lumineuses près de la lune.
Joël Mesnard mentionne après ce
témoignage typique de la rentrée mais une
demi-heure plus tard :
On ne peut s'empêcher de
penser au troisième témoin de la gare du Val
d'Or, à Saint-Cloud, disant aux deux autres « Il y
a un quart d'heure que je suis là, et c'est le
troisième machin comme ça que je vois passer
».
C'est surtout la quatrième fois qu'il nous cite ce témoignage
fantôme qui lui plaît décidément beaucoup...
Le seul problème étant que sa crédibilité
est absolument nulle, je vous invite si vous en doutez à
relire les circonstances...
Territoire-de-Belfort :
« Un bruit de brûleurs à gaz »
(cas non répertorié par Joël Mesnard parmi les plus probants).
Une non-observation non corrélée en quoi que ce soit à la rentrée, ça prouve juste que la nuit on peut entendre des bruits bizarres !
Mesnard explique :
19 h 38. Nous avons ici une observation
qui se situe, avec une excellente précision, une demi-heure
après le gros de la vague.
Je lui accorderai même que c'est encore plus, par contre
je ne vois pas où est l'observation !
Rien n'a été observé, le
témoin a juste entendu à trois ou quatre reprises
pendant dix secondes un bruit évoquant un brûleur
à gaz comme ceux des montgolfières... C'est tout !
Il n'a rien vu, il n'a pas eu
envie d'ouvrir les
volets, ce qui semble paraître étrange
à Mesnard qui a souligné le mot ; il y voit sans
doute une influence occulte du mystérieux
phénomène qui imitait une montgolfière
pour mieux parasiter la rentrée atmosphérique
passée trois quarts d'heure plus tôt, pour ma part
j'y vois seulement un peu de paresse, d'autant plus justifié
que le bruit n'a été entendu que pendant dix
secondes !
Quant à l'origine de ce bruit, je suggère par
exemple l'utilisation d'un chalumeau par un voisin (ça
existe les gens qui bricolent peu avant l'heure du repas !), ou encore
un mauvais branchement d'une chaîne hi-fi qui peut produire
des bruits très semblables (par exemple un
«
bruit
blanc »).
Enfin, le fait que ce « bruit mystérieux »
se soit produit bien après la rentrée
n'est pas du tout comme semble le croire Mesnard un
élément d'étrangeté supplémentaire,
tout au contraire : s'il s'était produit
juste au moment du passage du phénomène, on
pourrait trouver la coïncidence curieuse, mais là...
Heureusement que Mesnard ne considère pas
ce « cas » comme un des plus crédibles,
mais je m'étonne même qu'il trouve opportun de
signaler cette « non observation » non
corrélée à quoi que ce soit !
Brive-la-Gaillarde (Corrèze) :
« Ça a quitté la N89 pour suivre l'A20... »
Ça n'est sûrement pas la rentrée, mais le témoignage tel qu'il est exposé évoque un banal avion ou hélicoptère !
Nous avons ici le témoignage d'un contrôleur
aérien qui dit avoir vu passer « la chose »,
pour employer le vocabulaire de Mesnard, à 19 h 50
et dans la direction opposée au passage de la
rentrée... Et Mesnard de conclure : « Il est donc
doublement évident que cette observation concerne autre
chose que la rentrée ».
Même si comme d'habitude la date du témoignage
n'est pas mentionnée et qu'il y a de bonnes raisons de
penser qu'elle est tardive, je suis tenté d'abonder dans son
sens : il me paraît bien peu vraisemblable qu'un
contrôleur aérien en poste
au moment des faits se soit mépris à la fois sur
l'heure et sur la direction de son observation, alors qu'il a fait un
dessin précis du « couloir de passage »
de l'objet.
Donc, il a sûrement observé autre chose que la rentrée,
mais cette conclusion semble suffire à Mesnard qui ne se
demande pas ce que pouvait être cette « chose »...
Comme s'il était persuadé que ce
soir-là rien ne pouvait voler hormis un étage de
fusée et d'authentiques soucoupes volantes !
Examinons la description de « la chose »...
Flûte, il n'y en a pas !
Était-ce lumineux, mat ou brillant, coloré ou
non, net ou flou, bruyant ou silencieux, quelle forme ça
avait, on n'en sait strictement rien... Soit le témoin n'en
a rien dit, soit Mesnard ne rapporte pas ses propos, estimant sans
doute que tout cela n'a pas la moindre importance !
Tout ce que l'on sait, c'est que la chose n'allait
« pas très vite » et qu'elle était
« grosse comme un immeuble », et dans la
légende de la carte Mesnard précise
« comme un immeuble de quatre étages »... Disons
donc une quinzaine de mètres. Autant que je sache il s'agit
de la dimension d'un avion de taille modeste, ou d'un gros
hélicoptère, et il n'y a rien dans le
témoignage (du moins tel qu'il est exposé par
Mesnard) qui puisse évoquer quelque chose de plus exotique
que cela !
L'altitude est quant à elle estimée à
une centaine de mètres pour une distance de 425 mètres
en supposant que l'objet survolait la nationale...
Pour un objet de 15 mètres de longueur, cela donne une
dimension angulaire de moins de 2 cm à bout de bras, bien
modeste par rapport à la rentrée atmosphérique !
Bien entendu, je ne doute pas que si un contrôleur
aérien a trouvé quelque chose d'étrange à cet
objet, suffisamment pour noter et rapporter son observation, c'est
qu'il ne s'agissait sûrement pas d'un avion ordinaire et
surtout dont le plan de vol aurait été connu...
Mais je ne doute pas non plus que trois quarts d'heure après
que des centaines de témoins ont
téléphoné aux gendarmeries,
observatoires, aéroports, bases militaires et autres pour
signaler avoir vu ce qui ressemblait à un avion
immense en perdition tout près de s'écraser,
il devait y avoir dans les airs quelques objets
volants pas tout à fait ordinaires mais pas
forcément pilotés par des extraterrestres !
Mesnard dit aussi que le témoin avait appris peu
après que les gendarmes avaient eux-aussi vu
« la chose » et qu'ils l'avaient prise en chasse depuis Larche...
Il reste à savoir si ces gendarmes ont observé la
même « chose » que notre
contrôleur aérien, ou la rentrée
atmosphérique vue peu avant par des milliers de personnes.
Si on consulte les procès-verbaux de gendarmerie mis en
ligne par le GEIPAN, on trouve un certain nombre de
témoignages de gendarmes, dont quelques-uns qui ont
tenté de poursuivre l'objet en automobile, mais aucun d'eux
n'indique une heure différant sensiblement de celle du
passage de la rentrée. Les lieux d'observation ayant
été effacés, on ne sait pas s'il y a
parmi ces rapports celui des gendarmes de Larche.
Mesnard profite de ce cas pour indiquer que d'autres
contrôleurs aériens ont observé un
spectacle insolite ce soir-là... Ce dont il ne faut
guère s'étonner étant donné
l'aspect particulièrement spectaculaire de la
rentrée atmosphérique ! On trouve du reste encore
quelques-uns de ces témoignages dans les
procès-verbaux de gendarmerie du GEIPAN, et il est tout
à fait clair que c'est à chaque fois la
rentrée qui a été vue. Mesnard indique aussi
que dans un de ces cas, des pompiers en intervention ont vu
simultanément quelque chose dans une direction incompatible
avec la rentrée, mais on aimerait avoir un rapport
circonstancié de cette observation !
Mansac (Corrèze) :
À l'opposé de la trajectoire de rentrée… et à vitesse quasi-nulle !
La direction d'observation est la seule anomalie du témoignage, mais étant donné que celui-ci est très tardif ça n'est guère convaincant !
Ce témoin qui a donc vu un objet « à
l'opposé de la trajectoire de rentrée »
est la fille d'un autre témoin dont l'observation avait
été exposée dans
LDLN
n° 310, paru en mai 1992.
Avant de nous pencher sur l'observation de la fille, celle que
Joël Mesnard compte parmi les « exemples
flagrants », relisons ce premier témoignage de la
mère, Yveline Lachambre, tel qu'il était
rapporté par l'enquêteur Joël Martinez
(on ne sait pas comme d'habitude quand ce témoignage a
été rapporté, au plus tard un peu plus
d'un an après l'observation) :
J'étais assise dans ma voiture, lorsque j'ai
aperçu une grosse boule jaune-orange. Au début,
je ne pouvais pas la fixer des yeux, tellement c'était
éblouissant. Peu à peu, j'ai distingué
des points lumineux derrière la boule.
Je suis sortie de ma voiture, pour mieux observer cette boule, qui
avançait à allure normale, pas tellement vite.
Derrière, j'ai vu une épaisse fumée
blanche. Ce phénomène se
déplaçait horizontalement. Les points lumineux
sont toujours restés à leur place ; par contre,
ils faiblissaient légèrement, puis ils
redevenaient (comme avant).
C'était absolument silencieux. De plus, il m'a
semblé voir autre chose, au-dessus de la fumée...
comme un objet...
Mon observation n'a pas duré moins de 45 secondes. Je dois
dire que ce phénomène était
très impressionnant et magnifique à voir !
Et voici le croquis dessiné alors par le témoin :
Il n'y a aucune indication de direction, mais tout cela
évoque beaucoup la rentrée
atmosphérique vers le début de sa trajectoire
au-dessus de la France, et c'est sans doute pour cela que Mesnard n'a
plus reparlé de ce cas jusqu'à ce qu'il apprenne
que la fille de ce témoin avait aussi observé
quelque chose, mais dans la direction opposée !
Et voilà donc comment Madame Lachambre dessinait l'objet
qu'elle avait observé dix ans après les faits (la
date de ce nouveau témoignage n'est naturellement encore
pas précisée, mais Mesnard indique qu'il
espère obtenir des précisions
géographiques, c'est donc que l'enquête est encore
en cours à la parution de son dossier en 2001) :
On voit que la « masse noire » a
considérablement gagné en substance
après dix ans, que ce soit dans le croquis ou dans le
témoignage : en 1991, Madame Lachambre disait « il m'a semblé
voir autre chose, au-dessus de la fumée... comme un
objet...» ; en 2001, d'après Joël Mesnard
qui se garde bien de citer son témoignage originel, elle
« affirme avoir distingué une énorme
masse sombre » !
Et de plus, l'objet est vu à la fois de dessous et de
profil, ce qui s'expliquerait toujours d'après Mesnard par
le fait que « Mme Lachambre pense que cette masse a
viré sur sa droite »... Il est tout de
même curieux qu'un détail aussi anormal et
contradictoire avec « l'explication officielle »
n'ait pas du tout été évoqué en 1991 !
Notons au passage que la vue « de profil » est
dessinée dans la bonne direction pour la rentrée
atmosphérique, laquelle passait à Mansac de
gauche à droite à une hauteur angulaire maximale
de 37°.
Bref, cela nous donne encore une idée des déformations
subies par un témoignage après dix ans, qui ne
surprendront personne à part Joël Mesnard qui
privilégie toujours les témoignages les plus
tardifs !
Quant à l'observation de la fille de Mme Lachambre, qui a
donc vraisemblablement été rapportée
une dizaine d'années après l'observation, elle
évoque aussi dans sa description la rentrée
atmosphérique... L'objet est certes censé
être resté complètement ou quasiment
immobile, mais ça n'empêche pas que la
lumière la plus grosse était en tête
(et il va sans dire que ladite tête se trouve bien dans la
bonne direction pour la rentrée atmosphérique,
à droite), il n'y a donc QUE la direction d'observation,
remémorée après dix ans, qui serait
incompatible avec la rentrée... C'est cela qui fait de ce
cas un des plus convaincants d'après Joël Mesnard !
Ou plutôt, cela et le fait que l'heure d'observation aurait
été dix à quinze minutes
après le passage de la rentrée, toujours
d'après le récit rapporté dix ans plus
tard... Mesnard trouve aussi remarquable que ce soit
également l'heure mentionnée par la
mère pour sa propre observation... Pour ma part, je ne
trouverais pas surprenant que sur plus de 400 témoignages,
deux témoins ayant des liens familiaux aient fait la
même erreur de dix à quinze minutes sur l'heure de
leur observation... Outre le fait qu'il ne me semble pas impossible
qu'en dix ans la mère et la fille aient pu s'influencer
à ce sujet !
Paris, périphérique sud :
Un « nuage » triangulaire de tubes lumineux !
Sûrement pas la rentrée, mais rien d'extraordinaire dans ce témoignage tardif et par téléphone uniquement.
Un ensemble triangulaire de barres et points lumineux vu le 6 novembre entre
0 h 30 et 1 h du matin et sur une trajectoire nord-sud, ça
n'est certainement pas la rentrée atmosphérique.
Mais ça n'a été vu que pendant 5 ou
6 secondes alors que le couple de témoins se
déplaçait en automobile sur le
Périphérique de Paris (extrêmement fréquenté à une
telle heure), on n'a pas comme d'habitude les versions
indépendantes des deux témoins et
l'enquête se résume à une conversation
téléphonique, on ne sait pas comme d'habitude de
quand date le témoignage mais il y a fort à
parier que ce soit peu avant la publication du dossier, dix ans
après l'observation... Alors je ne sais pas du tout ce que
ce couple a pu voir mais je ne suis pas convaincu que ce soit quelque
chose de vraiment extraordinaire !
Plateau de Bure (Hautes-Alpes) :
Entre deux et trois heures du matin dans la nuit de lundi à mardi, un phénomène inhabituel
(cas non considéré comme probant par Joël Mesnard).
Une des observations les plus insignifiantes de la vague, ça n'est pas la rentrée mais ça peut être un banal avion comme le témoin l'a pensé.
Le témoignage, depuis le site de radioastronomie du plateau
de Bure, provient d'un article de presse du
Dauphiné Libéré du 7 novembre :
Sur le même site d'observation, M. André Rambaud,
opérateur habitué à observer le ciel depuis trois
ans, était à son poste lundi soir. S'il n'a rien vu
à 19 h, il a remarqué entre deux et trois heures dans la
nuit de lundi à mardi, un phénomène inhabituel :
« Je cherchais une étoile nommée Altaïr ou
Alpha de l'Aigle que je connais bien pour la regarder souvent. Alors
que je croyais l'avoir découverte, je m'aperçus que
l'étoile que j'observais n'était pas bleue comme Alpha,
mais possédait des points rouges, jaunes et verts et bougeait.
J'ai pensé à un avion, puis à d'autres
phénomènes. En fin de compte, je ne sais pas de
quoi il s'agissait.»
Certes, nous avons donc un astronome, ou
plutôt un opérateur en radio-astronomie, qui a
observé bien après la rentrée quelque chose qu'il
n'a pas pu identifier... Mais quelque chose de tout petit, qui pourrait
bien au vu de la description être effectivement un avion, ou
encore un hélicoptère, ou une étoile
lumineuse vue très bas sur l'horizon, les perturbations
atmosphériques
occasionnant alors des impressions de changements de couleur, de
variations d'éclat et de bougé qui peuvent
être trompeuses.
Il est vrai que Monsieur Rambaud dit être habitué à
observer le ciel, mais on peut alors s'étonner qu'il ait
recherché une étoile qui était
couchée depuis plus de deux heures !
Bref, même de façon très anecdotique, je ne vois guère
l'intérêt de signaler cette observation qui n'a rien à voir avec la
rentrée atmosphérique mais n'apporte aucun
argument à une prétendue vague d'ovnis...
Notons que Jean Sider, autre grand promoteur de cette vague imaginaire, utilisait de
son côté cette observation pour « démontrer » qu'il n'y
avait pas eu de rentrée atmosphérique, puisque M. Rambaud,
à son poste sur la passerelle de l'observatoire,
n'avait rien vu à 19 h cette nuit-là... Mais le fait
que M. Rambaud se trouvait sur la passerelle de son observatoire
était tout simplement sorti de son imagination : il n'y a rien
écrit de tel dans l'article de journal qui était l'unique
source de Sider, il est juste dit que M. Rambaud se trouvait à
son poste et en général le poste d'un
opérateur en radioastronomie se trouve dans une salle de
contrôle sans aucune vue sur le ciel !
Montpellier (Hérault) :
Le 6 novembre à 6 h 25 du matin, une lueur rouge et orange se déplaçant très vite, haut dans le ciel
(cas non considéré comme probant par Joël Mesnard).
Encore un témoignage qui ne concerne pas la rentrée mais peut se rapporter à peu près à n'importe quoi.
Là encore, il est tout
à fait clair que cette observation faite près de douze
heures après la rentrée atmosphérique n'a rien
à voir avec cette dernière, mais que ça peut
être à peu près n'importe quoi : avion, satellite,
ballon-sonde ou petit nuage éclairé par le soleil qui
n'allait pas tarder à se lever, météore avec une
exagération de la durée d'observation...
Noirmoutier (Vendée) :
Le 6 novembre à 7 h du matin, un objet sombre, en forme de porte-manteau, avec de nombreux feux rouges autour et un gros feu rouge au centre
(cas non considéré comme probant par Joël Mesnard).
Vraisemblablement la rentrée avec un malentendu sur l'heure d'observation.
Mesnard ne signale ce cas qu'à titre anecdotique, mais
puisqu'il s'agit encore de nous faire croire que les observations ont
largement débordé de l'horaire de la
rentrée voyons comment
il était rapporté dans
LDLN
n° 307, paru en novembre 1991 :
M. Barreteau nous signale que vers 7 h du matin, le jeune
Gabriel Bouchereau, âgé de 11 ans, observa un
objet sombre, en forme de porte-manteau, avec de nombreux feux rouges
autour et un gros feu rouge au centre. À l'arrière, il y
avait une sorte de faisceau de projecteur, de couleur jaune
orangée. Orientation dela trajectoire : du sud vers le nord ;
hauteur sur l'horizon : une trentaine de degrés.
On ne peut qu'être frappé par la ressemblance
entre cette description et la rentrée
atmosphérique, laquelle était vue de Noirmoutier
à 32° de hauteur angulaire au maximum... Il y aurait
une erreur d'une soixantaine de degrés sur l'orientation de
la trajectoire, mais le sens de déplacement sur le dessin,
de droite à gauche, est bon.
Le seul point étonnant reste la différence de
douze heures sur l'horaire... Tiendrait-on enfin un cas de
« mimétisme » d'un phénomène
qui se moque de nous ? Mais juste douze heures, une demi-journée,
de différence, c'est bizarre ! Mon impression
est que cet enfant a observé à 19 heures la
rentrée atmosphérique,
qu'il décrit plutôt bien, et qu'il en a
parlé le lendemain à ses parents en disant que
ça s'était passé
« à sept heures », entendant par là sept
heures du soir (un enfant de 11 ans n'a
généralement pas l'habitude d'indiquer
« 19 heures »)...
Ça n'est bien sûr qu'une hypothèse,
mais en l'absence de toute enquête ça me semble
l'explication la plus plausible à cette bonne description de
la rentrée à une heure tout à fait
anormale.
Le 6 novembre à 22 heures, une autre rentrée atmosphérique ?
Au lendemain de la rentrée atmosphérique, vers 22 heures,
un phénomène assez similaire a fait l'objet d'un certain nombre
d'observations... Joël Mesnard précise que ce phénomène
avait été abordé dans le
numéro 307 de
LDLN...
On y trouvait effectivement un article de
journal du quotidien
Sud-Ouest du 8 novembre,
relatif à des observations en Gironde,
résumé en ces termes :
Cet article nous apprend que de nombreux témoignages concordent,
au sujet d'une forme lumineuse allongée, visible durant une
minute, à 21 h 55. Lorsque cette lumière jaune a
perdu de son intensité, une forte traînée est
apparue à l'arrière, ainsi que « des cercles »
en-dessous du cigare. Certains témoins ont entendu un bruit
d'explosion, d'autres pas.
Et aussi un témoignage recueilli par
l'enquêteur Jean-pierre Segonnes à Bouscat
(Gironde) :
Il était donc entre 21 h et 22 h. M. Alberola était
en train de lire un livre, dans son salon. Relevant la tête, il
aperçut par la baie vitrée (orientée vers le
sud-ouest) ce qui lui parut être un avion se dirigeant vers le
nord. C'était comme un phare d'avion, suivi par une petite boule
rouge-orange clignotante.
Le témoin nota tout de suite un
fait curieux : le phare semblait s'éloigner du clignotant
rouge. Étonné, M. Alberola continua à regarder, quand
tout-à-coup, il y eut comme une explosion silencieuse. Le phare
blanc n'était plus qu'un halo, de même couleur.
Dans ce halo, le témoin observa alors une petite lumière
rouge, montant presque verticalement dans le ciel, à
très grande vitesse, avec un léger arrondi de la
trajectoire, avant de disparaître au bout de deux secondes tout
au plus. Cette lumière rouge laissait derrière elle une
sorte de fumée blanche. Dessous, l'explosion avait fait place
à un nuage de fumée blanche également.
On trouve aussi la mention de cette nouvelle « vague »
dans les rapports du Geipan à la rubrique
« cas nationaux », avec trois procès-verbaux de
gendarmerie et le résumé suivant :
Le 6 novembre 1990 vers 22 h 00 plusieurs témoins
dans plusieurs départements du sud-ouest ont
observé une boule de feu orangée qui s'est
désintégrée sans bruit avec
émission de fumée. Sans l'ampleur de la
rentrée de la veille, ll s'agit vraisemblablement
là d'une autre rentrée atmosphérique.
D'autres témoignages relatifs à ce
phénomène se trouvent perdus au milieu des
rapports relatifs à la rentrée du 5 novembre :
Trois témoignages du rapport de gendarmerie
enregistré par le Geipan sous le
numéro 1990309854, et une lettre jointe au rapport
numéro 1990307302. Ce dernier témoignage a
été envoyé à la gendarmerie
par l'ufologue Franck Marie qui avait multiplié les appels
à témoins dans la presse de l'époque
pour obtenir des témoignages sur la rentrée du 5
novembre...
Deux rentrées atmosphériques qui se suivent
ça paraît curieux, mais en fait il ne s'agissait
pas cette fois d'une rentrée... Et c'est encore Franck Marie
qui nous donne la réponse en citant dans son livre
OVNI-Contact un article de presse paru dans la revue
le Populaire du Centre du 28 novembre 1990 :
De tels tirs de missiles sont fréquents depuis la base de
Biscarosse dans les Landes, et les militaires ne communiquent pas
beaucoup à leur sujet surtout lorsqu'il s'agit de tirs
ratés... Dans un tel cas, on fait exploser le missile en vol
pour qu'il ne risque pas de retomber entier au sol, et on a alors un
objet laissant une traînée qui s'achève
en « boule de feu ». Dans certains cas où le missile
s'est élevé très haut, cela a donné lieu
à de nombreuses observations jusqu'à une grande distance,
avec de splendides photos souvent présentées comme ovnis
(le Geipan les a pour sa part présentées comme des
« phénomènes atmosphériques liés
à la foudre » !) Le Cnegu a publié un dossier
très complet au sujet de ces tirs de missiles ratés :
Phénomène lumineux du 12 juin 1974.
Ce soir du 6 novembre 1990 le missile ne s'est pas beaucoup élevé,
c'était beaucoup moins spectaculaire, et beaucoup plus banal
aussi... La description générale évoque tout
à fait un de ces tirs de missile, l'origine du
phénomène se
trouvait bien du côté du Centre d'essais des
Landes, l'explication ne fait donc pas de doute.
Il apparaît donc tout à fait artificiel de vouloir
faire « déborder » la vague du 5 novembre
en dehors de l'heure de passage de la rentrée
atmosphérique : les quelques cas choisis par Mesnard pour
tenter de nous en convaincre, quand il ne s'agit pas de probables
erreurs sur l'heure, se rapportent soit à des objets tout
à fait banals (avions, grosses étoiles
filantes...), soit à ce tir de missile du lendemain. Des
phénomènes tels qu'il s'en produit toutes les
nuits, qui n'ont été rapportés que
parce qu'on a beaucoup parlé dans les médias de
la vague d'observations de la soirée du 5 novembre.
Les anciens six « cas parmi les plus probants »
Joël Mesnard récapitule ensuite les trente « exemples
flagrants » sur une carte, en précisant que celle-ci
remplace celle publiée dans
LDLN n° 306, représentant
les six cas qu'il considérait alors comme les plus probants :
Il a depuis renoncé à considérer comme
probants les cas de Bruxelles et Colmar, mais les autres
restent toujours ses cas fétiches, dont il parle
régulièrement dans ses conférences... Examinons
donc l'ensemble de ces six cas...
Bruxelles (Belgique) :
Un objet portant des lumières masque le sommet d'une tour
(cas plus considéré par Mesnard comme exemple probant).
Observation non confirmée nous dit Mesnard...
Ce cas a été mentionné dans la revue belge Eurufon,
mais Joël Mesnard l'a éliminé de ses « exemples
probants » du fait qu'il n'a « jamais pu obtenir
la moindre confirmation ».
Notons que tous les cas
français (rares par ailleurs) de « passage devant un obstacle »
s'expliquent en général simplement : les témoins ne croient pas qu'un
objet d'une telle taille apparente soit très lointain, et
lorsqu'ils le voient disparaître derrière un obstacle ils
croient qu'il est passé devant en éteignant ses
lumières !
Colmar (Haut-Rhin) :
Sur un film vidéo, les côtés d'un triangle apparaissent soudain
(cas plus considéré comme exemple probant).
Tout le monde a compris, sauf Mesnard qui en doute encore, que cette vidéo représente la rentrée, et le triangle est un simple artefact vidéo.
Voici comment était présenté ce cas
dans
LDLN n° 305 :
5 novembre : un document capital
À Colmar, M. Patrick D., qui avait un caméscope dans sa voiture, a
pu filmer ce qu'il a vu passer dans le ciel. Ce document, d'un
intérêt exceptionnel, a été diffusé
sur TF1 le soir du 6 novembre. Le dessin ci-contre a été
réalisé d'après cette séquence
vidéo. Le sens du mouvement de l'ensemble est donné par
la traînée que laisse la grosse masse incandescente, en
haut à gauche. Toutes les lumières sont blanches.
La thèse du SEPRA ne permet pas de comprendre pourquoi, pendant
plusieurs secondes, on distingue nettement les 3
côtés du triangle, à l'avant
de l'ensemble.
Et dans le numéro 309, des précisions
étaient apportées :
L'exemple qu'il ne fallait pas choisir !
Nous avons déjà attiré l'attention (LDLN
305, p. 18)
sur le document vidéo pris à Colmar le 5 novembre 1990,
vers 19 h, et diffusé sur TF1 vingt-quatre heures plus tard.
Ce document montre un ensemble de cinq points lumineux défilant
dans le ciel. L'un d'eux, en haut et à gauche, laisse
derrière lui une traînée. Un autre est
isolé, en haut et à droite, et les trois autres,
à l'avant de la formation, sont disposés aux sommets d'un
triangle approximativement équilatéral. À la fin de la
séquence, pendent environ deux secondes, on
voit distinctement apparaître les côté
de ce petit triangle.
L'un de ces côtés fait un angle négligeable
avec la direction du déplacement de l'ensemble (donnée
par la traînée en haut, à gauche). On peut
donc, à la rigueur, interpréter ce côté comme
une traînée laissée par le point
situé en tête de la formation (en bas, sur l'image). Mais comment
expliquer l'apparition des deux autres côtés ?
Ce qu'il faut absolument savoir, c'est que ces
côtés du petit triangle sont très
nettement visibles sur le document vidéo.
Toutes les personnes qui observent la séquence sur un
écran de télévison le distinguent
parfaitement.
Toutefois, ces trois côtés du petit triangle sont nettemnet
moins lumineux que les points eux-mêmes. Leur contraste, sur le fond du
ciel, est assez faible. Il se peut qu'ils ressortent assez mal sur le
cliché ci-dessous. Il faut bien comprendre qu'il s'agit d'un
cliché tramé, réalisé à partir d'un
tirage papier d'une diapositive faite sur un écran de
télé. Les différentes étapes du processus,
entre le document original et le document imprimé,
entraînent un appauvrissement en cascade de la qualité de
l'image. Ce processus présente notamment l'inconvénient
de gommer, assez vite, les contrastes faibles.
Il aurait été facile de retoucher l'image pour mieux faire
ressortir les côtés du petit triangle, mais j'ai
préféré m'en abstenir, quitte à vous
présenter un cliché de qualité nettement moins
bonne que l'original. Nous n'allons tout de même pas nous
mettre à tricher, nous aussi !
Une question, une énorme
question, se pose : comment le SEPRA, avec ses moyens infiniment
supérieurs aux nôtres (qui sont inexistants), avec sa
méthodologie tétraédrique, et avec quatorze mois
de recul, peut-il n'avoir pas remarqué ces inexplicables
côtés du petit triangle ? (car officiellement ils
n'ont rien remarqué).
Au Palais de la Découverte, le 25 janvier [le
SEPRA avait ce jour-là, moins de deux mois après
l'événement, donné une conférence à
Paris]
, nous n'avons rien appris
sur les phénomènes de rentrée atmosphérique. Aucun
renseignement sur les invraisemblances liées aux dimensions
apparentes, ni à la dispersion dans le temps de certaines
observations. Pas le moindre tuyau sur les dimensions réelles de
la rentrée, sur son aspect, vu du sol de différentes
directions. Même sur la trajectoire, nous n'avons rigoureusement
rien appris, et c'est toujours le même flou artistique qui plane
sur toutes ces questions. Aucune des questions — pourtant
énormes – que nous avons soulevées dans
LDLN
303, 304, 305 et 306 n'a même été
évoquée. Evidemment !
En revanche, on nous a montré de jolies
diapos de la lune, d'un nuage, d'une montgolfière, et
même d'une aurore boréale.
À vous de conclure.
On voit dans ces commentaires que c'est bien l'absence de
toute information de la part du SEPRA, qui était alors
censé être un service d'expertise en matière de
rentrées atmosphériques, qui a désorienté
les ufologues.
Quant à ce cas, il a suscité un débat dans les numéros
suivants de
LDLN (317 et 318), et il apparaît que le
« triangle » aperçu sur quelques images lorsqu'on pousse la
luminosité est illusoire : un des côtés est
une traînée laissée par le point de tête, le
second est une « bavure » du signal
vidéo, visible aussi sur les autres points, et le
troisième n'existe pas, il s'agit juste d'une reconstruction
de l'esprit ! Ce curieux détail
expliqué, le film de Colmar, pris par Patrick
de Pin, n'a plus rien de mystérieux
(d'ailleurs, Joël Mesnard pensait à l'origine que le
mystérieux triangle s'était superposé à la
rentrée atmosphérique).
Notons tout de même que Mesnard, tout en ne considérant plus ce
cas comme probant, note dans un bel euphémisme « qu'il
n'est pas absolument certain que la vidéo de Colmar montre
autre chose que la rentrée de la fusée soviétique
» ! Si vous avez un doute, vous pouvez comparer avec
intérêt l'image de la vidéo au dessin fait dans la
même région par Daniel Karcher, qui a immédiatement
reconnu une rentrée atmosphérique :
Neuilly-sur-Marne (Seine-Saint-Denis) :
Ensemble de lumières rigoureusement immobile pendant près de 4 minutes.
Un des témoignages qui évoquent le mieux la rentrée atmosphérique, seule la durée a été mal appréciée...
Ce cas reste encore un des favoris de Joël Mesnard, qu'il aborde
dans chacune de ses conférences... Voici comment il le
présentait d'abord dans le n° 303 de
LDLN :
Témoignage de M. Sandoux :
« Je me trouvais à mon domicile, au 11e
étage d'un immeuble à l'angle de la RN 34 et de
l'avenue de Verdun. J'étais en train de regarder la
télévision, assis sur mon canapé, quand mon regard
fut attiré par des lumières en mouvement, à
l'extérieur. Je sortis sur mon balcon, et l'observation
commença. Il était 18 h 55, et la nuit
était déjà tombée.
Il s'agit d'un engin immobile.
Bien qu'il soit, à mon avis, très proche,
l'obscurité ne me permet pas d'apercevoir ses superstructures.
Seuls sont visibles, aux extrémités d'un triangle
équilatéral : en haut, un feu rouge, rond, semblable
à n'importe quel feu de signalisation ; en bas, à
gauche, deux feux rouges semblables à celui du haut, mais
décalés horizontalement l'un par rapport à
l'autre ; en bas, à droite, ce que je considère comme
l'extrémité d'une tuyère, ronde, de laquelle
sortait un flux de couleur orange pâle, s'arrêtant net
un peu plus loin. »
Le phénomène est visible en direction de
l'est, et la direction d'observation est pratiquement horizontale : en
effet, bien qu'il ne distingue pas la ligne d'horizon, le témoin
estime que seul le sommet supérieur du triangle est, à
coup sûr, au-dessus de la ligne d'horizon, le reste ayant des
chances de se trouver en-dessous ! Chaque côté du triangle
est grand comme 5 ou 6 fois le diamètre de la pleine lune. Le
témoin évalue la distance d'observation à 50 ou
100 m seulement, mais il n'est pas absolument sûr de l'exactitude
de cette estimation. Voici la suite de son récit :
« Au bout d'environ 4 minutes, l'engin s'est éloigné
lentement vers l'est, la direction d'observation ne variant pas. Il a
finalement disparu dans la brume. Je suis rentré et j'ai alors
regardé ma montre à quartz (dont je contrôle
régulièrement l'exactitude) : il était 19 h 02 et
quelques secondes. Je n'avais perçu aucun bruit, tout au long de
l'observation. »
Dans le numéro 306, après avoir rencontré
le témoin (quand ? Ça n'est pas dit, mais le
dépôt légal de ce numéro est datée du
troisième trimestre 90, ça n'était donc pas plus
de quelques semaines après l'observation), Mesnard
complétait cette enquête :
Nous avons signalé cette importante observation dans
LDLN
303, p. 29. Voici quelques compléments à son
sujet. Rappelons que le témoin, M. Jean-Pierre Sandoux, se trouvait
au 11e étage d'un immeuble, et qu'il est
aussitôt sorti sur le balcon pour observer le phénomène.
1ère phase : ensemble de trois gros points verts visible en direction du
sud-sud-est, les deux points inférieurs se trouvant sous la
ligne d'horizon. Le témoin estime alors la distance à 50
ou 100 mètres, et l'altitude du phénomène par
rapport au sol à une trentaine de mètres. Cette
première phase dure environ 5 secondes. L'ensemble des trois
lumières vertes se met à pivoter autour de son centre. Le
témoin se lève alors, tire le rideau, ouvre la
porte-fenêtre, et se précipite sur son balcon.
2ème phase : cette phase va durer entre 3 minutes et demie et 4 minutes.
Arrivant sur le balcon, le témoin découvre l'ensemble de
4 lumières (trois rouges et une, plus grosse, orange)
décrit dans LDLN
303. L'ensemble est absolument immobile ;
aucune vibration, aucun bruit. Si une structure relie les
lumières, le témoin ne la distingue pas dans
l'obscurité. Pourtant, il lui semble que le
phénomène ne se trouve qu'à une trentaine de
mètres de lui, à peu près à l'autre
extrémité de l'immeuble. Pour voir les deux points rouges
situés dans le coin inférieur gauche du triangle, il doit
se pencher légèrement sur la barre d'appui du balcon :
ces deux points se situent à peu près dans le prolongement
de la façade de l'immeuble, à peine au-dessus du niveau
des yeux du témoin. Chaque côté du triangle est
visible sous un angle de 25 à 30°. Le témoin a le
temps d'observer l'extrémité du « faisceau »
tronqué qui sort de la « tuyère » orange,
vers le bas et vers la droite. Son extrémité a la forme
d'une ligne de créneaux dont les minima et maxima alternent
comme l'indiquent les flèches sur le dessin, comme si le
faisceau était une juxtapositoin de tubes glissant les uns sur
les autres, animés d'un mouvement sinusoïdal.
3ème phase : l'ensemble s'éloigne lentement vers l'est,
c'est-à-dire parallèlement à la façade de
l'immeuble, en ligne droite et à altitude constante. Au bout
d'une trentaine de secondes, il disparaît au loin, dans la
brume.
Une autre source est une lettre envoyée par le témoin
le 13 novembre à Franck Marie, que l'on trouve en page 403 de son
livre
OVNI Contact :
Il est évident que ce témoin a vu la rentrée
atmosphérique qui s'éloignait vers l'est. Il a dû
l'observer depuis son balcon à partir de 19 h 01, peu
après le passage au plus près qui a sans doute
attiré son attention, et a pu la suivre de ce point de vue
privilégié jusqu'à 19 h 02' 30",
après le passage de la frontière allemande.
Cette explication paraît invraissemblable à Joël Mesnard
qui note pour sa part que le témoin aurait dû se tromper :
1)
Sur l'heure, d'une dizaine de minutes, alors qu'il surveille de
très près la dérive (négligeable) de sa
montre à quartz, et qu'il est certain de l'heure qu'il a
notée.
Pour arriver à cette « dizaine de minutes d'erreur »,
Mesnard met en relation le DÉBUT de l'observation du témoin avec la FIN de
la rentrée atmosphérique estimée à 19 h 06 par
le télex de la NASA, ce qui est une méthode de calcul
pour le moins curieuse pour un ancien professeur de
mathématiques ! Si on compare cette fin du
phénomène avec la fin de l'observation mentionnée
par le témoin, 19 h 02 et quelques secondes, l'erreur se réduit
à quatre minutes, ce qui est déjà plus raisonnable ! Mais
en fait, et on peut pardonner à Mesnard de ne l'avoir pas su
puisque j'avais moi-même été trompé, il y avait
une erreur à ce sujet
dans le
télex de la NASA, et la rentrée atmosphérique disparaissait
à l'horizon de ce témoin précisément à 19 h 02' 30" !
2) Sur la durée et la fixité du
phénomène,
puisqu'il l'a observé, rigoureusement immobile (avec comme
repère rien moins que la façade de son immeuble), pendant
environ quatre minutes (certainement pas moins, dit-il, de trois
minutes et demie). C'est trois fois le temps mis par la fusée
soviétique pour aller de La Rochelle à Strasbourg !
Effectivement, le témoin a dû observer le
phénomène pendant une minute et demie après la
« première phase », soit beaucoup moins que son
estimation à quatre minutes. Mais on sait bien que les estimations de
durée sont très imprécises, surtout quand on observe
quelque chose de très inhabituel... La seule mention objective du
témoignage est l'heure de la fin de son observation, qui
était précisément l'heure de la disparition de la
rentrée atmosphérique.
Et pendant cette minute et demie d'observation, le phénomène qui
s'éloignait vers l'est n'a parcouru qu'un angle d'environ 35 degrés...
Cet objet qui mettait une dizaine de secondes pour
parcourir sa propre longueur pouvait être assimilé
à un avion de ligne volant à la vitesse de 15 km/h,
ce qui est assez inhabituel !
Notons au sujet de la façade de l'immeuble prise comme point de
repère que le témoin explique qu'il a dû se pencher un
peu sur la rambarde de son balcon pour voir les deux points de
tête... On peut se demander comment il a connu l'existence de ces
points de tête s'ils n'étaient pas visibles sans qu'il y ait à se pencher dans
un premier temps, puisqu'aucune structure n'était visible
entre les points ! Notons enfin
que cette façade d'immeuble dans l'alignement du balcon se
trouve précisément à un azimut de 79,5° (merci
Google maps !), et que la rentrée disparaissait à
l'horizon à 19 h 02' 30", à un azimut de
76° pour peu que l'horizon soit parfaitement dégagé vers l'est
(ce qui semble le cas depuis un 11
e
étage : c'est la direction de la vallée de la Marne)...
Il fallait donc bien se pencher un peu sur le balcon pour observer la
disparition du phénomène.
3) Sur toutes les indications d'angles, et notamment sur la hauteur de la
base du phénomène, qu'il situe au voisinage de
l'horizon, voire un peu en-dessous.
Le témoin écrivait pourtant le 13 novembre à Franck Marie
que la base du phénomène se trouvait
2 à 5 m plus haut que lui-même, ce qui pour une distance
estimée à 15 à 30 m correspondrait à un
angle au-dessus de l'horizon de 8 à 10° ; la hauteur angulaire de la
rentrée était de 18° à
19 h 01, et 3° à 19 h 02...
En ce qui concerne les dimensions angulaires, on trouve dans le numéro
306 de
LDLN une photo du témoin écartant les bras
de quelque 70 cm. Si l'on se réfère plutôt
à son témoignage, chaque côté du triangle
est estimé à 25 ou 30°, soit environ 30 cm
à bout de bras (il dira 50 dans sa lettre à Franck Marie). Mais si
on lit son premier témoignage, paru dans le numéro
303 de la même revue, ces dimensions sont estimées
à 5 ou 6 diamètres lunaires, soit seulement 3 cm
à bout de bras ! Bien sûr, une large surestimation des
dimensions apparentes est chose courante chez les témoins moyens, et
Joël Mesnard l'indique souvent, mais quand un témoin ne
fait pas la différence entre 70 centimètres
à bout de bras et cinq ou six diamètres lunaires on ne peut
guère se fier à ses estimations angulaires, et
une enquête objective devrait au moins le signaler ! La
rentrée atmosphérique devait présenter une
dimension d'une quinzaine de centimètres à bout de bras
au début de l'observation à 19 h 01, et trois peu avant
la disparition à l'horizon.
4) Sur la distance d'observation, qu'il évalue à une
trentaine ou une cinquantaine de mètres, alors que la fusée
soviétique s'éloignant vers l'est se trouvait à
une distance au moins cinq mille fois supérieure.
Là encore, Joël Mesnard signale très souvent dans sa revue que
l'on ne peut apprécier les distances supérieures à
une cinquantaine de mètres... L'individu moyen ne fait aucune
différence entre cinquante mètres et l'infini ! Alors,
pourquoi ne pas le rappeler ici, au lieu d'insister sur la notion
absurde de facteur d'erreur ? Oserait-t-il user de cet argument dans le
cas d'une confusion avec l'étoile Rigel ?
Citons encore le numéro 304 de sa revue (page 16) :
Les
estimations de distance, ou d'altitude, pour cette soirée du 5
novembre, sont à prendre avec la plus extrême prudence.
Sauf cas particulier, cela signifie qu'on ne peut en tenir aucun
compte. Notons quand même que d'une manière
générale, on a affaire à des sous-estimations de
la distance, et qu'elles sont bien souvent colossales.
Bref, n'en tenez aucun compte sauf quand ça vous arrange !
Signalons aussi qu'il était précisé dans le numéro
303, de même que dans la lettre à Franck Marie, que le
témoin estimait la distance à 50 à 100 m,
en ajoutant qu'il n'était pas absolument sûr de
l'exactitude de cette estimation, et remarquons enfin qu'une telle
proximité du phénomène serait difficilement
conciliable avec sa disparition dans la brume par temps clair...
5) Sur l'aspect du phénomène, qui
est sans rapport avec l'ensemble des autres descriptions.
Encore une affirmation infondée. Le témoin ayant
observé depuis un point de vue privilégié le
phénomène qui s'éloignait vers l'Allemagne, on
doit comparer sa description avec les témoignages de l'est de la
France, plutôt que de la région parisienne. Par un heureux
hasard, on a pour l'est de la France mieux qu'un témoignage : un
enregistrement vidéo ! Il s'agit bien sûr du film
tourné à Colmar. Redressez la photo extraite de ce film
pour que la traînée soit horizontale, inversez la
direction, Colmar se trouvant à l'inverse de Neuilly-sur-Marne
au sud de la trajectoire de la rentrée atmosphérique,
réduisez la largeur pour corriger la perspective, et rougissez
les lumières de cette rentrée atmosphérique vue au
loin et bas sur l'horizon...
Ne faut-il pas un certain aveuglement pour ne pas trouver
quelques similitudes entre la vidéo ainsi modifiée
(à gauche) et le desssin du témoin
(à droite) ?
Et la description d'un « faisceau tronqué »
sortant d'une « tuyère » évoque
quantité de descriptions de la rentrée atmosphérique.
En conclusion, il me semble évident que ce témoin a
observé la rentrée atmosphérique et rien d'autre,
et ses erreurs d'appréciation (durée, immobilité,
dimension angulaire) apparaissent minimes quand on ne cherche pas
à les exagérer. Si l'on préfère
considérer que notre témoin ne s'est pas du tout
trompé sur la durée de son observation, il faut admettre
qu'il serait resté sur son balcon entre 18 h 55 et 19 h 02, sans
remarquer la rentrée atmosphérique très
spectaculaire, parfaitement visible entre 18 h 59 et 19 h 02 et passant
au plus près, sous son nez pourrait-on dire, à 19 h 00' 30",
à une hauteur angulaire de 26° !
Il reste un
doute pour la première phase de son observation, lorsqu'il a eu
son attention attirée durant quelques secondes par trois
lumières VERTES effectuant une rotation, qu'il situait
peut-être en dessous de l'horizon... Peut-être
s'agissait-il d'un reflet de la rentrée
atmosphérique qui passait au plus près. Notons que si
l'on suit le témoignage ces lumières ont
été vues à travers un rideau. Il faudrait
savoir quel était le champ de vision du témoin alors
qu'il regardait la télévision, mais ça n'est pas
précisé. Mesnard a
résumé cete première phase en cinq lignes,
préférant insister sur la suite, beaucoup plus
spectaculaire mais parfaitement identifiée... Dommage !
Gretz-Armainvilliers (Seine-et-Marne) :
Un objet de grande taille plonge, redresse, et remonte.
Les six témoins décrivent parfaitement la rentrée, l'un d'eux fait une banale erreur d'appréciation pendant les premières secondes d'observation, la remontée est une pure invention de Mesnard.
Voici un cas apparemment très solide en raison du nombre et de la
qualité des témoins : six (et pas huit, nous verrons
plus loin comment Mesnard en est arrivé à en
ajouter un, puis deux), dont un commandant de bord
d'Air-France (Jean-Gabriel Greslé, auteur depuis de plusieurs
livres sur les ovnis).
Il s'agit probablement du cas qui a été le plus
commenté, voyons donc les différentes sources avant d'en
discuter...
Voici d'abord comment il était présenté dans
LDLN n° 306 :
Entre 19 h 00 et 19 h 02, Gretz-Armainvilliers (Seine-et-Marne)
Cette observation est à considérer comme l'une des plus
importantes de la soirée, pour plusieurs raisons : tout d'abord,
elle a été faite par sept personnes, parmi lesquelles un
technicien de l'aéronautique et un pilote professionnel dont les
longues carrières, dans l'armée de l'Air puis dans
l'aviation civile, en font des observateurs particulièrement
qualifiés. Mais surtout, les manoeuvres effectuées par le
phénomène sous les yeux de ces témoins permettent
d'écarter toute tentative d'explication par la rentrée de
l'engin soviétique dans l'atmosphère.
L'événement s'est déroulé en trois phases.
Première phase (un seul témoin) :
Six personnes se trouvent en plein air, à l'extrémité sud-est de
l'agglomération de Gretz-Armainvilliers, où elles attendent
l'arrivée d'une septième (qui sera le septième
témoin). Soudain, M. André Boutloup [Les noms
des témoins n'étaient pas mentionnés, mais certains
se sont présentés dans une émission de télévision
dont nous reparlerons]
(c'est le technicien en
aéronautique) voit, dans une direction comprise entre le
sud-ouest et le sud-sud-ouest, un objet qui porte plusieurs sources
lumineuses et qui se rapproche très vite, non pas comme s'il
fondait directement sur les témoins, mais plutôt
comme s'il allait passer un peu sur leur droite. M. Boutloup
estime son angle de descente à environ 15°.
Un instant après le début de cette première phase,
deux « projecteurs », d'un jaune clair, s'allument
sous la chose. Avec deux autres sources lumineuses également jaunes,
situées plus haut, ils dessinent à peu près un
trapèze, dont la base supérieure est la plus grande. Ces
deux projecteurs émettent des faisceaux coniques (jaune
également), orientés vers le bas, de très faible
ouverture (quelques degrés seulement), c'est-à-dire
presque cylindriques. Leurs extrémités sont
coupées net, mais leur caractère étrange ne se
limite pas là, car M. Boutloup, pour les
décrire, parle de « lumière inerte », et
garde l'impression « d'une tache de lumière,
plutôt qu'un éclairage ».
À gauche, donc sur le flanc droit de la chose (puisqu'elle est vue
presque de face), il distingue une rangée de « hublots »,
jaunes eux aussi. Il les voit à peu près comme
des carrés et, supposant qu'il s'agit bien de quelque chose
comme des hublots disposés sur le côté d'un
appareil, imagine que, compte tenu de la perspective, ils devaient
plutôt être rectangulaires. Il s'écrie, à
l'attention des cinq autres membres du groupe (qui n'ont encore rien
vu) : « Mais... où il va, celui-là ? Il
va se poser dans la cour ? » Au même instant, les deux faisceaux
lumineux s'inclinent, comme si l'ensemble lui-même s'inclinait
pour effectuer un virage sur sa droite.
Deuxième phase (six témoins) :
En effet, passé le temps que les
cinq autres personnes tournent la tête, voilà la chose qui
défile devant eux, de droite à gauche, sur une
trajectoire horizontale orientée d'ouest en est. Quelque chose
comme les détails d'une structure, à peine visibles dans
l'obscurité, fait que cela ressemble à une sorte de pont
métallique gigantesque, qui viendrait ainsi se promener, un peu
au sud de la nationale 4 (les témoins n'en sont
éloignés que de quelques mètres) et
parallèlement à elle ! On voit toujours, mais de profil
cette fois, les deux projecteurs qui partent du coin inférieur
avant. Ils ne sont pas verticaux, mais un peu inclinés vers
l'avant. Leur extrémité inférieure est-elle
toujours tronquée « comme un saucisson » ? Nous
l'ignorons, car des arbres limitent le champ de vision des témoins.
On voit également un certain nombre de lumières rouges disséminées sur la
« structure », et certains des témoins notent quatre
autres lumières rouges dessinant comme un losange, nettement
au-dessus de l'objet principal, vers l'arrière. On voit surtout,
en-dessous, partant à peu près du milieu de la chose,
deux très longs tubes lumineux, de couleur blanche, horizontaux,
de section rigoureusement constante, et de luminosité
également constante, sauf vers leur extrémité,
où elle décroît très rapidement. (Nous avons
là une analogie très nette avec quantité
d'observations faites le même soir, à la même heure
ou quasiment à la même heure, telle celle de
Brétigny).
Cette seconde phase de l'observation
s'achève au bout d'une quinzaine de secondes, l'objet
disparaissant « dans un nuage » (selon M. Jean-Gabriel
Greslé, le commandant de bord) ; « dans ou derrière
un nuage » selon M. André Boutloup, qui est surpris par
la manière extrêmement subite dont l'ensemble cesse
d'être visible. Logiquement, la chose aurait dû
disparaître progressivement, au fur et à mesure qu'elle
était occultée par le nuage. Or, ce n'est pas ce qui
s'est produit : cela a cessé d'être visible d'un
coup. Ce détail a évidemment son
importance, car il suggère plus l'extinction d'une image
que l'enfoncement d'un objet matériel (de très grande
taille) dans une masse nuageuse. M. Boutloup lui-même a eu cette impression.
Troisième phase (un témoin) : Mme Janine Charmont (que les autres
attendent) arrive, au volant de sa voiture, venant du
centre-ville, c'est-à-dire roulant vers le sud-sud-est. Un
peu sur sa gauche (vers le sud-est, à quelques degrés
près), elle observe quelque chose qui lui paraît
s'éloigner dans le ciel, en montant. Cela a l'aspect d'une masse
sombre trapézoïdale, avec deux gros points blancs dans le
bas et, sur sa périphérie, 4 à 5 « lampes »
jaunes. La lumière des deux gros points blancs
paraît se refléter sur la masse sombre, qui a un aspect
grisâtre et métallique. Mme Charmont parcourt ainsi, en ligne
droite, environ 200 m. Elle est arrivée : elle va rejoindre
les autres. Elle cesse d'observer.
L'un des témoins de cette
affaire va réagir énergiquement : il s'agit de
Jean-Gabriel Greslé, le commandant de bord, pour qui le
phénomène OVNI n'est pas quelque chose de
tout-à-fait nouveau. Il commence par contacter, à un
niveau élevé, la Météorologie Nationale, et
il obtient des renseignements précis sur les conditions
météo. Il apprend ainsi que le sommet des nuages (des
cumulus) se trouvait à 500 m d'altitude. Convaincu que la chose
avait disparu dans le nuage, et non derrière
lui, il en déduit que cette absorption du
phénomène dans le nuage s'est produite vers 400 m et,
connaissant la hauteur de la trajectoire au-dessus de l'horizon
(environ 30°), la taille apparente de la chose, il en déduit
ses dimensions réelles, qui sont stupéfiantes : 400 m de
long pour le « pont métallique », 1 km de long pour
les « tubes lumineux » (d'une épaisseur de l'ordre
de 8 m), 1 200 m pour l'ensemble. Le phénomène ayant
parcouru une distance de l'ordre de 800 m en 15 à 20 secondes,
sa vitesse peut être estimée aux alentours de 200 km/h.
La trajectoire étant définie sur la carte, des recherches
ont été entreprises en vue de trouver d'autres
témoins de l'événement. Elles n'ont donné
aucun résultat, ce qui constitue une raison
supplémentaire de s'étonner. On peut légitimement
se demander si ce phénomène, si spectaculaire selon les
sept témoins, était également visible dans tout le
voisinage. La réponse fait défaut, mais il est
remarquable que dans ce cas, autant d'éléments
précis aient pu être déduits de l'analyse des
données disponibles.
Peu après, le commandant de bord Jean-Gabriel
Greslé a écrit un livre sur les ovnis (
Objets
volants non identifiés, un pilote de ligne parle),
dans lequel il a relaté ainsi son observation :
Cette observation à laquelle j'ai participé a fait l'objet
d'une enquête complète effectuée par Joël
Mesnard, éditeur de la revue « Lumières Dans la
Nuit » et se trouve relatée en détail dans le
n° 306 de cette revue. Nous devions découvrir par la suite
que plusieurs centaines de témoignages variés avaient
fait état de véhicules ou d'assemblages de
lumières vus à basse altitude en France ce même
soir entre 18 heures 45 et 19 heures 30.
Au mieux de mes
souvenirs, voici la description des faits : il est 19 heures. Nous
sommes un groupe de six pratiquants d'Aïkido et nous attendons la
clef de la salle d'entraînement en bavardant. André
Boutloup s'est éloigné d'une dizaine de mètres de
nous et nous appelle brusquement. Il a l'impression qu'un avion ou un
hélicoptère descend vers nous et va se poser à
proximité. Quand je me retourne finalement, je vois dans la
direction du sud vers la déviation à quatre voies de la
Nationale 4, une structure rectangulaire balisée de nombreuses
lampes rouges qui évoque pour moi un élément de
pont métallique ou la flèche d'une grue. J'observe que
cette structure se déplace dans le ciel, vers l'est, sans aucun
support ; l'imaginant très éloignée, d'une dizaine
de kilomètres peut-être, j'ai un instant l'impression de
voir une ville flottante. Une certitude domine, je n'ai jamais rien vu
de semblable ni d'aussi grand dans l'espace pendant toute ma
carrière.
À l'avant, deux phares dirigés en
diagonale projettent une lumière blanche qui semble
s'interrompre avant d'atteindre le sol. Ce qui attire le plus mon
attention est un énorme faisceau cylindrique, horizontal, de
lumière opaline très dense qui paraît avoir pour
origine la partie centrale de la « chose ». Autour
de ce tube de lumière bizarre, issu d'une sorte de projecteur
attaché à la structure, des écharpes de brume
masquent par intermittence un second faisceau parallèle au
premier. J'ai le temps de tendre le bras pour évaluer
l'épaisseur de l'ensemble (deux doigts et demi environ) et de
noter les proportions du rectangle que forme la structure lumineuse
principale : 1 à 5 à peu près. La longueur des
grands faisceaux lumineux horizontaux est deux fois et demie celle de
l'engin et le diamètre du tube de lumière le
dixième de la hauteur. Je fixe ces proportions dans ma
mémoire et, voyant que la structure va disparaître
derrière un grand arbre, je cours vers ma droite pour pouvoir la
suivre un peu plus longtemps du regard. Trop tard ! Je vois
l'extrémité des faisceaux de lumière se fondre
dans un nuage bas.
Nous avons à peine le temps de nous
interroger sur ce que nous venont de voir. Janine Charmont arrive avec la
clef et nous écoute lui narrer notre expérience... Nous
apprendrons plusieurs mois après qu'elle avait parfaitement vu
dans le ciel une espèce de trapèze sombre qui
s'éloignait en prenant de l'altitude dans la direction du
sud-est. À l'arrière 4 ou 5 lampes jaunes étaient
visibles ; à la partie inférieure deux gros phares se
reflétaient sur une surface d'apparence métallique.
À ma demande, les témoins ont bien voulu
rédiger, sans se concerter, un résumé de ce qu'ils
avaient vu. À l'exception d'André Boutloup, dont l'observation
a été plus longue et plus complète que la
nôtre, nous avons tous décrit, chacun à notre
façon, la même chose. Nous avons tous eu l'impression de
nous trouver devant un objet de grande taille, se
déplaçant majestueusement, ou un cigare allongé
balisé de nombreuses lampes colorées, oranges ou rouges.
Ces données figurent dans tous les rapports.
Pour une fois, la présence d'une couche de nuages à faible
développement vertical, entre 350 et 500 mètres, couvrant
à peine 3/8 du ciel permet d'évaluer avec une assez bonne
précision la distance de la structure lumineuse observée :
quelque 800 mètres. L'épaisseur apparente,
appréciée par rapport à celle des doigts vus
à bout de bras (une méthode enseignée par l'US Air
Force) donne pour la hauteur de l'ensemble 80 mètres environ et
pour sa longueur 400 mètres. Moins grand qu'une ville flottante,
cet « engin » avait tout de même des dimensions
supérieures à celles de la tour Eiffel. Sa vitesse pose
un problème un peu plus difficile car si nous n'avons pas
chronométré son déplacement nous pensons qu'il a
pu parcourir 45° en 10 à 20 secondes, soit une vitesse de
150 à 300 km/h. Nous nous accordons tous sur le fait qu'un
silence impressionnant semble avoir couvert tous les bruits pendant la
durée de l'observation.
Ajoutons la transcription du reportage dans l'émission
Mystères
d'avril 1993 :
Deux jours à peine après les observations, l'hypothèse
de l'OVNI est déjà écartée. Ce ne serait
donc qu'un météorite, un phénomène naturel
parfaitement explicable. En Seine-et-Marne, un homme doute : Jean
Greslé, ancien commandant de bord à Air-France, se
souvient de ce qu'il a vu la nuit du 5 novembre. Il a ce
soir-là avec sept autres personnes, été
témoin d'un événement qu'il n'oubliera
jamais :
« Si quelqu'un qui aurait vu ce que nous avions vu acceptait la
thèse officielle, ça voudrait dire qu'il remet
complètement en cause ses propres perceptions. »
Il est 18 heures 55. Jean Greslé qui est professeur
d'Aïkido à ses heures de loisir, attend avec un groupe
d'élèves l'ouverture de la salle de sports. Janine, la
secrétaire du club, est en retard, et c'est elle qui a la
clé. C'est alors qu'un des élèves, André
Boutloup, aperçoit dans le ciel des lumières
étranges qu'il n'arrive pas à identifier :
« Il va se poser dans la cour celui-là !
»
Jean Greslé : « J'ai réalisé que j'avais
affaire à quelque chose que je n'avais jamais vu de ma vie,
ça c'est absolument certain, en 17000 et plus heures de vol en
40 ans je n'avais jamais rien vu de semblable dans le ciel, ça
c'est certain.
« J'ai vu quelque chose d'inexplicable et
ça reste quelque chose d'inexplicable. Ses dimensions me sont
apparues immédiatement comme gigantesques, cette impression de
lenteur majestueuse ça m'a véritablement frappé.
J'ai vraiment eu l'impression de voir passer une ville dans le ciel...
Une ville ! Tellement ça m'a paru grand. »
André Boutloup : « Vous savez arrivé quand on a 65 ans
et travailler dans l'aviation, connaître quand même ce que
c'est qu'un avion et une machine volante, être confronté
à ce genre de chose on peut être étonné. Et
par les estimations que nous avons faites sur le moment, ça nous
donne un engin qui devait avoir 3 à 400 mètres de long et
80 mètres d'épaisseur. »
Puis, toujours en silence, l'engin vire lentement et
s'éloigne.
Au même moment, 500 mètres plus loin, Janine Charmont se
dirige vers le club de sport. Soudain, elle aperçoit au-dessus
des maisons deux faisceaux de lumière à très basse
altitude qui disparaissent au loin :
« Ça s'est éloigné tout d'un coup. C'est-à-dire
que je n'ai pas pu le suivre comme une trajectoire d'avion ou quelque chose comme
ça. Ça s'est éloigné assez rapidement,
c'est une masse qui m'est apparue comme ça, je l'ai vue par le
pare-brise de la voiture puisque j'étais en voiture, et je l'ai
vue disparaître de la même façon que j'ai eu les
yeux dessus. »
On dispose aussi sur le site du Geipan du rapport de cinq des
témoins dans le
procès-verbal de gendarmerie :
Témoignage de Jean-Gabriel Greslé le 6 novembre 1990 :
Alors que nous attendions la clé de la salle polyvalente de Gretz,
Monsieur Boutloup, attire l'attention du groupe en disant
à peu près « mais qu'est-ce qu'il fait
celui là, il va se poser sur nous ».
Me tournant dans la direction indiquée, vers la déviation de la RN4,
je vis dans le ciel une structure de lumières rouges, certaines
fixes d'autres clignotantes qui dessinaient un rectangle
horizontal portant au milieu de sa base un très fort projecteur
de lumière blanche, très cylindrique émettant
à l'horizontale vers l'arrière.
L'ensemble avait une trajectoire apparente horizontale
d'ouest en est vue de notre position environ à 30° au
dessus de l'horizontale. À l'avant de cette structure, deux
phares blancs peu intenses étaient dirigés à
45° vers l'avant. L'impression d'un objet massif
venait du fait que les lumières et les phares ont gardé
la même position relative pendant toute la duré de
l'observation et que la vitesse de défilement 5 à
20 degrés par seconde semblait très constante.
Après une dizaine de secondes d'observation, l'objet
commença à disparaître derrière un bouquet
d'arbres. Je courus vers la gauche pour le revoir le plus
rapidement possible de l'autre côté des arbres et
pus seulement voir le faisceau des phares arrière blancs
disparaître dans un nuage bas. La nuit était très
calme et pratiquement sans vent. La visibilité était
excellente. Les quelques nuages bas ne couvraient qu'une faible
partie du ciel. L'observation s'est déroulée
dans un silence complet.
En dehors des lumières rouges et
des phares je n'ai pu voir aucun support massif. Seule la
disposition des lumières donnait l'impression d'une
sorte de poutrelle métallique balisée ou d'un
élément de pont flottant comme un dirigeable.
Chacune de ces lumières pourrait à la rigueur avoir
été indépendante et simplement maintenir une sorte
de vol formation. J'ai eu le réflexe de comparer
l'épaisseur apparente de la structure lumineuse avec mes
doigts tendus à bout de bras, voir mon croquis, le
résultat est presque exactement une épaisseur
égale à 10% de la distance. La longueur était au
moins 5 fois l'épaisseur et la portée des phares
horizontaux 2 à 3 fois la longueur de l'engin. Dans la
lumière blanche très intense de ces phares j'ai pu
distinguer comme des volutes grises de brouillard ou de condensation.
Par ailleurs, ces lumières conservaient à peu près
la même intensité quelque soit la distance de l'origine.
J'ai cru distinguer un second faisceau
parallèle au premier, beaucoup moins intense comme si une sorte
de brume entourant le premier le masquait partiellement. J'avoue
m'être surtout concentré sur celui qui était
bien visible. Par la suite je vous fournirai un rapport complet de mes
observations.
Témoignage d'André Boutloup le 7 novembre 1990 :
Le lundi 05 novembre 1990 à 19 heures, en compagnie de
plusieurs personnes, dont notre professeur d'aïkido et de son
assistant, nous attendions rue des Vignolles à Gretz,
l'ouverture de la salle des sports. Mon regard a
été attiré par ce que j'avais pris pour un
avion en approche, donc volant très bas et se dirigeant sur
Gretz. Mes premières paroles ont été en
plaisantant « il va se poser dans la cour »,
ensuite,
« il cherche sa piste ». Mais l'éclairage ne
correspondait pas à celui d'un appareil de ligne. On
pouvait distinguer sur l'avant à droite de
l'appareil, un éclairage jaune foncé, à
gauche, rouge assez sombre, d'autres éclairages
correspondaient à des feux de position. J'ai vu
l'engin infléchir sa route, pour obliquer en direction
perpendiculaire à la ville et se diriger vers l'est,
longeant la RN4. J'ai aperçu des puissants projecteurs
dirigés vers le sol et d'autres orientés vers
l'arrière, et un ensemble de feux rouges sur
l'appareil qui ne correspondaient à rien de connu. Le plus
surprenant, vers l'arrière très haut par rapport
à l'éclairage de la structure, quatre feux rouges
s'allumaient chacun à leur tour, par contre il n'y
avait aucun feu anticollision, cet éclairage représentait
un carré, dans le plan horizontal. Mes amis et moi-même,
nous sommes déplacés de quelques pas car notre
observation était gênée par les branches
d'arbres du parc. L'engin se déplaçait assez
rapidement, sans émettre un seul bruit au cours de son
apparition et disparut derrière les nuages très
bas.
La vision de cet objet n'a duré que de vingt à trente
secondes. Quant à la taille de l'engin que je ne peux
définir, n'ayant que l'éclairage comme
référence, elle me semble très
volumineuse et ne correspond à rien de connu à ce jour. Je
précise que j'étais mécanicien avion 3 correspondant
à la qualification de technicien agent de maîtrise
à la compagnie aérienne ?? à
l'aéroport du ?? .
Témoignage de M. K , agent de
sécurité, le 7 novembre 1990 :
Le 05 novembre 1990, vers 19 h 00, je me trouvais avec des amis devant la
salle polyvalente de Gretz-Armainvilliers, en bordure de la RN4, nous
avons vu dans le ciel une chose gigantesque. Au premier abord, nous
pensons qu'il s'agissait en fait d'un appareil
immense pourvu de lumières rouges sur les deux
côtés de l'appareil et de deux lumières
blanches à l'arrière, or, cet appareil ne faisait
aucun bruit, contrairement aux avions dont le bruit du moteur
s'entend.
Nous avons pu établir la longueur et la
largeur approximative de cet appareil qui devait être environ
de 30 mètres de large et au moins de 150 mètres de
long sinon plus. Néanmoins il est difficile de préciser sa
grandeur car il devait être assez haut vu qu'au bout
d'une vingtaine de secondes il a disparu dans un nuage.
Témoignage de Mme G , J ,
épouse B , bibliothécaire, le 7
novembre 1990 :
Le lundi 05 novembre 1990 vers 19 h 00, je me trouvais avec des
amis dans la salle polyvalente ?? à ??.
Soudain j'ai vu un engin de forme oblongue qui semblait à basse
altitude comme un avion qui va atterrir. Il y avait un phare à
l'arrière blanc et relativement puissant. À l'avant
et à l'arrière de petites lumières blanches
et de couleur, comme pour baliser l'objet. De dimension
colossale, l'objet est passé dans un nuage et a disparu.
La durée de l'observation était de une minute
environ.
Je précise que l'objet est parti
parallèlement à la RN4.
Témoignage de Mme F , professeur de lettres, le 7
novembre 1990 :
Lundi 05 novembre 1990 vers 19 h 00, je me trouvais devant la
salle polyvalente rue des Vignolles à Gretz.
Il faisait nuit, quand soudain j'ai vu un engin arriver, dans un
premier temps il m'a semblé voir un avion, cependant, des
lumières clignotantes blanches et rouges se trouvaient devant et
derrière l'engin semblable à un dirigeable de
grande taille. Il y avait une absence totale de bruit alors que
l'engin était à basse altitude. Cela donnait une
impression d'un rectangle allongé ou d'un cigare.
Forte impression d'effet de masse, puis l'engin a disparu
dans un nuage en prenant la direction parallèle à
la RN4.
Ajout de Jean-Gabriel Greslé pour le procès-verbal de gendarmerie :
REMARQUES CONCERNANT LES RAPPORTS D'UNE OBSERVATION AERIENNE
Il est en principe impossible de déterminer les dimensions et la
distance d'un objet inconnu. De même, la vitesse ne peut
pas être directement mesurée ; toutefois, la vitesse
angulaire de défilement (en degrés d'angle par
seconde ou par minute) peut être évaluée avec une
assez bonne précision.
De même, au cours de l'observation considérée, l'épaisseur
(ou largeur) apparente de la structure observée a pu être
appréciée avec une assez bonne précision en la
comparant aux doigts d'une main vus à bout de bras : nous
avons obtenu pour M. Greslé au minimum trois doigts = 6,5 cm vus
à la distance de 64 cm environ, soit 0,1 ce qui correspond
à un angle de 6°. M. K pense que
l'épaisseur était supérieure
ce qui voudrait dire qu'il l'a vu sous un angle de 7 à 8°.
La longueur de la structure était proche de 5 fois son
épaisseur. La portée des phares horizontaux au
moins 2 fois et demie la longueur.
La structure a été vue
par plusieurs témoins entrant dans un nuage bas (de type
strato-cumulus) ; cela permet une très bonne
évaluation de l'altitude du phénomène soit 200
à 300 m au minimum et 350 à 450 m au maximum. Les témoins
s'accordant pour évaluer la trajectoire à une
hauteur angulaire de 30 à 40° au dessus de
l'horizontale, la distance donc les dimensions de l'objet
peuvent être évaluées par un calcul simple avec une
assez bonne précision. Cela n'est presque jamais possible
dans le cas d'une observation d'un phénomène inconnu.
Le calcul confirme les impression des témoins :
la structure délimitée par les lumières
observées était de grandes dimensions, 40 à
60 mètres d'épaisseur, 200 à
300 mètres de longueur !
L'observation de Monsieur Boutloup a
été de loin la plus longue et il a pu observer la
structure avant son changement de direction. Il est le seul
à avoir vu certains détails.
Remarque
Monsieur Boutloup qui a attiré notre attention sur le phénomène
observé a vu dans un premier temps la structure lumineuse
se diriger vers nous. À ce moment il la voyait de face, les phares ( ?)
avant étaient bien visibles et l'apparence
générale était différente. Au moment
où il faisait ses premières remarques, l'engin ( ?)
modifia sa trajectoire qui devint celle que nous avons pu observer. Il
m'a promis un rapport complet.
Fait à ?? 6 novembre 90.
Nous avons bien là une observation exceptionnelle, par le nombre et
la qualité des témoins... Notons tout de même au
sujet du nombre que dans le rapport de gendarmerie il est
écrit :
Entendu, Monsieur Greslé, nous informe qu'il
était avec
un groupe de quatre personnes [.../...]
Le lendemain, les quatre
témoins sont entendus [...] Il s'agit donc de
quatre personnes en plus de lui-même, et on trouve bien cinq
témoignages dans ce procès-verbal... Pourtant, aussi bien
Joël Mesnard dans son enquête dans
LDLN
que Jean-Gabriel Greslé dans son premier livre indiquent que le groupe se
composait de six personnes... Mais oublions ce détail.
Revoyons la présentation de l'objet dans
LDLN :
Voilà qui ne ressemble vraiment pas à la rentrée
atmosphérique ! Et pourtant...
L'heure, entre 19 h 00 et 19 h 02, correspond à la
minute près à celle du passage au plus près de ce
phénomène ; le cap suivi lors de la phase
principale, parallèle à la
nationale, est à quelques degrés près celui de la
rentrée atmosphérique ; la hauteur angulaire est
estimée entre 30 et 40° par les différents
témoins, et Greslé qui en tant que pilote était
sûrement le plus familiarisé avec une telle estimation et
qui est le seul a avoir pris des repères l'estime à
30°, et celle de la rentrée atmosphérique était
de 28° lors du passage au plus près.
Greslé a aussi estimé les dimensions angulaires de
« l'objet », de l'ordre de 30° de longueur sans la
traînée et 6° de hauteur ; ça correspond bien
à d'autres estimations précises par des témoins
situés dans la même région, et à des
dimensions courantes pour l'ensemble des débris d'une
rentrée atmosphérique : rapporté à la
distance de la rentrée (175 km au plus près), cela correspondrait à des
débris dispersés sur 20 km en hauteur et une centaine en longueur.
La vitesse de déplacement est plus
imprécise, Greslé ni aucun autre témoin n'ayant
chronométré la durée de passage, mais
Greslé estime que l'objet a parcouru 45° en 10 à 20 secondes avant de
disparaître (c'est ce qu'il
écrit dans son livre ; il était un peu plus
imprécis dans le rapport de gendarmerie : 5 à 20
degrés par seconde, soit 2 à 9 secondes pour parcourir
les 45°, ou 3 à 12 secondes s'il parle de la vitesse
angulaire au plus près) ; les autres témoins estiment
cette même durée à 20 à 30 s pour l'un, une
minute pour un autre. La rentrée atmosphérique mettait
à peu près 40 s pour parcourir ces 45°, ce qui est
plutôt en bon accord avec l'estimation purement subjective des
témoins.
L'aspect de l'objet tel qu'il est dessiné comporte par contre un certain nombre d'anomalies :
D'abord, il y a les structures joignant les différentes
lumières... Mais il suffit de lire la déposition de Jean-Gabriel
Greslé pour savoir ce qu'il en est :
En dehors des lumières
rouges et des phares je n'ai pu voir aucun support massif. Seule la
disposition des lumières donnait l'impression d'une sorte de
poutrelle métallique balisée ou d'un
élément de pont flottant comme un dirigeable. Chacune des
lumières pourrait à la rigueur avoir été
indépendantde et simplement maintenir une sorte de vol
formation. Aucun autre témoin ne parle de
structures quelconque, l'un d'eux parle juste d'une
impression
d'un rectangle allongé ou d'un cigare. Forte impression d'effet
de masse. Pas très convaincant non plus !
Certaines lumières apparaissent alignées sur le dessin, mais dans
son rapport Greslé indique juste que les lumières
dessinaient un rectangle, et dans son témoignage dans
LDLN il parle de lumières
disséminées sur
la « structure »... Un autre témoin parle de l'impression
d'un rectangle allongé ou d'un cigare, un autre parle d'un
engin de forme oblongue, mais personne ne mentionne un alignement des lumières.
Il reste à évoquer les
deux monstrueux « faisceaux tronqués »
dirigés vers le bas à l'avant de la structure, qui
constituent la grosse anomalie de la description.
Voyons ce qu'en dit Greslé quand il décrit son
observation dans son livre paru en 1993 :
À l'avant, deux phares dirigés en diagonale projettent une
lumière blanche qui semble s'interrompre avant d'atteindre le
sol. Ce qui attire le plus mon attention est un énorme faisceau
cylindrique, horizontal, de lumière opaline très dense
qui paraît avoir pour origine la partie centrale
inférieure de la « chose ».
Ainsi, Greslé nous parle de ces faisceaux tronqués verticaux,
mais c'est plutôt le long faisceau horizontal, beaucoup plus
lumineux, qui a attiré son attention. Dans son rapport à
la gendarmerie, il écrivait :
deux phares blancs peu
intenses étaient dirigés à 45° vers l'avant...
À comparer au
très fort projecteur de
lumière blanche, très cylindrique émettant
à l'horizontale vers l'arrière... Il y a donc une
très forte différence d'intensité entre les
« faisceaux tronqués à l'avant » et les
« tubes lumineux à l'arrière» !
En fait, il est tout à fait clair que seul le premier
témoin, André Boutloup, a vu
ces « faisceaux tronqués » à l'avant pendant
les premières secondes de son observation. Il écrivait
dans son rapport :
j'ai perçu des puissants projecteurs
dirigés vers le sol et d'autres orientés vers
l'arrière. On ne retrouve pas chez lui cette
différence d'intensité ! C'est aussi
André
Boutloup qui a vu l'objet
faire un
virage. Nous reviendrons sur ces deux grosses anomalies,
mais contentons-nous pour l'instant de remarquer qu'aucun des
témoins n'a vu l'objet tel qu'il est dessiné, de profil
avec ces deux monstrueux faisceaux tronqués !
Dans
Lumières dans la nuit, Greslé explique pourquoi
ces faisceaux n'étaient pas vus :
On voit toujours,
mais de profil cette fois, les deux projecteurs qui partent du coin
inférieur avant. Ils ne sont pas verticaux, mais un peu
inclinés vers l'avant. Leur extrémité
inférieure est-elle toujours tronquée « comme un
saucisson » ? Nous l'ignorons, car des arbres limitent le champ de
vision des témoins.
Il serait intéressant
de savoir quelle est la hauteur angulaire de ces arbres qui masquaient
« l'extrémité des faisceaux
»... Pour en avoir le coeur net, je me
suis rendu sur place, et j'ai constaté qu'il y a effectivement
une rangée d'arbres le long de la nationale, dont la hauteur
atteint au plus près environ 25° au-dessus de
l'horizon. J'ai depuis perdu les photos que j'avais prises, mais maintenant
il y a Google Street View qui permet de voir les lieux sans se
déplacer :
Les témoins se trouvaient devant l'entrée
à gauche de la route juste après les barrières de
chantier. La rangée d'arbres en question est à droite, et
on voit à gauche le bouquet d'arbres qui a gêné
l'observation à la fin.
La rangée d'arbres culmine
donc à quelque 25° de l'horizon depuis le site
d'observation, à peine plus bassse que la rentrée
atmosphérique, ou l'ovni dont la hauteur sur l'horizon
était évaluée par Greslé à 30°.
Et donc, les fameux faisceaux, que Greslé n'a pas vraiment
remarqués et dont les autres témoins à part le
premier ne mentionnent absolument pas l'existence, étaient
presque entièrement cachés par les arbres.
Mais en fait, j'ai constaté aussi qu'en plein automne ces arbres
dépouillés de leurs feuilles ne masquent rien du
tout (c'est assez apparent sur la photo de Google Street view qui a
dû être faite à cette saison) :
j'ai vu parfaitement la lune au travers ! Des faisceaux, surtout tels
que décrits par le premier témoin comme de
« puissants projecteurs » alors que l'objet se trouvait
plus loin, auraient été parfaitement visibles
derrière ces arbres. Et il y a en outre une
trouée dans
cette rangée d'arbres précisément dans
la direction au plus près du phénomène, juste avant
qu'il ne soit masqué par un grand arbre sur la gauche.
Il faut donc se rendre à l'évidence : ces faisceaux
tronqués verticaux n'existaient pas, ou s'étaient
éteints après avoir été vus par le premier
témoin. Et il est manifeste que Greslé a
été influencé par le témoignage de son ami
qui est le seul à avoir vu ces faisceaux.
Maintenant, on peut se faire une bonne idée de ce que les six témoins
ont vu passer devant eux : sur le dessin que Joël Mesnard brandit
sans cesse depuis vingt ans pour se gausser de ceux qui n'y voient
qu'une rentrée atmosphérique, vous enlevez les
« structures » que personne n'a vues, vous enlevez les
faisceaux des deux lumières à l'avant qui n'étaient pas ou
plus là, vous faites une des deux traînées à
l'arrière beaucoup moins longue et lumineuse que l'autre
comme Greslé le précisait, vous ajoutez un peu de
« brumes » sur l'autre, et vous éparpillez les autres
lumières dans une surface vaguement rectangulaire,
cigaroïde ou oblongue :
Voilà que miraculeusement,
en ayant supprimé de la « reconstitution »
mesnardienne tous les détails imaginaires, on obtient une
excellente représentation de la rentrée
atmosphérique, tout à fait comparable aux autres
descriptions de la région !
Revenons maintenant aux
faisceaux tronqués et au virage mentionné par
André Boutloup...
C'est dans
Lumières dans la nuit que l'on trouve une
description de la première phase de son observation :
Soudain, M. A.B. (c'est le technicien en aéronautique) voit, dans une
direction comprise entre le sud-ouest et le sud-sud-ouest, un objet qui
porte plusieurs sources lumineuses et qui se rapproche très
vite, non pas comme s'il fondait directement sur les témoins,
mais plutôt comme s'il allait passer un peu sur leur droite.
M. A.B. estime son angle de descente à environ 15°.
Un instant après le début de cette première phase,
deux « projecteurs », d'un jaune clair, s'allument sous la chose. Avec
deux autres sources lumineuses également jaunes, situées
plus haut, ils dessinent à peu près un trapèze,
dont la base supérieure est plus grande. Ces deux projecteurs
émettent des faisceaux coniques (jaunes également),
orientés vers le bas, de très faible ouverture (quelques
degrés seulement), c'est-à-dire presque cylindriques.
Leurs extrémités sont coupées net, mais leur
caractère étrange ne se limite pas là., car M. A.B.,
pour les décrire, parle de « lumière inerte », et
garde l'impression « d'une tache de lumière,
plutôt qu'un éclairage ».
À gauche, donc sur le flanc droit de
la chose (puisqu'elle est vue presque de face), il distingue une
rangée de « hublots », jaunes eux aussi. Il les voit
à peu près comme des carrés et, supposant qu'il s'agit
bien de quelque chose comme des hublots disposés sur le
côté d'un appareil, imagine que, compte tenu de la
perspective, ils devaient être plutôt rectangulaires. Il
s'écrie, à l'attention des cinq autres membres du groupe
(qui n'ont encore rien vu) : « Mais... où il va,
celui-là ? Il va se poser dans la cour ? » Au même instant, les deux
faisceaux lumineux s'inclinent, comme si l'ensemble lui-même
s'inclinait pour effectuer un virage sur sa droite.
Voilà comment on peut reconstituer ce qu'il a
observé dans cette « première phase »
d'après sa description dans
LDLN :
Et maintenant, voici à peu près comment devait se
présenter la rentrée atmosphérique en approche vue
depuis la région parisienne :
Notons que la description d'André Boutloup dans
LDLN
est manifestement très idéalisée : dans son
témoignage à la gendarmerie seulement deux jours
après son observation, il ne parlait aucunement d'une
rangée de hublots carrés parfaitement alignés,
plutôt de lumières rouges ressemblant à des feux de
position, et il n'était même pas question que les faisceaux
des « puissants projecteurs » aient été
« coupés net »... Par contre, la description dans ce
PV est très vague, et synthétise les deux phases de
son observation. Gardons donc la description de
LDLN dans ses grandes
lignes, et remarquons qu'elle présente d'importantes
similitudes avec la rentrée atmosphérique,
mais avec un sens de déplacement inversé !
Alors, mon sentiment est que
ce premier témoin s'est trompé sur le sens de
déplacement de l'objet pendant les toutes premières
secondes de son observation, et que cela explique en même
temps les deux grosses anomalies de son témoignage :
Ce sont les traînées d'air ionisé de la rentrée qu'il a
prises pour des faisceaux verticaux tronqués, dont la
description de « lumière inerte » est du
reste assez proche de la réalité. Voyant que ces
« faisceaux » s'inclinaient peu à peu
alors que l'objet approchait, il a cru que celui-ci amorçait un virage à
droite... Il a dû perdre l'objet des yeux quelques instants alors qu'il
attirait l'attention de ses amis en allant vers eux, et ensuite il lui a rendu
son véritable sens de déplacement. Incapable de comprendre qu'il
avait fait une erreur d'appréciation, il a pensé que
l'objet avait achevé son virage, que des traînées arrière
étaient apparues, et que les faisceaux avant étaient
masqués par les arbres.
On sait que ce témoin se
trouvait à l'écart des autres, du fait qu'il venait de
garer sa voiture : il était excité par son observation,
c'était le seul parmi les six à se
déplacer, la rentrée atmosphérique se
déplaçait lentement alors qu'elle était vue en approche,
la méprise est tout à fait compréhensible.
Et voilà comment une simple erreur
d'appréciation mineure d'un des témoins parmi les
six transforme une parfaite description de la rentrée
atmosphérique en un énorme ovni !
Et notons en tout cas qu'un seul témoin a vu le « virage »,
Mesnard ment donc tout simplement lorsqu'il écrit que
les manoeuvres
effectuées par le phénomène sous les yeux de ces témoins
permettent d'écarter toute tentative d'explication par la
rentrée de l'engin soviétique dans l'atmosphère !
Au fait, n'était-il pas question d'un deuxième virage ?
Oui, c'est la « troisième phase » de l'observation
décrite dans
Lumières dans la nuit.
Et cela s'appuie uniquement sur le fait qu'un septième participant (ou
sixième, nous avons vu que d'après le PV de gendarmerie
le groupe initial se composait de cinq personnes), Janine Charmont,
n'était pas encore arrivée et avait vu en voiture l'objet
qui s'éloignait, « de dos »... Puisqu'elle a vu
« de dos » un ensemble de lumières porté par
une « masse sombre », c'est que l'engin avait tourné,
évident non ? Je vous laisse apprécier la valeur
de cette déduction, sachant en outre que ce témoin
ajouté pour fabriquer un virage n'a parlé de son
observation qu'après plusieurs mois, comme nous l'apprend
Greslé dans son livre !
Le deuxième virage n'existe donc pas, Mesnard
n'en parle d'ailleurs plus, mais il continue par contre à faire état
d'une « remontée »
finale tout aussi imaginaire : aucun des témoins réunis
ne mentionne rien de tel, c'est encore Janine Charmont,
qui se déplaçait en automobile lors de son
observation et qui n'a témoigné qu'après plusieurs
mois, qui mentionne cette autre étrangeté.
Mais le nombre de témoins de cette
observation ne cesse d'augmenter, puisque nous avons vu que dans sa
carte de « trente exemples flagrants » Mesnard
mentionne huit témoins. J'avais résumé cela
ainsi :
De son côté, l'enquêteur Joël Mesnard
prétend dans un résumé récent que huit
témoins (six en réalité... Le septième a
été rajouté pour fabriquer un virage, et le
huitième dans la dernière version pour donner encore plus
de poids à l'observation) ont observé une structure
métallique comparée à un pont métallique
illuminé plonger vers le sol, redresser puis remonter et
disparaître.
Ayant appris qu'un « olibrius » avait
écrit cela, il s'en est expliqué dans une
conférence donnée lors des rencontres de
Châlons en Champagne.
Les deux témoins ajoutés ont été trouvés et
interrogés par Jean-Gabriel Greslé, ils ne sont pas
imaginaires. Notons d'abord que si ce sont deux nouveaux témoins
qui ont été trouvés, ça devrait faire un
total de neuf et pas huit ! Mesnard a-t-il donc
renoncé entre-temps à celui qui lui permettait
d'ajouter un virage final que personne n'avait jamais
observé, pas plus que la remontée ? Il persistait poutant
lors de cette même conférence à prétendre que l'engin vu
à Gretz a fait deux « angles très marqués
» !
Ces deux nouveaux témoins étaient donc situés
ailleurs, pour quelle raison Mesnard a-t-il choisi de les associer
à l'observation du groupe de six, eux et pas les 400 autres
témoins qu'il connaît ? Question de proximité sans
doute, mais proximité ou pas on sait qu'une rentrée
atmosphérique passait dans le ciel, bien visible... On est libre
d'imaginer qu'il y avait AUSSI des ovnis, mais alors avant d'associer
des groupes indépendants de témoins il faudrait chercher
à savoir s'ils ont observé le même objet !
Ces deux témoins, Jean-Gabriel Greslé qui les a retrouvés
en parle dans son livre, on sera peut-être
éclairés... Ils se trouvaient à Presles-en-Brie,
à 2,1 km au sud de l'autre groupe. On connaît même
leur nom, Serge Jacob et son fils Cédric, depuis qu'ils ont
participé à une émission de la
série
Mystères en avril 1993.
Il n'y a rien dans le livre sur ce qu'ils ont
observé, mais juste quelques considérations
géométriques :
OBSERVATION DE GRETZ-ARMAINVILLIERS (groupe 1)
Calculs
altitude du phénomène (centre des nuages) 400 m env.
hauteur au-dessus de l'horizon 30° env.
distance observateurs-phénomène = 400 m x 2 = 800 m env.
épaisseur apparente = 6° épaisseur réelle = 80 m env.
longueur = 5 fois l'épaisseur soit 80 m x 5 = 400 m env.
faisceaux horizontaux de lumière # 2 fois 1/2 la longueur = 1000 m env.
vitesse estimée :
défilement de 45° (soit 800 m environ) si en 20 secondes V = 2.400 m/min.
soit, 2,4 x 60 = 144 km/h
si défilement en 15 secondes V = 3.200 m/min. = 192 km/h
vitesse estimée comprise entre 140 et 200 km/h
OBSERVATION DE PRESLES-EN-BRIE (groupe 3)
Épaisseur apparente = 2° env. épaisseur calculée = 80 m env.
distance # 80 m x tg 2° = 2.800 m env. (recoupe correctement l'observation du groupe 2).
distance horizontale = 2.800 m cos 10° = 2800 x 0,99 = 2.700 m env.
altitude approximative = 2.800 m sin 10° = 2800 x 0,16 = 450 m env.
OBSERVATION DE GRETZ-ARMAINVILLIERS
Trajet de l'objet inconnu
Apparemment ça signifie que les témoins donnaient à l'objet
une épaisseur apparente de 2°, et qu'en supposant qu'il
avait une épaisseur réelle de 80 m calculée
d'après les estimations de Greslé concernant sa propre
observation, sa distance était de 2800 m, ce qui serait à
peu près correct si l'objet était passé entre les
deux groupes de témoins comme le suppose Greslé sur un
plan... Un peu exagéré tout de même puisque
d'après le plan la distance entre les deux groupes de
témoins est de 2300 m environ. Mais cela suppose aussi que
les deux nouveaux témoins
aient vu l'objet passer au nord, et pas au sud comme la rentrée
atmosphérique, ce qui n'est pas précisé.
Et Greslé continue en expliquant que ces témoins ont vu
l'objet passer à 10° au-dessus de l'horizon, et trouve avec
la distance précédemment calculée que l'altitude
était d'environ 450 m, très proche de celle de 400 m
qu'il avait lui-même estimée d'après la hauteur du
nuage dans lequel l'objet avait disparu (dans l'hypothèse de la
rentrée atmosphérique, remplacez simplement par
« derrière lequel », comme André Boutloup l'a du
reste mentionné).
L'accord est certes très bon, à condition là encore de
considérer que les témoins ont observé l'objet en
direction du nord... On se demande donc pourquoi Greslé ne le
précise pas, d'autant que Mesnard ne manque pas une occasion
d'associer des témoins proches ayant fait leur observation dans
des directions opposées afin d'en dés;duire l'altitude et le trajet suivi
par l'objet (nous en avons vu quelques exemples) !
On dispose aussi au sujet de ce deuxième site d'observation
la suite de l'émission
Mystères
déjà citée :
À cinq kilomètres, Serge Jacob et son fils Cédric
vont eux aussi au même instant voir passer un engin
mystérieux au-dessus d'eux...
Cédric Jacob : « J'ai vu deux
lumières qui étaient assez écartées, qui se
déplaçaient parallèlement, et j'avais l'impression
qu'il y avait quelque chose entre ces lumières, une masse
sombre, et ça me paraissait assez grand. »
Serge Jacob : « Et ce qui m'a le plus impressionné
c'était les points lumineux, si vous voulez. Ça faisait
un genre de triangle très éclairé aux
extrémités, au centre ça faisait des
lumières un petit peu tamisées, et j'avais l'impression
qu'en dessous il y avait aussi des lumières qui
éclairaient. »
Notez bien qu'il est dit que ce
deuxième site d'observation se situe à 5 km du
premier,
alors que nous avons vu que d'après le plan de Greslé
ça serait seulement 2,3 km. On ne trouve d'ailleurs aucune
maison semblable à celle que l'on voit dans la reconstitution
à la position indiquée par Greslé sur
le plan.
On voit aussi dans cette émission que l'objet qui passe dans la
reconstitution se déplace de gauche à droite, donc
à l'inverse de celui de la rentrée :
Mais par contre les témoins ne
fournissent aucune indication à ce sujet... Et je me méfie des
reconstitutions journalistiques, d'autant que la forme de l'objet correspond plus ici
à la reconstitution fantasmée (les faisceaux
tronqués verticaux !) de l'objet vu par le groupe de
Greslé qu'à la description (très vague) de ces
deux derniers témoins !
Soyons clair : s'il s'avérait que ces deux témoins ont vu
l'objet passer au nord, et qu'il ne s'agit pas d'une erreur, ça
signifierait selon toute vraisemblance qu'ils ont vu autre chose que la
rentrée atmosphérique, alors que le groupe de Greslé
a observé la rentrée ! Notons au passage que cela ne me
surprendrait pas, tant il est inhabituel que des témoins minimisent à ce
point la dimension et la hauteur sur l'horizon de la rentrée !
C'est vraiment bête, Mesnard tient peut-être là un
véritable ovni et il n'en parle pas ! Mais peut-être que
ça l'obligerait à avouer que ces témoins n'ont
été interrogés que deux ans après
l'observation et que leurs souvenirs sont très confus ? Le
fait est que comme d'habitude la date de leur témoignage n'est
pas fournie, que ce soit dans le livre de Greslé, dans
l'émission
Mystères ou par
Joël Mesnard...
Villavard (Loir-et-Cher) :
Objet de grande taille, effectue boucle autour d'un relais télé.
Deux témoins observent la rentrée atmosphérique, un autre observe probablement un hélicoptère, l'enquêteur de LDLN mixe le tout pour en faire une observation extraordinaire !
Nous avons ici plusieurs
observations, qui étaient exposées ainsi dans
LDLN
n°304 :
19 h 15, Villavard (Loir-et-Cher)
À cinquante kilomètres de là vers le
nord-nord-ouest, et une bonne dizaine de minutes plus tard, on trouve
l'une des observations les plus étranges de cette
soirée. Il est certain qu'au moins deux
phénomènes se sont montrés ce
soir-là dans le ciel de Villavard et de la
localité voisine de Houssay, probablement trois, et
peut-être même quatre. Il semble impossible de le
dire avec certitude, car lorsque deux groupes distincts de
témoins voient, à peu près au
même instant, d'étranges choses dans le ciel, les
indications qu'ils donnent, notamment sur les trajectoires, sont loin
de concorder parfaitement. Et ce qui est vrai pour les trajectoires
l'est aussi pour les descriptions. Tout cela est donc assez
embrouillé. Laissons provisoirement de
côté ce qui a été vu
à Houssay à 21 h 30, et tentons de comprendre ce
qui s'est passé dans la partie sud de Villavard vers 19 h 15
(heure sur laquelle les témoins sont d'accord), ainsi qu'une
demi-heure ou trois quarts d'heure plus tôt.
Olivier Rieffel a trouvé 6 témoins, en quatre
endroits différents :
-
M. Jean-Michel Guion, qui se trouvait sur son
tracteur (point 1 sur la carte), près du sommet de la
côte qui débouche sur le plateau (au centre de la
carte) où l'on trouve, à 1 km de là
vers l'ouest-nord-ouest, le pylone d'un relais de
télévison (point R).
-
MM. Alain Descy et Jacky
Davézé (point 2) qui roulaient en voiture sur la
route de Sasnières, vers le sud. Il faut savoir que cette
route se trouve dans la vallée où coule une
petite rivière, la Fontaine de Sasnières, qui se
jette un peu plus loin au nord dans le Gondré, un affluent
du Loir. Il existe de nombreuses grottes taillées
à flanc de coteau, de chaque côté de
cette rivière.
-
La mère et l'épouse de M. Guion,
qui se trouvaient chez elles, au lieu-dit Les Bas
Genièvres (point 3).
- Plus au sud, Mme Auger, au lieu-dit L'Epine aux
Lièvres (point 4).
Il semble probable que M. Guion d'une part, MM. Descy et
Davézé d'autre part, ont vu « la
même chose », presque en même temps. En
ce qui concerne les témoins du point 3, cela
paraît plus douteux.
Tout commence lorsque M. Guion, dans son tracteur, voit arriver du
sud-est une masse sombre, ovale, portant plusieurs lumières
clignotantes (rouges, notamment). C'est très gros, c'est
très bas, et ça vient droit sur lui. Si c'est un
avion, il va sûrement s'écraser ! M. Guion,
instinctivement, rentre la tête dans les
épaules... Mais il n'y a ni choc, ni bruit, et il voit la
chose s'éloigner vers le nord, puis amorcer un virage sur la
gauche, en direction du relais de télévision,
revenir lentement, couper la trajectoire d'arrivée (au sud
du point 1), et s'éloigner vers l'est... Le moteur du
tracteur n'a pas cessé de tourner. L'observation a
duré deux bonnes minutes.
C'est probablement lorsque la chose recoupe sa trajectoire
qu'à cinq cents mètres de là, MM. Descy
et Davézé la voient arriver sur leur
droite. C'est immense, gigantesque : une sorte de boomerang curviligne
pouvant mesurer 250 m d'envergure ! Il porte diverses
lumières et laisse des traînées
derrière lui. Aussitôt, M. Descy
s'arrête, et coupe le moteur : on n'entend aucun bruit.
Nous avons tous (témoins compris) découvert, lors
de l'enquête sur place, que MM. Descy et
Davézé, en fait, n'avaient pas eu
tout-à-fait la même perception de l'objet : pour
M. Descy, aucun doute : le « boomerang »
était situé dans un plan vertical, tandis que son
ami le croyait horizontal. Et M. Descy d'expliquer que, vertical ou
horizontal, un boomerang offre la même silhouette. C'est vrai
si la direction du regard fait un angle de 45° avec
l'horizontale, et au moment où il se trouve juste devant les
témoins, quand il leur coupe la route. Il est probable que
c'est M. Descy qui a eu la vision la plus précise de
l'objet, notamment lorsqu'il s'est éloigné : en
effet, lorsqu'il a compris qu'ils avaient affaire à quelque
chose d'extraordinaire, il s'est précipité sur
son appareil photo, qui se trouvait à l'arrière
de la voiture et qui était chargé d'une pellicule
couleur papier de 200 ASA. Il s'agit d'un autofocus muni d'un zoom.
M. Descy a zoomé au maximum, et il a pris plusieurs
clichés de l'objet qui s'éloignait, remplissant
encore tout le champ de l'objectif, quelques secondes avant de
disparaître derrière le relief.
Pour diverses raisons, il faut absolument s'interdire de fantasmer sur
ces clichés : ils sont, pour longtemps sans doute,
« indisponibles »,
aussi indisponibles qu'un document puisse l'être... Ce qui, d'ailleurs,
ne prouve pas que leur intérêt soit aussi colossal que le boomerang
lui-même : les photos prises de nuit (même avec du 200 ASA, ce qui est
un peu léger) sont rarement excellentes. Chacun peut en faire
l'expérience. Il peut même photographier des sources lumineuses
ordinaires, et apprécier le résultat. Lorsque ces sources sont en
mouvement, cela n'arrange rien. Peu importe, oublions ces clichés. Leur
principal intérêt, pour nous, réside dans le fait que M. Descy a suivi
l'éloignement de l'objet dans son viseur. Il a ainsi pu voir la forme
que présentait le « boomerang », vu de derrière, et c'est en
connaissance de cause qu'il affirme que l'objet se trouvait en position verticale.
C'est également à 19 h 15, ou vers 19 h 15,
qu'à la ferme Les Bas Genièvres,
l'épouse et la mère de M. Guion entendirent
« un fort grondement qui résonnait dans les
cavernes ». Levant les yeux, elles virent une masse de forme
générale ovale, mais sans bords nets, avec un
unique feu rouge clignotant. La chose était visible vers
l'ouest, mais semble-t-il très près, et se
déplaçait approximativement du nord vers le sud.
Elle disparut en direction du champ que labourait M. Guion.
Il est naturel de tenter un recoupement entre cette observation et la
précédente, mais la description n'est pas la
même que celle que donnent MM. Descy et
Davézé, et on voit mal comment la trajectoire
décrite à l'ouest des Bas Genièvres
pourrait s'intégrer dans la boucle dont parle M. Guion.
Seule hypothèse envisageable : la chose aurait
décrit une très large boucle autour du relais de
télévision, et les deux dames de la ferme
l'auraient vue au moment où elle venait de faire demi-tour
pour repartir en direction de Blois, puis de l'est. Mais cette
hypothèse n'est pas vraiment convaincante, à
cause de cette lumière unique, et parce que les deux femmes
insistent sur le fait que cela venait du nord, et que c'est
passé tout près, au-dessus de la vallée.
Finalement, pourquoi éprouvons-nous ce besoin de chercher
à unifier les observations faites aux points 1, 2 et 3, de
trouver une trajectoire unique ? C'est parce qu'un seul ovni nous
paraît moins choquant, moins invraisemblable que deux ou
trois, tout simplement ! Mais aucune rationalité ne justifie
ce réflexe d'économie. Tout, au contraire,
indique que plusieurs « choses » se sont
montrées dans les parages, ce soir-là. Il y a le
cas de Houssay, signalé plus haut, et qui s'est
déroulé à 21 h 30, mais ce n'est pas
tout : au point 4, nous trouvons une observation faite nettement avant
les autres !
En effet, au lieu-dit L'Epine aux Lièvres, Mme Auger est
affirmative : cela s'est passé vers 18 h 30, à
18 h 45 au plus tard. Comment en est-elle si sûre ? Parce que
cela correspondait à l'heure à laquelle elle
rentre ses dindons, ce qu'en cette saison elle fait
régulièreent à six heures et demie.
Qu'a-t-elle vu ? Elle a assisté au passage lent, au sud de
sa ferme et approximativement d'ouest en est, d'une masse sombre assez
indistincte, vaguement « ovale », portant des
lumières : il y avait de l'orange, et peut-être du
rouge. La chose ne faisait aucun bruit.
Nous avons été tentés
d'interpréter ce passage en direction de l'est comme
étant celui du phénomène vu par MM. Descy
et Davézé (ainsi que, probablement, M. Guion).
Finalement, nous préférons y renoncer,
pour quatre raisons :
-
La différence d'heure, qui n'est pas
négligeable.
-
La différence de description :
lorsqu'on lui montre les croquis faits par M. Descy, Mme Auger ne
reconnaît pas la chose qui est passée devant chez
elle.
-
Le fait que M. Descy ne croit pas que ce qu'il a
vu ait pu se trouver si loin devant la voiture. Son estimation de
l'envergure du boomerang (250 m) est fondée sur
l'hypothèse d'une distance bien moindre. Si la chose
s'était trouvée plus loin que l'Epine aux
Lièvres, ses dimensions auraient dû être
monstrueuses.
-
Enfin, il reste l'affaire de Houssay, qui s'est
passée à deux kilomètres de
là, plus de deux heures après. Alors, si deux
ovnis sont passés par là ce soir-là,
pourquoi pas trois ? Pourquoi pas quatre ?
Ah oui quatre ovnis on veut bien, mais surtout aucune rentrée atmosphérique !
Abordons au passage le cas de Houssay, mentionné plusieurs fois dans cette
enquête... Curieusement, on n'en parlera plus dans
LDLN, et Joël Mesnard n'y fait
pas référence dans son dossier lorsqu'il cite les observations faites à
une heure différente de celle de la rentrée... À croire que ce cas s'est
dégonflé, et que Mesnard préfère l'oublier !
Mais on trouve la partie de l'enquête d'Olivier Rieffel se rapportant à cette
observation dans le livre de Franck Marie (
OVNI Contact, p. 104) :
Vers 19 h 00, le témoin aperçoit une
curieuse lumière rouge. Il rentre chez lui, dîne,
et regarde la télévision. Pendant le film, lors
de la pose publicitaire, il va fermer les volets. Il
découvre, en direction de son ESE, 4 énormes
boules de lumière avec une autre plus petite au centre. Il
évalue l'altitude de l'ensemble à 300 mètres
au maximum. Cela ne bouge pas et ne fait aucun bruit.
Plusieurs particules de lumière, plus petites, semblent
danser autour de cet ensemble de cinq boules.
Note : n'accordez pas trop d'importance au dessin, qui n'est
comme d'habitude qu'une interprétation par Franck Marie des
données du témoignage.
La « curieuse lumière rouge » vue
à 19 h, c'est vraisemblablement la rentrée
atmosphérique s'éloignant... Et on peut imaginer
que ce témoin sensibilité par cette
première observation s'est laissé abuser vers 21 h 30
par une observation banale... Il se trouve qu'à cette
heure-là vers l'est, on pouvait voir dans
une portion du ciel assez étroite un grand rassemblement
d'astres brillants : la Lune, Mars, Aldebaran et Capella... Et
peut-être aussi Betelgeuse au ras de l'horizon... On peut
supposer que le témoin n'aurait pas assimilé la lune aux les autres
« boules de lumière »... Les autres
astres sont disposés irrégulièrement sur les
côtés d'un triangle, et pas loin du centre de ce triangle
(un peu au-dessus de la Lune)
se trouve Beta Tauri, moins brillante...
Voilà probablement ce qui constitue les grosses
« boules de lumière »... Quant aux
« particules dansant autour de ces cinq boules », s'agit-il des
étoiles plus petites scintillant beaucoup bas sur l'horizon,
d'insectes éclairés par la lumière ? Difficile
à dire en l'absence d'une enquête digne de ce nom, mais
peut-être que Mesnard daignera un jour expliquer ce qu'il
pense de cete observation et pourquoi il l'a totalement occultée
après cette première mention...
Revenons aux autres observations de la région de Villavard... Il
n'est pas dit comme d'habitude quand les témoins ont
été entendus pour l'enquête de
LDLN. C'est
probablement de l'ordre d'un mois après l'observation...
Mais on trouve aussi les dépositions des trois principaux
témoins à la gendarmerie sur
le site du GEIPAN, sous la référence 90307316.
Les témoignages de M. et Mme Guion datent de plus d'un mois après
l'observation, mais celui d'Alain Descy a été fait
dès le lendemain.
PLAN DE SITUATION — PLAN DES TRAJECTOIRES APERCUES DES O.V.N.I.
Déposition de M. Alain Descy, ouvrier, le 6 novembre 1990 :
Le 05 novembre 1990, vers 19 heures 15, alors que je me trouvais à
bord de mon véhicule et circulais entre Villavard et
Sasnières, j'ai aperçu dans le ciel un objet en forme de
boomerang qui se dirigeait vers ?? .
Il faisait nuit.
Celui-ci avait une envergure de 200 à 300 mètres et se
déplaçait à une altitude de 500 à 1000 mètres.
Je vous remets un croquis de cet objet volant, tel que j'ai pu le voir,
ainsi que des différents points lumineux.
Des lumières jaunes et blanches étaient situées aux
extrémités de ce « boomerang ». Au centre se
trouvait un point rouge clignotant..
À l'arrière, il y avait quatre panaches blancs à intervalles réguliers
d'une longueur représentant la moité de l'appareil.
Je précise que lorsque j'ai vu cet objet, le ciel était clair. Il y avait la pleine lune.
Aucun nuage n'était présent et la visibilité était bonne.
À son passage, il n'y avait aucun bruit. Sa trajectoire
était parallèle à la terre. Sa vitesse
était à peu près celle d'un avion de
tourisme. Je l'ai vu pendant environ une minute.
Durant ce laps de temps, je l'ai photographié. Je vous remets les négatifs.

Déposition de Jean-Michel Guion, agriculteur, le 13 décembre 1990 :
Le 05 novembre 1990, aux environs de 19 heures ou 19 heures 15, je me
trouvais au lieu dit ?? à quelques centaines de mètres de
mon habitation. Je me trouvais à bord de mon tracteur.
La nuit était tombée, peu de nuages encombraient le ciel.
C'était la pleine lune, la visibilité était
bonne, il n'y avait pas de vent, tout était calme.
J'ai vu apparaître un gros objet lumineux dans le ciel, volant
à basse altitude, je ne peux pas préciser
l'altitude de cet objet. Ce phénomène venait de la
forêt de ?? , il se déplaçait très
lentement, il est passé à trente mètres de moi.
Il a pris la direction de ?? , au bour de mon champ à
200 mètres, il a tourné à gauche en direction du
relais radio de ?? , il a fait une boucle autour de l'antenne et
est revenu sur moi. Il est, par la suite, reparti vers ?? . Je
l'ai perdu de vue par la suite. Je pense que je l'ai vu
pendant 2 minutes.
Cet objet était de couleur sombre
(noire), il était de grande dimension, je pense qu'il
faisait 40 mètres de longueur. Je ne peux préciser la
hauteur.
Il avait une forme ovale et longue, rappelant la silhouette d'un ballon de rugby.
Plusieurs points lumineux étaient présents. Sur les deux
extrémités, des lumières rouges et jaunes
étaient situées. Les lumières rouges clignotaient
et les jaunes étaient fixes. Je pense qu'il y avait
environ 7 à 8 lumières à chaque
extrémité.
Sur le milieu de l'objet,
j'ai remarqué également des lumières au
nombre approximatif de 15, coloris rouge et jaune. Les lumières
rouges clignotaient également et les jaunes non.
Me trouvant dans la cabine de mon tracteur, je n'ai rien entendu. La
radio de bord ainsi que mes éclairages n'ont subi aucune
avarie au moment du passage de l'objet.
L'objet ne brillait pas, il n'a pas atterri et était seul.
Je précise que ce n'était pas un avion, je ne peux déterminer l'origine de cet objet.
Déposition de Mme Pierrette Boulay , agricultrice,
le 13 décembre 1990 :
Le 05 novembre 1990, vers 19 H 15, alors que je me trouvais dans la cour de
la ferme, j'ai aperçu dans le ciel, un objet lumineux
ovale qui se déplaçait au-dessus de notre
propriété.
Il faisait nuit. Il n'y avait
aucun vent et il ne pleuvait pas. L'engin venait de la commune de
?? et se dirigeait sur ?? .
Au milieu de l'objet se trouvait un point rouge clignotant. Le faisceau était
très vif et puissant. L'engin se déplaçait
très lentement. Je l'ai vu durant environ une minute.
Il avait une longueur de quinze à vingt mètres.
J'ignore totalement à quelle altitude il volait. Il m'a paru assez bas.
Je vous précise que le point rouge était de forme ronde. Au
centre de ce point, j'ai distingué une sorte de tube blanc.
Habitant près d'un coteau, j'ai, au passage de l'objet,
entendu un énorme ronflement ressemblant au bruit d'un moteur de camion.
L'objet était de couleur sombre. Il m'a fait penser à
un énorme ballon dirigeable.
On trouve encore les témoignages relatifs à Villavard,
avec des commentaires de l'ex-chef de l'ex-SEPRA que je ne
résiste pas à retranscrire aussi, dans l'émission
d'
Arte consacrée aux ovnis le 17 mars 1996 :
Alain Descy : On voulait faire un peu une petite farce à un ami dans
une cave, enfin une personne qu'on connaît, et puis donc on s'est
amusé à... on est rentrés dans cette cave, et puis
on a fait des schémas, des traces avec un cercle, des petites
vagues, un petit triangle et tout ça, et puis nous on faisait
ça sympa quoi, pour ... en s'amusant, en déconnant un peu, en
se disant tiens...
Jacky Davézé : Pour simuler un passage mystique, quoi.
Descy : Oui un peu dans ce goût-là quoi... Dans l'esprit
c'était de dire il va croire que si ça se trouve
ça va être des extraterrestres qui vont descendre
là-dedans, c'est une idée géniale...
Davézé : On a repris notre véhicule, pour prendre la toute petite route
qui est encaissée entre ces deux coteaux... Et 500 mètres
plus loin, grosse surprise, un objet, un phénomène
très éclairé nous est apparu sur la droite...
C'était impressionnant.
Descy : C'était impressionnant. Bon, c'est un vaisseau qui était immense, comme
un supermarché quoi, la grosseur d'un supermarché,
et puis d'aileurs j'en ai fait des croquis, j'ai pris à peu
près sept photos, et le triangle, bon, il était vertical,
et il partait en direction donc de Blois à peu près quoi.
Davézé : Bon c'est vrai que dans ces cas-là on se pose la question, on
se dit bon pince-moi là, on rêve ou pas ? Alors
ça passait pas très vite, moi j'ai calculé
à peu près vingt secondes, c'était très
bas, on évalue en moyenne une centaine de mètres de
hauteur, bon mais ça c'est...
Descy : Et derrière
il y avait quatre grosses traînées blanches mais
très régulières qui suivaient, des filets comme
ça, et y avait pas de bruit, mais pas un seul bruit. De
voir un truc comme ça au-dessus de notre tête qui avance,
pas un bruit... C'est, bon, moi je me suis posé la question...
Davézé : De là on a eu immédiatement le réflexe de dire
on va pas passer pour des cons, on va immédiatement
téléphoner aux gendarmeries qui sont sur la trajectoire
de cet engin, afin qu'eux puissent aussi confirmer ce que l'on a vu
nous...
Descy : On a téléphoné à
d'autres. Et puis après on a téléponé
à...
Davézé : À la tour de contrôle
de la base aérienne de Tours. Et là ils nous ont
rassuré, parce qu'ils nous ont dit bon ben vous n'êtes pas
les premiers à nous téléphoner, nous on capte rien
sur les radars et effectivement il y a un phénomène
visuel de la part de nombreuses personnes qui nous ont
communiqué leur témoignage. Alors là on s'est dit
bon ça va on n'est pas les seuls dans le coup et on va enfin
pouvoir en parler. Parce que le lendemain quand on a commencé
aussi à parler de ce que l'on avait vu le soir-même, eh
bien effectivement il y a d'autres gens qui ont vu ce
phénomène mais qui n'en parlaient pas non plus, parce que
en parler à qui, comment ?
Commentateur : En France, c'est le SEPRA, Service
d'expertise des phénomènes de rentrées
atmosphériques, qui est officiellement chargé de
répertorier les cas d'observations d'objets volants non
identifiés, les ovnis.
Jean-Jacques Velasco : C'est vrai
qu'on a beaucoup polémiqué au sujet de ces fameux
événements du 5 novembre 1990. En fait, lorsqu'il s'est
produit, il a été observé par, je dirais presque
des dizaines de milliers d'observateurs. Nous avons recueilli de
façon officielle de l'ordre de 250 procès-verbaux de
gendarmerie et une vingtaine de témoignages de pilotes de
l'armée de l'air et civils qui ont observé directement le
phénomène, ainsi que deux documents, un document
photographique et un document vidéo, qui nous ont permis de
pouvoir valider le contenu de l'information. Certaines personnes ont
cru discerner au travers de ces points lumineux triangulaires qui
balayaient le ciel qu'il s'agissait d'un immense vaisseau, en fait il
s'agissait simplement des débris d'un troisième
étage de satellite, qui avaient la même vitesse et qui
brûlaient dans l'atmosphère.
Commentateur : Cette rentrée se serait effectuée sur un axe Pau-Strasbourg.
Commentateur : Mais des témoins maintiennent avoir vu une masse.
Un témoin : Quand ça a passé j'ai bien vu que
c'était une masse parce que c'était noir, ça
a caché les étoiles et les phares étaient
allumés en dessous.
Commentateur : Selon l'observatoire
de Munich, il se serait agi de l'explosion d'un météorite
rentrant dans l'atmosphère.
Le responsable de cet observatoire : S'il s'agissait d'éléments avion type
éléments de fusée retombant très bas, les
deux centres de contrôle aérien de la région
parisienne auraient eu des échos sur leurs radars, ils ont
précisé qu'ils n'en avaient pas eu en même temps
qu'ils avaient l'observation en visuel.
Commentateur : Pour
l'ufologue Jean Sider, une double vérification auprès de
l'armée américaine permet d'affirmer qu'il s'agissait de
la rentrée d'un satellite, pas d'un troisième
étage de fusée soviétique [au sujet de cette contribution de Jean Sider au mythe voir
ici toutes les explications]
. Toujours est-il qu'on
n'a retrouvé aucune trace au point de chute supposé.
Jean-Jacques Velasco : Oui, nous sommes sûrs qu'il s'agissait bien de la
rentrée d'un troisième étage de satellite. Ce qui
ne veut pas dire par ailleurs que parallèlement quelques
personnes aient pu observer d'autres phénomènes, mais qui
ne sont pas du tout en rapport avec l'événement que nous
avons pu analyser.
Descy : À la hauteur où c'est passé là...
Davézé : Non c'est pas possible.
Descy : Si c'était à dix, quinze ou vingt kilomètres
d'altitude ou même à cinq kilomètres d'altitude,
j'aurais pas pu le zoomer et le prendre dans mon objectif complet,
j'aurais pas pu le prendre en photo.
Davézé : En
plus ce soir-là le ciel n'était pas clair, il y avait des
nuages, donc si ç'avait été à haute
altitude on l'aurait jamais vu, ç'aurait été
au-dessus de la couche des nuages, donc ça n'a rien à
voir avec tout ça.
Commentateur : Ce n'était
déjà pas simple, mais l'affaire se complique : à cinq
cents mètres du lieu où Alain Descy et Jacky
Davézé ont vu leur ovni, un cultivateur labourait son
champ.
Jean-Michel Guion : Ben vers sept heures sept heures
et quart j'ai vu un gros appareil passer au-dessus du tracteur,
au-dessus de moi là, et il était lumineux, il a fait un
tour jusqu'à l'antenne, et il est revenu après il est
repassé encore au-dessus de moi et il est reparti au-dessus du
bois.
Commentateur : Et c'était comment,
c'était triangulaire, ou long, un tube, ou...
Guion : Ovale un peu. Ovale.
Commentateur : Et ça faisait du bruit ?
Guion : Je ne sais pas parce que j'avais le tracteur, il était en marche.
Commentateur : Donc il s'est pas arrêté le tracteur ?
Guion : Non, pas du tout.
Commentateur : Et c'était haut ?
Guion : Pas trop... Pas trop, non.
Commentateur : Ça allait vite ?
Guion : Je sais pas moi, ça allait quoi,
peut-être à vingt, trente à l'heure...
Commentateur : Pas plus ?
Guion : Ah non, ah non non, ça allait tout... Ah oui je le suivais bien hein...
Commentateur : Et c'était grand comment ?
Guion : Peut-être cinq... sept à dix mètres de long environ. Lumineux.
Commentateur : Beaucoup de lumières ou pas beaucoup ?
Guion : Oh il y avait pas mal de lumières autour.
Commentateur : Autour ?
Guion : Oui autour.
Commentateur : De couleurs différentes ou pas ?
Guion : Non. Non, non, elles étaient... Moi je les ai vues toutes de
la même couleur, quand c'est qu'il a passé au-dessus de
moi là.
Commentateur : Et tout ça ça
a pris combien de temps à peu près ?
Guion : Oh au moins sept minutes facile... Ah oui comme il allait pas si vite donc...
De cinq à sept minutes.
Commentateur :
-
Reportée sur la carte d'état-major, voici selon Monsieur Guion la
trajectoire de l'engin (en rouge). Il arrive du sud-est et repart de même, vers Blois.
-
L'observation de Messieurs Descy
et Davézé peut confirmer la direction
générale, vers Blois (en jaune).
-
Mais un autre témoin, Madame Pierrette Boulay, a vu à la
même heure l'engin arriver du nord et filer plein sud (en vert).
-
Par ailleurs, d'autres témoins ont vu à 18 h 30 pour l'un,
à 21 h 30 pour un autre, d'autres trajectoires (en bleu).
Commentateur : À l'évidence, la version officielle
n'est pas confirmée par ces témoins qui ne cachent pas
leur scepticisme, quant à la volonté des scientifiques de
faire la lumière.
Notons d'abord que les négatifs des photos prises par M. Descy lui ont
été restitués, comme lui-même me l'a
confirmé par téléphone. Ils sont «voilés »,
mais je n'ai pas pu savoir si ça voulait
dire trop exposés ou trop peu... Le procès-verbal de
gendarmerie précise :
Les « négatifs
photographiques » que nous a remis Monsieur Descy lui ont
été restitués. Monsieur Descy ayant
photographié l'objet rapidement, ces négatifs se
sont avérés inexploitables en raison de
l'éloignement de l'engin. Aucun élément du relief ou de l'objet n'est
perceptible sur ces négatifs voilés.
Je ne sais pas s'il y a là quelque chose d'anormal comme le
pense Descy, et peut-être qu'il y aurait quelque chose à
tirer malgré tout de ces négatifs s'il les retrouvait, en
attendant on peut les oublier.
Nous avons donc à Villavard quatre observations différentes :
1) Alain Descy et Jacky Davézé ont
observé vers 19 h 15 une sorte d'immense
« boomerang » traversant le ciel d'ouest en est. Alain Descy, qui a
déposé à la gendarmerie le lendemain de son observation,
décrit l'engin comme muni d'un certain nombre
de lumières : jaunes et blanches aux extrémités,
une rouge clignotante au centre, et quatre traînées
blanches assez courtes.
Cette description évoque bien la rentrée atmosphérique,
qui dans cette région gardait encore une forme triangulaire
assez large et portait un certain nombre de traînées.
La trajectoire, rectiligne, était à peu
près celle de la rentrée, qui passait à une hauteur angulaire
de 36°. L'envergure estimée par Descy à 200 à
300 mètrres pour une altitude de l'objet de 500 à
1000 mètres correspondrait à une trentaine de
kilomètres à l'altitude de la rentrée
atmosphérique, une dimension à peine
exagérée. La vitesse était estimée à
celle d'un avion de tourisme : la rentrée atmosphérique
se déplaçant à 28 000 km/h à une altitude de
100 km, cela correspondrait à 140 à 280 km/h pour une
altitude de 500 à 1000 m, c'est tout à fait celle d'un
avion de tourisme. La durée de l'observation, estimée
à une minute, est parfaitement représentative des
observations de la rentrée atmosphérique.
Seule l'heure d'observation diffère d'un quart d'heure du
passage de la rentrée, mais on ne sait pas si les
témoins sont sûrs de cette heure... Dans sa
déposition à la gendarmerie le lendemain de
l'observation, Alain Descy indique « environ 19 h 15
», ce qui n'est pas particulièrement précis.
Bref tout porte à penser que ces témoins ont observé la
rentrée atmosphérique qu'ils ont par ailleurs
décrite très correctement.
Une explication à laquelle ils ne croient pas... Alain Descy s'en
est expliqué dans une lettre qu'il a adressée « aux
scientifiques » le 10 novembre 1990, soit seulement cinq jours
après son observation, et qui a été reprise dans
la presse :
Messieurs,
Que veut-on nous cacher ?
Dès que les scientifiques ou spécialistes n'ont aucune
explication, leur compte-rendu au journal télévisé
ou bien dans la presse est des plus facile à expliquer : c'est
un satellite soviétique, le deuxième étage
paraît-il, se promenait à 120 kilomètres d'altitude.
Ce qui explique le pourquoi : plusieurs personnes l'ont vu à
des centaines de kilomètres différents à la même
heure. Eh bien bravo ! Les opticiens n'ont plus qu'à mettre
la clef sous la porte, car de nuit observer un étage circulaire,
même en fusion, d'un diamètre qui est peut être au maximum
de dix mètres et vingt-cinq m&etres de long à de telle distance
relève d'une acuité visuelle extraordinaire. L'alimentation
des personnes doit être uniquement de carottes et de myrtilles.
Pour qui nous prend-on ! Quand en plein
jour par temps très clair, nous avons du mal à apercevoir
l'Angleterre des côtes françaises qui n'est qu'à
60 km. Je sais après tout, ce n'est qu'une toute petite île !
Nous sommes une dizaine de personnes, fermiers et cadres, ouvriers
etc..., à pouvoir témoigner et affirmer des dires qui
sont tout à fait différents ; ceux qui sont :
c'était un vaisseau de forme d'un boomerang d'environ 250
à 300 m de diamètre avec un gros clignotant rouge sur
l'avant et plusieurs projecteurs hyperpuissants de couleur, blanche et
jaune aux extrémités des ailes et en son centre, ce
vaisseau a fait un mouvement circulaire en se déplaçant
sans bruit à la vitesse d'un petit avion de tourisme, son
altitude était d'environ 300 à 500 mètres. Il
arrivait en direction de Blois, a fait un virage autour de l'antenne
relais du plateau de Villavard et reparti vers Blois. Il a
été aperçu sur tous les angles ce qui explique
qu'il ne pouvait se trouver à 120 km. Et oui messieurs les
spécialistes, vous faut-il revoir votre géométrie ?
Car à 120 km d'altitude, on ne peut apercevoir que le dessous
du vaisseau même s'il était à 5 km de hauteur.
Etant plusieurs témoins, et distants de 500 mètres
à 2 km, nous n'aurions pu l'apercevoir sous toutes ses faces, et
de plus rien à voir avec un cylindre en fusion.
Dans l'attente d'une information honnête, recevez, Messieurs les scientifiques, mes salutations.
P.S. : Les radars français n'ont rien détecté pourtant
c'était paraît-il un satellite soviétique, mais ils
ne doivent pas les construire en métal uniquement en PVC ce qui
explique cela. J'oubliais ! Les Américains l'avaient
détecté.
Encore un témoin à qui
personne n'a expliqué que ce qui a été vu n'est
pas l'étage de fusée entier, mais un ensemble de
débris résultant de l'explosion de cet étage, et
dont la luminosité totale approchait celle de la pleine lune...
Si seulement le SEPRA avait fait son travail ! En dehors de cela, il
est intéressant de faire la comparaison avec son
témoignage à la gendarmerie quatre jours plus
tôt... L'altitude estimée de l'objet a été
divisée par deux entre-temps, passant de « 500 à
1000 mètres » à « 300 à
500 mètres », sans pour autant
que l'envergure change... Et ça n'est qu'après quatre
jours ! Et puis, cinq jours après son observation, Descy est
déjà convaincu que l'objet qu'il a observé est le
même que celui qui a été vu par M. Guion, lequel a
contourné une antenne-relais...
Descy reprend l'argument
de la taille de l'étage de fusée dans l'émission
d'Arte en 1996... Sachant qu'il a entre-temps rencontré beaucoup
de monde dans le milieu ufologique, on peut s'étonner (ou pas)
que personne n'ait pu lui donner une explication au moins sur ce point
élémentaire... C'est assez édifiant !
Davézé apporte pour sa part un autre argument :
En
plus ce soir-là le ciel n'était pas clair, il y avait des
nuages, donc si ç'avait été à haute
altitude on l'aurait jamais vu, ç'aurait été
au-dessus de la couche des nuages... Mais Descy disait le lendemain de son observation :
Aucun nuage n'était présent et la visibilité était bonne.
Cela illustre bien la façon dont un témoin modifie ses
souvenirs pour confirmer ses convictions !
Enfin, Descy indiquait dans son témoignage à la gendarmerie :
Je précise que lorsque j'ai vu cet objet, le ciel était clair. Il y avait la pleine lune.
Mais en fait la lune était presque pleine, mais ne se levait
qu'à 19 h 25 à Villavard... Ça n'est certes qu'un
détail, qui montre seulement que Descy a continué
à regarder le ciel un certain temps après son observation.
2) Un peu au nord, vers 19 h 15 aussi, Madame Guion et sa mère ont eu
leur attention attirée par « un fort grondement » et ont vu un objet
sombre, ovale, portant au milieu un puissant feu rouge clignotant. L'engin, d'une longueur
estimée à 15 mètres, se déplaçait
très lentement vers le sud, à basse altitude. Il a
été vu pendant environ une minute.
Cet objet-là n'était manifestement pas la rentrée
atmosphérique... Était-ce pour autant une soucoupe volante ? Il me
semble raisonnable de supposer qu'il s'agissait d'un
hélicoptère, peut-être à la recherche
d'éventuels débris de l'engin signalé peu de temps auparavant
par des milliers de témoins et souvent assimilé à un
avion prêt à se crasher...
3) L'époux de Mme Guion,
cultivateur, se trouvait sur son tracteur en marche vers 19 h ou 19 h 15,
quand il a vu arriver sur lui, venant du sud,
« une masse sombre, ovale, portant plusieurs lumières
fixes ou clignotantes (rouges, notamment) ». L'objet est
passé à quelque 30 mètres du témoin, a
effectué une boucle autour d'un relais de
télévision à l'ouest, et s'est ensuite
éloignée vers l'est. L'observation a duré environ
deux minutes. M. Guion n'a entendu aucun bruit,
mais il se trouvait dans la cabine de son tracteur en marche avec la
radio allumée, si bien qu'il lui était difficile de
discerner un bruit : M. Guion lui-même l'a confirmé dans son interview
pour
Arte.
La longueur de l'objet était estimée à 40 mètres
dans la déposition à la gendarmerie (faite
plus d'un moins après l'observation), mais seulement 7 à
10 mètres dans l'émission pour
Arte (encore beaucoup plus
tardive). Il est assez inhabituel qu'un témoin minimise ainsi avec le temps
l'étrangeté de son observation.
Encore dans son témoignage pour
Arte, Guion estime que l'objet se
déplaçait à 20 à 30 km/h, et qu'il a suivi
l'objet pendant environ sept minutes (ça corresond à une distance de l'ordre
de 3 km, assez en accord avec la représentation de la trajectoire, environ 4 km)...
Mais dans son témoignage à la
gendarmerie la durée d'observation était estimée
à seulement deux minutes, ce qui impliquerait une vitesse de
l'ordre de 120 km/h.
Il reste maintenant à savoir à laquelle des deux autres
observations on peut rattacher celle de M. Guion...Il me semble que
sa description évoque celle de sa femme plutôt que celle
des deux automobilistes... La grande différence étant
qu'il a vu un certain nombre de lumières, mais il a vu l'objet
(l'hélicoptère donc !) de plus près. 40 m c'est un
peu gros pour un hélicoptère, mais 7 à 10 m c'est
tout à fait courant, et une vitesse de 20 à 30 km/h est
tout à fait banale pour un hélicoptère qui cherche
quelque chose (120 c'et plutôt quand il ne cherche pas)...
Mais il va sans dire que l'enquêteur Olivier Rieffel et Joël
Mesnard ont préféré associer l'observation de
Guion à celle des deux automobilistes : ces derniers ont
été promenés dans des conférences ufologiques, et le
témoignage de M. Guion ne servait qu'à attribuer au
gigantesque engin qu'ils avaient observé une trajectoire en
boucle, comme tout boomerang qui se respecte !
4) On peut dire un mot du quatrième témoin à
l'Epine aux Lièvres...
Une masse sombre assez
indistincte, vaguement « ovale », portant des
lumières : il y avait de l'orange, et peut-être du
rouge...
Ça ressemble assez peu au « boomerang » des deux
automobilistes, mais il y a bien des façons de percevoir
un ensemble de lumières plus ou moins brillantes, et cette
description évoque tout de même assez bien la
rentrée atmosphérique... Reste l'heure d'observation,
vers 18 h 30 ou au plus tard 18 h 45 d'après le témoin
qui affirme être sûre d'elle parce que c'est l'heure
à laquelle elle rentre ses dindons « en cette saison »...
Mais ce qu'on aimerait savoir et qui n'est comme
d'habitude pas dit, c'est quand son témoignage a
été rapporté... Parce que d'une part après
plusieurs semaines elle peut très bien avoir oublié qu'un
événement particulier a retardé d'une demi-heure
la rentrée des dindons, et d'autre part parce que les
agriculteurs suivent souvent l'heure solaire et que l'observation ne se
situait peut-être pas à la même
« saison » que le témoignage...
On peut d'ailleurs s'amuser avec cette dernière hypothèse...
Supposons que le 5 novembre, cette dame a rentré ses dindons
à 19 h, ce qui lui a permis d'assister au passage de la
rentrée atmosphérique... À villavard,
c'était une heure et 33 minutes après le coucher du
soleil... Cherchons maintenant avec un logiciel d'astronomie à
quelle date le soleil se couchait une heure 33 minutes avant 18 h 30,
heure à laquelle elle rentrait les dindons quand elle a
été interrogée... Réponse : vers le 10
décembre... Je parierai donc, grâce aux dindons, que c'est
à peu près à cette date qu'elle a
été interrogée par l'enquêteur ! Ceci dit,
je ne suis pas sûr de la précision de la méthode,
ça serait mieux si les dates des enquêtes étaient
indiquées dans
Lumières dans la nuit !
Si l'on résume les observations à Villavard, nous avons des
observations de la rentrée atmosphérique dont l'anomalie
la plus importante est une erreur d'un quart d'heure sur
l'heure d'observation, et des observations assez banales de ce qui
semble être un hélicoptère, explorant sans doute le
terrain un quart d'heure après que divers témoins ont
signalé ce qui leur a paru être un crash d'avion.
Vert-le-Grand (Essonne) :
Immobile au bord d'une route.
Sans doute la rentrée atmosphérique, dont la description est très déformée par un témoin un peu effrayé ayant fait son observation dans de mauvaises conditions.
Ce cas a été exposé dans
Lumières
dans la nuit n° 303 :
5 novembre 1990, Vert-le-Grand (Essonne)
Trois kilomètres plus loin [de Brétigny-sur-Orge]
,
mais 10 ou 15 minutes plus tard, nous trouvons l'une des plus
étranges observations de cette soirée, l'une de celles
qui, plus nettement encore que rue de l'Orge à Brétigny,
excluent toute possibilité d'explication par une rentrée
atmosphérique.
Vers 19 h 15 ou 19 h 20, Mme Blandine
Mariotte, venant de Bondoufle, roule sur la D 31, en direction de La
Ferté-Alais. Lorsqu'elle arrive à la hauteur de
Vert-le-Grand, elle remarque soudain qu'il y a beaucoup d'avions dans
le ciel (ce qui n'est pas rare en cette région). Elle en voit
notamment un qui porte un puissant phare blanc. Quelques secondes plus
tard, alors qu'elle arrive dans la ligne droite, elle aperçoit
des lueurs sur sa gauche, tourne la tête, et découvre,
à une trentaine de mètres d'elle peut-être, une
énorme masse sombre, de forme allongée, immobile
au-dessus du champ qui borde la route. D'une extrémité de
cette masse partent plusieurs faisceaux lumineux blancs (au moins
trois) qui découpent des ronds dae lumière dans l'herbe
du champ, à 5 ou 6 mètres du bord de la route. Une seule
des sources de lumière est visible (les autres se trouvant
probablement sur la face cachée de l'objet) : son
diamètre est de l'ordre de 20 ou 30 cm, et la surface de
l'objet, autour de cette source, a l'éclat de l'aluminium. Au
sol, les ronds de lumière ont un peu moins de 1 m de
diamètre.
Mme Mariotte ralentit, et poursuit sa route, à
faible vitesse, vers le carrefour à cinq routes qui se trouve
300 m plus loin. Des voitures la croisent, d'autres la doublent, et
elle se demande comment il peut se faire que les autres automobilistes,
apparemment, ne remarquent rien. Du coin de l'oeil, sur sa gauche, elle
continue à observer le phénomène, qui semble
l'accompagner.
Lorsqu'elle arrive au carrefour, elle remarque une voiture
arrêtée, et deux personnes (un homme et une femme), qui
certainement observent le phénomène. Elle décide
pourtant de ne pas s'arrêter, mais au contraire
accélère, pour rentrer chez elle afin de ramener au plus
vite son mari. C'est ce qu'elle fait, mais lorsqu'ils arrivent de
nouveau sur les lieux, vers 19 h 40, la chose n'est plus là, et
la voiture est repartie.
Il est à noter qu'une grosse
ligne à haute tension longe la route, du côté
où l'objet a été vu. Ce détail intrigue Mme
Mariotte, qui se demande où était située la chose
par rapport aux fils, et s'étonne de ne pas les avoir
remarqués, entre elle et l'objet. Il est vrai que
l'obscurité et le fait que le témoin connaît bien
les lieux peuvent suffire à expliquer ce point.
Lorsque j'ai lu ce compte-rendu, j'ai aussi pensé que l'explication par
la rentrée atmosphérique était cette fois exclue...
Il y avait trop d'anomalies combinées :
l'heure d'observation, la description, la trajectoire suivie et la
direction d'observation étaient apparemment incompatibles avec
ce phénomène... Je m'étais donc rabattu, en
reconnaissant que c'était aussi très douteux, sur
l'explication rationnelle suivante qui venait à l'esprit : un
hélicoptère... Mais je pense maintenant que je
m'étais trompé, et que Mme Mariotte a observé
comme la grande majorité des témoins de cette
soirée la rentrée atmosphérique ! En effet, c'est
une mauvaise représentation du trajet suivi par le témoin
et l'objet qui donne
l'impression que la direction d'observation est incompatible avec ce
phénomène : c'est en fait dans la ligne droite
après le virage que l'objet a été suivi... En
remettant les choses en place tout
s'explique beaucoup mieux. Voyons sur ce schéma ce qui a pu se
produire :
Les lignes rouges indiquent la direction et la distance apparente de la
rentrée atmosphérique au cours du trajet du témoin.
Lorsque Mme Mariotte passe sur le pont de l'intersection, son horizon est
dégagé et elle peut voir la rentrée
atmosphérique au loin, qu'elle prend pour un groupe d'avions
dont un muni d'un phare très lumineux. En supposant que cette
observation a lieu à 18 h 58' 50", sans doute un peu
après l'explosion de l'étage de fusée, celui-ci se
trouve à une hauteur sur l'horizon de 6°. Peu après
l'intersection, des immeubles et de la végétation
masquent l'objet qu'elle n'a pas eu le temps de détailler.
C'est vers 18 h 59' 15", pour une vitesse raisonnable de 75 km/h,
que la rentrée est à nouveau visible, surgissant à
gauche d'un bosquet (en vert) au début d'un virage. Elle s'est
un peu approchée, et sa hauteur sur l'horizon est de 8°. Les
traînées lumineuses qui accompagnent l'objet semblent dirigées en
biais vers le sol, et Mme Mariotte croit qu'il s'agit de projecteurs... Elle ralentit
à la vitesse de 40 km/h.
Lorsqu'elle aborde la ligne droite, l'objet qu'elle croit proche du
bord gauche de la route semble
l'accompagner dans son déplacement, illusion classique
losqu'on prend un objet lointain, tel que la lune, pour un objet
proche... Du fait de son déplacement propre, il semble juste se
déplacer un peu moins vite que son véhicule, et est
visible
de plus en plus vers l'arrière, semble de plus en plus proche,
sa dimension apparente et sa hauteur sur l'horizon augmentant..
Lorsque le phénomène passe au plus près,
à 19 h 00' 35" et à 29° de hauteur sur l'horizon, il se
trouve juste à gauche de Mme Mariotte qui, occupée
à surveiller la route, ne remarque pas que les
« projecteurs » sont maintenant horizontaux.
Mme Mariotte a l'opportunité de voir une dernière fois le
phénomène à sa gauche lorsqu'elle quitte le
carrefour, à 19 h 01' 25"... Elle décide alors
d'accélérer pour aller chercher son mari, et lorsqu'elle
prend la direction de la Ferté-Alais elle ne peut plus voir la
rentrée qui se trouve pratiquement dans son dos.
Cette reconstitution suppose bien sûr un certain nombre
d'erreurs de jugement de la part de Mme Mariotte.
D'abord, l'objet lui serait passé complètement devant
à l'entrée du virage, ce qu'elle ne mentionne pas...
Peut-être parce que le virage passé il s'est trouvé
sur sa gauche, et qu'elle le supposait dans tous les cas à
gauche de la route. On peut aussi imaginer qu'un nuage l'aurait
masqué momentanément.
Une autre difficulté
est l'heure de l'observation, qu'elle situe vers 19 h 15 ou
19 h 20... Mais on peut se demander si ça
n'est pas l'heure de son retour avec son mari, 19 h 40, qui est la plus
fiable... La Ferté-Alais se trouve à 12 km du carrefour.
Soit 24 km en comptant le retour, sur une départementale qui traverse
plusieurs villages, il semble difficile de les faire en moins de 30 minutes...
C'est d'ailleurs ce que nous disent les logiciels de
cartographie : 15' l'aller pour Mappy, 16' pour ViaMichelin et 19' pour
Google Maps, soit entre 30 et 38 minutes l'aller-retour sans s'arrêter. Si
l'on ajoute le temps de garer sa voiture, de rentrer chez elle, de
persuader son mari de l'accompagner, d'attendre qu'il s'habille, un
total de 40 minutes paraît bien plus raisonnable que les 20
ou 25 supposés par Mesnard.
Mais c'est surtout la description de l'objet qui semble assez difficile
à concilier avec la rentrée atmosphérique.
Voici à quoi devait ressembler la rentrée atmosphérique
en approche :
À comparer au dessin fait d'après la description de Mme Mariotte :
Il y a des similitudes évidentes, mais aussi de grandes différences. Le
fait que Mme Mariotte ait pris l'avant pour l'arrière n'est pas
surprenant dans le cas d'un phénomène lointain dont le
déplacement angulaire était faible. C'est la même
chose lorsque vous voyez la lune vous accompagner.
La « forme noire » n'a pas de quoi nous étonner non
plus, et le fait qu'elle ne distingue pas la forme à l'arrière
indique bien que cette forme est devinée plus qu'elle n'est
vue... Mais l'étonnant est que Mme Mariotte ne mentionne pas
d'autres lumières que les faisceaux lumineux.
Et enfin, le fait que ces faisceaux étaient vus presque verticaux,
alors qu'ils devaient être inclinés d'une cinquantaine
de degrés au début, et plus encore à la fin de son
observation. Et le fait qu'ils auraient « découpé
des ronds de lumière dans le champ ».
Mon interprétation suppose donc un certain nombre d'erreurs de
perception, ou de mémoire... Et ici, même si la date du
témoignage n'est pas précisée, on sait qu'il
s'agit d'un des premiers cas sur lesquels Joël Mesnard a
enquêté, ça devait donc être quelques jours
après l'observation. Mais il faut rappeler qu'il s'agit
d'un des témoignages les plus difficiles à expliquer
par la rentrée atmosphérique, sur une
sélection de plus de 400... Des témoins peu fiables, cela
existe, et il y en a nécessairement quelques-uns sur un tel
nombre. Et Mme Mariotte avait quelques excuses : elle a fait son
observation en roulant sur une route apparemment assez
fréquentée puisqu'elle dit avoir été
croisée et doublée par un certain nombre d'automobiles,
et elle était manifestement quelque peu inquiète
pour avoir préféré s'éloigner et aller
chercher son mari plutôt que s'arrêter pour mieux observer le
phénomène. Le fait qu'elle ne soit pas sûre par
exemple du nombre de faiscaux montre bien qu'elle n'a pas
cherché à vraiment mémoriser son
observation.
Mais il y a tout de même beaucoup
d'éléments qui collent avec la rentrée, nous avons
vu que la différence d'horaire paraît douteuse, et il y a
les autres témoins arrêtés au bord de la route, ou
tous les témoins potentiels passant dans leur automobile, il est
curieux qu'aucun ne se soit manifesté en ayant observé
quelque chose d'aussi extraordinaire que ne le dit Mme Mariotte.
Je garderai un léger doute au sujet de ce cas... Mais quoi qu'il en soit, un
cas ne fait pas une vague !
Que reste-t-il donc des six « cas béton »
initialement sélectionnés par Joël Mesnard parmi les
centaines dont il avait connaissance ?
Trois cas (Colmar, Neuilly-sur-Marne et Gretz-Armainvilliers) qui
décrivent à l'évidence la rentrée
atmosphérique et rien d'autre, un cas (Villavard) associant
plusieurs observations dont la plus spectaculaire s'explique encore par
la rentrée atmosphérique et les autres sans doute par des
engins bien terrestres, un cas (Bruxelles) dont les détails
étranges ont sans doute été inventés, et un
cas enfin (Vert-le-Grand) plus problématique mais qui pourrait correspondre à la
petite frange d'observations très déformées de la
rentrée atmosphérique...
Et nous avons vu, et verrons encore, que la trentaine de cas que Mesnard a
rajoutés à sa sélection ne valent pas
mieux !
L'ufologie en crise, à qui la faute ?
Passons rapidement sur les remarques de Mesnard concernant l'ufologie qui aurait
été « décimée » par une
« action en profondeur » d'une vaste conspiration de sceptiques
ayant « des moyens incomparablement supérieurs aux nôtres »...
C'est vrai que l'ufologie a été
largement décrédibilisée, mais il
suffit de lire la teneur des « enquêtes »
proposées par Joël Mesnard dans ce dossier pour
comprendre pourquoi ! Si les seuls à être capables
de faire des enquêtes sérieuses, en
général sans plus de moyens que les « croyants »,
sont des sceptiques purs et durs, à qui la faute ? Comment peut-on
prendre au sérieux une « discipline »
dans laquelle on ne sait pas faire la différence entre la
rentrée d'un étage de fusée et une
fantastique vague d'ovnis ?
Vergt-de-Biron (Dordogne) :
Objet complexe, épais ; face inférieure concave, grise, portant comme des plaques métalliques ; long tube lumineux cylindrique accroché à une sorte de « derrick inversé ».
Une bonne description de la rentrée, hormis des « structures » vues par un seul des deux témoins.
Joël Mesnard ne rappelle pratiquement aucun détail sur ce cas, en dehors de la
légende sur la carte recopiée ci-dessus, et se contente de critiquer
Franck Marie qui, dans son livre
OVNI Contact, ne connaissant
pas le lieu exact des observations, a choisi un village au hasard dans
la Dordogne, à savoir Saint-Cernin de l'Hern...
Relisons donc les témoignages tels qu'ils étaient
exposés dans
LDLN
n° 310. Les noms des témoins n'y étaient pas
mentionnés, de même que le nom du village, par souci
d'anomymat, mais comme le remarque Joël Mesnard ils figuraient
dans un article de presse : il s'agit du maire de Vergt-de-Biron
Jean-Pierre Fleurat et du conseiller général de Monpazier
Marc Mattera ; je les ai replacés dans le texte :
Vers 19 h, dans le sud de la Dordogne
Voici maintenant, un peu plus au sud (entre Bergerac et Cahors) un double
témoignage, qui est assez extraordinaire. C'est M. Pierre Bosc
qui a réalisé l'enquête.
Les témoins, qui souhaitent rester anonymes, et que nous appellerons MM. A. et B. se
trouvaient dans une localité du département, de la
Dordogne, située à une vingtaine de kilomètres de
Villefranche-de-Périgord. Le ciel était clair, les
étoiles visibles. Il n'y avait pas de vent, mais il faisait froid.
Témoignage de M. Mattera :
« Je conversais avec M. Fleurat devant son habitation, assis
dans ma voiture dont le moteur tournait.
« Soudain M. Fleurat attire mon attention sur une formation lumineuse en
provenance de la direction 266° ouest. C'est d'abord une ligne de
lumières blanches, quelques-unes jaunes, dont l'intensité
lumineuse fluctue. Cette formation progresse en silence, à basse
altitude, semble-t-il, sans qu'il me soit possible d'apporter plus de
précisions. L'apparence de cette formation prend, au fur et
à mesure qu'elle avance, la forme d'un triangle aux coins
arrondis, dont les côtés portent des lumières
blanches et jaunes, d'intensité variable les unes par rapport
aux autres. L'intérieur de ce triangle est opaque, puisqu'il
cache les étoiles, qui restent cependant visibles tout autour de
la formation lumineuse.
La forme de l'ovni se précise, au fur et
à mesure qu'il se rapproche : on ne voit d'abord que des
lumières en ligne droite, puis elles forment une courbe de plus
en plus prononcée. Le dessous, opaque, masque les étoiles.
« Voulant m'assurer d'un bruit
éventuel, je coupe le contact de ma voiture : silence ! La
chose évolue à si basse altitude que, persuadé qu'elle
va s'écraser non loin de là, en direction 80° est, je
reprends le volant, non sans avoir remarqué, à
l'arrière de l'engin, un rayon lumineux situé
légèrement à droite du milieu du
côté. Ce rayon lumineux présente le
caractère remarquable suivant : sa lumière ne diffuse pas
sur les côtés. Elle est nette, comme coupée
à son extrémité, où elle a le même
diamètre qu'à sa source.
« Peut-on la comparer à un « tube lumineux »,
à un tube néon ? »
L'ovni vient de passer, presque à la verticale
des témoins, et s'éloigne. Des lumières sont
visibles sur les côtés. À l'arrière,
légèrement décalé sur la droite, on voit un
impressionnant tube de « lumière non diffuse », dont
le diamètre est le même aux deux extrémités.
Prié d'estimer la taille de la formation lumineuse
lorsqu'elle était au plus près, M. Mattera tend les bras,
et tient ainsi les mains écartées à 50 cm l'une de
l'autre. Quant à la durée de l'observation, il
l'évalue à 15 secondes.
Témoignage de M. Fleurat :
« Je conversais avec M. Mattera, qui était assis au volant de sa
voiture, dont le moteur tournait au ralenti. J'étais
appuyé contre la portière ouverte, lorsque mon
attention
fut soudain attirée par le spectacle suivant : à
l'horizon, en direction 266° ouest, venait d'apparaître, se
dirigeant vers nous, une ligne de lumières disposées
horizontalement.
« — Tiens, dis-je à M. Mattera, voilà
l'armée qui fait des manoeuvres!
« M. Mattera sortit de sa voiture, et ensemble, nous pûmes
assister à la scène suivante :
« Les lumières, d'abord disposées horizontalement selon
une ligne droite, l'étaient maintenant (et de plus en plus au
fur et à mesure qu'elles s'approchaient) selon une ligne courbe. À
l'instant où elles passèrent à notre hauteur,
presque au-dessus de nous, elles délimitaient une forme
énorme, arrondie à l'avant.
« Déjà, voyant la direction que prenait ce phénomène (qui
passait à si basse altitude qu'il semblait devoir s'écraser
à quelque distance de là), M. Mattera était
remonté dans sa voiture, et avait démarré à
toute allure sur la route menant à son domicile.
« Resté seul, je continuai à observer le phénomène. Le
dessous de la chose était gris, concave, me sembla-t-il, et
à la lueur diffuse de quelque source lumineuse, je crus
distinguer des plaques métalliques.
« Le plus étonnant était, à la partie
inférieure, une armature métallique située sous la chose, et qui
me fit immédiatement, de par son apparence, évoquer un
derrick. Du bas de cet assemblage, dirigé vers l'arrière,
émanait un « tube » de lumière
rose-orangé, très intense, lumière nette qui ne
diffusait pas, et gardait, jusqu'à son extrémité,
le même diamètre. Grâce à elle, je pouvais
distinguer les pieds de vigne, et tous les éléments de la
nature, dans le champ voisin.
« La chose, qui maintenant s'éloignait et devait disparaître à
l'horizon opposé (80° est) ne présentait pas de
lumières à l'arrière comme elle en possédait
à l'avant. Seules étaient encore visibles les
lumières des côtés, ainsi que celles du dessous, et surtout,
continuait à me fasciner cet étrange tube de
lumière parfaitement net et cylindrique.
« J'estime la durée de mon
observation à 1 minute et quelque 5 secondes. Quant aux
dimensions de la chose, elles étaient énormes : si elle
était tombée, elle aurait recouvert en largeur l'ensemble
des bâtiments qui figurent sur la photo. L'évolution de
« la chose » était accompagnée d'un bruit
comparable à celui d'un vol de palombes : un froufroutement,
un déplacement d'air léger. »
Commentaire de l'enquêteur
Quelques légères différences existent entre les
témoignages de MM. Mattera et Fleurat.
-
M. Fleurat a assité à l'évolution du
phénomène, du début jusqu'à la fin, alors
que M. Mattera ne l'a observé que du moment 4 au moment 6.
-
M. Fleurat a ainsi pu noter, aux moments 5 et 6, la couleur grise du
dessous de l'ovni, alors que l'autre témoin ne peut apporter de
précisions à ce sujet. Même chose pour l'assemblage
de plaques métalliques que M. Fleurat a cru distinguer.
-
Pour M. Mattera, le « tube de lumière » émanait de
la tranche arrière de l'ovni, tandis que pour M. Fleurat, il
partait du bas d'une structure métallique rappelant un derrick.
-
M. Fleurat est catégorique quant à ce qu'il a cru distinguer
au-dessous de l'ovni, à savoir la couleur grise et l'assemblage
de plaques, mais il ne peut préciser l'emplacement des sources
lumineuses qui lui ont permis cette observation.
-
Les deux témoins s'accordent pour attribuer
une taille gigantesque à l'ovni.
-
Cet ovni évoluait à basse altitude, puisqu'il a permis
à M. Fleurat de distinguer structure et plaques
assemblées d'apparence métallique.
Ce détail est très troublant. En effet, une
enquête actuellement en cours concerne deux autres
témoins (que nous appellerons MM. C. et D.) qui le même
jour, à la même heure, ont assisté à un
phénomène absolument semblable quant aux détails
relatés, à savoir : dimensions énormes, couleur du
dessous : grise, et surtout, assemblage de plaques métalliques.
MM. Mattera et Fleurat d'une part, C. et D. d'autre part, étaient
séparés au même moment par une distance de 29 km en
ligne droite.
Note : ce deuxième cas similaire est celui de Pescadoires,
examiné juste après celui-ci.
Il y a encore tout lieu de penser que ces observations se rapportent à la
rentrée atmosphérique... Comme d'habitude Mesnard
n'indique pas quand les témoins ont été
interrogés, la revue étant parue en mai 1992 ça
peut être plus d'un an après l'observation, un
délai largement suffisant pour que les souvenirs soient
quelque peu « embellis », mais en l'occurrence les
détails anormaux sont assez mineurs...
Les témoins indiquent un azimut précis de 266°
(plein ouest) pour l'origine du phénomène, signifiant
sans doute qu'ils ont pu l'estimer avec un repère précis,
et la rentrée atmosphérique se trouvait bien dans
cette direction à 18 h 59, à une hauteur de 14° sur
l'horizon... Par contre, elle a disparu à un azimut d'environ
50°, et non 80 comme l'indiquent les témoins ; l'erreur est
minime et cette fois le chiffre rond indique sans doute une
estimation... La durée d'observation a dû être de
l'ordre de deux minutes, près du double de l'estimation de
Monsieur Fleurat, ça reste encore raisonnable. Enfin, le
phénomène serait passé « presque au-dessus »
des témoins d'après M. Fleurat, alors que la
rentrée ne dépassait pas 32° de hauteur sur l'horizon
lorsqu'elle passait au plus près, mais il s'agit encore d'une
exagération très habituelle, et l'objet passait en tout
cas dans le bon sens de la gauche vers la droite... Il était vu
du reste de profil (et même d'en haut !) plutôt que
de dessous si l'on en croit le
dessin fait par l'enquêteur Pierre Bosc d'après le
témoignage de M. Fleurat.
La description serait aussi très représentative de la
rentrée atmosphérique s'il n'y avait la forte impression
d'une « structure », mais elle ne semble pas vraiment
sûre : M. Mattera n'a pas distingué de forme ni de couleur
à la « plate-forme », il indique juste que les
étoiles étaient masquées au passage de l'objet
mais on sait qu'il s'agit là d'une illusion tout à fait
courante pour la vision nocturne... C'est encore Monsieur Fleurat qui
précise : « Le dessous de la chose était gris,
concave me sembla-t-il, et à la lueur diffuse de quelque source
lumineuse, je crus distinguer des plaques métalliques. »
« Me sembla-t-il », « je crus distinguer »,
autant d'expressions qui jettent un doute sur la réalité de ces
« structures » et que Mesnard omet bien entendu dans le
résumé de l'observation ! L'enquêteur Pierre Bosc
nous gratifie quant à lui d'un savoureux commentaire :
« M. Fleurat est catégorique quant à ce qu'il a cru
distinguer » !
Et c'est bien sûr toujours M. Fleurat qui a vu une structure métallique en
forme de « derrick inversé » à
l'origine du « tube de lumière » parfaitement
représentatif de la rentrée... M. Matterra a été
tout aussi intrigué par le tube de lumière qu'il décrit
parfaitement, il a vu l'objet alors qu'il passait au plus près,
mais il n'a vu aucune structure...
Bref il me semble clair que ces « structures », seuls détails qui
semblent écarter l'explication par la rentrée
atmosphérique, sont illusoires, et qu'un des deux témoins
est juste un peu plus imaginatif que l'autre : c'est lui qui a vu les
structures, qui a vu l'objet « presque à leur
verticale » tout en le dessinant de profil-haut, lui encore qui a
entendu un léger bruit...
Pescadoires (Lot) :
Le dessous de cette forme, couleur gris acier, est comme constitué d'un assemblage de tôles
(cas non retenu par Joël Mesnard).
Un clone du cas précédent, dans la même région et par le même enquêteur... Bizarre, mais il est clair que dans les deux cas c'est la rentrée qui a été observée.
Un cas très similaire au précédent, enquêté
également par Pierre Bosc... Contrairement à celui de
Vergt-de-Biron il ne figurait pas dans le numéro 310, ce qui
indique vraisemblablement que les témoignages datent
d'après la parution de cette revue en mai 1992, et
probablement de bien plus longtemps encore bien que comme d'habitude ça
ne soit pas indiqué !
Nous avons ici encore deux témoins, situés dans la même
région que ceux de Vergt-de-Biron, et qui décrivent très
certainement la rentrée atmosphérique : un ensemble de
lumières blanches délimitant une forme ovale, accompagnées
par deux faisceaux lumineux cylindriques ; la trajectoire suivie est celle de
la rentrée, la distance au plus près est estimée
à 1 km pour une altitude de 200 m au-dessus de la
crête des collines soit quelque 350 m plus haut que les témoins,
ça correspondrait à un angle d'une vingtaine de
degrés au-dessus de l'horizon, très proche de celui de la
rentrée (28°) et dans la même direction...
La taille, estimée à celle d'un terrain de football (environ
100 mètres de longueur) correspond assez bien pour cette distance
aux dimensions apparentes de la rentrée (de l'ordre de 50 km
de longueur pour une distance de 200 km). La durée estimée
à une minute est assez vraisemblable...
Bref tout colle, les seules anomalies sont qu'un des témoins voit que « le
dessous de cette forme, couleur gris acier, est comme constitué
d'un assemblable de tôles » et perçoit lors du
passage au plus près « un bruit très léger,
semblable à un souffle, à un déplacement d'air. »
Devant la similitude de la description avec celle du témoin
de Vergt-de-Biron (cas précédent) pour qui le
dessous de la chose était gris, concave, me sembla-t-il, et
à la lueur diffuse de quelque source lumineuse, je crus
distinguer des plaques métalliques et qui a
entendu un bruit comparable à celui d'un vol de palombes : un froufroutement,
un déplacement d'air léger,
on se demanderait presque si le témoin n'aurait pas
été un peu influencé, soit par un article de
presse décrivant le témoignage de Vergt-de-Biron, soit
par l'enquêteur... Ceci dit, il est très possible aussi
que ces similitudes relèvent de la coïncidence, et que
l'impression d'une « forme grise » que l'on retrouve dans
plusieurs témoignages de la région soit dû à
l'aspect particulier de la rentrée à ce niveau de la
trajectoire, en raison de traînées évoquant de la
fumée plutôt que les traînées lumineuses
d'air ionisé qui seront seules visibles plus loin.
Quoi qu'il en soit, tout comme dans le cas de Vergt-de-Biron, le
deuxième témoin semble n'avoir vu aucun détail
curieux (je dis semble parce que son témoignage, on ne le cite
bien entendu pas beaucoup !)
Joël Mesnard rapproche aussi ces deux cas de celui de l'autoroute près de Bayonne,
remarquant que « curieusement, la forme décrite à
Vergt-de-Biron est intermédiaire entre le triangle de la A 63 et
la forme ovale de Pescadoires ! », mais on peut faire toutes
sortes de rapprochements factices surtout lorsqu'on proivilégie pour chaque
cas le témoignage qui convient le mieux !
En fait les similitudes entres ces trois cas résultent simplement
du fait qu'ils décrivent la même rentrée
atmosphérique vue à peu près dans les mêmes conditions,
et les dissemblances sont dans la moyenne qu'on observe chez les groupes de
témoins d'un même phénomène.
Rubrique « réactions »
C'est le titre donné au complément paru dans lenuméro 361.
Dans ce numéro, Joël Mesnard commence par nous parler des observations à
l'étranger :
La presse des jours qui ont suivi le 5 novembre signale de telles
observations, notamment dans le Sud de l'Angleterre, en Allemagne, en
Suisse et en ltalie, mais sans fournir de précisions. Il y en aurait eu
également dans le Sud de la Pologne, et la presse espagnole a parlé
d'observations jusqu'en Autriche et en Yougoslavie. Toutefois,
nous n'avons jamais eu la chance de recueillir beaucoup de données
précises concernant ce qui a été vu
dans ces pays. En fait, nous (LDLN
)
ne connaissons guère (et assez superficiellement) que trois cas hors de
France ce soir-là : deux en Allemagne et un en Suisse.
Curieusement, Mesnard oublie un pays dans lequel un certain nombre de cas ont
été connus et convenablement étudiés grâce
à la présence d'une association très connue : la Belgique, où la SOBEPS
(Société belge d'étude des phénomènes spatiaux),
« boostée » depuis plus d'un an par une vague
d'ovnis d'ampleur exceptionnelle, a reçu plus de 170
témoignages relatifs à cette soirée... 74 d'entre eux ont fait l'objet d'une
étude détaillée parue en
mai 1998 :
Phénomènes spatiaux
numéro 96, un numéro de 72 pages
entièrement consacré à la vague du 5
novembre 90, avec pour compléter
l'étude de la SOBEPS un article de Jean-Jacques Velasco (
Revenir
au 5 novembre 90) et pour la partie « croyants » un de Jean Sider
(
Autopsie d'un phénomène polymorphe et ubiquiste).
Et si la SOBEPS est ainsi « oubliée » par Mesnard, c'est parce qu'elle a
conclu que la « vague » du 5 novembre 1990 s'expliquait, au moins pour
la grande majorité des cas, par la rentrée atmosphérique ! Les
témoignages enregistrés décrivent dans l'ensemble assez bien le
phénomène, et l'étude statistique démontre sans aucun doute possible
que la majorité des témoignages se rapportent à la rentrée.
Oublions donc ces plus de 70 cas étudiés par la SOBEPS qui concernent de façon évidente la
rentrée atmosphérique, et intéressons-nous donc aux trois cas
à l'étranger connus « assez superficiellement » par
Joël Mesnard, les seuls qui comptent à ses yeux !
Kelkheim (Allemagne) :
Un objet opaque, de forme triangulaire, vu entre 17 h 25 et 17 h 30.
Sûrement pas la rentrée, plus vraisemblablement un avion un peu étrange.
Joël Mesnard décidera à la fin de son dossier
d'admettre ce cas parmi sa sélection de preuves qu'il y a
eu autre chose qu'une rentrée atmosphérique... Et si l'on
s'en tient à cette stricte définition il a sûrement
raison : l'objet observé n'a certainement rien à voir
avec la rentrée atmosphérique qui passait une heure et
demie plus tard... et qui était autrement plus spectaculaire !
Voici le croquis de l'objet observé, tel qu'il est
représenté dans le livre
Interdisciplinary
UFO Research édité en 1993 par le MUFON-CES :
La longueur apparente de l'objet est estimée à
un quart de degrés, soit la moitié du diamètre de
la lune... Rappelons que la rentrée atmosphérique
apparaissait généralement sous un angle de vingt ou
trente degrés, soit une centaine de fois plus, ça n'a
effectivement rien de comparable !
Le livre cité en
référence est un livre de spéculations
scientifiques autour des ovnis (je ne l'ai pas lu, mais ça ne
semble pas manquer d'intérêt), et cite le cas
simplement à titre d'illustration sans que la moindre enquête
ait été effectuée... On ne sait rien de la
date du témoignage, on nous dit qu'il y avait deux
témoins mais on ne sait pas qui a témoigné et fait le
croquis...
Bref cette observation n'a rien à voir avec la rentrée
atmosphérique, mais en l'état elle présente des
niveaux de crédibilité aussi bien que
d'étrangeté à peu près nuls...
Un « objet opaque triangulaire » ça peut
évoquer une multitude d'avions, il n'y a rien dans le déplacement de
l'objet qui présente une quelconque anomalie, le seul
détail curieux serait le nombre de réacteurs, huit sur le
schéma, mais vu la faible dimension angulaire de l'objet et
l'absence de toute indication de la part des témoins on ne
sait pas quelle confiance on peut accorder à ce détail.
Notons qu'un avion qui évoquerait assez le schéma serait le
prototype XB-70 Valkyrie, qui a volé de 1965 à 1969 :
Un avion qui bien sûr ne vole plus depuis longtemps,
abandonné après que son deuxième exemplaire a
été victime d'un accident lors de sa présentation
publique, mais qui aurait pu influencer des témoins passionnés
d'avions secrets...
Quoi qu'il en soit, cette observation n'apporte rien,
et on a l'impression que Mesnard veut juste
montrer qu'à
LDLN on lit des livres
d'ufologie très pointus écrits par des physiciens !
Autoroute entre Halle et Leipzig (Allemagne) :
Un groupe de boules de feu, de couleur orange, laissant derrière elles des traînées très longues et fines
(cas non retenu par Joël Mesnard).
Un seul détail étrange dans cette bonne description de la rentrée.
Ce second cas allemand se rapporte par contre très certainement à la
rentrée atmosphérique. Le témoin se trouvait à quelque
200 km au nord de la trajectoire de la rentrée, il a vu l'objet
passer de sa droite vers sa gauche, donc se dirigeant vers l'est, et
pas très haut sur l'horizon puisque visible à travers le
pare-brise en conduisant, la description évoque bigrement la rentrée...
Seul détail anormal : une des traînées n'était pas
parallèle aux autres... Ça n'est pas très convaincant pour une
observation faite en conduisant, l'impression peut avoir été faite
par deux traînées en partie confondues... Mais en fait, on
sait qu'à ce niveau de la trajectoire seule une longue
traînée était vraiment visible, on peut
donc plutôt penser que celles des autres points lumineux
relevaient de la persistance rétinienne, et il n'est alors pas surprenant
qu'elles n'aient pas eu la même orientation que la seule
traînée réelle.
Morges (Suisse) :
Les éléments dont nous disposons sont non seulement imprécis, mais même contradictoires sur l'essentiel
(cas non retenu par Joël Mesnard).
Exemple parfait de la déformation d'un témoignage au cours du temps, il y en a bien d'autres que Mesnard ne veut pas voir !
La façon dont Mesnard présente ce cas est intéressante : Le
cas suisse est le moins bien documenté des trois : les
éléments dont nous disposons sont non seulement imprécis, mais même contradictoires sur
l'essentiel : les données géométriques concernant la
trajectoire apparente.
En réalité, il apparaît que tout au contraire ce cas est largement le plus
documenté et précis des trois ! Il y a même
eu une enquête avec reconstitution, que faut-il donc à Mesnard ?
Le seul problème donc, c'est que cette enquête menée
en 1992, deux ans après l'observation, est totalement
contradictoire avec la description initiale d'un témoin : comme
le remarque Mesnard, cette première description d'un objet qui
se dirigeait de gauche à droite, dans une direction semblant
parallèle au sens de déplacement de la voiture, de
l'ouest-sud-ouest à l'est-nord-est, est compatible avec la
rentrée atmosphérique, et la description de l'objet,
trois points lumineux plus une « queue » lumineuse
cylindrique, évoque parfaitement ce phénomène...
Mais dans la reconstitution deux ans après l'observation, l'objet
est dessiné dans la direction opposée, de la droite
vers la gauche, et la trajectoire serait plutôt sud-est/nord-ouest,
totalement incompatible avec celle de la rentrée.
Cela montre simplement à quel point on doit se méfier
des témoignages recueillis plusieurs années
après l'observation, même pour des données aussi
élémentaires que le sens de déplacement ! Et justement nous avons vu
parmi les « plus de trente exemples flagrants » de
Mesnard qu'il y avait un certain nombre de témoignages tardifs dont les
détails « anormaux » étaient contredits
de la même manière par les dépositions initiales
des témoins (soit des rapports de gendarmerie, soit dans des
courriers adressés à une autre source que LDLN).
La seule différence, c'est que cette fois, Mesnard daigne
prendre en compte ce témoignage initial, au lieu de se fier aux
déclarations dans l'enquête tardive !
La rentrée du 18 juillet 1967
Mesnard commente ensuite une lettre reçue d'un lecteur
évoquant une observation étonnante liée
à une autre « vague » expliquée par une
rentrée atmosphérique, en 1967.
Il s'agit de la rentrée du troisième étage de la
fusée ayant lancé le satellite Cosmos 1969, qui a eu lieu dans la
nuit du 17 au 18 juillet 1967 à 1 h 15, traversant la France de
l'ouest-nord-ouest à l'est-sud-est.
Le cas a notamment fait l'objet d'une étude très
complète dans
Phénomènes Spatiaux
n° 15 (1
er trimestre 1968), où une centaine
d'observations ont été reportées sur une carte... Il
apparaît évident que la grande majorité des observations concernent la
rentrée atmosphérique, et si l'auteur de l'article émet
quelques doutes sur certains cas ils reflètent surtout son manque de
connaissances en la matière : il trouve en particulier anormal que le
phénomène se présente sous la forme d'un ensemble
de lumières gardant sensiblement les mêmes positions
relatives et espacées par des distances angulaires
considérables, alors qu'il s'agit là d'un
caractère tout à fait typique des rentrées
atmosphériques.
On y apprend aussi que le directeur de
l'observatoire de Meudon qui a fait l'annonce « officielle »
de l'identification du phénomène avait
été soupçonné par certains ufologues
d'alors d'avoir obéi à des consignes... Décidément
rien de nouveau sous le soleil !
Joël Mesnard écrit à propos de ce phénomène :
Les événements de cette nuit du 18 juillet 1967
présentent, c'est évident, une ressemblance profonde avec
ceux du 5 novembre 1990. On retrouve, par exemple, le léger
étalement de la vague dans le temps : au Buisson-de-Cadouin,
le phénomène a été observé à
exactement 2 h du matin, trois quarts d'heure après les
autres apparitions. Et d'autres ont été signalées
nettement avant 1 h 15 ! Tout cela suggère
évidemment la manifestation d'une intelligence ayant non
seulement le désir de se montrer en se faisant passer pour autre
chose, en semant la confusion, mais ayant également la
connaissance préalable du fait que la rentrée allait avoir lieu.
Cette idée, bien qu'elle découle très directement
de témoignages nombreux, précis, convergents, donc
parfaitement respectables, ne séduit pas tout le monde, comme on
a pu le constater après la parution de notre numéro 306.
Il semble donc qu'il y ait des personnes sensées parmi leslecteurs de
LDLN ! Il y a effectivement une ressemblance profonde entre les
événements du 18 juillet 1967 et ceux du 5 novembre 1990,
c'est qu'ils s'expliquent par une rentrée atmosphérique
et qu'ils ont été largement médiatisés...
On retrouve dans les deux cas une grande majorité d'observations
décrivant très convenablement la rentrée, quelques
rapports concernant aussi très vraisemblablement à la
rentrée mais dont la description est assez déformée,
et quelques cas se rapportant sans doute
à autre chose mais qui n'est pas forcément très
mystérieux.
Pour cette « vague » de 1967, Joël Mesnard
retient dans ce numéro 306 de
LDLN
consacré au « parasitage des rentrées
atmosphériques » huit cas qui lui semblent exclure
totalement l'explications par une rentrée... Mais là
encore, il faut tenir compte du fait que ces huit cas sont
sélectionnés parmi une bonne centaine d'autres, et
représentent vraisemblablement la marge de témoignages
peu fiables, quand ce ne sont pas les enquêteurs qui montent en
épingle des détails peu significatifs... Sur ces huit
cas, personnellement, je n'en vois guère qu'un qui
présente réellement quelques détails
un peu étranges.
Dans le présent dossier sur le 5
novembre 90, Mesnard rappelle simplement deux observations de cette
« vague » de 1967, situées toutes deux à
Nice... La seconde n'a vraiment rien qui soit incompatible avec la
rentrée atmosphérique... Quant à la première, il
s'agit de l'observation de Mme Pariset, qui a vu un « engin »
énorme, muni d'un certain nombre de lumières, apparu au
nord-ouest, ayant fait du surplace pendant une dizaine de secondes au
nord avant de se déplacer vers le nord-est, pour finalement
virer vers le sud avant de disparaître... Notons que la
trajectoire globale reste à peu près celle de la
rentrée atmosphérique, apparue au nord-ouest et
disparue à l'est.
Le croquis dessiné dès le lendemain par le témoin est assez
représentatif de la atmosphérique :
Les anomalies sont bien sûr le surplace et le virage important, mais comme
toujours on aimerait savoir de quand date le témoignage... Voici
ce que dit Joël Mesnard à ce sujet dans
LDLN
n° 306 :
Quant au témoignage de
Mme Pariset, déjà évoqué par
M. Veillith dans LDLN 90, on le retrouve, avec des
précisions supplémentaires, dans le
numéro de novembre 1971 de LDLN Contact Lecteurs
(4e série, n°4).
Il y a donc un rapport initial de ce témoignage peu
après l'observation,
LDLN
90 étant paru en octobre 1967, mais des « détails
supplémentaires » ont été obtenus
vraisemblablement quatre ans plus tard puisque ces suppléments
« Contact lecteurs » de
LDLN paraissaient alors
régulièrement. Parions donc que c'est dans ce
récit fourni des années plus tard que figurent le
surplace et le virage... Et c'est bien entendu ce récit que
retient Mesnard ! Notons enfin que le témoin dit avoir
été « assez effrayée »,
ce qui amplifie toujours les déformations et
exagérations.
Bref, effectivement les deux vagues
présentent bien des similitudes, jusque dans la façon
dont elles sont abordées par Mesnard ! Il écrit encore au
sujet de cette « vague » de 1967 :
On ne
me fera jamais
croire que les observations de Nice (et d'ailleurs), juste à
la même heure, se rapportent à cette
rentrée. Eh bien, chacun est libre de vouloir
mourir idiot !
La loi du silence
C'est le titre provocateur choisi par Joël Mesnard pour
cette quatrième et dernière partie de son dossier,
parue dans
LDLN n° 362 etscindée en
deux parties sur le site de Philippe Huleux.
Mesnard commence par indiquer qu'il considère que quatre cas
auraient dû être ajoutés aux « trente exemples
flagrants » initialement considérés :
celui de
Melun,
celui de
Noisy-sur-École
qui sera abordé plus loin, celui de
Kelkheim,
en Allemagne, dont nous avons parlé un peu plus haut, et celui de Vésenaz, en Suisse...
Vésenaz (Suisse) :
Le phénomène passe de la gauche vers la droite de la route.
Tout comme la rentrée, par ailleurs très bien décrite !
Un récit plus détaillé de ce cas se
trouve
sur le site du GREPI,
sous le titre « Genève — route de Thonon ».
Cette association suisse produit des enquêtes plutôt
sérieuses... Pour le cas du 5 novembre 90 elle a relaté
quelques observations, mais il est clair qu'elles se rapportent toutes
à la rentrée atmosphérique plutôt bien
décrite, même si les habituelles « formes noires sur
fond noir » peuvent laisser croire le contraire sur les
magnifiques reconstitutions 3D !
Le cas de Vésenaz n'y échappe pas, l'objet étant décrit
comme un ensemble de petites lumières rouges essentiellement
regroupées à l'avant, avec à l'arrière un
faisceau de lumière tronqué... Cela rappelle tout
à fait la rentrée atmosphérique, et pour ce qui
est donc de la « forme noire » voici ce que dit le
témoin :
Il m'est impossible d'en préciser la taille,
mais il m'a donné une impression d'immensité. En tous cas
il avait de la « présence ». Sa forme n'était pas
précisément définie, mais il s'agissait
certainement d'une structure solide, puisqu'il occultait les
étoiles derrière lui. Bref la classique forme noire
dont les contours ne sont pas visibles dans l'obscurité mais qui
occulte les étoiles, rien de bien surprenant dans tout cela.
Seule la trajectoire de l'objet est un peu anormale,
puisque le témoin indique un axe nord-est/sud-ouest... Pourtant,
le GREPI indique sur une carte reconstituant le témoignage un
déplacement ouest/est, beaucoup plus proche
de celui de la rentrée.
Joël Mesnard note pour sa part :
Insistons
sur le fait que les éléments concluants, dans ce
cas, sont la direction d'observation (connue avec une excellente
précision), la direction du mouvement, et surtout le fait que
l'objet a traversé la route : Nathalie a vu la chose
à droite de celle-ci, alors que la rentrée est censée
s'être toujours trouvée loin sur sa gauche.
Mais cela est simplement faux ! La route, très correctement
située par Mesnard, suit un cap de 25° (nord-nord-est)...
Quant à la rentrée, elle culminait au cap 335°
à quelque 25° de hauteur sur l'horizon, et disparaissait
à l'horizon au cap 54°, bien à droite de la route
donc et pas loin de la direction est indiquée par le
témoin. Dans la direction de la route, elle se trouvait
encore à une hauteur angulaire de 15°.
Encore un cas qui ne présente donc que des anomalies bien minimes pourvu qu'on ne
les exagère pas... Et bien entendu, comme d'habitude, on ne sait
pas quand le témoin a rapporté son observation, que ce
soit dans
LDLN ou sur le site du GREPI, mais
Joël Mesnard indique dans son dossier paru en 2001 que
ce
sont les ufologues suisses du GREPI qui nous ont signalé ce
cas, tout récemment, il y a donc fort à
parier que ce soit longtemps après l'observation !
Saint-Nabord (Vosges) :
Si un poteau vertical, infiniment haut, s'était trouvé à côté du témoin, l'objet serait passé au sud-est de ce poteau (et non au nord-est)
(cas non retenu comme probant par Joël Mesnard).
Des imprécisions mineures pour un témoignage manifestement tardif, mais la rentrée atmosphérique est plutôt bien décrite.
Joël Mesnard range ce cas parmi ceux
qu'on serait
tenté de considérer comme concluants, mais pour
lesquels peut subsister, malgré tout, une part de doute,
aussi légère soit-elle.
Voyons ce que disait le témoin dans l'article de presse
initial :
J'ai entendu comme un ronflement dans le ciel. J'ai levé les
yeux. C'était énorme. Une quinzaine de petits points lumineux de couleur
orange, rouge et blanche, se déplaçant à la
même vitesse, tous regroupés dans
un losange. Ça a duré quinze secondes, mais
c'était cinquante fois plus gros qu'un appareil de ligne.
Et l'article de presse ajoute :
Et comme il n'est pas le
seul à avoir observé le
phénomène disparaissant au-dessus du Saint-Mont,
le menuisier navoiraud a pu dormir tranquille.
La description du phénomène évoque
assez bien la rentrée atmosphérique, bien qu'il
soit étonnant que la traînée lumineuse
ne soit pas évoquée.
Le « ronflement » entendu ne paraît pas
vraiment probant pour Joël Mesnard, qui explique qu'il ne
devrait pas y avoir simultanéité entre la
perception du son et la vision du phénomène, mais
« qu'il se peut que des phénomènes
encore mal connus interviennent dans la propagation des ondes
sonores ». Pas impossible, nous en avons discuté, mais j'aurais plutôt
tendance à penser que le bruit était illusoire ou externe et que le
témoin a été attiré par
la lueur du phénomène.
Il reste comme élément anormal la dispariton
« derrière le Saint-Mont », qui se
trouve à l'est-sud-est de la positon du témoin,
alors que la rentrée disparaissait à
l'est-nord-est... Mais un simple coup d'oeil à la
topographie de Saint-Nabord montre qu'il est entouré de
collines, dont les noms ne sont pour la plupart pas connus des
habitants. Le Saint-Mont est très connu parce qu'il s'agit
d'un site historique, mais on trouve une colline plus
élevée un peu au nord, située
pratiquement plein est de la position du témoin, et
même un peu vers le nord, donc très
proche de la direction de disparition de la rentrée :
Notons en outre qu'il n'est pas précisé dans le
témoignage dans quelle direction l'objet a disparu, c'est le
journaliste qui ajoute que ce témoin « n'est pas
le seul à avoir vu le phénomène
disparaissant au-dessus du Saint-Mont », il est donc
très possible que cette précision ait
été donnée par un autre
témoin situé ailleurs.
Pour en avoir le coeur net, Mesnard dit avoir
téléphoné au témoin pour
lui demander si le phénomène observé
était passé juste au zénith, et dans le cas contraire s'il
passait au plus près au nord-ouest ou au sud-est... Et la
réponse a donc été sud-est, au
contraire de la rentrée atmosphérique qui passait
au nord-ouest, mais à 79° de hauteur angulaire sur
l'horizon, donc très proche du zénith. Ce que
Mesnard oublie comme d'habitude de préciser, c'est QUAND il
a demandé cette précision au témoin...
Et je parie que c'était des années
après l'observation, auquel cas une telle erreur
apparaît mineure, concernant justement un objet
passé très près du
zénith... Lorsque le phénomène passe
bas sur l'horizon, on l'observe essentiellement de profil, et on a
tendance à se remémorer même longtemps
après le sens de passage, de la gauche vers la droite ou
inversement ; mais lorsqu'il passe très haut dans le ciel,
on le voit approcher de face, et on se retourne pour le voir de dos, le
souvenir de la direction du passage au plus près est alors
beaucoup plus aléatoire...
Il n'y a finalement aucune raison sérieuse de douter que ce
témoin ait observé la rentrée
atmosphérique et rien d'autre.
Retombées dans la presse
Mesnard se fend ensuite d'une critique de la presse qui aurait souvent relaté les
événements avec trop de légèreté... Il semble penser que la presse est
là pour mener des investigations sur tout, et présenter des
enquêtes détaillées... En ce qui
concerne cette vague d'observations, les journalistes ont interrogé des
astronomes, le SEPRA qui était normalement l'organisme
chargé d'étudier ce genre de
phénomènes, quelquefois aussi des ufologues qui
se prétendent spécialistes... Est-ce leur faute
si personne dans tout ce monde ne leur a fourni des informations
correctes ?
Mesnard écrit aussi :
Quand on consulte l'ensemble des articles de presse évoquant les
événements du 5, on constate que quatre seulement des
trente cas très probants résumés dans la double
page centrale de notre numéro 360 ont été
évoqués dans la presse : Cuhem, Villavard,
Neufgrange et Vergt-de-Biron. Encore ne l'ont-ils été
(à la seule exception de Cuhem, exposé dans l'Indicateur
)
que très succinctement...
Que fait-il donc du cas de Vouziers, qu'il nous présente
pourtant ainsi dans son dossier :
Dans l'article du journal l'Union
du
7 novembre, nous trouvons le récit d'un journaliste
travaillant pour ce journal, le photographe de presse Alan Hatat ?
Et que fait-il des cas de Thugy-Trugny et de Soissons (Mesnard
précise d'ailleur à propos de ce cas que
l'expression « occupait tout l'espace du ciel »
figure en italique et entre guillemets dans un grand journal !),
exposés dans le même numéro de
l'Union des Ardennes qu'il a donc eu en mains ? Et moi qui
ne prétends pas avoir « consulté
l'ensemble des articles de presse évoquant les
événements du 5 novembre », j'ai tout
de même vu aussi les cas de Chalonnes-sur-Loire
(
Ouest-France du 7 novembre), l'Ile de Groix
(journaux
Ouest-France et
La liberté) et Capbreton (je n'ai pas
le nom du journal)... Nous en sommes déjà à dix sur trente
sans prétendre à l'exhaustivité, et la plupart des
autres cas sélectionnés par Mesnard n'ayant
été signalés que des années après
l'observation il eut été difficile de les trouver
mentionnés dans la presse de l'époque !
Quand les Belges racontent une histoire française
Après la presse, c'est aux ufologues belges de la Sobeps que s'en prend Mesnard.
La Sobeps, Société belge d'étude des
phénomènes spatiaux, était confrontée
depuis près d'un an à une vague d'ovnis restée
dans les annales, et la notoriété acquise ainsi lui a
permis de recueillir beaucoup de témoignages relatifs à
la soirée du 5 novembre 90, et nous avons déjà parlé de ses
conclusions...
Et dès le mois de septembre 91, la Sobeps publiait son premier
« pavé » sur la « vague belge »
(
Vague d'OVNI sur la Belgique,
qui a eu une suite en 1994), et consacrait quelques pages au
phénomène du 5 novembre 90, bien visible en Belgique.
On pouvait y lire notamment :
Nous restons stupéfaits devant l'acharnement de certains
« ufologues » d'outre-Quiévrain à croire
que la France a été littéralement envahie par des
dizaines, sinon des centaines d'OVNI quasiment identiques, vers 19 h,
ce soir-là. Alors que l'origine du phénomène ayant
provoqué cette avalanche de témoignages est parfaitement
connue depuis longtemps.
Et plus loin, après avoir développé
les évidences de la rentrée atmosphérique :
Malgré toutes ces évidences, certains continuent de
prétendre que dans la soirée du 5 novembre 1990, il y
eut, en même temps que la rentrée de la fusée
soviétique, d'authentiques OVNI qui « auraient
profité de l'occasion en se camouflant sous l'aspect d'une
rentrée dans l'atmosphère ».
Non, vous ne rêvez pas, la foi bornée conduit
toujours à ce genre d'excès : tantôt ce sont des
fidèles fanatiques qui croient lire le nom de Dieu dans les
nuages, tantôt ce sont des ufologues crédules qui prennent
au pied de la lettre le moindre témoignage pour peu qu'il
conforte leur croyance.
On comprend que Mesnard se soit senti visé !
Mais les critiques de la Sobeps étaient tout à
fait justifiées :
Dans Inforespace
n° 8 hors-série, Michel Bougard évoquait une
étude de la SOBEPS consacrée à l'examen de divers
témoignages sur la rentrée d'un satellite militaire
au-dessus de nos régions le 25 avril 1975. Comme pour le cas
qui nous occupe, on insistait déjà sur la bonne
cohérence des durées et des directions signalées.
Un examen sommaire des données disponibles pour le 5 novembre
1990 (voir tableau ci-contre) montre clairement que quelle que soit
l'origine de l'information, la valeur des paramètres est
tout à fait conforme à ce que l'on attend d'une
répartition statistique. Et on ne pourra jamais empêcher
l'existence des « queues de gaussiennes », comme
disent les mathématiciens, en l'occurrence les témoins qui
n'ont pas de montre, ou qui en ont une qui retarde ou avance, ceux qui confondent
l'est et l'ouest, etc.
Précisons aussi que si la
Sobeps a pu rapidement se faire une idée juste du
phénomène, c'est parce qu'elle s'est adressée
à une personne compétente : leur compatriote Pierre
Temmerman, astronome amateur passionné de rentrées
atmosphériques, qui leur a très vite fourni
l'identification de la fusée responsable et toutes les
précisions utiles sur le phénomène... Chez nous,
il y avait un « Service d'expertise » officiel sur
ces phénomènes, c'est donc naturellement à
lui que tout le monde s'est adressé, et ce service ayant
accumulé les inepties au sujet du phénomène et des
rentrées atmosphériques en général il y avait
de quoi avoir des doutes !
Et c'est ainsi que de nombreux ufologues
français connus (Franck Marie, jean Sider, Didier Gomez...)
sont allés jusqu'à nier qu'il y ait eu une
rentrée atmosphérique ! On ne peut
guère leur en vouloir, mais le fait qu'ils persistent dans leurs erreurs
jusqu'au ridicule est affligeant.
Mesnard était de son
côté un peu plus prudent, son credo est toujours
resté : « une rentrée atmosphérique, c'est
probable ; autre chose, c'est certain ». Mais le ton
employé donnait bien l'impression que si rentrée
atmosphérique il y avait, elle n'expliquait qu'une
minorité de témoignages peu impressionnants, et il n'a fait aucun
effort pour faire connaître ce type de phénomène
à ses lecteurs. Le dossier que nous critiquons ici illustre d'ailleurs
parfaitement cette tendance.
L'olibrius persiste et signe
J'ai l'insigne honneur d'être la « tête de turc »
suivante de Mesnard, bien que je ne sois pas nommé :
Les manœuvres visant à étouffer l'affaire du 5
novembre, notamment en discréditant les témoignages les
plus significatifs, allaient se poursuivre avec l'entrée en
scène d'un autre olibrius. En 1995, il publia un opuscule
visant, lui aussi, à occulter le problème du 5 novembre,
non plus en ignorant les cas rebelles, mais en délayant le
problème dans une approche statistique (9) bien propre à
créer l'illusion d'une recherche sérieuse, et surtout en
proposant, pour trois de ces cas (Villavard, Vert-le-Grand et
Gretz-Armainvilliers), des explications aussi délirantes
qu'artificielles.
(9) Rappelons l'adage «
Les chiffres ne mentent jamais, mais il arrive que les menteurs
chiffrent ». On en a ici une démonstration exemplaire : les
données (chiffrées ou non) ne sont prises en compte que
si elles peuvent être interprétées en faveur de la
thèse choisie.
Concernant l'étude
statistique, elle montre exactement ce qu'indique la Sobeps, qui a
d'ailleurs aussi fourni une étude semblable pour les cas belges :
les données générales vont toutes dans le sens
de la rentrée atmosphérique, et la minorité de
cas qui s'en écartent sont conformes à ce que l'on peut
attendre d'erreurs et d'imprécisons des témoignages.
Concernant les trois cas que j'ai critiqués, vous pouvez vous y référer dans le dossier,
mais voyons juste ici à quoi tiennent les reproches de Mesnard :
À propos du cas de Villavard,
il suggère que MM. Descy et Davézé aient
triché sur l'heure de leur
observation afin de l'accorder à celle de M. Guion, lequel
aurait simplement vu... un avion !
Je n'ai pas dit que Descy et Davézé auraient
« triché », juste qu'ils auraient connu l'heure de
manière imprécise et qu'eux ou l'enquêteur auraient
eu tendance à la rapprocher de celle indiquée par l'autre
témoin... Ça serait un mensonge s'ils affirmaient que
leur observation s'est déroulée à 19 h 15
précisément, mais rien ne semble l'indiquer.
Si on lit l'enquête publiée dans
LDLN
n° 304, il est écrit :
vers 19 h 15
(heure sur laquelle les témoins des points 1, 2 et 3 sont
d'accord)...
Est-il vraiment inimaginable que « vers 19 h 15 »
ait pu être 19 h pour Descy et Davézé, et 19 h 15 pour
Guion, sa femme et sa mère ? Si l'on se réfère aux
rapports de gendarmerie, Descy dit « vers 19 h 15 », Guion
« aux environs de 19 h ou 19 h 15 », et sa femme
« vers 19 h 15 ». Alain Descy a été le
premier à témoigner dès le lendemain matin et
c'est par la suite que les gendarmes (ou les ufologues enquêteurs) ont
trouvé les autres témoins, j'ai donc eu tort de penser qu'il avait pu
être influencé au sujet de l'heure, mais il n'empêche
que « vers 19 h 15 » ça n'est pas
très précis !
Il est par contre tout à fait clair qu'il
a été ensuite influencé pour faire « coller »
son observation aux autres témoignages, et on en trouve
la preuve éclatante dans le dossier même de Mesnard, juste
un peu plus haut, dans un article de presse donné en exemple
où Descy, justement, s'exprime :
Son texte donne l'impression que c'est lui qui a vu l'objet
décrire une boucle autour d'une antenne-relais, alors qu'il faut
rappeler que cela c'est l'autre témoin, M. Guion... Descy et
son ami ont vu leur objet, dont la description diffère
considérablement de celle de M. Guion mais évoque
fortement la rentrée atmosphérique, se déplacer en
ligne droite et suivant précisément la trajectoire de la
rentrée atmosphérique !
Et l'enquêteur Olivier Rieffel a lui aussi fini par se
convaincre que c'est Descy qui a vu l'objet tourner autour du relais
TV, puisqu'il m'écrivait le 22/11/97 à propos d'Alain Descy :
La polémique à propos du 5 novembre 1990
me fait hurler de rire. Pour cette seule vague j'ai dû
rencontrer sur l'ensemble du territoire français, une
trentaine de témoins, dont Alain Descy et Jacky
Davézé. Votre incroyable toupet doublé
d'un aplomb formidable à propos de Villavard est renversant.
À propos d'Alain Descy vous ignorez un fait fondamental : c'est
un artiste peintre et un sculpteur hors pair. S'il y a un
témoin pour cette vague qui possède le compas
dans l'oeil c'est lui. Le dessin qu'il m'a fait,
gravé dans sa mémoire pour
l'éternité et que nous avons reproduit en
couverture de LDLN
n° 304 est certainement
le croquis le plus justement proportionné de toute la vague
du 5 novembre 90. Son oeil d'artiste est un véritable
objectif photo. L'engin passe majestueusement derrière
les peupliers, amorce un virage (les témoins
tournent sur eux-mêmes) et effectue un virage impeccable
derrière le relais TV puis, vient planer
littéramelement au-dessus de J.-M. Guion qui baisse la
tête croyant que l'engin s'écrase sur lui.
Pour ce qui est des talents d'observateur d'Alain Descy je
n'en ai jamais douté puisqu'il décrit de façon assez
exacte la rentrée atmosphérique, et s'il ne veut pas
croire que c'est ce qu'il a observé c'est pour de mauvaises
raisons comme le note Mesnard lui-même :
Monsieur
Descy fondait son argumentation sur les dimensions du 3ème
étage de fusée. Nos adversaires auraient beau jeu
de répliquer (s'il leur avait fallu répondre, ce qui
n'a pas été le cas [moi je l'ai fait, mais
Mesnard s'est bien gardé d'en informer ses témoins]
)
que la plupart des étoiles filantes sont produites par des
objets de très petites dimensions (se chiffrant en
millimètres ou en centimètres), ce qui n'empêche
pas de les voir de très loin. Et d'ironiser sur la confusion
entre les dimensions du corps en combustion et celles de la flamme qui
en résulte...
C'est à peu près ce que j'ai répondu à
Olivier Rieffel, qui m'a promis que j'aurais des réponses
à toutes mes interrogations dans un livre à
paraître, dans lequel « ils » me consacraient
40 pages... J'en étais très honoré, mais je n'ai
jamais vu ce livre et n'ai jamais obtenu de critique à mes
suppositions concernant Villavard... Je n'ai plus eu de nouvelles d'Olivier Rieffel
depuis que je l'ai informé que j'avais écrit au
témoin, Alain Descy, pour lui donner des informations que
lui-même et toute la clique de Mesnard avaient soigneusement
évité de lui donner.
Et quant à l'idée que M. Guion aurait observé un avion,
c'est lui-même qui l'a pensé dans un premier temps
d'après l'enquête dans
LDLN, pour ma part je
penche plutôt pour un hélicoptère... Et si Mesnard
n'est pas d'accord ça serait bien qu'il explique pourquoi :
pour moi une masse sombre ovoïde qui vole bas, munie de plusieurs
lumières, rouges notamment dont certaines clignotaient, et
dont on ne sait pas si ça faisait du bruit ou non (mais l'objet
assez similaire observé non loin de là par la femme et
la mère du témoin en faisait, un « fort
grondement »), ça ressemble plus à un
hélicoptère qu'à une soucoupe volante !
Quant à Vert-le-Grand, il propose
froidement comme explication « un hélicoptère ou un
autre appareil militaire effectuant des recherches peu après
l'événement observé par des dizaines de milliers
de témoins ». Quel autre « appareil
militaire » ? Un sous-marin ?
Et il nous montre pour expliquer le ridicule de cette supposition une
photo prise à 600 mètres du lieu d'observation montrant
une forêt de pylones de haute tension dans laquelle un pilote
d'hélicoptère aurait été bien imprudent de
s'aventurer... Pourquoi à 600 mètres ? Parce qu'il y en a
beaucoup moins sur les lieux-mêmes d'observation, juste une ligne
longeant la route de chaque côté !
Et Mesnard continue dans la dérision :
Or, la même « démonstration »
suggère la même explication pour la multitude de points lumineux (dont
un portant un puissant phare) vus dans le ciel par le témoin,
juste avant l'observation proprement dite. Résumons : une multitude
d'avions (militaires !) poursuivent activement la rentrée
atmosphérique passée par là un quart d'heure plus
tôt. L'un d'eux est équipé d'un puissant phare
(pour repérer un phénomène lumineux, c'est ce
qu'il y a de plus pratique, cela revient à chercher un
réverbère allumé à l'aide d'une lampe
torche !), tandis qu'un autre — disons un
hélicoptère silencieux (c'est courant) — fouille à l'aide de 3, 4, ou 5
projecteurs sous les lignes à haute tension, pour voir si la
rentrée atmosphérique ne serait pas cachée
là afin d'échapper à ses poursuivants.
Voilà, en somme, le scénario suggéré par
notre énergumène.
Au sujet de la « multitude de points lumineux » voici ce qui
était écrit dans l'enquête publiée par
Mesnard dans
LDLN n° 303 :
Lorsqu'elle arrive à
la hauteur de Vert-le-Grand, elle remarque soudain qu'il y a beaucoup
d'avions dans le ciel (ce qui n'est pas rare en cette région).
Elle en voit notamment un qui porte un puissant phare blanc.
Pardon si cette description ne m'a pas donné à penser
qu'il y avait quelque chose de vraiment inhabituel avant l'observation de
l'objet principal, et si j'ai été bête d'ignorer
que « beaucoup » signifiait « multitude» !
Et non, je n'ai jamais suggéré que le supposé
hélicoptère s'était lancé à la
poursuite d'un phénomène lumineux, mais plutôt
à la recherche des traces d'un éventuel crash (d'avion,
de météorite, d'ovni, peu importe), de nombreux
témoins de la rentrée ayant alerté gendarmes,
aérodromes, observatoires, pompiers et autres en estimant que l'engin qu'ils
avaient vu passer devait s'être écrasé un peu plus
loin... Et donc, oui je pense qu'un hélicoptère
équipé de puissants projecteurs est ce qui convient le mieux
à la recherche des débris d'un crash la nuit !
Mais voici ce que j'écrivais après avoir
proposé cette interprétation :
Cette interprétation par un hélicoptère suppose donc de
fortes distorsions du témoignage, mais cela ne me semble pas
invraisemblable compte tenu des très mauvaises conditions
d'observation :
.../...
Bien sûr, on peut aussi
penser que l'objet vu à Vert-le-Grand tout comme ceux de
Villavard étaient d'authentiques soucoupes volantes, mais ces
cas ne sont guère convaincants : on peut trouver dans la
littérature ufologique des cas de confusions
avérées qui semblaient bien plus extraordinaires, et s'il
n'y avait que des cas de ce genre je ne m'intéresserais pas
aux ovnis !
On a du reste l'impression que les ufologues qui ont
enquêté sur ces cas ont surtout voulu mettre en
évidence les contradictions avec la thèse d'une
rentrée atmosphérique, sans vraiment chercher si
ces cas pouvaient s'expliquer autrement.
Mais comme je l'ai expliqué ici, je pense que je me suis trompé au
sujet de Vert-le-Grand, en raison d'une mauvaise représentation des
lieux par Joël Mesnard. Je pense plutôt maintenant que cette
observation, y compris celle de la « multitude » de
points lumineux au début, se rapportait à la rentrée
atmosphérique, et j'attends avec une grande impatience les critiques de Mesnard à ce sujet...
La démolition du cas de
Gretz-Armainvilliers est tout aussi rigoureuse et objective : les
témoins ont simplement vu la rentrée
atmosphérique, et « les changements de caps
observés ou supposés s'expliquent assez
naturellement ». Quand c'est nécessaire pour une
démonstration, les rentrées atmosphériques avancent
désormais en zigzags. Quand un détail est gênant, il devient
« supposé ».
C'est surprenant que Joël Mesnard me reproche d'écrire que
certains changements de caps ont pu être « supposés »
alors même que des deux changements de caps
allégués sur ce cas, il y en a un qui a
mystérieusement disparu entre l'enquête initiale
publiée dans
LDLN n° 306 et le dossier dont il est
question ici, publié dix ans plus tard ! Le témoin
lui-même a d'ailleurs aussi disparu, et comme ça faisait
désordre Mesnard en a rajouté deux autres qui
traînaient non loin de là... Il n'est donc plus question
d'un deuxième virage, mais par contre reste toujours la mention
d'une « remontée » finale que seul ce
témoin oublié a mentionnée ! Quant au
premier virage, il n'est aussi mentionné que par un seul témoin,
j'ai expliqué comment il avait pu imaginer ce virage en se
trompant sur la direction du phénomène pendant les
premières secondes de son observation, erreur qui explique aussi
les « faisceaux tronqués » verticaux qui constituent
la seconde et dernière « anomalie » de cette observation qui en
dehors de cela décrit avec une précision remarquable la
rentrée atmosphérique... Si Mesnard trouve cette
possibilité d'erreur invraisemblable, qu'il explique donc pourquoi !
Mesnard s'en prend ensuite au Général Norlain,
président du groupe Cometa :
Il a fait allusion (mais hélas sans donner de date) à un cas
où on avait cru avoir affaire à des ovnis, et où
finalement on s'est aperçu qu'il s'agissait d'une rentrée
atmosphérique. De quelle affaire s'agit-il, si ce n'est celle du
5 novembre ?
Et si c'est bien du 5 novembre qu'il s'agit (ce qui
ne fait guère de doute), cette manière de résumer
le dossier a de quoi surprendre, venant d'un groupe censé
œuvrer pour la levée du secret. Certains diront qu'il est
des levées de secret qui doivent être lentes et
progressives. En l'occurrence, si levée il y a, on bat ici
des records de lenteur et de progressivité .
Tout porte donc à croire que, depuis les premières heures du
6 novembre 1990, on a estimé « en haut lieu »
que la révélation de certains aspects des
événements du 5 n'était pas souhaitable. Et qu'il
fallait recruter les « experts » capables de maintenir le
peuple à un niveau convenable d'ignorance. C'est certainement
pour notre plus grand bien, n'en doutons pas un seul instant !
Ce qui est comique, c'est que les seuls « experts »
payés dans cette affaire étaient tout au contraire ceux
qui discréditaient l'explication par la rentrée
atmosphérique en accumulant les fausses affirmations à
son sujet (« trajectoire Pau-Strasbourg », « ne dure
que quelques secondes », « corps de la fusée
accompagné d'autres éléments distants de quelques
kilomètres », interprétation des photographies dans
Paris-Match, etc...) Si vous voulez en savoir plus et apprécier
quelle a été l'influence des « experts »,
lisez donc
ceci.
Et dire que de mon côté j'ai perdu un procès pour
avoir dénoncé les erreurs commises par ces
« experts », personne ne m'avait dit que j'aurais pu au
contraire être payé pour montrer que la plupart des
témoignages décrivaient très bien cette
rentrée !
Quand on a des témoignages précis, c'est la rentrée !
Mesnard cite ensuite deux témoignages qui lui paraissent
remarquables par la richesse des détails mentionnés :
Pour conclure, voici deux comptes-rendus exemplaires d'observations du 5
novembre : ce sont des modèles de précision quant
aux trajectoires apparentes. Si davantage d'observations avaient
été rapportées avec autant de soin, la situation
serait plus claire, et la désinformation moins aisée.
Ces deux observations ne concernent pas nécessairement le
phénomène qui a « parasité » la
rentrée de l'engin soviétique : il se peut qu'elles se
rapportent à cette rentrée elle-même ; peu importe :
la trajectoire sur fond de voûte céleste est, dans chacun
de ces deux cas, décrite avec une rare précision.
Le « peu importe » me paraît un peu étonnant :
s'il s'avère que plus les témoignages sont précis,
et plus ils évoquent la réalité de la
rentrée atmosphérique, Mesnard devrait tout de même se
poser quelques questions ! Et comment peut-il dire qu'on y verrait
plus clair s'il y avait plus de témoignages tels que ceux-ci, si
lui-même, après dix ans d'enquête, n'est pas capable
devant un témoignage particulièrement précis de
dire « c'est la rentrée » ou
« c'est autre chose » ?
Saint-Marc-sur-Mer (Loire-Atlantique) :
Le témoin indique non seulement les azimuts et les sites nécessaires à un bon repérage de la trajectoire apparente, mais aussi les incertitudes qui entachent nécessairement ces évaluations
(cas non retenu comme exemple probant).
On a là effectivement une description très précise de la rentrée atmosphérique.
Ce témoin situé près de Saint-Nazaire décrit un
phénomène qui évoque tout à fait la rentrée
atmosphérique : un ensemble de points lumineux de couleur dominante rouge, semblant
se déplacer « d'un seul bloc ». La dimension
apparente maximale estimée entre 2 et 5° est un peu
sous-estimée pour la rentrée qui devait atteindre une
dizaine de degrés, mais précisons que le récit a
été fait presque deux ans après l'observation, et
que ce témoin habitué des observations astronomiques
n'aura pas tendance à exagérer.
Ce sont surtout les indications sur les directions qui sont remarquables, le
témoin ayant mesuré les angles précis d'après
la monture de son instrument astronomique. Même si l'on peut toujours
émettre quelques doutes sur la précision de ces
données en raison de la tardiveté de cette
« reconstitution », on peut faire d'utiles comparaisons
avec la trajectoire de la rentrée.
L'apparition du phénomène est estimée à un
azimut de 247° ± 15°, pour une hauteur sur l'horizon
de 10° ± 5°.
Ici, l'erreur serait un peu supérieure à l'incertitude indiquée, puisque la
rentrée se trouvait pour une hauteur de 10° à un azimut de 220°...
Ça reste une erreur raisonnable, d'autant plus qu'il est clair
qu'il y a de toute façon une erreur quelque part : le
témoin indique aussi que son azimut de 247° correspond
à une direction sud-sud-ouest, alors qu'il s'agit
d'ouest-sud-ouest... Je suis tenté de considérer, du fait
qu'il ne parle pas de la formation d'un nuage correspondant à
l'explosion de la rentrée, qu'il a fait le début de son
observation réellement dans la direction sud-sud-ouest, à
un azimut de 210° et à une hauteur angulaire de 15°,
position de la rentrée à 18 h 59'.
Le passage au plus près est estimée à un azimut de
170° ± 20°, pour une hauteur angulaire de 30°
± 5°. Cette fois, cela correspond très bien
à la rentrée atmosphérique, qui passait au plus
près à un azimut de 155° et à une hauteur de
28°.
Et la disparition a eu lieu derrière le toit d'une maison,
à un azimut estimé à 120° ± 10° et une
hauteur angulaire de 25° ± 5°. La rentrée
atmosphérique passait à l'azimut 120° à une
hauteur angulaire de 24°, précisément à 19 h.
Et la durée estimée entre une minute et demie et deux
minutes et demie serait donc un peu exagérée, la
rentrée ayant mis une minute à parcourir cette
trajectoire.
On voit que dans ce témoignage précis
les erreurs sont mineures, surtout pour une reconstitution faite
après plus d'un an.
Trilport (Seine-et-Marne) :
Pas d'azimuts, pas de hauteurs angulaires, et pourtant, tout y est !
(cas non retenu comme exemple probant).
Et quand tout y est, pas de doute, c'est la rentrée !
Deuxième exemple de témoignage que Joël Mesnard trouve
remarquable de précision...
Voici ce qu'a vu le témoin près de Meaux, en région parisienne :
L'objet observé, avec ses trois lumières
blanches en triangle à l'avant, son long faisceau lumineux
cylindrique jaune et un deuxième plus petit, évoque tout
à fait les autres descriptions de la rentrée en
région parisienne.
Le chemin devant ce témoin
pointe vers la direction est-sud-est. L'objet serait apparu dans la
direction de Nanteuil, situé au sud-ouest : c'était la
direction de la rentrée lorsqu'elle se trouvait à 8°
de hauteur angulaire. Le passage au plus près de la
rentrée se faisait au sud-sud-est à 26° de hauteur
sur l'horizon, ce qui correspond bien avec sa position sur le dessin.
Enfin, les arbres sur la gauche auraient masqué le
phénomène dans la direction est-sud-est ou est, où
la rentrée passait peu après 19 h 01...
Juste après avoir perdu de vue le phénomène, le
témoin a entendu sonner 19 h au clocher de l'église... Si
c'étaient les 2
e coups (qui sonnent en
général 2 ou 3 minutes après l'heure exacte),
l'horloge était bien réglée !
Bref nous avons là effectivement une description très
précise de la rentrée atmosphérique, et comme le
dit Mesnard :
Si tous les comptes-rendus avaient cette
précision, que l'ufologie serait belle !
Cas relatés dans d'autres numéros
Parmi les 33 cas que Joël Mesnard retient comme « exemples
flagrants », certains ne sont pas détaillés dans son
dossier de 2001 parce qu'ils avaient été
abordés en détail dans des numéros
précédents de
Lumières dans
la nuit.
Saint-Germain-de-la-Grange (Yvelines) :
Vers 19 h, un automobiliste observe le passage à basse altitude, au-dessus de la colline de Neauphle-le-Château, de deux boules lumineuses de bonne taille, dont la trajectoire semble épouser le relief. Il réussit à se rapprocher, puis arrive exactement sous le phénomène, qui semble redescendre après avoir sauté la colline, et reprend un peu d'altitude à l'approche d'une ligne HT.
La seule anomalie de cette bonne description de la rentrée est le passage au zénith attesté, mais il est inconciliable avec les circonstances de l'observation.
Ce cas a été décrit dans le numéro 310 de
Lumières dans la nuit...
Et pour une fois, la date du témoignage est précisée : c'était plus d'un an
après l'observation...
Vers 19 h, Saint-Germain-de-la-Grange (Yvelines)
L'enquête sur ce cas n'a été faite (par Roger Gromik et Joël
Mesnard) que le 29 janvier 1992, mais les souvenirs du témoin,
R. P. , étaient encore très précis. Ce qui est
moins précis, dans cette observation, c'est l'heure : ça
s'est passé « vers 19 h », mais il n'est pas
possible d'en savoir plus. Trop occupé à regarder le
phénomène, R. P. n'a probablement pas pensé
à regarder sa montre, et s'il l'a fait, il ne s'en souvient
plus, près de quinze mois plus tard.
Ce n'est pas très grave. L'essentiel est que le témoin se souvienne
parfaitement du déroulement de l'observation et surtout de la direction de son regard.
Cette donnée est ici capitale, car le témoin est formel :
il s'agit d'un passage rigoureusement à la verticale de sa
position, et à une altitude extrêmement basse, de l'ordre
de la hauteur d'un grand pylône de ligne haute tension.
R. P. , qui est âgé d'une cinquantaine d'années,
était seul dans sa voiture. Il venait de quitter
l'agglomération de Saint-Germain-de-la-Grange, se dirigeant vers
Neauphle-le-Château, au sud. (Ces deux localités se
trouvent à une trentaine de kilomètres à l'ouest
de Paris).
Il se trouvait donc sur une route où l'on a un
champ de vision très dégagé, avec des champs
à perte de vue sur les deux côtés, et en face,
à guère plus d'un kilomètre, la colline de
Neauphle-le-Château.
C'est là qu'il remarqua, dans le coin droit de son
pare-brise, en direction du sud-ouest, un ensemble de deux
lumières, d'un blanc laiteux, se déplaçant
apparemment d'ouest en est, presque au ras des arbres de la colline.
Tout de suite, il pensa à un gros avion volant anormalement bas.
Mais cela ne ressemblait pas aux feux d'un avion.
Les trajectoires de la voiture et du phénomène étaient
convergentes, et la distance d'observation ne cessait de diminuer.
Soudain il n'y eut plus ces deux gros points blancs, mais un seul (d'un
diamètre apparent un peu inférieur à celui de la
pleine lune), suivi de deux longs cônes très pointus,
pointe en arrière.
Un instant plus tard, R. P. ne vit
plus, derrière la boule (dont le diamètre apparent avait
rapidement doublé), qu'un seul cône, doré, avec
à l'intérieur, comme un scintillement de paillettes
blanches. Cela ressemblait à des « cierges magiques »
qui projettent des étincelles. La longueur apparente de
ce cône était alors considérable, près de
20 cm à bout de bras (et elle ne cessait d'augmenter).
Parvenu à un carrefour, au pied de la colline, R. P. , plutôt que
de tourner à droite pour poursuivre sa route,
préféra tourner à gauche, en direction de Chatron,
pour se rapprocher encore de la chose, qui ne cessait de grossir, de
plus en plus haut dans son pare-brise.
Il roulait donc à
flanc de colline, dans un chemin bordé d'arbres, et devait
pencher la tête en avant, sous son pare-brise, pour regarder le
phénomène. Lorsque cela arriva juste au-dessus de sa
voiture, il s'arrêta, et sortit aussitôt afin de mieux
voir. Il se trouvait alors dans le bas de la rue de la Butte (sur la
commune de Saint-Germain-de-la-Grange, à un endroit où
l'on a, depuis, construit une barrière interdisant le chemin
à la circulation).
Il vit parfaitement la boule et le
cône qui venaient de passer rigoureusement à la verticale
de sa position, et qui commençaient à s'éloigner,
assez lentement et en silence, vers la plaine de Neauphle, à
l'est. La boule n'était pas dans l'axe du cône, mais
nettemnt décalée à gauche. Quant au cône,
toujours doré et scintillant, ses contours n'avaient pas la
netteté de ceux de la boule. Cela avait plutôt l'aspect
d'un flux de particules, comme une gigantesque flamme escortant la
boule.
Reconstitution de la trajectoire du
phénomène, de l'endroit où le témoin l'a
tout d'abord découvert (en 1). En 4, le phénomène
survole le témoin, qui vient de parcourir environ 600 m depuis
les premiers instants de l'observation.
L'ensemble s'éloignait maintenant en descendant verticalement dans le champ
visuel du témoin, ce qui indique effectivement un passage au
zénith. R. P. affirme que l'altitude de la chose n'était
certainement pas supérieure à 200 m. La boule et le
cône, fixes l'un par rapport à l'autre, étaient-ils
liés par une éventuelle structure, invisible dans
l'obscurité ? Le témoin ne saurait le dire : le ciel
était très sombre, et si une telle structure existait, on
n'en distinguait pas les contours.
Ce que R. P. remarqua alors,
c'est que le phénomène, qui lui avait paru escalader la
colline, redescendait maintenant dans la plaine, son altitude par
rapport au sol semblant rester constante.
Dernière phase de l'observation, dans le bas de
la rue de la Butte, à Chatron (commune de
St-Germain-de-la-Grange). Le phénomène vient de survoler
le témoin, qui court jusqu'au grillage, d'où il le voit
redescendre dans la plaine, plein est (à 10° près),
puis remonter légèrement et disparaître.
Lors des derniers instants de l'observation, R. P. vit le
phénomène qui reprenait un peu de hauteur avant de
disparaître dans le lointain. Il se demande si ce n'était pas
pour sauter la ligne à haute tension toute proche, ou
peut-être les immeubles de Plaisir, à 2 km de là.
La chose s'éloignait en direction de Versailles, et de Paris, ce
qui suggère une comparaison avec l'observation de la gare de
Saint-Cloud (LDLN
306, p. 15). Les descriptions ne sont pas
identiques, mais présentent bien des points communs.
Quoi qu'il en soit, cettte observation de Saint-Germain-de-la-Grange est de
toute évidence à compter parmi celles qui contredisent
absolument la thèse de la fusée soviétique. La
précision des données géométriques fournies
par le témoin ne laisse rigoureusement aucun doute à ce
sujet. Et ce qui a été vu là n'est certainement pas
ce qu'ont observé les pilotes du « Brasilia »,
à Limoges. Il n'y avait pas, à ce moment-là, un
phénomène unique dans le ciel, mais plusieurs. Non
seulemment l'ensemble des témoignages ne converge pas vers une
trajectoire unique, avec des descriptions concordantes, mais
il est difficile de trouver deux récits susceptibles de
se rapporter au même phénomène !
Pour l'essentiel, on trouve une bonne description de la
rentrée atmosphérique... Les deux cônes de
lumière très allongés, dont un s'est
estompé, évoquent parfaitement les deux
traînées lumineuses du phénomène... Mesnard
note d'ailleurs les similitudes de cette observation et de celle de
Saint-Cloud, qu'il considère comme relevant probablement de la
rentrée... L'azimut du début et de la fin de la
trajectoire, du sud-ouest jusqu'à l'est (à
10° près) correspondent parfaitement à la
rentrée, qui passait au sud-ouest à 7° de hauteur sur
l'horizon, et disparaissait à l'est également à
7° de hauteur.
L'impression de « suivi de relief »
est assez douteuse compte tenu d'un relief justement
très peu marqué et qu'une bonne partie de l'observation a
été faite depuis une automobile en marche. Et
l'impression finale que l'objet prenait un peu d'altitude à la
fin peut tout à fait
s'expliquer par une baisse de luminosité de l'objet à
l'approche de l'horizon, nous en avons vu d'autres exemples... Le
témoin se demande si ça
n'est pas pour sauter la ligne à haute tension toute proche,
ou les immeubles de Plaisir qui se trouve 2 km à l'est de sa
position, mais il s'agit là d'une simple
interprétation.
La seule grosse anomalie de cette observation est donc l'affirmation d'un
passage rigoureusement au zénith, alors que la rentrée
passait au plus près à seulement 24° de hauteur
angulaire...
Ça paraît gros comme erreur, mais on
peut remarquer justement à ce sujet une certaine
incohérence... Si on suit le témoin, il est resté
dans sa voiture et a pu suivre le phénomène, en devant
juste se pencher en avant, jusqu'à ce qu'il passe rigoureusement
à sa verticale... Mais il est facile de constater que lorsqu'on
est au volant de sa voiture, même en se penchant en avant,
l'angle de visibilité en hauteur est très loin de
90° :
Le phénomène arrivait de la droite, il ne
pouvait donc pas être vu très haut non plus dans la vitre
latérale... Et la conclusion qui s'impose c'est que
contrairement à ce qu'indique le témoin, pendant
tout le temps où il est resté au volant, le
phénomène est resté très
bas sur l'horizon... À moins d'être petit, on doit se
pencher en avant pour voir au volant d'une automobile un objet qui
passe à 25° de hauteur angulaire, et à presque
90° c'est strictement impossible tout en continuant à
conduire !
Du reste, on se demande comment le témoin aurait pu voir à
la fin de son observation l'objet « suivre le relief » s'il
était descendu à la verticale sur l'horizon !
On peut remarquer enfin que la « boule » lumineuse qui
devançait le « cône » est restée dans
la phase finale à gauche de ce cône, ce qui est tout
à fait normal dans le cas où l'ensemble se
déplaçait toujours de droite à gauche.
Le passage à la verticale affirmé est
donc impossible dans les conditions décrites. Il trahit
simplement, comme dans d'autres cas, la certitude que
l'objet passait très près du témoin, impression
amplifiée par le témoignage tardif.
Le reste étant tout à fait représentatif de la
rentrée atmosphérique, on ne peut avoir aucun
doute sur le fait que c'est bien ce phénomène qui a
été observé.
L'Isle-Adam (Val-d'Oise) :
Un objet triangulaire sombre, émettant vers l'avant deux faisceaux lumineux, est vu pendant un premier virage. Il survole une petite avenue, puis, à une distance du témoin estimée à 50 m, bascule pour virer de 120°, puis accélère de façon foudroyante et
disparaît vers l'est.
Dans ce témoignage tardif, les changements de cap affirmés s'expliquent vraisemblablement par une erreur d'appréciation du sens de déplacement de la rentrée atmosphérique.
Ce cas a été exposé dans le numéro 318 de
LDLN.
Ici encore, chose rare, nous avons la date du témoignage :
deux ans et demi après l'observation... C'est
tout de même curieux que les témoignages les plus
extraordinaires soient
toujours très tardifs !
Un virage de 300°, à 50 m du témoin et
une accélération foudroyante
De tous les témoignages sur le 5 novembre que j'ai pu recueillir,
celui-ci est l'un de ceux qui m'ont le plus frappé. Il est
certainement à ranger parmi les plus solides et les plus
significatifs.
Il y a un seul témoin dans cette affaire :
c'est une jeune femme, Claire Depeuille, qui m'a raconté son
expérience le 29 mai 1993, sur les lieux-mêmes où
elle l'avait vécue, deux ans et demi plus tôt. C'est une
femme active et dynamique, que sa profession amène à
beaucoup voyager, parfois dans des pays lointains.
Ses deux filles, alors âgées de 6 et 8 ans, se trouvaient en sa
compagnie, ce soir du 5 novembre : elles étaient assises sur le
siège arrière de la voiture, mais n'ont pas
observé le phénomène.
Claire Depeuille
circulait dans l'Isle-Adam (Val-d'Oise), suivie de la voiture d'une
amie. Celle-ci s'étant trouvée bloquée à un
feu rouge, Claire Depeuille décida de s'arrêter pour
permettre à son amie de la rejoindre. C'est ainsi
qu'après avoir traversé un second carrefour, elle tourna
à gauche dans l'avenue des Bonshommes, et s'arrêta
aussitôt.
Son regard était alors tourné vers
le sud-est. Elle vit tout d'abord, dans l'axe de l'avenue, ce qu'elle
prit pour une étoile filante, puis, l'instant d'après,
deux projecteurs horizontaux, parallèles, se
déplaçant approximativement du sud vers le nord.
Presqu'aussitôt, ces deux projecteurs (portés par une masse sombre dont elle
distinguait mal les contours dans la nuit) tournèrent pour se
mettre dans l'axe de l'avenue.
La chose remonta donc l'avenue des Bonshommes, se rapprochant
rapidement de la voiture à l'arrêt.
Le carrefour, vu vers le sud-est. La voiture était
stationnée en A. De là, on ne distinguait pas les
extrémités droite et gauche de l'objet, masquées
par le sommet des arbres.
-
Premier virage, observé à 300 m de distance.
-
L'objet s'approche, dans l'axe de l'avenue.
-
À 50 m du témoin, ou guère plus, il bascule sur sa droite.
-
Il disparaît vers l'est, à très grande vitesse.
La masse sombre, aux contours assez indistincts, pouvait
avoir la forme d'un triangle isocèle rectangle (un
demi-carré), le grand côté en avant. Ses
extrémités droite et gauche étaient
masquées par les arbres bordant l'avenue.
Le premier virage avait été pris à environ 300 m du
carrefour, et soudain, alors que l'énorme objet ne se trouvait
plus qu'à une cinquantaine de mètres de la voiture, il
bascula sur sa droite, prenant sur place un virage d'environ 300°,
accéléra de façon foudroyante, et disparut en
direction approximative de l'est.
Vous aurez noté
qu'entre l'enquête initiale et le dossier de 2001 le virage final
« à 300° » s'est transformé en un virage
« à 120° »... Joël Mesnard, ancien prof de
maths, a dû se rappeler entre-temps qu'un virage à
300° ça serait presque un tour complet, et que presque un
demi-tour c'est 120° et c'est bien cela que le témoin
décrit... Par contre on ne sait pas trop si l'objet
a fait demi-tour ou s'il est reparti en marche arrière, avec
donc les faisceaux dirigés vers l'arrière... La
dernière phrase du témoignage à ce sujet est assez
ambigüe : « basculer » sur la droite, ça veut
dire quoi ?
Ce qui est surprenant dans ce cas, c'est qu'outre les
changements de cap on a un objet qui ressemble beaucoup à la
rentrée atmosphérique, mais à l'envers : le
triangle est pointe à l'arrière (il s'agit d'un triangle
sombre, mais vu que ses contours ne se distinguaient pas dans la nuit
il devait bien y avoir des lumières pour définir la
forme), et les faisceaux lumineux sont dirigés vers l'avant ! On
peut se demander si tout cela n'est pas lié... Nous avons
déjà vu que dans le cas de
Gretz-Armainvilliers,
un autre de ces cas très exceptionnels de « virages »
importants, le virage observé par le premier témoin
s'expliquait sans doute par une mauvaise appréciation du sens de
déplacement de l'objet pendant les premières secondes de
son observation, erreur qui lui avait aussi fait prendre les
traînées lumineuses à l'arrière pour des
faisceaux à l'avant... Cela se rapproche beaucoup du
présent cas !
Voyons ce qui a pu se passer... La
rentrée atmosphérique qui s'éloignait devait
être visible à peu près sous cette forme (la photo
de la rue est dérivée de Google Street View), dans l'axe de
la rue :
On voit que ça n'est finalement pas très
éloigné de la reconstitution faite deux ans et demi
après l'observation avec les enquêteurs de
LDLN...
Ce que l'on peut donc supposer, c'est que le témoin a vu
apparaître les lumières de la rentrée vers la
droite à une hauteur angulaire inférieure à vingt
degrés. Lorsque les traînées lumineuses sont apparues, elle les a prises pour
des phares à l'avant parce que c'est plutôt cela qu'on s'attend
à voir, et en les voyant sortir de derrière les arbres elle a pensé que l'objet
pivotait, puis elle a cru pendant quelques secondes qu'il allait vers elle parce
qu'elle restait persuadée que ces « phares »
qui s'allongeaient peu à peu étaient à l'avant, alors qu'en fait le
phénomène s'éloignait lentement... Enfin, lorsqu'elle a inconsciemment remis les
choses dans le bon sens, elle a cru que l'objet repartait vers l'est en
marche arrière, pour disparaître derrière les arbres à gauche.
Tout rentre alors dans l'ordre, et il
n'y a finalement qu'une erreur de perception assez minime, sûrement
exagérée par le témoignage tardif (l'objet qui se
serait approché jusqu'à une cinquantaine de mètres).
Une autre possibilité serait qu'elle aurait été un peu
effrayé et fait momentanément une marche arrière,
ayant alors l'impression que l'objet la suivait dans son mouvement et
avançait vers elle... Une réaction bien compréhensible mais
que l'on peut vouloir oublier ou taire.
Merci à « Marius » de
Sceptic Ovni
de m'avoir envoyé les scans des revues qui me manquaient
pour les deux cas suivants, j'aurais regretté
de les avoir manqués, surtout le premier !
Montreuil-Juigné (Maine-et-Loire) :
Vers 19 h, vision d'un ensemble complexe de lumières qui remplissent presque tout le champ visuel du témoin, lequel tourne le dos à la trajectoire de la rentrée atmosphérique.
Un témoignage très tardif, et des incompatibilités de trajectoire avec la rentrée atmosphérique qui reposent sur des repères géographiques faux.
Voici comment le cas était
exposé dans
LDLN n° 350, avec le texte et les dessins des
enquêteurs de l'A.E.I.O.U. et une introduction et un
encadré de Joël Mesnard :
Rappelons, pour les personnes qui n'ont abordé l'ufologie que
récemment, que les événements de la soirée
du lundi 5 novembre 1990 constituent la troisième grande vague
d'apparitions d'ovnis en France, et que si les deux premières
(second semestre 1954 et milieu des années soixante-dix) ont
duré, respectivement, quelques semaines et plusieurs
années, celle-ci s'est déroulée en moins d'une
demi-heure, au cours de laquelle des centaines et des centaines de
personnes, en France et dans plusieurs pays voisins, ont assisté
à des spectacles invraisemblables, comme si d'immenses
constructions ornées de lumières avaient
défilé dans le ciel à basse altitude. Nous avons
déjà longuement évoqué ces observations
stupéfiantes, dans nos numéros 303 à 306, 309,
310, 313, 318 et 338, et la documentation sur les
événements du 5 novembre 1990 ne cesse de s'enrichir.
L'AEIOU (1), qui déploie son activité dans la région
d'Angers et de Nantes, nous expose ici un exemple qui vient confirmer
tout ce que nous avons déjà dit, dès le
début, et qui contredit manifestement la « vérité »
officielle sur le 5 novembre.
1 : Association des Enquêteurs d'Investigation des Observations Ufologiques [n'existe plus],
4 square Roland Dorgelès, 49100 Angers.
Lundi 5 novembre 1990, aux environs de 19 h ; il fait nuit, le ciel est sans
nuage. Une dame (qui nous a demandé de ne révéler
ni son nom, ni même ses initiales) promène son chien dans
les rues du centre de Montreuil-Juigné, une localité de
6 000 habitants, au nord-ouest de l'agglomération d'Angers.
Venant de la rue des Déportés, elle traverse le boulevard
Georges Clemenceau. Elle est seule dans la rue.
Arrivant sur le trottoir opposé, en face du salon de coiffure Marie,
cette dame remarque qu'un halo lumineux, d'une couleur
« rouge-blanche » très douce, provenant d'au-dessus d'elle,
l'éclaire ainsi que les alentours. Elle lève la
tête et voit, recouvrant tout le ciel, un ensemble lumineux
imposant, « aussi grand qu'une ville ». Le centre du
phénomène est visible à l'ouest, à l'azimut
275°, et l'ensemble se déplace d'une manière
régulière, en direction du nord.
Le phénomène est décrit comme composé de deux
zones. Une zone centrale, qui semble métallique, est
parsemée, d'une manière plus ou moins
régulière, de points lumineux de diverses couleurs :
jaune, blanc, bleu, vert, rouge. Là où les
lumières sont moins denses, la partie « métallique »
est plus sombre, même noire par endroits. La dame
n'arrive pas à distinguer les limites exactes de cette zone
centrale. Elle compare les petites lumières aux
« fenêtres des bâtiments d'une ville éclairée,
la nuit ».
Dans une zone périphérique se
trouvent des lumières rondes et de plus grandes tailles, de
couleur rouge ou jaune, très douce. Elles sont réparties
de manière symétrique autour de la zone centrale, et
dessinent entre elles un certain nombre de triangles. Les jaunes sont
plus nombreuses que les rouges.
La dame ne distingue plus le
ciel ! Si elle discerne mal les contours du phénomène,
à cause de sa taille et de la nuit, elle précise qu'il
s'agit d'un ensemble massif, du moins dans sa partie
périphérique. Elle parle d'un « vaisseau ».
Cette dame est émerveillée, elle se sent euphorique à la
vue de ce phénomène. Son chien alors âgé de 2 ou
3 ans, ne semble pas réagir, il se comporte normalement.
Le phénomène se déplace vers le nord, à
vitesse régulière, passant au-dessus de la vallée
de la Mayenne, que Montreuil-Juigné domine d'une quarantaine de
mètres. En s'éloignant, les lumières s'estompent
et disparaissent progressivement. À la fin, le témoin ne
distingue plus que trois des lumières rouges
périphériques. Ces lumières forment un triangle.
Le phénomène disparaît à l'azimut 30° (vers
le nord-nord-est, à une vingtaine de degrés au-dessus de
l'horizon. L'observation a duré une ou deux minutes. Il faut
noter que la dame a plus de mal à se remémorer la fin de
l'observation, que son début.
Zone centrale :
-
partie A : points lumineux denses, encadrés par des parties « métalliques » noires ; couleurs de ces points : jaune, blanc, vert, bleu et rouge (ces derniers étant peu nombreux). La lumière est douce, elle n'aveugle pas.
-
partie B : semblable à la précédente, mais il n'y a plus qu'une couleur, jaune, qui tend à devenir blanche en s'éloignant de la partie A vers la pertie E.
-
partie C : comme la partie A, mais les points lumineux, jaunes, sont plus espacés.
-
partie D : comme la partie C.
-
partie E : sombre, voire noire, sans points lumineux. Couleur dominante : gris métal.
La zone centrale, selon le témoin, n'était pas lisse, mais
donnait l'impression de « bâtiments avec des fenêtres
éclairées », d'où la comparaison avec une
ville vue de nuit.
Zone périphérique :
Cette zone se compose de points lumineux ronds, de grande taille de couleurs jaune
(tirant sur le blanc) et rouge. Elles sont disposées
symétriquement autour de la zone centrale, et suggèrent
des triangles de tailles diverses s'entremêlant.
Ensemble du phénomène :
La forme générale est plutôt allongée. Les
lumières, quoique vives, ne sont pas aveuglantes,
mais « douces ». Le témoin n'a pas réussi à
distinguer les contours exacts de « la masse », de
même que la limite précise séparant les zones
centrales et périphérique.
Il est à noter que, lorsque les enquêteurs de l'AEIOU lui
demandèrent d'indiquer la taille apparente du
phénomène, la dame écarta les bras en croix
pour indiquer que cela remplissait quasiment tout son champ visuel.
C'est un détail qui ne plaide pas précisément en
faveur de la « réalité matérielle » de
la chose, et que l'on retouve dans de nombreuses observations faites ce
soir-là.
Ci-dessous : aspect du phénomène, alors qu'il était sur le
point de disparaître, en direction du nord-nord-est.
|
Le phénomène à peine disparu, la dame
voit deux jeunes à cyclomoteur, qui remontent le boulevard
d'où elle est venue, mais elle n'ose pas les arrêter pour
leur demander s'ils ont observé le spectacle. Elle poursuit donc
son chemin, et en remontant le boulevard Clemenceau, devant
l'entrée du collège Jean Zay, elle s'arrête pour
voir si elle peut encore distinguer quelque chose. Mais elle ne voit
rien. Un couple de personnes âgées, venant de la rue
où elle avait fait son observation, remonte la rue. Elle se
dirige vers eux pour leur demander s'ils ont aperçu quelque
chose. Ces gens ayant l'air surpris par cette démarche, elle
n'insiste pas...
Elle reprend son chemin, contourne le
collège, et s'engage dans la rue David d'Angers. Ayant
dépassé le collège, elle entend un bruit sourd,
comme celui d'un avion, mais plus fort. Ce bruit semble se rapprocher,
puis s'éloigne tout aussi rapidement. Elle lève les yeux,
et observe alors ce qu'elle nomme « des vrilles », comme
les traînées laissées par un avion. Ces vrilles se
défont, s'allongent, et enfin s'évaporent. Elles sont
blanches, parallèles au sol, et suivent une direction sud-nord.
Elles ont été observées vers l'azimut 350°
(nord-nord-ouest), à une quarantaine de degrés au-dessus
de l'horizon.
La dame estime que du début de la première
observation jusqu'à la fin de la seconde, il s'est
écoulé entre 10 et 15 minutes.
Cette dame est âgée de 42 ans. Elle est opératrice en
électronique, divorcée. À l'époque des
faits, elle était mariée. Elle est timide, semble
plutôt réservée, et est venue accompagnée de
son fils. Elle ne s'intéressait pas au phénomène
OVNI avant cette expérience.
Elle a entendu dire, par des amis, que d'autres personnes avaient observé le
phénomène, le même soir, à la même
heure, au-dessus de Montreuil-Juigné et notamment d'un
établissement militaire, l'E.T.A.S., situé à 1 km
environ à l'ouest et au sud-ouest de l'emplacement occupé
par le témoin.
Frédéric Brochard et Xavier Banchereau (A.E.I.O.U.)
Voilà apparemment un cas extrêmement convaincant, avec deux
phénomènes différents vus à une dizaine de
minutes d'intervalle, le deuxième bruyant, et des directions
d'observation totalement incompatibles avec la rentrée
atmosphérique et appuyées sur des repères
géographiques très préciss !
Avec un bémol,
c'est qu'on ne nous dit pas comme d'habitude quand cette dame a
rapporté son observation : aussi bien les enquêteurs que
Joël Mesnard sont complètement muets à ce sujet. Le
numéro 350 de
LDLN est paru en 1998, et on a de bonnes
raisons de supposer que l'enquête a été faite peu
avant, en tout cas un certain nombre d'années après
l'observation... Et ce cas va encore nous fournir une parfaite
illustration du peu de crédit que l'on peut accorder à un
témoignage aussi tardif !
Commençons par la
description de l'engin : une multitude de lumières multicolores
regroupées en un ensemble allongé, avec au milieu une
masse noire dont comme d'habitude on ne distingue pas les contours,
ça évoque assez bien la rentrée
atmosphérique vue plutôt au début de sa trajectoire
au-dessus de la France... L'impression que cela couvrait presque tout
l'espace du ciel peut être une exagération banale pour un
témoignage aussi tardif, et pas excessive dans la mesure
où la rentrée qui passait au plus près à
une distance de 200 km devait occuper un angle d'une quinzaine de
degrés en longueur hors traînées, et un peu moins
en hauteur.
Ce qui manque dans la description, ce sont justement
les traînées, multiples à ce niveau de la
trajectoire... Mais on pense à ces « vrilles »
ressemblant aux traînées des avions, blanches et horizontales, allongées et
qui finissent par s'évaporer... Ça évoque furieusement les
traînées de la rentrée, si ce n'est qu'elles
ont été observées d'après
le témoignage une dizaine de minutes après que l'ensemble
de lumières eut disparu !
Les hauteurs angulaires sont
tout à fait conformes à la rentrée
atmosphérique, qui passait au plus près à 32°
au-dessus de l'horizon... Le témoin indique que l'ensemble de
lumières a disparu à 20° au-dessus de l'horizon, et
que les « vrilles » de la deuxième observation ont
été observées à une quarantaine de
degrés au-dessus de l'horizon.
La durée de la
première observation, estimée entre une et deux minutes,
serait aussi conforme à l'observation de la rentrée
atmosphérique.
Par contre, tout se gâte avec les
directions d'observation : la rentrée atmosphérique
apparaissait au sud-sud-ouest, culminait au sud-sud-est et
disparaissait à l'est, alors que le phénomène
apparaissait à l'ouest-nord-ouest et disparaissait au
nord-nord-est, soit dans une direction pratiquement opposée,
ainsi que le sens de déplacement ! Et ça n'est pas mieux
avec les « vrilles », qui se déplaçaient
du sud au nord et de gauche à droite, encore
dans le sens opposé à la rentrée...
Mais on peut déjà se poser quelques questions au sujet de ces
vrilles : si on suit le témoignage, elles ont
été vues pratiquement plein nord (azimut 350°)
à une hauteur angulaire de 40°, elles se
déplaçaient du sud au nord et étaient vues
parallèles au sol ; normalement, quelque chose qui se
déplace du sud au nord et qui est vu en direction du nord doit
plutôt se déplacer perpendiculairement au sol ! En outre,
cette dame marchait alors vers le sud, on ne voit pas comment elle
aurait pu avoir son regard attiré par un objet visible vers le
nord,
donc dans son dos, à une hauteur angulaire de 40° !
Voilà déjà qui sème un léger doute sur la
fiabilité de toutes les indications géométriques
du témoignage... Histoire de voir si on peut enfoncer le clou,
essayons de vérifier les indications géographiques en
retraçant le déplacement du témoin... Il est vrai
que c'est plus facile de nos jours avec Google Maps et Street View,
mais l'enquêteur de son côté se trouvait sur place
(le siège de l'association AEIOU était à Angers,
à une dizaine de kilomètres du lieu d'observation) :
Sur cette carte, le point A est à peu près le point de
départ de la promenade du témoin, le point B est le lieu
de la première observation, et le point F est le lieu de la
deuxième observation, celle des « vrilles »... Les
autres, on va en reparler.
Donc, si on suit le témoignage, la dame arrive de la rue des Déportés,
traverse le boulevard Georges Clemenceau, et fait son observation en
arrivant sur le trottoir opposé, en face du salon de coiffure
Marie... Sauf que sur le plan de l'enquête, ce qui est
appelé boulevard Georges Clemenceau est en fait la rue Emile
Zola ! Et le témoin aurait fait son observation en arrivant de
la rue (et non boulevard) Georges Clemenceau...
Quant au salon de coiffure Marie, il ne se trouve ni dans la rue Clemenceau ni dans la
rue Zola, mais dans la rue David d'Angers (point E),
précisément où le témoin est supposé
avoir fait sa deuxième observation ! Bien sûr, on peut
toujours imaginer que depuis plus de vingt ans il a changé
d'adresse : pour en avoir le coeur net j'ai téléphoné, et
non, il existe depuis 22 ans (donc depuis 1989) et l'adresse n'a pas
changé...
Déjà,
si on suppose que le témoin a fait son observation depuis la rue
David d'Angers, sur le trottoir face au salon de coiffure, la
rentrée atmosphérique a pu apparaître à
sa droite au-dessus du toit de la maison que l'on voit au centre de la
photo.
Mais continuons la promenade de cette dame... Elle continue à suivre le boulevard
Clemenceau, qui est donc en fait la rue Emile Zola, et s'arrête
devant l'entrée du collège Jean Zay pour voir si elle
peut encore distinguer quelque chose... En suivant le chemin avec
Street View, on voit qu'il y a bien une entrée donnant
accès au collège rue Emile Zola (point C) :
Mais ça n'est visiblement qu'une entrée secondaire
utilisée par quelques privilégiés habitant sur
place, alors que l'entrée pricnipale se trouve
aussi dans la rue David d'Angers, juste en face du salon de coiffure
Marie !
Ça ressemble plus à ce qu'on appelle une
« entrée d'un collège », et
décidément il semble que tout ait tendance à se
regrouper en un même lieu ! En tout cas c'est bien dans la rue
David d'Angers, après avoir dépassé le
collège, que la dame aurait observé les « vrilles ».
On peut donc se demander si cette séparation en deux
observations différentes ne serait pas liée à
l'idée fausse que l'observation aurait débuté dans
la rue Georges Clemenceau, à quelque 300 m du lieu de
l'observation des « vrilles »... À une allure de promenade
canine, une dizaine de minutes serait effectivement plausible... Par
contre, si l'observation a débuté en face du salon de
coiffure, c'est à une vingtaine de mètres du lieu
supposé de la deuxième observation.
Ce que l'on peut imaginer, c'est
que la dame a vu apparaître les lumières de tête
au-dessus de la maison attenante au salon de coiffure, et
qu'après avoir
avancé quelques secondes, ayant passé l'entrée du
collège, sa vue s'est dégagée vers la droite et
elle a alors pu voir les traînées qui
suivaient. Ensuite, en huit ans et avec la confusion des repères
géographiques, elle aurait séparé les deux
phénomènes, et inversé le sens du
déplacement.
Ce qui est certain en tout cas, c'est qu'il y a beaucoup trop d'erreurs
géographiques pour que les indications de ce témoignage
puissent être prises au sérieux. Et il est patent aussi
que l'enquête a été bâclée, pour que
les enquêteurs n'aient pas remarqué toutes ces erreurs !
Noisy-sur-Ecole (Seine-et-Marne) :
Un gigantesque boomerang, de couleur fuchsia, qui glissait silencieusement dans le ciel. Sa taille était colossale.
Un boomerang rose aux contours pour une fois nets, c'est surprenant, mais le témoignage est tardif et la trajectoire est celle de la rentrée...
Voici comment ce cas était présenté dans le numéro 313 de
LDLN :
Ce soir-là, à 19 h (à quelques minutes près),
Mme Patricia L. sortit son chien. C'est alors que, regardant vers le
sud, elle vit quelque chose d'extraordinaire : un gigantesque
boomerang, de couleur fuchsia, qui glissait silencieusement dans le
ciel. Sa taille était colossale. Mme L. crut un instant qu'il
s'agissait d'un avion (aussi gros qu'un B-52), volant très bas,
si bien qu'elle s'en inquiéta.
Elle ne vit la chose que
pendant quelques instants. Le « boomerang », aux contours
nets, portait des lumières (notamment vers ses
extrémités), et laissait plusieurs traînées
derrière lui. La chose disparut derrière un arbre, et Mme L.
se précipita pour contourner cet arbre, qui ne se trouvait
qu'à quelques mètres d'elle. Trop tard : il n'y avait
plus rien. Le phénomène avait disparu, de façon
incompréhensible, comme s'il se fût volatilisé sur
place.
Le mouvement apparent était dirigé de la
droite vers la gauche du témoin, c'est-à-dire
approximativement de l'ouest vers l'est. Nous retrouvons là une
caractéristique surprenante de presque toutes ces obervatoions
« fortes » du 5 novembre (Vert-le-Grand étant
l'exception la plus remarquable) : les descriptions ne ressemblent pas
à celles d'une rentrée atmosphérique. Elles ne se
ressemblent pas non plus entre elles (et il s'en faut de beaucoup !) Mais
la direction d'observation et le sens du mouvement sont à peu
près ceux qui correspondraient à la vision de la
rentrée atmosphérique !
S'il y a, comme
nous n'avons cessé de le supposer, quelque chose comme un
mimétisme, un parasitage de la rentée
atmosphérique, une constatation s'impose d'ores et
déjà : ce mimétisme porte sur les directions
(d'observation et de déplacement), ainsi que, bien entendu, sur
l'heure, mais il ne porte nullement sur l'apparence du
phénomène.
Comme le dit Mesnard, la trajectoire et l'heure sont conformes à
la rentrée atmosphérique, qui passait au plus près
à une distance de 174 km et une hauteur sur l'horizon de 33°.
C'est dans la description du phénomène que se situe l'anomalie :
il y a bien les lumières et les traînées qui
évoquent la rentrée atmosphérique, mais ces
lumières sont ici censées être portées par
un boomerang aux contours nets et de couleur rose, c'est moins
banal que les classiques masses noires dont on ne distingue pas
les contours dans l'obscurité !
Mais comme d'habitude la
date du recueil du témoignage n'est pas indiquée;, et
ça pourrait être près de deux ans après
l'observation, ce numéro de
LDLN étant paru fin
1992. S'il s'agit d'un témoignage tardif, il est naturel que la
« masse porteuse » illusoire ait pris de la
substance avec le temps... Et que cette masse ait été vue
de couleur rose n'est après tout pas très surprenant :
il n'est pas dit que l'objet en lui-même
était lumineux, et la nuit tous les boomerangs sont gris !
Les multiples lumières formant la rentrée
atmosphérique étant généralement
décrites par les témoins comme blanches et rouges, ces
couleurs portées par une multitude de lumières ont bien
pu se « diluer » dans la masse avec le
temps et les altérations de la mémoire... ou encore la
myopie !
Conclusion : Une vague sans ovnis
Il est temps de faire le
bilan de ces 33 observations que Joël Mesnard considère
comme des preuves qu'il y a eu le 5 novembre 1990 une vague de
phénomènes mystérieux d'ampleur exceptionnelle,
outre une rentrée atmosphérique d'étage de
fusée. Sur ce total de 33 cas résultant d'un « tri
extrêmement sévère », nous trouvons :
-
6 cas qui se rapportent certainement à la
rentrée atmosphérique décrite de façon correcte :
Melun,
Suresnes,
entre Mulhouse et Bâle,
Neuilly-sur-Marne,
Vergt-de-Biron,
Vésenaz.
-
12 cas qui se rapportent
certainement à la rentrée atmosphérique avec des
détails anormaux dont on a de bonnes raisons de douter
(incohérences dans le témoignage, modifications tardives,
erreurs géographiques, désaccords entre témoins,
erreurs perceptives explicables...) :
Ile de Groix,
Linas,
Soissons,
Vouziers,
Thugny-Trugny,
Cuhem,
Chalonnes-sur-Loire,
Montignac,
île d'Oléron,
Gretz-Armainvilliers,
Saint-Germain-de-la-Grange,
Montreuil-Juigné.
-
7 cas qui se rapportent vraisemblablement à la rentrée avec
des anomalies plus surprenantes :
Capbreton,
nord de Bayonne,
Villemomble,
Mansac,
Vert-le-Grand,
l'Isle-Adam,
Noisy-sur-Ecole.
-
3 cas qui se rapportent à la rentrée atmosphérique
plus autre chose n'ayant rien de très mystérieux (respectivement une
étoile, la lune et un hélicoptère) :
Sauzet,
Neufgrange,
Villavard.
-
2 cas qui se rapportent à
la rentrée atmosphérique plus peut-être autre chose
de non identifié mais peu spectaculaire :
Périgueux,
Bourg-en-Bresse.
-
3 cas qui se rapportent à autre
chose que la rentrée mais pas très spectaculaire ou mystérieux :
Brive-la-Gaillarde,
Paris-Périphérique Sud,
Kelkheim.
25 de ces témoignages ont sûrement (ça n'est
précisé que dans huit de
ces cas, ce qui dénote un total manque de sérieux du
dossier) été rapportés très tard,
après au moins six mois et souvent
plusieurs années. Dans huit de ces cas, il y a une version beaucoup
moins tardive du témoignage dont Mesnard ne tient pas compte et qui
est beaucoup plus conforme à la rentrée
atmosphérique.
Intéressons-nous aussi au nombre de témoins :
-
19 cas impliquent un seul témoin.
-
Dans 7 cas, il y avait plusieurs témoins, mais un seul a témoigné.
-
Dans 3 cas (Linas, Gretz-Armainvilliers, Vergt-de-Biron), plusieurs
témoins ont rapporté leur observation, mais un seul
mentionne quelque chose d'étrange.
-
Dans 4 cas enfin (Périgueux,
Bourg-en-Bresse, Mansac, Villavard), il y a plusieurs observations
indépendantes, et les seules qui présentent des détails anormaux
relèvent d'un unique témoin.
Donc, sur ces 33 cas résultant d'un « tri
sévère » des observations les plus
convaincantes,
aucun
où des anomalies par rapport à la rentrée seraient
mentionnées par plusieurs témoins d'un groupe !
Dans tout cela, je ne vois guère que trois cas qui pourraient
s'avérer intéressants : celui de Vert-le-Grand se
détache parmi ceux qui s'expliquent sans doute par la
rentrée atmosphérique, celui de Bourg-en-Bresse pour la
direction anormale, et celui de Paris-Périphérique Sud
parmi les observations étrangères à la
rentrée... Mais ils ne sont tout de même pas très
convaincants compte tenu du faible niveau de l'enquête, et quoi
qu'il en soit trois cas ne font pas une vague !
J'écrivais en 1997 dans mon article
« Le Culte du 5 novembre 1990 » :
La
question est donc de savoir s'il y a suffisamment de cas
inexpliqués pour que l'on puisse considérer que
« l'activité ufologique » a été
supérieure à la moyenne ce jour-là, qu'il y a eu
une véritable « vague du 5 novembre »... A-t-on
recueilli des cas qui prouvent que d'authentiques ovnis ont
« parasité » une rentrée atmosphérique ? C'est
une idée qui me plaît beaucoup, mais pour l'instant ma
seule conviction est que l'on n'aura pas la réponse à ces
questions tant que les enquêteurs refuseront obstinément
d'admettre la réalité de la rentrée
atmosphérique et d'y confronter leurs témoignages !
Aujourd'hui, après avoir réaxaminé bon nombre de cas
présentés par les défenseurs de cette « vague »
comme des « évidences », je dirais que
non, il n'y a manifestement pas eu de vague d'observations
inexpliquées le 5 novembre 1990, et les notions de « parasitage »
et de « mimétisme » sont à
ranger parmi les fantasmes de l'ufologie... Dommage, c'était une
belle idée, mais l'étude des ovnis garde tout son
intérêt.
Robert Alessandri