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SINGAPOUR

5 au 12 janvier 2007

Nous quittons ce midi la Malaisie, un pays qui en fin de compte nous a séduits. Avant d'y arriver nous ne nous y attendions pas et ce fut plutôt une bonne surprise.

Une autre surprise de taille nous attend à quelques heures de là.

Singapour, la petite Suisse asiatique, nous accueille un peu bizarrement. À peine descendus du bus confortable qui nous a amenés ici depuis Malacca , nous avons du mal à trouver un taxi. Nous n'avons, il est vrai, pas de dollars singapour, seulement quelques ringgits malais au fond des poches. Les chauffeurs ne veulent que de la monnaie locale à moins, bien sûr, d'accepter leur change !!! Nous n'avons pas le choix et nous faisons gentiment arnaquer de quelques piécettes...

Nous trouvons une piaule minuscule, je devrais plutôt dire une cellule, dans une auberge de jeunesse située non loin de Little India . L'ambiance y est heureusement sympa. Le jeune tenancier nous promet une autre chambre, plus grande, pour le lendemain.

Le quartier intéressant le plus proche est celui de Little India . En se baladant dans les parages, les effluves des épices et des tresses de fleurs prêtes à honorer les divinités hindoues dans les temples avoisinants nous remplissent les narines. Les boutiques diffusent de la musique indienne et les femmes portent le sari. Des bijouteries, certaines de la taille d'un drugstore, proposent un choix impressionnant de bijoux en or à des prix plus que raisonnables. Nous passons toute la fin d'après-midi à traîner dans ce coin de la ville et restons manger dans un des nombreux restaurants

Le lendemain matin, le grand ciel bleu me tire du lit, et me décide à retourner prendre des photos des maisons joliment colorées. J'ai oublié une chose : les Indiens ne sont pas matinaux et beaucoup de petites boutiques sont encore closes. Sur une place, un bus de la ville arbore un magnifique Airbus 380 en décoration publicitaire. Dans quelques mois, le premier exemplaire de ce géant des airs leur sera en effet livré. Je prends la photo que j'enverrai à Alexis, notre fils, et à ses collègues qui travaillent à sa mise au point à Toulouse.

Avant de prendre le métro, je retrouve Chantal qui vient de terminer le déménagement de notre cellule vers une chambre plus grande dans la maison d'à côté. Je ne trouve plus le bob que j'avais en permanence vissé sur la tête. L'ai-je perdu dans le car, le taxi, oublié hier à la réception ou dans le restaurant je n'en sais rien, mais je ne l'ai plus. J'en suis tout chagriné car j'y tenais et, en plus, mon crâne chauve ne va pas aimer !!!

Nous voici maintenant dans l'artère la plus commerçante de Singapour, celle où tous les étrangers de passage viennent faire au moins du lèche-vitrine sinon de luxueux achats, la célèbre Orchard Road . Les nombreux shopping centres design abritent toutes les grandes marques internationales. Je me suis attardé, comme par hasard dans ceux spécialisés en informatique et en photo. Au troisième supermarché de matériel photographique (!), je craque pour l'objectif grand-angle dont j'aurai besoin. Ici, les prix se discutent et je ne me suis pas gêné. Après d'âpres négociations, je ne peux décemment pas refuser le geste commercial du vendeur qui me le propose vraiment beaucoup moins cher que dans les magasins précédents. Et c'est tout excité que je me retrouve sur le trottoir, le nouvel objectif monté sur l'appareil.

Une petite rue perpendiculaire nous emmène à quelques mètres de la rue très animée dans un quartier colonial tranquille aux maisons particulières joliment rénovées. L'ambiance du lieu me fait penser à celle de Montmartre à Paris : bohème et aisée. Beaucoup d'expatriés y ont d'ailleurs élu domicile. Sur la terrasse d'une ancienne demeure toute ornée de plantes vertes exubérantes et aujourd'hui transformée en bar chaleureux, nous nous asseyons pour goûter à la douce musique de jazz et à une bière bien fraîche. Pour terminer la journée, nous prenons notre dîner, non loin de là, dans un food centre bondé et super propre d'une galerie marchande d'Orchard Road  : franchement bon.

Nous passons la journée suivante autour de Boat Quay et Clarke Quay, du quartier des affaires et du vieux quartier colonial.

Le long des quais, les anciens entrepôts, désormais pimpants dans leurs couleurs pastel, abritent de nombreux bars et restaurants. Il est très agréable de flâner dans ce quartier piétonnier avec en arrière-plan les hauts buildings du quartier des affaires.

À quelques encablures, se tient l'un des hôtels les plus réputés au monde : le Raffles. En ses murs, toute une floppée de stars mondiales y a passé au moins une nuit. Chantal, avec son zona, porte sa robe de réveillon (!), tandis que je porte un bermuda et un t-shirt. Nous pénétrons dans le hall de l'accueil. Je n'ai pas fait trois pas qu'un homme de la sécurité m'invite dans un grand sourire à quitter les lieux sur le champ. C'est marrant comment certaines personnes ont une force de persuasion efficace. J'ai fait demi-tour immédiatement, laissant Chantal visiter tranquillement l'intérieur. J'ai pu par contre me promener à loisir dans les jardins, dans les galeries et au musée attenant au palace. Chantal, encore éblouie par l'élégance sélecte du hall me rejoint dans un petit salon extérieur en osier tressé où je me suis assis pour l'attendre. Je ne vous communiquerai pas le prix d'une nuitée dans cet établissement par pudeur. On pourrait refaire un tour du monde complet avec le budget d'une nuit ici ! Et dire que le prix du petit-déjeuner est en sus !!! En ce qui nous concerne, nous avons choisi... nous retournons dans notre AJ ! Non sans être auparavant repasser par les quais pour assister à la tombée de la nuit sur les immeubles du quartier des affaires.

Nous partons le lendemain en quête de billets d'avion pour Yogyakarta à Java. C'est plus facile qu'en bateau tant les traversées pour Java ont l'air aléatoires et compliquées. Nous trouvons notre bonheur dans une toute petite agence tenue par une femme. Le temps qu'elle établisse les tickets, nous partons en exploration dans un quartier que nous ne connaissons pas. Ici aussi les shopping centres sont nombreux. Dans l'un d'eux, nous allons tourner autour de la plus large fontaine du monde. Il paraît que cela porte chance et que cela éloigne les maladies. Chantal aurait dû passer par là avant d'attraper son zona !

Après avoir récupéré nos billets, nous traînons sur le chemin du retour. Tout près de l'auberge de jeunesse, nous découvrons un hawkers centre noir de monde. Ce genre de centre, très commun à Singapour, regroupe les étals des anciens marchands ambulants que les normes d'hygiène locale ont obligés à se sédentariser. Autour des tables regroupées au milieu, il règne une ambiance populaire. Devant tous ces éventaires aux plats plus appétissants les uns que les autres, nous nous laissons aisément convaincre par le sourire des vendeurs ou des vendeuses. Chacun de nous deux s'en va choisir de stand en stand son repas qu'on vient ensuite nous servir à table. Ma soupe au poulet (je devrais plutôt dire ma soupière de soupe tant elle est servie copieusement) s'avère excellente. Chantal, quant à elle, dévore ses satays avec délectation. À peine engloutis, nous repartons vers d'autres vitrines choisir un mets à base de canard pour moi et à base d'on ne sait pas trop quoi pour Chantal ! La table est bientôt envahie par les plats en plastique de couleur différente, pour que chaque stand y retrouve plus facilement sa vaisselle ! Et c'est la peau du ventre bien tendue que nous rejoignons nos pénates.

Pour une fois, il va pleuvoir toute la journée du lendemain. Nous décidons de rester dans notre hôtel à nous reposer un peu et à concocter la mise à jour du site web. Ce qu'il y a de bien ici, c'est la connection wifi ultrarapide. Pendant que je travaille sur mon Mac, Chantal s'initie à la navigation Internet et à l'envoi de mails sur un des ordinateurs mis à la disposition des clients. Nous ne sortons qu'à la tombée de la nuit pour retourner manger au food centre d'à côté.

C'est dans une grande mare d'eau que je pose le pied en me levant le matin suivant. Il a plu durant vingt-quatre heures et l'étanchéité de la maison fait des siennes. On a beau se trouver à Singapour, c'est tout de même l'Asie ! Les jeunes tenanciers sont sympas et nous déménagent dans une chambre plus confortable pour le même prix !

La pluie ayant cessé, nous partons en métro pour Chinatown.La bouche d'accès est assez proche. Le réseau souterrain ultramoderne est très propre : pas un morceau papier par terre, pas de tags sur les murs ou dans les rames. Avant de monter dans le wagon, tout le monde attend sagement derrière les lignes tracées au sol que les voyageurs descendent. Et tout ça dans la joie et la bonne humeur. Comme en Malaisie, les gens d'ici sont hypergentils, souriants, dévoués, toujours prêts à vous rendre service juste pour vous faire plaisir... Quelle leçon de savoir-vivre et de vie communautaire !!!

Nous arrivons assez tôt dans le quartier chinois et, aussi bizarre que cela puisse paraître, beaucoup de petits magasins ont encore le rideau baissé ! Nous musardons au gré des rues qui commencent à s'animer, les yeux en l'air à contempler les gratte-ciel en verre fumé qui servent de toile de fond aux anciennes maisons chinoises rénovées. Heureusement, les trottoirs sont ici bien entretenus, réservés aux seuls piétons, et pas une seule fois nous ne trébucherons, chose plutôt rare sur ce continent !

Dans une pharmacie, une clientèle disparate vient se fournir en plantes et feuilles séchées ou en ailerons de requin enfermés dans de grands bocaux en verre. Dans une boutique, un jeune couple hésite entre un meuble suédois (c'est-à-dire exotique !) en bois et un autre, métallique, aux formes futuristes. Partout dans le quartier se côtoient tradition et modernisme.

Sans trop y faire attention, nous voici arrivés près du centre des affaires.C'est l'heure de midi et des cohortes de traders et de jeunes cadres dynamiques, dont beaucoup d'expatriés, sortent des buildings en chemise-cravate ou tailleur chic talons hauts, et se ruent sur les terrasses des restaurants de tout un quartier couvert. L'ambiance est des plus joyeuses.

À quelques stations de métro de là, nous nous retrouvons dans Arab Street près de Sultan Mosque. Nous en profitons pour prendre le frais (et une bière !) assis confortablement sur la terrasse abritée d'un petit bar. Là encore, cette partie de Singapour a été sauvegardée, un peu trop tard certes, mais ce qu'il en reste est fort joli.

En rentrant à pied vers notre hôtel, Chantal aperçoit un Mac Do et décide tout d'un coup qu'elle veut manger des frites et des nuggets !  En fin de compte, moi aussi je cède à l'envie de frites. On ne souvient pas d'en avoir mangé depuis les États-Unis et nous les trouvons délicieuses ! Ne serais-je pas en train de virer ma cuti ?

Nous avons adoré Singapour. On ne s'attendait pas à cette belle ville pluriculturelle, qui vient seulement de prendre conscience de son attrait touristique en sauvegardant les derniers vestiges du début de sa prospérité. La cohabitation des différentes religions se fait sans heurts, le musulman respecte l'hindou qui respecte le bouddhiste qui respecte le chrétien qui respecte etc......Voilà un réel modèle de tolérance. D'ailleurs dans la rue, les simples visiteurs que nous sommes ressentons cette largesse d'esprit. La plupart des personnes croisées ont un large sourire aux lèvres en vous saluant, une réelle gaîté les anime. Il est vrai que l'économie de l'état aide sérieusement à cet entrain. Ajoutons à cela les nombreux parcs et espaces verts bien entretenus, l'architecture futuriste des nouveaux quartiers, la couleur et l'animation des anciens et vous comprendrez aisément pourquoi Singapour nous a tellement séduits.

Mais après une semaine passée ici, nous devons maintenant poursuivre notre voyage vers une autre destination de rêve que nous connaissons déjà un peu : l'Indonésie.

Et puisque l'anglais est parlé à peu près par tout le monde ici :

Bye Singapore, thanks a lot and see you soon ....... Salut Singapour, merci et à bientôt....