Les restrictions d'électricité n'ont aucunement diminué
l'intérêt justifié du public envers les appareils électriques ménagers, qui
permettent de diminuer les difficultés de la vie courante et d'accroître notre
bien-être quotidien. Bien au contraire, l'augmentation de ces difficultés, le
prix élevé de la main-d'œuvre nous font encore mieux apprécier l'aide précieuse
que peuvent apporter constamment à la ménagère les fidèles, modestes, mais
infatigables serviteurs que constituent ces machines électriques robustes et
simples.
Depuis bien longtemps, les foyers américains sont
abondamment pourvus d'admirables appareils précis et élégants, dont les
qualités n'ont pas cessé d’être améliorées. Les constructeurs français ont
aussi résolu, désormais, le problème de la fabrication et de la production ;
ils se sont rendu compte, avec raison, qu'il était nécessaire non pas de suivre
aveuglément les indications venues d'outre-Atlantique, mais de les interpréter,
suivant les possibilités et les goûts de la clientèle française. Il faut, avant
tout, tenir compte des restrictions d'électricité, des conditions de vie
différentes existant en France, et aussi des possibilités d'achat.
En ce qui concerne, par exemple, les armoires
frigorifiques, nous avons montré qu'on pouvait distinguer deux types
généraux : les modèles à absorption et les appareils à compression. Les
premiers fonctionnent uniquement à l'aide d'une source calorifique, sans aucun
moteur ; ce sont des modèles simples, le plus souvent de capacité limitée,
mais de prix de revient relativement réduit, silencieux, ne nécessitant aucun
graissage, ni entretien mécanique, fonctionnant sur courant alternatif ou
continu, et se branchant sur un compteur d'éclairage, même très réduit.
Les conditions actuelles ont ramené l'attention de la
clientèle française sur ces petits réfrigérateurs populaires ; il en
existe de nombreux modèles très bien conçus, consommant seulement de 30 à 70
watts, d'une capacité de l'ordre de 35 litres, d'un encombrement d'environ 50 x
50 x 50 centimètres avec enveloppe extérieure en tôle émaillée. Ces appareils
permettent, d'ailleurs, également de fabriquer directement des cubes de glace.
Un phénomène du même genre peut être constaté pour les cuisinières
électriques. La cuisinière entièrement électrique à grande puissance, avec
des plaques à résistances invisibles sur la tablette supérieure et un four
électrique de grandes dimensions, constitue un appareil de haute qualité ;
mais, étant donnée la puissance nécessaire, elle exige normalement une
canalisation de force, et son emploi peut être rendu difficile par les
restrictions et les coupures ; son prix de vente est également assez
élevé.
Les constructeurs français se sont donc efforcés d'établir
des modèles destinés à la clientèle moyenne et évitant ces différents
inconvénients ; la première solution consiste à réaliser un appareil à
accumulation de chaleur, équipé avec des plaques de grandes dimensions et un
four constamment en température, maintenu automatiquement à 65° et pouvant être
porté à 300°. Cet appareil ne nécessite pas de branchement de force et comporte
généralement, en outre, un chauffe-eau distribuant de l'eau chaude à 75°.
L'autre solution, très répandue actuellement, consiste à
établir des appareils mixtes. Le four électrique forme l'élément essentiel, et
le plus avantageux, en réalité, d'une cuisinière électrique ; il peut être
combiné avec un réchaud à gaz ou au butane disposé sur la tablette supérieure,
ce qui permet le fonctionnement, même pendant les coupures de courant. Le four
est généralement d'une puissance relativement faible, de l'ordre de 1.200
watts, ce qui permet un branchement facile, même sans canalisation de force. Il
existe également des cuisinières absolument universelles, avec une partie alimentée
au charbon ou au bois, un four électrique et des brûleurs à gaz pour le gaz de
ville ordinaire, ou le gaz à haut pouvoir calorifique.
Une transformation du même genre a été parfois appliquée au chauffe-eau.
Il existe, désormais, des modèles prévus pour le chauffage mixte à
l'électricité ou par circulation de chauffage central ; ces appareils
peuvent donc servir en toute saison, l'hiver avec le chauffage central, et le
reste du temps à l'électricité.
L'aspirateur électrique qui fait désormais partie normale
de l'équipement ménager, est maintenant établi aussi en modèles de petites
dimensions comportant de très nombreux accessoires divers, qui en font un
appareil universel destiné à des usages multiples.
De tels modèles peuvent servir ainsi, non seulement pour
l'aspiration de la poussière des tapis, mais pour le lustrage des parquets et
des linoléums, au moyen d'un patin en feutre. Un bloc combiné avec brosse à
gratter et à cirer décape et cire les parquets ; des systèmes tubulaires
de suceurs, avec brosses rondes et ovales, rendent plus facile le dépoussiérage
des fauteuils, coussins, tentures, rideaux, cavités, encoignures, rainures de
toutes sortes. Un dispositif antimites permet la désinsectisation facile, et la
désinfection des armoires, penderies et placards. Un raccord s'adaptant sur le
ventilateur assure la production d'un jet d'air froid ou chaud pour la
toilette, le séchage des cheveux et des fourrures, et même le traitement des
rhumatismes.
Les rasoirs électriques sont devenus des instruments
pratiques s'affûtant automatiquement, les petites lampes électriques de
poche à génératrice intérieure permettent d'obtenir un flux lumineux
supérieur à celui des modèles à pile, tandis que les allume-cigares ou
allume-cigarettes sont désormais à fonctionnement automatique. Enfin, les
nouvelles lampes à rayons infra-rouges, si précieuses dans l'industrie,
ont fait leur apparition au foyer, en permettant d'établir de petits appareils
d'emploi pratique, assurant d'une manière scientifique les traitements des affections
par la chaleur.
Les procédés ordinaires, avec des poêles, des bouillottes,
ou même des cataplasmes, ou des coussins électriques, agissent surtout en
surface, et faiblement sur les couches profondes de l'épiderme.
Au contraire, le rayonnement infra-rouge est uniforme et
efficace ; les nouvelles lampes utilisées, d'une puissance de l'ordre de
150 watts, faciles à employer et économiques, d'une forme spécialement étudiée,
comportent sur leur face interne un réflecteur, qui ne peut être ni sali, ni
détérioré. Le rayonnement est concentré par le réflecteur, la face avant assure
une répartition uniforme du faisceau, et la durée de service de la lampe est de
l'ordre de trois cents heures ; elle est placée dans un boîtier orientable
très réduit et son emploi est possible au foyer avec la plus grande
facilité ; elle est reliée au secteur, comme une lampe d'éclairage
quelconque.
P. HÈMARDINQUER.
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