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Le berger des Pyrénées

Peu connu, cantonné dans son pays d'origine, ce petit chien de berger à poils longs, joli, vif, éveillé, agile, est le plus petit de nos chiens de berger.

Sa petite taille ne le défavorise en rien dans les régions montagneuses, au contraire ; c'est une chose indispensable qu'il soit léger, nerveux, pour garder les troupeaux de chèvres ou de moutons sur les flancs escarpés des hautes montagnes.

Sorti des Pyrénées, il a rendu de grands services comme chien de liaison pendant la guerre de 1914-1918, ayant toutes les qualités qu'il fallait pour accomplir des missions délicates ; intelligence, rapidité, habileté, même roublardise.

Il ne faut pas confondre le petit Pyrénéen avec le berger de Brie ; ce sont deux races très différentes, le Pyrénéen a une origine bien antérieure, de plusieurs siècles, à notre Briard. Ce chien de berger des Pyrénées n'est pas une race fabriquée par les mains de l'homme. C'est un lupoïde autochtone et sans mélange, créé pour son pays d'origine, c'est-à-dire pour le rude climat des montagnes, ses besoins et ses fonctions bien définies. C'est un chien de surveillance en pays difficile, doué d'une mémoire prodigieuse ; il connaît les dangers et sait prendre ses responsabilités.

Petit de taille, il n'a pas un gros appétit, s'accommode d'une nourriture parfois insuffisante en montagne, tout en gardant son agile intrépidité ; son courage résulte de son endurcissement à la souffrance, à la fatigue, aux différences de température.

Sur le versant espagnol, on rencontre un chien qui a certaines ressemblances avec notre petit berger des Pyrénées : c'est le « Gos d'Atura ».

Dans les Landes, dans le canton de Labrit particulièrement, il existe un chien qui a pris ce nom de berger de Labrit ; il a certainement à la base de ses origines notre Pyrénéen, mais la race n'est plus pure, et en plaine, avec la vie plus facile, il s'est modifié, la taille est plus élevée.

Notre petit berger est d'une race très résistante ; même en dehors de ses montagnes, c'est une race très forte ; sa longévité peut être de quinze à dix-huit ans, de vigueur virile et soutenue, qu'assurent son allure et ses mouvements prompts. Sa force physique lui permet d'affronter les divers agresseurs, sa résistance au travail est à toute épreuve. Il a un influx nerveux remarquable ; c'est de tous les chiens celui qui en a le plus.

Sa tête est belle, expressive : elle rappelle celle d'un ours brun à l'air malin, méfiant et à la fois conscient de sa force et de sa puissance.

Il est bon, brave, fidèle, dévoué, toujours prêt à l'attaque en face du danger ; il a des qualités morales très développées. Il peut faire un excellent chien de police, garde les objets, méprise le danger, saute admirablement pour sa petite taille. Majestueux, souple, d'allure dégagée, il connaît en général le succès ; les amateurs de chiens sont toujours attirés par son expression humaine, compréhensive, et sa jolie fourrure ; c'est un très joli petit chien, naturellement propre, facile à élever et qui adore les enfants.

Standard officiel du berger des Pyrénées.

Apparence générale : Chien de berger dénotant, sous un minimum de taille et de poids, un maximum d'influx nerveux. Une physionomie toujours en éveil, un air malin et méfiant joints à une grande vivacité de mouvements donnent à ce chien une allure caractéristique à nulle autre pareille.

Tête : Le crâne, moyennement développé, presque plat, avec un sillon central faiblement accusé, s'arrondit harmonieusement sur les côtés et porte une saillie occipitale peu prononcée. La partie antérieure se relie en pente douce au museau. La tête, dans sa forme générale, rappelle celle de l'ours brun.

Museau : Droit, plutôt court, mince sans exagération et affectant un peu la forme d'un coin. Les babines peu épaisses recouvrent parfaitement la mâchoire inférieure et ne présentent aucune commissure apparente. Les muqueuses des lèvres et du palais sont noires ou auréolées. La truffe est noire.

Yeux : Des paupières minces bordées de noir, quelle que soit la couleur de la robe, enchâssent des yeux expressifs, bien ouverts, et de couleur châtain doré. Les yeux vairons, ou à tache vairon, sont admis chez les chiens à robe arlequin ou gris ardoisé, dont ils sont presque toujours une caractéristique.

Oreilles : Attachées le plus haut possible, et généralement écourtées, quoique celles non écourtées, si elles sont bien placées et bien portées, ne puissent être considérées comme un défaut. Dans ce cas, elles sont portées droites dans les deux tiers de leur longueur, le tiers supérieur retombant en avant dans une direction perpendiculaire au crâne. L'oreille droite naturelle n'existe pas sans croisement.

Cou : Plutôt long, assez musclé et bien dégagé des épaules.

Épaules : Assez longues et moyennement obliques, la pointe de l'omoplate dépassant nettement la ligne du dos.

Corps : L'ossature est sèche. Le dos assez long, quoique soutenu ; le rein court et légèrement arqué. Il le parait d'autant plus que la toison du chien est souvent plus fournie sur l'arrière-train et la croupe. La croupe est plutôt courte, le flanc peu descendu, les côtes légèrement arrondies. La poitrine, moyennement développée, descend au niveau du coude, rarement plus bas.

Queue : Bien frangée, attachée plutôt bas et formant crochet à son extrémité. Beaucoup de sujets sont écourtés. Certains ont une queue rudimentaire, n'ayant jamais été amputée.

Membres antérieurs : Secs, nerveux, avec l'articulation des poignets bien accusée.

Membres postérieurs : La cuisse est gigotée, mais peu descendue. Les jarrets sont larges, secs, moyennement coudés et souvent un peu clos, principalement chez les sujets nés et élevés en montagne. Les membres peuvent ou non porter les ergots.

Pieds : Secs, maigres, d'un ovale peu accentué. La sole est foncée, les ongles petits, mais durs.

Peau : Fine, souvent marbrée de taches foncées, et cela quelle que soit la couleur de la robe.

Poil : Le poil long ou demi-long, mais toujours bien fourni et presque plat ou légèrement ondulé, plus fourni et plus laineux sur la croupe et les cuisses, sa texture tenant le milieu entre le poil de chèvre et la laine de brebis.

Robe : Fauve plus ou moins foncé, avec ou sans mélange de poils noir ; gris plus ou moins clair ; arlequin, noir légèrement marqué de blanc en tête, au poitrail et aux pattes.

On rencontre parfois des robes à fond blanc, avec de grandes taches couleur rouan vineux. Elles ne sont pas à rechercher.

Taille : De 0m,40 à 0m,50 pour les mâles, avec tolérance de 2 centimètres en sus pour les sujets bien faits et très typés. De 0m,38 à 0m,50 pour les femelles.

Il existe une autre variété de ce chien de berger, à face rase. Il diffère du berger à poil long parce qu'il a le museau plus long et plus pointu. La tête est garnie de poils courts et fins (d'où face rase), le poil, sur le corps, est demi-long, souple et fin, pas genre poil de chèvre.

Les pattes sont rases, avec manchettes aux antérieurs et culottes aux postérieurs.

La queue est longue avec panache, mais peut être coupée à 10 ou 12 centimètres.

A. PERRON.

Le Chasseur Français N°640 Juin 1950 Page 339