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La mâche ou doucette

La mâche, appelée encore doucette, bourcette, rampon, etc., est une excellente salade qui croît dans tous les terrains. Sa rusticité permet une production pendant une grande partie de l'hiver.

Quelles variétés choisirons-nous ?

    — mâche à feuille ronde, maraîchère : rapide de développement elle produit beaucoup, très utilisée dans la région parisienne ;

    — mâche à grosse graine : donne de larges feuilles vert clair ;

    — mâche verte à cœur plein : cette espèce forme une petite feuille au milieu même de ses feuilles ;

    — mâche verte d Étampes : la plus rustique et ne se flétrit pas ;

    — mâche verte coquille de Louviers : fournit une salade volumineuse qui résiste bien au froid ;

    — mâche d'Italie : variété méridionale dont les feuilles, comme la laitue, ont une teinte verte, moins foncée, très lente à monter à graines, mais assez peu rustique.

Nous conseillons, selon les goûts et selon les régions : la mâche à feuille ronde, mâche verte d'Étampes et de Louviers, en raison de leur rusticité ; pour les régions méridionales : la mâche d'Italie.

Comment réussir cette culture ?

Exigences.

— N'est pas exigeante, cependant elle demande : un sol ferme, de préférence au sol ameubli et se plaît mieux en terre forte et fraîche, — « elle est encore appelée salade des blés », — qu'en terre légère et sèche. Inutile d'apporter une fumure : elle profitera suffisamment de l'engrais apporté antérieurement. Comme le soleil gêne et retarde la germination de cette graine, cela nous permet de la semer entre des légumes ayant un fort développement foliacé : choux, tomates, poireaux, etc.

Pour préparer le terrain, il suffira de le gratter superficiellement, de l'arroser abondamment et de le laisser ressuyer quand on ne sème pas dans une culture.

La culture.

— On sème de préférence à la volée de fin juillet à octobre, ou en rayons distants de 15 centimètres. Les graines de deux ans germent mieux que celles de l'année. Huit à dix grammes de semence par mètre carré suffisent, et la levée a lieu vers le huitième jour.

Un simple coup de râteau enterrera les graines ; on plombera fortement, on paillera avec un peu de fumier bien consommé et on arrosera ultérieurement.

Des sarclages et des binages permettront d'enlever les mauvaises herbes, principalement le mouron, et maintiendront la fraîcheur du sol nécessaire. Si besoin est, on éclaircira dès que les jeunes plants auront trois ou quatre feuilles.

La récolte.

— Elle se fait dès le commencement de l'hiver sur les pieds les premiers et les mieux développés.

Avoir soin de ne couper que les feuilles sans toucher aux racines, de façon à profiter d'une deuxième pousse.

Précaution importante.

— Si, en automne, la mâche est trop forte : il faut l'utiliser totalement, car elle ne pourrait supporter l'hiver, en raison du développement de ses feuilles.

Pendant la saison froide, malgré la rusticité de la plante, il conviendra de l'abriter à l'aide de paille ou de feuilles mortes. Mais, dès que le temps redeviendra doux, on enlèvera la couverture. La récolte continue alors jusqu'au printemps.

Porte-graines.

— Ordinairement la mâche se resème d'elle-même : il suffit de laisser monter quelques pieds en graines pour en trouver à peu près toujours et à la même place.

Cependant, pour obtenir de bonne semence — cause de réussite de cette culture — on sélectionnera rigoureusement avant la floraison du printemps : à cet effet, on ne laissera qu'un certain nombre de pieds munis de rosettes compactes, à feuillage large. Vers la fin juin, dès maturité, on arrachera les plants qu'on laissera, sécher à l'ombre sur une toile étendue ; on battra et on conservera les graines dans des flacons de verre sur des boîtes en fer pendant deux à trois ans ; cette graine conserve sa faculté germinative pendant cinq années. Mais on ne laissera jamais la maturité s'accomplir sur place : on risquerait fort de perdre le meilleur de la semence.

Il est rare que des maladies attaquent cette plante, sauf la rouille, qui se produit en sol trop humide quand les plants sont devenus trop forts, avec un feuillage large et abondant. Le remède est des plus simples : il faut semer clair et ensuite éclaircir les pieds.

BOILEAU.

Le Chasseur Français N°643 Septembre 1950 Page 546