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Manteaux d'hiver

Quoique infiniment différents par le détail, les manteaux d'hiver présentent de nombreux points communs. Tout d'abord, ils sont tous exécutés dans des tissus épais, moelleux, velus, souples, chauds et légers, toutes qualités que ne présentent évidemment pas des tissus bon marché ! Les uns sont unis, ceci pour les manteaux les plus habillés tandis que les manteaux plus trotteurs sont généralement chinés et les manteaux sport en tissus mélangés, tweeds ou de fantaisie, c'est-à-dire à carreaux ou à damiers de tous calibres. D'autre part, la plupart de ces tissus sont réversibles, ce qui évite la doublure de soie ou de jersey, l'envers présentant un ton clair ou très brillant que dominent les jaunes, verts, rouges, écailles et bleus durs, un écossais en plusieurs couleurs ou en camaïeu. Est-il plus jolie doublure ?

Les pelisses sont. elles aussi, à l'ordre du jour ; ainsi voyons-nous revivre, chez nos fourreurs, des pelages dont nous étions déshabitués : les mongolies rasées, les mongoliennes (sorte de mongolie à courts poils et très bouclées), les opossums, civettes et chats sauvages joliment tachés et aussi notre brave petit lapin lustré façon... loutre ou castor et tous les rats de toutes les Amériques.

Madeleine DE RAUCH : Manteau redingote de velours de laine noir ceinturé de verni. Cravate intérieure et manchon d'hermine.
Marcelle CHAUMONT : Manteau de lainage épais poil de chameau ; la cravate est en partie, ainsi que l'intérieur des manches, en ocelot.

Réversibles, ces pelisses le sont souvent ; elles peuvent donc se porter à volonté du côté de la fourrure ou du tissu. Il est bien entendu qu'en ce cas il faut que la fourrure soit neuve et impeccable ; si, au contraire un ancien manteau défraîchi a été .employé comme fourrage, il demeurera tel et restera modestement à l'intérieur. On aura, en ce cas, avantage à ne pas doubler les manches de fourrure, mais de soierie ouatinée et matelassée assortie au ton de la fourrure ; ceci les rend beaucoup plus souples. Souvent une pelisse est entièrement fourrée ainsi, et seuls les devants sont parementés largement de fourrure ainsi que le bord des manches pagodes ; le col, les revers, les cravates en étant ornés, cela permet toutes sortes d'effets différents et de transformations.

Mais revenons aux points communs à tous les manteaux. Sauf quelques manteaux droits, mais jamais étriqués, ils sont tous amples, à manches et emmanchures larges et basses, permettant de les porter aussi bien sur un costume que sur une robe, les redingotes elles-mêmes n'étant, le plus souvent, que des manteaux larges, ceinturés. Ils sont sans boutons ou fermés au cou par un seul bouton énorme, croisant asymétriquement ; ils présentent parfois une poche unique très importante.

Jacques PATH : Un beau col-berthe, en forme et très ample, en guipure blanche, cravaté de ruban de velours noir. Il est porté sur une robe de velours.

Les effets de capes, de demi capes, de collets, de pèlerines, d'immenses cols drapés ou étendus sur les épaules sont nombreux, très allures, mais assez difficiles à porter ; ils ne peuvent convenir qu'à une silhouette haute et mince. Les cols hauts, lancés en avant, genre « Directoire » ou « premier consul », sont allongeants, mais ils ne sont pas exagérés. Le manchon tente une offensive, comme tous les hivers ; comme il se fait large et souple et peut, de par sa forme, se porter remonté sur le bras, il n'est pas gênant, mais toujours très élégant. Avec le manteau, il faut éviter l'écharpe ou les renards encombrants qui ne sont jolis qu’avec une silhouette dégagée par le tailleur ; mais si un manteau n'est pas garni de fourrure on peut, pour 1' « habiller », lui adjoindre une cravate assortie au manchon.

G.-P. DE ROUVILLE.

Le Chasseur Français N°658 Décembre 1951 Page 751